Pour devenir une sirène, elle apprend d’un aréopage De poissons rouges dans leur bocal toutes les ficelles de l’ouïe. Elle plonge la tête sereine, authentifiée sans dopage Par l’émérite du local : un poisson prénommé Louis.
Une fois qu’elle a plongé la tête, elle se redresse toute droite Et tant que l’eau ne coulera, de grands progrès effectuera. Elle ne respire pas ; elle tète les poissons d’une bouche adroite Qui, bien plus tard, embrassera le beau marin… qu’elle tuera.
Madame Landru tue ses amants pour leur voler leurs vêtements. D’abord elle séduit ces couillons, puis elle les cuit au court-bouillon Après les avoir tous tondu afin que les crânes aient fondu. Mais elle garde les pieds et les mains… Pourquoi ? Vous le saurez demain…
Après avoir passé la nuit à sécher sans le moindre ennui, Elle les pendouille sur les toits – sans la tête, ils ont l’air pantois. Le lendemain, de ses menottes, avec aiguilles, dés et pelotes, Elle faufile leurs paluches au bout des manches en peluche.
Toujours vêtue de robe blanche, elle les expose tous les dimanches Et en profite pour repérer – c’est une artiste invétérée – Ses prochains modèles à chérir qui seront chefs-d’œuvre à périr D’une exécution prestigieuse par leur amante religieuse.
Par le petit bouton nacré que depuis longtemps je contemple, Je prononcerai le sésame pour ouvrir sa villosité. Par la porte humide et sacrée, je pénétrerai dans ton temple Et Dieu redeviendra la femme qu’ « Il » a d’ailleurs toujours été.
Je le prierai de tous ses seins en les oignant de mes baisers Et puis je m’agenouillerai devant l’entrée du sanctuaire, Devant le seuil du Saint des Saints jusqu’à ce que soit apaisée Mon attirance énamourée aux allégresses somptuaires.
Il y a longtemps, Dieu était vierge. Je ne sais qui l’a fécondée… « Sans doute », dirait Lapalisse, « qu’il devait être hermaphrodite… » Moi, j’y planterai bien mon cierge d’une manière dévergondée Non pas par esprit de malice mais pour goûter son eau bénite.
Sculpture de Fidelma Massey sur http:www.fidelmamassey.combronzes .
Après toutes les religions qui lui ont montré le visage D’un Dieu catholique, islamique, protestant, hindou ou hébreux, Sa vision, devenue légion sur tous bons et mauvais présages, Devint kaléidoscopique au regard d’un beau ténébreux.
Elle vous fait tourner la tête comme le jouet éponyme Qui qualifie sa clairvoyance et la déploie à l’infini. Posez lui n’importe quelle requête, elle vous répondra magnanime Soit qu’elle en voit la flamboyance, soit un bel embrouillamini.
J’en avais entendu l’histoire dans une chanson féerique Dont quatre garçons dans le vent s’étaient fait les anecdotiers. Ce souvenir prémonitoire est devenu ésotérique Depuis que je l’ai vue devant la vitrine d’un miroitier.
Photo de Mikhail Shestakov sur https:500px.compshestakovm?view=photos .
Lorsque le jour sera levé sur nos deux corps tachés d’amour, Lorsque l’aube révélera nos accouplements sur les draps, Lorsque un vent aura relevé les rideaux épais de velours, Alors tu te réveilleras et, sur mes pigments, t’étendras.
Mes fleurs de passions sur tes cuisses, mes branches autour de ton bassin, Tes rouges baisers répandus comme auréoles de cerises, Quelques grappes de fruits qui glissent de ta poitrine entre les seins, Puis vers la vallée défendue d’un buisson ardent de surprises.
Alors tu seras fécondée de toutes ma vie en couleurs, De ma façon de voir le monde et de mes reflets enchantés. Bientôt de ton corps inondé naîtra sans un cri de douleur L’exposition la plus profonde de notre chef d’œuvre enfanté.
Imaginez que vos prières ne soient pas entièrement perdues Mais accumulées au dossier des affaires urgentes à régler. Pour mieux assurer nos arrières, Dieu, dans un moment éperdu, Nous envoie un œil associé à son dévouement aveuglé.
Pour une fois qu’il lui tombe un œil pour contempler ses créatures, Nous comptions plutôt sur un ange qu’à un fléau tombé du ciel. Comment lui faire bon accueil et quelle est donc la procédure Pour expliquer à cet étrange envoyé nos maux essentiels ?
Faut-il d’abord se repentir ? Faut-il se faire pardonner ? Comment gagner son paradis autre que par ce bel hommage : « Merci Seigneur de nous mentir ! Merci de nous avoir donné Toutes tes saintes maladies et créé l’homme à ton image ! »
Illustration de Paul Lehr sur https:70sscifiart.tumblr.com.
Voir l’avenir dans les carreaux de sa cuisine n’est pas banal ; Les devins lisent dans les entrailles, d’autres dans le marc de café. Même en lisant le Figaro aux pronostics toujours bancals, Ce sont surtout les funérailles qui font les papiers parafés.
Sans doute la dame des carreaux lit-elle son destin à l’office ; Ici, dans un carré d’agneau et là dans un cubi de vin ? Mieux que les cartes et les tarots, elle trouve un meilleur bénéfice En observant tous les signaux de l’art culinaire et divin.
Les Rois-boulons avaient ce vice de comparer leurs pas-de-vis Et se resserrer les écrous pour des broutilles, ni peu ni prou. Ils s’interchangeaient leurs rondelles dès qu’elles n’étaient plus fidèles Et tout cela leur tournaient la tête jusqu’à mutuelle défaite.
À force de se faire dévisser, en avoir les poils hérissés, Ils inventèrent un jeu maboul, mélange d’échecs et de boules Sur un échiquier empilées, bien aplaties et compilées Par ordre de forme et de taille pour les livrer à la bataille.
J’y ai joué, j’y ai perdu dans une partie éperdue Où ma reine en colimaçon se démontait à sa façon ; Elle m’a trahi pour un piton même pas en or mais en laiton Et m’ont tourné au triboulet, puis éjecté comme un boulet.
Tableau de Leszek Andrzej Kostuj sur http:funtema.rublogillustrations15281.html .
Au jeu des échecs ridicules, les cavaliers sans queue ni tête Se ruent avec les reines nues aux quatre tours de l’horizon. Les pions basculent et gesticulent – ils voudraient que la guerre s’arrête – Et un lapin, sans retenue, triche dès sorti de prison.
Finalement quand vient la nuit, les échiquiers dessus de lit Permettent à tous de se coucher dont les pions en plein désarroi. L’escargot des cases s’ennuie et tombe en pleine mélancolie Depuis que les oies effarouchées ont été plumées par les rois.
J’ai capturé le soleil fou que j’avais pourtant redouté Au début de notre rencontre de peur de m’y brûler les yeux. Je n’ai jamais aimé que vous, Madame, vous vous en doutez Et j’aime me blottir tout contre votre galbe pur, soleilleux.
Lorsque mon cœur s’est fait piéger par l’attraction inéluctable De votre charme magnétique et la grâce de vos attributs, J’ai laissé l’amour m’assiéger par ses promesses délectables Et ma reddition extatique fut la rançon de mon tribut.
Irradié par la chaleur de votre cœur incandescent, Je sens vos rayons transpercer mon corps qui se métamorphose. Vous m’avez changé de valeur par votre amour iridescent Qui, dans mon âme, a dispersé une étoile d’ivresse rose.
Tableau de Stoffberg sur https:stoffberg.bigcartel.comproducts .
« Si la pleine Lune vous aime, pourquoi vous soucier des étoiles ? » Ce petit proverbe africain s’adapte parfaitement à ma reine. Premier quartier, d’un stratagème pusillanime, elle se dévoile ; Dernier quartier, d’un air mesquin elle s’amenuise, elle est sans-gêne.
Et durant toute une semaine, elle me fait languir tous les soirs. Plus tard, elle montre un bout de pied, une jambe ou même une demi-cuisse. Sournoise, hypocrite, inhumaine, mon cœur est pris dans son pressoir Enfin elle sort son marchepied pour m’aimer autant qu’elle puisse.
Gibbeuses, joyeuses et heureuses, nos amours dureront sept nuits ; Nulle étoile ne brillera plus fort que sa brillance sur les plaines. Vingt-et-une journées malheureuses me replongeront dans l’ennui ; J’attendrai encore et encore lorsque la Lune sera pleine.
Tableau de Darlene McElroy sur http:www.artclassicsltd.commm5merchant.mvc?Screen=CTGY&Store_Code=acl&Category_Code=_DarleneMcElroy .
Croyez-vous que l’amour enchaîne le prisonnier à sa geôlière ? Croyez-vous que les chaînes d’or sont plus difficiles à briser ? Si les querelles se déchaînent sur le chemin des écolières, Tout va mieux dès que l’on s’endort après s’être au lit dégrisé.
L’amour physique est fantastique et, on le dit, spirituel. Puisque deux chairs valent mieux qu’une, honorons la fusion des sens ! Joignons l’utile à l’érotique en faisant l’amour rituel Et séparons-nous sans rancune après sa sainte jouissance.
Nous sommes fruits d’une expérience où l’amour puise l’énergie Qu’il transmet avec l’amitié, la compassion, l’affinité. Pour expliquer sa luxuriance, il nous suffit, en synergie, De réunir chaque moitié et sentir leur divinité.
Sculptures d’Adam Martinakis sur https:www.martinakis.com .
La femme au miroir comparée ouvre une porte sur l’univers Quand elle est face à sa psyché qui démultiplie sa beauté. Et je ne saurais séparer entre l’endroit et son envers Lequel m’a le plus aguiché dans chaque plan escamoté.
Dans une infinité de vies et une infinité de femmes, L’amour serait assurément éternel pour leur rendre hommage. Sans doute est-ce ce que Dieu vit lorsqu’il éclaira de sa flamme Un monde démesurément équivalent à son image.
Dans ce miroir j’ai découvert où mon idéal féminin Se répétait jour après jour à chaque moment de ma vie. Mon cœur s’est simplement ouvert à ce phénomène bénin Qu’est l’infinité de l’amour lorsque ma femme me ravit.
2 Photos anonymes et 1 Photo de Pauline Greefhorst.
Désormais les pauvres et les riches, habitant le même bateau, Connaîtront les mêmes tempêtes et partageront leurs inquiétudes. Les pauvres resteront en friche mais c’est cerise sur le gâteau Grâce la poudre d’escampette pour les riches en vicissitude.
Les pauvres n’ayant plus de chemise suivront la mode des sans-culottes, Les riches vivront dans l’abondance puisque seul ce qui est rare est cher. La société sera promise à une vie moins rigolote Sauf pour tous ceux dont l’ascendance aura droit à la bonne chère.
Si déjà le pauvre fait honte, le riche attire tous les regards De la Jetset et des vedettes, des stars de la télévision Dont la prospérité remonte depuis qu’ils savent que les gares Accueillent aussi bien les pépettes que ceux qui n’ont plus d’illusion.
Marianne, l’infiniment femme, Marianne, l’infiniment mère Nous montre un futur répété de ce qui ne change jamais. Car dans ses prévisions infâmes, on n’ voit rien d’extraordinaire Rien que des cadres décrétés pour remplir un vide essaimé.
Marianne nous montre le revers de la médaille plutôt que l’avers Et parle de fin de l’abondance avec des fesses callipyges. Il faudrait se montrer sévère envers ce qui va de travers Mais c’est toujours les chats qui dansent quand les souris sont en litige.
Mettre ma maison en ampoule ne me demande pas plus d’efforts Que mettre Paris en bouteille en amalgamant plein de « Si… ». Je sais donner la chair de poule en écrivant des métaphores Qui aurait charmé à merveille même Léonard de Vinci.
Dès que tombe un quartier de Lune, j’attends le tram trente-trois-un-tiers, Un train de rêve à la station des voyages interstellaires. Les bancs de sardines communes forment un réseau ferroviaire Qui dessert chaque constellation dont notre Terre est titulaire.
Je croise souvent l’ami Pierrot qui a accroché sa chandelle À un bout du croissant lunaire, suspendue au fil de son ancre. Quand je passe, il fait le fiérot avec sa plume d’hirondelle Qui écrit des mots lacunaires car constamment en manque d’encre.
Elle avait tant d’eau dans la tête ou tant d’air – on ne sait pas trop – Qu’auraient pu voler des vélos ou nager des poissons-volants ! Elle n’avait ni l’air à la fête ni l’eau au pastis du bistrot ; Plutôt des amours à vau-l’eau ou des amants peu convolant.
Mais, m’a mis la puce à l’oreille, un poisson rouge assez ténu Qui est entré d’un pavillon à l’autre dans tous ses dédales. Dans cette cervelle sans pareille, il a vu son cœur détenu Par la passion d’un papillon apeuré dans son amygdale.
Un papillon blanc amoureux qui ressemble à sa thyroïde Et s’est noyé dans un chagrin, si jeune à peine chrysalide. Il bat ses ailes, langoureux, en brassant les corticoïdes Qui donne au vague à l’âme un grain de folie et qui l’invalide.
Son amant, le papillon blanc, ne mourra pas, évidemment, Il quittera son hippocampe pour les ventricules du cœur. Bien à l’abri, sans faux-semblants, il pourra faire galamment Sa cour sous les feux de la rampe… et la fille perdra sa rancœur.
Attention en lisant ce texte : il est pourri de trous de ver Et vous tombez entre les lignes avant la note en bas de page ! C’est fait exprès dans le contexte ; ainsi les rimes et les vers Vous enlacent de façon maligne par son sujet anthropophage.
J’ai découvert il y a longtemps ces trous de ver dans les bouquins Qui vous enferment entre leurs pages au cours d’après-midis entières. Je commence un livre au printemps et puis, jusqu’à la Saint-Frusquin, J’y reste l’été à la plage rivé à la table des matières.
Il existe des livres en anneau comme la roue de la fortune Où des créatures érotiques vous piègent l’animal-lecteur. Et vous tombez dans le panneau sans la moindre chance opportune D’échapper au piège diabolique du mange-livre collecteur.
Tableau de Wojtek Siudmak sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201109wojtek-siudmak-1942-polishfrench.html .
Après l’heure entre chien et loup vient l’heure entre chat et lion. Tous les matous deviennent gris par la magie du crépuscule. Mais ils se montrent assez jaloux quand les chattes cherchent un champion, Un beau chevalier Mistigri qui rendra les autres ridicules.
Maintenant à la nuit tombée, on s’est griffé, on s’est battu, On a entendu des batailles et des miaulements de détresse. Les chattes ont-elles succombé aux mâles félins courbatus ? On suppose que, dans la pagaille, certains ont trouvé leurs maîtresses.
Durant l’heure entre chien et loup, la chasse est ouverte aux chimères Et tous les démons de la nuit qui dansent entre les arbres en nombre. Puis la Lune au halo jaloux, d’un rayon vert dans l’outremer, Donne un signal et tous s’enfuient pour se cacher parmi les ombres.
Silence opaque dans la nuit. Personne ne bouge ni ne respire. Seul un œil noir dans les ténèbres, seule une ombre dans l’obscurité. Trois flèches sorties de l’étui, trois cris d’agonie qui expirent Suivis d’une plainte funèbre d’un loup par solidarité.
L’arc et les flèches sont rangés et Diane arrête ses pensées Le regard vide et reposé sur le soleil au crépuscule. L’étrange lueur orangée de l’astre essaie de dispenser Ses derniers rayons supposés semer l’éther de corpuscules.
Tableau de Susan Seddon-Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207susan-seddon-boulet.html .
Ça me faisait froid dans le dos, torse nu derrière le rideau, À en avoir la chair de poule, avoir peur de perdre la boule. Pourtant je dois me prendre en mains sinon j’y suis jusqu’à demain Et je dois faire ce qui se doit au risque de m’en mordre les doigts.
Mais je me sens bien dans ma peau, je me rapproche des drapeaux, J’avance, sans baisser les bras, tortiller la danse du cobra. Je ne sais sur quel pied danser mais j’préfère ne pas y penser Et puis je repars d’un bon pied sans m’laisser marcher sur les pieds.
Et brusquement ça saute aux yeux, il s’en est fallu d’un cheveux ! Ça pend au nez, ça prend la tête et finalement c’est tout bête. Je tiens ma langue, reste sans voix, le trac me souffle et me renvoie Mais j’n’l’entends pas de cette oreille et pousse dans l’ plus simple appareil.
Mon tape-à-l’œil, c’est essentiel, vous a fait lever les yeux au ciel ! Vous avez mis le nez dehors et moi, j’ai battu les records. Si mon spectacle vous tient à cœur, moi ça me met du baume au cœur. Mais veuillez garder la tête froide, gare à ma prochaine escouade !
(Tableaux d’Arnaud Bauville Expressions corporelles sur https:francebienvenue2.comexpressions-2expressions-corporelles .)
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Tandis qu’elle cherche sa victime aux premiers rayons qui poudroient, L’autre partie de son cerveau accomplit des gestes complexes. Il s’établît un lien intime entre la chasseuse et sa proie Lorsqu’elle remet à niveau les deux parties de son cortex.
Pour ainsi dire, elles sont deux, elles sont trois ou même quatre Comme la prudence associée à la force par la tempérance. Aucun sentiment hasardeux ne vient la troubler pour combattre Ni crainte ne vient dissocier ou faiblir sa prépondérance.
La cible est déjà circonscrite, et dans son œil, et dans son cœur Et lorsque la flèche est lâchée, la proie fait partie de son corps. Son histoire à jamais inscrite au florilège des vainqueurs Restera toujours attachée aux légendaires plus grands records.
Tableau de Susan Seddon Boulet sur http:artilo-artilo.blogspot.com201207susan-seddon-boulet.html .
Puisqu’on veut décider son sexe, sa race et son appartenance, Pourquoi ne déciderait-on pas le coloris de sa peau ? Une combinaison complexe de colorations et nuances Et de variations de bons tons selon des goûts bien à propos !
Finis les jaunes, noirs et blancs et vivent les bariolés ! Osons au front nos bleus de l’âme ! Risquons un sourire rugissant ! Teintons des cheveux ressemblant à un pinceau patafiolé, Échevelés en oriflamme flottant aux valeurs rouge sang.
Photos de Werdn Occulta sur https:www.deviantart.comwerdnocculta .
Souvent les cloisons disparaissent de la résidence où je vis Et j’entends les voisins chanter par le plafond de ma cuisine. Je vois des gens qui apparaissent sur le palier en vis-à-vis Et des odeurs diligentées par le balcon de ma voisine.
Tiens ! Le voisin reçoit sa copine – elle a du chien et même un gros ; Ah, l’ado du haut met sa musique – pour une fois, il a bon goût ; À côté, on boit sa chopine, on rit, on entonne allegro ; Midi, la voisine amnésique cuisine son énième ragoût.
En effet, je vis avec eux ; leurs chiens, leurs enfants sont les miens ; Nous sommes comme une grande famille – ses luttes et ses rivalités. Les gens deviennent belliqueux et s’engueulent comme des bohémiens Puis chacun sort de sa coquille et s’apaise en finalité.
Tableau d’Andrius Kovelinas sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201011andrius-kovelinas.html .
J’ai retenu du Petit Prince sa façon de crapahuter De planètes de plus en plus grandes en étoiles de plus en plus belles. Sur les crêtes de plus en plus minces, je cours comme catapultée Afin de m’offrir en offrande aux dieux des montagnes rebelles.
Et je cours de plus en plus vite et je sens le vent qui s’engouffre Et je me sens pousser des ailes et je suis un aéroplane. Mais par la force qui gravite et l’air qui s’élève du gouffre, Je pique tout droit en chandelle et je remonte en deltaplane.
Tableaux de Michael Whelan sur http:www.michaelwhelan.com .
Il ne souhaitait pas voyager mais demeurer à la maison ; Il avait peur de s’affronter à l’incertitude du temps. Derrière son enclos grillagé, il s’était fait une raison Et se moquait des effrontés qui trouvaient son goût rebutant.
Un matin ils ont disparu ; la bastide et le propriétaire. Personne n’a rien entendu, personne n’a fait attention. Tous les voisins ont comparu devant Monsieur le commissaire Qui a classé la prétendue mystérieuse disparition.
Ce sont des oiseaux migrateurs qui ont rencontré dans le ciel Une montgolfière de pierre tractée par des feuilles géantes. Ils ont vu le navigateur, un vieux monsieur résidentiel, Accompagné comme équipière d’une jardinière bienséante.
Ensemble, ils s’en vont convolant, malgré sa frousse radicale, Sur les nuages triompher tout en restant à la maison Avec des feuilles d’arbres volants des forêts vierges tropicales Qu’elle a réussi à greffer au toit, à la belle saison.
Pour être quatre fois plus heureuse, elle tient un moulin aux sourires Qui multiplie chaque mimique lorsque lui prend son vertigo. Pour paraître plus chaleureuse, elle est également prête à rire En tournant de façon comique les pales à tire-larigot.
Elle tient entre ses doigts le manche que son mari lui a offert Et fébrilement l’appareil fait tourner ses quatre risettes. Ainsi du lundi au dimanche, dans une drôle d’atmosphère, Le tournis n’a pas son pareil pour faire sourire Louisette.
Or – catastrophe – quand il pleut, le moulin ne fonctionne plus ! Tous les sourires disparaissent et perdent tout leur potentiel. Mais dès que revient le ciel bleu – et surtout lorsqu’il a bien plu – Les sourires réapparaissent dans un délire d’arcs-en-ciel.
Je ne jure que par le sein bleu, issu du saint des saints royal. Par la poitrine de Cléopâtre ou le buste de Shéhérazade. D’ailleurs le terme « Palsambleu » est resté conforme et loyal À tous les hommes qui idolâtrent les seins nus des belles naïades.
Par les tétons de Madelon qui servait à boire aux garçons ! Par les mamelles de la pucelle qui botta les Anglois de France ! Par les seins ronds comme des melons qui appâtent comme un hameçon ! Par les poitrines de toutes celles qui mettront leur doudounes en transe !
Alors fini le rouge à lèvres, vive le bleu à mamelon ! Turquoise estompé sur le galbe et, sur le téton, outremer. La femme gagnée par la fièvre du bleu fera dans les salons Un chef-d’œuvre des plus admirables d’azur si intense et mammaire.
Si la nuit tous les chats sont gris, qu’en est-il à propos des souris ? Pénétrons par le trou de serrure discrètement, non sans douleur. Pour orner les soirées aigries, afin que la dame sourit, Allons voir en lumière obscure le secret des femmes en couleur.
Mon p’tit oiseau les a vues vertes, bleues, indigo ou violacées Offrant au regard une teinte impressionnante et soutenue. Elle est si belle la découverte des coloris entrelacés Sous une lampe demi-éteinte égayant ces peaux toutes nues.
Femme du soir, couleur d’espoir, femme du matin, cheveux châtains. Entre les deux, tout est pervers du rouge jusqu’à l’ultraviolet. J’ai noté sur mon répertoire l’instant où l’orgasme est atteint Par une palette de vers embrassées entre les volets.
Tableaux de John Holcomb sur https:johnholcomb.com .
Rien ne va plus dans ma raison qui s’effrite en queue de poisson Dans le reflux d’évènement qui obéissent aux vents contraires. Je ne sais plus si ma maison construite de main de maçon Résistera à l’avènement d’améliorations arbitraires.
Nouvelle vague, nouvelle mode, les traditions sont secouées ; Nouveaux genres contre-nature qui vont à voile et à vapeur. Tandis que les dieux se démodent et que leurs prêtres sont engoués, Nous subissons la dictature d’un ordre nouveau qui fait peur.
Les eaux montent, les terres reculent sous l’effet du réchauffement Les pluies empoisonnent les sols des particules dans l’atmosphère. Tandis que l’état nous accule à nous conduire gauchement Vers un futur dont la boussole n’indique que le sens des affaires.
Ma vie va de plus en plus vite pour concourir avec le temps Qui m’oppose sa résistance à surconsommer mon essence. Tous les obstacles que j’évite sont de plus en plus percutants Jusqu’à ce jour de circonstance qui me frappe d’obsolescence.
Quand vient le mur de la retraite, du handicap ou du chômage, Le cheval qui tirait mon cœur rouille, se grippe et fait des erreurs. Mes indemnités sont soustraites et Marianne me dédommage En m’accordant à contrecœur le droit de vivre dans l’horreur.
Il était une petite rose, toute timide en son jardin, Qui rêvait d’explorer le monde et naviguer dans l’outremer. Elle pleurait des rosées moroses dans son bassin périgourdin Dont les eaux coulaient, vagabondes, jusqu’aux ouïes des poissons de mer.
Ce bouche à ouïe aquatique remonta jusqu’aux anciens dieux ; Éole alloua l’air du levant, Neptune ses poissons volants. Et l’on vit un fantasmatique, étrange carrosse dispendieux Promener la rose-des-vents dans un voyage affriolant.
Après elle a perdu le nord quand elle a passé l’équateur Et a exploré l’Antarctique dans ses plus basses latitudes. Ce seraient les signaux sonores de quelques câblo-opérateurs Qui ont transmis sa fantastique pérégrination dans le sud.
Collage de Paula Belle Flores sur https:www.iamfy.coshoppaula-belle-flores .
Vendredi, je ne sais pourquoi, je m’envole en poisson-volant Pour respirer un air iodé empreint des embruns coralliens. Quand vient le moment adéquat, j’en appelle un, batifolant Par les vieilles ballades yodlées comme des chanteurs tyroliens.
Car les meilleures montgolfières, construites en poissons de Bavière, Vous siéent les meilleures montures qui vous emporteront au loin Toutes les rêveuses sont fières de traverser monts et rivières Pour aller braver l’aventure jusqu’au dimanche et faire le point.
Faire le point sera facile grâce au vol des roses-des-vents Qu’il me suffira d’observer pour mes prochains itinéraires. Si les vents se montrent graciles, le voyage sera innovant Mais devra bien me préserver des coups de foudre temporaires.
Collage de Margaret Orr sur https:www.redbubble.comfrpeoplehogretshop .
Pour faire un voyage impossible, pour entrouvrir le cours du temps, Nous avons besoin de nature et d’alchimie surnaturelle. Chacun sa recette accessible au profane et au débutant, Mais j’en ai tenté l’aventure avec ma recette personnelle.
Nul besoin d’alcool ou de drogue, ni de mise en transe excessive, Ni de participer en groupe en vue d’être galvanisé, Ni consulter un psychologue pour une séance dépressive, Ni de subir l’assaut des troupes de films américanisés.
Je coupe l’emprise des cinq sens qui donne l’image du monde Qui, comme le dirait Magritte, n’est qu’un reflet de l’extérieur. Je demande une sixième essence dont la révélation m’inonde De la réalité écrite dans mon univers intérieur.
Tableau de Nalinee Diosara sur https:soulconnectionsnalinee.com .
Aussi petit que soit mon corps, aussi grandes que soient mes racines, Je vis sans doute au point central tiré par les branches du temps. J’y pense tous les jours encore malgré la jeunesse assassine Qui rejette mon rite ancestral pour un futur plus percutant.
Quelques-uns vivent dans leur bulle détachés de leurs origines ; Ils ont dénoncé l’héritage légué par d’ancêtres encombrants. Ils prétendent sans préambule être les nouveaux androgynes Sans genre et dans l’étiquetage d’un génome abracadabrant.
Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
De l’uniformité du vide jaillit mon imagination Comme une envie de galoper au-delà de mon horizon. Besoin de carburant avide qui nourrit le cœur de passion, Une soif de développer les ouvertures de ma prison.
Le libre arbitre prétendu est borné par les jeux de rôles Que chacun emploie dans le monde en croyant décider sa vie. Le mien m’apparaît étendu à une histoire sans parole Où la confiance aveugle inonde tous ceux qui sont du même avis.
Je donne un sens à chaque objet, chaque image raconte une fable, Mes jouets deviennent des portes où disparaissent mes éléphants. Je suis le verbe et le sujet, le complément indispensable, Qui conjugue ce que je transporte du néant vers mon cœur d’enfant.
Tableau de Rafał Olbiński sur https:www.personalart.plrafal-olbinski?page=8 .
Tout en lumière et en couleurs autour du feu de la Saint-Jean, De jeunes vierges vont accueillir l’esprit du mâle des forêts. On oublie peines et douleurs, ses soucis les plus astringents Et on va toutes se recueillir sous la pleine Lune dorée.
Lorsqu’arrive l’esprit du mâle, les filles intensifient leur danse Les garçons entrent dans la ronde qui tourne de plus en plus vite. Alors le côté animal plonge tous les couples en transe ; Les femmes deviennent fécondes et lancent aux hommes des invites.
Dans l’environnement moderne, je me sens toute transparente Égarée dans les conventions où je dois rentrer dans le moule. Un simple élément subalterne d’une société indifférente À estimer la contention de ceux qui deviennent maboules.
Dehors, je parais invisible à toute une foule de gens Qui m’ignorent complètement quand je leur parle ou les appelle. À croire que je suis nuisible à leur confort intransigeant Ou que j’ose un empiètement inopportun dans leur chapelle.
On ne voit que moi, à l’inverse, quand, par malheur, je suis devant ; Lorsque j’arrive à un comptoir, ceux qui sont derrière ronchonnent ; Dans la rue vide que je traverse, surgit un gars m’invectivant Qui se plaint d’un ton péremptoire de son espace que je bouchonne.
Cette mosaïque égoïste de l’organisation humaine Veut que chacun reste à sa place car il y a trop de concurrents. Seuls quelques rares utopistes, poètes à la petite semaine, Savent qu’il faut rompre la glace et s’il le faut, sortir du rang.
Tableau de Scott Rohlfs sur www.distinctionart.comexhibitgallery_m.php?showID=131&fltr=prev .
Pour trouver chaussure à mon pied – ou plutôt une botte à ma cuisse – Je restai là, sans parapluie en attendant l’invraisemblable… J’attends l’amour, comme il me sied – du plus inattendu qu’il puisse – Au p’tit bonheur de l’eau de pluie pour une rencontre inoubliable.
Lorsque viendra mon amoureux, il éclipsera tout le monde Et sous son coin de Paradis, j’apercevrai un arc-en-ciel. Et moi, dans ses bras vigoureux, malgré la pluie qui nous inonde, Je serai toute ragaillardie blottie sous l’abri substantiel.
Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .
Pour nourrir l’ours qui vit en moi, comment pourrais-je tromper ma faim ? Pêcherai-je assez de poissons ? Chasserai-je assez de gibier ? Plus je lui donne au fil des mois et plus il atteint les confins De l’épuisement des moissons qui déshonore mon herbier.
À chaque étage de la vie, celle-ci se montre plus cruelle Même si l’homme atteint le sommet de la pire monstruosité. Cet équilibre pour ma survie s’exprime par ma faim rituelle Que je tolère et que j’admets sans la moindre affectuosité.
Cet ours vorace ne me laisse pas suffisamment de nourriture Et me taraude en conséquence dès que je commence un régime. Or quand l’estomac me délaisse je suis soumise à sa torture Par le supplice de l’appétence devant des plats sublimissimes.
Mes livres renferment, dans leur raison, tout un univers cloisonné De pièces aux chapitres dépeints de la couleur de leurs auteurs. J’ai plusieurs coins dans ma maison à l’atmosphère empoisonnée Par le virus d’Arsène Lupin, prince des emberlificoteurs.
Je lis, perchée dans une niche, des récits d’anticipation Et dans ma capsule exigüe, je relativise les volumes. J’ai un banc en forme de péniche pour romans de navigation Et pour les histoires ambiguës, toute une literie de plumes.
Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .
Colchiques dans les prés fleurissent pour fêter la fin de l’été ; Le cœur de Marie a mûri et ses fruits garnissent les comportes. La Terre, devenue sa nourrice, de ses pluies les a allaités Malgré les bourrasques en furie qui entraînent les feuilles mortes.
Marie met sa plus belle robe pour faire honneur à la Nature Avec des pétales de rose en guise de sous-vêtements. De l’humus, ses pieds se dérobent pour partir en villégiature Avant que les frimas moroses l’enjôlent par leurs empiètements.
L’hiver la déshabillera et l’endormira sous la neige ; Nous n’apercevrons de Marie que ses habits tombés par terre. Le printemps la réveillera pour lui offrir, en privilège, Des fleurs nouvelles et mûries de pluies et soleil salutaires.
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Fleurs de soleil et de printemps s’échappent du cœur de Marie Et ses sentiments papillonnent tout autour de la floraison. Pensées d’amour à chaque instant qu’un ange au petit gabarit, Entre ses deux mains, tourbillonne pour se blottir dans sa maison.
Pluie et rosée, Soleil et Lune, ont veillé au fleurissement Et tout l’été s’épanouit car la Terre devient maman. Adieu perce-neige et callunes, bienvenue au mûrissement Sous le jour qui s’évanouit et les étoiles au firmament.
Tout finira divinement d’un bouquet de feux d’artifice En fleurs pour la reproduction pour être là l’année prochaine. L’hiver poindra timidement avec ses jours qui raccourcissent, Puis viendra la reconduction d’un cycle de vie qui s’enchaîne.
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La Reine de Cœur cherche un mari qui lui donnera beaucoup d’enfants ; Un Italien pour l’amuser, un Français ou un Autrichien. Hélas le Roi, homme marri, ne s’est pas montré triomphant Et la Reine désabusée s’en retourne auprès de ses chiens.
La Reine de Carreau cherche un amant pour la distraire les jours de pluie Et tromper sa mélancolie, tromper son Roi et son ennui. Hélas le Roi, sur le moment, a oublié son parapluie, Puis les a surpris dans son lit et les a tués cette nuit.
La Reine de Trèfle cherche un galant pour l’accompagner sur les routes Tandis que le Roi se dérobe pour aller jouer au Casino. Hélas le Roi mirobolant, éperdu, s’est mis en déroute Et ne peut ni payer ses robes, ni les frais de son Valentino.
La Reine de Pique cherche un chéri juste pour un soir, une nuit ; Baiser dans ses draps de satin et puis le jeter en chemin. Hélas le Roi, homme aguerri, l’a fait tant jouir à minuit De sept orgasmes jusqu’au matin qu’il a droit de rester demain.
Le Roi de Cœur, homme fidèle cherche sa Reine appropriée ; Comme il a l’esprit cavalier, il sait qu’il peut tout pardonner. Hélas la Reine est infidèle et ne se fait jamais prier Pour rencontrer beaux chevaliers, marquis ou même baronnets
Le Roi de Carreaux, homme admirable, cherche sa Reine la plus belle Avec cuisses bien affermies et une poitrine de rêve. Hélas la Reine, fort désirable, qui aime un espion chez les rebelles, A fait pénétrer l’ennemi et la fin du Roi fut très brève.
Le Roi de Trèfle, homme d’argent, cherche sa Reine intelligente Avec amplement d’avenant et de l’esprit sous le chapeau. Hélas la Reine en partageant d’une manière trop diligente Son fonds de commerce à tout venant l’a ruiné et l’a mis capot.
Le Roi de Pique, homme volage, cherche sa Reine voluptueuse Qui sache lui donner au lit, le plaisir, l’amour et l’extase. Hélas la Reine, sous son pelage, possède une âme de tueuse Et, dès le premier hallali, le Roi est mort d’une épectase.
« La Reine est folle, folle est la Reine ! » entend-on partout quand on sort. Bien sûr, appelé à régner, le nouveau roi porte l’espoir. Son épouse se montre sereine ; elle deviendra reine consort Même si elle ressemble à l’araignée du soir, signe de désespoir.
La Reine défunte se retrouve au paradis des souverains Où elle regagne ses ancêtres, tous portés sur la gaudriole. Mais le plus grand choc qu’elle éprouve, c’est de rejoindre son bourrin Au corps laqué, en bois de hêtre, prêt à faire mille cabrioles.
Savez-vous que la reine est nue sur son fidèle cheval de bois ? Terminés les robes pastel, les chapeaux et les uniformes ! Qui sait que seront devenus ses célèbres chiens qui aboient ? Sans doute au chenil du Castel aux niches royales et cruciformes.
Comment protéger papillons, abeilles, guêpes et coccinelles, Les araignées les plus voraces et les escargots de bourgogne ? Comment sauver les oisillons, les hérons et les hirondelles,´ Les hiboux, chouettes et les rapaces, les cigognes et les éperviers ?
Alors que c’est tout le contraire ; nous leur sommes tous tributaires ! Tous les insectes butineurs sont les anges de la Nature Et notre présence arbitraire sur la planète est délétère Par nos dommages déracineurs qui ne paient même pas la fracture.
L’homme ayant pillé tout l’été se trouvera bien dépourvu Lorsque l’hiver sera venu tandis que la Terre pourrissait. Il recherchera, hébété, comment gérer cet imprévu Sans les bébêtes malvenues qui cependant le nourrissaient.
Elles ne sont plus ce qu’elles étaient et la magie est terminée. Désormais la sirène moderne a internet et le wifi. Tandis qu’autrefois elles guettaient les marins à éliminer, Désormais les vieilles badernes viennent visiter leurs profils.
C’est ainsi qu’ j’ai trouvé la mienne, une sirène alémanique Dont les beaux tableaux sur la toile m’avaient pris entre leurs filets. J’ai quitté ma vie bohémienne pour une langue germanique Qui m’a ouvert mon cœur d’étoile et fermé mes yeux effilés.
Faites attention quand vous croisez une sirène au téléphone Qui promène avec nonchalance son poisson rouge en canne-à-pêche ! N’essayez pas d’apprivoiser la belle devenue aphone Qui répond avec insolence et s’enfuit comme une pimbêche !
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La pêche à l’amour en eaux troubles m’entraîne au bord de la rivière Quand le courant fait des remous sous la pleine Lune sereine. Dans les reflets qui se dédoublent, là, deux Walkyries de Bavière Sortent deux têtes faisant la moue adoucies d’une voix de sirène.
En m’approchant pour écouter le joli chant des deux naïades, Je m’assieds plus loin sur la berge à quelques mètres de la rive ; Raisonnablement dégoûté d’être entraîné dans la noyade Et de peur qu’elles me submergent, je me cramponne quoi qu’il arrive.
Mon jeu dut plaire aux ingénues car elles n’ont cessé de chanter En exécutant une danse au rythme d’un cantabile. Serais-je un poisson devenu dans cette rivière enchantée ? Certainement tombé en transes et noyé à l’heure qu’il est !
Vêtue d’une robe couleur de Lune selon le quartier du moment Et d’un corsage où deux soleils n’avaient pu se départager, Elle jouait de façon opportune des éclipses sur le firmament Avec une Terre presque pareille et une autre désavantagée.
La nuit tombait sous la calotte qui couvrait le mont de Vénus Et l’on ne voyait que deux jambes sortir d’un trou noir mystérieux Qui dévoilait une culotte avec des étoiles en bonus Aux écoliers assez ingambes pour satisfaire les curieux.
Moi, j’étais souvent dans la Lune, le regard fixe entre les astres Qui rebondissaient sur l’orbite de mon professeur en jupon. J’avais l’attention peu commune sur les plis de son épigastre Et aujourd’hui Satan m’habite encore au souvenir fripon.