Catégorie : Blog

Your blog category

  • Montagnes de brume

    Montagnes de brume

    Lorsqu’ils se retrouvent à Davos et qu’ils reconstruisent le monde,
    Les chefs d’état, enfants terribles, nous tissent un rideau d’illusion.
    Un peu comme Raymond Devos, l’absurdité de sa faconde,
    Ils créent un avenir nuisible avec maintes désillusions.

    « À quelle sauce les moutons aimeront-ils être mangés ?
    Combien faut-il en exterminer afin de pouvoir mieux respirer ? »
    Voilà ce que nous redoutons, nous, qui resterions étrangers
    Au Nouvel Ordre déterminé à fomenter et conspirer.

    Tableau de Rob Gonsalves sur https:www.trucsetbricolages.netdecorationsun-artiste-canadien-peint-des-illusions-qui-vous-mystifieront-tous .

  • L’histoire et les cochons

    L’histoire et les cochons

    Bien nourris au progrès et la technologie,
    Les cochons ont souillé leur environnement.
    Pour ou contre leur gré, ils s’enferment au logis
    De peur de se mouiller de tout engagement.

    Pour trouver leurs maisons suivez les détritus
    Qu’ils parsèment en voiture, à pied ou à vélo.
    Les cochons, sans raison, et d’un malin rictus
    Jettent dans la nature leurs déchets à vau-l’eau.

    Mais comme dans le cochon, tout est bon, tout est con,
    Ils ne croiront jamais finir à l’abattoir.
    Sans pousser le bouchon au culot du flacon,
    Ils n’ont plus désormais la moindre échappatoire.

    Photo de Westory © handhandhand sur http:www.shenchinlun.comNews.Detail.asp?ID=288 .

  • L’histoire et les moutons

    L’histoire et les moutons

    Lorsque tombe la peste d’un ciel noir vérolé,
    La bergère ramène ses moutons à l’étable.
    Comme nul ne proteste au troupeau affolé,
    Ils vivront une semaine jusqu’au terme regrettable.

    Ils porteront un masque contre la connaissance,
    Ils mangeront le foin de la vache enragée ;
    La bergère fantasque leur piquera la panse
    Et répètera le soin pour les encourager.

    Après quatre saisons, clos dans la bergerie,
    Ils seront tous dociles et tous apprivoisés.
    Ils quitteront la maison pour la conserverie ;
    La bergère gracile pourra s’en pavoiser

    Photo de Westory © handhandhand sur http:www.shenchinlun.comNews.Detail.asp?ID=288 .

  • Mais où sont-ils donc ?

    Où sont passés ceux qui jetaient les pavés sur leurs barricades
    Contre un pouvoir qui répondait par l’action des forces de l’ordre ?
    Où sont donc ceux qui s’agitaient au-devant de la mascarade
    Des C.R.S. qui inondaient de gaz ceux qui voulaient les mordre ?

    Ils avaient vingt ans à l’époque et aujourd’hui soixante-treize ;
    Leurs enfants sous leurs parapluies ont devoir de s’y référer.
    Personne aujourd’hui ne se moque de ceux qui ramenaient leurs fraises
    En chantant ensemble sous la pluie Jean Ferrat et Léo Ferré.

    Tableaux de Rob Gonsalves sur https:www.trucsetbricolages.netdecorationsun-artiste-canadien-peint-des-illusions-qui-vous-mystifieront-tous .

  • Les grandes marées de délivrance

    Les grandes marées de délivrance

    Par le Soleil à l’équinoxe et la Lune à son apogée,
    Par la précession des marées et la combinaison des astres,
    Je foulerai en plein paradoxe les lopins de la Mer Égée
    Dans les champs de blé chamarrés soufflés par un vent de désastre.

    Je marcherai vers l’horizon, là où la mer rejoint le ciel,
    Je monterai sur les degrés de l’escalier de l’arc-en-ciel,
    J’échapperai à la prison de l’intellect existentiel
    Qui m’enferme contre mon gré et bride tout mon potentiel.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Au-delà de l’amour

    Au-delà de l’amour

    Si les histoires d’amour finissent, leur mort n’est jamais effleurée
    Car il n’y a pas de cimetière dans les quartiers d’un cœur brisé.
    Pas plus de tombe qui réunisse l’amant qui viendrait y pleurer
    Celle qui a franchi la frontière qui n’a jamais cicatrisé.

    Juste une trace dans la mémoire que tous ses cinq sens ont gravée ;
    La main qui lui prenait la main, la bouche qui lui prenait la bouche.
    Mais les trous de son écumoire lentement se sont aggravés
    Et son image sur le chemin, disparaît par petites touches.

    Et puis un autre jour sans doute, il entend le son de sa voix
    Qui lui dit de trouver un cœur pour y semer un autre amour.
    Elle est triste, elle le redoute mais elle a pris une autre voie
    Alors elle prie que son vainqueur puisse renaître un autre jour.

    Tableau de Rafał Olbiński.

  • Les vraies-fausses nouvelles

    Les vraies-fausses nouvelles

    Elle a tout lu et son contraire et tant de tissus de mensonges
    Qu’elle s’est façonnée une robe cousue d’éloges et de critiques,
    Entre les propos arbitraires des explications à rallonge
    Et la vertu qui se dérobe dans les annonces politiques.

    Ses jupons en froufrou de chiffres gonflés de fausses statistiques
    Offrent un volume généreux pour cette robe du dimanche.
    Quant aux manchettes des sous-fifres et leurs données analytiques,
    Comme c’était trop onéreux, elle a opté pour un sans manches.

    Photo de Leonora Carrington.

  • Préfabriquées

    La science chasse le naturel, la chirurgie tue l’authentique ;
    La cosmétique paysagère atténue ou fait disparaître ;
    Les photos taillent le corporel, les médias retouchent l’argentique ;
    Les lingères voilent aux mégères tout ce qui pourrait transparaître.

    Ainsi les hommes polochons s’amourachent des femmes cochonnes ;
    Ainsi les femmes rondelettes s’accordent aux hommes potelés.
    Que ceux qui ne sont pas folichons à vivre avec des maigrichonnes
    Prennent ciseaux et bandelettes pour s’faire une femme remodelée !

    Sculptures de Cécile Perra sur http:ptitesid.canalblog.comarchives2014031429376744.html .

  • Mon chat, mon juge

    Mon chat, mon juge

    Comment mon chat me juge-t-il ? Comme son maître ou son serviteur ?
    Son Maître-jeux avec ses balles, ses souris et autres jouets ;
    Son Serviteur vraiment utile à le nourrir quelle que soit l’heure ;
    Quoi qu’il en soit, ce qui l’emballe, c’est ma réponse à ses souhaits.

    Il me condamne assez souvent à l’accueillir sur mes genoux ;
    Je n’ai plus le droit de bouger, à peine celui de bailler.
    Il m’en libère en coup de vent si ma femme appelle son minou
    Pour lui offrir d’une bouchée, une occasion à ripailler.

    Tableau de Franke Staudinger.

  • La voleuse de soleil

    La voleuse de soleil

    Elle est passée comme un voleur – ou plutôt une pie voleuse –
    Attirée par tout ce qui brille comme rivière de diamant.
    De son petit air cajoleur et son sourire d’enjôleuse,
    Elle a ravi une escarbille du Soleil en plein firmament.

    Elle se protège d’une ombrelle contre l’astre chaud au zénith
    Qui carbonise l’imprudent qui s’expose à la canicule.
    Mais elle court comme une gazelle sur les nuages d’eau bénite
    Pour dérober sans incident le rayon vert du crépuscule.

    Tableau de Howard Schatz.

  • Au secours !

    Au secours !

    Adam et Ève, sans jeu de mots, paumés, se sont fait carotter
    Par Dieu, cet arnaqueur notoire, qui leur aurait créé la Terre.
    Il aurait montré la démo d’un paradis qui les bottait
    Dont ils ont signé sans histoire le contrat pour un pied-à-terre.

    Mais quand ils eurent croqué la pomme, leurs yeux ont dû se dessiller
    Et ils ont vu la vétusté d’une planète démodée.
    Alors, affolés sur la somme qu’ils ont payée en faux billets,
    Une fois l’arnaque dégustée, ils ont dû s’en accommoder.

    Photo de Brooke DiDonato sur https:www.ignant.com20161110brooke-didonatos-surreal-pictures .

  • Les tournesols intentionnés

    Les tournesols intentionnés

    Un champ de fervents tournesols occupe tout le paysage
    Que j’aperçois de mes fenêtres depuis le début de l’été.
    Le soleil, comme une boussole, leur jalonnait son balisage
    Et les vents, comme anémomètres, jouaient à les faire haleter.

    Mais ils se sont habitués à ma présence journalière
    Et, à mon rythme attentionné, se sont laissé apprivoiser.
    Alors ils m’ont substitué à l’autorité régulière
    Du soleil malintentionné de les voir ainsi pavoiser.

    Tableau de Rob Gonsalves sur https:www.trucsetbricolages.netdecorationsun-artiste-canadien-peint-des-illusions-qui-vous-mystifieront-tous .

  • Blanche comme neige

    Blanche comme neige

    Elle parait blanche comme neige si ce n’est le colt à la ceinture
    Qu’elle prétend sa garantie pour obtenir satisfaction.
    Expéditif comme manège mais efficace si d’aventure
    Un mec, parmi ses apprentis, tentait de passer à l’action.

    On l’appelle la contremaîtresse, appellation à double sens,
    Car elle darde un œil sévère sur les ouvriers qu’elle estime.
    Mais si l’un a la maladresse de ne pas réveiller ses sens,
    Elle lui met son revolver direct sur ses parties intimes.

    Illustration de Moebius.

  • Invitation au rêve

    Le chat, passeur du monde hypothétique, veille aux rêves de sa maîtresse ;
    L’armoire, où il dort la journée, lui tient lieu de soute à bagages.
    Par sa présence magnétique, sustentée de quelques caresses,
    Le chat commence sa tournée dès l’effet du premier tangage.

    Dès que le rêve a commencé, le chat surveille ses arrières ;
    Il offre, au rêveur, protection en lui laissant son libre arbitre.
    Aux meilleurs songes romancés, il ouvre toutes les barrières ;
    Face aux cauchemars, correction ! Par chance il a droit au chapitre.

    Illustrations de Heikala.

  • La chimère rousse

    La chimère rousse

    Cheveux de feu et de flammèches qui ondulent selon l’air du temps ;
    Yeux bleu turquoise ou bleu marine selon qui elle veut envoûter ;
    Visage tendre, un peu pimbêche – mais est-ce vraiment important ? ;
    Bouche au parfum de nectarine, je le sais car elle m’a goûté.

    Cheveux au vent, poitrine à l’air, elle aime se croire un oiseau ;
    Oiseau sans pelage ni plume mais qui sait voler un baiser.
    Lorsque sa croupe populaire couve ma verge dans les roseaux,
    Elle la fait doubler de volume pour s’en nourrir et l’embraser.

    Tableau de Neil Gaiman.

  • En quelle langue ?

    Bravo aux glandes salivaires qui activent une production
    Qui remplirait une piscine durant toute une vie entière !
    Quel esclavage et quel calvaire sollicitent l’humectation,
    Le lèche-bottes, lèche-vitrines ou lèche-cul à la postière !

    Petite langue mais costaude et même le muscle le plus puissant,
    Organe spécialiste du goût qui favorise la digestion.
    Mais elle se montre plus finaude – et c’en est même attendrissant –
    En conjuguant les baisers doux, summum de l’autosuggestion.

    Sculptures de Paolo Del Toro.

  • La face cachée

    La face cachée

    Tous les minéraux de la Terre, cristaux de quartz et de silice,
    Ont connu toutes les lumières dont le soleil les a nourris.
    Ils sont mémoires héréditaires qui ont vu, derrière les coulisses,
    La création de la première Lilith, mère de toutes les houris.

    Lorsqu’un cristal joue au pendule, il retrouve la vibration
    Qui oriente le praticien vers son véritable chemin.
    Quand la lumière blanche bascule sous l’effet de la réfraction,
    Elle suit l’ordre du Magicien qui conçoit le cœur sur la main.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le monument aux fleurs

    Le monument aux fleurs

    Bien sûr, les morts pour la patrie sont gravés dans nos souvenirs
    Mais souffrir et mourir d’aimer sont des victimes méconnues.
    Sans pratiquer d’idolâtrie ni un culte à entretenir,
    Je me verrais bien ranimer la flamme de l’amant inconnu.

    Un monument d’amour sacré avec des couronnes de fleurs
    Où accouraient se recueillir les cœurs brisés et solitaires.
    Et sur le piédestal nacré, écrit à l’encre de leurs pleurs,
    Une prière pour accueillir leurs âmes-sœurs prioritaires.

    Tableau de Chris Nicholls.

  • On s’y croirait…

    On s’y croirait…

    Quand tu réintègres au matin ton corps, ton esprit et ton cœur,
    Ton âme rapporte avec elle des bibelots de ses voyages.
    Tu vois sur tes draps de satin des souvenirs alambiqueurs
    D’un monde qui paraissait réel mais qui se fond dans les nuages.

    Dans la parenthèse du temps comprise dans ton demi-sommeil,
    Les égrégores se déversent et percent la réalité
    Qui, face à ce jour rebutant, soumis aux rayons du soleil,
    Referme le seuil qui s’inverse selon toute éventualité.

    Photo de Jessica Walsh.

  • La gardienne des mauvais rêves

    La gardienne des mauvais rêves

    Quand tu traverses la frontière de la réalité aux limbes,
    Tu risques de faire la rencontre de la gardienne des mauvais rêves
    Qui élève dans sa colombière des tourterelles et des colombes
    Dressées pour aller à l’encontre de tes cauchemars sur la grève.

    Elles se nourrissent des songes lorsqu’ils possèdent ton goût amer ;
    Elles extirpent les démons qui s’insinuent dans tes défenses ;
    Elles raffolent des mensonges cachés dans le blues outremer
    Qu’elles repoussent en amont des souvenirs de ton enfance.

    Tableau de Tejal Patni sur https:zavodfoto.livejournal.com4840336.html .

  • Retour aux sources

    Retour aux sources

    Plus rien ne sera comme avant. Il nous faut nous habituer
    Au nouveau monde de demain affranchi de notre passé.
    Plus de crédit dorénavant sur le temps perdu à tuer ;
    Il nous faudra prendre à deux mains notre avenir à dépasser.

    Avec de nouvelles racines et de nouvelles traditions
    Nous parlerons d’une seule langue et chanterons le chant nouveau ;
    Afin que nos cœurs s’enracinent dans une réapparition
    D’un Dieu qui revient en boomerang pour une remise à niveau.

    Tableau de Mark Kostabi sur http:www.danielascarel.itblogmark-kostabi-2015 .

  • Marguerite, l’imprimeuse

    Marguerite, l’imprimeuse

    Quand Marguerite, l’imprimeuse ne sait où donner de la tête,
    Elle veut faire bonne impression avec ses meilleurs caractères.
    Elle décoche d’une frappe fameuse sa première flèche à l’épithète
    Puis, elle maintient la pression sur le nom du destinataire.

    Mais lorsque le devoir s’en mêle, il envoie Marguerite à l’ombre
    Dans la cellule de polices et c’est une autre qui la remplace.
    Selon les modèles pêle-mêle de correspondances qu’on dénombre,
    Marguerite ferait les délices des secrétaires de grande classe.

    Tableau de Tejal Patni sur https:zavodfoto.livejournal.com4840336.html .

  • L’amour entre les couleurs

    L’amour entre les couleurs

    Marions les couleurs de la vie du rouge au vert complémentaires,
    Bleu et orange subsidiaires, jaune et violet additionnels.
    Les deux parties du même avis, association des caractères,
    Sans compromis intermédiaire mais avec accord fusionnel.

    Marions les goûts et les valeurs, additionnons les expériences,
    Écoutons l’écho harmonique de deux cœurs qui battent ensemble.
    Associons odeurs et saveurs de nos regards en clairvoyance,
    De nos deux bouches synchroniques et de tout ce qui nous rassemble.

    Tableau de Mark Kostabi sur http:www.danielascarel.itblogmark-kostabi-2015 .

  • Quand le cœur papillonne

    Quand le cœur papillonne

    Mon cœur papillonne toujours pour des passions primesautières ;
    Mes envies de beaux paysages, tous les goûts sont dans ma nature ;
    Apprécier le lever du jour comme un plaisir à part entière ;
    Embrasser un joli visage pour le désir d’une aventure.

    Papillons de petits bonheurs, d’occasions du moment présent ;
    Papillons d’opportunités, hasards de bonnes circonstances ;
    En tout bien, tout bien tout honneur, dans le désir omniprésent
    De forger mon humanité avec l’amour comme constance.

    Tableau de Tejal Patni sur https:zavodfoto.livejournal.com4840336.html .

  • Pensées de pierre

    Pensées de pierre

    Matière grise et corps de marbre, parfois ses pensées s’alourdissent
    Et le temps se solidifie d’une hibernation minérale.
    Statue recueillie sous les arbres dont les ramures assourdissent
    Son corps qui se rigidifie d’une éternité libérale.

    D’une télépathie de pierre frappée du marteau du tailleur,
    De lave massive et épaisse, la Terre livre ses mémoires ;
    Sédimentaires et héritières, poussières d’étoiles venues d’ailleurs,
    Météorite dont se repaissent les déesses au cours de l’histoire.

    Sculpture « Brunnenfiguren » à Berlin de Wilfried Fitzenreiter.

  • Visages floraux

    La bouche parle avec les fleurs, les yeux s’expriment avec des pleurs ;
    Le nez respire l’oxygène de ses racines aborigènes.
    Les cheveux ondulent au vent, la frange tombe sur le devant ;
    Les mamelons auréolés et les oreilles décollées.

    Les jeunes filles s’épanouissent, souvent même s’évanouissent
    Quand le désir d’amour sature dans le creuset de leur nature.
    Les jeunes femmes éternelles deviennent roses maternelles
    Qui, chaque printemps, refleurit d’une nouvelle espièglerie.

    Photos de Steven Markham.

  • Les jeux de l’amour

    À la roulette de l’amour, tous les cœurs jouent à qui perd gagne
    Et que vous soyez blanc ou noir vous connaîtrez joie et douleur.
    La joie de vaincre avec humour le sommet du mât de cocagne,
    La douleur ensuite de choir et en voir de toutes les couleurs.

    Au jeu des cartes de l’amour, les cœurs combattent contre les piques.
    Les trèfles n’ont pas quatre feuilles et vous tombez sur le carreau
    Si vous attendez votre tour afin que l’atout tombe à pic,
    Sauf si le petit se recueille à l’appel du roi du tarot.

    Aux jeux de hasard de l’amour, les femmes se mettent en carré
    Pour l’emporter sur les trois rois ou le quatuor des cavaliers.
    Si les valets sont à la bourre et les clefs se sont égarées,
    Vous vous trouverez à l’étroit avec ces dames sur le palier.

    Photos de Serge Lutens.

  • Transformations

    Au départ, l’idée était simple ; donner à l’homme une compagne.
    Seulement cent fois sur le métier, la Nature remet son ouvrage.
    D’abord la simplette est trop humble un peu trop rustre à la campagne
    Et l’homme fait preuve d’inimitié à lui accorder le suffrage.

    Après des siècles de labeur, apparaît la femme moderne
    Qui a gagné de travailler pour cueillir son indépendance.
    Mais l’homme, cet éternel flambeur, la traite de vieille baderne
    Et l’exploite pour lui bailler un salaire en condescendance.

    Comment la femme du futur assurera son devenir ?
    À force de ténacité, de témérité, de patience.
    Que la Nature lui suture de belles filles d’avenir
    Avec rage et pugnacité à imposer leur efficience.

    La femme est l’avenir de l’homme ? La suite en serait délectable ;
    Elle aussi pourrait saboter sa vie sans qu’on crie au scandale.
    X et Y, nos chromosomes seraient tous les deux équitables ;
    Les sages admettraient la beauté égale à la force brutale.

    Tableaux d’Amy Winehouse & Patrice Murciano.

  • Après la mort

    Après la mort

    Bien que cette guerre ne fut la sienne car elle n’avait rien demandé,
    Elle s’est trouvée dans l’embarras lorsque la mort fut arrivée.
    Malgré l’arme qu’une pharmacienne lui avait bien recommandée
    Et qui, injectée dans son bras, devait pourtant la raviver.

    Pourtant elle a tout accompli ce disaient les militaires ;
    Pourtant elle a fait confiance à l’appel du gouvernement ;
    Elle a porté la panoplie, le masque et le passe-sanitaire
    Et obéit sans méfiance aux médias sans discernement.

    Elle dit que ce n’est pas sa faute mais qu’elle doit payer son loyer ;
    Elle dit qu’elle se doit de nourrir et s’occuper de sa famille ;
    Elle croyait que les internautes complotistes étaient dévoyés
    En disant qu’elle allait mourir de tous ces vaccins qui fourmillent.

    Illustration de Moebius.

  • La mort narquoise

    La mort narquoise

    « J’irai vous narguer sur vos tombes ! » promettait hier la mort narquoise.
    « Vous viendrez mourir de vous-même ! » annonce-t-elle, satisfaite.
    En provoquant une hécatombe et en inscrivant sur l’ardoise
    Des chiffres créant les dilemmes par une panique surfaite.

    La mort est devenue moderne à coups de mots scientifiques ;
    La mort utilise les champions du stupre et de la corruption ;
    La mort charme les vieilles badernes par des propos soporifiques ;
    La mort leur damera le pion, forcés à la surproduction.

    On ne négocie pas sa mort et l’on ne peut s’en arranger
    Ce serait vendre son âme au diable si tant est que l’on croit en Dieu.
    Alors sans l’ombre d’un remords, si vous acceptez d’échanger
    Votre vie pour l’irrémédiable Ordre Nouveau, alors adieu !

    Tableau de Boris Vallejo & Julie Bell.

  • Rien ne va plus !

    Rien ne va plus !

    Au jeu de « La Vie & La Mort », ils jouent avec les yeux bandés,
    Bien assis sur leurs convictions afin de dominer leurs craintes.
    Pour ne pas subir les remords, ils cessent de se demander
    Comment fuir la malédiction en se soumettant aux contraintes.

    La loi qui protégeait les faibles et leur accordait la justice
    Est bafouée par les plus forts qui sont approuvés par des lâches
    À qui l’on raconte des fables afin que cela les convertisse
    À se résigner sans effort à mourir à coups de cravache.

    Alors, qui sera le vainqueur de ce jeu pour l’Ordre Nouveau ?
    Certainement pas les politiques qui ne sont que marionnettes.
    Peut-être ceux qui ont du cœur à défendre moutons et veaux
    Malgré leurs nombreuses critiques et leurs excuses malhonnêtes.

    Photoshop de IDt8r.

  • À l’encre rouge de mon sang

    À l’encre rouge de mon sang

    Puisqu’il est écrit sur mon corps, à l’encre rouge de mon sang,
    Qu’il refuse les maladies et toutes autres formes d’attaques,
    Il n’a pas besoin de l’accord de quelques régimes oppressant
    Pour signer une parodie de passeport santé opaque.

    Mon entité naît de l’amour, pas d’une usine à chair humaine ;
    Mon cœur ignore la raison et ma raison l’économie ;
    Mon esprit carbure à l’humour, pas à la petite semaine
    Et je suis l’âme de ma maison, gardien de mon autonomie.

    Tableau d’Ina Sholte Albers.

  • L’histoire avec un grand A

    L’histoire avec un grand A

    En changeant le cours de l’histoire, en réécrivant tous les livres,
    Les dictateurs croient façonner les cerveaux de tous ses moutons.
    Depuis vingt ans, il est notoire que l’enseignement qu’on délivre
    Est censuré et sanctionné du tabou que nous redoutons.

    Ainsi les livres religieux ne sont qu’un endoctrinement ;
    Les films d’anticipation, qu’un entraînement insidieux ;
    Les jeux et les sports élogieux, que drogue et endormissement
    Jusqu’à ce qu’une émancipation crée un paradigme ainsi Dieu.

    Illustration de Moebius.

  • Ô châteaux ! – 1

    Ô châteaux ! - 1

    Les défenses humanitaires ont évolué au fil du temps
    Et forment de solides barrières contre les ennemis viraux
    Grâce aux murailles sanitaires et les aspirants débutants
    Qui montent la garde derrière meurtrières et soupiraux.

    Ainsi le corps fait tour à tour une surveillance incessante ;
    Le gardien ne s’endort jamais et le château demeure sain.
    On peut admettre sans détour que les menaces évanescentes
    De grippes et fièvres désormais n’ont nul besoin d’un faux vaccin.

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • L’Europe dans la tempête – 2

    L’Europe dans la tempête - 2

    L’Europe à l’heure de la discorde ne fait pas preuve d’endurance ;
    Déjà la fuite d’un royaume fait penser au prochain naufrage.
    Nous attendions qu’elle nous accorde sa protection et l’assurance
    De respecter les droits de l’homme selon le vœu de nos suffrages.

    Le garant de l’économie ne protège que les pays riches ;
    La sécurité des frontières n’est qu’une passoire à migrants
    Dont nul n’agrée l’autonomie sur ses territoires en friche ;
    On en refoule des barges entières quand l’afflux devient encombrant.

    Feue la Société des Nations, devenue les Nations Unies,
    N’a pas non plus contribué à maintenir un monde en paix.
    Et notre détermination à vouloir montrer l’harmonie
    N’est qu’une Europe conspuée d’utopie, sauf votre respect.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • L’Europe dans la tempête – 1

    L’Europe dans la tempête - 1

    Parlez-moi d’une Europe Unie vêtue d’un patchwork de nations
    Qui avancerait fermement bravant les vents et les tempêtes.
    Une fédération prémunie contre toutes dominations
    Et contre tout gouvernement qui lui ferait perdre la tête.

    Ballotée par des vents d’orient et des cyclones outre-Atlantique,
    Elle compte sur ses traditions pour avancer vers l’avenir.
    Sur ses lauriers luxuriants, elle croit mener à l’identique
    Ses combats et coalitions entassées dans ses souvenirs.

    Mais les vagues de plus en plus hautes vont finir par la submerger
    À moins qu’enfin elle se reprenne et change sa navigation.
    Gageons qu’elle agisse sans faute et qu’elle arrête de gamberger
    Sous peine qu’un tourbillon l’entraîne vers sa propre éradication

    Illustration de Virginia Frances Sterrett.

  • Les belles chaussettes

    Les belles chaussettes

    Bas résille ou chaussettes à pois ? Collants noir ou socquettes unies ?
    La demoiselle court la savane pour être à la dernière mode.
    Un peu pour affiner son poids, beaucoup pour se sentir rajeunie,
    Passionnément elle se pavane, chaussée de talons malcommodes.

    Sabots en corne véritable, vrai cuir d’Afrique équatoriale,
    Notre zébrelle au goût du jour agite sa croupe chevaline
    Aux jeunes mâles surexcitables, fougueuse armée territoriale,
    Qui hennissent d’un seul cri d’amour à s’en dresser la crinoline.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Flagrant délire

    Flagrant délire

    J’ai surpris en flagrant délire un commando de sans-culottes
    Qui venait de tomber le masque et tout ce qui n’est pas essentiel.
    J’en ai cassé ma tirelire pour offrir aux cinq rigolotes
    Une tenue assez fantasque à leurs penchants préférentiels.

    Je leur ai proposé de peindre leurs corps de peintures naturelles
    Avec des couleurs de saison sous un ciel d’azur valeureux.
    Mais la cinquième, j’ai dû la teindre d’une nuance surnaturelle
    Qui soit une combinaison de nuits d’amours et jours heureux.

    Stephanie Seymour, Cindy Crawford, Christy Turlington, Tatjana Patitz et Naomi Campbell photographiées par Herb Ritts.

  • Le jeu de la guitare

    Le jeu de la guitare

    Aux échecs, le Roi King-Guitar se déplace tout en haut du manche ;
    Ses Cavaliers du Capodastre font des barrés d’un air de fête.
    Les Tours de Chant sont en retard car elles font les chœurs le dimanche
    Et le canon tourne au désastre lorsque les Fous chantent à tue-tête.

    Heureusement la Reine roque à contrechant – elle a le droit –
    Accompagnée tantôt des basses tantôt des aiguës en arpèges.
    Plus le rythme bat la breloque et plus on voit courir le Roi
    Plaquer l’accord d’une main bonasse afin que musique s’abrège.

    Tableau de Maurice Green.

  • Un certain malaise

    Plus rien ne sera comme avant, il faudra vivre avec son temps !
    Les femmes ressembleront aux hommes, résignées dans un genre neutre.
    Adieu tenues qu’auparavant rimait la mode du printemps,
    Bonjour uniformes autonomes veste croisée, chapeau de feutre !

    Toutes les races confondues d’un métissage bariolé ;
    Un tiers de noir, un tiers de blanc, un tiers de jaune pour tous les genres.
    Les nouveaux humains morfondus, gays, lesbiennes et olé-olé,
    Seul un point restera troublant : Dieu est-il homo ou transgenre ?

    Photos de Brooke DiDonato sur https:www.thisiscolossal.com201902new-portraits-by-brooke-didonato .

  • Vingt cents profils

    Vingt cents profils

    Vincent mit l’âme sur la toile et s’en vint voir le chatoiement
    D’une infinité de visages répartis sur le fil du temps.
    Certains brillent comme une étoile, d’autres appellent un apitoiement
    Et d’autres démontrent l’usage d’une attention à chaque instant.

    Comme un cliché instantané de ses humeurs imprévisibles,
    Comme différentes existences en d’autres lieux et d’autres temps.
    Ainsi d’année après année, toujours ce besoin indicible
    De traquer l’infime substance dont il est le représentant.

    Autoportraits de Vincent van Gogh.

  • Mode Metallica

    Bientôt les savants vont créer une armure biologique
    Qui va parasiter la peau d’une couche qui se renouvelle.
    Le gouvernement va l’agréer – même si elle est pathologique –
    Pour nous intégrer au troupeau de la fraternité nouvelle.

    Plus besoin d’autre vêtement qu’un codage de tonalités
    Selon l’origine locale tatouée à même la peau lisse :
    Du noir pour le gouvernement et pour les personnalités,
    Du blanc pour le corps médical et gris-souris pour la police.

    Vika Falileeva photographiée par Daniel Peter Schulz.

  • Le doigt mouillé

    Le doigt mouillé

    Pour vivre d’amour et d’eau fraîche, nous aimons troubler la boisson
    Par un peu de chasse et de pêche, fruits, légumes et petits poissons.
    Je mouille mon doigt dans ses fluides qui fleurent les meilleurs appâts
    Et je le trempe dans le liquide qui m’apporte un petit repas.

    Quelquefois j’attache à ma verge une ligne et son hameçon
    Qui la tendent comme une asperge qui tournille en colimaçon.
    Puis, je surveille le bouchon, enraciné sur mes talons,
    Avec la main sur un nichon qui frétille du mamelon.

    Tableau de Sanya Kantarovsky.

  • À l’angle du Pont Langlois

    Le pont levant de ma jeunesse me rappelle à ses souvenirs ;
    Souvent, aux bateaux de passage, s’ouvrait son tablier mobile.
    J’y déboulais à toute vitesse de peur d’en voir un survenir
    Ou espérais son relevage quand j’avais besoin d’un mobile.

    Je demandais un peu de chance quand j’avais envie de gagner
    Contre la montre qui me presse dans une course embarrassée
    Ou davantage de malchance lorsque j’étais accompagné
    De ma toute nouvelle maîtresse et profiter de l’embrasser.

    « Le pont Langlois en Arles » Tableaux de Vincent van Gogh.

  • Pleins feux sur la chasse

    Pleins feux sur la chasse

    Chaud lapin et renard rusé vivent heureux, vivent cachés
    Dans les fourrés, hors de portée de l’œil attentif du chasseur.
    La caille aux yeux de biche irisés ne veut pas finir steak haché
    Et tâche de se réconforter à l’abri de ses pourchasseurs.

    Pauvre Nemrod, ta faim de loup t’oblige à faire le pied de grue !
    Ventre affamé n’a pas d’oreille ni de cœur et ni de pitié.
    Alors ne sois pas si jaloux si ta frénésie incongrue
    N’est qu’une quête sans pareille qui conduit à l’inimitié.

    L’ours mal léché n’a pas cassé trois pattes à un canard boiteux.
    Les animaux ont disparu peut-être à cause du progrès.
    Adieu pâtés et fricassées que le braconnier convoiteux
    Volait malgré le risque encouru à la Nature contre son gré.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • À deux ou trois temps

    La valse à deux temps en mesure, bien qu’entraînante et savoureuse,
    Pourrait paraître monotone à ceux qui y sont étrangers.
    Mais à trois temps, sa démesure fait les critiques douloureuses
    Sur les bonnes mœurs autochtones de peur qu’elles en soient dérangées.

    Certains les pratiquent en groupes comme des danses folkloriques
    Mais ça sème la confusion selon l’ardeur des partenaires.
    En revanche, s’agitent les croupes en toutes positions lubriques
    Qui permettent la bonne fusion de tous les fluides spermissionaires.

    Tableaux de Ernst Ludwig Kirchner.

  • La Terre fait sa mue

    La Terre fait sa mue

    Si chaque civilisation qui recouvre la Terre entière
    N’était au juste qu’une mue, c’est-à-dire une métamorphose ?
    Ainsi la mondialisation qui fait éclater les frontières
    N’est qu’un prémisse que transmuent ses innombrables ecchymoses.

    Tous les cyclones et tremblements rappellent sa peau qui craquelle,
    Éruptions et raz-de-marée ne sont que pure formalité.
    Et tous les grands chambardements actuels représentent les séquelles
    De la mue qui a démarré en emportant l’humanité.

    Peut-être un jour je vais renaître Chat-Mutant ou Souris-Savante
    Pour recommencer une histoire qui se répète à l’infini.
    Lorsque je vois de ma fenêtre ces catastrophes aggravantes,
    Je réalise qu’il est notoire que tout sera bientôt fini.

    Sculpture de Maria-Luise Bodirsky.

  • Reflets urbains

    Le cœur urbain manque à mon âme qui ne s’abreuve que de nature
    Et la compassion du béton reste hermétique à ma raison.
    Hélas pour l’amour d’une femme et nourrir ma progéniture,
    J’ai admis, pour changer de ton, des efforts sans comparaison.

    Heureusement les avenues, transformées par les jours d’orage,
    Forment un miroir dont les mirages rincent mes yeux à l’eau de rose.
    Tous ces petits bonheurs ténus font plus que force ni que rage
    Et se changent en millions d’images dans tous mes reflets vers et prose.

    Tableaux de Iosif Derecichei sur http:www.stephenloweartgallery.caartistsdi1010001.asp?browsepage=5#Bio .

  • L’erreur d’une profonde nuit

    L’erreur d’une profonde nuit

    C’était pendant l’erreur d’une profonde nuit,
    Le mystère rôdait dans les ombres opportunes.
    Un voyageur transi, fatigué, qui s’ennuie
    Et un amoureux prêt à décrocher la Lune.

    Ce jeune itinérant de quatre-vingt-dix ans
    Lisait, mains dans les poches, un journal illisible
    Sous la clarté obscure de quelques vers luisants
    À travers les carreaux d’une fenêtre invisible.

    Quand le jour se leva, la Lune était tombée
    Dans les amours perdues derrière l’horizon.
    La faute apparemment était à incomber
    Aux cœurs désabusés de vaines trahisons.

    Illustration de Quint Buchholz.

  • La vierge sotte

    La vierge sotte

    La vierge saute un jour sur deux selon l’humeur des éléments,
    Un peu follette les jours d’orage, un peu tourmentée des tempêtes ;
    La vierge sotte, l’air cafardeux, lorsque les vents sont véhéments,
    Un peu plus sage et bisque rage quand le soleil est à la fête.

    La vierge idiote, cyclothymique, inattendue, imprévisible,
    Uniquement les jours impairs, ne cherchez pas à la comprendre.
    La vierge spontanée et comique, mais d’un caractère paisible,
    Intelligente les jours pairs ; les seuls jours où elle peut apprendre.

    Illustration de Pascal Blanché.