Les demoiselles du Rhin – 1

Les demoiselles du Rhin - 1

Rien n’est écrit dans les légendes mais Loreleï avait trois filles ;
La première brune comme le jais, la deuxième blonde comme les blés,
La troisième rousse – comme en Irlande les cheveux des femmes roussillent –
Et comme leur mère les protégeait, les trois sirènes étaient comblées.

Quant à leurs pères… des marins, piètres victimes du devoir
Qui après avoir fécondé la Loreleï servaient de mets.
Pauvres assoiffés de l’or du Rhin, ils finissaient par recevoir
Une tombe marine inondée et d’anémones parsemée.

Chaque sirène, dotée de grâce que conféraient leurs chevelures
Se glissait dans le lit du Rhin le soir à la tombée du jour,
Laissant derrière elles une trace d’écume moirée de rouillure
Guettant son amant, un marin, un beau capitaine au long cours.

Mais ces capitaines ont tendance – comme leurs surnoms, les « loups-de-mer » –
À naviguer sur l’océan, rarement sur les eaux du Rhin.
Il faut se rendre à l’évidence ; pour la chair tendre au goût amer
Et jouir de menus bienséants, il leur fallait l’outremarin…

Tableau de Terry Lacy.

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