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  • Violet perpétuel

    Violet perpétuel

    Ces milliers de petites flammes en lignes infinies, étoilées,
    De la lavande répétitrice évoquent, en effluves violets,
    La chaîne incessante des femmes, au corps marqué, au cœur voilé,
    Sempiternelles génitrices produisant la chair à violer.

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  • Dans tes rêves

    Dans tes rêves

    S’il m’arrive un jour de croiser une femme nue, puis une autre,
    Des filles à la poitrine vierge ou des dames arborant leurs fesses,
    Sans que je veuille pavoiser, je me ferai le bon apôtre
    Afin de leur offrir ma verge et même plus, je le confesse.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Femme, soir et matin

    Femme, soir et matin

    Tandis que le temps passe du matin jusqu’au soir,
    Les oiseaux de passage suivent un autre rythme.
    Les femmes se repassent les images d’espoir,
    Qu’elles soient folles ou sages, d’un nouveau paradigme.

    Tableau de Rafal Olbiński.

  • La journée de la cage

    La journée de la cage

    Aujourd’hui laisserons ouvertes l’ensemble des portes des cages
    Pour que les femmes capturées s’y retrouvent émancipées.
    Cette illusion sera offerte pour rafistoler leurs blocages
    Afin que les courbaturées puissent aussi participer.

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  • Les femmes d’Alger

    Les femmes d’Alger

    Les descendantes égyptiennes paradent en déshabillé
    Afin que les dieux s’émerveillent entre Vénus et Aphrodite.
    En Alger, derrière les persiennes ou derrière les moucharabiehs,
    Ce sont les hommes qui les surveillent comme des beautés interdites.

    (Tableau « Les femmes d’Alger – Version O » de Pablo Picasso.
    https:www.youtube.comwatch?v=TCsr-3P1AFs )

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  • Échecs à la vie, mat à la mort

    Sur l’échiquier de mon enfance, jouaient les bons et les méchants.
    Mon père régnait en roi des bons, ma mère en nettoyait l’arène.
    Mes frères prenaient ma défense quand je rentrais en pleurnichant
    Et je gagnais quelques bonbons chez ma grand-mère et ma marraine.

    L’échiquier du monde d’adultes devient un peu plus compliqué ;
    Il y a les pauvres, il y a les riches, il y a l’argent, il y a la guerre.
    Tantôt la chance me catapulte en haut puis, tout m’est confisqué,
    Sauf si j’utilise la triche en dépit de l’instinct grégaire.

    Mais le jeu reprend sa valeur quand la vie affronte la mort.
    Les pions iraient au paradis mais les reines iraient en enfer.
    Entre tous ces tours de malheurs, j’avoue n’avoir aucun remords ;
    Je n’en fais pas une maladie car, dans la vie, faut pas s’en faire.

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  • Pomme mécanique

    Pomme mécanique

    Depuis que l’instinct mécanique s’est imposé au cœur des hommes,
    Le monde vit en expansion pour travailler et gagner plus.
    Depuis ma Suisse alémanique, de ses nombreux aérodromes,
    Je vois voler en suspension des pommes sonnant l’angélus.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • La multiplication des pions

    La multiplication des pions

    Le roi et la reine étaient nus, jouant des parties génitales.
    Le roi se montrait cavalier et montait la reine tour à tour.
    Jusqu’à ce qu’il soit reconnu que tous leurs pions, à l’hôpital,
    Se retrouvaient multipliés, leur nombre doublant chaque jour.

    Tableau de Anderson Debermardi.

  • La carte Ariane

    La carte Ariane

    J’ai perdu ma ligne médiane dans les intimes souterrains
    En ayant, du sein Sacré-Cœur au Mont de Vénus, frissonné.
    Alors j’ai rappelé Ariane d’un coup de fil fort souverain
    Car son accès est conducteur aussitôt qu’il est poinçonné.

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  • La déesse déflorée

    La déesse déflorée

    Quand la déesse des forêts m’apparut, nue, en bois d’ébène,
    Comme je ne suis pas de bois, nul besoin de faire un dessin,
    Car lorsque je l’eus déflorée, j’ai pu profiter de l’aubaine
    En l’entendant me dire « bois ! » du lait qui coulait de ses seins.

    Photo de Stefan Gesell.

  • Joli-Nichon – 1

    Joli-Nichon - 1

    Elle avait effacé son nom à force de coups de lessive.
    On appelait la lavandière, faute de mieux, « Joli-Nichon ».
    Elle ne savait pas dire non aux invitations successives
    Et aux passions incendiaires qui lui montaient le bourrichon.

    Photo d’Anton Kiyasov.

  • Aux couleurs de Saint-Michel

    Aux couleurs de Saint-Michel

    J’avais ramassé des tulipes pour les offrir à Saint-Michel.
    Hélas, d’un souffle de dragon, le vent les porta dans les nues.
    Après m’être mordu la lippe, j’ai couru chercher une échelle.
    Trop tard ! Les marées du lagon gardaient les couleurs retenues.

    Le Mont-Saint-Michel en habits de carnaval.

  • Le cœur alchimiste

    Le cœur alchimiste

    Lumière et chaleur vont ensemble pour m’éclairer de l’intérieur
    jusqu’à ma source biologique où je découvre qui je suis.
    Amour et bonheur se rassemblent et se projettent à l’extérieur
    Comme une lanterne magique traçant le chemin que je suis.

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  • L’œil alchimiste

    L’œil alchimiste

    En ouvrant un œil dans mon cœur, en mettant du cœur dans mon œil,
    Je trouverai tous les trésors et obtiendrai tout ce que j’aime.
    En traversant toutes mes peurs, en renonçant à mon orgueil,
    Ce qui devient multicolore n’est plus le monde, mais moi-même.

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  • L’esprit médiéval

    L’esprit médiéval

    Dans les artères du passé, les vents tourbillonnent encore,
    Pompés du cœur de la cité au fond des faubourgs délavés.
    Et les maisons carapacées aux murs fondus dans le décor
    Résonnent avec intensité sous les empreintes des pavés.

    Défenestrés du Paradis, Adam et Ève ont dû gravir
    Toutes ces ruelles étroites pour y commencer une vie.
    Les vieilles pierres affadies contre le temps ont dû sévir ;
    Il en reste, à gauche et à droite, quelques légendes inassouvies.

    Photo du village médiéval Dolceacqua par Cicrico.

  • Le rêve du phénix

    Le rêve du phénix

    Lorsque mes rêves se font cendres, je lâche prise à l’univers
    Afin que de mon esprit renaisse comme le phénix du printemps.
    Je laisse son âme descendre sur mon corps encore en hiver
    Pour donner nouvelle jeunesse à mon cœur d’amour de vingt ans.

    Et voici Mars, dieu de la guerre, debout sur son char de soleil,
    Avec ses cavaliers de pluies et artilleurs de giboulées.
    Alors les mémoires de naguère, des printemps que les vents balayent,
    Mêlent les histoires d’aujourd’hui avec les légendes écoulées.

    Tableau de René Magritte.

  • Picolo

    Picolo

    Le plumage ne fait pas l’oiseau, ni même une belle envergure
    Seulement l’organe vocal le hisse au trône des forêts.
    S’il pavane entre les roseaux avec son chant de bonne augure,
    C’est pour charmer dans son local les oiselettes à déflorer.

    Ainsi pour que le Picolo s’attire plein de Picolettes,
    Aussi loin que porte sa voix, il chante ses jolis envois.
    Et gare aux petits rigolos qui convoitent les gigolettes,
    Ils s’affronteront en tournoi dont le vainqueur sera le roi.

    Dès qu’il entend un prétendant gazouiller sur son territoire,
    Il se met à chanter plus fort au maximum de son ramage.
    Le vainqueur a du repondant ; il a séduit son auditoire.
    Le vaincu après tant d’effort s’écarte en un dernier hommage.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La robe couleur d’arrivée

    La robe couleur d’arrivée

    Enceintes, sous leurs robes de moire, les femmes aiment cultiver
    Les fleurs dont elles font la cueillette pour en garnir leurs balconnets.
    Seul le temps en garde mémoire et la couleur à l’arrivée
    Sera bonbon pour les fillettes ou azur pour les garçonnets.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’adieu

    La robe couleur d’adieu

    Adieu les premiers perce-neiges, jeunes pousses d’écobuage,
    Qui fleurissez avant printemps pour chauffer les cœurs en hiver.
    Les vents se livrent au manège et font bailler les gros nuages
    Qui vont pleurer avant longtemps leurs grosses larmes salivaires.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’hiver

    La robe couleur d’hiver

    À l’occasion des Saints de glace, la nature, en avant-première,
    Nous montre en exclusivité la collection pour cet hiver.
    Faute d’espace, faute de place, nous n’aurons que peu de lumière
    Mais apprécierons l’intimité avec les fées de l’univers.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’automne

    La robe couleur d’automne

    La brume dépose ses voiles lorsque l’aube fait sa toilette
    Comme pour faire un paravent sur la nature intimidée.
    Lorsque pâlissent les étoiles, elle apparaît dans sa voilette
    Robe légère qui vole au vent avec les feuilles débridées.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur d’été

    La robe couleur d’été

    Attention, protégez vos yeux de l’éclat des mille soleils
    Que Monsieur de l’Astre Solaire vient d’offrir à Dame Nature !
    L’effet est, certes, prodigieux et d’une beauté sans pareille
    Mais pitié pour nos oculaires et ajustez bien vos montures !

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La robe couleur de printemps

    La robe couleur de printemps

    Dès février, Dame Nature met son costume de printemps
    Et se plaît à distribuer premiers boutons en pouponnière.
    J’y reconnais la signature dans les bourgeons s’impatientant
    D’éclater et contribuer à lui fleurir sa boutonnière.

    Tableau de Maria Szollosi.

  • Les clefs de la vie

    Je découvris, petit enfant, jeune ingénu, la clef des chœurs
    Qui était pendue au bahut et me narguait hors de portée.
    Mais mes parents, m’apostrophant, disaient que ces questions de cœur
    Ne feraient pas trop de chahut avant d’atteindre ma puberté.

    J’allais plutôt sur mes vingt ans quand j’achetai la clef des rêves
    Que j’avais trouvée pour trois sous mais me semblait de qualité.
    Dès le premier jour du printemps. je l’ai utilisée sans trêve
    Pour m’envoler par en-dessous et par-dessus la réalité.

    Je ne pensais pas à mourir quand j’ai trouvé la clef de l’âme ;
    Une espèce de passe-partout, un peu tordu mais efficace.
    Je ne me laissais pas nourrir ni de promesses ni de blâmes
    Mais en demeurant touche-à-tout, je sus me montrer perspicace.

    J’ouvris les serrures des femmes, mon cœur connut ce qui l’affame.
    J’ouvris l’esprit des conquérants, mon cœur devint intempérant.
    J’ouvris les portes des Églises, le diable avait fait ses valises.
    J’ouvris enfin la clef des cieux et enfin je découvris Dieu.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

  • Au jeu du chat et de la souris

    Au jeu du chat et de la souris

    Le roi des noirs, fier comme un coq, se pavanait avec sa dinde
    Mais il gueulait comme un putois quand elle lui posait un lapin.
    Ce tyran, fort comme un taureau, vit rouge à en devenir chèvre
    Quand sa gazelle aux yeux de biche quitta son vieil ours mal léché.

    Le roi des blancs, fier comme un paon, étant lui-même un chaud lapin,
    Fut séduit par la fine mouche, car cette poule avait du chien.
    La louve, montrant patte blanche pour entrer dans la bergerie,
    Se montra douce comme un agneau pour lui tirer les vers du nez.

    La tour faisait le pied de grue, l’autre roquait d’un tour de cochon,
    Le cheval sautait du coq à l’âne, le fou riait comme une baleine.
    Les pions, muets comme une carpe, autant myopes qu’une taupe,
    Se regardaient en chiens de faïence avec des yeux de merlan frit.

    Mais revenons à nos moutons ; versant des larmes de crocodile,
    La reine blanche vit anguille sous roche, n’étant pas tête de linotte.
    Un jour, en pleurant comme un veau, elle prit le taureau par les cornes
    Et blessa cette peau de vache de roi qui soufflait comme un phoque.

    Le roi blanc, vraie poule mouillée, s’enfuit et fila comme un lièvre
    Mais se fit prendre comme un rat et fut le dindon de la farce.
    Le roi noir dormait comme un loir, car il avait d’autres chats à fouetter,
    Et la reine, maligne comme un singe, lui apaisa sa faim de loup.

    (L’inspiration de ce poème m’a demandé trois ingrédients indispensables :
    1. le tableau de Chie Yoshii ;
    2. le texte de Jean d’Ormesson « Le français, une langue animale » ;
    3. la citation du joueur d’échecs Aaron Nimzowitsch « Ne tendez aucun piège pour le plaisir ! Ne jouez rien dans l’espoir que l’adversaire réagisse de façon stupide ! Prenez toujours pour acquis que l’adversaire va trouver le meilleur coup ! Ne jouez jamais de coup dans l’espoir que l’adversaire ne voie pas la menace ! Chacun de vos coups doit améliorer la position d’une façon ou d’une autre. » .)

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  • La transgression

    La transgression

    Toute une vie pour m’enseigner tout ce que l’homme doit apprendre,
    Pourtant il suffit d’une nuit pour transgresser ses ordonnées.
    Car mes rêves m’ont renseigné que lorsque je pense comprendre,
    Je ferme mon cœur à l’ennui d’une existence subordonnée.

    Tableau de Anderson Debermardi.

  • Les yeux du poisson

    Les yeux du poisson

    Au fond des abysses profondes, dans l’éternelle obscurité,
    Viennent reposer les sirènes dont les yeux ont brûlé d’amour.
    Car il suffit d’une seconde pour mettre en insécurité
    Leurs jolies pupilles érogènes qui voient la lumière du jour.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Bonjour les poissons

    Une histoire à dormir debout, l’amour d’une belle sirène
    Qui s’est éprise d’un marin déguisé en scaphandrier.
    Je tiens l’histoire d’un hibou qui l’a appris d’une murène
    Qui aurait pointé son tarin dans les eaux de Saint-Mandrier.

    Elle prenait ses bains de boue, tranquillement, l’âme sereine,
    Quand la prenant pour un poisson surgit bientôt l’homme-grenouille.
    Comme il en connaissait un bout dans l’art de séduire une reine,
    Il lui offrit, à sa passion, tout le plaisir de sa quenouille.

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  • Adieu, les vers sots

    Adieu, les vers sots

    Il est onze heures moins le quart, buvons ensemble un dernier verre.
    À minuit nous repartirons vers notre univers à l’envers.
    Nous avons déjà un rencard, nous n’attendons que le feu vert
    Pour déployer nos ailerons et quitter la fin de l’hiver.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • L’ancre de la nuit

    L’ancre de la nuit

    Lorsque, le soir, je jette l’ancre, amarré au port de la nuit,
    Rêves et vents gonflent mes voiles et m’entraîne auprès des sirènes.
    Plongeant dans l’encrier mon encre en soupirant jusqu’à minuit
    Elles m’élèvent vers les étoiles où brillent nos amours sereines.

    Tableau de Andreas Nemmje.

  • La force de l’âme

    La force de l’âme

    Je n’ai jamais senti mon âme aussi fort que quand j’étais enfant
    Et je soulevais des montagnes de mes rêves vitaminés.
    J’ai grandi, cependant Madame, mon cœur fiévreux et triomphant
    Transmet encore à ma compagne, tout mon amour contaminé.

    Tableau d’Igor Samsonov.

  • L’inverseau

    Dans le miroir, inversement, le recto devient le verso
    Mais le jour ne devient pas nuit et la raison n’est pas folie.
    Ainsi les bouleversements que nous apportent les verseaux,
    Qu’ils soient d’hier ou d’aujourd’hui, inversent la mélancolie.

    Ainsi s’il se montre optimiste, dans les cas les plus pessimistes,
    C’est pour nous inventer du neuf en renversant les vieilleries.
    Ainsi s’il se montre enthousiaste, c’est pour opposer un contraste
    À ceux qui croient, dur comme un œuf, qu’on doit cesser les railleries.

    Tableaux de Victor Nizovtsev.

  • Aux racines de l’âme

    Aux racines de l’âme

    Autant le secret de mon âme ressemble à l’âme de la Terre,
    Autant je sens dans ses racines y fleurir mon arborescence.
    Mon cœur ne connaît qu’un sésame : l’arbre de vie élémentaire
    Qui naît depuis mes origines jusqu’à mon souffle d’évanescence.

    Tableau de Daniela Ovtcharov.

  • La caresse de l’âme

    La caresse de l’âme

    Ce soir, j’effeuillerai ton corps, je déshabillerai ton cœur
    Et je percerai ton esprit jusqu’à l’âme au-delà des sens.
    Puis je caresserai encore et j’embrasserai la liqueur
    Dans le puits de ton bec épris d’amour du feu de mon essence.

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  • La transmission

    La transmission

    Évidemment que le verseau, depuis longtemps, veut conserver
    Tous ses plans les plus ingénieux et ses trésors les plus précieux !
    L’enfant qui naît avant-printemps, tous les savants l’ont observé,
    Est entraîné dès le berceau à forger ces buts audacieux.

    Il étudiera la science qui lui donnera l’optimisme ;
    Il brûlera les vieilles lois, faisant du neuf avec du vieux.
    Il n’aura jamais la patience d’atteindre le perfectionnisme
    Mais il vivra de bon aloi et tant pis pour les envieux.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Les couloirs de l’âme

    Les couloirs de l’âme

    Lorsque je pense au labyrinthe des couloirs qu’emprunte mon âme
    Où chaque mur a des oreilles et dont les yeux pointent aux fenêtres,
    Mon troisième œil piste l’empreinte révélée par mon cœur en flammes
    Qui ressent l’amour sans pareil de mes aïeux qui m’ont vu naître.

    Tableau de Remedios Varo.

  • L’ADN de l’âme

    L’ADN de l’âme

    « Désoxyribonucléique », ça rime comme une mosaïque
    D’âmes qui formeraient une chaîne dont le message se renouvelle
    À chaque formule magique que deux amants biologiques
    Tricoteraient avec leurs gènes pour s’mettre du plomb dans la cervelle.

    Tableau de Autumn Skye Morrison.

  • Le verseau en question

    Le verseau en question

    Afin de donner du piment à ses aventures amoureuses,
    Monsieur Verseau doit inventer tout ce qui casse la routine.
    Sinon fondront les sentiments dans une ronde langoureuse
    Que seule une épouse enfantée égayera à coups de tétines.

    Elle recherche évidemment comment exciter leurs amours
    Car, après la Saint-Valentin, il leur reste encore quelques nuits
    Pour s’affectionner galamment en s’entraînant au jour le jour
    Au son d’un tango argentin à faire valser leurs ennuis.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • La contraception

    La contraception

    Saint-Valentin était en rage de savoir Cupidon en cage ;
    Pour lutter contre les naissances, on l’avait mis en pénitence.
    Aussi le quatorze février, on m’a dit que vous recevriez
    La clef pour ouvrir sa prison et disparaître à l’horizon.

    Tableau de J.-C. Leyendecker.

  • La voix de Saint-Valentin

    La voix de Saint-Valentin

    Depuis des jours, j’entends la voix d’un petit ange qui susurre
    Lascivement à mon oreille qu’il voudrait bien venir chez nous.
    Sa voix revient à chaque fois et, dans le lit, elle me murmure
    De saisir l’occasion pareille pour aller baiser le minou.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Arlequin et Colombine

    Arlequin et Colombine

    Lorsque les cœurs sont en hiver, qu’ils ont oublié leurs printemps,
    Juste un petit rayon d’amour suffit pour un petit bonheur
    Qui mette le corps à l’envers, la tête ailleurs, cheveux au vent.
    Et, pourquoi pas, un trait d’humour pour rire en tout bien tout honneur ?

    Pour l’amour, il n’y a pas de règle, c’est inutile d’expliquer.
    Les règles sont à mourir d’ennui, au diable, les explications !
    Alors soyons un peu espiègles, arrêtons d’être compliqués,
    Faisons l’amour toute la nuit pour jouir sans modération.

    Tableau « Arlequin et Colombine » de Mikhail Pavlovich Bobyshov.

  • Sainte-Valentine, premier choix !

    Sainte-Valentine, premier choix !

    Pour votre dîner aux chandelles, je vous suggère le meilleur d’elle :
    Appétissants, je le confesse, comme le Rumsteak de ses Fesses.
    Pour l’entrée j’ai prévu un flan avec ses Bavettes de Flanc ;
    Pour l’entremets, une terrine avec du Flancher et de la Poitrine.

    Gîte de Noix aux belles Cuisses avec des pommes vapeurs suisses ;
    Flambé pour que ça ravigote, un bon sauté de Plat de Côtes ;
    Et comme j’ai le monopole de Macreuse et Jumeaux d’Épaule,
    Je propose, pour vous mettre à l’aise, le summum de la Charolaise.

    Comme je n’y connais rien en viande de bœuf, j’ai cherché pour vous au rayon boucherie et vous ai mis tous les morceaux en Majuscules.

  • La couleur de l’âme

    La couleur de l’âme

    Bloujine, or-d’ange ou d’indigo, je dois inventer des nuances,
    Je dois posséder d’autres sens, m’ouvrir à d’autres dimensions
    Ou redevenir un nigaud pour découvrir sans influence
    L’originale quintessence de la couleur des intentions.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Les familles d’âmes

    Les familles d’âmes

    Imaginer l’inconcevable réseau d’âmes effilochées
    Dans les immeubles empilés des métropoles gigantesques,
    C’est percevoir l’irrécusable cerveau de neurones accrochés
    À tous leurs gènes estampillés d’une origine titanesque.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Les chats sont verseaux

    Les chats sont verseaux

    Des chasseurs redoutables aux fines stratégies,
    Les matous impassibles, l’œil ouvert, attentif,
    Guettent la délectable proie et privilégient
    Tout ce qui est possible à l’instinct inventif.

    Bien sûr, ils aiment autant les signes du zodiaque,
    Le giron des cancers, les poissons au berceau,
    Mais quand il fait beau temps, les matous démoniaques
    Ronronnent de concert en l’honneur des verseaux.

    Tableau de Vladimir Muhin.

  • Le poids de l’âme

    Le poids de l’âme

    Parfois le poids des connaissances peut paraître comme un éléphant
    Dont les mémoires ancestrales ont connu les monts transalpins.
    Pourtant, quand vient la renaissance, l’inconscient s’élève, triomphant,
    Vers ses origines astrales où l’âme a planté ses grappins.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • L’envol des âmes – 2

    L’envol des âmes - 2

    Quand l’esprit lâche les commandes pour se reposer de sa course,
    Toutes les mémoires remontent comme des bulles d’infinités
    Chargées des intimes demandes de mon âme qui se ressource
    Et se reconnecte à son compte pour causer aux divinités.

    Tableau de Julie Heffernan.

  • L’envol des âmes – 1

    L’envol des âmes - 1

    Lorsque s’envolera du sol ma quintessence immatérielle,
    Mes enfants verront mes oiseaux monter dans un bruissement d’aile.
    Moi, j’aurai laissé ma boussole pour une Ariane sensorielle
    M’emportant au-delà des eaux suivre le vol des hirondelles.

    Tableau de Julie Heffernan.

  • Tendre ingénue – 2

    Aveugles et sourds, mes sens n’atteignent pas l’accès à la dimension
    Que seul l’amour peut concevoir car elle échappe à la matière.
    Mais afin que mon âme étreigne ce qui fera son ascension,
    Je chercherai à percevoir ma féminine antimatière.

    Tableau de Chie Yoshii.

  • Fruits de mer

    Jolis bijoux en fruits de mer renforcent l’attrait des sirènes ;
    Après le charme de leur chant vient celui du plaisir des yeux.
    Jolies naïades, tendres chimères, l’océan vous a sacré reines
    Et le royal astre couchant en pleure un rayon soleilleux.

    Tableau de Maxine Gadd.