Couloirs et alcôves

Dans mes vieux châteaux numériques, les zéros remplacent les héros ;
Les chiffres rouges, carreaux et cœurs et les bleus, les trèfles et les piques.
Dans les couloirs périphériques, on suit les mêmes numéros
S’ils sont de la même couleur que celle de leurs rois atypiques.

Mais dans l’alcôve une équation à deux inconnues se présente ;
La dame blanche du vainqueur, la dame noire déconfite.
Comment mettre en adéquation cette série omniprésente
De chiffres qu’on apprend par cœur pour les oublier aussi vite ?

Mais gare aux couloirs infinis qui ne sont que des labyrinthes
Où l’on se perd et où l’on risque de tomber dans une oubliette !
Aux nombres bancals, mal finis, dont on sent l’éternelle étreinte
De la quadrature du disque arrondie à la virgulette.

Mais quittons donc notre carrée pour prendre le chemin de ronde
Où les comtes font les bons amis et les barons les ventres ronds !
Et sous les voûtes bigarrées où s’entend le peuple qui gronde,
Fuyons ce carré d’infamie pour la figure de Cicéron.

Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

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