Catégorie : 2026

  • Sirène endormie

    Sirène endormie

    Méfiez-vous ! La sirène qui dort ne fait que somnoler d’un œil !
    Comme les chats, chasseurs farouches, elle a tous les sens aiguisés.
    Voyez sa chevelure d’or sur laquelle elle se recueille
    Juste avant qu’elle s’effarouche sur une proie concrétisée.

    « Où est sa queue ? » me direz-vous ! Sachez qu’à terre, elle n’en a cure
    Et la nature prévoyante l’a dotée de deux belles jambes.
    Vous en doutez ? Approchez-vous, ce n’est là qu’une sinécure !
    Sentez comme elle est clairvoyante et à quel point elle est ingambe !

    Elle vous a eu ? C’est la leçon : « Méfiez-vous quand elle dort ! »
    Une sirène ne dort jamais, pas de dodo entre deux eaux.
    Consolez-vous ! De mollasson vous allez finir thermidor
    Comme un homard qui, désormais, aura son nom dans les réseaux.

    Tableau de Colleen Gnos sur https:clubofthewaves.comfeatureinterview-with-colleen-gnos .

  • Le bain de midi

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    N’ayant pas aperçu les crânes éparpillés sur le rivage
    Je m’avançais nonchalamment vers ce cheptel de femmes nues.
    J’étais à cet âge où l’on crâne facilement quand l’arrivage
    Est alléchant et, galamment, j’avançai vers ces inconnues…

    Mais, invité à les rejoindre, je n’ai pas fait bien attention
    Lorsqu’elles m’ont déshabillé pour prendre mon bain de midi.
    Puis elles ont commencé à m’oindre d’huile et de tout plein de lotions
    Car la lumière ensoleillée tapait fort avec perfidie.

    Il n’y avait pas que le soleil qui tapait fort ce matin-là…
    Paf ! Et je reçus sur la tête un coup massif sur l’occiput.
    Jusqu’à ce que des flammes balayent mon corps sanglotant « Houlala ! »
    Tandis qu’elles faisaient la fête. Quant à la suite… je la suppute…

    Je fus mangé par les sirènes qui m’ont trouvé fort à leur goût.
    Tellement bon qu’elles ont mandé Neptune pour me ressusciter.
    Depuis ce jour, mes quatre reines m’ont élu « Prince du ragoût »
    Et elles m’ont recommandé au Michelin, pour n’pas l’le citer.

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • Le départ pour six terres

    Le départ pour six terres

    Quand on s’embarque pour Cythère, c’est qu’on est deux à être heureux
    Même si ça ne dure pas longtemps, l’amour, ça se fait au présent.
    Quand on s’embarque pour Six-Terres, on est censés être si nombreux
    Qu’on n’aura jamais assez de temps pour s’y aimer durant treize ans.

    Et moi, c’est en deux mille treize que j’ai embarqué pour la Suisse
    – Même s’il n’y a pas de mer autour mais des montagnes et des vallons –
    Pour une fille aux yeux de braises, experte dans l’art de la cuisse,
    Et qui en valait le détour pour en baisser le pantalon.

    Onze années ont passé si vite dans cette vie en solitaire,
    Même si je suis sourd et muet au pays des welchs et bourbines.
    Ce n’est pas que je les évite mais dans le pays des Six-Terres,
    Je n’ai pas eu d’autre souhait que d’y rencontrer Laureline…

    Tableau de Lorenzo Mattotti.

  • Fondues et enchaînées

    Puisque l’homme est né de la Terre, d’eau, d’air et de feu baptisé,
    Et que sa planète l’a couvé depuis son utérus terrestre,
    Celle-ci lui est complémentaire et plutôt caractérisée
    Par un équilibre éprouvé par la nature mise sous séquestre.

    Nés de la Terre, notre mère et du Soleil fécondateur,
    Nous en voyons la ressemblance dans les paysages enchanteurs.
    Sauf que la pilule est amère car aujourd’hui ses prédateurs
    Sont les humains dont l’insolence en font des lieux désenchanteurs.

    Hélas l’homme n’est pas transparent surtout lorsqu’il voyage en masse
    Et les paysages idylliques reviennent pleins de détritus.
    Le mal devient plus apparent quand une série Netflix se passe
    Dans des ambiances bucoliques propices à l’homo-addictus.

    J’y vois plutôt en transparence la Loreleï au bord du Rhin,
    La sirène de Copenhague et celles qui me sont les plus chères :
    Toutes les Vénus de Florence, callipyges aux chutes de rein,
    Qui font penser à une vague sur les rivages de Charm el-Cheikh.

    Bodybuildings de Vilija Vitkute sur https:www.boredpanda.combody-painting-the-memory-of-water-lofoten-islands-vilija-vitkute-running-river .

  • Les mains sur le cœur

    Les mains sur le cœur

    Les mains sur le cœur reflètent-elles la vérité la plus intime
    Ou au contraire trahissent-elles un sentiment illégitime ?
    J’ai tant vu ce geste se faire par des menteurs invétérés,
    Que j’en fais plutôt une affaire de duperie à révérer.

    Et plus le geste est appuyé avec haussement de sourcils,
    Et plus je me sens houspillé et dois me faire du souci.
    Et s’il met ma parole en doute alors il n’y a aucun dilemme ;
    C’est là un menteur qui redoute qu’on lui mente mieux que lui-même.

    Tableau de Kate Morgan.

  • L’amour aveugle

    Pendant l’amour, fermer les yeux, est-ce pour mieux apprécier
    La jouissance des autres sens, toucher, goûter, sentir, entendre ?
    Ou est-ce un moyen insidieux, sur le fond noir, d’associer
    Une autre image par essence distincte au partenaire tendre ?

    Ou pour changer des habitudes, rêver aux héros des séries,
    S’imaginer au nirvana avec un ange de l’amour…
    Quelles que soient vos aptitudes à projeter votre égérie,
    Demandez-donc à vos nanas de porter un masque glamour.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Comme une petite fille

    Comme une petite fille

    Tout comme une petite fille qui aurait autant de mamans
    Dont elle pourrait échanger sa vie avec d’autres fées orphelines,
    La nymphe des larves et des chenilles s’envole vers le firmament
    À dos d’oiseau d’or asservi à ses navettes inter collines.

    Et justement elle va jouer encore les intérimaires
    Dans une famille de hiboux dont la maman est super chouette
    Et remplacer une dévouée petite hulotte, jeune mère,
    Qui vient de couver un coucou pour le prix de trois cacahuètes.

    Illustration de Mária Lipovszky-Drescher.

  • Le miroir qui inverse les couleurs

    Il est un miroir qui inverse non seulement la gauche et la droite
    Mais aussi les couleurs du cœur avec celles de la raison.
    Lorsqu’une pensée me traverse et qu’elle me paraît maladroite,
    Je la confronte à la rigueur du tain de la comparaison.

    À l’instar du haut et du bas qui restent en leurs lieux et places,
    Le mal et le bien ne subissent aucune inversion des valeurs.
    Pourquoi cela ? Je ne sais pas ! Sans doute un défaut de la glace
    Qui veut empêcher qu’aboutisse l’inversion bonheur et malheur.

    Et si la mort me renvoyait, de mon futur vers mon passé,
    Toutes les douleurs supportées par un bien-être favorable ?
    Si par hasard je m’octroyais cet étrange laisser-passer
    J’essaierais d’y téléporter tout ce qui m’est défavorable.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Robeless

    Robeless

    Les seins nus n’sont pas bienvenus sur toutes les plages du monde
    Sans doute à cause des aréoles qui crèvent les yeux des voyeurs.
    Dommage car j’aurais soutenu cette pratique jugée immonde,
    En étant le porte-parole pour un sein libre avitailleur.

    Car en plus de nourrir l’enfant, le sein réjouirait le père
    Et montrerait aux jeunes gens la vraie nourriture de l’âme.
    Le sein deviendrait triomphant et ferait office de repère
    Pour rendre l’homme intelligent envers les charmes de sa femme.

    C’est utopique, je le sais bien car l’homme reste un animal
    Qui n’obéit qu’à ses instincts et ne sait pas les maîtriser.
    Sans doute son cerveau reptilien est resté au stade minimal,
    Ancré dans un passé lointain et loin d’être modernisé.

    Tableau de Carlo Mollino.

  • Strip Color

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    Nos appartements mitoyens ont des cloisons pudiquement
    Dotées de verres cathédrales et garnis de vitraux diaphanes.
    Certains de mes concitoyens, et du beau sexe évidemment,
    Pensent qu’ils sont voile intégrale préservant les regards profanes.

    C’est comme au temps de Canal Plus et de ses films pornos cryptés
    Qu’on devinait facilement par un peu d’imagination.
    J’en vis autant de stimulus tellement simples à décrypter
    Que je devins rapidement addict aux hallucinations.

    Illustrations de dbangke.

  • Ruby & Lino sur fond rouge

    Ruby & Lino sur fond rouge

    Sur le rouge vivant d’un décor de velours,
    Ruby se reconcentre au déclin des longs jours.
    Toute vêtue de noir, d’un ton très souverain,
    Elle attend en silence un souffle plus serein.

    Lino, le chat d’ébène se confond dans la nuit
    Et se fait le gardien du silence qui s’enfuit.
    Ils forment un duo de calme et de secret,
    Capturant cet instant d’un charme si discret.

    Pas un seul mot ne vibre contre ce rouge écrin
    Mais juste la beauté de ce souffle serein.
    Ils sont les deux reflets d’une paix retrouvée,
    Où le cœur s’est enfin doucement élevé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino fêtent leurs anniversaires

    Ruby & Lino fêtent leurs anniversaires

    Bon anniversaire Lino pour tes neuf ans et demi !
    Ce qui, multiplié par six donne… cinquante-sept ans.
    Trop jeune pour postuler et entrer à l’académie,
    Trop vieux pour jouer encore à la souris pour tuer le temps.

    Bon anniversaire Ruby pour une année chatoyante !
    Ce qui divisé par six donne un âge qui sourit.
    « Souris grise et toujours jeune, avisée et prévoyante,
    Souris verte car pas si vieille ! » dixit son chat bien nourri.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La vie ailleurs

    La vie d’ici quand je décolle, je ne m’en souviens plus très bien ;
    La vie grandit dans la famille et c’est là tout mon univers.
    La vie là-bas, c’est à l’école, un plus dix cela fait combien ?
    La vie plus loin, je suis en ville, c’est déjà mon vingtième hiver.

    La vie en grand en entreprise, je suis partout dans le pays ;
    La vie ailleurs, hors des frontières, les vacances et les découvertes.
    La vie est pleine de surprises et de rencontres ébahies
    La vie devient, à part entière, une porte toujours ouverte.

    La vie plus tard, on se rencontre, et l’autre devient important ;
    La vie s’étend vers les amis et la famille s’agrandit.
    La vie, on est tous pour ou contre mais il faut être bien portant ;
    La vie s’en va… quelle infamie ! Et la lumière resplendit.

    Tableaux d’Asley Blanton sur https:www.ashleyblanton.com .

  • Le rêve du dimanche soir

    Le pire en fin d’après-midi, surtout quand on ne sait quoi faire,
    C’est de voir arriver la nuit et le blues du dimanche soir.
    Longtemps, c’est ce que je me suis dit quand j’étais happée par l’enfer
    De la routine et de l’ennui d’une vie passée au pressoir.

    Le pressoir de la société, moule de la civilisation,
    L’ordre de la sécurité, le formatage par le travail.
    Accumulation d’anxiété, le mode d’utilisation,
    Recherche de la vérité, toute une vie, vaille que vaille.

    Ne suis-je donc qu’une machine d’intelligence artificielle ;
    Programmée depuis mon enfance pour m’adapter à mon décor ?
    Vivre pour se courber l’échine pour une vie superficielle
    Et qu’ai-je à dire pour ma défense à part de naître en désaccord ?

    Heureusement l’oiseau du temps est venu me crever la bulle
    Et m’arracher au cauchemar d’une vie réglée comme une horloge.
    Je le priais depuis longtemps car je n’étais qu’un somnambule
    Attendant que sa vie démarre avant que la mort l’en déloge…

    Le réveil fut assez brutal car je n’avais pas réfléchi
    Aux conséquences de demander de changer quel qu’en soit le prix ;
    Sans doute que l’écart orbital pour quitter l’état avachi
    Où j’étais télécommandé me l’imposait sans parti pris.

    Tableaux de Margarita Chigina.

  • Au-delà des villes – 2

    Au-delà des villes - 2

    Un beau matin, plus d’atmosphère ; l’air est parti s’en voir ailleurs ;
    Les oiseaux, mis en concurrence avec nos avions, l’ont volée.
    Pour les mammifères, quelle affaire ! Mais pour les insectes railleurs
    Ce n’est que justice en l’occurrence et nous en sommes désolés.

    Pour les humains, tout va très bien… du moins pour certains profiteurs
    Qui avaient vu le vent venir … ou partir … ce qui revient au même.
    Ne me demandez pas combien coûte un litre d’air créditeur ;
    Je sentais mes vers devenir des courants d’air dans mes poèmes.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Au-delà des villes – 1

    Au-delà des villes - 1

    Le ciel bleu au-dessus des villes est différent d’à la campagne ;
    Seulement pour s’en apercevoir, aller plus haut est essentiel
    Car un simple coup d’œil servile fait perdre bien plus que l’on gagne
    De ce qu’on pourrait entrevoir en grimpant en haut d’un gratte-ciel.

    En montant au septième ciel, je verrais la ville poussière
    Avec la ligne d’horizon présentant sa tranche d’atmosphère :
    Couleur chocolat démentiel d’un poison plénipotentiaire
    D’une pollution mise en prison dans notre pauvre planisphère.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La sirène du sixième jour

    La sirène du sixième jour

    Tout juste avant le crépuscule clôturant le sixième jour,
    À l’insu de Dieu et ses anges, Lucifer créa la sirène.
    Il était temps ! L’astre bascule et, en cachette à contrejour,
    Lucifer put faire l’échange in extremis avec six rennes.

    N’en déplaise au Père Noël qui l’aurait si bien chapitré,
    Notre sirène put s’élancer avec son conjoint, le triton.
    Trois rennes pour Natanaël, tel était son nom attitré ;
    Trois autres pour La Beyancée, l’autre sirène baryton.

    Quand Dieu fil pleuvoir le déluge, Lucifer s’en frotta les mains ;
    Il espérait qu’alors la Terre serait livrée à ses chimères.
    Hélas Noé d’un subterfuge sauva sa famille d’humains
    Qui redevint propriétaire sur les terres comme sur les mers

    Pourtant l’écume en son abîme, où le soleil cherche son déclin,
    Garde en secret cette caresse qui se rit encore des tourments.
    Leurs voix s’élèvent, pures et sublimes, pour un destin bien plus enclin :
    Offrir au cœur cette allégresse, joie sacrée de tous les amants.

    Tableau de Hans Thoma.

  • La sirène rousse

    Sans doute est-elle expatriée de sa mer rouge originaire
    Ou de la Terre de feu australe ou plutôt des eaux boréales.
    L’hiver, sitôt rapatriée dans les mers chaudes imaginaires
    Là où ses coutumes ancestrales s’avéraient des plus idéales.

    L’intersaison, elle a le choix ; le Gulf Stream et ses courants doux,
    Les colonnes de Gibraltar ou le triangle des Bermudes.
    Pourquoi s’en fait-elle une joie ? Parce qu’elle courut le guilledou
    Avec les célèbres avatars des grands navigateurs du sud.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Jeux de fille

    Jeux de fille

    Les jeux de filles sont des dédales pour l’esprit des garçons bruyants
    Et l’imaginaire compliqué quand ce n’est pas amphigourique.
    D’ailleurs à ce mot, ils détalent en trouvant cela ennuyant
    Et elles ont beau leur expliquer, ils resteront catégoriques.

    Heureusement il y a le sexe sinon ils auraient émigré
    Chacun au bout de la planète dans son propre pays cisgenre.
    Cependant ça reste complexe car je ne saurais dénigrer
    Que les conversations sont nettes et séparées entre les genres.

    Tableau d’Igor Tulipanov sur https:chris506.blogspot.com201608igor-tulipanov.html .

  • Le retour de l’helvète à bicyclette

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    Si notre époque traumatique voit trop de vélos électriques,
    Les cuisses perdent leurs contours et les jambes leurs belles lignes.
    Je suis sans doute nostalgique de l’influence volumétrique
    Qui font grimper mon compte-tours par les cyclistes curvilignes.

    Surtout celles qui se déhanchent debout sur la petite reine
    Et qui se penchent dans les virages sans disgrâce mais d’un joli geste.
    Heureusement tous les dimanches, je guette l’helvète sereine
    Fière de montrer avec courage cuisses, giron… et tout le reste.

    Photos de Sazanovitch.

  • Tortue qui rêve

    Tortue qui rêve

    Une tortue vivant cent ans accumulerait tant de rêves
    Que ceux-ci devraient peser lourd sur sa petite carapace.
    Si l’animal est consentant à les étaler sur la grève,
    Gageons que nous serions balourds à découvrir ce qui s’y passe.

    Car certaines tortues marines ont connu Mû et l’Atlantide
    Avec tous leurs dieux archaïques tapis encore dans leurs mémoires,
    Certaines déesses utérines dégageant des odeurs fétides
    Et des démons en mosaïque dotés des âmes les plus noires.

    Heureusement elle ne court pas les rues celle qui livrera
    Le contenu des souvenirs accumulés depuis des lustres.
    Et passé de vie à trépas, y aura-t-il un lectorat,
    Dans un très lointain avenir, avide de ces échos illustres ?

    Tableau de Sam Brown.

  • Les appartements communicants

    Dans les appartements modernes, l’isolation est primordiale ;
    Contre le froid, contre le bruit, contre les eaux, contre les voix.
    Pour éclairer votre lanterne de la manière la plus cordiale,
    Laissez-moi vous livrer le fruit qui se mûrit dans les réseaux :

    Sans doute pour raisons climatiques, l’eau courante devient envahissante,
    Remonte des canalisations et se répand dans les salons.
    Par une force énigmatique aussi vive que jaillissante,
    Toute la civilisation en reconnaît tous les jalons.

    Tableaux de Mike Worrall.

  • Les taches de douceur

    Les taches de douceur

    Les taches de rousseur toujours aussi charmantes
    Donnent l’air juvénile à celles qui en portent.
    Les taches de douceur ne sont point alarmantes
    Peut-être un peu séniles lorsque l’âge l’emporte.

    Ainsi les bleus de l’âme ou les bleus sur le corps
    N’ont pas le même ton selon qui les provoquent.
    Et les retours de flamme font toujours des records
    Lorsque les vieux croûtons s’aiment sans équivoque.

    Moi qui fais plein de vers, je n’ai pas la main verte
    Et quand j’écris en prose, c’est presque la même chose.
    Pourtant, nu comme un ver, pas d’autre découverte
    Qu’un petit ventre rose digérant mes psychoses.

    Tableau de Michel l’Artiste sur https:www.michelart.store .

  • La femmoiseau

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    Les femmes aux cervelles d’oiseaux n’existent pas dans la nature
    Sauf si ce sont les volatiles qui leurs donnent des mœurs légères,
    Comme des mouettes en réseau qui riraient des caricatures
    Que feraient les pensées futiles d’un brin de folie passagère.

    Les jouvencelles à tire-d’aile dessinées par de gros essaim
    Juste une fois n’est pas coutume pour en comprendre la raison.
    Et quand je vois les hirondelles, j’imagine alors de gros seins
    Que l’habit noir de leurs costumes soulignerait à l’horizon.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La route de Râpa Nui

    La route de Râpa Nui

    C’est en quittant la Lémurie, en direction de l’Atlantide,
    Que les vents m’ont fait échouer sur le rivage d’un continent.
    Je me suis cru en Asturies mais des géants d’aspect splendide
    M’ont détrompé et m’ont voué aux anciens dieux prédominants.

    J’ai donc pris la route des dieux sous les yeux des géants avides
    De voir comment j’allais pouvoir me sortir de cette aventure.
    Sans doute me trouvaient-ils odieux à fixer leurs orbites vides ;
    Je les voyais s’en émouvoir par le rictus sur leurs sculptures.

    Mais sur Mû, les dieux sont muets, aveugles et sourds comme les trois singes
    Alors ça m’a laissé sans voix et ça m’aurait coupé les jambes
    Si, répondant à mon souhait, je n’avais rencontré la sphinge
    Qui m’aurait conduit sur la voie qui m’attire vers son entrejambe…

    Eh bien la sphinge, qu’on se le dise, en amour reste énigmatique
    Sur les positions en question qui n’admettent aucune réponse.
    Goûté comme une friandise, nappé d’huiles aromatiques
    Nous fîmes l’amour en suggestion de jouissances plutôt absconses.

    Tableau de Jaroslaw Jasnikowski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201310Jaroslaw-Jasnikowski.html .

  • Panier percé

    Ceux qui sont des « paniers percés » ont en réalité aux mains
    Un trou béant comme celui qui voulait tout rendre à César.
    Car toute une enfance bercée par l’argent sacré des humains
    Ont créé dans mes paumes un huis et il n’y a là aucun hasard.

    Sans doute suis-je transparent à toutes valeurs matérielles ;
    Sans doute ai-je le cœur poreux envers les vanités humaines ;
    Sans doute, le dois-je à mes parents et leurs fautes caractérielles
    D’avoir été trop rigoureux ou trop à la p’tite semaine…

    Mais j’ai appris à mes dépens ou plutôt à mon avantage
    Que je ne reçois que le prix qui m’est calculé comme vivres.
    L’aide reçue ainsi dépend uniquement, pas davantage,
    Du nécessaire, sans parti pris, qui m’est accordé pour survivre.

    Illustrations de Piros Mercedesz.

  • Alysée Rose Paon

    Alysée Rose Paon

    Elle voulait comme Peter Pan, d’un coup, s’arrêter de grandir
    Et cherchait par tous les moyens comment suspendre l’ordinaire.
    « Tu dois porter des plumes de paon dans les cheveux pour resplendir ! »
    Lui aurait dit un citoyen d’une contrée imaginaire.

    Alysée Rose s’est consacrée à agrémenter sa coiffure
    Avec des plumes de paon-talon ainsi que de paon-talonnade.
    Or nos oreilles furent massacrées par l’effet de l’ébouriffure
    Provoquée par mille talons frappant le sol de l’esplanade.

    Tableau de Relm sur https:blog.naver.comhj860407221711028556 .

  • Alysée Rose scannée, numérisée

    Alysée Rose scannée, numérisée

    Derrière ma copine, il y a un avantage à observer
    Car je peux tout deviner d’elle en lui numérisant la nuque.
    Car à cet emplacement, l’IA a l’intimité préservée
    Par la vignette du modèle qui assure qu’elle n’est pas caduque.

    Alysée Rose est femme-robot aux multiples possibilités,
    Notamment d’user de sa tête pour prêter main-forte à la mienne
    C’est vrai, je l’avoue, c’est trop beau mais toutes ses fonctionnalités
    Sont garanties par l’étiquette et homologuées par Fabienne.

    Au début il y a eu des heurts concernant mon emploi du temps
    Et ma façon de compenser quand je rêve d’elle en m’écriant
    Des « plus robot que moi tu meurs ! » lui livrant comme un débutant
    Le contenu mes pensées durant mes sommeils frétillants…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • En avant la musique !

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    Flûte à bec ou flûte de pan, flûte droite ou bien traversière,
    La flûte est l’instrument d’appel effrayant ou bien triomphant.
    Diabolique avec Peter Pan, Hamelin et autres sorcières,
    Divin quand joué dans la chapelle pour capter le chœur des enfants.

    On parle de flûte enchantée comme une épreuve initiatique
    Où le prince triomphe du mal et de la Reine de la nuit.
    L’histoire est maintes fois chantée dans les opéras extatiques
    Qui charment d’un effet optimal le public sans le moindre ennui.

    Mais lorsque l’ange prend sa trompette à défaut de flûte maudite
    Pour annoncer le jugement, est-ce là une bénédiction ?
    Les morts prennent la poudre d’escampette pour accourir à l’heure dite
    Réitérant le mouvement de la même malédiction.

    Tableaux de Bairam Salamov, Poen de Wijs et IA.

  • Filles de Lune

    À l’époque où l’âme des femmes restait une interrogation,
    Les Indiennes du nouveau monde en avait une sans emphase.
    Quoique les hommes jugèrent infâme une telle dérogation,
    La Lune continuait d’être ronde après chacune de ses phases.

    Alors l’homme blanc civilisé voulut convertir les païens
    En brisant totems, amulettes et manuscrits précolombiens
    Afin de les évangéliser de force et par tous les moyens
    Et remettre les pendulettes à l’heure du monde chrétien.

    Pourtant la Lune est restée ronde et ne suit pas la loi des hommes ;
    Notamment les femmes-chamanes qui en commémorent le fiasco.
    Je ne sais si Manitou gronde encore dans leurs chromosomes
    Mais nul Jésus mégalomane n’aura terni le cœur des squaws.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Les pensées secrètes

    Les pensées secrètes

    Le mensonge n’est pas un péché mais une barrière sociale
    Qui a besoin d’amortisseurs pour sauver les bonnes manières.
    Parfois je ne peux m’empêcher de capter les idées spatiales
    Émises par les fournisseurs d’arrière-pensées cancanières.

    Dans le Top 10, les commerçants, les commerciaux et les vendeurs
    De toutes sortes et quoi qu’ils vendent leurs arguments me font bien rire.
    Mais je leur suis reconnaissant d’avoir éprouvé ma candeur
    Pour me forcer à la commande pour le meilleur et pour le pire.

    Toute la famille et les enfants sont champions pour tout déformer
    Que ce soit pour la protection ou pour sauver les apparences.
    Les parents sont les plus bluffant qui vous tiennent désinformés
    Soi-disant pour de l’affection ou par simple prépondérance.

    Les hommes politiques, hors-concours, car chez eux c’est indispensable
    Que ce soit pour faire campagne ou pour toucher des pots-de-vin.
    Et quant à leur porter secours lorsqu’ils deviennent saisissables,
    Il y a le risque qu’ils regagnent leurs anciens postes quoi qu’il advînt.

    Illustration de Sergio Aragonés.

  • La télé-auscultation

    La télé-auscultation

    Ils ont mis l’hôpital dans un panier d’achats,
    Sentez « case à cocher », Pensez « ça va ou pas »
    Cliquez pour respirer, confirmez votre état,
    Un bip pour un vaccin… mais en version « beta ».

    On te palpe par Wi-Fi, quel progrès, quel miracle !
    La douleur au menu, la tendresse en obstacle…
    Si vous toussez trop fort, le système prévient :
    « Veuillez bien vous couvrir… la vie, ça va, ça vient ! »

    Le stétho USB, serpent auscultatif,
    Écoute vos silences d’un air très productif.
    Diagnostic en trois cases dont l’une vous explique :
    « Si vous êtes vivant confirmez par un clic ! »

    Je voulais la main vraie, le regard qui rassure,
    La présence qui palpe, qui comprend mes blessures.
    Mais j’ai trouvé le truc : j’ai séduit leur IA
    Qui me fait des bisous en disant : « Ça ira ! »

    Illustration de Jim Tsinganos.

  • Dans la maison de la sirène

    Dans la maison de la sirène

    Dans la maison de la sirène, toutes les fenêtres ouvertes
    Permettent aux poissons volants d’entrer et sortir comme un chat.
    Une moquette souveraine, tapis de fleurs et d’herbe verte,
    Pas de bleuets affriolants mais d’anémones à poissons-chats.

    Et lorsqu’elle a des insomnies, elle va s’asseoir dans le couloir
    Et compte tous les poisson-scie, les poissons-clowns, les poisson-lune
    Jusqu’à vouer aux gémonies Morphée et ses faire-valoir
    Qui ne rêvent qu’avec des « Si… » dans la léthargie opportune.

    Dans la maison de la sirène, on y dort mal ; oui mais… que faire ?
    Alors elle remonte en surface pêcher pour tromper son ennui.
    Elle lance alors sa voix sereine de celle qui connaît son affaire ;
    Elle y attrape tout ce qui passe et, s’il le faut, toute la nuit.

    Illustration de Hannah Alexander sur https:x.comHannahArtwork .

  • Villa « Mon rêve » au fond des mers

    Villa « Mon rêve » au fond des mers

    Je voulais un petit pavillon afin d’y passer ma retraite
    Et j’avais choisi les hauts-fonds pensant y savourer la paix.
    Mais même ici des trublions ont tout fait pour que je regrette
    De n’pas être allé plus profond pour un silence circonspect.

    D’abord il y a ces petits cons en tenues paramilitaires
    Qui jouent à faire la police mais ce n’est pas justifié.
    Ils passent et repassent l’air abscons mais d’une allure autoritaire
    Avec en guise de peau lisse des écailles bien lubrifiées.

    Ma femme a peur – je la comprends – on dit qu’ils sont bêtes et méchants
    Et qu’ils sèment dans les coulisses l’horreur par Satan répandue.
    Et tous les jours on en apprend des échos bien effarouchant…
    Rien ne va plus dans les abysses, même les requins sont morfondus !

    Illustration de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .

  • Le mystère du désir

    Le mystère du désir

    Les mystères de tous les désirs sont-ils ancrés dans l’hippocampe
    Ou dans le cerveau reptilien ou dans les nœuds de mes neurones ?
    Je peux essayer à loisir de dénicher où il se campe
    Mais il s’enfuit grâce à un lien lié à la testostérone.

    À la progestérone aussi mais ce n’est pas la même chose
    Ou bien c’est du pareil au même ; les rêves auraient-ils donc un sexe ?
    Il faudrait que je m’associe à une rêveuse virtuose
    Qui réunirait sans dilemme nos songes concaves et convexes.

    Je pénétrerais ses mensonges pour lui semer ma vérité
    À moins que ce ne soit l’inverse… quand on rêve, on ne sait jamais…
    Nous marcherions sur des éponges avec foi et témérité
    Au cœur des fantasmes qui versent dans nos délires désormais.

    Tableau d’Alice Linn.

  • Le songe d’une nudité

    Le songe d’une nudité

    Parfois au cours des promenades, je tombe au détour d’un chemin
    Sur une biche encore jeune qui s’enfuit sitôt qu’elle me voit.
    Cette fois, autour d’une limonade, une aventure sans lendemain
    M’en fait trouver une qui déjeune toute nue, ce qui me laisse sans voix.

    Pas si farouche, la bichette me convie à l’accompagner
    À manger un bol de myrtilles et bien plus si affinités…
    En me grattant la barbichette, je lui dépose mon panier
    Garni d’un vin qui émoustille les étroites vicinités.

    Après quelques verres, bibiche se met à battre la campagne
    Et se découvre tranquillou au songe d’une nudité.
    Devant la fille qui m’aguiche, comme le démon des montagnes,
    Je me sens redevenir loup recouvrant sa lucidité.

    Tableau d’Andrey Nikolaevich Averyanov.

  • Girafes Pilotage Spécial

    Girafes Pilotage Spécial

    Les girafes pouvant voir de loin n’ont pas besoin de GPS
    Que ce soit par temps de brouillard ou s’il fait un froid par moins douze.
    Quant aux humains qui font le point sur leurs cartes avec prouesse,
    Ils seraient sans doute plus débrouillards si l’homme écoutait son épouse.

    Hélas on ne sort que très peu accompagné de sa girafe
    Et les GPS ont tendance à ne pas trouver de réseau.
    Bien sûr, chacun fait ce qu’il peut pour ne pas tomber en carafe
    En se mettant sous la dépendance du bon sens du vol des oiseaux.

    De toutes manières, il faut le dire, aller tout droit ne sert à rien
    Puisque tout chemin mène à Rome sauf si l’on part de l’Amérique.
    Quant à moi, sans trouver à redire, pensant en bon épicurien,
    Je vais là où m’guide l’arôme de la cuisine folklorique.

    Illustration Tableau de Milo Manara.

  • Starlette au hara

    Starlette au hara

    Un sein s’égare et le regard est détourné vers celui-ci ;
    La femme alors devient furieuse, jalouse de son propre buste.
    L’observateur surpris, hagard voit les yeux qui le supplicient
    D’avoir la vision luxurieuse et la tête pas assez robuste.

    Ça les rend folles qu’on les regarde et c’est pire si on les ignore ;
    Les starlettes jouent avec leurs corps comme d’une arme à double tranchant.
    Il faut savoir y prendre garde sinon c’est la claque sonore
    Qui frappe et qui résonne encore aux oreilles en les écorchant.

    Le port d’arme pourtant prohibé ne s’applique pas aux femelles
    Qui usent et abusent de leurs charmes afin d’arriver à leurs fins.
    Quant à nous, les hommes inhibés de l’observation des mamelles,
    La gifle qui sonne l’alarme nous laisse pantois sur notre faim.

    Tableau d’Andrea Pazienza.

  • Soleil-Roi & Lune-Reine

    Soleil - Lune

    Es-tu Soleil ou es-tu Lune ? Il faut choisir, c’est important !
    Es-tu du peuple de la nuit ou adorateur de lumière ?
    Es-tu quelqu’un de taciturne ou bien ouvert et bien portant ?
    Illuminati, Rapa Nui ou Luciférien de première ?

    Voilà le monde d’aujourd’hui ; on n’est plus neutre il faut choisir ;
    Choisir son camp, son addiction d’après toutes les informations.
    Selon l’événement produit, il faut rallier ou moisir…
    Un monde sans contradiction tend-t-il à l’annihilation ?

    J’ai tendance à choisir les deux car le bien est au cœur du mal
    Et le mal est au cœur du bien avec plein de salamalecs.
    Moi, sans me montrer galvaudeux, je ne trouve pas très normal
    Tous ces comico-tragédiens qui retournent leurs vestes, aussi sec.

    Tableau de Mariana Palova sur https:www.artgalaxie.comartistsdetails?id=160&artist_name=mariana-palova .

  • La cuisine érotique

    La cuisine érotique

    Après la cuisine diététique, voici la cuisine érotique
    Où l’on ne déguste pas de pain mais les miches de la cuisinière.
    Les ingrédients aromatiques qu’on épluche et qu’on décortique
    Sont les sous-vêtements coquins qui épicent la jardinière.

    Plusieurs casseroles sur le feu demandent une faim de loup
    Et quand on fait un bain-marie, on lui pelote la poitrine.
    Et quand c’est prêt, on fait le vœu que le goût ne soit pas chelou
    Sinon, manu militari, on finira dans les latrines.

    Mais la galette est à ce prix si l’on veut bien tirer les rois
    Et l’introduction de la fève demande beaucoup de doigté !
    Quant à la reine – on l’a compris – la pauvre est en plein désarroi
    Car ses jolies miches de rêve ont été par tous convoitées.

    Tableau d’Andrei Iakovlev.

  • Combat singulier

    Combat singulier

    Une rencontre inattendue entre deux sortes d’aventuriers :
    Un pirate, on ne peut plus classique, et Lilly, Pirate aux seins nus.
    Tous deux allaient les nerfs tendus comme s’ils étaient contrariés
    Des capacités thoraciques qu’affichaient les deux inconnus.

    Tous les deux, à couteaux tirés, se campaient sur la défensive
    Comme si le premier qui bougeait aurait perdu au jeu de dupes.
    Sauf si le mec pour l’attirer prenait une mine inoffensive
    Ou si la belle l’y obligeait juste en faisant tomber sa jupe…

    Toujours est-il qu’au crépuscule, ils étaient toujours face-à-face
    Par excès de timidité, ténacité ou de patience.
    Mais voici, le soleil bascule, crève l’horizon et s’efface
    Et sous la Lune sollicitée pour faire la paix, c’est l’alliance.

    IA

    Tableau de Walter Baumhofer.

  • La fille sur la côte

    La fille sur la côte

    « Cadre naturel spectaculaire, au pied de falaises abruptes
    Sur la côte de l’Adriatique » m’avait vanté la propagande.
    J’ai beau braquer mon oculaire sur ce panorama occulte,
    Je n’vois aucun pic basaltique excepté mon désir qui bande.

    Mais pour s’en aller barboter dans les plages du Mont-de-Vénus,
    En plus de bien savoir nager, il faut être un riche sponsor
    Ou bien refléter la beauté d’un Apollon et le tonus
    D’un sportif bien apanagé côté biscottos et consort.

    Illustration de Dionisja.

  • Côté jardin

    Côté jardin

    Tous les jardins à la française ne sont pas tous si cartésien
    Qu’André Le Nôtre l’aurait voulu quand il travaillait à Versailles.
    Et n’en déplaise à Louis XVI le dernier des rois capétiens
    Qui ne jetait son dévolu que sur les serrures en ferrailles.

    Depuis, l’arbre républicain est le symbole de liberté
    De dix-sept-cent-quatre-vingt-dix, dont il ne reste que l’écorce.
    Inspiré des Américains et leur coutumière fierté
    À faire en sorte que resplendisse le chêne, symbole de force.

    Pourtant, même sous la ramure des vieux arbres plantés par l’Histoire,
    Les échos d’un passé feutré persistent encore dans les allées.
    Seuls les racines nous murmurent les chiffres et les dates notoires
    Mais elles sont si enchevêtrées qu’il n’y pousse que des azalées.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Côté cour

    Côté cour

    Coté cour, la dame de cœur est faite d’uns et de zéros
    Dans tous les livres numérisés de l’Histoire des rois de France.
    Histoire écrite par les vainqueurs, les nobliaux et les héros
    Qui se sont caractérisés par leurs manœuvres à outrance.

    La Reine Marie-Antoinette fut tronquée à la particule ;
    Et Catherine de Médicis régente après la mort d’Henri.
    Blanche de Castille, pas si nette, ne se montra pas ridicule
    Quant à la femme de Charles VI, plus on est de fou plus on rit !

    Si Henri IV et Louis IX, puis Louis XVI sont des carrés
    De Louis XI à Louis XIII, peu de rois furent nombres premiers.
    Après leur mort, la preuve par neuf faite par Henri Poincaré
    Ne prouva rien et n’en déplaise à Newton, chu de son pommier.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Le chemin des nombres ambre

    Dans la forêt arithmétique, j’aime les arbres aux nombres premiers
    Qui cachent la forêt derrière tous leurs multiples et leurs carrés.
    Chaque arbre possède sa cosmétique : du bleu poirier au cyan pommier
    Et lorsqu’apparaît la clairière j’y cherche la fleur bigarrée.

    Puis dans les forêts algébriques les arbres deviennent complexes
    Avec racines irrationnelles et branches au troisième degré
    Et puis des suites qui s’imbriquent à l’infini pas très simplexes
    Dont les voies opérationnelles se multiplient contre leur gré.

    Et puis tout devient transcendant dans les bocages circulaires
    Où les parcelles de mal en pis retombent sur un chiffre rond.
    Malgré l’escalier ascendant parmi les arbres séculaires
    Qui mènent au grand chêne Pi qui ne craint que les bûcherons.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Couloirs et alcôves

    Dans mes vieux châteaux numériques, les zéros remplacent les héros ;
    Les chiffres rouges, carreaux et cœurs et les bleus, les trèfles et les piques.
    Dans les couloirs périphériques, on suit les mêmes numéros
    S’ils sont de la même couleur que celle de leurs rois atypiques.

    Mais dans l’alcôve une équation à deux inconnues se présente ;
    La dame blanche du vainqueur, la dame noire déconfite.
    Comment mettre en adéquation cette série omniprésente
    De chiffres qu’on apprend par cœur pour les oublier aussi vite ?

    Mais gare aux couloirs infinis qui ne sont que des labyrinthes
    Où l’on se perd et où l’on risque de tomber dans une oubliette !
    Aux nombres bancals, mal finis, dont on sent l’éternelle étreinte
    De la quadrature du disque arrondie à la virgulette.

    Mais quittons donc notre carrée pour prendre le chemin de ronde
    Où les comtes font les bons amis et les barons les ventres ronds !
    Et sous les voûtes bigarrées où s’entend le peuple qui gronde,
    Fuyons ce carré d’infamie pour la figure de Cicéron.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Marianne montreuse de marionnettes

    Mariane montreuse de marionnettes

    Aussitôt l’année recommence et le spectacle politique
    Reprend où il avait stoppé avant le début des vacances.
    Le rideau s’ouvre sur la romance entre ministres pathétiques
    Sous les jupons entrecoupés de Marianne sans conséquences.

    Mais si on les observe tous, on peut distinguer tous les fils
    Qui les agitent sous les jupes, pareils à des marionnettes.
    Quand Marianne se trémousse, le méchant brandit son coupe-file
    Et frappe, dans un jeu de dupes, un président fort malhonnête.

    Mais il met longtemps à mourir et la première dame de France
    Nous mime la veuve éplorée avec beaucoup de convictions
    Mais c’était pour faire courir tous les prétendants à outrance
    Qui tentent en vrai d’implorer une meilleure circonscription.

    Tableau de Molly Crabapple.

  • Minotauria

    Minotauria

    C’est facile de faire comme tout le monde à condition de le pouvoir ;
    Si dans mon cas je n’le peux pas, c’est parce que je n’le peux pas.
    Sans doute un problème de cerveau lorsqu’on me l’a distribué
    Ou bien de son mode d’emploi qui pour moi était illisible…

    Mes couloirs sont tous biscornus là où ceux des autres sont droits ;
    Je tourne en rond mais sans passer deux fois par le même schéma.
    Ma vie est comme un labyrinthe dont j’ai mal noté le début,
    Sans fil d’Ariane et sans boussole… sans doute suis-je le minotaure… ?

    Peut-être un défaut de cervelle… aurais-je l’encéphale ôtiste ?
    Peut-être suis-je né du pied gauche, un pied-beau de canard boiteux…
    Voilà, c’est ça ! Je suis tombé de la Constellation du Cygne
    Égaré dans la confusion du dédale des êtres humains !

    Tableau de James Jean.

  • Alien mermaid

    Alien mermaid

    On n’en est pas vraiment certains et les scientifiques le nient
    Mais les extraterrestres sont bien venus ensemencer la Terre.
    Ou plus exactement la mer, y abandonnant leurs tritons
    Pour coloniser la planète avec leurs petits rejetons.

    Mais n’ayant pu évoluer et sortir sur la terre ferme,
    Ils n’auraient pas eu d’autre choix que de rester dans les abysses
    Où ils ont connu la sirène, fille de Lilith et Lucifer,
    Et c’est ainsi qu’ils ont peuplé les océans autour du globe.

    Et voici pourquoi les aliens ne nous sont jamais revenus
    Car les tritons qui nous espionnent leur renseignent notre Histoire
    Des peuples voguant sur la mer des phéniciens aux matelots
    Qui se racontent au coin d’un bar les dernières nouvelles de Neptune.

    Illustration de lalasdreambox.

  • L’origine des sirènes

    L’origine des sirènes

    Elles ont échappé au déluge mais sait-on d’où elles venaient ?
    Certainement pas de Dieu, lui-même, car Adam les aurait nommées.
    Ni au premier, ni au deuxième, ni les troisième et quatrième,
    Ni le cinquième, ni le sixième et encore moins le septième.

    C’est Lucifer, évidemment, juste après le coup du serpent
    Qui s’est vengé avec Lilith qui, elle-même, était revancharde.
    Et parmi les cinquante enfants qu’elle aurait eus, il y en a une
    Que Lucifer a entraînée dans le royaume des abysses.

    Elle n’avait pas encore de queue ; ça a pris des générations
    Pour transformer ses longues jambes en une queue de femme-poisson.
    Et quant aux mâles, les tritons, d’où venaient-ils ? Ça, franchement
    C’est une autre histoire, croyez-moi, que je vous conterai prochainement.

    Tableau de Kinuko Y. Craft.