Si jamais je ne me trompe, aujourd’hui, c’est édifiant, C’est le jour de ta naissance, je me dois d’arroser ça ! Alors j’ai mis l’autopompe de mon plus bel éléphant Et rend grâce à ta croissance par un jet de Thalassa !
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Ça faisait un an déjà que je courtisais ma belle. Je la rencontrais le soir lovée dans son habit rouge. Pour n’avoir pas l’air goujat, j’apportais des mirabelles Qu’on mangeait sans rien surseoir sous l’ombrage des carouges.
Elle ôtait sa pèlerine d’une couleur écarlate Et l’étendait sur la mousse dans un mouvement de grâce. En ouvrant grand les narines, en haussant les omoplates Et riant de sa frimousse sur le tapis d’herbes grasses.
Je l’appelais « Coquelicot », pour ses lèvres vermillon. « La cousine du Pavot », pour ses pommettes vermeilles. Je l’appelais « Mon Œillette », pour ses hanches en papillon. Elle était mon « Argémone », qui régnait sur mon sommeil.
Pour honorer son pistil et préserver ses pétales, J’étalais sa robe rouge comme chasuble sacrée. Je mettais beaucoup de style à dévoiler cet étal Car je suis né à Montrouge et je m’y suis consacré.
Elle avait une peau blanche, satinée comme une pèche Avec des lèvres grenat et des mamelons corail. Entre ses bras, la pervenche voulait que je me dépêche À grimper au Nirvana dans son caravansérail.
Quand nous avions épuisé nos provisions de baisers Et tari toute la source qui abreuve l’amourette, Nos sens tout amenuisés n’étaient qu’à peine apaisés, Nous n’avions d’autre ressource que fumer une cigarette.
Les coquelicots ne durent que l’espace d’un printemps Et la chaleur estivale enflamma ses oriflammes. On vit fondre la soudure de nos deux cœurs éreintants Et ce rouge adjectival me darda ses lance-flammes.
C’est la fleur que je préfère et qui brûle dans mon cœur. Quand je goûte ses pétales, je repense à ma passion. Il n’y a plus rien à faire, il n’y a pas de rancœur, Quand les amours sont létales, elles meurent en compassion.
J’avais amassé tant d’or dans mon coffre-cœur de pierre Qu’il s’est enflammé un soir sous cette charge explosive. Comme une boîte de Pandore sous les coups d’une rapière Qui sous ses coups de poussoir serait devenue corrosive.
Toute une vie de calculs et de fougues cérébrales Me l’avaient tant desséché qu’il ne parlait à personne. À trop lire de fascicules sous de peines palpébrales Ne pouvaient que dépêcher un morose glas qui sonne.
Il a fallu que se brise cette forte carapace Pour que l’esprit tyrannique soir exilé en déroute. Et qu’enfin comme une brise se faufilant dans cet espace Une voix inorganique me fasse changer de route.
C’est une étrange gazelle qui courait dans les montagnes Qui réveilla le dormeur enfoui sous les décombres. Pour ravir la demoiselle, moi, le prince de Bretagne, Je suis devenu charmeur et je suis sorti de l’ombre.
Si elle m’a rejeté, m’ignorant de son silence, Elle m’a ressuscité de cette prison de glace. Et mon cœur s’est projeté de toute sa corpulence Et a su me susciter l’amour que rien ne surclasse.
Aujourd’hui, en bonne entente, dans le cœur et dans l’esprit, Nous aimons donner au corps la parole désormais. Le cœur fait l’âme contente, tous se sont enfin compris Nous formons le bel accord dont l’écho fait le cornet.
Suivez la vieille au fagot qui glane dans les forêts. Vous la connaissez sans doute, vous l’avez déjà croisée ! Sur son paquet, un corbeau à l’air un peu timoré ; Craignez fort qu’il ne redoute que vous puissiez pavoiser.
Proposez-lui votre appui, portez sa charge un peu lourde, Traversez donc la forêt jusqu’au lieu où elle habite. Puis, arrivés à son puits, elle vous paraîtra balourde De transformer en goret l’oiseau bavard qui débite.
‘Prenez pas l’air étonné, laissez-la vous mettre à l’aise, Laissez-la vous dévêtir et vous mettre dans sa couche. Fermez les yeux, tâtonnez, laissez fondre le malaise, Laissez-vous assujettir et embrasser sur la bouche.
Vers minuit, minuit-et-quart, quand la lune sera pleine, Elle se transformera en une fée merveilleuse. Elle vous donnera rencard demain midi sur la plaine Et l’amour vous guidera loin d’une vie ennuyeuse.
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Avec mon habit rayé qui fait un peu « codes-à-barres », Je parcours les grandes plaines avec ma petite amazone. Quand nous sommes effrayés par la chute des isobares, Nous restons en terre pleine sous les nuages d’ozone.
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C’est les pieds dans l’eau, si je ne me trompe Qu’on goûte la vie en s’ébouriffant ! Gagner le gros lot avec grandes pompes Fait le cœur ravi de mes éléphants !
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Encore une année gagnée sur la chaîne de la vie Chaque année est un sommet qu’on se doit de conquérir. Si on est accompagné de passions inassouvies La joie vient à point nommé, on n’a plus qu’à l’acquérir !
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S’il faut le faire en chantant, autant faire des couplets Avec des lignes embrassées prolongées de rimes riches. Quand l’amant est consentant et bien bâti, s’il vous plait, La belle, jamais harassée, l’étreindra comme une biche.
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Mes jolies fleurs clairsemées ont toutes beaucoup à dire. Trop grosse ou bien trop charnue ? Chaque fleur a son histoire. Unique ou bien parsemée ? À louer ou affadir ? Sublime ou bien biscornue ? Laide ou bien adulatoire ?
Dans nos jardins de famille, chaque cicatrice reste Et les années de printemps n’en effacent pas la trace. Toutes les jeunes charmilles grandissent plus ou moins prestes Et se gênent en s’éreintant pour régner sur les terrasses.
On charme le jardinier, on captive le fleuriste. Tant pis s’il faut ombrager les candidates en friche ! Sous le soleil matinier, on loue le pépiniériste Pour se faire encourager et admettre au clan des riches.
Chaque fleur a ses affaires et se croit unique au monde. Le bouquet n’est qu’un réseau qui doit l’écouter se plaindre. Les roses qui prolifèrent ont des épines immondes Mais unies par des tréseaux hypocrites à complaindre.
Elles faneront un jour, desséchées dans l’amertume, Rejetant la faute aux autres si elles n’ont pas eu leur gloire. C’est le pire des séjours de chercher l’honneur posthume Et jouer les bons apôtres dans un bocal étrangloir.
En habit d’explorateur, brandissant bien bas son sceptre, Le petit prince est paré pour de nouvelles aventures, Avec son air d’orateur, le fils de la belle Électre, Et son air désemparé d’un héros en miniature.
Il est tombé des étoiles de son beau vaisseau d’argent Naufragé involontaire, un Robinson de l’espace, Observant la moindre voile, sur l’horizon émergeant, Pour une aide humanitaire de crainte qu’il ne trépasse.
C’est d’un coucou en acier échoué d’une tempête Que son ange est arrivé par une nuit déprimante. Un aviateur finassier, un amateur de trompette Qui avait trop dérivé, balloté par la tourmente.
Petit prince s’est caché du monstre métallisé De peur qu’il ne se réveille et l’avale goulûment, Puis sa peur s’est relâchée sous l’effet des alizées Et le voilà qui surveille son sauveur résolument.
L’aviateur était artiste et grand-maître du pinceau. Il sut dessiner la route qui menait à sa maison. Aidé par le trompettiste, l’enfant couru les rinceaux, Représentés sur la croûte, qui faisaient la liaison.
Quand vous le rencontrez, éperdu sur votre route, Ayez toujours à portée quelque chose à regarder ; Des crayons à liseré pouvant servir de biroute Et les moutons confortés seront sagement gardés.
Quand je vole dans l’espace, le cœur nu, le cœur ouvert Tout mon corps se désagrège et redevient papillon. Dans mon âme, un ange casse mes pensées à découvert Qui retombent comme neige en milliard de grapillons.
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Dans mon île hypothétique peuplée de millions d’amis, J’ai mes arbres à bouteilles pour envoyer mes messages. À chaque rêve prophétique, je vais sur mon tatami Décocher de mon orteil l’écho du prochain passage.
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Quand la montagne se lâche après sa gueule de bois, Le front ceint de mille étoiles, elle vomit ses glaciers. Que personne ne se fâche ni ne se mette aux abois Mais se munisse de poêles trempées du meilleur acier ! Puis se relaie sans relâche sous le souffle des hautbois À se faire péter la moelle dans un feu bien finassier !
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Corps luisant et sanglant, à la peau satinée, Dont la chair est un feu à ma bouche gourmande, Bourgeonnant comme un gland à ses vices platinés, Comme ardent boutefeu de la langue allemande.
Tantôt jaune, orangé, tantôt rouge, émeraude, Comme des oriflammes sur le souffle des vents, Au goût vif, étranger qu’à ma faim me taraude Et fait cracher des flammes à travers les évents.
Piment rouge, piment fort je te croque, tu me mords, Tu m’as communiqué ton paprika glamour, À grands coups de renforts, par la petite mort Qui m’a fait tourniquer la chaleur de l’amour.
Je sais de tes arômes et toutes ses essences Empreindre mon palais sur un parfum d’extase. C’est la force de l’homme ténue dans sa semence Faisant au chevalet jouir mon épitase.
Fier de ta forme étrange et de son goût suave, Tu enflammes ma langue au profond de ma bouche. Es-tu démon ou ange ? Intrépide ou bien zouave ? Mon cœur et mon corps tanguent quand je perce ta couche.
Poivre noir, poivre blanc, qu’importe ta couleur Si tu sais relever les goûts et les saveurs. Dans ma main, tout tremblant, c’est un peu de douleur Quand tu vas t’élever et devenir baveur.
Pour ton anniversaire, j’ai mis la barre haute Pour sauter cette année et embrasser les autres ! Alors soyons sincères, ne faisons plus de faute, Soyons bien spontanés et l’année sera nôtre !
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Quand les petits poissons volent et sortent de l’océan, Leurs nageoires se déploient et leur donnent l’air goguenard. Ils deviennent un peu frivoles, levant bien haut leur séant Et accomplissent cet exploit de se changer en canard !
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Elle écoute à l’intérieur dans l’oreille de mon cœur, Elle observe les non-dits par l’intuition de mon âme, Elle pressent tout l’extérieur, naturelle et sans rancœur, Elle perçoit les interdits dans le souffle de sa flamme.
Tout derrière la cloison intime de mes pensées, Dans les cavités du cœur et ses émotions profondes, Elle échappe à ma raison mais n’est jamais offensée, Souriant d’un air moqueur d’une tendresse féconde.
Le soir avant de plonger dans l’abîme de mes rêves, Elle déroule mon âme pour en faire sa tunique. Elle sait bien prolonger les images les plus brèves, Elle dédouble sa flamme pour retisser l’être unique.
Dans la souffrance excessive, elle parle à mon oreille Comme un ange protecteur qui psalmodie ma douleur. Dans les ombres dépressives, c’est à nulle autre pareille Qu’elle éclaire les projecteurs et met mes nuits en couleur.
C’est l’écho de mes racines qui remonte aux origines Et me relie à moi-même bien avant que je m’incarne. Elle vibre et me fascine dans mes fibres androgynes, La divinité qui m’aime dans cette intime lucarne.
Les soirs de pleine lune, tout orangé d’espoir, Je marche dans la brume sur les chemins du lac. Ces eaux camaïeux-prune délaient mes désespoirs Noyés dans les agrumes, reflétés dans les flaques.
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Et si tous les gars du monde se prenaient tous par la main ? Ça nous ferait un bel œuf tout enrubanné d’amour ! Un beau fruit de mappemonde bien gorgé d’amour humain ; Les lapins au gui l’an neuf viendraient jouer à la mourre !
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Si la planète se réchauffe et si les calottes fondent Les ours blancs vont émigrer, il faudra les accueillir. Avant que mes plombs surchauffent, je vais creuser une profonde Grotte pour mes immigrés bien fraîche pour s’y recueillir.
Si les pingouins se rappliquent, je ferai une chambre froide Pour les empereurs manchots, ces gorfous sur leurs marquises. Il faudra que je leur explique la raison de l’escouade Qui anime le réchaud qui fait fondre la banquise.
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À petits pas safranés dans le déambulatoire, Ils s’en vont à leurs prières pour assainir notre monde. Tous les crimes surannés seront tous expiatoires Quand se lèveront les barrières sur leurs souvenirs immondes.
À petits pas safranés dans la cour du monastère, Ils s’en vont à leurs cantiques pour alléger notre Terre. Depuis leurs jeunes années leur vie est assez austère Mais leur foi est authentique et leur piété salutaire.
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Quand le fils de Neptune est en villégiature C’est la panique à bord sur tous les bords de mer. Quand il court sur les dunes, c’est la déconfiture De bâbord à tribord, la pilule est amère !
Les marins de fortune ne pêchent que la friture, Mille millions de sabords ! Les poissons sont amers ! Quelle main opportune avec musculature Renverra ce junior dans les jupes de sa mère ?
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Bec enfoncé dans l’encre noire, la plume immaculée de blanc, Le pélican poète trempe son clapet bien gorgé d’obscur. Quelle idée de cet entonnoir va apparaître d’un trait tremblant ? Accrochez-vous, tenez la rampe, vous êtes sous les ailes de Mercure !
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Rien ne va plus de nos jours, les traditions disparaissent On ne se raccroche plus qu’aux valeurs artificielles. Ça ne durera pas toujours, les difficultés paraissent Quand l’argent réclame un flux d’énergie exponentielle.
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Quand l’œil se met à l’écoute, à l’écoute du présent Et qu’il ferme les paupières de ses oreilles au temps, Alors l’âme, au compte-goutte, voit l’esprit omniprésent Qui transforme en cœur de pierre l’être intérieur impotent.
Quand la musique est douleur et que la souffrance sonne, Il ne faut pas résister mais non plus s’y résigner. Car la pire des couleurs enfermée dans la personne, C’est nier et persister la partition désignée.
Je l’ai entendue le soir qui hurlait dans les couloirs Tandis que j’étais lié dans un corps endolori. Je ne pouvais y surseoir ni trouver de défouloir À ce mal fort délié me clouant au pilori.
Parfois la marche funèbre éclatait de mille cors Comme une aubade tragique perpétrée en La mineur. Je plongeais dans les ténèbres anéanti dans mon corps En chantant des liturgiques et le cœur tambourineur.
J’ai appris à l’écouter d’un œil sain, sans jugement ; J’en ai trouvé les richesses de l’écho à l’extérieur ; J’ai appris à la goûter et senti les changements Que procure la vieillesse de l’éternel intérieur.
C’est toujours plus fort que moi, jamais je ne lui résiste Quand elle lance son regard chargé de mille grappins. Son cul me met en émoi, ses seins sont trop fantaisistes, Mon phallus devient hagard, je deviens un chaud lapin !
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À force de l’embêter et le faire tourner en rond Le petit prince est parti s’enfoncer dans la forêt. Hier au soir ça a pété à grands coups de potirons Et lui, en contrepartie, était assez timoré.
Il va rejoindre en coulisses son renard apprivoisé Ensemble ils iront traquer les corbeaux un peu honteux. Ensemble ils seront complices, ensemble ils vont pavoiser, Puis ils iront matraquer les loups des pays monteux.
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Quand le faon se fend la poire tandis que le chamois dort, La bibiche est nostalgique et le cerf est aux abois. Ah ! Que revienne l’espoir au fin fond des corridors De caravanes illogiques lorsque tous les chiens aboient.
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Cachés derrière le rideau pour épier les souris. Chacun taché de pénombre dans un camaïeu de gris. Nous, les félins rapidos, dans la vie tout nous sourit. Nous vivons heureux dans l’ombre, parole de Mistigris !
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Allons marcher dans la cité, allons promener nos reflets ! Nous par le haut, eux par le bas, nous verrons bien si c’est pareil ! Avec de la complicité et un petit coup de sifflet, En contrehaut, en contrebas, on se dira tout à l’oreille.
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C’est au pied de l’hexagone que l’on voit le carreleur ! Ce monsieur est un malin et aussi bien clairvoyant : S’il pleut, il a un pépin sinon, il est prévoyant, Attaché à sa dragonne, le temps qui lui donne l’heure.
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Ma petite marguerite est toujours dans mon verger. Quand je ne sais pas quoi faire, je discute avec ma fleur. Pour ses services émérites, je la prends pour mon berger Et pour les conseils d’affaires, c’est le meilleur des souffleurs.
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Même si je suis le dernier, j’y suis quand même arrivé ! Peu m’importe que je sois en avant ou en arrière. Mon père était lanternier, il était dans le privé, Il m’a appris que la foi, c’est de franchir les barrières.
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Telle une femme qui se fait belle, le temps se change bien souvent ! Dès le matin, des chaudes larmes, puis vers le soir, c’est flamboyant ! Tantôt il faut prendre une ombrelle, tantôt il faut mettre l’auvent, C’est ce qui fait un peu son charme et rend nos sites verdoyants.
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Pour mieux se faire comprendre et ne pas perdre son temps, Le plus simple c’est d’ouvrir la bouche de son prochain. Plus il faut lui faire apprendre, plus on gave l’incompétent De pensées à découvrir directement dans son machin !
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Tu n’es pas très rassuré, mais c’est normal, mon Nanard ! Demain, tu rentres à l’école qui te fera Chien, mon chiot ! Il te faudra assurer au col du Grand Saint-Bernard Si tu suis le protocole, tu mangeras du carpaccio *.
* à remplacer éventuellement par du gaspacho si votre chien est épagneul.
Pour gagner le but de ma vie, j’ai évité les autoroutes, Toutes ces voies bien délimitées qui ne font que tourner en rond. J’ai écouté l’âme ravie de me dévoiler la vraie route, Celle qui est toujours imitée mais la seule qui fait mon fleuron.
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Pour lutter contre l’insomnie pendant les nuits de pleine lune, Je vais promener mes souliers au fond de la rivière vermeil. Je m’assieds loin des calomnies auprès des bancs de poisson-lune Et je m’imagine un boulier qui comptabilise mon sommeil.
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Tous ces oiseaux qui s’envolent à grands cris contre le vent, Sont pareils à ces amis qui vous flattent narquoisement. Sous un prétexte frivole, ils caquettent en aggravant Juste un peu leur infamie assez discourtoisement.
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Un cœur d’or sonnait Ding-Dong sur le clocher de ma vie ; Les ventricules gonflés du sang vermeil de l’amour. Sur des vieux airs de folksong de l’ancienne Yougoslavie, J’en reconnaissais ronfler ses systoles pur glamour.
Moi aussi, je l’ai sonné, son carillon d’espérance Pour porter mon oriflamme sur des citadelles fières. Des cœurs carapaçonnés derrière des vies en errance Qui refroidissaient ma flamme d’une âme austère de greffière.
Il a résonné longtemps comme un glas de circonstance Qui a creusé ses sillons dans la chair de mes souffrances. Son balancier remontant sans trouver de résistance Parmi les microsillons gravés pour ma délivrance.
Qu’est ce qui donne la valeur ? Qu’est ce qui dore son blason ? Qu’est-ce qui rend l’âme légère ? Qui est son mètre étalon ? Fi de ces contrevaleurs qui faussent le diapason Fi des monnaies étrangères, des talents et des gallons.
Alors je l’ai libéré, j’ai tranché ce qui l’attache, Je l’ai laissé s’envoler libre de toute folie. Mon âme s’est libérée de ses soucis multitâches Et m’a ouvert les volets, chassant la mélancolie.
Mon matou est amoureux, mon matou est passionné. Coccinelle de printemps, coccinelle des amours, Berce son cœur langoureux, d’un amour attentionné Sous le soleil éreintant dans la chaleur des mamours.
Dodelinant sur sa tête, mettant la puce à l’oreille, Elle lui murmure des mots doux dans un langage secret. Sur des chansons de quintette, chœurs à nuls autres pareils, Elle enchante mon matou en élans très indiscrets.
Je l’ai vue ouvrir ses ailes en effeuillage érotique Faisant glisser chaque pois comme ardentes excitations. Mon félin fervent de zèle suivait la bête hypnotique, Queue levée en contrepoids, prunelles en dilatation.
Tel un pilote intrépide menant par le bout du nez, Elle conduit son matou là où la raison l’ignore. D’une démarche rapide, elle emmène mon minet Avec ses meilleurs atouts pour épouser son signor.
Tous les soirs quand vient la nuit, sous la lanterne lunaire, Écoutez le doux ronron d’un cœur félin qui soupire. Couché dans les belles-de-nuit, en période solunaire, Le phallus hors du giron et sa belle s’y accroupir.
Heureux qui a dans son giron le doux ronron d’un animal ; Un petit être sans histoire qui ne cherche pas à paraître. Tous les sages vous le diront, il n’y a ni faute ni mal, Mais un bienfait libératoire à écouter l’âme renaître.
Mon beau matou sur les genoux et le corps entier se détend ! Je coupe le flux de l’esprit et laisse libre les échos Qui délient tout ce qui se noue, qui diluent dans la nuit des temps Tout ce qui exprime le mépris et font cœur-esprit ex-aequo.
Je m’accorde à son diapason au rythme du divin ronron Qui m’emporte au-delà de l’âme vers l’être intérieur qui me guide. J’ai rajouté à mon blason l’image du matou en rond Qui fredonne à ma douce flamme pendant mes épreuves languides.
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Quand la mer est plissée, il faut la déplier ! Les rouleurs de marée ont le cœur à l’ouvrage ! Regardez-les glisser et se multiplier Ces planches chamarrées font un bon recouvrage !
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Fini pour la semaine, je rentre à la maison ; J’ai fait les provisions, je vais me reposer. C’est la nature humaine d’avoir toujours raison ; J’ai fait mes prévisions, je peux donc disposer.
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Afin de donner à boire à son fidèle étalon, La jeune Calamity Jane a plein d’idées dans son sac : Elle a fauché le ciboire chez le curé d’Avalon ! C’est plus petit qu’une dame-jeanne mais c’est mieux qu’être sans sac !
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Accrochés à leur étoile sur un faux drapeau français, Ils explosent leurs couleurs dans les flonflons de leurs fêtes ! Prenez-les à rebrousse-poil, ils ont les sourcils froncés, Mais ils sont très cajoleurs et leurs femmes très satisfaites !
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Une nuit de pleine lune dans un grand lit adapté. Après trente-neuf semaines, vous ne pourrez ignorer, Le fruit d’amours opportunes qu’il faudra bien accepter.
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Elles sont invisibles car on ne les voit pas, Elles sont silencieuses, on ne les entend pas, Elles sont éphémères, viennent et puis s’en vont Et quand elles sont parties, nous nous en émouvons.
J’en ai à la maison une preuve formelle, Elle peint des tableaux quand je ne regarde pas. Ses cheveux indociles sont couleur caramel Et ses foulards soyeux emballent ses appâts.
Si vous cherchez à voir comment elle travaille, Vous la prendrez pour folle ou comme femme-enfant. Laissez-la à son rythme, et voyez les trouvailles Qu’elle invente en pouffant son rire triomphant.
Si elle vous parle un peu, prêtez bien votre oreille Car sa voix est fluette et raisonne en son cœur Comme un ruisseau murmure et nulle autre pareille Vous dira des merveilles sans blâme et sans rancœur.
Maintenant je vous quitte, je l’entends qui m’appelle ! Elle a besoin encore d’un peu d’inspiration. D’abord un peu d’amour pour nourrir sa chapelle Et puis un peu de rêve pour son admiration.
Tous ces fruits bénis de la Terre sont les offrandes à ma passion ; Je les fais glisser sur le fleuve et les ramène à la maison. C’est mon jardin humanitaire, mes légumes de compassion, Mûris à point comme une preuve de la divine floraison.
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Si tous les garçons du monde voulaient se donner la main, Nous construirions des chemins qui nous emmèneraient loin. Les filles formeraient des rondes, nous serions tous des gamins ; L’amour, en un tournemain, comblerait tous nos besoins.
J’en ferais un train de rêve qui filerait à toute vitesse, Embrassé par les garçons, encouragé par les filles. Il circulerait sans trêve avec force et politesse Et sifflerait à l’unisson dans les foyers des familles.
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