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  • La lune féconde

    La lune féconde

    Ce soir nous irons sur la plaine lorsque la lune sera pleine
    Alors nous nous embrasserons quand l’astre de nuit sera rond.
    Ainsi la nature féconde fleurira encore sur le monde
    Tant que la Terre tournera et que l’amour triomphera.

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  • Claire du Soleil

    Claire du Soleil

    Elle s’avance dans la brume comme le soleil du matin
    Quittant sa chemise de nuit pour une robe de lumière.
    Fuyant ses rêves qui s’embrument, chaussant ses souliers de satin,
    L’Aurore avance sans un bruit dans une grâce coutumière.

    Tableau de Anne-Marie Zilberman.

  • Mémoires spiralées

    Mémoires spiralées

    Dans mon labyrinthe d’histoires, combien de fois ai-je fleuri ?
    Dans mes notoriétés passées, combien de fois ai-je fané ?
    Tout est gravé dans ma mémoire, cordialités et mufleries,
    Parfois tabous à surpasser, parfois sacré à profaner.

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  • Le mot magique

    Le mot magique

    Il y aurait un mot magique qui rendrait les femmes si belles
    Qu’elles n’auraient qu’à prononcer juste avant que vous les voyiez.
    Alors un reflet angélique donne l’éclat à leurs prunelles
    Et, de leur bouche romancée, s’échappe un cœur d’amour noyé.

    Tableau de Juliette Belmonte.

  • Notre-Dame des coquelicots

    Notre-Dame des coquelicots

    Notre-Dame dans les champs, que ta floraison soit faite
    Et réconforte nos pleurs dans une vague de sang.
    Donne-nous cet attouchant bouton de joie et de fête
    Qui s’épanouira en fleur d’un beau rouge incandescent.

    Toujours pas de coquelicot en Suisse. Faut-il invoquer Dieu, Jésus, la Vierge et ses seins pour les obtenir ? Bah, les coquelicots valent bien une messe…

  • Clair de lune

    Clair de lune

    Le lundi soir au clair de lune, le temps suspend son mouvement
    Laissant mon âme naufragée de l’océan de la semaine.
    Pour que me sourit la fortune, je vais manger le firmament
    Des yeux de mon cœur enragé qui vit son aventure humaine.

    Tableau de Toshio Ebine.

  • Les petits hommes verts

    Quand je me penche à mon balcon, je vois défiler les acteurs
    D’un film où je suis figurant parmi les stars et les géants.
    Tous mes raisonnements abscons et mes arguments détracteurs
    Continueront, ma vie durant, à me faire sortir du néant.

    (« N’me d’mandez pas d’chanter ça, si
    Vous redoutez d’entendre ici
    Que j’aime à voir, de mon balcon
    Passer les cons »
    Georges Brassens – Le pornographe.)

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  • Femme qui lit – 1

    Femme qui lit - 1

    Femme qui lit un jour de pluie s’insensibilise à l’ennui ;
    Femme qui lit en pleine lune rêve d’amour et de fortune ;
    Femme qui lit parmi les fleurs varie entre rires et pleurs ;
    Femme qui lit par tous les temps cherche un avenir promettant.

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  • Femme qui lit – 2

    Femme qui lit - 2

    Si comme moi, vous combinez la lecture avec la nature,
    Vous aurez aussi découvert ce besoin d’amplification.
    Car je peux réembobiner le fil des plus belles aventures
    Dans mon cœur d’enfant grand ouvert qui mûrit d’imagination.

    Tableau de Matt Haber.

  • Sirène à gogo

    Sirène à gogo

    Pour mieux attraper les garçons, elle prend la forme de l’hameçon ;
    Pour mieux exciter leurs prouesses, elle prend une voix de déesse.
    Vous l’avez deviné : les femmes n’utilisent de pratiques infâmes
    Que lorsque les hommes nigauds se font piéger comme des gogos.

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  • Gaston Newton

    Gaston Newton

    S’il s’était prénommé Gaston plutôt qu’Isaac, quelle nuance !
    Mille pommes auraient pu tomber, jamais ne se serait réveillé !
    Son chef, à grand coup de baston, n’aurait causé nulle influence ;
    La gaffe en aurait incombé à un savant ensommeillé.

    Sculpture de Samuel Boulesteix.

  • Le phare et l’océan

    Le phare et l’océan

    Sempiternellement vaillant, les pieds ancrés sur son rocher,
    Le petit phare a l’air de dire : « Vas-y, essaie de me noyer ! »
    Alors l’océan assaillant, à la bravade, s’accrocher,
    Ses assauts de vagues bondir, mais jamais le phare ployer.

    Photo du « Phare de Tevennec » de Mathieu Rivrin – http:www.mathieurivrin.com

  • L’incandescence

    L’incandescence

    Ce feu qui vibre dans mon corps, comme une corde de musique,
    Marie les joies et les douleurs de mes tissus arborescents.
    Que j’aime entendre le son du cor de ma respiration physique
    Qui enrichit de ses couleurs le cœur et l’âme incandescents !

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  • Ma vie en dessin animé

    Ma vie en dessin animé

    Sur le fil de la pellicule, si je déroulais mes journées
    Avec un livre entre les mains et un matou sur les genoux,
    J’aurais l’air un peu ridicule comme un chat qui fait la tournée
    Des grands ducs et fait son chemin pour se retrouver parmi nous.

    2019 … Semant des doutes sur son chemin pour que son destin s’en dénoue.

  • Le droit de passage

    Que ce soit quand je viens au monde, quand je m’endors ou quand je meurs,
    Ce processus inexorable m’entraîne que je le veuille ou non.
    Comme une machine qui gronde de confusions et de rumeurs
    Au destin incommensurable dont je ne connais pas le nom.

    Moi, je ne suis que passager d’un voyage désorganisé
    Où l’équipage qui m’accueille me maintient un peu à l’étroit.
    Je dois apprendre à partager sans me faire brutaliser
    Et mettre de côté l’orgueil qui me fait prendre pour le roi.

    Quand j’atterrirai sur la piste, quand mon périple s’arrêtera,
    J’oublierai vite ce voyage d’interminables romans-fleuves.
    Mes amis, je ne suis pas triste car là-bas on m’apprêtera
    À rendre l’âme au nettoyage pour en ressortir comme neuve.

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  • Le jeu du monde

    Le jeu du monde

    Je croyais concevoir le monde comme un jeu assez compliqué
    Dont les règles, apparemment obscures, offriraient une place aux vainqueurs.
    Avec certaines cases immondes, d’autres au dessein mal expliqué,
    Où les joueurs, qui n’en ont cure, y participent à contrecœur.

    Certains concurrents pragmatiques savent employer les grands moyens
    Pour arriver coûte que coûte au rang des plus riches terriens.
    Si d’autres, plutôt dogmatiques, suivent les dieux et leurs doyens,
    Moi, je publie au compte-gouttes des poèmes qui ne servent à rien.

    Tableau de Bernth Uhno.

  • Chat-cophonie

    Chat-cophonie

    J’entends l’animal mélomane se lever dès potron-minet
    Pour lancer la première aubade avant que le coq n’ait chanté.
    Car ce chanteur mégalomane réveille tour à tour les minets
    Qui miaulent à la cantonade leur cacophonie déjantée.

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  • Ma vraie nature sidérale

    Ma vraie nature sidérale

    Comme des perles d’habitudes rythmant le collier de ma vie,
    Chaque heure écoulée forme un rang s’enroulant sans cesse en spirale.
    Chaque moment de solitude se retrouve face, en vis-à-vis,
    Avec l’émetteur récurrent de ma vraie nature sidérale.

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  • Loup mon amour

    Loup mon amour

    Qu’aurais-je aimé n’être qu’un loup sans autre forme de pensée
    Que de courir après les filles, les dévorer et puis mourir ?
    Mais mon cœur serait trop jaloux que tant d’amour à dépenser
    Ne serve qu’à flatter mes papilles, baiser, dormir et me nourrir !

    Mais la vie a mis sur ma route une sorte de chaperon,
    Éternelle petite fille, une artiste au-delà de tout.
    Alors mon esprit en déroute a cessé de faire le dos rond ;
    Désormais l’amour m’entortille le cœur de son passe-partout.

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  • Les animaux s’en foutent

    Les animaux s’en foutent

    Mettre les fauves en attaquant, les éléphants en défenseurs ;
    Les zèbres en milieu de terrain et les girafes, gardiens de but ;
    Pour l’arbitrage, un pélican avec large bec pourfendeur ;
    À l’arrière, des faucons pèlerins et comme remplaçants, des zébus.

    Après il faudra défricher toute la forêt d’Amazonie
    Puisque tout ce qu’on y dégage se mesure en terrains de foot.
    Mais le plus dur à dénicher sera de jouer, sans félonie,
    En mettant au point un langage pour que chacun soit à l’écoute.

    Illustration de Mordillo.

  • Le temps loupé

    Le temps loupé

    Tout va trop vite autour de moi, mais j’sais comment, heureusement,
    Rendre le temps un peu jaloux et même lui irriter le poil !
    Je me nourris au fil des mois en m’appliquant un traitement
    Qui prend la forme d’un grand loup et vit au rythme des étoiles.

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  • Guitare érotique

    Guitare érotique

    Six longs cheveux sur son corps rond, une rose autour de la bouche
    Qui chante aussitôt qu’on la frôle et qu’on lui caresse l’éclisse.
    Jamais rien ne nous interrompt quand mes doigts glissent sur ses touches ;
    Elle accompagne, comme c’est drôle, toutes mes ballades sur les cuisses.

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  • La cigogne modiste

    La cigogne modiste

    J’avais trop envie de changer mes habitudes sempiternelles
    Qui m’enferment autour de mon corps comme un costume, un uniforme.
    Une cigogne s’est arrangée, d’une façon très maternelle,
    À faire son nid en temps record comme un chapeau en haut-de-forme.

    Tableau d’Irma Kusiani.

  • Le printemps vu par les biches

    Le printemps vu par les biches

    Les plus jolies biches en fleurs offrent une gerbe de printemps
    À celui qui pourra gagner et saura mériter leurs charmes.
    Aussitôt les écornifleurs, les jeunes mâles prétendants
    Vont s’affronter, se castagner au prix du sang, au prix des armes.

    Tableau de Marc Potts.

  • Le printemps vu par les cerfs

    Le printemps vu par les cerfs

    Conquérir les jeunes femelles, les accueillir en son cheptel,
    Ça vous confectionne les bois dont les plus vigoureux s’écornent.
    Mais gare à ceux qui s’entremêlent, en s’assénant un coup mortel
    Pour de jeunes biches aux abois, et s’emberlificoter les cornes.

    Tableau d’Erik Abel.

  • Vénus et le marin

    Vénus et le marin

    Quand un marin prend dans ses bras la mer comme il prend une femme,
    Vénus se déguise en sirène et lui fait perdre la raison.
    Et leurs baisers, qu’on dénombra, ont tellement produit de flammes,
    Qu’on voit rougeoyer les carènes, d’un feu d’amour, à l’horizon.

    Tableau « Vénus et le marin » 1925 de Salvador Dali.

  • Tu es là

    Tu es là

    Où-es-tu, toi que j’aime en secret ? Où-es-tu, toi que mon cœur capte
    Quand les fréquences de l’amour atteignent ma bouche en antenne ?
    Ton goût sur mes lèvres nacrées fait vibrer mon corps qui s’adapte
    À ton absence au long des jours et tes caresses si lointaines.

    Tableau de René Magritte.

  • Le ton garance

    Le ton garance

    Voici les chasseurs de soleil, têtes brûlées, cheveux au vent,
    Qui vont tenter de concourir au prix du rouge d’excellence.
    Si vous voulez un bon conseil et désirez être innovants,
    Essayez de les conquérir aux tonalités de garance.

    Tableau de Justin Gaffrey.

  • Immersion dans les sphères

    Dans le secret de la matière j’aurais bien aimé visiter
    Les chaînes des monts atomiques ou les aurores électroniques ;
    Classer les trous d’antimatière selon leur luminosité
    Et voir le spectacle comique des radiations harmoniques.

    J’apprendrais bien l’arithmétique avec nos amis les protons,
    De l’hydrogène à l’oxygène, créés par Dieu et par Satan ;
    J’étudierais l’art poétique écrite à l’encre des photons
    Sur le cœur hallucinogène des amours de l’espace-temps.

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  • L’arbre-lumière

    L’arbre-lumière

    Souvent je me lève la nuit pour errer comme un somnambule
    Mais ma mémoire reste endormie dans une totale inconscience.
    Alors mon âme, sans faire de bruit, se met à émettre des bulles
    Qui se groupent en dichotomie sur l’arbre aux rêves d’insouciances.

    Tableau de Julia Watkins.

  • La couleur des rêves vrais

    La couleur des rêves vrais

    Toutes ces couleurs inconnues que personne n’a aperçues
    Ne s’évaporent que la nuit des rêves les plus magnifiques
    Tels la vérité toute nue sortant du puits un peu déçue
    D’avoir échappé à l’ennui des supercheries mirifiques.

    Tableau de James Coleman.

  • Arbre-en-ciel

    Arbre-en-ciel

    Encore une branche de plus à l’arbre-en-ciel pour ce printemps
    Qui lui apporte nourriture, pluie et chaleur, avec amour.
    Encore un cercle au cœur du tronc comme une aura qui se propage
    Et qui émet sur la fréquence de toute la vie sur la Terre.

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  • Le passage

    Chaque fois qu’une année se forme, s’ajoute une aura de lumière ;
    Au corps se rajoute une branche, le cœur grandit et puis mûrit.
    Le paysage se déforme d’une manière coutumière
    Comme une petite avalanche de jours dont le temps se nourrit.

    Le seuil est très imperceptible mais, une fois qu’il est passé,
    Le monde se métamorphose car désormais tout a changé.
    Tout ce qu’hier était possible devient aujourd’hui dépassé
    Alors je passe à autre chose car je dois bien m’en arranger.

    Cette force de l’habitude masque ce qui est important
    Et lorsqu’une personne manque, l’oubli l’emporte en triomphant.
    Et plus je monte en altitude, plus je trouve réconfortant
    De souscrire un compte à la banque des bonheurs de mon cœur d’enfant.

    Tableaux d’Anita Burnas.

  • La cathédrale de lumière

    La cathédrale de lumière

    Ce furieux soleil qui pénètre l’intimité de la forêt
    Comme un envahisseur ardent qui sème un vol de connaissances.
    Voici les troupes de rayons qui convertissent de lumière
    Les arbres sortis des ténèbres qui lèvent leurs bras vers le ciel.

    Tableau de Julia Watkins.

  • Croisements

    Croisements

    Qu’il est joli le jour qui vient, qu’il est bien laid celui qui part,
    Comme si la couleur du présent gommait la pâleur du passé !
    Qu’il est gai ce soleil riant, qu’elle est triste la lune endormie !
    Combien le renouveau efface les douleurs déjà oubliées !

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  • La clef de l’oubli

    La clef de l’oubli

    Je voudrais bien me libérer de tous mes soucis enfouis
    Mais j’en ai mélangé les clefs avec ma cervelle d’oiseau.
    Qui sait ? Peut-être un amoureux m’avait confié son secret
    Que j’ai enfermé à la cave dans une cage de roseaux ?

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La promenade

    La promenade

    Je m’en irais bien promener parmi ses cheveux en broussailles,
    Respirer l’azur de ses yeux, explorer sa gorge profonde ;
    Escalader son petit cap pour jouir de beaux paysages
    Entre ses lacs mouillés de nacre et ses cavernes aux chairs pulpeuses.

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  • La forêt impressionnante

    La forêt impressionnante

    Irai-je d’un pas monotone quand la forêt est en automne
    Ou avec un pas éreintant quand la forêt est au printemps ?
    Pourquoi opter un air sévère quand la forêt est en hiver
    Et choisir un air détaché quand la forêt est en été ?

    Parlez-moi plutôt de saisons qui se dérobent à ma raison ;
    Des couleurs hors de ma palette, infrarouges ou ultraviolettes ;
    Des jours où vous n’entendriez pas la voix du calendrier ;
    Des jours pas encore écoulés pour embrasser qui vous voulez.

    Tableau d’Iris Scott.

  • Ma garde-robe pour la semaine

    Ma garde-robe pour la semaine

    Lundi, si le temps est en pleurs, je mettrai une robe à fleurs ;
    Mardi, si le temps est morose, plutôt quelque chose de rose ;
    Mercredi, joli mois de mai, j’enfilerai ce qui me plait ;
    Jeudi, dans l’aube satinée, je fais la grasse matinée ;
    Vendredi, il pleut, il flotte, il mouille, je trouve un truc, je me débrouille ;
    Samedi, c’est jour de lessive, je reste nue, un peu lascive ;
    Dimanche, le soleil brille encore, je vous dévoilerai mon corps.

    Tableau d’Anna Silivonchik.

  • La couleur des astres

    La couleur des astres

    Quand l’atmosphère se maquille aux couleurs des Monts de Vénus,
    La Terre se fait féminine pour nous séduire au crépuscule.
    Puis la Lune se déshabille et sort en petite tenue
    Sous l’ultime lueur safranine d’un Soleil fou qui éjacule.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les reflets impressionnants

    Les reflets impressionnants

    Dans les labyrinthes à l’envers fragilisés par le réel,
    La pluie remonte de la terre jusqu’aux nuages qui l’aspirent.
    Puis le phénomène se brouille et la réalité me montre
    Que ce n’était que le reflet de ma folle imagination.

    Tableau d’Erin Hanson.

  • Encore loin de l’excellence

    Encore loin de l’excellence

    Pour faire une étude moyenne, il m’a fallu en jouer dix.
    Pour jouer une bonne musique, j’en ai pratiqué dix moyennes.
    Pour faire un très bon concerto, je dois en produire dix bons.
    Mais pour atteindre l’excellence, je devrai jouer dix mille fois.

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  • Je suis vous

    Je suis vous

    Un Dieu impénétrable m’a joué un bon tour
    En me faisant renaître plus d’un milliard de fois.
    Une vie, je suis un homme ; une vie, je suis une femme,
    J’ai été vos aïeux, je serai vos enfants.

    Tableau de Laurent Folco.

  • La voix de sa maîtresse

    La voix de sa maîtresse

    Au temps où travaillait ma tête, remplie de deux petits oiseaux
    Que je chargeais de réfléchir, il m’arrivait des solutions.
    Mais un jour je fis la conquête d’une femme au joli museau
    Et les oiseaux ont dû fléchir et stopper leurs circonlocutions.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La piste des toiles

    La piste des toiles

    Tout ce qui restait du détective, hormis sa pipe et son chapeau,
    Formait un rideau de mystère sur sa disparition soudaine.
    Seule son amie, la Capitaine des éclaireuses débrouillardes,
    Qui lui courait la prétentaine, sut le trouver dans le brouillard.

    Tableau de René Magritte.

  • La bonne aventure

    La bonne aventure

    Si un oracle m’avait appris toute ma destinée sur Terre,
    J’aurais été moins timoré, plus risque-tout, peut-être artiste.
    Seulement voilà, le résumé de toute mon existence est si long
    Qu’il demande une vie entière pour m’en montrer chaque étape.

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  • Les quatre saisons

    Au printemps ma ville s’éveille et ses enfants vont à l’école
    Pour apprendre le nom des rues et forger l’esprit batailleur.
    Puis ils s’endorment et se réveillent pour respecter un protocole
    Qui chaque jour les rend férus d’apprendre à être le meilleur.

    En été ma ville travaille dans un circuit bien établi
    Qui commence par les transports qui ne s’arrêteront jamais.
    Et, sous peine de représailles, l’emploi du temps préétabli
    Règle son rythme comme un sport pour lequel il faudra ramer.

    À l’automne ma ville recompte tous les jours, les mois les années
    Qu’on a passés à récolter ce qui s’empile dans les greniers.
    Une part pour Monsieur le Vicomte qui jouit à s’en pavaner ;
    Une part pour les gueux révoltés qui n’auront que le choix de grogner.

    En hiver ma ville s’endort dans des jours de mélancolie ;
    Le temps se fige dans ses ruelles, les maisons s’emplissent d’ennui.
    Ainsi, la boîte de Pandore m’a donné un torticolis
    Et mon espérance cruelle, c’est de dormir toute la nuit.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La robe couleur d’avenir

    La robe couleur d’avenir

    Une robe couleur du temps qui me dirait le temps qu’il fait
    Pour aujourd’hui ou pour demain, je trouverais ça assez banal.
    Mais si c’est la couleur du temps qui se passe au plus-que-parfait,
    Alors ça, c’est du cousu-main à inscrire dans les annales !

    Photo de Norbert Ghisoland.

  • L’ombrelle jaune

    L’ombrelle jaune

    Que n’ai-je, sous la pluie battante, couru sous un parapluie jaune
    À la poursuite du temps perdu entre les gouttes en rideau ?
    Calmer un peu la fièvre ardente qui bout dans mon cœur d’amazone
    Après ma jeunesse éperdue quelque part dans les flaques d’eau ?

    Tableau de Françoise Collandre.

  • L’école des clones

    L’école des clones

    Qu’ils sont jolis, ces comédiens d’un monde stéréotypé
    Qui grimacent au quotidien d’une manière constipée !
    Pour sortir de l’indifférence, certains souhaitent être galonnés
    Mais restent dans la transparence dans laquelle ils sont tous clonés.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.