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  • Le nouvel an au mois de septembre

    Le nouvel an au mois de septembre

    Plutôt qu’entamer l’année au plus profond de l’hiver,
    Je propose d’inaugurer le nouvel an en automne !
    Les couleurs sont à glaner dans les tons les plus divers
    Et les mois configurés plaisent mieux aux autochtones.

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  • Est Pérou coloré

    Est Pérou coloré

    Pour mille et une saveurs safranées et pimentées,
    Pour mille et une couleurs emmêlées et chamarrées,
    Il n’y aurait qu’une faveur qui pourrait m’agrémenter :
    Y retourner sans douleur dès la prochaine marée.

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  • Le faire-part des cigognes

    Le faire-part des cigognes

    Tout le monde se rassemble, mâles, femelles et oison !
    C’est bientôt le grand départ vers les pays plus cléments.
    Formez-moi un bel ensemble sans tomber en pâmoison !
    Envoyez les faire-part tout autour du lac Léman.

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  • Chat-l’heureux

    Chat-l’heureux

    Pour préparer l’hiver, je nourris mon matou
    De câlins, de tendresse et d’amour chat-l’heureux.
    Il est mon univers, c’est un chat touche-à-tout ;
    Il chauffe d’allégresse mon désir valeureux.

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  • Ne coupez pas

    Ne coupez pas

    Ma vie ne tient qu’à un fil et des idiots l’ont coupé !
    Ils pensaient m’éliminer de la course vers les étoiles.
    Permettez donc que j’enfile les bottes de ma poupée ;
    Ça va me vitaminer et me hisser la grand-voile.

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  • Les coquelicots de l’automne

    Les coquelicots de l’automne

    Je les avais bien cachés durant tout l’été dernier.
    Maintenant que l’automne est là, je peux enlever le voile
    Sur mes fleurettes attachées tout au fond de mon carnier.
    Écarlates mandalas, vous brillez comme une étoile !

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  • Histoires de couleurs

    Histoires de couleurs

    J’ai bu trop de chocolat et trop de café au lait
    Ça me brouille la vision et altère ma raison.
    Blanche-Neige que voilà m’apparait bariolée
    Et toutes mes prévisions se sont trompées de saison.

    J’aime bien les jeux de mots de ma copine gémeau
    Qui m’aime dans la lumière lorsque j’ai trop peur du noir.
    Elle sait gommer mes maux, bénins ou bien extrêmaux,
    Quand je quitte ma chaumière pour aller dans son manoir.

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  • Promenons-nous dans les mauves

    Promenons-nous dans les mauves

    Promenons-nous dans les mauves tant que le soleil se couche !
    Promenons-nous dans la brume le soir entre chien et loup !
    Dans les jardins de guimauve en guise d’amuse-bouche,
    Parmi les embruns d’agrumes avec un bel Andalou.

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  • Aimez-moi

    Aimez-moi

    Pour vous plaire, je maquille mon visage de bonbons ;
    Pour vous combler, je tartine ma tête de chocolat ;
    Pour sortir de ma coquille j’ai bu trois verres de Bourbon,
    Ça me gonfle les tétines gorgées de Coca-Cola !

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  • L’Automne helvète

    L’Automne helvète

    Il est arrivé mardi, tout doucement sans un bruit,
    Dans les couleurs orangées de son bel habit d’automne.
    Il est encore étourdi de reprendre l’usufruit
    De ce terrain étranger à sa nature teutonne.

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  • Le divin balancier

    Le divin balancier

    Ô divin balancier qui gouverne le monde !
    Tu fixes les saisons et l’amour et la mort.
    Moi, l’humble plaisancier de mes rêves immondes,
    Je goûte la raison d’une vie sans remord.

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  • Buvons en chœur

    Buvons en chœur

    Pour ton anniversaire, j’ai eu des goûts de luxe :
    J’ai changé l’eau du lac en vin millésimé !
    Les oiseaux de concert, les poissons, les mollusques
    Ont bu toutes les flaques et sont tous sublimés !

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  • Mon petit nid d’eau

    Mon petit nid d’eau

    Viens dans mon petit nid d’eau, là-haut sur les fleurs sauvages !
    On y voit passer les anges et on sent le temps qui passe.
    Viens refermer le rideau, rejoins-moi dans mon couchage,
    Viens écouter les mésanges dans mon petit monospace.

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  • L’automne rose

    L’automne rose

    Cette année, l’automne est rose, c’est la couleur dans le vent !
    Les feuilles s’habillent de mauve et les arbres de lilas.
    Même le temps sera morose, on verra dorénavant
    Des nuages de guimauves et des pluies de téquila.

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  • Derrière les gastéropodes

    Derrière les gastéropodes

    L’été s’est enfui cette nuit
    En laissant un mot sur ma porte :
    Je l’ai lu avec quelque ennui,
    Écrit sur une feuille morte.

    L’été est parti s’installer
    Chez nos voisins des antipodes
    Je vois mes jours s’épétaler
    Derrière les gastéropodes.

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  • L’aube en double

    L’aube en double

    Quand j’ai bu trop de whisky, je m’en vais me promener
    En remontant la rivière de l’amont en l’avalant.
    Quand passe un soleil exquis, j’ai peur de la ramener,
    Je me couche sur ma civière ; c’est un peu ambivalent.

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  • Bien modérer son champignon

    Bien modérer son champignon

    C’est bien joli d’appuyer sur le champignon,
    Mais il faut bien savoir modérer sa vitesse.
    Heureux le bel insecte au rouge lumignon
    Qui change de régime avec délicatesse !

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  • Qu’on courre, qu’on marche, qu’on roule

    Qu’on courre, qu’on marche, qu’on roule

    Qu’on courre sur la mer jaune pour se nourrir le cœur !
    Qu’on marche sous le ciel jeune, juste nait du matin !
    Qu’on roule comme un cyclone pour se sentir vainqueur !
    Qu’on glisse wunderschön en roulant des patins !

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  • Un village si tranquille

    Un village si tranquille

    Qu’est-ce qu’on se plait bien à Dübendorf-les-plages
    Et ses jolis bateaux bien alignés à quai !
    Tous ces bruits, Ô combien, qui troublent le village
    Se mêlent en vibrato pour nous fermer le caquet.

    Dès le matin les trains, en dragon, se déchainent,
    Ponctués par les grues et leurs signaux d’alarme.
    Puis viennent avec entrain les tondeuses gretchen
    Pour tonner, incongru, de leur meilleur vacarme.

    Moi, j’habite derrière le muret anti-bruit
    Qui nous a réveillés tous les matins d’été.
    C’est une poudrière qui fait tort à autrui,
    Qui ne fait qu’effrayer d’autres chats à fouetter.

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  • Les vagues de réveil

    Les vagues de réveil

    D’une gifle flairant l’écume sur ma peau rêche et halée,
    Comme ces réveille-matins qui vous explosent les rêves,
    Comme un combat sur l’enclume d’étincelles inhalées,
    Cette vague qui m’atteint et qui me frappe sans trêve.

    Mais il n’y a pas de douleur, mais il n’y a pas de souffrance,
    Dans ce présent qui m’assaille pour me sortir du sommeil.
    Toutes ces myriades de couleurs qui me tirent de mes errances
    Comme des guerriers Massaï sur leurs pirogues vermeilles.

    C’est la vie qui me chuchote, c’est la vie qui m’injective ;
    Parfois par des coïncidences qu’il faut attraper au vol,
    Parfois par des passing-shots de façon provocative,
    Parfois par des circonstances qui demandent son envol.

    Mais il ne faut pas courir, parce que courir c’est mourir !
    Ni forcer sur son allure, car on perd toute l’essence.
    Juste marcher et nourrir, pour sentir son cœur sourire,
    D’une suave brûlure, son esprit et sa conscience.

    C’est pourquoi je bois le sac de ces rouleaux déferlants
    Qui m’abreuvent le cœur d’iode et le rassasient de sel.
    Et j’absorbe ce ressac saturé des vents hurlants
    Pour m’ancrer dans la période du présent qui m’étincelle.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Ma petite alouette, tu m’as bien plumée

    Ma petite alouette, tu m’as bien plumée

    Tu m’as bien violé le cœur, je ne t’en tiens pas rigueur !
    Tu m’as dépouillé le corps, là je ne suis plus d’accord !
    Tu m’as bien spolié l’esprit, tu n’as droit qu’à mon mépris !
    Tu m’as déshabillé l’âme, là, tu mérites mille blâmes !

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  • Sur la vague jaune

    Sur la vague jaune

    Pour surfer sur la vague jaune, il faut être bien équipé :
    Une pirogue bien légère et un filet pour s’arrêter.
    Chevauchez-la en amazone comme sur un altier équidé ;
    Après une peur passagère, vous serez vraiment apprêtés.

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  • L’île dans les nuages

    L’île dans les nuages

    Regardez bien tous les nuages ! Ce sont des univers qui volent !
    Parfois ce sont des citadelles, parfois des campagnes boisées.
    Ce soir, j’ai vu le plus suave, perdu dans la brume frivole
    Éclairé de quelques chandelles flottant sur les nues ardoisées.

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  • L’amante noire religieuse

    L’amante noire religieuse

    Je l’appelle « Mon sucre d’orge » parce que ses lèvres sont sucrées ;
    Je la surnomme « À la menthe », pour ses jolies dents nacrées
    Qu’elle plante dans ma gorge juste pour me massacrer
    Comme une religieuse amante à son amant consacré !

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  • Les chevaux blancs de l’automne

    Les chevaux blancs de l’automne

    Quand l’automne attriste autant qu’elle teinte la nature,
    Même mes beaux chevaux blancs arborent une couleur brunâtre.
    Quand viendront les vents d’Autan imposer leur dictature,
    Tout partira en tremblant dans des nues haussées d’albâtre.

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  • Danser sur les vagues

    Danser sur les vagues

    Tous les matins à l’aurore sur la lagune dorée,
    Chevauchant les vagues vives, juste sorties du sommeil,
    Surfant sous les météores d’un ciel rose et mordoré,
    Nous partons sans directive dans cette danse vermeille.

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  • Descente aux trésors d’automne

    Descente aux trésors d’automne

    Descendre ce jardin d’automne, tout doucement quand rien ne bruit,
    C’est comme pêcher des trésors dans l’épuisette d’un cœur neuf.
    Avec les couleurs qui détonnent dans la récolte des derniers fruits
    Que j’amasse comme un précieux or depuis l’année deux-mille-neuf.

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  • Comme un cachalot devant le vase de Soisson

    Comme un cachalot devant le vase de Soisson

    C’était ce matin dans la brume, je cheminai au bord du lac
    Lorsque je vis sortir de l’eau une jolie queue de poisson.
    Puis, dans une gerbe d’écume, je vis surgir deux seins « clic, clac ! »
    J’en restai comme un cachalot devant le vase de Soisson !

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  • La symphonie de minuit

    La symphonie de minuit

    Doucement tombe la neige en pizzicato moelleux ;
    Juste quelques notes blanches sur l’étoffe de la nuit.
    Observez bien le manège du doigté talentueux
    De la pianiste qui déclenche la symphonie de minuit !

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  • Le photographe fou

    Le photographe fou

    Il est fou, ce photographe, de flasher en pleine nuit !
    Tous les soirs lorsque je rentre, j’en vois trente-six chandelles !
    Je m’en vais faire un paraphe et l’afficher sur son huis
    Sinon je quitte mon antre et je suis les hirondelles !

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  • D’amour et d’eau fraîche

    D’amour et d’eau fraîche

    Coiffée d’amour et d’eau fraîche, la petite mariée
    Dans son habit d’onde pure se marie déshabillée.
    Mais assez de gorges rêches et vertus contrariées !
    Sous son aqueuse guipure, son sexe est émoustillé.

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  • Coquelicot éternel

    Coquelicot éternel

    Les grenats sont éternels, les coquelicots aussi !
    C’est une fleur d’allégresse qui ravive les couleurs !
    La caresse maternelle de pétales dégrossis
    Et l’odeur enchanteresse d’un remède anti-douleur.

    Je m’enrichis au printemps de ces vagues écarlates
    Qui déferlent sur les champs et colorent les talus.
    L’air trivialement content, remuant les omoplates,
    Sur le tableau alléchant de cette onde du salut.

    Avez-vous, tout comme moi, déposé quelques pétales,
    Sur vos narines frémissantes, comme une robe de fée ?
    Pour ressentir cet émoi lorsque le charme s’étale
    En magie éblouissante du plus somptueux effet.

    Ou bien renverser la fleur sur sa robe vermillon
    Et l’inviter à danser sur ses jambes d’étamines.
    Avec un criquet souffleur dans un air de carillon
    Sur un rythme cadencé aux graines de balsamines.

    C’est la fleur de mes pensées, c’est ma dame de bonheur
    Qui me suit sur les chemins et au-delà des frontières.
    Une douce fiancée à qui je veux faire honneur
    De lui accorder ma main pour une vie tout entière.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La caresse des yeux

    La caresse des yeux

    Quand je la vois ainsi, je la touche des yeux,
    Mon regard la caresse, lui effleure la peau
    Puis, masse ses seins si sensibles et gracieux.
    Ce n’est pas par paresse mais par goût de l’appeau.

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  • Les pieds dans l’or

    Les pieds dans l’or

    Debout dans le présent d’une vie de richesse,
    Qu’il est bon de goûter tous les poissons d’argent
    Qui vont érotisant le cœur avec tendresse,
    Jusqu’à vous envoûter d’un amour émergeant !

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  • Avez-vous vu mon nouveau chapeau ?

    Avez-vous vu mon nouveau chapeau ?

    C’est le plus beau chapeau que je n’ai jamais porté !
    J’ai le cœur reconnu et la peau hydratée.
    Et le plus beau cadeau que ça m’a apporté
    C’est qu’il faut être nu, mais ça me fait gratter !

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  • Le tailleur de panoramas

    Le tailleur de panoramas

    Confiez-moi tous vos rideaux, je vous compose un horizon !
    Laissez-moi orner vos fenêtres de mes plus beaux panoramas !
    Confiez-moi vos libidos, je vous sortirai des prisons !
    Laissez vos frontières renaître par mes jolis diaporamas !

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  • Pardon, vous n’avez pas vu ma girafe ?

    Pardon, vous n’avez pas vu ma girafe ?

    Je l’ai perdue dans l’escalier, en remontant dans ma chambrette.
    Elle était pendue à mon cou car elle avait trop le vertige !
    Dites-moi, mon beau chevalier, auriez-vous l’âme et la main prête
    Pour me prêter votre six-coups et darder mes peurs qui voltigent ?

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  • L’enfant des étoiles – 2

    L’enfant des étoiles - 2

    Une fois passé le pont entre Orion et Cassiopée,
    L’aventure extraterrestre pourra enfin commencer.
    Passez donc par l’entrepont, j’y ai ma bibliopée
    Et j’ai monté un orchestre vénusien et romancé !

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  • Vivre à deux

    Vivre à deux

    Partager une vie à deux, c’est peindre avec le même cœur ;
    Respirer sous le même toit, c’est conjuguer le même corps ;
    Réaliser des entredeux, c’est prodiguer l’esprit moqueur ;
    Savourer des moments courtois, c’est s’aimer encore et encore.

    Pour découvrir sa bonne étoile, il faut l’esprit aventureux ;
    Pour naviguer en pleine mer, il faut des envies intrépides ;
    Pour camper sous la même toile, il faut un désir plantureux ;
    Pour conquérir sa vraie chimère, il faut avoir l’esprit limpide.

    C’est comme vivre dans un œuf fécondé par mille soleils ;
    C’est comme incendier un feu embrasé par tous les espoirs ;
    C’est comme suivre un destin neuf alimenté par les merveilles ;
    C’est comme faire un contrefeu pour se parer du désespoir.

    Goûter l’esprit du partenaire, c’est découvrir mille saveurs ;
    Apprécier ses différences, c’est entasser mille trésors ;
    Ressentir tout son congénère, c’est accepter mille faveurs ;
    Associer ses espérances, c’est cumuler son précieux or.

    Aller jusqu’au bout du chemin sur une portée infinie,
    Interpréter une musique qui fait résonner mille flammes,
    Créer le meilleur pour demain sans quotidien prédéfini,
    Devenir l’être métaphysique qui procrée l’alchimie de l’âme.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’oiseau cynique

    L’oiseau cynique

    Je suis cyniquement doué pour remarquer l’absurdité.
    Je suis pince-aussi sans-rire mais je ne devrais pas le dire.
    Mais c’est pour mieux amadouer de mes propos accrédités
    Et tenter de faire sourire au risque de me faire interdire…

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  • Mes pas dans la neige

    Mes pas dans la neige

    Si mes pas dans la neige se sont tant étirés
    C’est parce que mon chemin est chargé d’impressions.
    Charmant comme un manège ou à couteaux tirés,
    Il m’emmène à demain sans aucune pression.

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  • Mes pas vers la lumière

    Mes pas vers la lumière

    Tapi dans l’ombre depuis longtemps, je dormais d’un sommeil de plomb.
    C’est une explosion de lumière qui m’a réveillé brusquement.
    Je n’ai pas été mécontent de ce matutinal aplomb
    Je suis parti de ma chaumière un peu chevaleresquement.

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  • Madame est malade

    Madame est malade

    Madame est malade à mourir d’une sécheresse d’amour ;
    Madame est malade d’éloge et dépérit sans compliment ;
    Madame est malade à nourrir ses craintes dans le désamour ;
    Madame est malade à l’horloge du temps qui triche impoliment.

    Madame veut être admirée pour ses hypocrites ramages
    Qu’elle écrit au fil de ses livres que personne ne lira jamais.
    Madame veut sans cesse se mirer dans le miroir de ses hommages
    Dont elle a besoin pour survivre dans ses envolées enflammées.

    Madame est souffrante d’orgueil qu’elle drape d’humilité ;
    Madame est imbue d’elle-même lorsqu’elle est là, agenouillée ;
    Madame s’habille de deuil pour masquer sa stérilité ;
    Madame, la seule qui s’aime et qui sait le mieux baisouiller.

    Madame est la seule à connaître ce qui pourrait la dérider ;
    Personne ne sait comment faire, c’est là son tragique destin.
    Madame sait tout avant de naître, son âme a été débridée ;
    Tous les saints sont à son affaire et son salut est célestin.

    Madame sait tout sur la vie et vous explique à tour de bras
    Qu’elle est experte en connaissances et qu’elle vous apprendra sa loi.
    Madame ne sera ravie que lorsque enfin, tel le cobra,
    Elle croquera sa propre essence et s’éteindra de bon aloi.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le dromadaire tape-cul

    Le dromadaire tape-cul

    Assis sur mon dromadaire, bien ajusté sur sa bosse,
    Je navigue entre deux mondes, parcourant les mausolées.
    J’ai quitté l’embarcadère sur ce vaisseau qui cabosse
    Aux suspensions si immondes que mon cul est désolé.

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  • La danseuse nue timide

    La danseuse nue timide

    C’était une danseuse nue qui était un peu timide.
    On éteignait les lumières dès qu’elle entrait sur la scène.
    On ne voyait de l’ingénue qu’un pâle reflet humide.
    De sa danse coutumière, rien n’apparaissait obscène.

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  • Songe daltonien

    Songe daltonien

    Dans une aube nébuleuse ou un coucher tourmenté,
    Je ne sais à quel moment la journée a commencé ;
    La mer semble crapuleuse, les vents désorientés
    Avec des grains assommants de rêveries romancées.

    Peut-être est-ce le matin qui remonte la journée ?
    Peut-être est-ce aussi le soir qui dégringole vers l’aube ?
    Moi, j’ai perdu mon latin dans une vie ajournée
    Qui ne pouvait plus sursoir au temps qui conduit le globe.

    Un soleil couleur rubis sur un ciel d’azur-orange
    Fait resplendir la palette d’un peintre déraisonnable
    Qui aurait eu la lubie de composer ce mélange
    En tirant de l’arbalète sur des toiles insoutenables.

    Les vagues incendiées d’oriflammes écarlates
    Semblables à des flots de roses sous les pas de la mariée.
    Quelque artiste contrebandier faisant trafic d’armes plates
    A dû larguer, l’air morose, ses grenades avariées.

    Comme un costume audacieux qui s’accommode à ma peau,
    Que je sens m’assujettir aux couleurs sensationnelles,
    Je sens l’habit fallacieux me transformer en drapeau
    Sur lequel ce rêve étire mes folies irrationnelles.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le début du pont

    Le début du pont

    Brassens disait « qu’il suffisait de franchir le pont pour l’aventure ! »
    Mais le plus difficile à faire c’est de commencer le voyage.
    Mon humeur se déconfisait dans toutes mes mésaventures ;
    Ce fut une pénible affaire de sauter à l’appareillage.

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  • Quand la bébête sort du bois

    Quand la bébête sort du bois

    C’est lorsqu’elle est en colère qu’on la voit sortir du bois.
    Comme le loup et l’agneau, elle veut rendre justice.
    La langue sur les molaires comme un vieux loup aux abois,
    Elle guette les signaux de toute moindre injustice.

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  • L’octave de la vie

    L’octave de la vie

    Docilement jouant la gamme dans cette harmonie d’absolu,
    Silencieusement, sans un bruit, dans tout un univers de notes,
    La mélodie fait l’amalgame comme une galaxie dissolue,
    Solennellement comme un fruit de soleil mûr dans ma menotte.

    Faramineux comme un accord dans un système éblouissant,
    Miséricordieux dans l’amour dans une Terre unifiée,
    Révélateur du désaccord que la Lune fait en grandissant,
    Dominant sur un désamour jusqu’au néant pacifié.

    Docile à solfier tout bas en partant de l’éternité,
    Si facile à dorer le sol où mes pas parcourent les mondes,
    Lancinant dans les contrebas pour une voie d’infinité,
    Solitaire dans l’entresol tout étoilé de l’hypermonde.

    Facilement trouver la note juste pour l’accord des planètes,
    Minutieusement avec l’âme d’un enfant de l’humanité,
    Révolution qui cheminote sur un satellite en sonnette,
    Dodelinant comme une lame vibrant dans la sérénité.

    C’est ainsi que dans cette octave qui dirige nos destinées,
    Chaque gamme fait le chemin, les détours et les expériences.
    Qu’elles s’arrangent ou bien s’aggravent, elles sont toutes prédestinées
    À nous accompagner vers demain et ses fortunes en variance.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Tatoué pour la vie

    Tatoué pour la vie

    Mon bébé est à toué,
    Son Papa est tatoué,
    Mais s’il tu l’prends à moué,
    Là, yé vais té touer !

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