Le coup de queue de la sirène

Le coup de queue de la sirène

Gare à la queue de la sirène qui remonte la Seine à Paris ;
Une Loreleï qui s’est exilée des plus grands lacs verts de Bavière.
Elle a remonté la Lorraine, à pied, manu militari
Et lentement s’est faufilée par tout le réseau des rivières.

La Tour Eiffel enfin atteinte, elle grimpe un à un les étages
Par l’escalier, c’n’est pas facile – Dieu qu’une queue n’est pas pratique !
Elle cherche, par la lumière éteinte, le vivier où sont les otages :
Toutes les sirènes graciles des mers Rouge et Adriatique.

Et là, elle frappe les piscivores, les ogres mangeurs de poissons,
Les parigots endimanchés habillés comme des men-in-black
Les petites sirènes sanguinivores dégustent et savourent leurs boissons
Et toutes repartent, bien revanchées, avec leurs cliques et leurs claques.

Illustration d’Enki Bilal.

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