Catégorie : Sirènes

  • Entre nous, c’est assez !

    Entre nous, c’est assez !

    Pas de sirène ce vendredi ; elle aurait lâché le grappin
    Et s’rait partie se cache-à-l’eau afin que l’histoire s’arrête.
    Alors le marin contredit qu’on lui ait posé un lapin
    Alla chasser le cachalot ; faute de poisson et d’arête.

    Le léviathan, un vieil ami de la sirène déconfite,
    Avait une dent contre l’homme ou plutôt ses fanons tendus.
    Il fonça droit sur l’ennemi dont le bateau donnait du gite
    Et le précipita au royaume du roi Neptune, bien entendu.

    Emmené par le cétacé par-devant la cour de justice
    Pour des accusations tordues, relatives à son impuissance,
    Le marin cria « C’est assez ! Je vous demande un armistice
    Car la sirène m’a mordu au nœud de l’affaire en instance. »

    Tableau de Tom Walters.

  • La sirène à queue de paon

    La sirène à queue de paon

    Une sirène qui fait la roue ! Quoi de plus beau dans les abysses ?
    Une sirène à queue de paon ! Quoi de plus noble au bout du compte ?
    Si l’organe souffre peu ou prou d’absence de pieds et de cuisses,
    Il met tout son charme en suspens d’après tout ce qui se raconte.

    Sur les nageoires, les yeux de paon trompent poissons et crustacés
    Et hypnotisent l’hippocampe qui s’attarde au bout de sa queue
    Ainsi que tous les occupants des abords et les cétacés
    Qui instantanément décampent vers un meilleur milieu aqueux.

    Mais le pot-aux-roses irisé se dévoile à tout quémandeur
    Qui vient voir les poissons artistes qui jouent à l’encre de ses yeux
    Trempés dans les pieuvres égrisées par l’ivresse des profondeurs
    Qui saoule les instrumentistes d’un magnétisme fallacieux.

    Tableau de Holly Sierra.

  • La sirène hallunecinée

    La sirène hallunecinée

    En Pleine Lune, la sirène sent les premiers préliminaires
    Entre les courants ascendants, balancés et puis descendants.
    Sous l’énergie la plus sereine des quatre périodes lunaires,
    Son cœur est plus condescendant envers les marins prétendants.

    Sans doute l’appétit charnel supplante sa gloutonnerie
    Et l’eau dilue ses phéromones en maintes circonvolutions
    Pour que son désir maternel jouisse de polissonneries
    Avec un parfum d’anémone pour en hâter l’évolution.

    Mais déjà la Lune décroît et la sensualité s’éteint ;
    Les instincts reprennent le dessus et la faim rapplique soudain.
    Si l’envie revient de surcroît ce sera pour faire un gratin
    Du pauvre marin alors déçu de finir en peau de boudin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La sirène métamorphosée

    Quand la Lune sera croissante, la sirène nourrira sa peau,
    Puis fera couper ses cheveux et épiler sa queue nacrée.
    Après deux semaines angoissantes, elle sentira fort à propos
    L’astre réaliser tous ses vœux et notamment le plus sucré :

    Quand la Lune sera décroissante, la sirène se purifiera
    Pour faire repousser ses écailles et sa chevelure ondulée.
    Passé la semaine harassante, sa poitrine s’intensifiera
    Et de ses mamelons corail perleront des gouttes de lait.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La sirène médusée

    La sirène médusée

    Je fus complètement médusé par celle-là qui prit mon cœur,
    Qui m’étreignit entre ses bras, m’enlaça dans sa queue d’écailles.
    Si de moi, elle a abusé, je n’en garde aucune rancœur
    Bien que son lit, faute de drap, exhale un parfum de poiscaille.

    Mais l’odorat n’agit dans l’eau pas comme sur la terre ferme,
    Tandis que l’ouïe et le toucher dépassent de loin le barème.
    Mon sexe, hier assez branlo, connut l’exaltation du sperme
    Qui, par la sirène embouché, m’a donné un plaisir extrême.

    Le coup de grâce n’a pas eu lieu ; elle avait l’air d’être déçue
    Prenant le goût de ma semence, ni trop sucré, ni trop amer,
    Ni trop salé pour son milieu, comme un puissant coup de massue
    Car, avant que je recommence, elle courut tout droit vers la mer.

    Illustration de Hope Hokulani sur https:www.etsy.comfrshopHopeHokulani .

  • Dépucelage chimérique

    Dépucelage chimérique

    C’était au cours de ma jeunesse, plus précisément vers la fin,
    Lorsque j’étais adolescent mais pas vraiment l’âme sereine.
    J’avais gagné à la kermesse un poisson rouge d’un aigrefin,
    Un forain fou me confessant qu’il s’agissait d’une sirène.

    Sait-on jamais ? Délicatement mon poisson rouge déposé
    Dans l’onde tiède de ma baignoire, je sortis sans faire de bruit.
    Minuit sonna exactement à l’instant même supposé
    Où naquit parmi les eaux noires comment vous dirais-je… le fruit.

    Lumière ! La sirène est là et comme elle n’a pas l’air farouche
    Je m’en approche, je tends la main, elle la saisit et m’encourage.
    Et puis après tout bascula et d’un goût salé dans ma bouche
    Je sentis mon corps de gamin perdre plus que son pucelage.

    Tableau d’Alisa Williams sur https:fineartamerica.comprofilesalisa-williams .

  • Quand les sirènes voyagent en boîte

    Quand les sirènes voyagent en boîte

    À l’instar des humains en boîte, stockés dans leurs avions de lignes,
    Les sirènes voyagent aussi de conserve, entre autres en low-cost.
    Un peu serrées mais elles s’emboîtent, toutefois pas assez malignes
    Quand les marins leur négocient un tour qui vire à l’holocauste.

    Si vous trouvez sur votre table une boîte à sardines « Mermaid »,
    Ouvrez-la délicatement et laissez sortir les sirènes.
    D’abord leur goût est détestable après le fâcheux intermède
    Qui a haussé suffisamment leur trouillomètre dans leur carène.

    Non seulement reconnaissantes, elles seront dévouées à vie
    Et à l’escale de Gibraltar vous signaleront comme vedettes
    Car ce sont des adolescentes qui vivront, à mon humble avis,
    Tellement longtemps que tôt ou tard elles vous rembourseront leurs dettes.

    Illustration d’Alinabeska sur https:www.deviantart.comalinabeska .

  • Sirènes en boîte

    Vous pensiez les sirènes grandes, à l’échelle humaine et normales
    Mais elles sont en réalité de toutes petites ondines.
    Dans les pêcheries de Guérande, à cause de leur taille minimale,
    Il est d’éventualité de les prendre pour des sardines.

    Chaque fois que j’ouvre une boîte, je fais attention à frapper,
    Puis d’ouvrir délicatement la clef de peur d’en effrayer.
    D’autant que l’huile, inadéquate à tenter de les attraper,
    Les ferait sauter directement et ce n’est pas très conseillé.

    De temps en temps, j’ai de la chance et j’en recueille à l’occasion
    Lorsqu’elles proviennent de France mais pas de Suisse, ni de Bavière.
    En toute bonne intelligence, je leurs permets leur évasion
    Et je mets fin à leurs souffrances en les plongeant dans la rivière.

    Parfois elles restent une soirée à me raconter leurs projets
    Lorsqu’elles auront regagné les abysses qui les préservent.
    Un jour vous aussi vous croirez, vous n’ pourrez pas y déroger,
    Et trouverez dans le panier une sirène de conserve.

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  • La sirène polluée

    La sirène polluée

    Que les sirènes soient en voie de disparition fait dilemme ;
    On doutait de leur existence, voilà qu’il faut les protéger !
    C’est pourquoi l’on entend des voix monter des eaux à l’heure même
    Où l’on subit les conséquences de la pollution agrégée.

    La mer, devenue la poubelle des êtres humains, va se venger
    En nous recrachant sur les côtes tout ce qu’ils y ont balancé
    La fameuse sirène Arabelle va repousser les étrangers
    Qui ont commis toutes ces fautes et ne font que recommencer.

    Avec la Marine Abyssale et son armée de cachalots,
    Ils vont renvoyer les déchets et les remonter des rivières,
    Puis établir des succursales un peu partout au fil de l’eau
    Pour dégueuler par les brochets notre merde jusqu’en Bavière.

    Vendredi treize, pas de chance ! Toutes les rivières ont débordé
    À cause des pluies abondantes, même un peu trop pour la saison.
    Pour Arabelle, il y a urgence ! Toutes ses troupes vont aborder
    Chargées d’épaves incommodantes à verser devant vos maisons.

    Tableau de Waldemar von Kozak.

  • La Selkie « Peau-de-phoque »

    La Selkie « Peau-de-phoque »

    Revêtue d’une peau de phoque dont le crâne faisait son bonnet,
    Une Selkie sortit des eaux en s’accrochant même à ma barque.
    De toutes mes rencontres loufoques auxquelles j’étais abonné,
    Celle-ci entrait dans le réseau des grands succès du cirque Hipparque.

    Car je suis souvent dans la Lune et reçois beaucoup de visites
    De séductrices chimériques selon mon imagination.
    Sirènes, filles de Neptune et créatures composites
    Appartiennent à mon homérique exigence en divination.

    Ses yeux de chien-de-mer battu lui donnaient un air de guerrière
    Et son sourire trahissait sa propre envie de copiner.
    Sans m’être un instant débattu, je l’ai laissée monter derrière
    Tandis que je me hérissais de ce fantasme inopiné.

    Et comme nous sommes vendredi treize, méfiez-vous car c’est le jour
    Où elle sort pour tenter sa chance parmi les beaux marins hardis.
    Restez chez vous avec Thérèse – ou tout autre prénom de l’amour –
    Accordez-lui ses exigences et, si possible, jusqu’à mardi !

    (Tableau de Marco Gonzales ;
    Les Selkies sont des créatures mythologiques que l’on trouve dans le folklore des îles Féroé, de l’Islande, de l’Irlande et de l’Écosse.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La sirène en vacances

    La sirène en vacances

    Que faire de son hippocampe quand la sirène part en vacances ?
    L’attacher sans appréhension à un corail est impensable !
    Oui mais… selon si elle campe, il n’y aura pas de conséquence
    Mais si elle opte pour une pension, l’animal est-il dispensable ?

    Heureusement dans nos alpages, on aime tous ces compagnons
    Aériens, terrestres, aquatiques sans faire de contestation.
    Nous avons un aréopage d’hôteliers ni rudes ni grognons
    Qui se montrent plutôt lunatiques quant aux hippocampes en question.

    Évidemment pour l’eau de mer, il faudra demander aux vaches
    De leur prêter leurs pains de sels et leur céder quelques mangeoires.
    J’en appelle à toutes les chimères qui aiment voyager sans relâche
    À choisir la Suisse qui recèle tant de lacs comme pataugeoires.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Quand la sirène s’endort

    Quand la sirène s’endort

    As-tu vu comment la sirène s’endort dans son milieu aqueux ?
    Sa nageoire roule dans son dos comme un petit coussin douillet ;
    Les bras en position sereine autour du fuseau de sa queue ;
    Ses cheveux formant un bandeau pour éviter de pendouiller.

    Mais lorsqu’elle tourne en spirale, profondément elle sommeille
    Et son corps s’en va dériver au gré des courants abyssaux.
    Puis, de manière générale, quelques fidèles poissons veillent
    À ce qui pourrait arriver lors des sommeils paradoxaux.

    Après juste trois petits tours, elle se réveille en bâillant,
    Étire ses bras engourdis et déroule sa queue déployée.
    Puis elle cherche aux alentours de quoi manger, le cœur vaillant,
    Un joli marin dégourdi qu’elle saura apitoyer.

    Tableau de Lelia sur https:www.deviantart.comleliagallery .

  • La sirène vous salue bien – 2

    La sirène vous salue bien - 2

    Quand la sirène vous dit adieu, quelque chose n’a pas marché ;
    Elle ne vous trouve pas à son goût, trop vieux, trop mou ou trop coriace.
    Mais vous pouvez remercier Dieu de vous avoir juste mâché
    Et rejeté avec dégoût avant que ses dents ne vous souillassent.

    Quand la sirène fait sa bégueule, on y perd beaucoup en caresses
    Mais le fait de le raconter vaut mieux que d’y être resté.
    Ne faites pas la fine gueule si vous n’êtes pas au palmarès ;
    L’épreuve est dure à surmonter mais la vie en est infestée.

    Il m’est arrivé une fois qu’une sirène me rabroue
    De notre aventure interlope aux préliminaires salivants.
    J’en reste ravi toutefois car j’en suis sorti peu ou prou
    Débarrassé d’une salope, cœur brisé mais toujours vivant.

    Tableau de Katerina Strokach.

  • La sirène vous salue bien – 1

    La sirène vous salue bien - 1

    Quand la sirène vous salue, elle ne passe pas inaperçue ;
    En effet, le cœur sur la main, elle vous en transmet sa chaleur.
    Mais pour cela, il aurait fallu que vous valdinguiez par-dessus
    La passerelle à mi-chemin du bateau pour votre malheur.

    Admettons que ce soit le cas ; vous vous noyez et – patatras –
    Voici qu’une jolie sirène vous dit bonjour à sa façon.
    Eh bien, soyez heureux mon gars car elle vous reconnaîtra
    Et vous donnera, d’un port de reine, la gratitude des poissons.

    Si vous avez un jour ouvert une fausse boîte à sardines
    Contenant cinq ou six sirènes et vous êtes montré homme probe,
    Vous serez à jamais couvert par l’assurance, non anodine,
    Consentie sur toutes carènes qui naviguent tout autour du globe.

    Illustration de Camilla Ceccatelli sur https:www.facebook.comCamillaCeccatelliIllustrazioni .

  • Femmes ou sirènes ?

    Femmes ou sirènes ?

    Le choix deviendrait cornélien si toutefois je devais suivre
    Les jolies femmes sur la plage ou les sirènes sur les vagues.
    Si ce dilemme machiavélien n’arrête pas de me poursuivre,
    C’est que, concernant l’accouplage, mon cœur tergiverse et divague.

    Faire l’amour à une sirène qui vous fait mourir d’épectase,
    Vaut-il faire mille fois l’amour suivi de mille petites morts ?
    La jouissance, certes sereine, ichtyologique donne l’extase
    Mais si les femmes ont de l’humour, les sirènes n’ont que des remords.

    J’ai opté pour suivre une humaine qui sait nager comme un poisson
    Et dont le jeu de jambes au lit exige des coups de queues ardents.
    Et tout au long de la semaine, nous ne cessons de faire moisson
    De fruits d’amour à la folie qui croquent si bien sous la dent.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Poisson-chat & chien-de-mer

    Les poissons-chats, les chiens de mer font les compagnons agréables
    Pour une sirène isolée dans la vacuité abyssale.
    Entre deux marins victimaires, le temps paraît interminable
    D’où l’envie de se consoler avec ses racines caudales.

    À l’instar des gens de la ville et leurs animaux domestiques,
    Elles s’attachent aux alevins selon leurs couleurs, leur splendeur.
    Des poissons-chats plutôt serviles aux chiens de mer humoristiques,
    Un ami c’est comme du bon vin, ça réanime les profondeurs !

    Tableaux de Diego Fernandez.

  • La sirène méduse

    La sirène méduse

    Environ une fois sur trois, naît une sirène-méduse ;
    Un corps de femme lumineux sur une queue effilochée.
    Ses tentacules qui, je crois, sont toxiques, si je ne m’abuse,
    Fouettent d’un effet prurigineux qui tente de s’en rapprocher.

    Imaginez donc des étreintes pareilles aux feuilles d’orties,
    Une caresse venimeuse qui brûle la peau jusqu’à l’os
    Et qui vous marque d’une empreinte, sur tout votre corps, assortie
    D’une fulguration amoureuse mais peut-être un peu trop véloce.

    Quoi qu’il en soit, nul n’oubliera ce coup de foudre conducteur
    Qui transmet une onde électrique aux bateaux qui voguent alentour.
    Quant au marin, il suppliera ses organes reproducteurs
    À arrêter d’avoir la trique en permanence tous les jours.

    Tableau de Prateep Kochabua.

  • Histoire d’eau

    Histoire d’eau

    Si l’histoire d’eau m’était contée, j’y verrais la carte du tendre
    Prendre les routes maritimes autour des îles de la passion
    Dont une romance escomptée ferait son entrée sans attendre
    Par un mariage légitime avec une femme-poisson.

    Vers le plus isolé du monde des atolls du nord Pacifique,
    Dans un lagon exceptionnel d’eau douce fraîche avec amour.
    Ma belle sirène, pas pudibonde pour deux sous, serait magnifique
    Avec un corps sensationnel, tout ce qu’il y a de plus glamour.

    On dit que l’île de Clipperton correspondrait à ma demande
    Et que les sirènes y abondent dans la lagune du comté.
    Mais d’après Darwin et Newton, la science hélas me recommande
    Que cette folie vagabonde ne soit plus jamais racontée.

    Tableau d’Elsid.

  • La sirène végane

    La sirène végane

    Ce n’est pas une queue de poisson mais une racine de carotte ;
    Pas de cheveux mais du cresson dont elle n’est pas peu fiérote.
    Vous la trouverez au potager se nourrissant de pommes de terre
    Qu’elle contribue à propager par son lait phytosanitaire.

    Les sirènes véganes ont du lait qui perle de leurs seins en poire
    Dont les mamelons ondulés plaisent aux vers qui voudraient y boire.
    Heureuse l’humble jardinière qui la découvre dans une endive
    Et passe de fonction routinière à une activité lascive.

    Si la queue sert à aguicher la jardinière dans son jardin,
    Elle fait office de godemichet et s’agrandit comme un gourdin.
    Si vous passez près des enclos et oyez des gémissements,
    C’est la maraîchère à huis clos qui pousse des trémoussements.

    Illustration de Forest Diver sur https:www.behance.netgallery247706332d-digital .

  • Jumping Mermaid

    Jumping Mermaid

    Sur les rouleaux, on voit l’surfeur et dans le rouleau, très sereine,
    On la voit jaillir sur sa proie laissant la planche à la dérive.
    Tant pis pour le sportif gaffeur qui ne croyait pas aux sirènes
    Maintenant je pense qu’il y croit mais c’est trop tard quoi qu’il arrive.

    Quand la mer fait de grosses vagues, les sirènes chassent en équipe
    Lors des frégates et concours, toutes s’y adonnent en chœur.
    Aussitôt qu’elles voient que divague d’exaltation le pauvre type,
    L’une le fauche dès qu’il encourt la jubilation du vainqueur.

    Pourtant je dois rendre justice, quand même, à son esprit sportif
    Car elle enlève du peloton notamment les brebis galeuses
    Qui auraient porté préjudice par leurs errements abortifs
    En mêlant au phytoplancton leurs cervelles encore moelleuses.

    Tableau d’Anna Podedworna sur https:www.artstation.comakreon .

  • La légende de la Vouivre

    La légende de la Vouivre

    Tombée dans l’étang en bas âge, elle fut sauvée par des grenouilles
    Et fut nourrie au lait de loutres et aux œufs de carpe argentée
    Qui colorèrent son visage comme un fond de teint de vasouille,
    Une peau blanchâtre et, en outre, des cheveux roses endiamantés.

    Comme elle séjourna dans l’eau bien trop longtemps pour une humaine,
    Pieds et mains devinrent palmés par la pratique de la nage.
    Adolescente au teint pâlot, advint un curieux phénomène
    Car rien ne pouvait lui calmer ses excès de libertinage.

    Notre sirène des eaux douces, cachée derrière les roseaux,
    Guettaient les pêcheurs en bateau pour leur souhaiter la bienvenue.
    Quand sortait sa jolie frimousse poussant un chant amoroso,
    Le bonhomme devenait pataud de la voir grimper toute nue.

    Bientôt les femmes des pêcheurs voulurent chasser la sorcière
    Et la tuer quoi qu’il advint malgré tout c’ qui aurait pu s’ensuivre.
    Alors la fille d’un air bêcheur s’échappa de la souricière,
    Gagna le marais poitevin et changea de nom pour « la Vouivre ».

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Sirènes et chimères d’étangs passés et à venir

    De la nature des sirènes et leur instinct de chasseresse,
    La diversité des moyens pour piéger l’homme est légendaire.
    Depuis nos régions riveraines jusqu’aux îles enchanteresses,
    Le décompte des citoyens mystifiés est lapidaire.

    Leur apparence bucolique, douce, naturelle et forestière,
    Attire poètes et artistes qui recherchent l’inspiration.
    Mais la forêt mélancolique est loin d’être primesautière
    Et la sirène pépiniériste les absorbe par macération.

    Sirène des îles, sirènes des champs, entendez-vous dans nos montagnes
    Glousser ces monstres à chair de poule qui viennent près de vos maisons
    Et n’ont pas vraiment l’air méchant mais font du pâté de campagne,
    Une fois que le sang s’écoule, en vous mettant en salaison ?

    Tous les goûts sont dans la nature surtout chez la gente chimère ;
    Les ogres, les croque-mitaines et harpies aux griffes effilées.
    Si ces créatures s’aventurent, arborant leurs appas mammaires
    En France métropolitaine, je vous conseille de filer.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .

  • La poussée amoureuse d’Archimède

    La poussée amoureuse d’Archimède

    Heureuse comme une sirène dans l’eau lorsqu’elle rencontre un amant
    Qui fait l’amour entre deux eaux à défaut de septième ciel
    Mais dont le lit de longs rouleaux lui permettra conséquemment
    Des positions amoroso qui offrent tout leur potentiel.

    Un peu comme en apesanteur mais sans conquête de l’espace ;
    Juste libérée de son poids grâce à la poussée d’Archimède
    Tout augmentée par la lenteur d’un coït qui passe et repasse
    Et dont les corps font contrepoids à une série d’intermèdes.

    Le marin finira noyé mais quel bonheur dans l’épectase !
    Quelle magnifique fin de carrière pour un loup de mer en retraite !
    Si cela peut vous apitoyer, sachez que connaître l’extase
    Sexuelle, la queue en arrière, vaut bien un dernier coup d’arête.

    Tableau Art Bay Mythos sur https:www.artbymythos.com .

  • La Grande-Sirène

    La Grande-Sirène

    La Voie Lactée, dans l’Univers, dépend de la Grande-Sirène,
    Mère des eaux disséminées dans les galaxies infinies.
    Quand une lune est en hiver, Elle l’endort d’une sereine
    Éclipse pour éliminer ses trous noirs d’embrouillaminis.

    Dans la mer de sérénité, elle vient souvent s’accrocher
    À l’île de fécondité d’un désir d’insémination
    Auprès d’autres divinités tandis qu’elle rêve sur son rocher
    Aux formes de rotondités que prendront ses constellations.

    Si celle-ci n’existait pas, nous n’aurions pas la connaissance
    Des lois cosmiques appliquées à la Grande Sirène qui sème.
    Pour le comprendre, il n’y a qu’un pas à faire pour suivre la naissance
    Des phénomènes inexpliqués qui se résoudront par eux-mêmes.

    Illustration de Chiara Fedele sur http:chiarafedeleillustrator.it .

  • La véritable histoire de la cabane du pêcheur

    La véritable histoire de la cabane du pêcheur

    Francesca Brel n’a pas tout dit dans sa chanson sur la cabane ;
    Ni que la fille était sirène, ni que le pêcheur, beau parleur
    L’avait trompée ce vendredi en l’invitant sur la rabane
    À passer une nuit sereine qui durerait sept ans de malheur…

    la coupe est pleine, rien ne va plus, dans la cabane du pêcheur
    Et le mélange des couleurs sur les murs n’est plus à son goût.
    Les mauvais rêves lui ont déplu notamment les plus accrocheurs ;
    Trop de chagrin, trop de douleurs qui ne lui laissent que du dégoût.

    Tous fuient en suivant la sirène et ses enfants main dans la main
    Dont le mari, homme incrédule, accuse le dernier épisode.
    Seule la maison paraît sereine de les voir se mettre en chemin
    Et demeure avec la pendule indifférente à cet exode.

    Adieu tabourets nonchalants, adieu chaises insouciantes,
    Adieu objets inanimés, adieu enfants de la chimère !
    Tout le mobilier dévalant la route, d’une allure impatiente,
    Avec la théière abîmée et le pot-à-eau de grand-mère.

    Illustration d’A. Russel.

  • Sérénité sirène

    Sérénité sirène

    Vraiment trop cool d’être sirène et vivre ainsi au fil de l’eau
    En attendant le gars suivant parmi les gars de la marine !
    Bien reposée, l’âme sereine sous le cocotier de l’îlot
    La queue aux pointes décrivant comme des manèges de ballerine.

    Plutôt alors des ballets roses sans le tutu évidemment
    Qui la ferait dès lors confondre avec la méduse pélagique.
    Tintin pour le marin morose qui s’éloignerait avidement
    Et la sirène se morfondre de ses déboires nostalgiques.

    Oui mais à force de rêvasser un bateau au large est passé
    Tant pis ! Ce sera qui dort dîne pour la sirène paresseuse.
    Elle s’en moque ! Il va repasser au retour et vont trépasser
    Tous les marins de « La Sardine » aux tribulations malheureuses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Quand la sirène se trahit

    Quand la sirène se trahit

    Si vous soupçonnez votre femme d’être en réalité sirène
    Qui vous a charmé de sa voix pour goûter votre marinade,
    Pas besoin de manière infâme mais, d’une façon plus sereine,
    Quand elle prend son bain chaque fois, observez sa dégoulinade :

    Ce n’est pas sa queue qui frétille mais l’eau du bain qui prend la mer
    Et la sirène devient une île massée du flux et du reflux.
    Chaque vague qui l’émoustille lui donne un souvenir doux-amer
    Du temps où elle vivait tranquille d’aimantes eaux fraîches superflues.

    La mienne a éveillé mes doutes par la salle-de-bains parfumée
    D’un air marin chargé d’embruns qui me rappelait la Bretagne.
    Depuis, tout ce que je redoute c’est partir un jour en fumée,
    Consommé comme un Petit-brun entre les dents de ma compagne.

    Tableau de Kristin Kwan sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-surrealistes-et-fantastiques-de-kristin-kwan .

  • Trois sœurs entre deux eaux

    Trois sœurs entre deux eaux

    Quand je plonge en demi-sommeil dans le lac des rêves émeraude,
    Les sœurs de Morphée m’accompagnent jusqu’à la grotte des sirènes.
    Elles n’aiment pas trop le soleil et leur chevelure noiraude
    Ondule tandis qu’elles regagnent avec moi l’abri de leur reine.

    Comme je dors profondément et que j’oublie tout au réveil
    Je les ai chargées de m’écrire le rêve de la nuit dernière.
    Je le transcris conformément sans faire un discours qui pérore
    Mais qui saura mieux vous décrire tout avec l’art et la manière :

    « Dans ce fantasme, tu es le Roi et la souveraine, ta Reine ;
    Ton mariage s’est déroulé il y a vingt ans exactement
    Au fond d’un grand lac Bavarois avec Lorelei et sirènes
    La nuit où tu t’es écroulé, mort de fatigue notablement.

    Depuis tu reviens chaque fois qu’un problème te préoccupe
    Pour lui demander son avis qu’elle t’accordera toujours.
    Qu’elle t’accorde toutefois sous condition – elle n’est pas dupe –
    De revenir toute ta vie, chaque nuit, lui faire l’amour.

    Tableau d’Alexander V. Orlov.

  • Ma tête du vendredi

    Ma tête du vendredi

    Ce vendredi, je suis vaseux, on m’a arraché une dent ;
    J’ai des poissons qui font la fête et nagent dans mon vague à l’âme.
    Un poisson-lune à l’air gazeux me fait un signe préludant
    La fin de ma prise de tête que la température enflamme.

    Dans mon encéphale aquarium, un requin me tape sur le nerf
    De ma molaire justement partie jeudi après-midi.
    Ce n’est plus un planétarium mais l’océan imaginaire
    Où je me noie absurdement dans une trouble comédie.

    Si une sirène m’entend, qu’elle vienne me charmer de sa voix
    Et dévorer à pleine dent mon cœur imbibé d’un sang mièvre
    Heureux tout en l’alimentant de revêtir ses grands pavois
    Pour l’épouser en quémandant de me réveiller de ma fièvre.

    Tableau de Victoria Nahum.

  • La chevelure de la sirène

    La salinité de la mer plaît aux écailles, pas aux cheveux ;
    Au fil des jours, au fil de l’eau, les belles coiffures s’emmêlent.
    Malgré le malt des algues amères et l’huile des poissons baveux,
    La chevelure part à vau-l’eau, tresses et mèches en pêle-mêle.

    Avant que l’eau ait déformé et abîmé sa dignité,
    Un traitement indispensable s’avère urgent pour la sirène.
    Il est temps de se transformer selon ses possibilités
    Grâce à sa queue convertissable en jambes dignes d’un port de reine.

    La queue se fend en tentacules qui se détachent peu à peu
    Délivrant deux jambes superbes qui seront très bien accueillies.
    Lentement dans le crépuscule, elle sent ses cheveux adipeux
    Revitalisés par les herbes et les fleurs fraîchement cueillies.

    Par les rayons directionnels d’un soleil régénérateur,
    Les cheveux d’un éclat nouveau se nourriront de sa lumière.
    Ce phénomène exceptionnel est l’un des signes révélateurs
    Lors d’une remise à niveau dont la sirène est coutumière.

    Tableaux de Jennifer Hrabota Lesser sur https:www.smarterartschool.comjennifer-hrabota-lesser-artist-profile.html .

  • Amazones dans le brouillard du matin

    Amazones dans le brouillard du matin

    Contrairement aux noctambules qui rentrent à l’aurore chez eux,
    Je suis resté dans les faubourgs cherchant la rue Saint-Honoré.
    Soudainement sans préambule dans le quartier des gens taiseux
    Bordant le parc du Luxembourg, je fus alors déshonoré.

    Toute une tribu d’amazones rentrant de l’Opéra Garnier
    Jetèrent sur moi leur dévolu en me déchirant la chemise.
    Comme j’étais hors de la zone de portée de voix des jardiniers
    Leurs lances à fer non émoulu m’ont pris en victime soumise.

    Elles m’ont obligé une à une à satisfaire leur libido,
    À les écouter chanter faux et boire leurs filtres magiques.
    Après m’avoir tout infligé, elles m’ont tatoué sur le dos :
    « Homme charmant, bien comme il faut, du point de vue gynécologique. »

    Tableau de Morton Künstler.

  • Sirènes dans le brouillard du matin

    « Il est cinq heures, Paris s’éveille ; c’est l’heure où je vais me coucher ! »
    Chantait Dutronc qui avait tort car s’il avait juste attendu
    Une heure ou deux, quelques merveilles sur lesquelles on aime loucher,
    Chevauchant licornes et centaures, seraient venues, le sein tendu.

    Le sein tendu, les amazones, moitié femme et moitié sirène
    – Ce qui fait un quart de poisson et trois quarts de femme fatale –
    Venaient ouïr sur plusieurs zones et notamment cirques et arènes,
    Cabarets et lieux de boissons, les chants de leur ville natale.

    Précisément à l’Opéra, chantait la Diva des divas ;
    Arabelle la belle andalouse qui se produisait ce mardi.
    Dommage pour Jacques qui ne pourra jamais adresser ses vivats
    À celle qui aurait rendue jalouse les amies de Françoise Hardy. †

    (Tableau de Dags Vidulejs.
    † Toutes mes condoléances, j’avais écrit ce texte prémonitoire le 27 mai.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La première pécheresse

    La première pécheresse

    Lapsus énorme, inévitable entre « a péché » et « a pêché »
    Et Ève s’est retrouvée paumée avec sa pêche miraculeuse.
    Ç’en est bête et c’est regrettable car elle s’était dépêchée
    Juste après l’avoir empaumé d’en faire une histoire fabuleuse.

    Mais… attendez… je confonds tout ou, au contraire, on nous confond
    Et l’histoire du fruit défendu n’est rien qu’une pêche interdite.
    On nous éduque comme des toutous, des imbéciles bas-de-plafond
    Pour un mensonge répandu par la foi qui nous discrédite.

    Le poisson rend intelligent ; donc : aliment de connaissance !
    Comme quoi lire entre les lignes, lorsque ce sont des cannes à pêche,
    Montre l’impair désobligeant que Dieu a fait avec aisance
    En accusant la femme indigne d’autant que rien ne l’en empêche.

    Tableau d’Alisa Williams sur https:fineartamerica.comprofilesalisa-williams .

  • La sirène assombrie

    La sirène assombrie

    Quand la sirène est d’humeur sombre, elle se réfugie dans l’ombre
    Avec lumière tamisée dans ses abysses organisées
    En salon et lieu de détente afin de tromper son attente
    Et quelque liqueur de folie pour troubler sa mélancolie.

    Quelques poissons clowns arbitraires tenteront tout pour la distraire
    En lui offrant des anémones ointes de subtiles phéromones
    Pour l’enivrer de ses arômes et lui diminuer le syndrome
    De l’apathie qui la chagrine sans les délices sous-marines.

    Mais voici qu’un petit sourire, un rictus de pince-sans-rire
    Et une lueur dans les yeux éclaire son visage ennuyeux.
    Une corne de brume sonne, sitôt la sirène frissonne
    Et sait qu’elle va devoir chanter une mélopée enchantée.

    Un vaisseau riche en matelots, tous prêts à se jeter à l’eau,
    Tous enclins à se saborder ensemble à sa voix accordée,
    Croiser la mauvaise fortune de la dure loi de Neptune.
    Pour la sirène quel festin et, pour les marins, quel destin !

    Tableau de Srdce.

  • Ichtyologie de la sirène

    Ichtyologie de la sirène

    Une sirène, est-ce une femme pourvue d’une queue de poisson
    Ou bien est-ce la greffe d’une femme transplantée sur un gros poisson ?
    Sans doute qu’à l’instar de Jonas un poisson a eu l’occasion
    De satisfaire l’envie tenace d’un sang humain en perfusion.

    Mais la meilleure théorie serait la collaboration
    De deux espèces animales pour un bénéfice commun.
    Des branchies hors-catégorie permettraient la respiration
    Et une silhouette optimale attirerait tout un chacun.

    La femme nourrit le poisson qui donc oxygène la femme
    Et c’est cette contribution qui satisfait les partenaires.
    Et la voix qui fait les passions provient de l’ouïe qui affame
    Le marin par l’attribution de ses branchies imaginaires.

    Illustration de Marisol Diaz.

  • Alix, chasseuse de sirènes

    Tous les matins, la jeune Alix, munie d’un filet papillon
    Et de sa fidèle grenouille, va librement chérir la mer
    Dont les vaguelettes prolixes s’infiltrant sous le cotillon
    Lui gonflent comme une quenouille sa robe en nacre d’outremer.

    Elle est chasseuse de sirènes – c’est du moins ce qu’elle prétend –
    Enrobée comme une baleine dans un scaphandre peu seyant.
    Elle va pourtant l’âme sereine tôt ou tard nous interprétant
    Un coup d’audace hors d’haleine où le rater en l’essayant.

    Mais une fois hors de portée, en revanche, quelle supercherie !
    Elle est enceinte jusqu’aux os et cache un joli embonpoint
    Qu’elle doit depuis longtemps porter, vu les rondeurs qu’elle chérit
    Et qui, flottant entre deux eaux, se délassent hors de son pourpoint.

    Sans doute aura-t-elle une fille qu’elle ramènera dans ses filets
    Comme une preuve irréfutable qu’elle sait pêcher sans hameçon
    Et qu’elle arrive à la cheville des plus grands pêcheurs profilés.
    Mais gare au drame indiscutable si jamais c’était un garçon !

    Illustrations de Rebecca Dautremer.

  • Les jambes de la sirène

    Les jambes de la sirène
    Tous les avis sont partagés quant aux jambes de la sirène ;
    Andersen, au prix de sa voix, se la métamorphose ingambe ;
    Le cinéma la fait nager d’une queue conforme et sereine
    Qui, dès qu’elle emprunte la voie terrestre, elle se transforme en jambes.

    Sans doute les deux ont raison ce qui éclaire notre lanterne.
    Si les sirènes sont parmi nous ; certaines d’entre elles sont muettes ;
    Si d’autres restent à la maison, dans leur baignoire, elles se prosternent
    Tout en se méfiant des minous qui s’en pourlèchent la luette.

    Je n’en ai rencontré aucune, ni de muette ni de mutante ;
    Évidemment loin de la mer, le contact est plus hasardeux.
    Afin de combler mes lacunes, si l’une de vous est partante,
    Venez chez moi, chère chimère, j’ai l’eau courante et parle pour deux.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • Bernadette l’ermite

    Combien Bernadette s’ennuie toute seulette dans sa conque !
    Hélas les marins sont partis sans qu’elle ait su les retenir.
    Bien tristement quand vient la nuit, elle n’a toujours pas vu quiconque
    Lui donnerait de la répartie et qui pourrait lui convenir.

    Elle a transmis mille messages par poissons-postiers voyageurs
    Chargés d’adresser ses dépêches à quelque nouvelle amitié.
    Mais le quotidien ramassage n’a eu aucun effet majeur
    Sans doute en raison de la pêche inopinée des chalutiers.

    Un jour Bernadette, centenaire, regrettera d’avoir mangé
    Le prince charmant envoyé la sauver de sa solitude.
    Neptune, ce Dieu débonnaire, s’était avec lui arrangé
    Et avait su l’apitoyer comme il en avait l’habitude.

    Mais Bernadette est trop gourmande et après l’amour consommé
    A croqué son marin tout cru et tout est parti en quenouille.
    Malgré la divine réprimande et son repentir consumé,
    Elle s’est entichée – qui l’eut cru – d’un serpent et d’une grenouille.

    Illustrations de Quentin Grébant.

  • De la fraie des poissons

    De la fraie des poissons

    Ce vendredi, fin de semaine, tous les poissons suivent la fraie ;
    Ce grand départ pour remonter fleuves, rivières et torrents.
    Auguste et sacré phénomène qui, toutes chroniques, défraie
    Car on dit qu’ils vont affronter ceux qui se croient au restaurant.

    D’abord le phoque en pleine mer qui en fait son économat
    Et puis l’ours posté à l’affût sur les cascades et les rochers.
    Pour certains la course éphémère s’arrête au fond de l’estomac
    D’autres par le savoir infus voient les lieux de ponte approcher.

    Heureux comme un poisson dans l’eau ? Point d’orgasme pour notre saumon !
    Sur l’œuf pondu dans la frayère par sa femelle l’encavant,
    Le mâle répand à vau-l’eau, sans état d’esprit rodomont,
    Une laitance dans la rivière et meurt Gros-Jean comme devant.

    Tableau de Lily Greenwood sur https:www.saatchiart.comlilygreenwood .

  • La sirène novice – 2

    La sirène novice - 2

    depuis son aventure
    Avec un matelot,
    pucelle et lui puceau.
    Juste un cri de couleur
    au cours de l’emboîture
    Mais ils étaient dans l’eau,
    ils étaient un peu sots.

    Comme l’amour vous met
    souvent en appétit,
    La sirène l’invite
    dans le milieu ambiant
    À partager ses mets
    et par son apathie
    Impossible qu’il évite
    d’en être l’ingrédient.

    Le deuxième marin,
    un peu gras toutefois ;
    Le quatrième maigre
    mais le goût est exquis.
    Avec du romarin,
    elle a grillé le foie
    Flambé d’un alcool aigre
    – il vendait du whisky.

    Elle a l’air maigrichonne
    mais l’appétit d’un loup,
    Loup de mer affamé
    toujours insatiable.
    On dit qu’elle vous bichonne
    à se mettre à genoux
    L’homme au thym parfumé,
    cuisiné à la diable.

    Tableau de Mark Ryden.

  • La sirène écossaise

    Les sirènes ne sont pas prêteuses pourtant elles donnent de la voix
    Pour guider en guise de phare les bateaux perdus sur les eaux.
    Hélas ces folles entremetteuses les mènent plutôt vers des voies
    Où un naufrage sans fanfare sonne le glas des matelots.

    La mythologie écossaise parle de « Ceasg » dévouées
    Moitié-humaine, moitié-saumon, grandes prêtresses de la mer.
    Elles ne paraissent pas si mauvaises car elles accordent trois souhaits
    À qui de son mât d’artimon pourra capturer la chimère.

    Mais gare à qui tombe amoureux car il se perdra dans les flots
    Où elle entraîne sa victime vers les abysses opportunes.
    Le pauvre marin langoureux n’aura que le temps d’un sanglot,
    Même pas un regard ultime pour ses compagnons d’infortune.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Sirénade

    Sirénade

    Quand Sirénade vient bercer les matelots dans leur hamac,
    Ceux-ci plongent à poings fermés dans les bras palmés de Morphée
    Dont les dents viennent transpercer les rêves tendres qui s’estomaquent
    De d’être laissés enfermer, obligés de crier forfait.

    Gare à qui entendra le chant de Sirénade l’endormeuse
    Car il n’ se réveillera plus, prisonnier des pires mensonges.
    À l’heure du soleil couchant, faites attention à la charmeuse
    Car si sa chanson vous a plu, vous serez perdus dans ses songes.

    Je l’ai écoutée une fois et j’ai chuté longtemps, longtemps
    Comme une Alice poursuivant un lapin blanc dans les abysses.
    Je l’avais écrit toutefois à l’encre d’un petit remontant
    Qui m’a ramené droit devant le seuil des cauchemars propice.

    Tableau de Liselotte Eriksson.

  • La sirène et son lion

    D’une sirène et d’un lion, un jour l’amour se déclara
    Ce qui ne fut pas chose aisée ; la mer est loin de la savane.
    Pourtant elle trouva son champion et lui adora sa Clara
    Qui lui accorda un baiser et depuis lors ils se pavanent.

    C’est un marin un peu hardi qui captura dans ses filets
    Une sirène dans les anchois qu’il avait pêché dans la Manche.
    Il la revendit un mardi en mettant un entrefilet
    Dans le journal de premier choix : celui qui paraît le dimanche.

    L’acheteur – un caravanier – l’emprisonna dans un bocal
    Et traversa le Sahara avec toute sa méharée
    Mais un orage printanier par un microclimat local
    Brouilla les chevaux du haras et les dromadaires égarés.

    C’est ainsi que la caravane poursuivie par les éléphants
    Perdit l’assurance sereine pour un destin plus douloureux.
    Donc arriva dans la savane un lion qui voulait des enfants
    Qui lors aperçut la sirène et en tomba fou amoureux.

    Sculptures de Paul Smith sur https:paulsmithsculptures.co.ukarchive .

  • Dans les roseaux la Vouivre

    Dans les roseaux la Vouivre

    Bien loin du marais poitevin où d’ordinaire elle demeure,
    La Vouivre a remonté la Loire et a traversé les montagnes,
    Puis suivi la route des vins jusqu’à ce que le soleil meure
    Afin de franchir sans déboire la frontière vers l’Allemagne.

    En voyageant jusqu’en Bavière, le pays où les lacs sont verts,
    Elle est retournée par les gorges pour s’y reposer à l’abri.
    Suivant les torrents, les rivières où les courants coulent à l’envers,
    À l’heure où le soleil s’égorge dans les eaux brunes assombries.

    Sans doute les Lorelei du Rhin, celles qui chantent en germanique,
    L’ont guidée afin qu’elle puisse continuer par les réseaux
    Des lacs sombres et souterrains issus des Alpes alémaniques.
    Et c’est ainsi qu’enfin en Suisse, je l’aperçus dans les roseaux.

    Tableau de Louis Chalon.

  • Sirènes au harem

    Le Roi Neptune tient son harem dans les jardins de son royaume
    Quelque part entre les tropiques du capricorne et du cancer.
    Il détient le pouvoir suprême de goûter dans son microbiome
    Aux délices philanthropiques des sirènes qui l’aiment de concert.

    Mais pas de gardien ni d’eunuque ; juste une pieuvre et puis un crabe
    Qui vient pincer le malheureux là où ça lui fait le plus mal.
    Le poulpe a privilège unique d’œuvrer de téléphone arabe
    D’un tentacule valeureux télétransmetteur-animal.

    Car les sirènes communiquent afin de propager leurs voix
    Aux quatre coins carrés du globe jusqu’à l’écoute des bateaux
    Qui livrent les androgéniques vitamines mâles par la voie
    Toute tracée car elle englobe les matelots les plus patauds.

    Illustration de Winstout

  • La sirène enceinte

    Veillez à ne pas déranger la sirène enceinte chez elle,
    Ni même ailleurs, ni n’importe où, de quelque façon que ce soit.
    Son caractère est étranger à son cœur qui manque de zèle ;
    Quel que soit votre meilleur atout pour vous séduire, cela la déçoit.

    La sirène est d’humeur changeante tantôt froide et tantôt bouillante ;
    L’œuf qui grandit la fait passer de joie à la morosité.
    La moindre émotion dérangeante la fait devenir flamboyante
    Gare à qui vient outrepasser le facteur dangerosité.

    Or hier si douce et si timide quand le marin l’a engrossée,
    Elle a calmé son appétit en le mangeant pour un moment.
    Mais bien vite, dans son nid humide, son tempérament s’est faussé
    Et après une nuit d’apathie, la voici future maman.

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  • Post-scriptum des sirènes

    Avant de retourner la page de la journée parachevée,
    J’ajoute un dernier post-scriptum en direction de ma conscience
    Qui le donne à l’aréopage des anges qui veillent à mon chevet
    À l’attention du factotum qui organise ma subconscience.

    Ce serviteur attentionné, maître des rêves les plus secrets,
    Conduit mon esprit fatigué vers des paradis exotiques.
    Comme il sait mes plus passionnés et ceux qui me laissent des regrets,
    Il sait toujours me prodiguer les meilleurs songes érotiques.

    Et c’est ainsi neuf fois sur dix qu’il me dirige vers les îles
    Où des sirènes vont m’attendre pour me plonger dans le sommeil.
    Je rêve de celles de jadis qui offraient l’éphémère asile
    Aux marins dans une nuit tendre mais jusqu’au lever du soleil.

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  • L’ex-libris des sirènes

    Beaucoup de messages intimes transitent dans les pages des livres ;
    Des ouvrages les plus anodins comme les livres de cuisine.
    Dans les dernières pages ultimes, c’est dans l’index que l’on peut suivre
    Les confidences et les potins d’une sirène à ses cousines.

    Dans mon dictionnaire de rimes, vit une sirène coquette
    Qui voulant surveiller sa ligne en recherche des suggestions.
    La table des matières exprime ses suppliques et ses requêtes
    Que je repère, que je souligne et joins dans le texte en question.

    Ainsi je cache dans mes poèmes nombre de secrets bien gardés
    Dissimulés en filigranes derrière mes rimes embrassées (croisées).
    Seuls ceux qui ont le cœur bohème seront admis à regarder
    Cette sirène tenant le crâne du dernier marin terrassé (pavoisé).

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  • Le grand livre des sirènes – 2

    L’invention de l’imprimerie gêna paradoxalement
    La distribution du grand livre des sirènes par correspondance
    Car toutes leurs mesquineries devaient être formellement
    Tenues secrètes pour en vivre sans en subir de concurrence.

    Elles utilisèrent un temps une encre aux couleurs sympathiques
    Qui n’apparaissaient qu’humectées de quelques gouttes de rosée.
    Évidemment ce fut tentant, en mettant l’idée en pratique,
    De livrer sans se faire suspecter les secrets ainsi transposés.

    Lorsque vous tiendrez un bottin, une bible ou un dictionnaire,
    Le palimpseste apparaîtra après l’avoir mouillé du doigt.
    L’image d’une sirène au beau teint d’une façon discrétionnaire
    Entre les lignes vous soumettra son contenu comme il se doit.

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  • Le grand livre des sirènes – 1

    Le premier livre sur les sirènes fut imprimé en noir et blanc,
    Composé à l’encre de seiche sur papier couché et nacré.
    On y parlait de rois, de reines et de chevaliers affublant
    Qui partaient ensemble en calèche vers des lieux aux cultes sacrés.

    Car, en ce temps-là, les sirènes, comme émissaires de Neptune,
    Passaient des accords de commerce pour que l’Olympe les entérine.
    Elles étaient toutes souveraines de leurs atolls et leurs lagunes
    Et donnaient prise aux controverses envers les gars de la marine.

    Les pages étaient manuscrites et copiées dans les abysses
    Par des poissons-moines copistes qui récoltaient les coquillages.
    Toute demande était souscrite des années avant qu’on subisse
    L’oubli des légendes utopistes des amateurs de l’embrouillage.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.