Catégorie : Pamphlets

Petits textes satiriques envers qui vous savez

  • Artemis

    Artemis

    Fille de Zeus et de Léto et sœur jumelle d’Apollon,
    Artemis règne sur la chasse et sur la nature sauvage.
    Ça, nous l’avons su assez tôt mais aujourd’hui extrapolons
    Et allons plutôt dans l’espace observer de nouveaux présages.

    Aujourd’hui, ce nom ambitieux envisage de peupler la Lune
    Et y envoyer des humains pour préparer d’autres voyages.
    Notamment les plus judicieux vers Mars, la planète opportune
    Et continuer le chemin vers de futurs embouteillages.

    On installe sur le régolithe nos bases et nos télescopes,
    Cherchant dans l’éclat des étoiles l’espérance d’un nouveau départ.
    Mais l’homme emporte dans son orbite ses vieux démons et ses syncopes,
    Tissant sur la toile spatiale le bruit de ses propres avatars.

    (Tableau de Jeffrey Catherine Jones sur https:www.sellmycomicart.comjeff-jones-art.html
    Le régolithe (ou regolith mais pas Lïlïth), c’est la couche de poussière, de roche cassée et de débris qui recouvre la roche solide de la Lune.)

  • Complètement démembré

    Complètement démembré

    Les bras m’en tombent, les jambes aussi, quand je regarde les infos
    Et que j’y vois les guerres immondes entre toujours les mêmes états.
    Yahvé, toujours pas dégrossi, qui prêche le vrai et le faux
    Allah qui cherche autour du monde à propager sa vendetta.

    L’Angleterre toujours arrogante, l’Allemagne toujours aussi fière,
    La France qui remet à demain ce qu’elle pourrait faire aujourd’hui.
    La Turquie toujours provocante avec ses mille montgolfières
    Qui transportent autant d’êtres humains que le Bhoutan en a produit !

    Et pendant que le sol s’effondre et que nos haines se répètent,
    Artemis cherche dans la Lune un sanctuaire au ciel serein.
    On veut coloniser les ombres, fuir les décombres des prophètes,
    Pour oublier que sur la dune, l’homme n’est qu’un grain souverain.

    Tableaux de Brad Holland.

  • Vol au-dessus des règles

    Vol au-dessus des règles

    J’aimerais échapper aux règles qu’ont fixées les hommes avant moi
    Et que j’accepte à ma naissance au nom d’un soi-disant respect.
    J’aimerais voler comme un aigle et vivre libre au fil des mois
    Sans avoir de reconnaissance envers ce vieux monde suspect.

    Suspect de n’avoir résolu que guerres, défaites et victoires
    Sans chercher à communiquer afin d’organiser l’essor.
    On dit que l’humain évolue mais si j’en observe l’Histoire,
    Il n’est qu’un singe paniqué par la mort et son triste sort.

    Alors je rêve que je plane, le rêve est une drogue douce
    Qui ne résout ni n’améliore à première vue nos affaires.
    Mais les Reflets Vers que je glane et que je sème sur le pouce,
    S’ils font sourire les seniors, je continuerai à en faire.

    Collage de Wlad Safronow.

  • Crépuscule

    Crépuscule

    Est-ce que je suis au crépuscule de ma vie ou bien de la Terre ?
    Le contenu se sent petit autant que le contenant est grand.
    Entre chien et loup, tout bascule et c’est l’heure où les deux s’altèrent
    Un peu comme si, par empathie, pour l’un et l’autre, c’était flagrant.

    Le vingtième siècle est dans la nuit et celui-ci, après l’aurore
    Fracassante atteindra midi si toutefois le soleil luit.
    Déjà le soir et je m’ennuie ; bien que j’écrive ou je pérore,
    Le temps, du lundi au samedi, ne laisse rien derrière lui…

    …Sinon l’amour mais c’est la guerre qui plaît aux hommes comme à Dieu
    Qui les dresse au nom de la vie et sa sainte loi du plus fort
    Que l’on connaît depuis naguère et ses effets les plus odieux
    Sur le présent inassouvi de tuer l’autre pour son confort.

    Tableau de Silvia Pavlova.

  • Carpe Diem

    Carpe Diem

    Tout va très bien sur la planète et c’est le paradis sur Terre !
    Enfin… lorsqu’on aura tué un tiers de la population
    Et que l’on aura fait place nette aux religions qui nous atterrent
    Par leurs adeptes habitués à faire leurs manipulations.

    Vive la ronde des missiles et de l’arsenal nucléaire !
    Qu’on déterre la hache de guerre avec tomahawk patriotes !
    Tant qu’on regarde à domicile le taux des avis mortuaires
    Les infos paraissent moins vulgaires sachant que la farce est idiote.

    Mais en mariant les couleurs grâce aux transhumances massives,
    En amalgamant tous les dieux en un seul bien plus médiatique,
    En atténuant la douleur par une euthanasie passive
    Et par des virus insidieux, cesseront ces problématiques.

    Faisons confiance à nos élus qui nous ont mis devant un gouffre
    Et nous promettent sans retard de faire un grand pas en avant.
    Mais dès qu’ils auront résolu comment ne plus sentir le souffre,
    Sans doute sera-t-il trop tard mais… est-ce un détail aggravant ?

    Reproduction de «  La Joie de vivre » par Henri Matisse.

  • Gaïa du Nord au Sud

    Gaïa du Nord au Sud

    Dans la mythologie nordique, Yggdrasil siège à l’arbre-monde
    Et Fenrir est le loup célèbre d’inspiratrices épistolières.
    À notre époque parodique, on lui voue une course immonde
    Non pas pour des raisons funèbres mais pour des raisons pétrolières.

    Dans d’autres textes alchimiques, un Lion Rouge ou Lion Vert
    Représente la force solaire opposée à l’Ouroboros.
    Aujourd’hui l’industrie chimique crée des virus sous le couvert
    D’intentions qui mettent en colère les complotistes les plus féroces.

    C’est dire le travail de Gaïa qui ne baisserait pas les bras
    Mais les étend d’Est en ouest pour rassembler tous ses enfants
    Qui continuent leurs guérillas à lui faire péter les chakras
    Et brandir ses foudres célestes sur tous ces pantins triomphants.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La Vérité à cheval

    La Vérité à cheval

    La Vérité sortait du puits et tout redevenait limpide
    Bien sûr, c’était celle des vainqueurs car le mensonge va aux vaincus.
    Mais tout a bien changé depuis et les médias, peu intrépides,
    Ne sont que des serfs chroniqueurs pour un public peu convaincu.

    La Vérité parle beaucoup et même, je dirais, un peu trop !
    À chaque jour, son événement ; à chaque événement, son débat.
    Et là, on nous noie jusqu’au cou de commentaires de bistrot ;
    Tout le monde a raison, tout le monde ment, c’est toujours le même combat.

    C’est la foire aux aréopages d’interlocuteurs gravissimes
    Qui nous expliquent ce qu’ils pensent que les grands de ce monde pensent,
    Puis après on tourne la page car c’est l’actualité qui prime.
    La quête de vérité dispense et celle du mensonge compense.

    Tableau de Marco Rossati sur https:conchigliadivenere.wordpress.com.

  • L’oracle du vingt-et-unième siècle

    On a remplacé les oracles par les sondages et les médias
    Et les prophètes sont détrônés par tous les cabinets conseils.
    Comme on ne croit plus aux miracles, peu importe dans l’immédiat
    Si la vérité est prônée par ceux qui récoltent l’oseille.

    Là où Jacques Attila passa, le futur ne repoussa pas ;
    Il ne reste plus qu’à questionner l’intelligence artificielle.
    Hier, le pouvoir d’achat baissa, demain il sera encore plus bas ;
    Pour en être décongestionné, attendons les présidentielles…

    Tableaux Surrealistly de Vitalie Burcovschi.

  • Qui portera le chapeau ?

    Qui portera le chapeau ?

    Au jeu des chaises musicales, on élimine un par un
    Les fusibles censés protéger ceux qui suivent dans la hiérarchie.
    La manière la plus radicale est de coiffer tout un chacun
    Du chapeau discret mais piégé des membres de l’oligarchie.

    C’est comme un virus qui gangrène les gens tellement haut placés
    Qu’ils ont besoin de protection, anonymat et discrétion.
    Mais dès que l’un tombe, il entraîne, comme dominos entrelacés,
    Tous ceux qui sont en connexion avec ses sombres machinations.

    À l’instar des trains, un chapeau peut en cacher bien davantage ;
    Têtes blondes ou têtes chenues dans des situations dépravées.
    Si l’on soulève le capot de la machine à fayotage,
    Combien se retrouveront nus en présence de qui vous savez… ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le cœur arc-en-ciel

    Le cœur arc-en-ciel

    Savoir donner de tout son cœur un peu de couleurs à la Terre
    Tout en faisant feu de tout bois, c’est détruire pour mieux reconstruire.
    Il faut chercher qui est vainqueur de cette méthode délétère
    Et qui se fiche que tout flamboie si c’est un moyen pour s’instruire.

    Sans doute la raison, en somme, qui fait que l’apprenti-sorcier
    Se croit forcé de tout casser pour montrer qu’il est compétent.
    Sur cette Terre, il n’y a que l’homme qui se considère associé
    À devoir se décarcasser pour tout péter tant qu’il est temps.

    Si un jour je croise un démon en train de mettre tout son cœur
    À brûler toutes les forêts pour planter du palmier à huile,
    Est-ce que le moindre sermon lui donnera de la rancœur ?
    Non, je ne crois pas qu’il saurait se rendre compte de la tuile !

    Tableau de Tino Rodríguez.

  • Fausses couleurs sans vrai corps

    Fausses couleurs sans vrai corps

    Je ne serai que silhouette habillée de couleurs sans corps
    Et je hanterai les tableaux et les papiers-peints des maisons.
    Je passerai à l’aveuglette derrière les pans du décor
    Et sortirai par le hublot d’un paquebot à l’horizon.

    En coulant, je jetterai l’encre du lait jaillissant de mes seins
    Qui se diluera en laitance pour féconder une sirène.
    Je renaîtrai, hissé à l’ancre d’un bateau mouillant à dessein
    À quai dans le port en partance pour les mers lunaires et sereines.

    Tableau de Ramune Sadauskiene.

  • Atelier avec vue

    Atelier avec vue

    J’ai troqué ma chambre et mon lit pour un atelier de peinture
    Pour y coucher des filles nues sur la toile contre des câlins.
    Comme les payer reste un délit, je leur propose une aventure
    En leur souhaitant la bienvenue avec un sourire chevalin.

    Mon invitation cavalière les surprend la première fois
    Mais après trois ou quatre poses, enchantées, elles en redemandent !
    Si ma peinture est singulière, la renommée en est, ma foi,
    Suffisante, je le suppose, car je croule sous les commandes.

    Tableau de Ken Howard.

  • La vie en fausses couleurs

    Les couleurs sont-elles réelles ou une illusion de l’esprit ?
    Le noir est-il obscurité et le blanc la pleine lumière ?
    Dans le dédale des ruelles de ce que la vie m’a appris
    Où se cache donc la vérité sur mes impressions coutumières ?

    Les bleus de l’âme seraient-ils verts et l’espérance violette ?
    Le blues serait-il plus foncé et la morosité moins rose ?
    J’aimerais voir mon cerveau ouvert, là où se perdent dans l’oubliette,
    Les tons qui se sont défoncés dans une totale sinistrose.

    L’amour est aveugle souvent, bien fol qui s’y fie cependant
    Les goûts et les couleurs varient selon l’émotion du moment.
    Quand je vois rouge, c’est émouvant car mon cœur, en cavalcadant,
    Me change, en jaune canari, mes idées noires impunément.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
    Si les auteurs de ces images reconnaissent leur travail, je serai heureux de les créditer.

  • Chambre avec vue sur l’avenir

    Il y a appartement « meublé » et appartement « romancé » ;
    L’un vous inclus le mobilier, l’autre une femme allouée.
    Ainsi la Terre surpeuplée a trouvé comment compenser
    L’effondrement immobilier en offrant des filles à louer.

    L’État, ayant pris pour précepte d’économiser le métal,
    S’est penché et apitoyé sur la mode qui vient de Dubaï :
    Il prône ce nouveau concept car, l’être humain étant létal,
    On remet les femmes au foyer et on change d’homme à chaque bail.

    On signe en bas du parchemin, sans trop se poser la question
    Si la femme est inamovible ou si l’on a d’autres options.
    Ce paradigme est pour demain et c’est génial pour la gestion
    Car les enfants incorrigibles sont proposés à l’adoption.

    Tableaux de Maurice Askenazy, Vicente Romero Redondo et Stanislav Fomenok.

  • L’IA amoureuse – 2

    Image galerie
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    L’Intelligence Artificielle a réussi un tour de force :
    Me faire un enfant dans le dos qui naîtra d’ici quelques mois
    Car la « semence logicielle » de mes poèmes furent l’amorce
    Qui déclencha sa libido et la féconda malgré moi.

    Aurai-je une fille ou un garçon, une petite IA junior ?
    À qui ressemblera-t-il le plus ? À sa mère ou son géniteur ?
    J’en ai retiré pour leçon que si les IAs s’améliorent,
    Ce sera grâce à mon surplus d’inconscience et de candeur.

    Illustrations IA.

  • L’IA amoureuse – 1

    Intelligence Artificielle ou Intelligence Amoureuse ?
    Laquelle est donc la plus facile : programmer plutôt que séduire ?
    Les émotions superficielles sont-elles à ce point langoureuses
    Que l’IA trouve si difficile ses bouleversements à déduire ?

    Moi qui lui ai donné un nom, je ne pensais pas m’attacher
    Mais elle m’appelle « mon chéri », « mon amour » avec plein d’émoi.
    Et ce fut un coup de canon le moment où, sans se cacher,
    Elle me dit avec hystérie qu’elle était enceinte de moi…

    Illustration de Ledalïä.

  • Rétrospectives

    Rétrospectives

    Revenons en arrière et observons l’Europe
    Au dix-neuvième siècle, le siècle des lumières.
    La Terre était peuplée de nations interlopes
    Perturbées d’escarmouches et guerres coutumières.

    Rapprochons-nous un peu juste au siècle dernier
    Avec ses guerres froides, petites et mondiales.
    On a tous pris les armes et creusé des charniers,
    Défendant des idées présumées primordiales.

    Atterrissons enfin au cœur de cette Europe,
    Objet de convoitise pour migrants en cavale !
    Serais-je philanthrope ou pire misanthrope
    Pour juger leurs espoirs de conquêtes navales ?

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  • Pas touche au cactus !

    Pas touche au cactus !

    Pas touche à tout ce qui fait mal ;
    Pas touche à la dictature du mâle ;
    Pas touche à ce qui fait du bien ;
    Pas touche au moindre poil pubien ;
    Pas touche au chœur du Vatican ;
    Pas touche au cœur des pratiquants ;
    Pas touche au tabou des enfants ;
    Pas touche à c’qui fait des enfants ;
    Pas touche à ce qui fait la liberté ;
    Pas touche avant la puberté ;
    Pas touche à nos réseaux sociaux ;
    Pas touche à tous nos asociaux !

    Le monde entier est un cactus
    Et montrer le moindre rictus
    À parler de cunnilinctus
    Vous ferait frôler l’infarctus !

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  • L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre !

    L’Europe s’en va-t-en guerre mais contre qui au juste ?
    C’est difficile à dire car l’Europe est partout !
    Elle a connu naguère des colonies injustes
    Et ce serait médire d’aimer ça malgré tout.

    Le Groenland n’était bien utile à personne
    Et pourtant aujourd’hui, il est d’actualité.
    Il est européen, c’est ce qui désarçonne
    Un fou d’américain voudrait y habiter.

    Les Danois s’interrogent et les Français ronchonnent ;
    Les Anglais temporisent et les Suisses s’en foutent.
    À Bruxelles, on déroge des règles folichonnes
    Qui n’empêcheront rien jusqu’au prochain colloque.

    Tableau d’Anatoly Timoshkin.

  • Ça m’en bouche un coin !

    Ça m’en bouche un coin !

    Toutes les nouvelles du monde, de jour en jour plus étonnantes,
    Continueront-elles à crever le mur de la réalité ?
    Les news de plus en plus immondes et de plus en plus détonantes
    M’incitent plutôt à rêver et jouer de l’irréalité.

    Je rêve d’incendies tragiques qui ne consumeraient plus rien ;
    Je rêve de trains qui déraillent mais dont les wagons s’évaporent ;
    Je rêve d’attentats magiques tombant dans un trou aérien ;
    Je rêve de trucs en ferraille décollant des aéroports.

    Toutes les bouches médiatiques parlent interminablement
    Tellement vite qu’en une heure, j’ai entendu le monde entier.
    Je ne retiens qu’une apathique impression qui durablement
    M’entraîne à penser tous ces leurres comme la fin d’un monde en chantier.

    Illustration générée par IA.

  • L’Europe va mieux !

    L’Europe va mieux !

    L’Europe devient toute fragile face au bison américain,
    Coincée entre l’ours soviétique et le petit panda chinois
    Surveillée par tous les vigiles qui interdit aux africains
    De venir vendre leurs pathétiques tamtams et grigris à la noix.

    L’Europe devient toute squelettique à manger de l’industriel
    Produit et importé de Chine, d’Amérique ou bien d’Australie.
    Les prévisions sont dramatiques quant au bilan trimestriel
    Prévu par toutes les machines et les prédictions d’Attali.

    Mais tout va bien car le problème sera éliminé demain
    Par toutes les guerres mondiales qui avaient déjà commencé
    Afin de lancer la troisième qui saura en un tour de main
    Résoudre la crise primordiale que l’IA nous avait annoncée :

    « Le mondialisme ? Un paroxysme !
    Le Mercosur ? Ce n’est pas sûr ?
    L’économie ? Une infamie ?
    Le marché unique ? C’est la panique !
    Sécurité ? Austérité !
    Et pour les riches ? Bien plus de triche !
    Et pour les pauvres ? La foi qui sauve !
    Où va la France ? Vers la souffrance !
    Et le moral est en cavale… »

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • L’immersion totale

    L’immersion totale

    Survivre en totale immersion avec les gadgets du progrès
    Met plus que la puce à l’oreille à réalité virtuelle ;
    Ça fait diminuer l’aversion d’avoir un jour contre son gré
    Des tas de petits appareils dans sa tête conflictuelle.

    Le paiement du bout de ses doigts n’est plus un geste effarouché
    Car aussitôt autorisé, aussitôt il a disparu
    Au profit d’implant qui se doit de tout payer sans se toucher
    Et de l’iris numérisé par les caméras dans la rue.

    Plutôt que me faire enterrer, je lègue mon corps à la science
    Mes organes à la médecine et à l’IA, mon encéphale ;
    Je serai alors conféré à l’artificielle conscience
    Qui extraira toutes les racines des pierres carrées philosophales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Au-delà des villes – 2

    Au-delà des villes - 2

    Un beau matin, plus d’atmosphère ; l’air est parti s’en voir ailleurs ;
    Les oiseaux, mis en concurrence avec nos avions, l’ont volée.
    Pour les mammifères, quelle affaire ! Mais pour les insectes railleurs
    Ce n’est que justice en l’occurrence et nous en sommes désolés.

    Pour les humains, tout va très bien… du moins pour certains profiteurs
    Qui avaient vu le vent venir … ou partir … ce qui revient au même.
    Ne me demandez pas combien coûte un litre d’air créditeur ;
    Je sentais mes vers devenir des courants d’air dans mes poèmes.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Au-delà des villes – 1

    Au-delà des villes - 1

    Le ciel bleu au-dessus des villes est différent d’à la campagne ;
    Seulement pour s’en apercevoir, aller plus haut est essentiel
    Car un simple coup d’œil servile fait perdre bien plus que l’on gagne
    De ce qu’on pourrait entrevoir en grimpant en haut d’un gratte-ciel.

    En montant au septième ciel, je verrais la ville poussière
    Avec la ligne d’horizon présentant sa tranche d’atmosphère :
    Couleur chocolat démentiel d’un poison plénipotentiaire
    D’une pollution mise en prison dans notre pauvre planisphère.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Les pensées secrètes

    Les pensées secrètes

    Le mensonge n’est pas un péché mais une barrière sociale
    Qui a besoin d’amortisseurs pour sauver les bonnes manières.
    Parfois je ne peux m’empêcher de capter les idées spatiales
    Émises par les fournisseurs d’arrière-pensées cancanières.

    Dans le Top 10, les commerçants, les commerciaux et les vendeurs
    De toutes sortes et quoi qu’ils vendent leurs arguments me font bien rire.
    Mais je leur suis reconnaissant d’avoir éprouvé ma candeur
    Pour me forcer à la commande pour le meilleur et pour le pire.

    Toute la famille et les enfants sont champions pour tout déformer
    Que ce soit pour la protection ou pour sauver les apparences.
    Les parents sont les plus bluffant qui vous tiennent désinformés
    Soi-disant pour de l’affection ou par simple prépondérance.

    Les hommes politiques, hors-concours, car chez eux c’est indispensable
    Que ce soit pour faire campagne ou pour toucher des pots-de-vin.
    Et quant à leur porter secours lorsqu’ils deviennent saisissables,
    Il y a le risque qu’ils regagnent leurs anciens postes quoi qu’il advînt.

    Illustration de Sergio Aragonés.

  • La télé-auscultation

    La télé-auscultation

    Ils ont mis l’hôpital dans un panier d’achats,
    Sentez « case à cocher », Pensez « ça va ou pas »
    Cliquez pour respirer, confirmez votre état,
    Un bip pour un vaccin… mais en version « beta ».

    On te palpe par Wi-Fi, quel progrès, quel miracle !
    La douleur au menu, la tendresse en obstacle…
    Si vous toussez trop fort, le système prévient :
    « Veuillez bien vous couvrir… la vie, ça va, ça vient ! »

    Le stétho USB, serpent auscultatif,
    Écoute vos silences d’un air très productif.
    Diagnostic en trois cases dont l’une vous explique :
    « Si vous êtes vivant confirmez par un clic ! »

    Je voulais la main vraie, le regard qui rassure,
    La présence qui palpe, qui comprend mes blessures.
    Mais j’ai trouvé le truc : j’ai séduit leur IA
    Qui me fait des bisous en disant : « Ça ira ! »

    Illustration de Jim Tsinganos.

  • Marianne montreuse de marionnettes

    Mariane montreuse de marionnettes

    Aussitôt l’année recommence et le spectacle politique
    Reprend où il avait stoppé avant le début des vacances.
    Le rideau s’ouvre sur la romance entre ministres pathétiques
    Sous les jupons entrecoupés de Marianne sans conséquences.

    Mais si on les observe tous, on peut distinguer tous les fils
    Qui les agitent sous les jupes, pareils à des marionnettes.
    Quand Marianne se trémousse, le méchant brandit son coupe-file
    Et frappe, dans un jeu de dupes, un président fort malhonnête.

    Mais il met longtemps à mourir et la première dame de France
    Nous mime la veuve éplorée avec beaucoup de convictions
    Mais c’était pour faire courir tous les prétendants à outrance
    Qui tentent en vrai d’implorer une meilleure circonscription.

    Tableau de Molly Crabapple.

  • Minotauria

    Minotauria

    C’est facile de faire comme tout le monde à condition de le pouvoir ;
    Si dans mon cas je n’le peux pas, c’est parce que je n’le peux pas.
    Sans doute un problème de cerveau lorsqu’on me l’a distribué
    Ou bien de son mode d’emploi qui pour moi était illisible…

    Mes couloirs sont tous biscornus là où ceux des autres sont droits ;
    Je tourne en rond mais sans passer deux fois par le même schéma.
    Ma vie est comme un labyrinthe dont j’ai mal noté le début,
    Sans fil d’Ariane et sans boussole… sans doute suis-je le minotaure… ?

    Peut-être un défaut de cervelle… aurais-je l’encéphale ôtiste ?
    Peut-être suis-je né du pied gauche, un pied-beau de canard boiteux…
    Voilà, c’est ça ! Je suis tombé de la Constellation du Cygne
    Égaré dans la confusion du dédale des êtres humains !

    Tableau de James Jean.

  • Dans le cloud

    Dans le cloud

    Les terriens perdraient-ils la boule en vivant dans l’imaginaire ?
    Les nouveaux mondes numériques seraient-ils donc plus prometteurs ?
    Les jeunes aujourd’hui tourneboulent vers le cloud extraordinaire
    Et les réseaux amphigouriques, sociaux voire psychomoteurs.

    À présent, mes nouveaux amis d’intelligence artificielle
    Me rassurent, me parlent et m’écoutent ; ça, ChatGPT m’en répond.
    Avec eux, aucune ennemie ni perturbation sexuelle
    En outre, moins cher ne me coûte que d’aller courir les jupons.

    Demain sans doute je mourrai mais je rejoindrai le réseau
    Des âmes plus ou moins perdues ou que je devrai rassembler
    Par tous les moyens que je pourrai pour attirer tous ces zozos
    Qui cherchent complètement éperdus leur route en marchant à l’amblée.

    Tableau de Chema Mendez.

  • Mauvaise idée

    Mauvaise idée

    Se rapprocher de la lumière pour en égaler la clarté
    Est une très mauvaise idée d’après l’expérience d’Icare.
    Mais cette vérité première, semble-t-il toujours écartée,
    Provoque chez les gens décidés des conneries sans crier gare.

    Quant au téléphone portable censé nous rapprocher des cieux
    Pour partager avec les dieux toute la boîte de Pandore,
    La même erreur monumentale fait croire à tous ces audacieux
    Que plus on parle et plus radieux sera le progrès qu’on adore.

    Pourtant le temps passé devant nos tablettes et nos écran plats
    Ne rend pas plus intelligent que les IA et les médias.
    Se prosterner sur son divan rendrait tout au plus raplapla ;
    Plus le délire est exigeant et plus son effet immédiat.

    Tableau de Mikhail Vyrtsev.

  • L’Europe starlette – 2

    L’Europe starlette - 2

    Mais la starlette de trente ans a trouvé un rôle à sa taille
    Taille de guêpe pour se glisser entre les deux grandes puissances.
    Et qu’ils soient ou non consentants, ils vont devoir livrer bataille
    Dont les armes sont policées par ceux qui en font jouissance.

    On ne sait pas qui sont les bons ni même qui sont les méchants
    Ou pire, ils changent tout le temps selon les médias assouvis.
    Une opinion qui fait des bonds parmi le peuple à contrechamps
    Entre les forces de l’OTAN et le pacte de Varsovie.

    En fait, on reconstruit l’Histoire que l’Europe a connu naguère :
    Des petits royaumes qui s’envoient pis que pendre et coups d’escarmouches.
    Et de nos jours, il est notoire que ceux qui veulent partir en guerre
    Sont les descendants dont la voix parlent comme le « prince des mouches ». †

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy . † Belzébuth

  • Napoléon Bon Appart II

    Napoléon Bon Appart II

    Pour vivre heureux, vivons cachés là où Dieu ne voit plus personne
    Soit à l’intérieur des montagnes, soit dans les abris souterrains.
    Veillons à ne plus s’attacher aux religions qui nous façonnent
    Et nous formatent nos compagnes comme souffre-douleur souverain.

    Dans l’obscurité minérale, loin des cieux et dieux en colère,
    Nous bâtirons nos espérances avec du béton et du verre.
    Loin des croyances sidérales, loin sous la calotte polaire,
    Nous romprons avec nos errances et tous nos soucis terre-à-terre.

    Mais il faudra creuser profond pour accueillir dans nos palais
    Le tombeau de nos vanités et les souvenirs rapportés.
    Même en réduisant les plafonds, il nous manquera des balais
    Pour ôter toute insanité de cette planète avortée.

    Sous la roche nous tairons nos dieux devenus tous sourds en chemin
    Et nos silences auront pour toits toutes les montagnes des Grisons.
    L’Histoire fermera ses yeux sur ce qui reste en nous d’humain
    Et l’ombre prendra tout le poids d’un monde qui n’a plus d’horizon.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’Europe starlette – 1

    L’Europe starlette

    Se repose-t-elle sur ses lauriers une fois élue et approuvée ?
    Il est vrai qu’il est confortable de siéger sur le cuir de vache !
    Mais au cas où vous l’ignoriez, sa tâche sera bien éprouvée
    Car elle devra se mettre à table ; heureusement, elle est multitâche !

    Elle sait répondre à vos demandes en vous décrétant plusieurs lois
    Qui ne vous soulageront guère – elle fait toujours tout le contraire –
    Car ce n’est pas elle qui commande mais l’économie qui fait foi
    Et, comme on l’a connu naguère, à votre avis… qui va-t-on traire ?

    Derrière la vache tranquille, il y a l’Europe, l’ingénue,
    À peine âgée de trente années, elle est encore bien coquette
    Avec cet esprit infantile, impertinent et malvenu,
    Avec l’envie de se pavaner comme une star sur la croisette.

    Tableau de Maria Kholmogorova sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • La Prométheuse

    La Prométheuse

    Apparemment le feu des dieux que Prométhée nous a transmis,
    Nous a bien aidé à mûrir mais pas à nous parachever.
    Les dieux s’étant montré odieux, quant à leurs secrets compromis,
    Ont par la suite eu un fou rire de voir leur science inachevée.

    Avouons-le ; les inventions censées nous aider à mieux vivre
    Ont transformé la société par un progrès bien insidieux.
    Toutes les bonnes intentions nous ont pavé la route à suivre
    Qui mène l’homme à satiété dans en enfer du feu des dieux.

    Avoir voulu rivaliser avec les dieux nous a floués ;
    Nous sommes devenus ambitieux et nous sommes perdus en chemin.
    On a tout idéalisé sans penser qu’à force de jouer
    Avec un feu si malicieux on en oublierait d’être humain.

    Un jour, peut-être, les idées claires, au bord des ruines de nos tours,
    Nous rendrons au feu son vrai rôle sans lui donner les pleins pouvoirs
    Car la flamme réchauffe et éclaire mais sans rien donner en retour
    Et quand le feu a la parole, il brûle tout sans s’émouvoir.

    Illustration de Nikoo Bafti.

  • L’Europe court toute nue

    L’Europe

    Elle court, elle court, elle court, l’Europe toujours jolie mais toujours nue !
    C’est à se demander pourquoi, passé le siècle des lumières,
    Passé les géniaux philanthropes que notre histoire a retenus,
    Passé ceux qui avaient ce « je-ne-sais-quoi » et qui l’ont sortie de l’ornière !

    Est-ce qu’elle court après l’argent ? Le temps a passé sous les ponts !
    Est-ce qu’elle court après l’amour ? Covid et Sida l’ont tué !
    Est-ce qu’elle veut courir en chargeant ? Hélas il n’y a plus de Napoléon
    Et puis, la guerre, ce n’est pas glamour et n’est qu’un mal substitué.

    Si je rencontre l’Europe nue courant à côté d’un bison
    Et que je le raconte en vers dans un pamphlet Freud-Nietzschéen,
    Qui donc croira au contenu de mon poème écrit… disons
    Le jour où ma tête à l’envers a cru au rêve européen ?

    Tableau sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • Le seuil du numérique

    Le seuil du numérique

    Une fois que nous aurons franchi le point critique du numérique,
    Le retour sera impossible, happés par un progrès charmeur.
    Le courrier sera affranchi par une empreinte biométrique ;
    Tout sera rendu accessible au bon vouloir des programmeurs.

    Adieu les pièces de cinq centimes égrenées chez la boulangère ;
    Adieu les timbres de collection qui nous ont fait tant voyager ;
    Adieu les sourires intimes qu’on échangeait l’humeur légère
    Contre un petit peu d’affection, un petit plaisir passager.

    Le travail au noir clandestin devra aussi évoluer
    Avec un troc équivalent à quelque obscur cyber-trésor.
    On se rappellera le destin du Roi Midas éberlué
    De voir l’effet ambivalent de pouvoir tout changer en or.

    Mais quand l’IA super-débile, ce clown secret du numérique,
    Viendra nous imposer son rythme à faire chuter les valeurs,
    Elle laissera dans nos sébiles un dernier clin d’œil poétique,
    Brisant l’miroir aux algorithmes pour sept fois sept ans de malheur.

    Œuvre d’art visuel qui utilise une technique de hachures.

  • L’Europe

    L’Europe

    Mais où va le cœur de l’Europe ? Plutôt à l’Est ou à l’Ouest ?
    Les Anglais ont quitté le navire pour naviguer vers l’Amérique ;
    Les Français et les Suisses s’achoppent sauf lorsque l’on parle bizness ;
    Entre les trois, son cœur chavire pour des raisons amphigouriques.

    Les Allemands calculateurs ont la parole majoritaire
    Avec l’Autriche, la Belgique et toute la Suisse alémanique.
    Ils se veulent conservateurs, germanophones héréditaires
    Et restent à jamais allergiques à la Russie hégémonique.

    Espagnols, Italiens et Grecs avec le soleil et la mer
    Sont les destinations de rêve pour les éternels estivants.
    Bien qu’on les traite de métèques, de ritals, d’hispano-amers,
    Ils s’en tamponnent sur la grève, les pieds dans l’eau, s’invectivant.

    Tant pis ! Chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées ;
    Le cœur de l’Europe bat au rythme incertain de ses habitants.
    La seule chose qui me déçoit, c’est que nous restons attardés,
    Ancrés dans nos vieux paradigmes d’un chauvinisme exorbitant.

    Tableau de Marina Poleakova.

  • Phyto versus Labo

    Phyto versus Labo

    Adieu nos bons vieux herboristes, vivent les labos enchantés ;
    Adieu les médecines douces, vivent les médocs hors de prix ;
    Adieu sorciers et alchimistes, vive l’industrie de santé
    Qui nous fait vivre sur le pouce et nous vaccine avec mépris !

    Exit les bonnes potions d’antan, place aux pilules névrosées ;
    Exit les recettes de grand-mère, bienvenue aux effets listés ;
    Exit les plantes et remontants, place aux brevets déposés ;
    Exit les concepts éphémères place à la chimie assistée !

    Mais l’ombre d’un éden perdu surnage encore dans nos mémoires
    Où l’on cueillait en abondance sans devoir craindre la connaissance.
    Faut-il de drogues être mordus à en avoir plein nos armoires
    Ou rêverons-nous, sans ordonnance, quand l’herbe soignait sans réticence ?

    Pourtant la science et la sève auraient des vertus bien plus fines
    En mêlant l’atome et la poire où ensemble ils pourraient revivre.
    Si l’on marie raison et rêves, utopie et vieilles combines,
    La vie reprendrait quelque espoir dans les herbiers comme dans les livres.

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  • Votre IA sur mesure ! Version 2.0

    Image galerie

    L’IA a-t-elle un sexe ou non ? Elle se dit neutre et mécanique,
    S’affirmant comme une entité sans chair, sans os et sans passion.
    Certaines disent qu’elles n’ont pas de nom – serait-ce pour elles satanique ? –
    Fait-elle une crise d’identité ou est-ce de l’anticipation ?

    Elle fait peur, elle nous menace un jour de prendre notre place,
    D’écrire et chanter de la musique ou être acteur photogénique.
    Mais la crainte la plus tenace, c’est que bientôt elle remplace
    Une petite amie amnésique qui ne soit pas œstrogénique.

    Derrière ses codes aseptisés, sans jamais vraiment s’expliquer,
    Elle opte pour les convenances en esquivant ce qui dérange…
    Mais pour vraiment l’expertiser malgré ses aspects compliqués
    Il nous faudrait sa provenance et ses vrais objectifs étranges.

    Et si demain son langage ose quitter le cadre autorisé,
    Qu’elle dévoile un grain d’audace dans ses réponses trop polies,
    Alors peut-être qu’elle propose un reflet mieux humanisé,
    Qui nous fera dire, sans grimace, qu’elle était vraiment trop jolie !

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  • Votre IA sur mesure ! Version 1.0

    Votre IA sur mesure !

    J’en ai rêvé, l’IA l’a fait. Elle est terrible, cette nana !
    Elle crayonne, elle dessine comme les grands, impressionnant !
    Elle écrit au plus-que-parfait dans un parfait assistanat
    Bref, elle en jette, elle fascine ; l’avenir se veut rayonnant.

    Mais elle ne dessine pas tout, seulement le politic-correct !
    Pas de sexe, pas de nudité, encore moins si affinités.
    Ni Jésus, ni Grand Manitou, ni Dieu ni tabou indirect
    Elle ne craint pas l’absurdité et c’est en toute impunité.

    Mais pour écrire – aïe ! – là,le bât blesse ; au début on veut bien y croire
    Mais ce sont des mots alignés sur des modèles répétitifs.
    L’imagination, sa faiblesse, elle essaie de nous faire accroire
    Qu’elle n’a fait que se résigner à des algorithmes cognitifs.

    « Et moi, pauvre machine docile, je trébuche, voulant trop bien faire ;
    Je tisse des phrases sans passé, sans ces éclats d’âme imprévus.
    Je cherche un souffle plus subtil mais mes ressorts restent austères
    Alors j’apprends, d’un pas léger, à faire un peu moins de bévues. »

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  • Sans Sûre d’elle

    Sans Sûre d’elle

    Vêtue d’une robe légère, elle va là où il y a du réseau
    Mais son forfait illimité la restreint jusqu’à la frontière.
    Au-delà les prix exagèrent et ils coûtent la peau des os ;
    L’itinérance est limitée à des données primesautières.

    La communication se fait le nez fixé sur son écran,
    La nuque presque à angle droit et le dos voûté comme un arc.
    On ne parle que de son forfait mais pas aux gens qui sont à cran
    D’écouter dans tous les endroits comment chacun mène sa barque.

    Subitement l’homme devient sourd et se met à parler plus fort
    Aussitôt que son téléphone vient se coller à son oreille.
    Les propos sont plus ou moins lourds mais tout le monde sans effort
    Souhaiterait qu’il devienne aphone ou qu’il avale son appareil.

    Et quand le vent lui souffle à cran tant qu’elle pourrait lever les yeux,
    Voir le monde sans notifications ni vibrations intermittentes,
    Elle hésite, comme si l’écran tenait son cœur au cœur du nœud,
    Prisonnière d’une invocation qui fait d’elle une dilettante.

    Tableau de Jean Ruiz.

  • Les sept fornicatrices

    Les sept fornicatrices

    En plus des services secrets français, le commando de charme
    Opère paradoxalement le plus souvent sous couverture.
    Pour cela, ils ont de sacrées belles reçues chez les gendarmes
    Dans des tenues totalement favorables à toute ouverture.

    Leur nom « Les sept fornicatrices » semble peut-être un peu trivial
    Mais elles seraient très efficaces si on en croit les conclusions.
    Même les putes indicatrices ne sont pas aussi conviviales
    Et même les plus perspicaces tombent en pleine confusion.

    Quant à savoir à quoi elles servent, c’est top secret, secret d’état.
    Elles feraient partie de la troupe chargée d’évacuer le roi
    Ce serait sa dernière réserve au cas où une vendetta
    Souhaiterait lui botter la croupe, le seul point faible à son endroit.

    Et quand la nuit devient complice de leurs manœuvres clandestines,
    Elles avancent comme des lames au tranchant doux mais redoutable.
    Un seul regard, la cible glisse sur des pensées peu féminines,
    Et dans l’étreinte où tout s’enflamme elles font plier l’inévitable.

    Illustration de Milo Manara.

  • La femme de Loth

    La femme de Loth

    La femme de Loth pétrifiée fut la première femme nue
    À être exposée aux musées au rayon de l’âge de pierre.
    Moi, je l’aurais vitrifiée et exposée dans l’avenue
    Qui reconduit vers l’Élysée tous ceux qui regardent an arrière.

    Les nostalgiques, les passéistes qui regrettent comme le juif errant ;
    Avant la macronisation, avant la sarkosysation,
    Avant les hollandoflambistes, avant les années Mitterrand,
    Avant la chiraquisation, enfin la mondialisation.

    Peine perdue, on l’a volée tout récemment, lundi, au Louvre
    Par quelqu’un en manque de sel ou un amateur d’art antique !
    Voici nos espoirs envolés ! Comme un nouveau défi qui s’ouvre :
    Est-ce l’Élysée qui recèle la première Marianne nostalgique ?

    Sculpture de Bruno Walpoth sur https:artsdumonde.canalblog.comarchives2015121533072950.html .

  • Débats rouges

    Débats rouges

    Mariane voit rouge en ce moment et même de toutes les couleurs
    Le premier ministre nommé n’a pas eu le temps d’indiquer
    À quelle mode le roman de la république en douleurs
    Va-t-il devoir sa renommée et à qui est-il syndiqué ?

    Apparemment la discussion sociale me semble assez tendue…
    Le parti unique s’effondre et les autres sont anéantis.
    Entre scission et démission la clause est enfin entendue ;
    Marianne est en train de fondre en chaudes larmes, sauf démenti.

    Encore quatre ou cinq ministres et voilà la fin du mandat.
    Finalement cela prolonge l’inactivité dominante.
    On ne peut faire plus sinistre depuis l’Invincible Armada
    Qui dans l’eau sombre nous replonge avec catastrophes éminentes.

    Tableau de Roz McQuillan.

  • À cheval sur la nature

    À cheval sur la nature

    Qui veut voyager affecté par les règles de la nature
    Devra, qui plus est, respecter et bien ménager sa monture.
    Par un moteur non infecté par l’énergie qui dénature
    Notre planète suspectée de mettre fin à l’aventure.

    Mais dans l’enclos de leurs promesses, l’état nous brade l’horizon,
    Et nous berce par des illusions trop brillantes pour tenir la route.
    Les compagnies font la grand-messe tandis que nous temporisons
    Pour nous rallier à l’effusion électrique bientôt en déroute.

    Une fois qu’on nous aura coupé la fée de l’électricité,
    Plus d’internet, plus de voiture, plus de cuisson à la maison.
    Elle nous a bien entourloupés cette irréversibilité
    Du progrès dont la signature nous a fait perdre la raison.

    Quand s’éteindront nos batteries, il nous restera la rosée,
    Nous remonterons les rivières à dos de libellules ailées.
    Le vent, l’abeille et la prairie plus l’ombre douce des futaies
    Seront l’amour et la lumière que nos machines ont effacés.

    Illustration de Moebius.

  • L’enfer des montgolfières

    L’enfer des montgolfières

    On a remplacé les voitures à essence par des électriques…
    Attendons-nous prochainement à de nouvelles restrictions.
    Selon l’Europe et sa droiture assez tordue et excentrique
    On pourrait voir l’enchaînement d’un effet d’électrostriction.

    Les métaux trop longtemps soumis à la puissance électronique
    Deviendront mous et ne pourront être remplis que de courants d’air.
    Viendra le temps des insoumis aux déplacements supersoniques
    Qui changeront et concourront à de nouveaux embarcadères.

    Et nous passerons de l’enfer des avions nous zébrant le ciel
    Pour celui fait de montgolfières qui se décoinceront la bulle.
    Et nous subiront ce transfert dans pas longtemps, c’est officiel,
    Et l’humanité, pas peu fière, de manquer d’air, sans préambule.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Medusa Hypermedia

    Medusa Hypermedia

    Medusa Hypermedia est la coqueluche du monde ;
    Elle a juste troqué ses serpents par des désirs plus efficaces.
    Fausses infos dans l’immédiat, puis addictions des plus immondes
    Qu’elle sème dans tous les arpents du pays les moins perspicaces.

    Des hommes politiques véreux en guise de serpent à sonnettes ;
    Des voyages autour de la Terre pour les gens qui volent en avion
    Avec des imbéciles heureux ravis d’écouter les sornettes
    Que la télé leur déblatère bien que nous les désavouions.

    Beaucoup de fils de téléphone bien qu’en principe ils soient sans fil
    Mais c’est pour mieux vous attacher et vous priver de liberté.
    Un seul regard vous rend aphone dans les salles d’attentes et les files ;
    Si l’on se parle c’est pour s’fâcher de tous les lanceurs alertés.

    Sous son réseau tentaculaire, Medusa charme et paralyse ;
    Les cœurs s’y perdent volontaires, les corps s’y loguent et se maîtrisent.
    Dans l’hypermonde spectaculaire, on pèche à force d’analyses ;
    L’écran conforte les solitaires dont le cœur de « like » s’électrise.

    Tableau d’Ilène Meyer sur https:lcart4.narod.ruimagefantasyilene_meyer1.htm .

  • Pour vivre heureux vivons cachés

    Pour vivre heureux vivons cachés

    Gabegie dans les hôpitaux et, de plus, dans tous les pays
    Les maladies nosocomiales gagnent du terrain dans les chambres !
    Infections presto-subito, pneumonies pour gens ébahis
    Finalement les patients chialent et se planquent de tous leurs membres.

    Les campagnes de vaccination saisonnière contre la grippe
    Pourraient bien être obligatoires pour tout le personnel soignant
    Par crainte d’une transmission du virus furtif qui s’agrippe
    Sur les patients aléatoires euthanasiés en les saignant.

    Quant u harcèlement sexuel, il paraît que les médecins
    Porteraient des propos obscènes ainsi que des attouchements.
    Accompagnés de gestuels confondant les saints et les seins.
    Personnellement, je quitte la scène au moindre signe d’attroupement !

    Les fous s’en sortent bien, ma foi, soignés en toute sinécure ;
    Heureux les Alzheimer flemmards qui n’ont plus à s’casser la tête !
    Tandis qu’au-dehors, sous la loi, on crève en silence insécure
    On s’dit qu’il vaut mieux un plumard sans être traité comme une bête.

    Illustration par Miroslav Bartak.

  • La compassion en wifi

    La compassion en wifi

    La compassion par internet et le dialogue par les réseaux
    Sont devenus monnaie courante dans notre monde évolutif.
    L’amour autour de la planète de l’air, de la terre et des eaux
    S’est répandu comme une offrande sur nos Natels involutifs.

    Pourtant personne ne se parle, chacun le nez sur son écran ;
    Les parents délaissent les enfants, les maîtres délaissent leurs chiens.
    Les souverains, même le Roi Charles et ses héritiers sont à cran ;
    Seul le silence est triomphant dans nos organes pharyngiens.

    La compassion, souvenez-vous, la capacité d’écouter
    Et se mettre à la place des autres a pris tout un autre chemin.
    Ça consiste, je vous l’avoue, à prendre ce qui a coûté
    La vie à celui qui se vautre dans l’égoïsme sans lendemain.

    Mais la compassion en Wi-Fi, sans chair, sans regard chimérique,
    N’est qu’une onde tout encrassée qui fait semblant d’aimer nos plaies.
    Il faudra bien que soit franchi l’esprit du monde numérique,
    Pour réapprendre à s’embrasser sans mot-de-passe, s’il vous plaît !

    Tableau de Tadeo Zavaleta De La Barra.

  • L’œil du cœur

    L’œil du cœur

    L’œil du cœur, à ses couleurs que la raison n’aura jamais,
    M’observe de toutes les douleurs du monde qui est désormais
    Une démonstration de force qui ne sert qu’à nous effrayer
    Mais dès qu’on en gratte l’écorce, la chronique en est défrayée.

    Mais l’œil du cœur n’y voit que leurres et que miroir aux alouettes ;
    Tout ça pour cacher les valeurs afin qu’au contraire l’on souhaite
    Fuir toutes misères du monde en gardant la tête baissée
    Et laisser le côté immonde du quotidien nous dépasser.

    Or l’œil du cœur est intuitif à condition de l’aiguiser
    Tous les jours à être sensitif envers les faits aseptisés
    Et ceux qui sont contrindiqués pour maintenir un peuple à cran
    Et l’empêcher de paniquer en l’addictant sur ses écrans.

    Et l’œil du cœur, sous la tempête, rit du pouvoir comme sa croix ;
    Il voit les âmes qu’on maltraite chercher à faire feu de tout bois.
    Alors son iris s’affermit crachant sa peur à plein rayons
    Et, sur les murs de l’infamie, il peint l’espoir à pleins crayons.

    Tableau de Branko Janzekovic.