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  • Ces petits « moi » tyranniques

    Si tous mes petits « moi » têtus apparaissaient en même temps,
    Je me sentirai tiraillé(e) par des milliers de tentations.
    Si minuscules et si fétus, comment peuvent-ils être si tentants
    Et forcer à m’apitoyer aux pires sollicitations ?

    Hélas, jamais tous à la fois mais un par un évidemment,
    Chacun voulant me faire croire qu’il pave mes meilleures intentions.
    S’il m’est arrivé toutefois d’en cerner un incidemment,
    Un autre vient me faire accroire qu’il capte toute mon attention.

    Tableaux de Beth Conklin.

  • Voici ce que j’ai écrit cette nuit

    Voici ce que j’ai écrit cette nuit

    Parfois une pensée dans la nuit surgit comme idée de génie
    Et je la note, émerveillé par ce Saint-Graal réincarné.
    Hélas le matin – quel ennui ! – de lire un embrouillamini,
    Une fois que je suis réveillé, sur les pages de mon carnet.

    Ainsi le monde immatériel frôlé dans mes rêves adducteurs
    Obéit à d’autres langages et d’autres formes de pensées.
    Et comme je n’ai ni tutoriel ni dictionnaire traducteur,
    Je n’obtiens que ce « divagage » dont le songe m’a récompensé.

    (Tableau d’Uramisan.
    Si « divagage » n’est pas français dans notre monde, il l’est dans l’autre monde, évidemment.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’âme des amis disparus

    L’âme des amis disparus

    Sans libre arbitre, l’âme pure n’est pas soumise au jugement
    Ni au paradis ni l’enfer ni à la réincarnation.
    Elle est diffusée dans l’azur au gré des vents et mouvements
    De l’atmosphère qui leur confère un avant-poste d’observation.

    Le chat veille sur sa maison quelques semaines puis, disparaît ;
    Le chien accompagne ses maîtres quelques jours puis, s’en va ailleurs ;
    D’autres animaux, sans raison pour les humains, s’apitoieraient,
    Aux abords de leur périmètre, aux victimes de ces giboyeurs.

    (Tableau de Megan Ellen.
    Le 16 mars 2020, jour du déclenchement antiCovid, Chanelle est montée sur le toit de notre ciel.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les caméléonnes se densifient

    Les femmes les plus conquérantes après César, Napoléon…
    Et les autres qui les occultent n’ont pas fait leurs places au soleil.
    En conséquence, elles s’apparentent au charme du caméléon
    Qui s’adapte aux coutumes incultes d’une humanité en sommeil.

    L’homme ne voit chez les féministes qu’une parcelle de leur corps
    Par tous ces appas qui l’obsèdent ; les yeux, les fesses et les nichons.
    Autant d’arguments très sexistes dont ces phallocrates du hardcore,
    De la manière la plus laide, abusent d’un esprit de cochon.

    Mais elles sortent du brouillard grâce à leur volonté opaque
    Qui cesse d’être transparente parmi ces mâles intransigeants
    Qui redeviennent des trouillards lorsque les femmes les attaquent
    Avec leur gente concurrente et leur esprit intelligent.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • Dédoublement intime

    Au petit jour, on m’a réveillée, on secouait mon oreiller,
    Je me sentais très à l’étroit entre les draps de mon p’tit lit
    Quand j’aperçus, émerveillée, une fille en double appariée
    Qui, comme moi, payait l’octroi de cette étrange anomalie.

    Tout avait été dupliqué et mes armoires et mes jouets !
    Toutes mes robes allaient de pair avec chaussures et culottes.
    On n’ nous avait rien expliqué mais nous en furent enjouées,
    Sans pressentir le moindre impair, trouver la chose rigolotte.

    Mais si tout apparait en double, l’espace hélas reste le même
    Et bientôt la prison dorée devient une cage à oiselles.
    Je sens tous mes sens qui se troublent à partager tout ce que j’aime
    Avec un être subodoré faire l’amour entre demoiselles.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Même plus les yeux pour pleurer

    Même plus les yeux pour pleurer

    Aujourd’hui j’ai perdu ma langue et perdu ma mauvaise foi,
    Même plus les yeux pour pleurer à force de jeter un regard
    Sur le monde qui nous harangue, au risque d’une crise de foie,
    Qu’on continue à se leurrer de croire en un futur hagard.

    Car l’avenir est compromis faute de ressources terriennes
    Depuis que l’homme a décidé de les spolier pour de l’argent.
    Du coup, de nombreux ennemis de la classe prolétarienne
    Veulent occuper et présider un chaos nous départageant.

    Illustration d’Oksana Grivina sur http:www.dripbook.comgrivinastyleillustration-portfolios .

  • Le restaurant des langues de bois

    Les élections présidentielles nous offrent un bon bouillon de langues ;
    Langue de bois, langue de Dante au cas d’une descente aux enfers ;
    Langue de fourbe, langue de miel, langue qui pousse ses harangues
    À nous promettre l’évidente crise mondiale qui s’enferre.

    Langue à L’EAU de requin-MARTEAU par un JUS D’EAU dans l’ALIGOT.
    Langues de MACARON à la crème ; langues deS AMOURS reconquises ;
    Langue de PÉCHERESSE en détresse ; langues du POITOU-tradition ;
    SouPONS d’OIGNONs cuits à l’extrême, MELANGEONS les langues insoumises
    Avec LE PAIN ROUSSI en tresse qui met LA SALLE en exaltation !

    Arthaud LO
    Roussel PCF
    Macron LREM
    Lassalle Résistons
    Le PEN RN
    Zemmour Reconquête
    Mélenchon France insoumise
    Hidalgo PS
    Jadot Verts
    Pécresse LR
    Poutou npa
    Dupont-Aignan Debout la France

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Demain les poissons

    Demain les poissons

    Du temps où j’ai été poisson ? L’ADN n’en porte nulle trace.
    Du temps où je vivais dans l’eau ? Dotée de branchies, j’imagine.
    Ainsi ma vie fait sa moisson parmi les genres de toutes races
    Mais ma mémoire va à vau-l’eau pour remonter ses origines.

    Lundi, amibe un peu timide ; mardi, j’évolue en brochet ;
    Mardi, mercredi ma structure fut telle que jeudi m’accoucha
    Au sommet de la pyramide : Vendredi ! Je reste accrochée
    À ma véritable nature : poisson-clown ou bien poisson-chat.

    Tableau d’Olga Esther sur https:beautifulbizarre.net20190129vulnerable-rebellion-an-interview-with-olga-esther .

  • Quand Avril frappe à ta porte

    Quand Avril frappe à ta porte

    Fin mars, « toc-toc ! » déjà l’huissier qui s’en vient frapper à ma porte ?
    « Poisson d’avril ! » crie par brimade mon facteur grimé en sardine.
    « Quel dommage que vous ne puissiez… » – lui répliqué-je de la sorte –
    « À mon repas de sardinade car c’est à l’huile qu’ici l’on dine ! »

    « Nous n’avons pas gardé nos thons dans la même boîte-à-sardines ! »
    Me rétorque le fonctionnaire tout en lissant sa queue d’écailles.
    « Si d’aventure nous barbotons ensemble de façon anodine,
    Peut-être… » – dit-il débonnaire – « …nous plairons-nous, vaille que vaille ! »

    Illustration de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .

  • La météo au logis de mars

    La météo au logis de mars

    En mars, la météo se couche pour pleurer ses larmes amères,
    La Terre accepte son offrande de toute sa reconnaissance
    En attendant qu’elle débouche orages et tempêtes éphémères
    Pour devenir la Révérende Mère de toutes les naissances.

    Mais quand le temps reste au beau fixe, la météo pourtant joyeuse
    S’en va puiser sur l’océan les sanglots amers des sirènes
    Qu’elle versera en pluies prolixes comme une manne pourvoyeuse
    Et le Soleil, roi bienséant, mûrira la Terre sereine.

    Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

  • Mars aux champs

    Mars aux champs

    Bien que je j’aie ni la main verte, ni le pied de l’agriculteur,
    La nature m’a tiré l’oreille pour lui offrir un jardinet.
    Touffes d’herbes-à-chat recouvertes d’un bon terreau contributeur
    Ont fait une joie sans pareille et gustative à mon minet.

    Tant que nous étions en hiver, j’ai disposé plein de callunes,
    Petites fougères qui fleurissent notre balcon jusqu’au printemps.
    En mars, tout plein d’oignons divers que j’ai plantés en pleine Lune
    Font, sans que ma main n’en florisse, de moi un jardinier à plein temps.

    Mars est venu, mars est parti et le temps file évidemment,
    J’ai fait des plans sur la comète et aussi des plants de tomate.
    Si le beau temps m’est imparti de pluies et d’ensoleillement,
    J’en goûterai, soyons honnête, avec mes meilleurs aromates.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

  • Regards sur l’au-delà

    Regards sur l’au-delà

    Sans doute la prière est-elle une connexion à contretemps
    Vers ce qui n’existe pas encore mais dont j’en intégrerai l’âme ?
    Sans doute prendrais-je la bretelle à contresens en empruntant
    Le risque d’être en désaccord et de Dieu recevoir un blâme ?

    Il fallait juste un peu d’audace et quitter les sentiers battus
    Pour prier Dieu dans le futur où tout est déjà accompli.
    Comme j’y suis déjà en place, c’est moi-même à bride abattue
    Qui répare et coud les sutures de mon cœur d’afflictions rempli.

    Voici pourquoi, en confiance, je marche au bord des précipices,
    Je saute sans filet et je tombe puis, relevé, je recommence.
    Je parie sur la défiance en espérant les bons auspices
    De l’indulgence qui incombe au Dieu de toutes les clémences.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • Méchante Alice

    Méchante Alice

    Parfois le miroir est fêlé et ses reflets sont déformés
    De l’autre côté de son tain décapé à la pierre à chaux.
    Sans doute le verre descellé et son épaisseur difformée
    Laissent voir un cœur de putain à la place d’un cœur d’artichaut.

    « La belle Alice » devient « la laide » – celle dont le lapereau se tâte –
    Les cartes à jouer sont transformées en cartes truquées sans les cœurs.
    D’ailleurs, elle s’appelle Isalaide, son chat souffre de la prostate !
    Lewis nous en avait informés ; parfois il rêve à contrecœur.

    Collage de Tanya Mayers.

  • D’autres formes de vie

    D’autres formes de vie

    Parle-moi de métabolisme qui ne serait pas minéral,
    Non seulement ni végétal mais encore moins organique,
    Qui n’ait besoin de symbolisme, ni de challenge viscéral,
    Ni d’obscur désir génital d’obnubilation orgasmique !

    Parle-moi d’une création qui n’ait pas besoin de manger
    La vie sans risquer à son tour d’être absorbée par le système !
    Une vie de récréation où la mort serait l’étranger
    À l’unique énergie d’amour d’un Dieu qui dirait que je t’aime !

    Résine de Bruce Riley.

  • Au-delà de mes rêves

    Au-delà de mes rêves

    Je me bâtis plein de romances ou bien me je me mène en bateau
    Selon si mes rêves prospèrent ou demeurent inassouvis.
    Dès que le premier pas commence – même si ce n’est pas du gâteau –
    En quittant ma chambre pépère et en honorant mes envies.

    Parfois j’ai sauté dans un train qui venait inopinément
    D’entrer en gare de peur de voir s’évanouir ma destinée.
    Et j’ai franchi avec entrain des garde-fous précisément
    Placés pour m’empêcher d’avoir rencard avec ma dulcinée.

    Photo du National Geographic.

  • Que l’amour pousse !

    Que l’amour pousse !

    Aussitôt que le cœur grandit, il doit déjà changer de vase ;
    Lui qui savait se contenter jusqu’à présent de pas grand-chose.
    Mais lorsque l’amour répondit à ses aspirations d’extase,
    Son nid n’a su le sustenter, fendu par la métamorphose.

    On rempote à la belle saison selon qu’au fur et à mesure
    De nouvelles pousses ont marcotté de la bouture généreuse.
    Plus tard, on change de maison ou on retape une masure
    En château tarabiscoté en forme de famille heureuse.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:imgur.comaLnuz1 .

  • L’amour dans le cœur

    L’amour dans le cœur

    L’amour se niche dans le cœur, le cœur se niche dans le corps,
    Le corps se niche dans son lit comme cérémonie rituelle.
    Le sexe produit sa liqueur, la liqueur redemande encore
    L’ivresse jusqu’à la folie de l’illumination sexuelle.

    À peine créé par amour, le fœtus sent son cœur qui bat,
    Englouti jusqu’à la naissance qui lui ouvrira les poumons.
    Et lentement, jour après jour, il continuera le combat
    Contre la vie par la puissance d’un cœur qui s’bat commecontre un démon.

    Tableau de Tanya Bilous.

  • La complexité de la vie

    La complexité de la vie

    Au casse-tête de la vie, il faut savoir partir à point
    Et trouver de suite les clefs qui ouvriront chaque serrure.
    Faire semblant d’être d’avis sans émettre de contrepoint
    Et avancer sans renâcler malgré le poids de son armure.

    Mais ça, c’est la règle des fourbes qui violent la loi et l’écourtent
    Attendant le moment propice pour triompher des adversaires.
    Moi, j’ai emprunté la ligne courbe – pas celle qui paraît plus courte –
    Celle qui longe les précipices et demande l’effort nécessaire.

    J’ai plusieurs fois joué au fou avec mon esprit cavalier
    Et me suis fait damer le pion par des petits roitelets abscons.
    J’ai traversé les garde-fous et suis tombé dans l’escalier
    Et malgré tout, je suis champion du titre envié de roi des cons.

    Tableau d’Anna Berezovskaya.

  • L’arbre des connaissances

    L’arbre des connaissances

    Au pied de l’arbre, la connaissance publie ses feuilles au quotidien.
    Chaque jour, il écrit l’histoire de demain et après-demain.
    Ainsi, il prédit les naissances, grâce à l’ascendant ophidien
    Du serpent aux conseils notoires qui offrait les fruits de sa main.

    Mais aujourd’hui ne craignez rien ! Laissez les enfants s’amuser
    À lire ce qu’il adviendra des plans dont l’enfer est pavé.
    Tout va très bien pour les terriens ! Après s’être ensemble accusés
    De s’être mis dans de sale draps, demain la Terre sera lavée.

    Mais pour connaître la méthode employée pour le décrassage,
    Il faudrait lire toutes les feuilles dans l’ordre épistémologique.
    Ça déclencherait un exode d’érudits lors du ramassage ;
    Nul n’ouvrirait son portefeuille pour ce sort idéologique.

    Illustration de Cyril Rolando sur https:www.demotivateur.frarticlecyril-rolando-artiste-dessins-tim-burton-hayao-miyazaki-surrealisme-7104amp .

  • La serrure au cœur de l’Être

    La serrure au cœur de l’Être

    Au cœur de l’Être, la serrure dont l’amour possède la clef
    Qu’il a cachée dans une fleur et que l’âme doit retrouver.
    Hélas, l’esprit, sous la ferrure verrouillée tend à renâcler
    D’après les conseils persifleurs de ses mémoires réprouvées.

    Alors aujourd’hui, il voyage pour se remettre le cœur en chasse
    Où le soleil va sublimer ses projets remis à demain.
    Après un ample nettoyage, il ne sait plus ce qu’il pourchasse
    Et rentre, la clef élimée, mais toujours à portée de main.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • Croire et Croître

    Croire et Croître

    Malgré les soucis de la vie qui nous attirent vers le bas,
    Malgré les fléaux dus aux charges que l’on ne cesse de nous brandir,
    Le cœur épanouit se ravit de la rudesse du combat
    Par l’amour qui, à la décharge du malheur, nous pousse à grandir.

    Plus la gravité sera forte et plus la vie progressera
    Comme une poussée d’Archimède qui nous remonte par surprise.
    Lorsque se referme une porte, un pan de mur coulissera
    Car le cœur trouve toujours remède quand l’intelligence lâche prise.

    Tableau de Cyril Desmet.

  • L’ombre rouge – 2

    Le rouge intensifie la femme et son cœur d’amours flamboyantes
    Qui peut lui troubler le regard tout jeune avant l’adolescence.
    Alors pour protéger son âme des aventures imprévoyantes
    Elle cache son point faible, hagard, d’une frontière opalescence.

    Mais s’en échappe une vision modifiée par sa monture
    Qui dément les désirs secrets tapis au fond de sa rétine.
    Œil gauche, œil droit, en division, cherchent le lien d’une aventure
    Au-delà des verres nacrés qui la rendent un peu cabotine.

    Le verre change la couleur et l’âme que l’on croit violette
    Mais en réalité bleuie jusqu’au plus profond de sa flamme.
    Si vous n’y voyez que douleur, cette idée déjà obsolète
    Cache ce qui vous éblouit : le brasier au cœur d’une femme.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • L’ombre rouge – 1

    D’où naît le rouge d’une femme ? Pas de son sang, évidemment !
    Il naît du premier cri de vie à la naissance de ses lèvres.
    Un cri échappé de son âme qui vient embrasser l’élément ;
    Cet air nouveau qui la ravit et qu’elle mélange à sa fièvre.

    Par sa toison qui voit le jour, si fine comme de la flanelle ;
    Rouge trop clair ou trop foncé dont l’auréole tait son feu.
    Encore mouillée de bravoure décrite sur les fontanelles
    En petits signes enfoncés, éparpillés dans ses cheveux.

    Et la douleur sort de la bouche comme couleur émerveillée
    De montrer celle de son âme plus rouge que vous ne le pensez.
    Rouge profond qui effarouche, rouge de l’esprit réveillé
    Qui soutient le cœur d’une femme de ses toutes premières pensées.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • L’émigration en question

    L’émigration en question

    Nous ne sommes en rien responsables des précédentes atrocités,
    Même d’un ancêtre esclavagiste ou aïeul exterminateur.
    Bien sûr, nous serions incapables de tuer avec férocité
    Nos frères aux ordre d’un phalangiste, d’un nazi ou d’un dictateur.

    Alors pourquoi refuse-t-on l’entrée à ceux qui ont souffert
    Afin que le monde moderne se développe à leurs dépens ?
    Croyez-vous qu’il est de bon ton de dire qu’on a l’esprit ouvert
    Tandis que de vielles badernes ont la nostalgie de l’occupant.

    Illustration de Davide Bonazzi sur https:www.demotivateur.frarticlenotre-societe-vue-a-travers-des-illustrations-bluffant-tant-la-verite-saute-aux-yeux-13400amp .

  • C’est les rats !

    C’est les rats !

    Qui fuit en premier le navire lorsque celui-ci va sombrer ?
    Qui a creusé l’écart social entre vie en ville et aux champs ?
    Qui donc se retourne d’un vire-vire dès que son groupe est dénombré
    Pour échapper à l’impartial examen à double-tranchant ?

    Si vous croyez que c’est les rats, vous êtes à côté de la plaque ;
    Eux, ne sont que petits rongeurs qui cohabitent, chez nous, at home.
    Je veux parler des scélérats qui trichent, volent l’argent qu’ils claquent
    Car ce sont des outremangeurs qui vivent aux dépens de l’homme.

    Illustration de Jesús Aguado.

  • Les courses du vendredi

    Les courses du vendredi

    Dès le lundi il faut courir la Terre, les airs et l’océan
    Afin que Dieu, dans sa clémence, nous donne le pain de ce jour.
    Manger au risque de mourir et s’en retourner au néant
    Ou bien mériter sa pitance et survivre tout au long séjour.

    Dès le lundi, elle s’entraîne, la voix tintant comme de l’airain
    Afin que jeudi, elle soit prête à faire monter les enchères.
    Vendredi, jour pour la sirène dédié à la course aux marins,
    Elle va s’en mettre plein l’arête après avoir fait bonne chère.

    Mais il faut chanter à tue-tête pour décrocher le meilleur lot !
    Ainsi le marin de Bretagne se vend bien plus cher que l’anglais.
    Il faut traquer la belle bête en lui montant le ciboulot,
    Triller d’un chœur qui accompagne le chant au risque de s’étrangler.

    Tableau de Mike Hoffman.

  • La sirène de minuit

    La sirène de minuit

    Comme Cendrillon, la sirène, plongeuse à la petite semaine,
    Souhaite participer au bal nonobstant sa queue malvenue.
    Elle se confie à sa marraine qui lui donne apparence humaine
    Avec comme ordre principal : « Qu’à minuit tu sois revenue ! »

    La sirène est à moitié femme – et c’est là son moindre défaut.
    Les valses dérèglent son horloge ainsi que sa notion du temps.
    Minuit sonnant. Précepte infâme ! Elle pirouette en porte-à-faux
    Autour de sa queue qui déroge aux règles du bal des débutants.

    Alors elle s’enfuit vers le port perdant ses pantoufles de vair
    Qu’un beau capitaine au long cours a recueilli sur le parvis.
    J’ai lu sur son dernier rapport qu’il a navigué tout l’hiver
    Et rencontré sur son parcours la belle au risque sa vie.

    Tableau d’Edvard Munch.

  • De bouche à oreille

    De bouche à oreille

    Les messagers d’amour opèrent en direct du bouche à oreille ;
    Charmée, l’expéditrice transmet son billet doux au récepteur.
    Parfois un vent doux coopère pour accélérer sans pareille
    Une suggestion qui promet tout le plaisir du concepteur.

    Cependant quand les vents contraires transforment l’écho de la voix,
    Souvent s’ensuivent des courants froids condensés en perles de pluie.
    Les mots, de manière arbitraire, prennent une tout autre voie
    Et le cœur doute avec effroi de l’affection venant de lui.

    Mais après la pluie, le beau temps car les cœurs ne sont pas en sucre ;
    Certains sont si inoxydables qu’il ne craignent point le déluge.
    Sinon la haine depuis longtemps aurait dilué l’esprit de lucre
    Dans des orages inexorables où l’amour sait trouver refuge.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

  • Tous les visages sont paysages

    Tous les visages sont paysages

    Toutes les neiges de malheurs, toutes les pluies de catastrophes,
    Toutes les larmes qui ont coulé et ont creusé rides et ridelles,
    Forment ce qui fait la valeur d’un visage qu’on apostrophe
    Et sur lequel seront moulées les mémoires qui parleront d’elles.

    Quand un bouton fait irruption sur ta peau blanche satinée,
    C’est un souvenir douloureux qui reprend du poil de la bête.
    Il le fait sans interruption jusqu’à ce qu’il soit patiné
    D’un désamour si langoureux qu’il te prendrait toute la tête.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

  • Red-Hair

    Red-Hair

    À l’instar des insecticides, Red-Hair tue raide mais par passion ;
    Tous ceux qui désirent la flamme de ses cheveux s’y sont brûlés.
    Elle mène sa lutte fratricide contre ce membre en extension
    Et voudrait de toute son âme autant le démantibuler.

    « Émasculer » est un peu fort alors elle use de stratagèmes
    En faisant battre tous les cœurs jusqu’à ce qu’ils demandent grâce.
    Tous ces phallus tendus à mort dans ce temple sacré blasphèment
    Et supplient l’Utérus vainqueur que ses trompes ne soient pas voraces.

    Photo de charme vue sur https:sacredcharm.tumblr.com .

  • Lumières d’un mercredi soir

    Toutes leurs maisons anonymes de l’autre côté de ma rue,
    Désertées toute la journée afin de pouvoir les payer
    Puis, revenir en pantonymes dès que le jour a disparu
    Pour glaner les heures ajournées tant qu’on est encore éveillé.

    Alors s’illuminent fenêtres et postes de télévision
    Dans des ambiances orange ou bleues selon le programme du soir.
    Après le film, on voit les maîtres et leurs chiens, avec précision,
    Faire leur tour même s’il pleut ; c’est là leurs missions, leurs devoirs.

    Et revient le jeudi matin où le silence se répand
    Entre les ruelles immobiles où l’on sent le vide invasif.
    Parfois du bruit dans le lointain… chantier, camion, grue ou trépan
    Et parfois une automobile qui trahit l’éventuel oisif.

    Tableaux de Léonard Koscianski.

  • La ligne orange

    La ligne orange

    La ligne orange utilisait toujours ces antiques voitures
    Dont les cahots faisaient grincer les vieux ressorts sur les essieux.
    Chaque parcours fertilisait mon appétence d’aventures
    Et son roulis une pincée de graines d’humour facétieux.

    Tous les passagers rigolaient sur les aiguillages ancestraux
    Qui secouaient côtes et fesses dans une liesse mémorable.
    Certaines femmes cabriolaient sous les allegros orchestraux
    Du tramway qui, je le confesse, jouait un complice honorable.

    Tableau de Mark Lague.

  • Sous le signe de la découverte

    Si partir, c’est mourir un peu à ce qu’on laisse derrière soi,
    Si mourir, c’est partir toujours sans regretter sa vie d’avant,
    Alors arriver n’est qu’un vœu de répéter encore une fois
    Les mêmes gestes de tous les jours en réaction au gré du vent.

    Partir à deux pour se nourrir l’un l’autre de ses émotions,
    S’orienter grâce aux étoiles et accueillir le nouveau jour !
    Alors si nous devons mourir d’un moyen de locomotion,
    Que ce soit d’un bateau à voiles gonflées au grand vent de l’amour !

    Tableaux de Jake Baddeley sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207jake-baddeley.html?m=1 .

  • Les portes des équinoxes

    À l’heure du midi du solstice quand le soleil est au zénith
    Au jour de ce premier printemps s’ ouvre une porte un temps donné ;
    Quelques instants dans l’interstice retombe une pluie d’eau bénite
    Comme si le seuil, en suintant, pleurait l’hiver abandonné.

    Aux antipodes, en automne, la même porte, au même instant,
    Courbe la flore dans l’espace entre les arbres alignés.
    Quelques secondes monotones s’écoulent en manifestant
    Un étrange silence qui passe en cérémonie assignée.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Fées des forêts et des marais

    Dans certaines familles helvétiques, on retrace l’ancêtre magique
    Dont l’ascendance remonterait au petit peuple folklorique.
    Bien que cette branche hermétique découle de rites nostalgiques,
    Ma belle-famille en compterait deux aïeules assez féeriques.

    Elles vivaient dans les marais, les grands lacs ou bien les forêts
    Et se vêtaient de végétaux ou nues à la belle saison.
    Leur souvenir réapparaît lorsque l’hiver a défloré
    La nature d’un droit de veto mais qu’en renaît la floraison.

    Contrairement à l’hirondelle qui ne fait pas toujours le printemps,
    Les deux sorcières immortelles sortent de l’eau entre les joncs ;
    Partout l’ombre des demoiselles se distribue en s’épointant
    Comme sensuelles jarretelles qui font éclater les bourgeons.

    Dans les vallons alémaniques, après les premières gelées,
    J’ai déjà remarqué leurs traces dans les ruisseaux presqu’asséchés.
    Une incantation chamanique, mue d’une voix écervelée,
    Tombe des nues mais avec grâce comme une rosée éméchée.

    Tableau de Audrey X et Photo de Susan Schroder.

  • Dimanche, la muse cornue

    Quand elle se montre d’humeur absente de la moindre veine poétique,
    Il m’est inutile de croire qu’elle m’inspirera ce dimanche.
    Mon encre et ma plume s’exemptent de toute envie hypothétique
    Qui ne saurait faire qu’accroire le bourdon de la page blanche.

    Alors je l’imagine ailleurs dans un décor blues & morose,
    Vêtue de toilettes françaises et coiffée d’une cornemuse.
    Je plonge son regard railleur dans une prose à l’eau de rose
    Afin que la douche écossaise brusquement déride ma muse.

    Aussitôt elle renvoie la balle de toute sa rage intérieure
    Que je m’attrape en pleine poire par l’effet miroir attendu.
    Aussitôt ma plume s’emballe de mes mémoires antérieures
    Qui se dévident d’une encre noire aux reflets-vers inattendus.

    Tableau de Michael Cheval sur http://chevalfineart.com/portfolio/new-releases

  • Le joli temps rosé du dimanche

    Un joli calicot rétro pour un bustier à l’eau de rose
    Et je sens toutes mes racines fleurer des photos argentiques
    Avec leurs portraits magistraux des élégantes un peu moroses
    Dont l’étrange regard fascine encore d’un air nostalgique.

    La mode s’enfuit éperdue à la recherche du futur
    Tandis que les modèles s’ancrent dans les mémoires démodées.
    Pourtant le temps n’est pas perdu et j’aspire à voir la suture
    Entre l’avenir qui s’échancre et le passé raccommodé.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • À problème de cochon, sa solution de lapin

    Puisque dans l’cochon, tout est bon, confions-lui l’orientation
    Car son odorat légendaire sait guider chaque mouvement.
    Les femmes à l’esprit pudibond pourront même sans contestation
    En faire leur référendaire pour tout affaire en jugement.

    Pareillement chez les chauds lapins – bien plus encore que le cochon –
    Il suffit d’une simple carotte pour le rendre plus perceptif.
    Ainsi sans le moindre pépin, sans se monter le bourrichon,
    L’animal par simple jugeote saura foncer sur l’objectif.

    Sitôt les lapins en action, les solutions se multiplient
    Bien plus vite que les problèmes se soulèvent en fédération.
    Évidemment en réaction, seront également accomplis
    Autant de sources de dilemmes issus des proliférations.

    Tableaux de Margo Selski sur https://hamptonsarthub.com/2012/12/29/margo-selski-explores-myths-of-her-own-making

  • À l’heure des thés

    À l’heure du premier thé vert, j’ai le cœur encore à l’envers ;
    Mes cauchemars ont transformé mes inquiétudes déformées
    Qui ont macéré la semaine toute mon aventure humaine
    Et répandu sur mes nuits blanches tous mes soucis en avalanche.

    À l’heure du second thé rose remontent les pensées moroses
    Et je me mets à ressasser le présent mêlé au passé.
    Toutes ces mémoires ancestrales, tragicomiques et théâtrales
    Se rejouent sans interruption comme un mal qui fait éruption.

    À l’heure du dernier thé noir, finis cafards et idées noires
    Qui ont tellement infusé que leur poison s’est transfusé
    Dans tous les canaux collecteurs qui se sont montrés protecteurs
    En expulsant mille douleurs qui m’ont redonné mes couleurs !

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • Changer les règles

    Tous ces échecs consécutifs concernant la constitution
    Devraient inciter à changer toutes les règles de l’échiquier
    Et limiter l’exécutif du roi par sa destitution
    Lorsqu’il vous parait étranger qu’il favorise les banquiers.

    Et puis, une assemblée de pions qui acquiescent les projets de lois
    Fidèlement sans renâcler ni écouter l’opposition,
    C’est déléguer à ces champions de la plus stricte mauvaise foi
    Notre pouvoir d’achat bâclé sous le coup des impositions.

    Tableau de Michael Cheval sur http://chevalfineart.com/portfolio/new-releases

  • Allo, les réseaux sociaux ?

    Les synapses contactent un neurone à des milliers de connexions
    Et celui-ci fait la synthèse pour choisir une solution.
    Chez les hommes, la testostérone leur permet de faire objection
    Aux informations sur les thèses qui mènent à la révolution.

    Si le cerveau est complotiste – puisqu’il se renseigne pour agir –
    Les hommes, en troupeau de moutons, élisent leur loup-président.
    Les « sauve-qui-peut » humanistes mettent longtemps à réagir
    Avant que, nous le redoutons, il bouffe tous ses résidents.

    Illustrations d’Oksana Grivina sur http://www.dripbook.com/grivina/style/illustration-portfolios

  • Les deux Vendredies

    D’ores et déjà vendredi revient systématiquement
    Annoncé, en fin de semaine, par deux sirènes en pêle-mêle.
    Je le dis et je le redis : « ce jour est thématiquement
    Voué, par leur nature humaine, à deux femmes-poissons jumelles.

    Deux sirènes qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau, c’est drôle !
    Comme le reflet d’un miroir ou deux clones sans contredit.
    Elles vivraient toujours ensemble en s’admirant à tour de rôle ;
    Elles sont connues dans leur terroir sous le nom des deux Vendredies.

    Tableau de Nicoletta Ciccoli

  • Vendredi, mangez du lapin !

    Je vois les feuillets s’effeuiller au fil de mon éphéméride
    Sept fois par semaine – quelle aubaine ! – mon régime suit la marée :
    Lundi, du poisson persillé ; mardi, la fête à la bourride ;
    Mercredi, sole marocaine ; jeudi, bigorneaux bigarrés.

    Mais point de poisson vendredi, la mer m’a posé un lapin.
    Qu’à cela ne tienne – de garenne – j’en quémande de toute ma fièvre !
    Notre pêcheur, sans contredit, aussitôt lance son grappin
    Et nous remonte de sa carène une sirène à moitié lièvre.

    Du vendredi soir au dimanche, durant deux jours, durant trois nuit,
    Je l’aimerai passionnément et jusqu’à la dernière arête.
    Le goût de sa douce chair blanche m’aura profondément séduit
    Au point que, sans désagrément, ce n’est pas demain que j’arrête.

    Illustration de Dominic Murphy sur https://www.dominicmurphyart.co.uk/down-the-rabbit-hole

  • Rêves destructeurs

    Est-ce que les rêves destructeurs se heurtent contre les rochers
    Que la mémoire a endigués pour lutter contre la tristesse ?
    Les bons moments reconstructeurs se regroupent pour s’accrocher
    À l’avenir se conjuguer avec mon présent en détresse.

    Seulement voilà, il faut bouger, il faut se lancer à l’assaut ;
    Alors je plonge dans la peur qui ressemble à une montagne.
    Je laisse aller les préjugés qui tournoient comme des lassos
    Et qui me frappent de stupeur afin d’éviter que je gagne.

    Les entraves tombent si j’y crois car il n’existe aucun miracle
    Que celui de prendre le train qui s’arrête pile devant mes yeux.
    Doutant, sur mon chemin de croix, de pénétrer dans l’habitacle,
    J’ai trop laissé passer l’entrain de tant de projets merveilleux

    Tableau de Cyril Rolando sur https://mymodernmet.com/cyril-rolando-surreal-digital-art

  • L’habit de souffrance

    Il a tellement porté mes cris noués dans sa robe de douleur
    Et de souffrances encore ouvertes à l’échancrure de mon cou,
    Qu’un jour j’ai déclaré proscrit ce vieux vêtement refouleur
    Qui gardait mes plaies recouvertes et m’augmentait les contrecoups.

    Je l’ai dressé sur mon passé comme épouvantail à mémoire
    Pour effrayer mes vieux démons qui tenteraient de revenir.
    Jamais l’un d’eux n’a dépassé sans être, d’un coup d’assommoir
    Désenchanté à pleins poumons à la vue de ce souvenir.

    La gravité fait le bonheur de tous les pauvres imbéciles
    Qui se complaisent à prendre au sérieux tout ce qui peut l’être au tragique.
    Malgré cela, j’ai eu l’honneur d’utiliser sa préhensile
    Capacité d’un impérieux lancer de fronde gravifique.



    « La gravité est le bonheur des imbéciles. » Charles de Montesquieu.

    Photo de Mulch Media Gallery sur http://www.mulchmedia.com/gallery/default.aspx?moid=547

  • Le chat et la souris sur le net

    Comme elles ont troqué leur balai pour l’aspirateur dernier-cri,
    Elles ont remplacé leur grimoire par l’ordinateur connecté
    Au plus gigantesque ballet du net auquel elles ont souscrit
    Dont la capacité mémoire dépasse le téraoctet.

    Les prédictions astrologiques ont pris un sacré coup de fouet
    Grâce au chat qui prend la souris et la dirige d’un air savant.
    Selon les lois de la logique, s’il s’en sert comme d’un jouet,
    Le résultat sera pourri mais c’était déjà comme ça avant.

    Tableau de Tristan Elwell

  • Le combat des chefs

    L’œil droit voulait être le chef : « c’est moi qui oriente l’homme ! »
    L’œil gauche voulait être le chef : « c’est moi qui repère les femmes ! »
    Le nez voulait être le chef : « c’est moi qui sent les phéromones ! »
    Le cerveau voulait être le chef : « c’est moi qui contient toute l’âme ! »

    La bouche voulait être le chef : « c’est moi qui embrasse, ma foi ! »
    Les lèvres voulaient être le chef : « c’est nous qui prêtons à sourire ! »
    La langue voulait être le chef : « c’est moi qui m’ retourne sept fois ! »
    Les dents voulaient être le chef : « c’est nous qui éclairons le rire ! »

    Le crâne voulait être le chef : « c’est Moâ qui ai toute ma tête ! »
    Les oreilles voulaient être le chef : « c’est nous qui portons les lunettes ! »
    Le cou voulait être le chef : « c’est moi qui fait tourner la tête ! »
    Finalement, pour faire bref, le couperet trancha tout net !

    Illustration de Junji Ito

  • Mardi, entre le Soleil et la Lune

    En fait, le Soleil me surveille de l’aube jusqu’au crépuscule.
    Il joue le Gardien de mes jours et mon Geôlier durant mes nuits.
    Dès le matin, Il me réveille par petits faisceaux minuscules
    Jusqu’au soir où, fin du séjour, black-out entre onze heures et minuit.

    Je Le trompe une fois par mois avec ma maîtresse Lunaire ;
    Nous attendons qu’Il soit couché et qu’Il dorme à rayon fermé.
    Puis, toute la nuit, quel émoi ! Quelles amours extraordinaires
    Donnent à la Lune effarouchée le désir de se transformer !

    Première semaine de grossesse, Elle disparaît dans ses quartiers ;
    Son ventre s’arrondit sans cesse … point de Soleil à l’horizon ;
    Troisième semaine, une princesse paraît sous le regard altier
    Du Soleil qui, avec rudesse, me reconduit dans ma prison.

    Tableau de Six N. Five

  • Problèmes de cœur

    Seulement à peine quelques jours après la fête des amoureux,
    Saint-Valentin voit son service de l’après-vente saturé.
    Passé la nouba de l’amour, les cœurs retombent langoureux
    Et viennent se plaindre de sévices et positions dénaturées.

    Alors on répare les cœurs à l’atelier du cœurdonnier
    Qui recoud les peines d’amour et vidange les peaux de chagrin.
    Il redonne un peu de vigueur aux coups de foudre prisonniers
    Qui n’ont pas pu venir à jour à cause d’un pénible train-train.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html

  • Lundi, selon comment je suis luné(e)

    Mon cœur, ce drôle de pendule, décide après hésitation
    Comment choisira-t-il l’ébauche du jour avec incertitude…
    Selon si les artères ondulent à droite avec excitation
    Ou si les veines oscillent à gauche avec plus de mansuétude.

    S’il reste fixe, je reste au lit attendant que ça redémarre
    Car à force de le remonter tous les soirs, parfois il se bloque
    Comme un métronome ramolli par les rêves et les cauchemars
    Où il doit sans cesse affronter les décisions les plus loufoques.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein sur http://artsdumonde.canalblog.com/archives/2016/03/12/33502041.html