Quand tu te trouves au bord du gouffre, accroche-toi au téléphone Et compose le numéro de l’assistance aux cœurs perdus. Que tu te plaignes ou que tu souffres, tu pourras rejoindre la faune De ceux qui se voulaient héros et meurent anonymes, éperdus.
Sans doute avec de la patience – un proverbe chinois le dit – Tu y verras passer le corps de tes ennemis oubliés. Sinon attire leur confiance, nourris-toi de leurs tragédies Et tu pourras toujours encor en parler et les publier.
Révolution chez les amantes, les laïques et les religieuses ! Les bonhommes ne perdent plus la tête pour une partie de jambes en l’air. À moins qu’on ne nous le démente par une pirouette prodigieuse, Ils sont partis à la conquête des droits dont ils sont titulaires.
Désormais, pour la parité, ils goûtent avant d’être mangés La garniture dont ils enrobent les vêtements de leurs promises. Tandis qu’en solidarité, lorsque le tout est mélangé, Elle ôte et lui offre sa robe comme si elle lui était soumise.
Après qu’il eut été mangé, croqué et sucé jusqu’à l’os, Il ne resta plus que la tige de ce bonhomme en pain d’épice. C’la dut alors la démanger, la fille, de s’enfiler gratos, En coupant court à tout litige, son petit bâton de réglisse.
Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https://vigilantcitizen.com/latestnews/disturbing-mkultra-and-child-abuse-paintings-displayed-on-billboards-in-italy
Monde intérieur imaginaire qui me rappelle d’où je viens, Qui fait sonner les expériences acquises de mes vies antérieures. J’aime tant son imaginaire qu’à travers lui, je me souviens De l’écho d’une clairvoyance vers l’itinéraire ultérieur.
Monde extérieur immatériel car j’appréhende sa matière, Sa dureté et ses dangers à jamais de moi différents. Pourtant l’organe sensoriel qui me fait vivre tout entière Lui est à la fois étranger et cruellement afférent.
Je suis ce monde intermédiaire, je suis assis sur la fenêtre Avec la peur de basculer dans un destin irréversible. Comme une question subsidiaire qui me décidera à naître Pour une vie immaculée de mes mémoires inaccessibles.
Comme il faut bien qu’elle s’habitue, les bonhommes en pain d’épice Sont principales gâteries qui enchanteront sa jeunesse : « Je te grignote et je te tue à petit bout mais sans malice ; J’aime ta camaraderie et ta saveur toute en finesse ! »
Elle chantonnait cette comptine en dégustant chaque bouchée De ses petits amis sucrés à la tête aromatisée. Petite habitude enfantine qui allait plus tard déboucher Sur une litanie consacrée à ses victimes traumatisées.
Comme elle n’a pas beaucoup d’amis, elle prend son déjeuner au lit De la rivière au chocolat en compagnie de ses copains ; Pour ne pas avoir d’ennemi, elle va au bout de sa folie En grignotant sans tralala sa bonne bouille en massepain.
Dans son école des Nougatines de l’ordre des Saintes Amantes, Elle apprendra l’anatomie et le meilleur côté des hommes : Leurs têtes en chocolatine battues dans du thé à la menthe, Bases de la gastronomie inscrite dans ses chromosomes.
Tableaux de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html ainsi que sur https://www.irancartoon.com/site/artists/nicoletta-ceccoli
Nourrir son imagination exige en guise d’introduction Un sens aussi vrai qu’un mensonge qui grandira avec le temps. Le cœur d’enfant en gestation développera son addiction Avec des rêves et des songes qui se bousculent à contretemps.
Bien sûr, au train où vont les choses, son appétit grandit encore, Devient de plus en plus exigeant et tout son cœur s’en réconforte. Le plaisir se métamorphose en lui transformant tout son corps Et son esprit intransigeant envers des émotions plus fortes.
Au printemps, premières amours, tout son être s’épanouit Mais dès qu’on lui pose un lapin, l’imagination se rebiffe. Elle se console non sans humour sur ses désirs évanouis Avec un pignon de sapin pour un besoin impératif.
Tableaux de Nicoletta Ceccoli sur https://ilmondodimaryantony.blogspot.com/2013/08/gli-incubi-celesti-di-nicoletta-ceccoli.html
L’une eut le sceau, l’autre eut l’anneau et, à la fin de leur mandat, La gauche changea avec la droite le pouvoir contre l’opposition. Et l’on tomba dans le panneau car par la suite on s’amenda Par des élections maladroites sur de nouvelles impositions.
Bien qu’elles soient à l’opposée, les deux sœurs en réalité Sont similaires et seules diffèrent leurs coiffures et leurs maquillages. Bien que leurs choix soient supposés être en totale rivalité, Elles sont pareilles et se confèrent au même goût du magouillage.
Sœur Emmanuelle Omicron et Sœur Dégâts-de-la-Marine Forment un couple de même sexe, mêmes dogmes hypothétiques. Elles ont gagné le « prix citron » pour le talent qu’elles entérinent À jouer la comédie complexe du remaniement politique.
Quand sonne l’anthropophobie dans le courant de l’existence, Rabats-toi sur les animaux envers qui tu pourras plaider. Prends garde à Raminagrobis qui trouvera sa subsistance À se restaurer de tes maux en faisant semblant de t’aider.
Beaucoup de chats de circonstance font mine de patte de velours Mais donneront un coup de griffe si tu leur manques d’attention. Quand ils te promettent assistance, ils recherchent un ami balourd Qui nourrira ces escogriffes de leur entière soumission.
Sans doute l’État fait de même en nous promettant protection Pour vivre aux frais de la princesse et de notre naïveté. Ils disent régler nos problèmes tout en faisant la collection De nos biens et de nos richesses taxées pour leur oisiveté.
Il n’a pas l’air dans son assiette, le p’tit poisson du vendredi Péché, lavé et congelé directement au chalutier ! Adieu écailles en paillettes, bonjour pané du mercredi, Filets carrés et morcelés, darnes découpées sans pitié !
Faut-il sauver le dernier poisson ? Interdire sa consommation ? Mettre à l’index la bouillabaisse, les fruits de mer et l’aïoli ? Maquereau qui trouble la boisson du loup de mer en privation, Es-tu en hausse ou à la baisse chez ton mareyeur aboli ?
L’évènement est assez rare mais il se produit toutefois Quand les marins se mettent en quatre à satisfaire la sirène. Car celle-ci n’est pas avare en brochettes de cœurs et de foies, Plats aphrodisiaques à débattre mais stimulants en œstrogènes.
Si bien que quelques mois plus tard, tout le ferment de leur laitance Donne naissance à un triton, moitié humain moitié poisson. Un fils qui saura sans retard démontrer toute sa prestance Avec sa voix de baryton qui monte depuis son caleçon.
L’est trop au lit pour être honnête, ma voisine du dernier étage Dont j’entends branler le sommier et couiner les ressorts rouillés. Elle pousse aussi la chansonnette pour pimenter le ballotage Lorsque l’amant est coutumier par sept fois de la dérouiller.
Quand je la croise dans l’ascenseur, qu’elle me dit ses « bonjour chéri », Je lui réponds timidement sans oser saisir l’occasion. Bien que je sois libre-penseur et au jeu d’l’amour aguerri, J’ai peur qu’elle crie avidement mon nom à travers les cloisons.
J’ai honte mais je dois vous le dire, j’y suis monté vendredi soir Car elle m’a demandé de l’aide pour monter son lit IKEA. Comme vous auriez pu le prédire, hélas, je n’ai pas pu surseoir À l’essayer ; aussi je plaide coupable au crime indélicat.
Tableau de Charles J. Dwyer sur https://www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com/2011/10/charles-j-dwyer-1961-wisconsin.html?m=1
Sans les jambes, une relation renonce à un terrain d’entente Où se chasser à pas de loup et se louper à pas chassés. Seule la tête en corrélation avec l’âme contre toute attente Doit tracer sa route cheloue vers l’autre autant embarrassé.
Avec les jambes, le courant passe librement de la tête au pied ; Transit par les voies génitales et changement au cœur vaillant. Le voyage occupe tout l’espace et vous propose, comme il vous sied, Des liaisons sentimentales ou rapports intimes et saillants.
Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp
Verrouillée par la loi des sciences et par ses prêtres cartésiens, La porte de l’imaginaire seule aux yeux du cœur se révèle. Elle ouvre la voie de l’inconscience, remonte d’un puits artésien Depuis sa source originaire que l’inspiration renouvelle.
La mienne est toujours entrouverte, je la franchis sans le savoir ; J’y vis de nouvelles expériences et d’opportunes destinées. À quoi me servent ces découvertes ? Je les accomplis par devoir Car j’y retrouve la clairvoyance que j’avais avant d’être né.
Il en existe des milliers inaccessibles à contrecœur Dans la nature qui délivre sa beauté sous le firmament. Mais les cas les plus familiers de ces ouvertures du cœur Sont dans les images et les livres où je retourne fréquemment.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
J’entends sourdre à travers les plinthes toutes vos peines et vos plaintes ; J’entends sourdre à travers les murs vos confidences et vos murmures. Je suis votre fée indiscrète, gardiennes des pensées secrètes Que je recueille tous les jours que vous souffrez en ce séjour.
J’ai tout noté dans mon carnet depuis que vous êtes incarné Des premiers mots depuis l’enfance jusqu’au dernier pour ma défense Car votre avocat je serai et votre grâce plaiderai Lorsque Dieu fera le décompte de votre âme laissée-pour-compte.
Tableaux de Danny Galieote sur https://www.maxwellalexandergallery.com/danny-galieote-1
J’ai l’œil de chat prêt à bondir pour capturer l’instantané ; De mon cœur jaillit l’émotion avide de sa nourriture. Une occasion pour rebondir au cours de la nouvelle année Et découvrir en promotion des jours remplis de fioritures.
Patte en avant prête à saisir l’opportunité du moment ; L’esprit éternellement en quête d’heures exceptionnelles à vivre Pour unir plaisir et désir et écrire ensemble le roman D’une vie riche de conquêtes que seule mon âme délivre.
Mon miroir inverse mes lettres d’une manière assez spéciale ; Si les extrêmes restent en place, tout le milieu est renversé. En principe il faudrait remettre de l’ordre entre les initiales Mais en fait, le cerveau reclasse tout sans jamais tergiverser.
Sleon le rfleft de mon mrrior, l’odrre n’a annucue ipmrotncae. Sueels la pmeirère et la drenèire lteetrs rtnseet à la bnnoe pclae. Mias je puex tujoruos lrie snas porblmèe car mon creaveu hmauin N’emxanie pas cquahe ltetre elle-mmêe mias le mot cmome un tuot.
Or mon miroir ayant compris que je détournais le problème, Se mit à inverser les heures et les minutes et les secondes. Les reflets de ce malappris mettaient le temps en plein dilemme, Espérant que mon cœur se leurre et mon esprit se dévergonde.
l’envers à mots ses lire à habitué vite suis me je Mais .contribue y cerveau le car m’adapte je fois chaque à Et pervers assez ordre nouvel un institué s’est il Depuis .début au fin la mettre à inapte montre me je souvent Car
Tableau de Cynthia Sheppard et photo de Hugh Kretschmer
Avant que ne poigne l’aurore sur mes souvenirs endormis, Je sauve la couleur des rêves qui drapent le corps de ma muse Malgré l’amnésie carnivore pratiquant la lobotomie De la dernière image brève issue de mes pensées confuses.
L’image aux couleurs infrarouges et aux nuances ultraviolettes Qui ne laissent sur la rétine aucune trace de son passage. Excepté cette femme en rouge et sa fragile silhouette Comme déesse gréco-latine qui complète mon apprentissage.
En effet, la nuit l’inconscient qui n’a pas été formaté Projette des figures impossibles issues d’un monde immatériel Qui alimente mon subconscient par-delà la conformité Qui m’entrave d’une impassible inertie psychosensorielle.
La belle automne, comme une femme, est la plus tendre des saisons ; La belle automne plaît à mon âme, plaît à mon cœur dans ma maison. Elle parait toute embrumée quand vient le temps des amours mortes Balayer mes rêves enrhumés de passions que le diable emporte.
La belle automne m’a offert la petite mort nécessaire ; La belle automne n’a pas souffert, elle n’est rien qu’un ange émissaire Qui m’ensommeille et me réveille pour un voyage merveilleux Et puis qui m’ouvre et m’émerveille lorsque je la vois dans tes yeux.
Illustrations d’Ana Miralles sur https://bdheroines.blogspot.com/p/par-jean-dufaux-dessinatrice-ana.html?spref=pi&m=1&fbclid=IwAR2ww3i4r8HorpFfKD1tVdFXP4msYZxdMTnQOodAd_umF5lzsUY2f4yW2Jg
Nouvelle Lune de l’année, la porte reste verrouillée Suite à on ne sait quel dilemme qui l’avait maintenue bouclée. Elle semble vraiment condamnée – d’ailleurs ses gonds sont tous rouillés – Pourtant ce n’est plus un problème car on a égaré la clef.
Mais cette nuit de pleine Lune, six jeunes filles en robe blanche Ont accompli le rituel de l’ouverture de la porte. Sans autre procédure aucune, on entendit craquer les planches Selon le sens spirituel que le chant consacré comporte.
Une fois la porte entrouverte, les jeunes vierges sont entrées Dans le mystère et le silence de la foret du bois-des-chênes. Puis la clairière s’est recouverte de ronces tellement concentrées Qu’on en a omis l’existence et ce, jusqu’à l’année prochaine.
Partout l’amour verdurera dans la nature déflorée Quand le printemps réveillera campagnes, vallées et forêts ! Partout la vie bourgeonnera et fera jouir les fleurettes Que la pluie badigeonnera d’eau fraîche sur les collerettes.
Revivront d’amours végétales les nouveaux rameaux érectiles Qui exposeront leurs pétales autour de leurs pistils fertiles. Et mûriront les fruits bénis par d’indispensables abeilles, Petites fées dont le génie nous remplit de vie les corbeilles.
Tableau d’Igor Morski sur https://www.espritsciencemetaphysiques.com/illustrations-controverse-dun-artiste-polonais-revelent-cote-noir-de-societe-moderne.html
Je vis en vert la nuit, le jour, entre le cœur et la raison ; Quant au blues et aux bleus de l’âme, je les mets en périphérie. Qu’il est utopique, le séjour d’un poète resté à la maison Qui écrit sur le cœur des femmes dans les bras de son égérie !
L’égérie voit la vie en rose car, après tout, c’est là son rôle Et reste jaune très longtemps dans une jeunesse éternelle. Elle a sauvé mon cœur morose – je vous en donne ma parole – Qui vit un retour de printemps de ses amourettes charnelles.
Le soir, ma femme devient violette, comme la couleur des montagnes Où la Chèvre de Monsieur Seguin s’enfuit en quête d’aventures. Je sèche mon encre obsolète dans l’encrier de ma compagne Pour qui j’ai l’éternel béguin au parfum de littérature.
Photos de Julius Ise sur http://blog.julius-ise.de/colorgames
Le Roi possède tous les droits et c’est normal, il est le Roi ; Il est aussi de droit divin né de la cuisse de Jupiter Ou de n’importe quel endroit, cheville gauche ou genou droit, Quoi qu’il en soit, quoi qu’il advint, le Roi est Maître, pas de mystère !
La Reine ne possède rien et c’est normal, elle est la Reine Mais elle règne dans son lit surtout quand le Roi n’est pas là ; Lorsqu’il part chasser les vauriens de ses provinces souveraines, Elle y accueille à la folie tous ses amants sans tralala.
La courtisane fléchit le Roi ; c’est normal, c’est la plus jolie Que le Roi séduit sans retard car, des folies, il n’en a guère. Là, bien serrés, tout à l’étroit, Il oublie sa mélancolie Et lui fait deux ou trois bâtards qui, plus tard, iront à la guerre.
Les autres cartes font les corvées ; c’est normal elles n’ont aucun titre Sinon leurs chiffres décarrés qui tiennent lieu de patronyme. Parfois les As sont réservés à faire jouer leur libre arbitre Lorsqu’ils s’annoncent en carré d’un consentement unanime.
Tableaux de Jake Baddeley sur https://www.jakebaddeley.com/collection/paintings/paintings-2007
Si Dieu existe, comment peut-il laisser son chef-d’œuvre en péril Et autoriser que le mal prône son côté animal, Optant pour la loi du plus fort qui prédomine sans effort Afin que le crime malicieux soit le choix le plus judicieux ?
Ainsi nos hommes politiques nous posent autant de polémiques Sur le choix de leurs décisions qui causent autant de divisions Alors qu’ils ont été élus, non pas pour le pouvoir absolu, Mais pour répondre à nos problèmes et non provoquer les dilemmes.
Ange ou démon, le président aspire à être résident D’une durée indéterminée sans doute pour exterminer Tous ceux, lucides d’accepter de se retrouver exceptés D’un avenir qui fait mention d’un enfer pavé d’intentions.
Tableau de Nicoletta Ceccoli sur https://vigilantcitizen.com/latestnews/disturbing-mkultra-and-child-abuse-paintings-displayed-on-billboards-in-italy
Vous souvenez-vous du Chat-Botté, protecteur d’un certain marquis De Sade ou bien de Carabas ? Peu nous importe finalement ! Il eut une charibotée de descendance qui lui naquît Et qui aujourd’hui le dépasse en audace et emballement.
D’ailleurs, ils prennent notre place sur les genoux de nos mémés, Sont les confidents de nos filles, consolent veuves et orphelines. Gageons demain qu’ils nous remplacent après nous avoir blasphémés Comme anciens maîtres de famille qui se profanent et se déclinent.
Ils n’auront ni gouvernement, ni président, ni assemblée. Les riches vivront à Paris et les pauvres iront à Marseille. Ils auront le discernement de tuer et dévorer d’emblée Lapins, belettes et canaris qui leur demanderont conseil.
Illustration de Nadezhda Illarionova sur https://www.artstation.com/artwork/krP1z
J’irais bien au fond de la mer non pas écouter les sirènes Mais pour leur faire la lecture d’une diction marémotrice. Petites nouvelles éphémères, derniers potins sur rois et reines Ou de grands récits d’aventures selon le choix de l’auditrice.
Des grands romans de Jules Verne, le Nautilus, l’ile mystérieuse, Aux grandes épopées marines, l’odyssée des explorateurs. Je m’produirais à la taverne de l’illustre sirène rieuse Si l’auditoire m’entérine ce répertoire d’orateur.
Illustration d’Akira Kusaka sur https://akira-kusaka-illustration.tumblr.com
Gaffe à la sirène voleuse qui se laisse prendre au filet Pour mieux sélectionner sa proie et fuir sans demander son reste ! La sirène n’est plus cajoleuse après trois crises d’affilée Et préfère un banc de lamproies à un marin fort indigeste.
D’ailleurs plus jamais elle ne chante à s’égosiller sur la mer Mais vous pouvez toujours l’entendre à toute heure sur les réseaux. Que voulez-vous ? Elle déchante car l’avenir se montre amer Et songe à changer sa queue tendre, puis faire feu des deux fuseaux.
« Dès que la féminine engeance sut que le singe était puceau, au lieu de profiter de la chance, elle fit feu des deux fuseaux » Georges Brassens, Le Gorille.
Parmi les sciences surnaturelles, la magie reste l’énergie Prépondérante dans les forêts pour les jeunes fées ingénues. Leurs habitudes culturelles les rallient toutes en synergie Lorsque la Lune phosphorée darde un halo d’argent ténu.
À l’équinoxe, les fées dansent et au solstice, elles recommencent. Les pleines lunes les rassemblent ainsi que les coups de tonnerre. Et plus les filles sont en transe, plus revient le temps des romances Car amour et magie s’assemblent comme deux forces partenaires.
Petit moment de plénitude, de sérénité, de quiétude ; Le temps ne se rattrape plus, il est perdu, n’en parlons plus ! Raccorder ses deux univers, l’un à l’endroit, l’autre à l’envers, L’un qui rayonne à l’intérieur, l’autre qui tire à l’extérieur.
Un petit moment de détente, de lâcher prise en dilettante ; L’espace-temps est contracté et le corps tout décontracté. Redevenir un cœur d’étoile, tomber les masques et les voiles Et recommencer à zéro la vie dont on est le héros.
Même le monde des sorcières n’échappe pas aux servitudes Et plus on use de magie et plus celle-ci dégénère. Balai magique pour la poussière, on en prend vite l’habitude ; Quand on l’enfourche, il réagit en soubresauts tourbillonnaires.
Pour entretenir son balai, toute sorcière bien éduquée Trois fois par jour le fait voler pour le vider de ses moutons Qui ne sont pas très emballés et se montrent assez offusqués Quand on les envoie s’envoler parmi pousses et fleurs en boutons.
Quand le balai est électrique, la magie est chère à payer ; Plus l’énergie est lumineuse plus elle a de voracité. Et les sorcières égocentriques se mettent alors à bégayer Devant la note pharamineuse de la fée électricité.
Tableau de Remedios Varo sur https://loirremediable.wordpress.com/2020/09/17/remedios-varo-alquimia-y-psicoanalisis
Dans les méandres féminins d’une rêveuse aventurière, Je m’étais au rêve embarqué pour un voyage fantastique. J’ai barré sous un vent bénin d’une intuition avant-courrière Vers tous ses souvenirs parqués dans des alcôves synaptiques.
J’ai vu la rose de son cœur s’épanouir quand elle s’endort Et l’expression de son esprit s’enrouler autour de Morphée. J’ai remonté tel un vainqueur qui a conquis la toison d’or Jusqu’à son souffle que j’ai pris comme mon plus précieux trophée.
Et si tendait vers l’infini la fin de ce mois de janvier Qui empièterait sur février, mars avril mai et caetera ? Qui aurait ainsi défini ce calendrier tant envié ? Bien sûr ! Les verseaux décriés pour leurs tripatouillages scélérats !
L’astrologie en conséquence serait toute empapaoutée ; Tous les signes déborderaient et même se feraient la guerre ; Le Lion par son éloquence se serait alors rajouté Les jours chauds qu’il s’accorderait sauf le froid dont il n’en a guère.
Les autres signes se confineraient dans cet hiver intercalaire Or comme les mois auraient changé, ce serait d’une complication ! Mais tout se recombinerait après une année de galère Car les astres se seraient vengés en faisant leurs révolutions.
Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https://www.behance.net/gallery/186943/calendar
Les bonhommes-de-neige interdits voient démarrer l’échauffourée Aussitôt qu’ils sont érigés comme martiale divinité. Sans doute l’amour reverdit à coup de batailles savourées De boules de neige dirigées avec beaucoup d’affinités.
Car plus on s’aime, plus on s’explose la gueule avec témérité Pour mieux aller se réchauffer tous nus devant la cheminée. À point nommé, les cœurs implosent d’une amoureuse célérité ; Piston et turbine échauffées par tous les sens inséminés.
Illustrations de Pascal Campion sur https://positivr.fr/pascal-campion-dessins-couple/?amp
Aveugle et malicieux hasard qui me guide vers la fortune, Parfois ton attraction bizarre conduit mes pas vers l’infortune ! Inexorable loi de Murphy qui finit toujours par m’avoir, T’es vieux démons personnifient ce fatidique super-pouvoir !
Sans doute « la faute à pas-de-chance » m’entraîne dans son addiction À croire que les circonstances m’indisposent avec conviction. Sans doute est-ce ma lâcheté à construire mon avenir Qui m’aura le plus cacheté de ses plus mauvais souvenirs.
J’ai lâché prise à la croyance envers la bonne destinée, Je ne crois plus à la voyance ni aux chemins prédestinés. La malchance devient vérité qui me permet de progresser Lorsque j’apprends à l’éviter et, au mieux, à la transgresser.
J’voudrais goûter le temps qui passe comme d’éternelles vacances ; J’voudrais sentir le temps qu’il fait avec un soleil rayonnant ; Mais la météo outrepasse le beau temps avec conséquences Qui se conjuguent à l’imparfait chargé de vents tourbillonnants.
J’voudrais voir le temps se figer comme une sauce à la française ; J’voudrais penser à autre chose et entrevoir ma vie en rose ; Mais vents et pluies m’ont infligé tellement de douches écossaises Que ma vie se métamorphose en une aventure morose.
J’voudrais entendre le silence et la candeur de l’existence ; J’voudrais tâter des jours meilleurs sans peine et à portée de main ; Mais mon chien avec insolence aboie pour avoir sa pitance Et j’ dois aller chercher ailleurs de quoi l’ nourrir jusqu’à demain.
J’voudrais reporter à demain les désagréments d’aujourd’hui ; J’voudrais passer le plus de temps avec un p’tit prince charmant ; Mais j’ai perdu mon sac à main et la malchance se reproduit ; Seul mon chien se montre content quels que soient mes égarements.
Avant le solstice d’hiver, l’automne se matérialise En un corps de femme évoqué par des milliers de feuilles mortes. C’est une loi de l’Univers qui impose et qui réalise Ce phénomène provoqué par un miracle en quelque sorte.
Sans doute par une déesse, Demeter, Diane ou Artemis Et les vibrations telluriques des tressaillements de la Terre Qui nous effectue la prouesse de révéler in extremis Son cœur de femme féerique telle une offrande salutaire.
La peur bleue mène la vie dure à mon goût pour la vie en rose ; Elle m’aveugle obstinément pour entraver ma progression. Hélas, cette oppression perdure dans les moments les plus moroses Pour rajouter en supplément une implacable régression.
Mais j’ai pris ma peur par la main, calmement pour la rassurer Et même la remercier de ses subtiles préventions. Je poursuis bien mieux mon chemin, le cœur léger pour m’assurer Que ma peur soit appréciée pour ses meilleures intentions.
Te souviens-tu, esprit de sel, quand ton âme a quitté ton corps Pour s’enfoncer en haute mer vers les abysses ténébreuses ? Puis ton fantôme universel peu à peu s’est mis en accord Avec l’élément outremer happé par d’essences fibreuses.
Et tu t’es matérialisée, déesse du marais salant Qui danse sur la fleur de sel dans sa métamorphose rose. Et puis tu t’es cristallisée dans des fragrances exhalant Ce goût divin qui ensorcelle ma soupe et tellement de choses.
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Au saut du lit je me détends, je m’étire et je me toilette, Puis je prépare guilleret mon petit-déjeuner sacré. Le rituel se répétant mais sans devenir obsolète, Je lui consacre tout l’intérêt des aliments salés-sucrés.
Tasse de lait dès potron-minet, la première gorgée me sourit. Quelques tranches de jambon fumé pour une première mise en bouche Que j’ai à peine terminée que je hume sur la cuisinière Une omelette parfumée à l’ail des ours et des souris.
Mais voici que mes maîtres grognent et m’envoient illico presto Redescendre au plancher des vaches pour je ne sais quelle raison. Alors tant pis, je me renfrogne et abandonne mon resto, Puis avec un air de bravache, je m’enfuis hors de la maison !
Mon œil, que Marianne soit soumise à ceux qui prétendent épouser Ses formes courbes et ses réformes et s’adapter à ses valeurs Quand elle se révèle promise à un avenir piquousé De rappels pénibles et conformes à plusieurs années de malheur.
J’ai un mauvais goût dans la bouche à force de m’être alléché Aux beaux discours des candidats qui sont devenus mes bourreaux. Je crains que la France n’accouche de lois qui me font trébucher Dans un ersatz de corrida où j’ai le rôle du taureau.
Alors si je tire la langue, ce n’est pas par impolitesse Mais par fatigue accumulée à subir les mêmes erreurs Que l’on m’impose et me harangue à force d’indélicatesses Par les médias assimilés à la seule voix de la terreur.
Tableaux d’Annica Klingspor sur https://ello.co/annicaklingspor
Après les fêtes on récupère les cœurs demeurés solitaires ; On les purge et on les décrasse de toutes mauvaises pensées. On les récure et l’on repère les endurcis célibataires Afin qu’il ne reste nulle trace de vieilles douleurs expansées.
Puis on recoud les cœurs brisés, c’est le travail du cœurdonnier Qui rafistole les blessures et les fractures du myocarde. Une fois qu’ils sont cicatrisés, on les confie aux façonniers Qui vont effacer les sutures et rentoiler le péricarde.
Puis on repeint les cœurs moroses avec la couleur du bonheur Qui élimine les bleus de l’âme sous plusieurs couches de vernis. On les parfume à l’eau de rose, on les cite au tableau d’honneur Et on galvanise à la flamme les carapaces qui ont terni.
Enfin les cœurs, entrés en cure, passent en thalassothérapie Et ne se nourrissent que d’amour durant trois ou quatre semaines. Après un temps de sinécure et de kinésithérapie, Ils sont remis au goût du jour pour vivre une expérience humaine.
Après l’or noir, l’or bleu-blanc-rouge, après l’or vert qui coule à flot, L’homme exploitera l’or humain, nec plus ultra de l’énergie. Tout ce qui vit, tout ce qui bouge alimentera le cash flow De l’économie de demain pour l’extraire de sa léthargie.
Si « labourage & pâturage » valaient nos françaises mamelles, Il manque la « copulation » au rang de couilles nationales. C’est pourquoi, dès leurs plus jeunes âges, nos plus plantureuses femelles Nourriront la population par voies buccales ou anales.
Illustration d’Ausonia sur https://www.artstation.com/artwork/EwL84
La science de l’information demande plusieurs points de vue Pour appréhender les tenants et coincer les aboutissants Et non pas la déformation où tous les malheurs sont prévus Pour nous stresser en méprenant nos sens en les assoupissant.
Observons les guerres par l’angle de ceux qui fournissent les armes ; Analysons les pandémies dans les milieux économiques. Mafia, Religion et Triangle nous invitent à sonner l’alarme À savoir que nos ennemis ne sont que tragiques comiques.
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Pour observer le temps qu’il fait, rien ne remplace un baromètre Mais pour suivre le temps qui passe, il faut l’instrument adéquat. Chaque marin, s’il est parfait, consulte son sirénomètre ; L’appareil le plus efficace, je vais vous expliquer pourquoi :
Mais à quoi pense la sirène tous les matins en se coiffant ? C’est selon la température du courant de la mode en mer ; Selon si les stars dans l’arène s’échangent des mots décoiffant Dont l’ampleur en twittérature s’avale comme une pilule amère.
Les cheveux longs de la sirène exigent une totale attention Pour dénouer toutes les tresses et les peigner comme il se doit. Selon l’actualité sereine, tout se démêle sans tension Mais quand elle en lit les détresses, il lui faudrait plus de dix doigts.
Savez-vous quel est le modèle le plus en vogue dans les musées Qui représente l’étalon plus précieux que l’or outremer ? Point n’y ont été infidèles, ni lassés, ni désabusés, Ceux qui fréquentaient les salons des galéristes de la mer.
Derrière un rideau de peinture se cache la beauté interdite De celle qui figurait l’émule de l’imperceptible Aphrodite. D’autant qu’en-dessous de la ceinture, à l’instar des jambes prédites, Un coup de pinceau dissimule sensuellement sa queue maudite.
Arrêter le flot des pensées revient à arrêter le temps Et la méditation atteint cette limite qui se savoure ; Le cœur permet de compenser l’afflux d’idées intermittent En s’ouvrant au petit matin sur une unique onde d’amour.
La vague d’amour se répand sur l’intégrale nudité De la peau au contact de l’air qui devient amplificateur ; Tout le corps vibre et ne dépend plus que de l’opportunité De ressentir l’Être Stellaire fils d’un Soleil procréateur.
Elle s’est retrouvée piégée entre les quatre dimensions Au moment de passer le mur de la lumière clignotante. Juste une empreinte désagrégée de ses nobles mensurations Témoigne Vénus en armure à la poitrine ballottante.
Jamais les amours impatientes ne peuvent souffrir d’un retard Et Vénus court contre la montre trop vite la plupart du temps. Lorsque la verge est déficiente, elle vient rallumer le pétard À toute berzingue comme le démontre ce cliché fort contrebutant.
Si vous ne voyez pas de formes émerger de votre cloison C’est preuve que votre libido ne connaît nulle dérobade. Mais si surgissent ses difformes ventre et pubis avec toison, C’est que Vénus vient tout de go vous sauver de la débandade.
Diane faisait feu de tout bois, excepté des bois de nos cerfs Qui perdent ramures en automne pour les recouvrir au printemps. Lorsque les biches sont aux abois la nature fait le nécessaire Pour que les mâles heureux entonnent leurs chants d’amour en se pointant.
Or quand le cerf est bien membré des bois de sa nouvelle année, Il baisse la tête soumise quand il voit Diane se ramener. Elle-même, qui passe fière et cambrée sans voir l’animal ricaner D’esquiver ses cornes promises au trophée sur la cheminée.
À chaque rencontre, il parait que le cervidé débrouillard Possède plus d’un tour dans son sac pour mystifier sa prédatrice. De plus l’hiver, il disparaît entre les couches de brouillard Et Diane de tourner casaque pour devenir cultivatrice.
Tableau de Georgy Kurasov sur https://www.facebook.com/Georgy-Kurasov-Art-401561293244767/photos
Parce que c’est plus beau à six mains et plus harmonieux sur sept cordes, Les Parques jouent des ritournelles avec le fil des destinées Afin de voir des lendemains chanter sans la moindre discorde Et afin que se renouvellent des milliers d’échos combinés.
Échos qui sonnent comme des accords selon les dynasties de gammes Qui se retrouvent, vies après vies, pour continuer leurs jeux de rôles. Si j’ai trop servi de raccord avec toutes mes familles d’âmes, Sans fin j’y demeure asservi au titre de porte-parole.
Je suis cette septième corde qui tremble et vibre en résonance Par toutes les combinaisons que trente phalanges interprètent. En conséquence, je vous l’accorde, j’ai dans le cœur la rémanence De toutes les déclinaisons des caractères qui s’y prêtent.
Lorsque les mers reverdiront sous l’effet de la pollution, Les petits poissons muteront comme nous-mêmes, il y a longtemps. Les sirènes convertiront leurs queues en guise d’évolution Et, sur deux jambes, disputeront un nouveau départ en chantant.
Rendez-vous à la prochaine ère lorsque les pôles auront fondu Laissant les terres englouties créer des mondes inédits. Les derniers humains, pauvres hères, se retrouveront morfondus Parmi la nature aboutie dans une verte comédie.
Depuis on n’sait combien d’années, après la mort du dernier homme, La planète en convalescence panse patiemment ses blessures. Oubliées les villes damnées disparues dans un maëlstrom, Ruines frappées d’obsolescence, terres criblées de meurtrissures.
Mais peu à peu tout recommence ; l’homme n’est plus indispensable. Les animaux coopératifs ont tous rétablit l’équilibre. Mais point de Dieu dont la démence provoque des guerres impensables Mais un système fédératif qui unit toutes espèces libres.
Le singe n’est pas au sommet sinon celui du cocotier ; Personne ne craint plus les loups, on vit paisible au fond des bois. Aucune chair n’est consommée, les œufs bannis des coquetiers Et pour qu’il n’y ait pas de jaloux, les chiens miaulent et les chats aboient.
Illustration d’Icinori sur http://icinori.com/blog-2
Chacun s’inspire des expériences faites par ses prédécesseurs Qui ont eux-mêmes photocopié généreusement la nature. Nature qui, par loi d’invariance, multiplie comme un processeur Parfois ses erreurs estropiées ou ses mutations immatures.
Et moi, je plagie l’univers et toute sa diversité Qui flatte mon cœur d’émotions que j’ai envie de présenter. J’extrais d’un simple fait divers l’invisible curiosité Que je duplique sans précaution pour bien mieux la complimenter.
Mes poèmes n’inventent rien d’autre que la réalité ; Comme un musée à mots couverts qui collectionne l’indicible Pensée perdue pour le terrien mais, pour le rêveur alité, Un vrai trésor à découvert dont chaque vers connaît sa cible.