Comme elle était venue au monde avec des pattes de velours, Elle devint contorsionniste et une perle dans son métier. Afin de rester pudibonde sans trop exciter les balourds, Elle se fit perfectionniste dans l’art de jouer avec les pieds.
Dans un creuset d’eau et de feu de notre Terre nourricière, Un souffle venu d’un oracle a fécondé l’arbre de vie. Et cet esprit forma le vœu que la femme soit bénéficiaire Pour renouveler le miracle qui perpétue notre survie.
La vie semble une mer furieuse qui ravage les destinées ; Puis dans les moments d’accalmie on pleure les chers disparus. Fatalité bien injurieuse envers nos enfants qui sont nés, Envers nos parents, nos amis, devant les anges comparus.
Nous tous, dans le même bateau, connaissons depuis la naissance Les abandons, les trahisons, l’humiliation et le rejet. Bien sûr, ce n’est pas du gâteau d’organiser la résistance Pour gagner notre guérison et faire de nouveaux projets.
La mort n’est pas une injustice, même les longues maladies Présentent un chemin bien étrange à tous ses accompagnateurs. Même si les âmes aboutissent au bout du compte au paradis, Leur disparition nous dérange et le chagrin dévastateur.
L’amour peut paraître invisible mais il assemble nos racines Et une essence nous traverse par l’écho du canal du cœur. Cet amour nous rend invincibles, il nous anime, il nous fascine Car malgré toutes controverses, il n’a ni vaincus ni vainqueurs.
On connaît toutes ces souffrances dans le voyage des humains Mais on apprend à partager autant les joies que les tristesses. On se dit que fine est la chance d’arriver au bout du chemin Et ce sont nos personnes âgées qui en démontrent l’étroitesse.
Les pensées les plus authentiques passent par le canal du cœur Et transportent les mots d’amours sous la forme de papillons. Les bleus sont les plus romantiques, les gris expriment les rancœurs Et pour agrémenter mes jours, leurs vols produisent un carillon.
Quand le corps va se promener, l’esprit rempli le cœur de sève Et pompe l’encre des grands pins dans l’encrier imaginaire. J’en profite pour ramener un peu d’idées que je prélève Auprès des forêts de sapins peuplées d’elfes originaires.
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Pour les rencontres amoureuses, voici venu le temps des fleurs ! Vous trouverez en promotion la panoplie du soupirant. Après une automne langoureuse et un hiver terni de pleurs, Revêtez l’habit d’émotions qui séduit les cœurs chavirant.
Jambes en l’air, la fleur de joie montre ses dessous impudiques Et ses organes sexuels paraissent de toute beauté. Comment pourrais-je avoir le choix de refuser l’instinct lubrique Qui m’attire d’un sensuel éblouissement chapeauté ?
Mais l’indécente demoiselle sait aguicher avec du style Car, sous l’écarlate jupon, se dresse l’objet du désir. Et les étamines donzelles se presser autour du pistil Pour un petit câlin fripon dans un bucolique plaisir.
Quand le silence est la réponse à une demande d’amour, Le cœur jamais ne se prononce sur cet écho de désamour. Alors il clame sa douleur par des suppliques bigarrées Pour donner un peu de couleur à ses amertumes égarées.
À la nouvelle lunaison, les coquelicots s’épanouissent Car ce sont les fées lunatiques qui créent leur couleur rouge-sang. Elles prononcent une oraison dont les mots qui s’évanouissent Exhalent un pigment chromatique sur les boutons luminescents.
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La nouvelle lune se cache derrière un rideau de ténèbres Et les étoiles en profitent pour jouer les filles de l’air. Alors on voit que se détachent plein de feux follets qui célèbrent, Parmi les bourgeons néophytes, le repos de l’astre lunaire.
Lorsque tu atteindras l’orée où jadis la foudre a frappé, Grimpe au sommet du tronc et vise par l’œil unique de l’arbre mort. Du soleil perçant la forêt, un rayon perdu, rescapé, Pointera, à midi précise, vers l’emplacement du trésor.
Ce matin dans la forêt d’Eschenberg, j’ai vu un trésor : un chevreuil, deux renards et des fraises des bois.
En ce dimanche après-midi, la jeune fille goûte la sieste En compagnie de son galant qui lui joue de son violoncelle D’abord un air de rapsodie, puis une musique céleste Qui suscitera par son talent le désir de sa jouvencelle.
Tableau « le café au violoncelle » de Roman Zasnolov.
Après les rouges chaperons et les méchants loups scélérats, L’homme a tant conté son adresse au jeu du chat et de la souris, Qu’enfin ceux qui hériteront de nos mémoires, c’est les rats À qui reviendra l’allégresse de lire la vie qui leur sourit.
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Bras-dessus et bras-dessous, côte-à-côte et fesse-à-fesse, L’homme et la femme s’assemblent, corps concave et corps convexe. Par-dessus et par-dessous, face-à-face tout en caresses, La femme et l’homme, ensemble, jouent un concerto pour sexes.
Les femmes orange dilatent mes rêves jusqu’à ce que le réveil sonne Qui les fait voler en éclats comme il briserait une cruche. L’apparition hélas trop brève laisse juste un BANG qui résonne Et réduit mon élan à plat tout comme un ballon de baudruche.
Je tracerai un gué de lumière qui raccordera comme un joint Notre bateau jusqu’à la plage où nous découvrirons l’amour. Tu honoreras la première le passage à l’île de Juin Et je viendrai sur le rivage te retrouver au petit jour.
Couchés parmi les coquelicots, déboutonnant ton calicot, Il m’a suffi de t’embrasser pour sentir nos corps embrasés. Dans la position missionnaire, le cœur sert de paratonnerre À l’amour dont les coups de foudre font détonner le feu aux poudres.
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Bas les masques, l’écarlate fleur des champs dont l’oriflamme Flotte en maître avec bravache parmi colzas et blés d’or. Toutes les fleurs se relatent l’apparition de la flamme Qui brandit devant les vaches la cape du toréador.
(Ça y est ! Ils sont arrivés dans le nord de la Suisse, les coquelicots qui font rougir les champs de blé ! Il m’a fallu grimper sur les plateaux fermiers pour les rencontrer. Celui-ci est né à Eidberg, le village le plus haut de la commune de Winterthur.)
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Les jolis coquelicots, mesdames, se sont ouverts sur les chemins En compagnie des jeunes blés et des colzas encore verts. Petites notes sur la gamme qui composent l’accord carmin De ma chanson dont le couplet me fut, par le vent, découvert.
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Une étrangère courait dans l’herbe d’une démarche un peu voilée ; Une saute de vent soudaine pénétra le sombre pubis Et dénuda un corps superbe luisant sous la lune étoilée, Dévoilant sa jolie bedaine et deux petits seins de rubis.
On ne dit pas dans la chanson que la chatte bleue attrapa La souris verte qui courait entre ses cuisses entrouvertes. Mais elle put payer rançon pour échapper à son trépas Et repartit dans les fourrés vers une excavation offerte.
J’ai lu « Sorcières d’aujourd’hui », le magazine émancipé Qui s’adresse aux fées actuelles et à la mode satanique. On y voit les meilleurs produits à s’offrir pour participer À leurs épreuves rituelles dans leurs réunions sabbatiques.
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Les fées se sont banalisées et prennent aujourd’hui le métro ; Elles cotisent pour leur retraite mais s’offrent très peu de vacances. Leur magie rationalisée a perdu le charme du rétro Et même certaines sous-traitent leurs potions par correspondance.
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Quand le rideau soudain dévoile deux petits soleils rouge sang Qui me font jouir d’un spectacle hypnotique jusqu’à loucher, J’écarte alors un peu la toile des deux mamelons turgescents En enlevant tous les obstacles de la mignonne effarouchée.
Quand fleuriront les coquelicots, j’enlèverai mon calicot ; Quand écloront les véroniques, je ferai glisser ma tunique ; Quand mûriront le blé et l’orge, je quitterai mon soutien-gorge ; Quand s’épanouiront les griottes, je retirerai ma culotte.
Premier quartier, Marie-la-Brune danse les pieds nus sous la Lune ; En pleine lune, Sophie-la-Rousse soulève sa robe et la retrousse ; Dernier quartier, Jeanne-la-Blonde ouvre son corsage à la ronde ; Nouvelle lune, dans la nuit noire, seuls les chats noirs peuvent les voir.
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À quoi jouera-t-on aujourd’hui selon l’humeur de la journée ? Observer les gens du matin qui se précipitent au travail ? Mater le facteur sous la pluie en train de faire sa tournée ? Rester sous les draps de satin et se rendormir vaille que vaille ?
Puisqu’aujourd’hui c’est l’élection du parlement européen, Qu’il faut voir les choses d’en haut pour secourir les gens d’en-bas, Après six mois d’insurrection contre l’état élyséen, Les humains vont, dans ce chaos, répéter le même combat.
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J’ai découvert que ma conscience meurt chaque nuit dans mon sommeil Et renaît au travers des rêves qui revigorent ma mémoire. Évanescente insignifiance qui coule au moment du réveil Dans la matérialité brève qui passe comme une écumoire.
Alors je deviens tout petit jusqu’à atteindre le zéro, Rejoindre l’infinitésimal afin de passer par les trous. Tant pis si l’orgueil en pâtit car je ne suis pas un héros, Juste un tout petit animal qui réfléchit ni peu ni prou.
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Comme mon père était lion et qu’il incarnait mon héros, J’ai imité sa signature et posé mes pieds dans ses pas. Ainsi nous nous multiplions, les lionceaux in utero, Suivant les lois de la nature, jusqu’au moment d’être papa.
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Et si nous bâtissions nos villes au cœur des arbres des forêts ? Nous passerions, de branche en branche, envolés ou parachutés ! Nous réglerions l’année civile quand le printemps commencerait Et nous irions voir le dimanche nos familles dans d’autres futaies.
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Le plus difficile à danser durant le sacre du printemps, C’est de bouger en calicot serré en haut, ouvert en bas. Tous les mouvements cadencés provoquent un ballet éreintant Et la robe coquelicot vole sous un air de samba.
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On ne rit pas avec l’enfer … mais dans la vie, faut pas s’en faire ! On ne se moque pas du sexe … mais faites l’amour sans complexe ! On ne rigole pas avec la mort … mais vivez avec vos remords ! On ne se marre pas avec Dieu … mais soyez miséricordieux !
Alors les portes de l’enfer sont des inhibitions en fer ; La censure à propos du sexe, n’est plus qu’une mise à l’index ; On brave la peur de la mort en vivant comme un matamore ; Et la science remplace Dieu par des systèmes plus insidieux.
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Quand la nourriture se fait rare, tous les matous s’en vont danser Afin de prier Lucifer, le roi des chats et des souris. Pour qu’il ne soit pas trop avare et veuille bien les récompenser, Ensemble les chats vocifèrent avec la Lune qui leur sourit.
Pour mettre un terme à vos souffrances, faites-vous enlever la vie ; Cette terrible maladie que vous ont transmise vos parents ! Vous sentirez la délivrance, le cœur léger, l’âme ravie, Et le passage au paradis sera complètement transparent.
Qu’importe le vertige de l’amour, si je m’envole dans tes bras ! Qu’importe l’ivresse des sens, si je te goûte à pleine bouche ! Qu’importe la peur de la mort, demain advienne que pourra ! Qu’importe notre inadvertance, si c’est avec toi que je couche !
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Au bureau des amours perdues, j’ai rencontré la préposée Qui secourait les cœurs moroses qui abusaient du vin clairet. Comme j’avais l’air éperdu, la belle dame m’a proposé D’oublier les éléphants roses et mon visage s’est éclairé.
(Tableau de Johanna Perdu. Le vin clairet désigne les vins rouges légers de Bordeaux par rapport aux vins sombres d’Espagne.)
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Au pays des dames en noir, les cavalières en amazones Ourdissent plein de traquenards pour mettre en échec les princesses. Heureusement dans les manoirs, on distribue les cartons jaunes Quand, dans un rire goguenard, apparaît une main traîtresse.
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Au pays des grands méchants loups, on se méfie des petites filles Qui trafiquent dans la galette pour détourner l’argent du beurre. Ces animaux fiers, mais jaloux, les pendouillent pas les chevilles Pour récupérer leur mallette qui contient le fruit du labeur.
Des rayons des bibliothèques, se dégage un drôle de chemin Qui m’entraîne dans l’autre monde où l’on vit la tête à l’envers. Ce sixième sens intrinsèque, je le trouve à portée de main ; J’ai l’imagination féconde et l’âme sur un autre univers.
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Elle s’appelait Clémentine et habitait dans la forêt Où les chemins n’ont pas de nom mais où on respire au grand air. Originaire d’Argentine, elle vivait fière et honorée Sur ce qui faisait le renom qu’elle avait acquis à Buenos Aires.
Et puis un jour, j’ai découvert qu’elle descendait de Lorraine ; Pas en sabots mais par le train et qu’elle me menait en bateau. Mais j’ai rêvé dans ses yeux verts à son histoire qui m’entraîne Encore la nuit avec l’entrain de mes songes sentimentaux.
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La grande muraille du temps, dans l’enceinte de ses semaines, M’enferme comme un prisonnier qui rêve de s’en évader. Étant donné qu’elle s’étend au-delà d’une vie humaine, À chaque conflit saisonnier, j’essaie de m’en dissuader.
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Quand disparurent les insectes, les oiseaux et tous les poissons, Les vers de terre purent enfin, de leurs amours, faire recette. Mais de peur qu’on les désinfecte, ils se cachèrent dans les buissons Pour se reproduire sans fin comme une usine de chaussettes.
Où sont passés les vers à soie, me direz-vous fortuitement ? Ils ont émigré des mûriers en dépit du qu’en-dira-t-on. Désormais c’est chacun pour soi ; ils ne font plus gratuitement Le bonheur des grands couturiers mais filent du mauvais coton.
J’ai du mal à lire les sexes dans mon verre à doubles foyers Dont le pouvoir amincissant rapetisse tous mes désirs. Et cette lentille convexe inverse l’image noyée Dans l’élixir agrandissant l’effet d’optique du plaisir.
Au pays des femmes-abeilles, la nuit, les hommes-faux-bourdons Fécondent en foule leurs reines jusqu’à mourir d’épuisement. Le lendemain, à leur réveil, elles leur demandent pardon Puis, d’une étreinte souveraine, les sortent de leur dégrisement.
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Un oiseau, comme porte-plume, officiait comme messager Juste pour conter à l’oreille les mots d’amours des soupirants. Comme aujourd’hui , il se déplume, qu’il est un peu découragé, Il cherche à trouver sa pareille sur la coiffe d’un Schah d’Iran.
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Les dames aux yeux de coquillages m’observaient attentivement Tandis que j’abordais leur île avec un look de naufragé. Après quelques enfantillages, elles m’entraînèrent hâtivement À mettre mon cœur en péril et ma pudeur bien outragée.
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Imaginons que le passé soit aussi sombre qu’un trou noir Et que notre futur s’étende aux confins d’une fontaine blanche. Nous serions tous entrelacés dans une sorte d’entonnoir Afin que la vie se distende dans une infinité de branches.
Ce soir nous irons sur la plaine lorsque la lune sera pleine Alors nous nous embrasserons quand l’astre de nuit sera rond. Ainsi la nature féconde fleurira encore sur le monde Tant que la Terre tournera et que l’amour triomphera.
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Elle s’avance dans la brume comme le soleil du matin Quittant sa chemise de nuit pour une robe de lumière. Fuyant ses rêves qui s’embrument, chaussant ses souliers de satin, L’Aurore avance sans un bruit dans une grâce coutumière.