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  • Le coup de pied

    Le coup de pied

    Comme elle était venue au monde avec des pattes de velours,
    Elle devint contorsionniste et une perle dans son métier.
    Afin de rester pudibonde sans trop exciter les balourds,
    Elle se fit perfectionniste dans l’art de jouer avec les pieds.

    Tableau de Vladimir Fedotko 1991.

  • L’arc-en-étoiles

    L’arc-en-étoiles

    Dans un creuset d’eau et de feu de notre Terre nourricière,
    Un souffle venu d’un oracle a fécondé l’arbre de vie.
    Et cet esprit forma le vœu que la femme soit bénéficiaire
    Pour renouveler le miracle qui perpétue notre survie.

    Tableau de Jo Voight.

  • La mer

    La mer

    La vie semble une mer furieuse qui ravage les destinées ;
    Puis dans les moments d’accalmie on pleure les chers disparus.
    Fatalité bien injurieuse envers nos enfants qui sont nés,
    Envers nos parents, nos amis, devant les anges comparus.

    Nous tous, dans le même bateau, connaissons depuis la naissance
    Les abandons, les trahisons, l’humiliation et le rejet.
    Bien sûr, ce n’est pas du gâteau d’organiser la résistance
    Pour gagner notre guérison et faire de nouveaux projets.

    La mort n’est pas une injustice, même les longues maladies
    Présentent un chemin bien étrange à tous ses accompagnateurs.
    Même si les âmes aboutissent au bout du compte au paradis,
    Leur disparition nous dérange et le chagrin dévastateur.

    L’amour peut paraître invisible mais il assemble nos racines
    Et une essence nous traverse par l’écho du canal du cœur.
    Cet amour nous rend invincibles, il nous anime, il nous fascine
    Car malgré toutes controverses, il n’a ni vaincus ni vainqueurs.

    On connaît toutes ces souffrances dans le voyage des humains
    Mais on apprend à partager autant les joies que les tristesses.
    On se dit que fine est la chance d’arriver au bout du chemin
    Et ce sont nos personnes âgées qui en démontrent l’étroitesse.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Ouvrez votre cœur aux papillons

    Ouvrez votre cœur aux papillons

    Les pensées les plus authentiques passent par le canal du cœur
    Et transportent les mots d’amours sous la forme de papillons.
    Les bleus sont les plus romantiques, les gris expriment les rancœurs
    Et pour agrémenter mes jours, leurs vols produisent un carillon.

    Tableau de Christian Schloe.

  • Naturellement écrit

    Quand le corps va se promener, l’esprit rempli le cœur de sève
    Et pompe l’encre des grands pins dans l’encrier imaginaire.
    J’en profite pour ramener un peu d’idées que je prélève
    Auprès des forêts de sapins peuplées d’elfes originaires.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Panoplie pour amoureux

    Panoplie pour amoureux

    Pour les rencontres amoureuses, voici venu le temps des fleurs !
    Vous trouverez en promotion la panoplie du soupirant.
    Après une automne langoureuse et un hiver terni de pleurs,
    Revêtez l’habit d’émotions qui séduit les cœurs chavirant.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Sous les jupes des coquelicots

    Jambes en l’air, la fleur de joie montre ses dessous impudiques
    Et ses organes sexuels paraissent de toute beauté.
    Comment pourrais-je avoir le choix de refuser l’instinct lubrique
    Qui m’attire d’un sensuel éblouissement chapeauté ?

    Mais l’indécente demoiselle sait aguicher avec du style
    Car, sous l’écarlate jupon, se dresse l’objet du désir.
    Et les étamines donzelles se presser autour du pistil
    Pour un petit câlin fripon dans un bucolique plaisir.

    L’impudique coquelicot du petit bois de Kyburg.

  • La couleur du silence

    La couleur du silence

    Quand le silence est la réponse à une demande d’amour,
    Le cœur jamais ne se prononce sur cet écho de désamour.
    Alors il clame sa douleur par des suppliques bigarrées
    Pour donner un peu de couleur à ses amertumes égarées.

    Tableau « Silent Talk » 2016 de Oleg Zhivetin.

  • Les fées lunatiques

    Les fées lunatiques

    À la nouvelle lunaison, les coquelicots s’épanouissent
    Car ce sont les fées lunatiques qui créent leur couleur rouge-sang.
    Elles prononcent une oraison dont les mots qui s’évanouissent
    Exhalent un pigment chromatique sur les boutons luminescents.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Nouvelle lune

    Nouvelle lune

    La nouvelle lune se cache derrière un rideau de ténèbres
    Et les étoiles en profitent pour jouer les filles de l’air.
    Alors on voit que se détachent plein de feux follets qui célèbrent,
    Parmi les bourgeons néophytes, le repos de l’astre lunaire.

    Tableau d’Alice Mason.

  • Le trésor de la forêt

    Le trésor de la forêt

    Lorsque tu atteindras l’orée où jadis la foudre a frappé,
    Grimpe au sommet du tronc et vise par l’œil unique de l’arbre mort.
    Du soleil perçant la forêt, un rayon perdu, rescapé,
    Pointera, à midi précise, vers l’emplacement du trésor.

    Ce matin dans la forêt d’Eschenberg, j’ai vu un trésor : un chevreuil, deux renards et des fraises des bois.

  • Le café au violoncelle

    Le café au violoncelle

    En ce dimanche après-midi, la jeune fille goûte la sieste
    En compagnie de son galant qui lui joue de son violoncelle
    D’abord un air de rapsodie, puis une musique céleste
    Qui suscitera par son talent le désir de sa jouvencelle.

    Tableau « le café au violoncelle » de Roman Zasnolov.

  • C’est les rats !

    C’est les rats !

    Après les rouges chaperons et les méchants loups scélérats,
    L’homme a tant conté son adresse au jeu du chat et de la souris,
    Qu’enfin ceux qui hériteront de nos mémoires, c’est les rats
    À qui reviendra l’allégresse de lire la vie qui leur sourit.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Stéréosexuels

    Stéréosexuels

    Bras-dessus et bras-dessous, côte-à-côte et fesse-à-fesse,
    L’homme et la femme s’assemblent, corps concave et corps convexe.
    Par-dessus et par-dessous, face-à-face tout en caresses,
    La femme et l’homme, ensemble, jouent un concerto pour sexes.

    Tableau de Marlina Vera.

  • Tout comme une femme orange

    Tout comme une femme orange

    Les femmes orange dilatent mes rêves jusqu’à ce que le réveil sonne
    Qui les fait voler en éclats comme il briserait une cruche.
    L’apparition hélas trop brève laisse juste un BANG qui résonne
    Et réduit mon élan à plat tout comme un ballon de baudruche.

    Photo de Ilkeys.

  • Bienvenue sur l’île de Juin

    Bienvenue sur l’île de Juin

    Je tracerai un gué de lumière qui raccordera comme un joint
    Notre bateau jusqu’à la plage où nous découvrirons l’amour.
    Tu honoreras la première le passage à l’île de Juin
    Et je viendrai sur le rivage te retrouver au petit jour.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Coup de foudre dans les coquelicots

    Coup de foudre dans les coquelicots

    Couchés parmi les coquelicots, déboutonnant ton calicot,
    Il m’a suffi de t’embrasser pour sentir nos corps embrasés.
    Dans la position missionnaire, le cœur sert de paratonnerre
    À l’amour dont les coups de foudre font détonner le feu aux poudres.

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  • Coquelicot, Messieurs

    Coquelicot, Messieurs

    Bas les masques, l’écarlate fleur des champs dont l’oriflamme
    Flotte en maître avec bravache parmi colzas et blés d’or.
    Toutes les fleurs se relatent l’apparition de la flamme
    Qui brandit devant les vaches la cape du toréador.

    (Ça y est ! Ils sont arrivés dans le nord de la Suisse, les coquelicots qui font rougir les champs de blé ! Il m’a fallu grimper sur les plateaux fermiers pour les rencontrer.
    Celui-ci est né à Eidberg, le village le plus haut de la commune de Winterthur.)

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  • Coquelicot, Mesdames

    Coquelicot, Mesdames

    Les jolis coquelicots, mesdames, se sont ouverts sur les chemins
    En compagnie des jeunes blés et des colzas encore verts.
    Petites notes sur la gamme qui composent l’accord carmin
    De ma chanson dont le couplet me fut, par le vent, découvert.

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  • Une souris verte

    Une souris verte

    Une étrangère courait dans l’herbe d’une démarche un peu voilée ;
    Une saute de vent soudaine pénétra le sombre pubis
    Et dénuda un corps superbe luisant sous la lune étoilée,
    Dévoilant sa jolie bedaine et deux petits seins de rubis.

    Tableau « Lailla » 1908 de Kees van Dongen.

  • Une chatte bleue

    Une chatte bleue

    On ne dit pas dans la chanson que la chatte bleue attrapa
    La souris verte qui courait entre ses cuisses entrouvertes.
    Mais elle put payer rançon pour échapper à son trépas
    Et repartit dans les fourrés vers une excavation offerte.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Sorcières d’aujourd’hui

    Sorcières d’aujourd’hui

    J’ai lu « Sorcières d’aujourd’hui », le magazine émancipé
    Qui s’adresse aux fées actuelles et à la mode satanique.
    On y voit les meilleurs produits à s’offrir pour participer
    À leurs épreuves rituelles dans leurs réunions sabbatiques.

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  • Fées d’aujourd’hui

    Fées d’aujourd’hui

    Les fées se sont banalisées et prennent aujourd’hui le métro ;
    Elles cotisent pour leur retraite mais s’offrent très peu de vacances.
    Leur magie rationalisée a perdu le charme du rétro
    Et même certaines sous-traitent leurs potions par correspondance.

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  • Les seins hypnotiques

    Les seins hypnotiques

    Quand le rideau soudain dévoile deux petits soleils rouge sang
    Qui me font jouir d’un spectacle hypnotique jusqu’à loucher,
    J’écarte alors un peu la toile des deux mamelons turgescents
    En enlevant tous les obstacles de la mignonne effarouchée.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Strip-tease printemps-été

    Quand fleuriront les coquelicots, j’enlèverai mon calicot ;
    Quand écloront les véroniques, je ferai glisser ma tunique ;
    Quand mûriront le blé et l’orge, je quitterai mon soutien-gorge ;
    Quand s’épanouiront les griottes, je retirerai ma culotte.

    Tableau de Knees van Dongen.

  • L’hommage à la lune

    L’hommage à la lune

    Premier quartier, Marie-la-Brune danse les pieds nus sous la Lune ;
    En pleine lune, Sophie-la-Rousse soulève sa robe et la retrousse ;
    Dernier quartier, Jeanne-la-Blonde ouvre son corsage à la ronde ;
    Nouvelle lune, dans la nuit noire, seuls les chats noirs peuvent les voir.

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  • À quoi joue-t-on ?

    À quoi joue-t-on ?

    À quoi jouera-t-on aujourd’hui selon l’humeur de la journée ?
    Observer les gens du matin qui se précipitent au travail ?
    Mater le facteur sous la pluie en train de faire sa tournée ?
    Rester sous les draps de satin et se rendormir vaille que vaille ?

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Bonjour là-haut !

    Bonjour là-haut !

    Puisqu’aujourd’hui c’est l’élection du parlement européen,
    Qu’il faut voir les choses d’en haut pour secourir les gens d’en-bas,
    Après six mois d’insurrection contre l’état élyséen,
    Les humains vont, dans ce chaos, répéter le même combat.

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  • Le centre du monde

    Le centre du monde

    J’ai découvert que ma conscience meurt chaque nuit dans mon sommeil
    Et renaît au travers des rêves qui revigorent ma mémoire.
    Évanescente insignifiance qui coule au moment du réveil
    Dans la matérialité brève qui passe comme une écumoire.

    Alors je deviens tout petit jusqu’à atteindre le zéro,
    Rejoindre l’infinitésimal afin de passer par les trous.
    Tant pis si l’orgueil en pâtit car je ne suis pas un héros,
    Juste un tout petit animal qui réfléchit ni peu ni prou.

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  • Le cycle des lions

    Le cycle des lions

    Comme mon père était lion et qu’il incarnait mon héros,
    J’ai imité sa signature et posé mes pieds dans ses pas.
    Ainsi nous nous multiplions, les lionceaux in utero,
    Suivant les lois de la nature, jusqu’au moment d’être papa.

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  • Arbreville

    Arbreville

    Et si nous bâtissions nos villes au cœur des arbres des forêts ?
    Nous passerions, de branche en branche, envolés ou parachutés !
    Nous réglerions l’année civile quand le printemps commencerait
    Et nous irions voir le dimanche nos familles dans d’autres futaies.

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  • Le plus difficile

    Le plus difficile

    Le plus difficile à danser durant le sacre du printemps,
    C’est de bouger en calicot serré en haut, ouvert en bas.
    Tous les mouvements cadencés provoquent un ballet éreintant
    Et la robe coquelicot vole sous un air de samba.

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  • Défense de rire

    Défense de rire

    On ne rit pas avec l’enfer … mais dans la vie, faut pas s’en faire !
    On ne se moque pas du sexe … mais faites l’amour sans complexe !
    On ne rigole pas avec la mort … mais vivez avec vos remords !
    On ne se marre pas avec Dieu … mais soyez miséricordieux !

    Alors les portes de l’enfer sont des inhibitions en fer ;
    La censure à propos du sexe, n’est plus qu’une mise à l’index ;
    On brave la peur de la mort en vivant comme un matamore ;
    Et la science remplace Dieu par des systèmes plus insidieux.

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  • Les chats de Lucifer

    Les chats de Lucifer

    Quand la nourriture se fait rare, tous les matous s’en vont danser
    Afin de prier Lucifer, le roi des chats et des souris.
    Pour qu’il ne soit pas trop avare et veuille bien les récompenser,
    Ensemble les chats vocifèrent avec la Lune qui leur sourit.

    Dessin de Louis Wain.

  • Opération Paradis

    Opération Paradis

    Pour mettre un terme à vos souffrances, faites-vous enlever la vie ;
    Cette terrible maladie que vous ont transmise vos parents !
    Vous sentirez la délivrance, le cœur léger, l’âme ravie,
    Et le passage au paradis sera complètement transparent.

    Dessin de Quino.

  • L’amour risqué

    L’amour risqué

    Qu’importe le vertige de l’amour, si je m’envole dans tes bras !
    Qu’importe l’ivresse des sens, si je te goûte à pleine bouche !
    Qu’importe la peur de la mort, demain advienne que pourra !
    Qu’importe notre inadvertance, si c’est avec toi que je couche !

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  • Le bureau des amours perdues

    Le bureau des amours perdues

    Au bureau des amours perdues, j’ai rencontré la préposée
    Qui secourait les cœurs moroses qui abusaient du vin clairet.
    Comme j’avais l’air éperdu, la belle dame m’a proposé
    D’oublier les éléphants roses et mon visage s’est éclairé.

    (Tableau de Johanna Perdu.
    Le vin clairet désigne les vins rouges légers de Bordeaux par rapport aux vins sombres d’Espagne.)

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  • Échec aux dames

    Échec aux dames

    Au pays des dames en noir, les cavalières en amazones
    Ourdissent plein de traquenards pour mettre en échec les princesses.
    Heureusement dans les manoirs, on distribue les cartons jaunes
    Quand, dans un rire goguenard, apparaît une main traîtresse.

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  • S’échapperont rouge

    S’échapperont rouge

    Au pays des grands méchants loups, on se méfie des petites filles
    Qui trafiquent dans la galette pour détourner l’argent du beurre.
    Ces animaux fiers, mais jaloux, les pendouillent pas les chevilles
    Pour récupérer leur mallette qui contient le fruit du labeur.

    Tableau de Vladimir Fedotko.

  • Les rayons du livre

    Les rayons du livre

    Des rayons des bibliothèques, se dégage un drôle de chemin
    Qui m’entraîne dans l’autre monde où l’on vit la tête à l’envers.
    Ce sixième sens intrinsèque, je le trouve à portée de main ;
    J’ai l’imagination féconde et l’âme sur un autre univers.

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  • Elle s’appelait Clémentine

    Elle s’appelait Clémentine

    Elle s’appelait Clémentine et habitait dans la forêt
    Où les chemins n’ont pas de nom mais où on respire au grand air.
    Originaire d’Argentine, elle vivait fière et honorée
    Sur ce qui faisait le renom qu’elle avait acquis à Buenos Aires.

    Et puis un jour, j’ai découvert qu’elle descendait de Lorraine ;
    Pas en sabots mais par le train et qu’elle me menait en bateau.
    Mais j’ai rêvé dans ses yeux verts à son histoire qui m’entraîne
    Encore la nuit avec l’entrain de mes songes sentimentaux.

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  • La grande muraille du temps

    La grande muraille du temps

    La grande muraille du temps, dans l’enceinte de ses semaines,
    M’enferme comme un prisonnier qui rêve de s’en évader.
    Étant donné qu’elle s’étend au-delà d’une vie humaine,
    À chaque conflit saisonnier, j’essaie de m’en dissuader.

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  • Les vers-à-chaussettes

    Les vers-à-chaussettes

    Quand disparurent les insectes, les oiseaux et tous les poissons,
    Les vers de terre purent enfin, de leurs amours, faire recette.
    Mais de peur qu’on les désinfecte, ils se cachèrent dans les buissons
    Pour se reproduire sans fin comme une usine de chaussettes.

    Où sont passés les vers à soie, me direz-vous fortuitement ?
    Ils ont émigré des mûriers en dépit du qu’en-dira-t-on.
    Désormais c’est chacun pour soi ; ils ne font plus gratuitement
    Le bonheur des grands couturiers mais filent du mauvais coton.

    Illustration de Mordillo.

  • Un sexe de citron

    Un sexe de citron

    J’ai du mal à lire les sexes dans mon verre à doubles foyers
    Dont le pouvoir amincissant rapetisse tous mes désirs.
    Et cette lentille convexe inverse l’image noyée
    Dans l’élixir agrandissant l’effet d’optique du plaisir.

    Photo de Thomas Doering.

  • L’abeille cool

    L’abeille cool

    Au pays des femmes-abeilles, la nuit, les hommes-faux-bourdons
    Fécondent en foule leurs reines jusqu’à mourir d’épuisement.
    Le lendemain, à leur réveil, elles leur demandent pardon
    Puis, d’une étreinte souveraine, les sortent de leur dégrisement.

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  • L’oiseau porte-plume

    L’oiseau porte-plume

    Un oiseau, comme porte-plume, officiait comme messager
    Juste pour conter à l’oreille les mots d’amours des soupirants.
    Comme aujourd’hui , il se déplume, qu’il est un peu découragé,
    Il cherche à trouver sa pareille sur la coiffe d’un Schah d’Iran.

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  • Les yeux de coquillages

    Les yeux de coquillages

    Les dames aux yeux de coquillages m’observaient attentivement
    Tandis que j’abordais leur île avec un look de naufragé.
    Après quelques enfantillages, elles m’entraînèrent hâtivement
    À mettre mon cœur en péril et ma pudeur bien outragée.

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  • Les branches infinies

    Les branches infinies

    Imaginons que le passé soit aussi sombre qu’un trou noir
    Et que notre futur s’étende aux confins d’une fontaine blanche.
    Nous serions tous entrelacés dans une sorte d’entonnoir
    Afin que la vie se distende dans une infinité de branches.

    Tableau de Suzan Farrel.

  • La lune féconde

    La lune féconde

    Ce soir nous irons sur la plaine lorsque la lune sera pleine
    Alors nous nous embrasserons quand l’astre de nuit sera rond.
    Ainsi la nature féconde fleurira encore sur le monde
    Tant que la Terre tournera et que l’amour triomphera.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Claire du Soleil

    Claire du Soleil

    Elle s’avance dans la brume comme le soleil du matin
    Quittant sa chemise de nuit pour une robe de lumière.
    Fuyant ses rêves qui s’embrument, chaussant ses souliers de satin,
    L’Aurore avance sans un bruit dans une grâce coutumière.

    Tableau de Anne-Marie Zilberman.