La sirène au matin

La sirène au matin

Loreleï est plutôt du matin ; ce qui est, pour une sirène,
Assez singulier car la nuit, tous les navires sont à quai.
Et les marins traîne-patins, n’ayant plus la santé sereine,
Sont plus dociles pour surseoir à une rencontre manquée.

N’étant ni marin ni flemmard, je l’ai rencontrée par hasard
En longeant la Töss, en amont, en recherche d’inspiration.
Elle était encore au plumard, en train de faire le lézard,
Avec une queue de carnaval qui flairait la conspiration.

Mais vraie ou fausse, la sirène est une mine de fantasmes
Et puisqu’on était vendredi, je me suis laissé envoûter.
Au début, j’étais à la traîne mais dès que j’eus connu l’orgasme,
Je lui prêtai, sans contredit, allégeance – à n’en plus douter.

Tableau d’Elisabeth Jerichau-Baumann.

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