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  • La femme aussi descend du singe

    La femme aussi descend du singe

    Autrefois, comme un petit singe, les femmes n’avaient rien à dire,
    Rien à voir, rien à écouter, juste être cucul-la-praline.
    Condamnées à laver leur linge et, pour le reste, leur interdire
    D’étudier et de goûter aux activités masculines.

    Heureusement, les suffragettes ont bousculé ces habitudes
    Et gagné l’émancipation de la mère de l’humanité.
    Les trois petits singes exégètes ont modifié leurs attitudes
    Bien que leurs participations fasse ombre à leur féminité.

    Tableau de Soni Priyesh.

  • Le charme aléatoire

    J’ai sélectionné la beauté sur le mamelon du sein droit
    Et la fonction aléatoire sur le second en dichotomie.
    Aussitôt une charibotée de fleurs a jailli aux endroits
    Les plus charmants du répertoire de sa superbe anatomie.

    Comme une musique enivrante diffusée par des haut-parleurs,
    Les seins ont balancé les basses et les mamelons, les aiguës ;
    Des roses trémières attirantes, ont entraîné avec ardeur
    Vers ses deux hanches en contrebasse ma flûte jouant les suraiguës.

    Mosaïque de Paul Siggins.

  • Anticonformiste

    Anticonformiste

    Hélas, depuis que je suis né, j’avoue ne pas avoir appris
    À m’adapter à la rigueur que l’humanité s’est fixée.
    Si j’écoute mes désirs innés, je passe pour un pauvre incompris
    Et si je laisse parler mon cœur, l’ordre a tôt fait de m’éclipser.

    Alors par des sous-entendus, je sème mes pas de ma prose
    Mais je suis souvent censuré car on n’y voit que perversion.
    En dépit de ces malentendus, je ne cesse de voir la vie en rose
    Car cette oppression endurée m’attise un feu de subversion.

    Illustration de Gillermo Mordillo.

  • Le cheval de Quatre

    Le cheval de Quatre

    À l’instar du Cheval de Troie, fabriqué pour vaincre par ruse,
    Le Cheval de Quatre fut construit pour faire aimer le Périgord.
    Ma chambre est un peu à l’étroit, circonscrite dans l’hypoténuse
    Du triangle rectangle instruit du théorème de Pythagore.

    Car mon cheval, non point carré, mais arrondi à tous ses angles
    Dont la queue trace la tangente où vont se nicher les oiseaux.
    Derrière deux yeux bigarrés se perche un grenier qui s’étrangle
    Lorsque vient souffler la tourmente dans le piège-à-vent des naseaux.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le revers de la force

    Le revers de la force

    Fille d’Hercule et Déjanire, Macaria hérita leurs forces ;
    Elle savait tuer à mains nues des serpents bien plus costauds qu’elle.
    Elle en garda le souvenir par cette image qui la renforce
    Dans un combat sans retenue qui lui laissa quelques séquelles.

    Par ses étreintes remarquables et ses muscles tétanisés,
    Elle étouffa tous ses amants pareille au boa constrictor.
    Seul le dernier, fait remarquable, s’en tira hospitalisé
    Avec trauma des ligaments, fractures ouvertes et os retors.

    Illustration de Sonia Lazo.

  • À Pâques, les Parques

    À Pâques, les Parques

    Au large de l’Île de Pâques, on voit souvent plonger les Parques
    Auprès des géants engloutis quand leurs fils n’ont pas abouti
    – Ou bien quand elles perdent le fil – ou se sont trompées de profils –
    Pour mander aux fils des étoiles comment raccommoder leurs toiles.

    Nona, qui est née la première, demande toute la lumière ;
    Decuma, aussitôt accourt afin de lui prêter secours ;
    Morta, arrivée la dernière porte les indulgences plénières,
    Petits péchés entourloupés des existences qu’elles ont coupées.

    Illustration de Sergio Alfonso González.

  • L’irréalité du visage du monde

    L’irréalité du visage du monde

    Toute l’apparence du monde que j’entrevois dans les médias
    Se cache sous le maquillage qui masque sa réalité.
    La vérité la plus immonde ne peut percer dans l’immédiat
    Tant qu’on croira aux magouillages et aux fausses actualités.

    La mariée ne serait pas si belle sans plusieurs couches de peinture
    Qui dissimulent l’immortelle vieille putain de Babylone.
    Toutefois, seuls des yeux rebelles à la fraude et à l’imposture
    Verront la menace mortelle des oppressions qui s’échelonnent.

    Tableau de Lizbeth sur https:lizbethr.arttaggedillustrations .

  • Recette marine – 2

    Recette marine - 2

    Pour un cocktail d’océan noir, agitez mais sans secouer
    Des crêtes de vagues furieuses fouettées sous l’œil de l’ouragan.
    Par la tornade en entonnoir, laisser le jus s’amadouer
    Sous une aurore luxurieuse zestée d’un soleil zigzaguant.

    Je tiens ce cocktail de Neptune, barman du cabaret d’Éole,
    Qui créa ce providentiel nectar des dieux des matelots ;
    Boisson des marins de fortune hypnotisés par l’auréole
    Que le soleil crée dans le ciel sur l’horizon de Saint-Malo.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Retour aux origines

    Retour aux origines

    Je suis limité dans ce monde que l’entropie veut engloutir
    Alors que j’ai été forgé au-delà du mur de lumière.
    Lorsque mes rêves vagabondent je sens mon esprit aboutir
    Vers l’accès où vient s’engorger l’âme de ma source première.

    Je m’extrais de ma dimension au milieu des familles d’âmes
    Qui sont mes réincarnations parvenues au seuil de l’hiver.
    Alors nous suivons l’ascension vers le lieu où nous décidâmes
    De subir la détonation qui créa jadis l’univers.

    (Illustration de Moebius.
    Pour rappel, l’entropie représente la dégradation de l’énergie.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tableaux féminins

    Ce patchwork humain des organes qui tissent l’étoffe d’une femme,
    Mériterait que j’en dessine à même la peau son hommage.
    J’en appelle à la fée Morgane pour qu’elle me fournisse la flamme
    Du souvenir qui m’hallucine par son ramage et son plumage.

    En écoutant parler son cœur, un soleil paraît sur son sein ;
    En goûtant sa bouche sucrée, une lune sur son périnée ;
    En observant ses yeux moqueurs, ses iris forment un essaim
    Qui colore tout son corps nacré comme une bande dessinée.

    Bodypaintings de Christopher Agostino.

  • L’illumination

    L’illumination

    D’un big-bang qui soudain implose dans mon univers intérieur,
    L’idée infinitésimale se cristallise en une flamme
    Comme une obsession qui explose et se répand à l’extérieur
    Depuis ma structure animale jusqu’à l’humanité de l’âme.

    Cette idée ne m’appartient pas et je n’appartiens pas à elle ;
    Elle représente une rencontre avec l’au-delà de moi-même.
    Je passe de vie à trépas et je renais, flamme éternelle
    Qui s’en va brûler à l’encontre de mes angoisses et mes dilemmes.

    Illustration de Moebius.

  • Le belvédère lunaire

    Le belvédère lunaire

    Au bord de la Mer des Embruns, aux environs du Cirque Hipparque,
    J’avais coutume de m’en aller me promener en solitaire.
    Parmi les dinosaures bruns, je faisais louvoyer ma barque
    Et j’accostais sans bruit l’allée qui monte jusqu’au belvédère.

    Quelques amis me rejoignaient pour échanger dans le silence
    Les derniers échos de l’espace venus de Mars ou de Neptune
    Durant la nuit qui témoignait sereinement de l’excellence
    Par la douceur du temps qui passe en villégiature sur la lune.

    Illustration de Moebius.

  • Les voyages en lanterne

    Les voyages en lanterne

    J’aime ces voyages en lanterne portés par des vents de lumière
    Qui me véhiculent aux confins de tout ce qui est observable
    Et quand le soleil met en berne ses derniers feux sur les chaumières
    Dont les faisceaux s’épuisent enfin sous les ténèbres insondables.

    Te souviens-tu, ma bien aimée, de la douce lune de miel
    Où la lanterne nous berçait d’une clarté intermittente
    Afin de laisser parsemer toutes les étoiles du ciel
    Tandis que le soleil perçait dans une aurore persistante ?

    Illustration de Moebius.

  • Les dieux oubliés

    Les dieux oubliés

    J’ai oublié ces dieux dans leurs temples perdus
    Qui offraient la richesse et la vie éternelle.
    J’ai prononcé l’adieu aux amours éperdues
    Pour ces vieilles sagesses, ces vieilles ritournelles.

    J’ai renié les prêtres et les marchands du temple
    Qui prétendaient punir ceux qui ne croyaient pas.
    Je cite à comparaître ces dieux qui me contemplent
    Pour tous les réunir à mon dernier repas.

    Illustration de Moebius.

  • Les apprentis sorciers

    Les apprentis sorciers

    Les enfants cruels évoluent avec le temps et la technique ;
    Lorsqu’ils sont lassés d’arracher les ailes et les pattes des mouches.
    Ils jettent ainsi leur dévolu sur les armes automatiques,
    Et vont même s’amouracher des meilleures pour la fine bouche.

    Passé le goût des bombinettes qu’étaient pas assez nucléaires,
    Ils ont poussé l’arme chimique au-delà de toutes frontières.
    Celle qui en fait une binette, c’est notre cause humanitaire
    Qui a produit ces boulimiques de la barbarie tout entière.

    Illustration de Moebius.

  • L’héroïne qui court

    L’héroïne qui court

    Ainsi, plus l’héroïne accourt, et plus elle vagabondera,
    Moins de mousse elle amassera, tout comme une pierre qui roule.
    Et plus elle volera au secours de victimes face aux scélérats,
    Et moins son cœur s’attachera à couver comme une mère-poule.

    Pour stopper la disparition de ces super femmes actives,
    Il faudrait qu’on stoppe les guerres et les combats revendiqués.
    C’est pourquoi leur parturition s’avère une action abortive
    Car cette humanité grégaire ne cesse jamais de polémiquer.

    Illustration de Moebius.

  • À sa mère

    À sa mère

    Les filles liées à leur mère par le cordon matriarcal
    Restent à jamais attachées à cette lignée éternelle.
    La moindre existence éphémère au sein du lien obstétrical
    Est une perle empanachée précieuse, chère et maternelle.

    Ainsi chaque femme fleurit au bout de la branche ADN
    Dont l’origine remonterait à l’embryon de la matière.
    Goûtez dans son cœur aguerri la fleur de vie manichéenne
    Dont chaque germe féconderait toute l’humanité entière.

    Illustration de Moebius.

  • Le poète intimidé

    Elle me fixait d’un air sévère tandis que j’étais dans l’attente
    De cette rencontre impérieuse qui doublait ma perplexité.
    Je craignais que ce soin s’avère d’une attitude intimidante
    Par sa moue mi-gaie mi-sérieuse qui me laissait surexcité.

    Sa teinte rose contrastait avec ma timidité verte ;
    Elle devait déjà me juger comme un paysan de Bohème.
    Pourtant lorsqu’elle m’a attesté qu’elle lisait dans mon âme ouverte,
    Je l’ai aimée sans préjugé et lui ai clamé ce poème.

    Illustrations de Moebius.

  • La déesse

    La déesse

    Un jour, il n’en restera qu’une… amante religieuse parfaite
    Que tous les hommes honoreront chacun leur tour, en fin de vie.
    Moi-même eus la bonne fortune d’être convoqué à la fête
    Pour m’introduire en son giron malgré la mort qui s’ensuivit…

    J’ai travaillé toute ma vie en attendant impatiemment
    La nuit de noces exécutoire où je meurs d’amour en vainqueur.
    Délices, plaisirs à l’envi pour qu’enfin sans apitoiement
    La belle tranche mes génitoires, m’arrache et me croque le cœur.

    Illustration de Moebius.

  • Les sirènes des sables

    La queue des sirènes des sables n’est plus qu’un lointain souvenir ;
    Elles l’ont troquée pour deux jambes mieux adaptées pour le désert.
    Leur nudité indispensable pour assurer leur avenir
    Leur permet d’être plus ingambes et leur sex-appeal plus disert.

    Lorsque les vaisseaux du désert viennent croiser dans les parages,
    Elles envoient leurs émissaires, serpents, scorpions qui les harcèlent.
    Ainsi ces marins de misère ne tardent pas à faire naufrage
    Et voir surgir leurs adversaires les goûter à la croque-au-sel.

    Foulard d’après Muti.

  • À petite, moyenne et grande échelle

    La jeunesse fait n’importe quoi et ses propos sont dénigrants ;
    Elle regimbe à être formatée et se cherche une contenance.
    Mais quand elle demande « pourquoi ? » on lui d’attendre d’être grand
    Si bien qu’elle tend à colmater ses défauts par l’impertinence.

    L’adulte commence à fléchir et à durcir ses positions ;
    Il pèse le pour et le contre et parfois, hélas, tout le temps.
    L’expérience le fait réfléchir mais toutes ses hésitations
    Le font promener à l’encontre des réussites à contretemps.

    Au temps de la maturité, sorti de l’école de la vie,
    Certains croient qu’ils ont tout compris et que Dieu est à leur image
    Mais ils n’ont nulle autorité à vous imposer leur avis ;
    Et moi, si je suis incompris, je n’en fais pas tout un fromage.

    1 Illustration de Başarı Merdiveni qu’encadrent 2 de Gürbüz Dogan Eksioglu.

  • Arlequin, Pierrot & Colombine

    Arlequin, le chef du trio, malin, rusé, intelligent,
    Était surnommé « le renard » par ses deux autres compagnons.
    Il planifiait avec brio des concerts de jazz exigeant
    Un esprit vif et goguenard derrière sa paire de lorgnons.

    Pierrot, le premier guitariste, ni beau, ni laid, mais très adroit
    Exécutait des rythmes en blues de grande virtuosité.
    Et lorsqu’il jouait en soliste, il attirait à son endroit
    Une prétention un peu jalouse soutenue d’impétuosité.

    Colombine, chanteuse de charme, véritable sirène pervertie,
    Attirait beaucoup d’auditeurs par la puissance de son organe.
    Autrefois Chartreuse de Parme, elle s’était reconvertie
    Pour l’amour d’un compositeur solo d’un orchestre tzigane.

    Tableaux de Pablo Picasso.

  • Passage à carreaux

    Passage à carreaux

    Se tenir à carreau relève d’une gageure humanitaire ;
    Sans avoir demandé à naître, nous devons acter nos partis.
    De quel maître serons-nous l’élève ? La foi est-elle héréditaire ?
    Comment apprendre à nous connaître ? La mort… quoi en contrepartie ?

    C’était déjà fort difficile mais le présent hausse la barre :
    Nous devons choisir ou mourir, nous révolter ou accepter.
    Collaborer est trop facile pour échapper à la bagarre
    Et croire au complot, c’est nourrir un harcèlement affecté.

    Illustration de Moebius.

  • Pourquoi ? (1)

    On dénombre 59 millions de morts par an : 25% du cœur, 17% du cancer, 14% de la pollution, 12% du tabac-alcool-drogue, 10% de malnutrition, 5% de la COVID (selon les chiffres officiels)…
    Pourquoi alors traite-t-on la COVID comme une catastrophe planétaire prioritaire ?

    Jusqu’en 2019, les grippes saisonnières tuaient entre 300.000 et 600.000 personnes par an…
    Pourquoi a-t-on sonné l’alarme alors que la mortalité en 2020 restait bien inférieure aux années précédentes ?

    Dès le début, le professeur Raoult à Marseille soignait avec succès le nouveau virus dans son hôpital…
    Pourquoi ce traitement qui donnait des résultats a-t-il été rapidement interdit par l’état ?

    Un des symptômes constatés de la COVID concerne l’expectoration et la toux grasse…
    Pourquoi nous imposer alors un masque qui gêne, entrave et nuit à une saine respiration ?

    Au cours de l’année 2020, les vaccins sont opportunément sortis des laboratoires…
    Pourquoi il y en a-t-il eu autant et aussi rapidement dans plusieurs pays ?

    Ces nouveaux vaccins sortis trèstrop rapidement n’ont pas été validés officiellement…
    Pourquoi les états du monde entier l’imposent-ils ?

    Aujourd’hui les états se targuent d’une forte majorité de vaccinés…
    Pourquoi alors continue-t-on à imposer le port du masque ?

    Il faut renouveler les vaccins avec 2 injections, bientôt 3 et prochainement 4…
    Pourquoi le nombre d’infectés continue-t-il à progresser ?

    On nous impose un pass sanitaire pour l’accès aux bars, restos, cinémas et discothèques…
    Pourquoi viser la culture mais permettre l’entassement dans les bus, le métro et les stades ?

    Depuis la nuit des temps, les pays du monde ne s’entendent pas, sont belliqueux et en conflit économique…
    Pourquoi adoptent-ils la même politique à l’unanimité face à la COVID ?

    Tous les pays du monde imposent des dictatures et des contraintes sanitaires impitoyables et jamais vues…
    Pourquoi n’y a-t-il aucune amélioration de la situation ?

    Depuis 18 mois les médias ne diffusent que les chiffres officiels du gouvernement…
    Pourquoi aucune information de la part de médias d’opposition n’est autorisée ?

    Illustrations de Moebius.

  • Songe noir

    Songe noir

    Lorsque Morphée s’habille en noir et s’apprête à couper les roses,
    Ne me demandez pas pourquoi arbore-t-elle un sourire narquois.
    J’ai beau fouiller dans ma mémoire au rayon des rêves moroses,
    Aucun cauchemar de guingois ne m’éveille un je-ne-sais-quoi.

    J’y verrais plutôt un symbole parmi ces tête entrecoupées,
    Les corps sanglants dans la main droite et les ciseaux dans la main gauche.
    Elle augurerait la parabole de la seringue entourloupée
    Qui d’une injection maladroite exécute sa mortelle ébauche

    Tableau de Lorenzo Sperlonga.

  • Échec à la Reine

    Réputée pour ses coups tordus, ses coups bas et ses fourberies,
    La Reine Noire pragmatique gouverne avec tous les pouvoirs.
    Pauvres petits pions éperdus, pauvres chefs de cavalerie !
    Tous sont pris dans l’énigmatique piège de l’honneur du devoir.

    Supprimez la Reine pourrie, d’autres sortent aux quatre horizons
    On n’élimine pas toutefois le ver corrompu de la pomme.
    Après tout, puisqu’elle est nourrie d’une obsession de guérison,
    Administrons-lui en une fois tout le venin qu’elle destine à l’homme.

    Edie Campbell photographiée par Tim Walker sur http:visualoptimism.blogspot.com201512check-mate-edie-campbell-by-tim-walker.html .

  • Quand la reine a le bourdon

    Quand la reine a le bourdon

    Après les assauts du bourdon, la reine des fleurs se repose
    Car procréer est épuisant mais enfanter l’est tout autant.
    Lui, n’ayant pas eu droit au pardon, ne connaîtra pas l’andropause
    Car il en a, en séduisant, perdu la tête dans l’entre-temps.

    Mutine autant qu’elle rumine, elle se calme les fesses au vent
    Les feux d’un amour fécondant pour sauvegarder son espèce.
    Finis les rêves de gamine qu’elle vouait au prince émouvant ;
    Bonjour le devoir redondant pour devenir une papesse.

    Illustration de Moebius.

  • Ange qui rêve

    Ange qui rêve

    Au temps où j’étais relié à l’âme-sœur complémentaire,
    Je marchais le long du rivage suivant le temps qui caracole.
    Mon autre « moi » a su lier tous les détails élémentaires
    Qui constitueraient le breuvage dont je goûte aujourd’hui l’alcool.

    Je retrouve au fil de mes rêves l’oiseau qui chante des histoires,
    Le vieux pêcheur sur son bateau, fier de sa pêche miraculeuse.
    Le sable crissant sur la grève puis, arrivé au promontoire,
    Je regagne enfin le château de mon épouse fabuleuse.

    Illustration de Moebius.

  • La reine des fleurs

    La reine des fleurs

    La reine du cœur des mamans est aussi la reine des fleurs ;
    Il paraît que la coïncidence n’est en fait qu’une conséquence
    Car pour se faire butiner, elles sont également mutinées
    Quand le bourdon est trop rapide ou ses assauts trop insipides.

    La reine des fleurs papillonne lorsque le vent lui tortillonne
    Le pistil dans un savoureux va-et-vient assez langoureux.
    De même, son cœur de lionne n’est pas contre un petit moment
    De tendresse un peu crapuleux et d’accouplement vigoureux.

    Illustration de Moebius.

  • Cœur d’étoile

    Cœur d’étoile

    Un jour, j’ai su ouvrir la porte de la frontière de mes sens
    Qui me limitait la vision au monde de virtualité.
    Lors, j’ai demandé qu’on m’apporte la clef de ma nouvelle essence
    Pour que je fasse provision de cette nouvelle réalité.

    J’ai découvert mon cœur d’étoile forgé dans le cristal de vie
    Qui rayonnait dans l’univers d’un faisceau d’ondes de lumière.
    Le temps qu’un angelot me voile ce dénouement qui me ravit,
    J’eus le temps de l’écrire en vers ; en voici l’édition première.

    Illustration de Moebius.

  • Le fil de mes pensées

    Le fil de mes pensées

    Lorsque je souhaite remonter le fleuve du fil de mes pensées,
    Il m’apparaît un labyrinthe d’affluents de sources diverses.
    Certains ruisseaux viennent raconter ce qui les a le plus offensés
    Et d’autres s’écoulent des plaintes qui tombent du ciel par averse.

    Et je suis le navigateur qui louvoie et surfe sur l’onde
    Qui entraîne l’embarcation qui vogue sur l’instant présent.
    Je suis aussi le spectateur assis sur l’île vagabonde
    Située à la bifurcation du temps passé omniprésent.

    Illustration de James Jean sur http:www.jamesjean.comsketch2014 .

  • L’écriture contre-attaque

    L’écriture contre-attaque

    Tous les écrivains hors-la-loi fuient les pays analphabètes
    Qui ont falsifié l’histoire et éliminé l’écriture.
    Assis à leur planche de bois qui courent de toutes leurs gambettes,
    Ils retranscrivent les victoires passées de la littérature.

    Je fais partie des résistants mais je dois vous abandonner
    Car les agents facebookiens pointent leurs nez aux alentours.
    Rassurez-vous. Dans un instant, dans toutes les base de données,
    Paraîtra mon trait quotidien qui vaudra plus qu’un long discours.

    Illustration de Moebius.

  • Tintin, reporter sans bulle

    Tintin, reporter sans bulle

    Lorsque les livres ont disparu de la planète aseptisée,
    On s’aperçût qu’elle était plate de toutes nos inspirations.
    Dans ce désert, il apparut un reporter traumatisé
    Par les histoires qui relatent le récit des conspirations.

    Secondé du flair infaillible de son chien fidèle irradié,
    Il parcourt le monde assujetti au Nouvel Ordre Analphabète.
    Hélas, tout est intraduisible car l’écriture est radiée
    Des réseaux sociaux abêtis, marqués du chiffre de la bête.

    Illustration de Moebius.

  • Mais où sont donc passés tous les livres ?

    Mais où sont donc passés tous les livres ?

    Rien ne sert d’avoir trop à lire, encore faut-il penser à point
    Et dans ce monde qui va trop vite, les pages des livres se déchirent.
    Les jeunes cassent leur tirelire afin de se greffer au poing
    Une addiction qui leur évite de perdre un temps à réfléchir.

    Les bibliothèques encombrantes sont supplantées par des écrans
    Toujours plus grands, en plus grand nombre et allumés en permanence.
    Avec l’oreille consentante, l’œil et le cerveau sont à cran
    Afin d’absorber sans encombre ce formatage en rémanence.

    Illustration de Joost Swarte.

  • La fin des temps

    La fin des temps

    D’ici quarante ou cinquante ans, le dragon va se réveiller
    Et nous emporter Saint-Michel au cours d’une grande marée.
    Les anges n’aurons pas le temps de prendre leurs épées enrayées
    Que l’île atteindra La Rochelle et qu’elle s’y sera amarrée.

    Du coup, les chaînes de montagnes dégringoleront dans la plaine
    Et le Mont Blanc s’envolera pour un trek en Afrique noire.
    Les Alpes se mettront en campagne en disant que la coupe est pleine
    Et la mer se retirera par la bonde de la baignoire.

    Illustration de Moebius.

  • Douleur qui songe, couleur mensonge

    Lorsque je n’étais que douleur, nous étions plusieurs dans mon corps ;
    Plusieurs voix en cacophonie baragouinaient sans se convaincre.
    Le mental prenait la couleur de la folie avec l’accord
    Des démons en polyphonie qui m’ensorcelaient pour me vaincre.

    Malgré ce concert à outrance, j’entendis la petite voix
    Qui disait pour me rassurer qu’elle me sortirait de prison.
    J’ai lâché ce corps de souffrance et mon cœur a suivi sa voie
    Tout cabossé, courbaturé mais débordant de guérison.

    Illustrations de Moebius.

  • Expression florale

    Expression florale

    Décalquons les soucis du cœur sur des tapisseries de fleurs,
    Les blessures et les douleurs sur des rosaces de couleurs.
    Exprimons ce qui nous fait peur avec des liserons grimpeurs
    Et toutes nos pensées moroses avec volubilis et roses.

    Restituons notre intérieur par une fresque à l’extérieur,
    Et nos petits jardins secrets par des porcelaines blanc-nacré.
    Traduisons enfin notre joie sur fond qui bleuit et rougeoie
    Selon l’intensité que l’âme diffuse entre l’homme et la femme.

    Photo de Cecilia Paredes.

  • Délivrance

    Tout en rêvant au bois dormant, au bois m’en allant promener,
    Je me sentis pousser des ailes accompagné d’un cœur d’enfant.
    J’ai alors prêté le serment d’arrêter de me malmener
    Et de lâcher prise avec zèle à mon microcosme étouffant.

    Ainsi, j’ai remonté aux sources de toutes civilisations
    Pour recouvrer un cœur pionnier, vierge de toute fausse impression.
    Des pyramides de la Grande Ourse jusqu’au Sphinx en constellations,
    J’ai cessé d’être prisonnier de ma peur et de l’oppression.

    Illustrations de Moebius.

  • Habitations récurrentes

    Habitations récurrentes

    Je n’habite plus une maison mais une adresse à numéros
    Dont les éléments se ressemblent, mêmes portes et mêmes fenêtres.
    Je ne sais si j’ai eu raison après neuf mois in utero
    D’intégrer la voie qui rassemble les hommes à vivre sans se connaître.

    À peine mes voisins j’apprivoise qu’ils déménageront demain ;
    Les relations sont limitées aux problèmes de voisinage.
    Au fil du temps, chacun pavoise en lâchant le plus de gamins
    Lesquels à l’unanimité perpétueront la mise en cage.

    Ville de Kartoffelrækkerne à Copenhagen.

  • Mortimer goes to Hollywood

    Mortimer goes to Hollywood

    Née « Mortimer », fruit des amours d’un cartooniste aventurier
    Dont la plume avait fécondé une feuille vierge grammée,
    Il montra aux films Paramour sa silhouette coloriée
    Et sa démarche dégingandée dans l’espoir de s’y programmer.

    Mais c’est le dessin animé qui lança ses feux de la rampe
    Avec des chiens patibulaires et surtout beaucoup de canards.
    Aujourd’hui il est renommé par un pseudo d’une autre trempe
    Et les oreilles populaires les plus célèbres du septième art.

    Illustration de Gillermo Mordillo.

  • En robe de pluie

    En robe de pluie

    Si le lundi tu pleures dans ta robe de pluie,
    Si le mardi te mouille dans ton habit de flotte,
    Le mercredi t’effleure d’un vent de parapluie,
    Le jeudi te barbouille jusque dans ta culotte.

    Mais le vendredi change la pluie contre un sourire
    Et tu cours te sécher au vent du samedi.
    Si dimanche t’échange tes pleurs contre tes rires,
    Tu ne peux t’empêcher de penser au lundi.

    Tableau de Rafał Olbiński.

  • L’invitation cabotine

    L’invitation prend le rêveur à bras-le-corps, à cœur perdu
    En jouant de fausses couleurs, fausses amours, faux sentiments.
    Tantôt dans un jardin en fleurs, tantôt un décor distordu
    Tantôt sans cri et sans douleur, avec ou sans assentiment.

    Comment Morphée dame le pion à tous, en toute impunité,
    Par ses airs, ses emportements et ses promesses de beaux rêves ?
    Grâce aux réseaux et leurs espions qui ont tous l’opportunité
    De traquer nos comportements tandis que nous faisons la grève.

    Luisa Bianchin photographiée par Sandrine Dulermo & Michael Labica sur https:anneofcarversville.comstyle-photos2015424luisa-bianchin-in-tutte-in-fiore-by-sandrine-dulermo-michael.html .

  • Mille-et-une nuits

    Mille-et-une nuits

    La flamme bleue de la passion s’élevait en mille-et-une voix
    Dans le chant sacré des houris trillé par mille-et-une nanas.
    Jeune fou, j’eus la compassion pour ces vierges me montrant la voie
    Qui passait par un trou de souris pour accéder au nirvâna.

    Après, j’ai perdu la mémoire mais je me souviens des étreintes
    Et mon corps violé mille fois sauf la dernière nuit de délires
    Où j’ai aimé la vierge noire qui m’a fait jouir sans contrainte
    Et m’a libéré toutefois en effaçant mes souvenirs.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Miroir magique – 3

    Un jour le miroir craquera, mes deux âmes se rencontreront
    Et l’univers s’effondrera et nous nous annihileront
    Un instant incommensurable, un point infinitésimal,
    D’une densité comparable au néant le plus maximal.

    Et je comprendrai que l’atome, cette cellule microscopique,
    Contient toute l’humanité et l’ensemble de la connaissance.
    Lorsque je verrai mon fantôme errer dans un rêve entropique,
    Je sentirai la vanité de l’éternelle renaissance.

    Photos de Robin Cerutti sur https:petapixel.com20151202using-perspective-to-turn-the-surface-of-water-into-a-magical-mirror .

  • Miroir magique – 2

    Petit à petit, chaque nuit, les rêves percent la frontière ;
    La réalité disparaît et se fond dans l’absurdité.
    Douleurs, déboires et ennuis se confondent dans la matière
    Et l’espérance transparaît dans les mémoires régurgitées.

    Je possède une clef des songes, héritage de vies antérieures,
    Qui déverrouille les passages dont j’ai oublié le chemin ;
    Et peu m’importe les mensonges ou les vérités intérieures
    Que j’y échange avec les sages puisqu’ils ne seront plus demain.

    Photos de Robin Cerutti sur https:petapixel.com20151202using-perspective-to-turn-the-surface-of-water-into-a-magical-mirror .

  • Miroir magique – 1

    Je vis en deux mondes opposés qui ne dressent aucune frontière ;
    L’univers de réalité et l’antimonde d’absurdité.
    Lorsque mon corps s’est reposé, mon âme quitte la matière
    Et part dans l’irréalité des rêves d’incrédulité.

    Dans cet espace hypothétique surgit l’interface invisible
    Du miroir qui renvoie à l’âme son équivalent anti-âme.
    Si la rencontre prophétique des entités indivisibles
    Est protégée d’un brise-lames, je n’en connais pas le programme.

    Photos de Robin Cerutti sur https:petapixel.com20151202using-perspective-to-turn-the-surface-of-water-into-a-magical-mirror .

  • Le quatrième souffle de la sirène

    Le quatrième souffle de la sirène

    Sans masque plonge la sirène dans les écueils et les oursins
    Et sans piqûre, elle remonte ; nul ne songe à la contrôler.
    Elle vient se dorer, sereine, sur la terrasse, sans vaccin.
    Et si personne ne lui fait honte, seul un marin vient la frôler.

    Mais voilà, il est vacciné contre tous les maux de la mer
    Et elle, contre les humains, a son système immunitaire.
    Alors ils se sont confinés, chacun dans un silence amer
    Et puis se sont serrés la main, unique contact sanitaire.

    Hélas, les légendes succombent à la peur de mourir demain
    Victime de sotte menace pour un virus Grand-Méchant-Loup.
    Et les amourettes retombent bien vite à l’eau, sans lendemain ;
    Les cœurs attirés dans la nasse préfèrent rester tranquillou.

    Que croyez-vous ? Qu’une sirène puisse se contenter de cela ?
    Que nenni ! Elle manifeste et interpelle tous les bateaux.
    Alors Neptune la nomme Reine pour former un bénévolat
    Avec tous les poissons modestes pour contrer les requins-marteaux

    Photo de Jennifer Hannaford.

  • De nature complémentaire

    De nature complémentaire

    La Terre vit plusieurs existences depuis son passé volcanique.
    Minérale, qui la cristallise de l’écorce jusqu’à son cœur ;
    Végétale, qui donne substance à toute une vie organique ;
    Et Animale, qui la mobilise en poussant son cri de vainqueur.

    Toutes les âmes confondues suivent le ruissellement des eaux
    Qui contiennent toute la mémoire de ceux qui retournent au néant.
    Tous ces fantômes morfondus n’ont certes pas fait de vieux os
    Mais ils s’écoulent dans les moires en vaguelettes d’océans.

    Tableau de David Judd.

  • On s’habille, on court et on se déshabille

    Au matin elle saute du lit et court toute nue sous la douche.
    Elle déjeune sur la terrasse et dans le plus simple appareil.
    Cinq minutes de mélancolie, une tartine dans la bouche
    Mais l’heure tourne et la harasse… Vite ! Tu n’as plus le temps, Mireille !

    Elle s’habille de trois petits rien, d’une petite robe légère.
    Juste un soutif pas trop serré, un string noué à la va-vite.
    On court on vole, chez les terriens, les bourgeoises et les mégères
    Pour un travail rémunéré selon sa peine et son mérite.

    Le soir elle se remet à l’aise, elle prend son bain pour se détendre.
    Elle reste à poil en espérant que bientôt viendra son pilote.
    Elle déambule, ne vous déplaise, tandis que l’homme se fait attendre.
    Un coup de sonnette exaspérant ! Vite une robe, pas de culotte !

    Tableaux d’Andrei Protsouk.

  • Le cirque de poche

    J’ai rêvé d’un cirque de poche, un tout petit Cirque d’Hiver,
    Avec ses mini-ballerines, nains, clowns, jongleurs et acrobates
    Que je mettrais dans ma sacoche avec accessoires divers :
    Petit chapiteau en feutrine, tentes et auvents qui se rabattent.

    Bien sûr, une ménagerie remplie de tous les animaux ;
    Ours, lions, tigres en miniatures et leurs dompteurs en réduction.
    Éléphants, zèbres et méharis, tous aux gabarits minimaux,
    Avec les meilleures signatures pour la grâce et la séduction.

    J’irais dans les petites villes, Salles-de-Bains, Salon-sur-scène
    Et j’aurais pour public mes chats, mes souris, mon chien, mon épouse.
    J’animerais les fêtes civiles et attirerais pour mécènes
    Auguste, Boris et Natacha, la célèbre troupe andalouse.

    Céramiques de Marie Lilian Prett sur https:marieprettceramics.com#ad-image-1 .