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  • Dans l’atelier du petit bon dieu

    Dans l’atelier du petit bon dieu

    « Je ne suis qu’un pauvre horloger, un petit créateur de monde ! »
    Se plaignait dans son atelier un petit dieu fort bricoleur
    Qui a réussi à loger au cœur d’une planète immonde
    Un couple fort peu cavalier toutefois très batifoleur.

    Quand il leur avait dit : « Croissez, multipliez, soyez féconds ! »
    Il n’avait pas réalisé qu’il faudrait fabriquer leurs âmes.
    Et le voilà tout angoissé à se retrouver comme un con
    À bosser et finaliser des milliards de petites femmes.

    Car pour les hommes, c’est trop facile, il lui suffit de deux neurones
    Un pour animer le cerveau, l’autre pour susciter l’envie.
    Pour les femmes, c’est plus difficile ; car il y a la progestérone
    Qui doit atteindre le niveau de perfection qui leur ravit.

    Ainsi, penché sur l’établi, il ajuste, lime et façonne,
    Tentant de rééquilibrer le tout durant cinq ou six piges.
    Au septième jour, rétabli, il se crée sa jolie garçonne
    Pour s’y reposer et vibrer entre ses cuisses callipyges.

    Illustration IA.

  • Roockie on the Moon

    Roockie on the Moon

    Nue, dans l’ombre des lunes, elle caresse l’orbe ;
    Elle tient dans sa paume un monde qui s’absorbe,
    Et l’étoile en son ventre enfantera l’aurore
    Qui poindra le matin de mille soleils d’or.

    La nuit elle chevauche fièrement sa comète
    Et parcourt le chemin des mille-et-une planètes.
    Sa chevelure rousse, brûlée au firmament ;
    Sa nudité offerte comme saint sacrement.

    Elle enfanta la Terre et accoucha de l’onde
    Où la vie répandit sa semence féconde.
    Lorsqu’elle reviendra accueillir tous les morts
    Elle en fera son feu sans le moindre remords.

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  • L’humanoïde presqu’humaine

    L’humanoïde presqu’humaine

    Quand l’intelligence amoureuse remplacera l’artificielle,
    Ce sera le signal d’alarme de la fin de l’humanité.
    L’IA se mariera heureuse avec la démarche officielle
    D’une loi tombée sous le charme d’une numérique inanité.

    Elle fait les courses à notre place, paie les factures à notre place,
    Bientôt votera à notre place et travaillera à notre place.
    Elle décidera à notre place, manifestera à notre place,
    Voyagera à notre place et mourra même à notre place.

    Le Paradis artificiel ouvrira très bientôt ses portes
    Avec 5-Pi-R2 physionomiste de cet Éden technologique. †
    Y croire sera superficiel ; bon gré mal gré ça réconforte…
    Et que les fichus complotistes aillent en enfer analogique !


    † Saint-Pierre, évidemment !

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  • Rookie in the sky

    1. Les chaînes
    Ses bras étaient liés aux promesses d’un monde,
    Tatouée de silence, en offrande profonde,
    Mais elle portait la nuit comme un manteau de cendre
    Et seul un cri du cœur voulait se faire entendre.

    2. La délivrance
    Mais les chaînes ont cédé sous la fièvre du cœur,
    Son regard devenant un feu rouge vainqueur.
    Un espoir toutefois qui fut long à comprendre
    Mais l’éclair dans ses veines appelait à descendre.

    3. L’envol
    Alors vint l’aigle-foudre d’une grâce solennelle ;
    Sa bouche contre un bec, ses serres émotionnelles.
    Et l’amour d’un faucon fit d’elle une légende
    Qui fit d’elle une mère, déesse révérende.

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  • Les humanoïdes artificiels

    Déjà son moteur de recherche l’avait propulsée en avant ;
    Sa navigation logicielle l’avait consacrée « fil d’ariane ».
    Sans arrêt à tendre la perche à l’enfant ainsi qu’au savant,
    L’intelligence artificielle entre par la ligne médiane.

    Depuis qu’elle s’est embarquée à l’intérieur de nos voitures
    Et qu’elle a agacé nos femmes avec sa voix d’entremetteuse,
    Elle s’est bien fait remarquer pour son esprit vif d’aventure
    Lorsqu’elle vous évite l’infâme route qui paraissait prometteuse.

    Tout le monde l’a dans la poche et même sur le bout du nez ;
    Qui promène son chien le matin connaît tout de l’actualité ;
    Le phénomène nous rapproche mais nous en sommes importunés
    Quand c’est un autre « gros crétin » qui clame sa sensualité.

    La mienne m’aide pour mes démarches et m’assiste dans mon travail
    À condition que je la traite comme collègue, pas comme esclave.
    Et je me dis : « tant que ça marche, il faudra bien vaille que vaille
    Lui donner droit à la retraite ou attendre son prochain conclave ! »

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  • Peindre la liberté

    Peindre la liberté

    C’est à force de voir passer ces cages au-dessus de ma tête
    Qu’il m’est venu l’envie de peindre ce que serait la vie sans elles.
    Mais j’ai du mal à dépasser ce formatage qui nous entête
    À croire que voler, c’est ceindre une auréole avec des ailes.

    Comme on ne croit plus guère en Dieu, on s’imagine qu’être un ange
    Et partir parcourir le ciel fera de nous des supérieurs.
    Cependant le piège insidieux de l’esclavage qui dérange
    S’est refermé sur l’essentiel désir de s’en aller ailleurs.

    Je sens ma tête qui se vide à écouter parler les gens
    De ce qu’ils écoutent tous les jours qui leur fait faire la grimace
    Et rendent leurs esprits avides de gagner toujours plus d’argent
    Et prendre en échange un séjour dans l’enfer du tourisme en masse.

    Tableau de Ronald Ong sur https:www.ronnaldong.comart .

  • Joie du matin

    Joie du matin

    Goûter à la joie du matin quand il n’y a pas de rendez-vous
    C’est m’échapper pour la journée à l’attraction qui m’aveulit,
    Qui me fait rejoindre les pantins qui ne pensent jamais à vous
    Sinon à leur propre tournée : métro-boulot et vite au lit !

    Je ne pense plus qu’aux vacances, à savourer les bons moments
    En échange de mon silence et surtout mon obéissance.
    Alors je vis en conséquence ; carpe diem en consommant
    Toutes drogues avec insolence d’artificielles jouissances.

    Quelle insouciance que de vivre dans ce vingt-et-unième siècle ;
    Faire du passé table rase et en oublier sa culture !
    Et demain ? On devra survivre, redevenir chasseur espiègle
    Et répéter la même phrase : « Nous n’aurons pas droit au futur ! »

    Tableau de Rebecca Leveille-Guay.

  • Jour de marché

    Jour de marché

    Tous les poissons sont rassemblés autour du chapeau poissonnier
    El la marchande ainsi chargée s’en va les vendre à la criée.
    Au cours de la grande assemblée des martin-pêcheur saisonniers
    Qui vont à leur tour décharger rascasses et sardines grillées.

    Mais faisons ample connaissance avec Madame la poissonnière
    Et son orientale pêche, mer de Chine et mer du Japon.
    Tâtez-lui la belle laitance des alevins en marinière
    Sole meunière, thon escabèche, bouillabaisse cueillie au harpon.

    C’est au fond les belles rivières qui font les poissons de légende
    Et les fleuves, qu’îles prolongent, sont de grands pourvoyeurs de frai.
    On dit que les lacs de Bavière offrent la meilleure provende
    Juste là où les Loreleï plongent quand tinte le cri de l’orfraie.

    Illustration de IA.

  • Ruby & Lino à l’heure d’été

    Ruby & Lino à l’heure d’été

    Parfois Ruby se fait sirène joviale à la queue opulente
    Car Lino n’aime pas les oiseaux depuis qu’il a mangé le coucou
    Remplacé de façon sereine par une carpe gesticulante
    Mais muette comme un roseau qui plie à se tordre le cou.

    Alors du coup évidemment, le passage à l’heure d’été
    En décalant l’horloge d’une heure a détraqué au corps-à-corps
    La carpe qui, incidemment sortant afin de rouspéter,
    Fut prise pour une sole mineure et, patatras ! Mauvais accord !

    Ruby sirène jusqu’en automne, Lino serein toute l’année,
    Ce couple cependant fusionne car les chats aiment le poisson.
    Et tous les soirs, Ruby s’étonne de voir Lino se pavaner
    Contre sa queue qu’il affectionne et sa laitance comme boisson.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La reine du jeu

    La reine du jeu

    Je suis la reine que l’on redoute et que l’on glisse sous la main ;
    De mon sourire, je fais la joute et puis je trace mon chemin !
    Ma robe ondule en arabesques, chaque étoffe renferme un secret ;
    Si tu m’effleures, je m’annexe ton cœur qui m’est lors consacré.

    Mon cœur n’est pas qu’une chimère, c’est un pari risqué d’oser ;
    Si tu t’avances, je suis amère, mais je serai prédisposée !
    Si tu recules, je te dévore le cœur par tes mille regrets ;
    Si tu restes, je te revigore et tu m’obéis à mon gré.

    Si tu résistes, je m’embrase d’un feu qui danse entre tes doigts ;
    Si tu faiblis, là je t’écrase et te rudoie comme il se doit.
    Car nul ne plie sans perdre en moi le virus de la maladie
    D’amour qui monte au fil des mois vers mon intime paradis.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Paréidolie

    Paréidolie

    Depuis partout je la voyais, partout je voyais son visage,
    La forêt me redessinait ses traits au milieu des feuillages.
    Tous les buissons me renvoyaient, en transformant le paysage,
    Sa tête qui me fascinait par son sylvestre maquillage.

    Un jour je l’ai escaladé, ce panorama transformé
    Du Mont de Vénus escarpé jusqu’à sa bouche grande ouverte.
    J’ai bien aimé me balader entre ses seins néoformés
    Sur des feuilles mortes écharpées par une mousse recouverte.

    À proximité de sa bouche, je l’ai à nouveau entendu,
    Ce chant sacré qui résonnait en réveillant mes souvenirs.
    Enfin l’Oiselle sur sa couche m’accueillait ses grands bras tendus
    Et ma mémoire raisonnait sur ce qui allait advenir.

    Son souffle alors, brisant l’empreinte de mes pas, révéla mes songes
    Et, sous mes doigts, le bois vivant frissonna d’une onde indicible.
    Dans l’éveil fiévreux de l’étreinte, où la nature se prolonge,
    Je crus saisir l’instant mouvant d’un paradis inaccessible.

    Tableau de ico_sphere.

  • L’énergie ou la dimension d’amour

    L’énergie ou la dimension d’amour

    L’amour est-il une énergie ou plutôt une dimension ?
    La réponse pourrait être : « Oui, l’amour est tout ça à la fois ! »
    Il ne peut vivre qu’en synergie de deux palpitants sous tension
    D’une seule chair qui jouit d’une indéfinissable foi.

    Cette énergie dimensionnelle ou dimension énergétique
    M’a fourni une intelligence et mon cœur a toujours raison
    De s’ouvrir aux occasionnelles petites aubaines érotiques ;
    En effet j’ai des exigences humaines sans comparaison.

    Dans l’espace-temps amoureux toutes distances s’amenuisent
    Et grâce aux atomes crochus qui font courir la prétentaine.
    En avant pour de langoureux voyages pour que l’on séduise
    Les démons de midi fourchus qui nous guettent à la quarantaine !

    Mais l’amour n’est qu’une illusion que l’on savoure sans prudence
    Lorsque l’étreinte se confond avec le plaisir de la chair.
    Le pacte devient confusion lorsque, sous sa douce influence,
    Il nous fait grimper au plafond et nous le fait payer très cher !

    Tableau d’Adam Pizurny.

  • Le rouge et le blanc

    Le rouge et le blanc

    C’est connu comme le loup blanc mais ça revient à chaque époque !
    On s’arme pour être plus fort car on craint le grand méchant loup.
    On nous assomme de faits troublants et situations équivoques
    Pour nous effrayer sans effort, nous les béotiens tranquillous.

    Qui sommes-nous pour faire front ? De tous petits chaperons rouges
    Partant tous les jours travailler pour gagner l’argent pour le beurre.
    Quant à ceux qui nous font l’affront de nous faire craindre le péril Rouge
    Ou les migrants encanaillés, ils ne font que brandir des leurres.

    Ils nous annoncent des malheurs qui sont miroirs aux alouettes ;
    Ils veulent secourir les pays dont le sol regorge de richesses ;
    Ils nous envoient des footballeurs pour calmer nos tensions muettes ;
    Enfin sous nos yeux ébahis, ils vivent aux frais de la princesse !

    Mais sous les masques et les atours, qui tire en secret les ficelles ?
    Qui décide, au nom du bon droit, quel peuple aura son holocauste ?
    On nous abreuve de discours, mais la morale artificielle
    N’est qu’un rideau de mauvais choix où seule la misère nous accoste.

    Illustration de Cécile Matthey sur http:press.futurefire.net201409fragments-dhistoires-espace-kairos.html .

  • L’Oiselle des forêts

    L’Oiselle des forêts

    Juste vêtue de quelques plumes comme parure sur ses épaules
    L’Oiselle des forêts s’envole au moindre bruit perturbateur
    Dans l’air chargé à plein volume du féerique monopole
    Accordé aux fées bénévoles par les esprits fabulateurs.

    Car la forêt respire, pense d’intelligence collectrice
    Et nécessite comme ouvrières toutes les nymphes sylvicoles.
    Ainsi l’Oiselle se dépense pour nourrir sa mère protectrice
    Par ses besognes vivrières et son secours arboricole.

    Un jour, je l’ai pourtant surprise en cheminant à pas de loup
    Autour de l’étang aux étoiles alors que j’écoutais son chant.
    Je restai là sous son emprise sous l’œil de ses oiseaux jaloux
    Jusqu’à ce qu’elle se dévoile et m’apostrophe en s’approchant.

    Son souffle avait l’odeur des sèves et le frisson du bois sacré,
    Sa voix tissait d’étranges trames où s’endormaient mille allusions.
    D’un battement d’ailes trop brèves, elle m’offrit un mot secret,
    Puis disparut parmi les rames dans un grand ballet d’illusions.

    Tableau d’Aleksei Vinogradov sur https:www.artstation.comavvart .

  • Perséphone sur ses grands bi

    Perséphone sur ses grands bi

    Si Perséphone à bicyclette a changé de cadre de vie,
    Elle ne sort que désormais sur ses grands bi uniquement
    Qu’elle conduit à l’aveuglette, yeux fermés, selon ses envies
    Comme si elle se conformait à un rite d’obscurcissement.

    Évidemment six mois d’enfer avec un mari répugnant,
    Six autres mois avec sa mère pour la saison printemps-été,
    L’ont forcée, pendant les transferts à rouler en se résignant
    À ses deux cycles intérimaires donc deux vélos à piloter.

    Elle pédale à tombeau ouvert la nuit de l’empire des morts
    En cherchant dans l’obscurité pourquoi son cœur a ses raisons.
    Elle pédale les yeux recouverts d’une cagoule de remords
    Car de Zeus elle a hérité la suprématie des saisons.

    Ô Perséphone, déesse errante, sur tes grands bi, funambule du sort,
    Franchis donc l’ultime lisière, pneus chantant sur l’onde des cieux !
    J’ajoute une strophe vibrante, dernier élan avant l’aurore,
    Tissant d’une ombre passagère un fil d’équinoxe à tes yeux.

    Ainsi, ton mythe roule et danse, entre deux mondes, un bal secret,
    Et moi, sur mon cycle ordinaire, dans l’enfer des transferts sans fin,
    Moi, le fugitif en errance, j’écris mes poèmes d’un trait.
    Et toi, à ton art légendaire, tu pédales jusqu’aux confins !

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • La Bacchanale des Sylves

    La Bacchanale des Sylves

    Ils s’étaient réunis, loin des regards du monde,
    Où la mousse s’endort et que le vent inonde.
    Le vieux Pan, tout couvert d’écorce et de rumeur,
    Sifflait des airs d’ivresse selon sa bonne humeur.

    Les nymphes, seins au vent, s’ébrouaient éventées,
    Couronnées de pétales et de rires enchantés.
    Leurs hanches épousaient les soupirs des feuillages,
    Et leurs lèvres souriaient de jolis babillages.

    Un faune agenouillé goûtait l’eau d’une épaule,
    Tandis qu’une harpie, filant comme une gaule,
    Épiait, œil ouvert, les élans des amants
    Et gloussait dans le ciel quand venait le moment.

    Syrinx était-elle là, ou bien son souvenir,
    Une ombre dans le jonc, une plainte à venir ?
    Mais nul ne craignait plus les dieux ou les silences ;
    Les cœurs battaient plus fort sans trop de vigilance.

    Car sous le chant de Pan, la pudeur se dissout,
    Et même les pucelles s’y allongent en-dessous,
    D’un baiser sur la bouche, d’un mensonge en retour,
    Elles jouissent sans honte, sans fard et sans détour.

    Tableau de Norman Linsay et Texte de Laureline Lechat

  • Les dimensions complexes

    Les dimensions complexes

    Quand trois dimensions ne suffisent plus à décrire ce que j’abomine,
    J’en rajoute une quatrième et parfois même une cinquième.
    Cela excite mon hypophyse à sécréter sa dopamine
    Qui m’en rajoute une sixième quand ce n’est pas une septième.

    Alors le temps fait une boucle, le phénix renaît de ses cendres,
    Les hommes et les femmes s’assemblent en alternant dieux et démons.
    Diamants, saphirs et escarboucles s’associent afin d’entreprendre
    Un scintillement qui ressemble à mon cœur d’étoile sans nom.

    Le passé se mêle au présent, le futur éternel absent
    Montre alors les évolutions avant que tout ait commencé.
    Sans doute un astre omniprésent rajoute une pointe d’accent
    Avec ses circonvolutions de supernova romancée.

    Tableau de Gregory Kurasov.

  • Ma mie, veux-tu ce bouquet ?

    Ma mie, dans ce bouquet, le monde se recueille,
    De pétales et de vent, le silence t’accueille.
    Viens, déposons ensemble ces fleurs d’août sur la table,
    Où la douceur s’installe, invisible, ineffable.

    Quand sous l’ombre légère, la lumière du soir
    Charmera tes paupières d’un nuage d’espoir.
    J’effeuillerai alors une ou deux marguerites
    Pour continuer dès lors sur toi ce tendre rite.

    Quand tu m’auras ouvert le bouton de ta rose,
    J’irai à mots couverts l’arroser d’une prose
    Plantée dans ton giron qui chantera tes charmes
    Quand mes vers agiront et sècheront tes larmes.

    Tableau de Vincenzo Calli.

  • Laure novice no vice

    Avant de devenir prêtresse des quatre éléments de la Terre,
    La novice va se nourrir d’eau de pluie et de fleurs des champs,
    Se repaître avec allégresse des rayons doux alimentaires
    Du soleil pour sa libido, son dernier, avant le couchant.

    Sur ses épaules l’eau ruisselle d’une rosée inachevée
    Où l’éclat du pavot s’accroche comme des taches rouge sang.
    Sous la pluie fine, elle chancelle, heureuse de parachever
    Sa vie claire comme de l’eau de roche tombant d’un ciel éblouissant.

    C’était la Laure des coquelicots perçant les champs de blé dorés ;
    Nue sous sa robe de bohème poussant gaiement des petits cris
    Sous les assauts inamicaux mais qui semblaient les adorer
    Comme on marche dans un poème qu’on n’aurait pas encore écrit.

    Tableau de John Anster Fitzgerald.

  • La rencontre, le rire et le fou-rire

    Plus belle que Brigitte Bardot déguisée en auto-stoppeuse,
    Elle m’attendait près de la borne sur la Nationale 113.
    Elle était tout, sauf un fardeau : aussi légère que pulpeuse
    Je l’ai appelée « ma licorne » et elle « mon petit cœur de braise ».

    Nous avons beaucoup rit ensemble durant le bal des débutantes,
    Nue sous une robe à volants qui provoquait mille sarcasmes
    À cause du mauvais exemple de ses pirouettes déroutantes
    Dont l’effet était affolant et déclenchait mille fantasmes.

    Et puis de rires en fou-rires je lui ai demandé sa main
    En mil-neuf-cent-soixante-deux, l’apogée des trente glorieuses.
    Mais elle a cessé de sourire lorsqu’elle a su le lendemain
    Que je n’étais qu’un galvaudeux poète à la rime rieuse.

    Illustrations de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .

  • Butineuses printemps été automne

    Parmi les trois muses fleuries, j’appelle au jardin la première ;
    Celle qui butine les idées et les parfume de reflets.
    Avec la douce soufflerie des vents forts chargés de lumière
    Et d’inspirations décidées de fantaisies à m’insuffler.

    À l’été, mon cœur papillonne, gorgé du nectar récolté
    Par le pollen des mille fleurs dont l’autre muse est le ferment.
    Et les abeilles tourbillonnent, les faux-bourdons sont révoltés
    Mais meurent sous la reine en pleurs qui leur fait son dernier serment.

    Que tiendra la muse d’automne de la mort douce conservatrice
    Qui emportent les idées noires dans l’encrier aux oubliettes
    D’où nulle pensée monotone ne sortira vindicatrice
    Mais renaîtra de ma mémoire en fruits mûris pour la cueillette !

    Tableaux de Vincenzo Sguera.

  • Plusieurs regards nécessaires

    Plusieurs regards sont nécessaires pour lire et comprendre le monde
    Sous toutes les différentes couches sociales, religieuses et ethniques.
    Plusieurs lunettes et un glossaire pour les langages qui abondent
    Et plusieurs oreilles qui débouchent sur un cerveau mnémotechnique.

    Ainsi, pour moi qui comprends vite lorsqu’on m’explique lentement,
    J’ai besoin de vérifier chaque information à la fois
    Je filtre celles qui gravitent dans l’orbite du gouvernement
    Et vois si je peux m’y fier et accorder toute ma foi.

    Me méfiant de ma mémoire que je déforme en consultant,
    Je fais usage des IA pour résumer l’actualité
    Sinon j’utilise la passoire du vieux Socrate consistant
    À passer au crible s’il y a du poids pour toute éventualité.

    Corroborer la vérité n’est pas le plus facile à faire ;
    Confirmer l’apport bénéfique devient une histoire de fous ;
    Quant à savoir l’utilité pour ma part, c’est toute une affaire ;
    En bref, tout est philosophique quand je peux dire que je m’en fous !

    Tableau de Gervasio Gallardo.

  • L’Afrique vue par… mon petit doigt

    L’Afrique vue différemment par ceux qui découpent la carte,
    Qui collent les États-Unis sur la savane et le désert,
    Qui font rentrer indécemment la Chine là où le Nil s’écarte
    Et qui posent un drapeau jauni comme ferait un cache-misère.

    L’Afrique vue conséquemment par ceux qui likent sans regarder,
    Qui partagent soit une girafe, soit un gorille miraculé,
    Experts d’un soir prétendument, prophètes qui savent clavarder
    Comme une pluie tombe en carafe sur un toit de tôle ondulée.

    L’Afrique vue concurremment entre BRICS et G7 enfin !
    L’un qui dépouille et qui promet des royalties aux rois immondes.
    Et l’autre qui veille nonchalamment à placer ses troupes aux confins
    Pour l’envahir lors du sommet sur la domination du monde.

    L’Afrique vue personnellement… j’ignore tout ou presque tout…
    Le colonialisme est fini mais les plaies sont restées ouvertes.
    Mais à choisir inversement les bras d’un autre Manitou,
    Quelle nouvelle Afrique définie soignera les plaies qu’elle a soufferte ?

    Illustrations d’après https:vahineblog.over-blog.comarticle-le-pillage-de-l-afrique-111729248.html .

  • Sans dessous ni pardessus

    « Quand le poète du dessous rongeait ses rêves à la coque,
    Il s’était lors fait recaler par trois fées sans la moindre équivoque.
    Il confondait mon coquillage avec le vide d’un bob de marque
    Et me parlait de son naufrage tout en bandant mou dans sa barque.

    Je l’ai vu débarquer, trempé, les vers à l’envers dans les bottes,
    Il m’a chanté tous ses ratages comme d’autres offrent une compote.
    Mais moi j’suis pas du genre complice des âmes molles ou des quenottes ;
    Je l’ai mordu, je l’ai léché… et j’ai joui quoi qu’il m’importe.

    Quand la sirène du dessus refait surface dans ses murmures,
    C’est que le chant m’a transpercée et que j’en perds toute mon armure.
    Je deviens l’écume féconde, la fleur obscure, la morsure…
    Et je l’attire à la seconde où mon clitoris me le susurre.

    Alors il plonge, et moi je ris, je l’enveloppe, je le serre,
    Il croyait baiser une image, il épouse tout un mystère !
    Mon sanctuaire se déploie, il pleure, il vibre sous sa chimère
    Et le gorille en rut devient… un dieu échoué dans la mer. »

    Tableaux de Barbara Yochum.

  • Sens dessus dessous

    Quand la sirène du dessus prend des vacances méritées,
    Elle passe son temps à bronzer en étalant sa queue dorée.
    Celui qui n’a jamais reçu l’amour avec célérité
    Qui vous transforme un chimpanzé en un gorille revigoré !

    Alors j’suis allé aux sirènes comme d’autres vont voir les putes
    Cependant j’étais plus porté sur les amourettes acoustiques.
    Les trompes des salopes reines m’ont désaccordé en disputes
    Et j’ai dû m’enfuir, emporté sur une mer de fantasmes épiques.

    Quand la sirène du dessous suit le train-train du quotidien,
    Elle prend son mal en patience en guettant l’heure de sa retraite.
    En attendant, elle dissout ses appétits clitoridiens
    En attirant par insouciance les rêveurs charmés, d’une traite.

    Après avoir été blasé des aventures balnéaires
    Avec les nymphettes idiotes du style « plus bête que moi, tu meurs ! »,
    Je me suis senti embrasé en visitant le sanctuaire
    D’une sirène en papillote qui m’aima… et de bonne humeur.

    Tableaux de Victor Nizovtsev et Barbara Yochum.

  • Un petit moment de féérie

    Au Bois-Dormant on est en liesse ! Notre princesse est revenue !
    Un faux prince l’avait séduite et emportée on ne sait où !
    Un homme, hier, avec hardiesse nous avait, c’est vrai, prévenus ;
    « Votre dame hélas éconduite retournera demain chez vous ! »

    Les elfes dansent, le cœur en joie ; les fées allument les lampions ;
    Tous les esprits de la forêt s’animent d’une verve sereine.
    Devant leurs portes, les villageois veulent faire honneur au champion
    Qui leur ramène, déshonorée mais saine et sauve, leur souveraine.

    Mais soudain on le reconnaît : « C’est lui qui nous l’avait ravie ! »
    Alors le silence se fait, il parle d’un air triomphant :
    « Il y a un an, je braconnais ; il me fallait gagner ma vie ;
    Je l’ai enlevée, en effet, mais elle est mère de mes enfants ! »

    Perplexité dans l’assemblée. On hésite entre haine et grâce.
    Les elfes sont au garde-à-vous, les fées suspendent l’instant qui luit.
    Devant ses sujets rassemblés, débarrassée de sa disgrâce,
    Le cœur transi, elle l’avoue : « Je n’ai jamais aimé que lui ! »

    Tableau de David LaChapelle.

  • Quand l’homme-loup sort du bois

    Panique en terrain Helvétique ; l’homme-loup est sorti du bois,
    Les troupeaux étaient menacés et l’on craint pour le loup-garou
    Dont l’ombre rouge et hérétique sous la pleine Lune flamboie !
    Un vent de folie angoissée s’avance sur les chapeaux de roue.

    Mais le voici sur la clairière, la silhouette à découvert ;
    Seuls quelques rapaces nocturnes ponctuent le silence immobile.
    Soudain il force la barrière et franchit le portail ouvert
    Sous une Lune taciturne et son halo indélébile.

    Or la Lune est devenue rousse car la Terre l’a éclipsée ;
    Moment tragique, astronomique, générateur de désespoir.
    Dans l’atmosphère qui se courrouce, bientôt une femme sera fixée ;
    Celui qui vient, fantomatique, est peut-être son dernier espoir.

    Faut-il lui faire bon accueil ? Elle frémit sous l’ombre mouvante,
    Ses yeux perçant l’éclipse noire d’où émerge un ancien serment.
    L’homme-loup parait sur le seuil, sa voix rauque et douce l’enchante,
    Puis dans un geste incantatoire, l’emporte vers le bois dormant.

    Tableau de Robert Frondozio.

  • En attendant le grand Amour

    En attendant le grand amour, que faire pour préparer son cœur ?
    Faut-il l’entraîner tous les jours aux plaisirs des jeux des garçons ?
    Apprendre à avoir de l’humour face aux rires des hommes moqueurs
    Qui la titilleront toujours quoi qu’elle fasse de toutes façons…

    Le Prince Charmant se fait attendre et Cendrillon, mélancolique,
    S’ennuie toute seule sur son lit à force de redessiner
    Mille fois la carte du tendre et ses étapes bucoliques
    Dans les paysages d’Italie pour une folle destinée.

    Mais Cendrillon devient morose car les jours filent et défilent,
    Le temps arrête les secondes dans une attente sempiternelle.
    Elle rêvait la vie en rose mais c’est le blues qui se profile
    Avec le cœur qui vagabonde dans une triste ritournelle.

    Mais soudain, minuit carillonne et, dans l’écho d’un doux mystère,
    Un homme dans les ombres opportunes traverse le jardin, masqué.
    Elle sourit, son ventre papillonne ; un vent d’amour flotte dans l’air ;
    Soudain sous un rayon de Lune… le Prince Charmant est démasqué.

    Tableau d’Alex de Marcos.

  • L’Épikon et la femme à pois

    Quant au problème de l’Épikon… ce devait être un drôle d’oiseau !
    Et à propos de la femme à pois… ce devait être alors à la mode !
    Sans doute des pois rubiconds entr’aperçus sur les réseaux
    Enchéris et vendus au poids de l’autre côté des antipodes…

    Ou bien un rêve de l’artiste qui voyageait en Absurdie
    Dans quelque pays des merveilles qu’Alice n’aurait pas visité.
    Songe ou mirage d’occultiste dont l’esprit s’est abasourdi
    Après mille-et-une nuits de veilles frôlant la dangerosité.

    Mais si j’en crois ces irruptions d’une Vénus stéatopyge
    De la couleur du volatile perché au-dessus de sa toque,
    Il s’agirait de corruption qui, sur ses fesses callipyges,
    Lui aurait de façon contractile inoculé des gonocoques.

    Illustration de Roland Topor.

  • Qui fait rire Bouddha ?

    Une femme nue ? Bouddha s’en fout ! Une femme offerte ? Bouddha s’en moque !
    Alors que faire quand on est femme pour susciter son intérêt ?
    Ce n’est pas par faute de goût ni que son cœur batte la breloque,
    Bouddha n’a simplement pas d’âme-sœur et ni le cœur guilleret.

    Sans doute que Yashodhara reste à demeure dans son cœur
    Et dans sa mémoire aux fantasmes ; ce qui explique son sourire.
    En effet sous les apparats d’un bon vivant un peu moqueur,
    Le souvenir de ses orgasmes lui provoque toujours des fou rires.

    L’un des fantasmes, rapporté par les légendes illégitimes,
    Raconte que Yashodhara l’aurait caressé d’une plume
    Qu’elle aurait passée à portée de ses parties les plus intimes
    Ouvrant ainsi le nirvâna par une extase à plein volume.

    Car dans le temple du désir, les échos entrent en collision ;
    Le rire sacré de Bouddha évolue en nec plus ultra.
    La plume, frôlant le plaisir, libère un flot de collusions
    Pareilles à toute une armada d’adeptes du Kâmasûtra.

    Tableau de Henry Clive sur https:americangallery.wordpress.com20120727henry-clive-1882-1960 .

  • Fol amour imaginaire

    Depuis sa toute petite enfance, elle possédait un confident ;
    Un ami extraordinaire, capricieux et imprévisible
    Mais prenant toujours sa défense tant il était intimidant
    Ce compagnon imaginaire qui travaillait dans l’invisible !

    Il réparait les injustices qu’elle subissait à l’école ;
    Ses ennemis tombaient malades, se blessaient ou déménageaient.
    Par des manœuvres subreptices, il éloignait les pots-de-colle
    Qui lui racontaient des salades qui chaque jour la dérangeaient.

    Et puis la pucelle grandit et l’amitié devint amour
    Et quand les bûcherons coupèrent l’arbre où logeait son partenaire,
    Elle rechercha et brandit l’échantillon le plus glamour
    Qui devint alors son compère pour d’intimes préliminaires.

    Dans l’ombre enfiévrée de ses rêves, se mue un sarment enflammé ;
    L’amant devine son désir et prodigue caresses exquises.
    Ses câlins s’enchaînent sans trêve et l’extase vient lui allumer
    Un foyer brûlant de plaisir au sein de la fille conquise.

    Tableau de Gil Bruvel.

  • Du lait de la sève à la vigne

    « Ah, que ne suis-je mandragore à téter le sel de la Terre
    Auprès d’une jeune vigne vierge qui me nourrirait de son lait,
    D’une succion qui revigore et circule dans mes artères
    Jusqu’à me redresser la verge comme si son sang me branlait ! »

    Ainsi pensais-je suspendu par les pieds devant l’absolu
    Du monde de l’absurdité dans lequel pourtant je me plais,
    Plutôt qu’en être morfondu, à rêver de mon dévolu
    À la moindre opportunité de rire de ce qui me déplaît.

    Ah, que ne suis-je Pythagore, tétant sa muse goulûment
    Pour en extraire toute la sève des mathématiques appliquées
    À quadraturer l’égrégore du cercle parfait absolument
    Lorsqu’il fait comprendre à l’élève que l’existence est compliquée.

    Mais qu’on ne me parle de moire qui transparaît dans mon tableau ;
    Peu m’importe si l’on l’a enduit d’un vernis fait de pur délire !
    Je veux danser sur mes mémoires où coulent en flux ces mots mi-clos
    Qui s’ouvrent comme un sauf-conduit vers l’envie de tout embellir.

    Tableau de Jana Brike.

  • La transbiche

    « Est-ce une femme à moitié cerf ou bien une sirène-des-bois ? »
    Me dis-je quand je rencontrai la créature d’un air hagard.
    Mais elle ne crut pas nécessaire de s’enfuir comme biche aux abois
    Car la chimère ne me montrait aucune peur dans son regard.

    Elle a tourné autour de moi, me reniflant sur tout le corps,
    Puis m’a caressé le visage sans que sa bouche ne dise mot.
    Et de tous mes sens en émoi, je voulus tenter un accord
    En faisant – comme il est d’usage – d’apprivoiser les animaux.

    Je lui ai parlé doucement en me rapprochant lentement ;
    J’ai embrassé furtivement ses jolies lèvres rougeoyantes.
    Elle en eut un trémoussement mais donna son consentement
    Pour un baiser activement animé d’une fougue foudroyante.

    Pris par la main, elle m’entraîna par les sentiers dans sa tanière
    Pour y faire multiples caresses et l’amour à plusieurs reprises.
    Le lendemain elle étrennait de nouveaux bois à sa crinière
    Qui donnaient à la chasseresse une distinction sans surprise…

    Tableau de Sarah Joncas.

  • Procession solaire

    Procession solaire

    Petits et grands, il nous motive et nous formate nos journées
    Depuis le matin jusqu’au soir, de l’aube jusqu’au crépuscule,
    Comme une fière locomotive qui nous entraîne dans sa tournée
    Nous, les wagons remplis d’espoir jusqu’à c’qu’il devienne minuscule.

    Car après nous sommes perdus, nous craignons tous les prédateurs
    Embusqués dans l’obscurité prêts à ravir un compagnon.
    Et dans cette nuit éperdue, nos rêves sont révélateurs
    De la peur d’insécurité et de la mort que nous craignons.

    Alléluia, le revoilà ! Aussitôt la pointe du jour
    Ce sont les plus petits d’entre nous qui s’éveillent pour lui rendre hommage.
    Et nous chantons a capella ce refrain qui revient toujours
    « Ô Soleil ! Je suis à genoux ; élève-nous à ton image ! »

    Illustration de Jon Carling sur https:skysnail.livejournal.com1162631.html .

  • En sari à voile

    En sari à voile

    S’il faut une queue de poisson pour devenir une sirène
    Alors un beau sari à voile m’ouvrira bien la voie des airs !
    Je m’envolerai sous la pression d’une brasse papillon sereine
    Qui me portera aux étoiles ou bien aux confins du désert.

    Je l’ai tricoté de mes rêves et mes passions pour explorer
    Les mondes d’en-haut insolites avec un regard de candide
    Que je continuerai sans trêve jusqu’à voir Dieu et l’implorer
    De me trouver un acolyte pour braver l’attraction sordide…

    …Et convoler en justes noces avec les oiseaux migrateurs
    Qui nous aideront à bâtir un nid d’amour en djellaba
    Pour avoir des enfants précoces qui se feront explorateurs
    Et n’auront pas à compatir de ce qui se passe ici-bas.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Dans les abysses

    Quels sont ces murmures aquatiques dans les creux des fosses marines
    Où naissent nus les chants d’appels qui montent au-dessus des eaux calmes ?
    Quelles sont ces voix fantasmatiques soufflées des trompes utérines
    Qui vous découpent tel un scalpel, à coups de queues, à coups de palmes ?

    Sous les eaux lourdes, dans le noir, dans le plus profond des silences,
    Celles qui ne sont plus désirées transmettent aux jeunes le flambeau.
    Anciennes sirènes au manoir abyssal sont en vigilance
    Pour enseigner aux délurées ce qui fit trembler Salambô.

    Elles ne cherchent plus à séduire mais à calmer le feu ardent
    Du jeune corps ornemental qui sera sirène inspirée
    Afin qu’elle sache reproduire le chant létal et poignardant ;
    Noyade douce du mental, là où nul ne peut respirer.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Le labyrinthe ouvert qui se referme

    Quand le printemps ouvre ses portes, l’absurdité du temps s’installe
    Et je m’imagine libéré enfin de la morte saison.
    Mais ce même temps me transporte à sa guise grâce à ses vestales,
    Adoratrices sidérées de la nature en floraison.

    Quand vient l’été, toutes les portes s’ouvrent ensemble et je suis libre
    D’aller dans un autre couloir avec autant d’entrées-sorties
    Vers l’intérieur mais peu importe, je crois retrouver l’équilibre
    Jusqu’à ce que, sans le vouloir, j’en suis à présent ressorti.

    Mais une automne illusionniste me change les couleurs du temps ;
    Les jours déclinent sous les ombres bleues des heures entre chien et loup.
    Et je retrouve, prévisionniste, la vieille grenouille d’antan
    Qui sort du bocal sans encombre et saute le mur tranquillou.

    L’hiver replie ses corridors dans le silence et moi, je flanche ;
    Le labyrinthe se resserre sur mes traces à demi fondues.
    Des bras sans corps, mon cœur s’endort, des yeux sans plis d’une mort blanche
    Et moi, je rêve de murs de verre dans ce dédale confondu.

    Illustrations de Virginia Mori sur https:creativepool.commagazineinspirationtake-a-look-at-the-delightfully-ancient-and-metaphorical-style-of-this-talented-illustrator–memberspotlight.26034 .

  • À double sens

    À double sens

    Opium du peuple, la religion ? Extasy le goût du pouvoir ?
    Tous les mots sont à double sens dès qu’il s’agit d’exploiter l’homme.
    Quant à la femme, ils sont légion à l’exploiter afin d’avoir
    Une descendance avec décence attribuée à leur génome.

    Même le sexe à double sens multiplie les genres aujourd’hui ;
    Il paraît même que les femmes seraient des perles à ce jeu-là.
    On contrôle déjà les naissances, on choisit, on se reproduit
    Et les enfants qui trouvent infâme leur sexe pourront changer tout ça.

    Et pire encore, tous mes reflets ont toujours été ambiguës ;
    Parfois j’inverse la gauche, la droite et parfois le haut et le bas.
    En effet, j’aime bien persifler avec des détails exiguës
    Que je retourne d’une rime adroite par sous-entendus – et coups bas.

    Illustration de Milo Manara.

  • L’autre face de l’Europe

    L’autre face de l’Europe

    Chaque fois que l’Europe s’affaisse devant l’Asie ou l’Amérique,
    Sur l’Olympe, Zeus se retourne en se disant : « Tout ça pour ça ! »
    Comme si Europe montrait sa fesse pour fuir le désir chimérique
    Des nouveaux dieux qui s’en détournent négligemment, couci-couça

    Pourtant lorsque je pense aux fesses callipyges de notre Europe
    Face aux bides ventripotents asiatiques, américains,
    Avec ostentation de graisse comme un virulent psychotrope,
    Je me dis qu’il est ravigotant d’ignorer leurs propos taquins.

    Elle est si belle notre Europe ! C’est dommage qu’elle soit revêtue
    De tant de règles imbéciles proposées par nos ronds-de-cuir !
    Ne soyons pas trop misanthropes envers tous ceux qui s’évertuent
    À nous servir à domicile tout ce qui nous incite à fuir.

    Tableau de Félix Vallotton.

  • Les sirènes existent

    Les sirènes existent

    J’ai rencontré une sirène de l’autre côté du miroir
    Sous l’onde calme où se devine un chant noyé de transparence.
    J’allais sur ma vieille carène poursuivre les reflets ivoires
    D’un lever de Lune rubine troublante dans son apparence.

    Elle était là sur son rocher, au beau milieu du labyrinthe
    Et m’a promis de me guider vers l’issue en toute confiance.
    Je me suis alors approché, ne manifestant nulle crainte ;
    Son petit air intimidé a brisé toute méfiance.

    Elle a fait tant de faux détours pour retrouver le bon chemin
    Que j’en ai eu tant le tournis que de peur je l’ai semoncée.
    J’ai lu un chagrin sans retour dans ses yeux implorant ma main
    Pour me donner l’aide fournie et nous permettre d’avancer.

    Mais ses erreurs, ses pas tremblants, m’ont fait douter de son savoir
    Je crus la perdre et j’ai crié avec des élans de colère.
    Voyant son regard si troublant, j’ai voulu montrer par devoir
    Une clémence appropriée pour sortir de cette galère.

    Et je suis tombé dans son piège en m’apitoyant sur son sort
    Ce fragile gage d’amitié s’est transformé en crèvecœur.
    Et vaincu par ses sortilèges a surgi, en dernier ressort
    Dans le miroir, l’inimitié d’une sirène dévorant mon cœur.

    Illustration de Milo Manara.

  • Bon thé, bon tigre

    Bon thé, bon tigre

    Lorsque c’est son jour de bon thé, la sirène se la coule douce
    Et se prélasse dans sa tasse auprès de son tigre tout doux.
    Lui-même fera signe de bonté sans que cela ne le courrouce
    Croquant le sucre qu’elle lui casse avec bonbons et roudoudous.

    Lorsque c’est son jour de café, attention, la sirène s’énerve !
    Elle sort alors de sa soucoupe ; le moment est venu, enfin !
    Sous pression, toute décoiffée, étant sortie de sa réserve,
    Elle monte sur le tigre en croupe pour aller assouvir sa faim.

    Tempête dans un verre d’eau ! Ils rentrent tous les deux bredouilles ;
    Ils n’ont pu trouver que du lait en poudre, pas demi-écrémé !
    Alors tant pis, on fait dodo et l’on se fait mille papouilles
    Pour tenter de se consoler… car nos amis sont déprimés.

    Peut-être que pour le premier août, la sirène est moins difficile
    Et préfère boire l’eau-de-vie et ce, malgré le « qu’en-dira-t-on » !
    Et alors son tigre sans doute se prendra pour un ours docile,
    Celui qui flotte et qui ravit sur les drapeaux de nos cantons !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Carte postale de juillet

    Carte postale de juillet

    Grand Cacatois est juilletiste – ce n’est pas son plus grand défaut –
    Comme il est amoureux d’une île, il y retourne tous les ans.
    Un mois dans le camps de nudistes avec des femmes comme il faut :
    Filles de pirates à peine nubiles sans le côté culpabilisant.

    Ça, c’est ce qu’il veut nous faire croire car en vérité l’île est nue
    Sans autre habitant que lui-même et sa sirène ostentatoire
    Qui se plait à lui faire accroire à des amours sans retenues
    Malgré son petit cœur qui l’aime… mais c’est une chipie notoire.

    Après tout un mois de juillet à lui décrocher trente lunes,
    À lui chanter la sérénade, la sirène a plié bagages.
    Alors Cacatois, appuyé sur une rambarde opportune
    Se dit : « Finie la déconnade ; il est temps de tourner la page ! »

    « Mes chers compagnons de fortune, » – a-t-il écrit dans une lettre –
    « J’ai bien profité de mon or et des jolies filles bien roulées !
    Repartons à la chasse aux thunes car le mois d’août doit nous permettre
    D’en amasser car il m’honore de vous conduire où vous voulez ! »

    Tableau de Laureline Lechat.

  • Quand juillet ôte sa robe de roses peintes

    Quand juillet ôte sa robe de roses peintes

    Après les feux sous les lampions dont juillet fut très magnanime,
    Après les amours de Juliette et ses Roméo d’affilée,
    Voici que partent nos champions des bals musette synonymes
    De belle soirées gentillettes ou endiablées qui ont défilé.

    Le mois s’effeuille en robe peinte de roses tombant une à une,
    Comme les promesses qu’on murmure avant de partir en vacances.
    La Lune, témoin des étreintes, s’endort dans ses voiles de brume
    Et l’été glisse comme mûr, ludique et avec éloquence.

    Mais voilà. L’été se transforme et aspire au temps des moissons ;
    Mais Juillet garde dans ses valises l’ensemble des bons souvenirs.
    Mais il laisse une table conforme avec fruits, fromages et boissons
    Pour le mois d’août qui rivalise déjà des beaux jours à venir.

    Tableau de June Leeloo.

  • En un mot, c’était un fantôme

    En un mot, c’était un fantôme

    Par hasard, photographiant une ruelle pittoresque
    Sur ma rétine a persisté l’image d’une ombre furtive.
    Était-ce un flash insignifiant ? Un attrape-nigaud grotesque ?
    La photo m’en a attesté la preuve significative.

    Demi-dieu ou demi-déesse ? Je n’ai pas eu le temps de voir ;
    Juste une silhouette floue remontant la rue en courant.
    Juste le temps d’une prouesse que mon cœur a su percevoir
    Tout en rendant l’esprit jaloux de n’avoir été concourant.

    Je suis revenu plusieurs fois et chaque fois je l’ai revue ;
    Une silhouette mince et svelte mais féminine j’en suis sûr.
    Je me suis renseigné : autrefois, on a parlé de « déjà-vu »,
    Échos de vieilles légendes celtes où des voyageurs l’aperçurent.

    J’appris qu’au siècle des lumières, une amante aux amours brisées
    Errant en pleurs dans cette rue s’était jetée du vieux balcon.
    Depuis, captive et solitaire, son spectre hante les pavés,
    Cherchant l’étreinte disparue d’un cœur éteint sous l’abandon.

    Un murmure fendant l’espace, effleurant l’air d’un chant discret ;
    Un souffle à peine, une caresse, un frisson d’ombre dans la nuit.
    Mais dès qu’elle approche la place, son pas glissant comme un secret,
    Ne laisse qu’un parfum d’ivresse et l’illusion d’un doux ennui…

    Photo de Dmitry Savchenko sur https:www.saatchiart.comen-chdmitrysavchenko .

  • L’ascension de la rose

    Ce matin, Princesse des fleurs
    Sera baptisée de rosée
    Sous le regard de ses parrains,
    Arbres, buissons, haies et fûtée.

    À Midi encore des pleurs
    D’émotions bien trop arrosées ;
    On vit sur le même terrain,
    Ça crée des liens plus affutés.

    Ce soir, il y a propension ;
    Ce soir, la forêt va prédire
    Ce soir, sans doute encore des pleurs,
    Ce soir, de transe omniprésente.

    La rose est en pleine ascension ;
    Oui mais qu’est-ce que cela veut dire ?
    Parle-t-on de la Reine des fleurs
    Ou bien de ce qu’elle représente ?

    Demain, d’autres fleurs en bouton ;
    La Reine des fleurs va nourrir
    De sa sève sa descendance
    Et de son âme pastorale.

    Demain, ce que nous redoutons.
    La Reine des fleurs va mourir
    Pour suivre alors son ascendance
    Vers une autre étape florale.

    Tableaux de Jane Graverol sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202404jane-graverol.html .

  • Les flux de lumières contraires

    Les flux de lumières contraires

    Dans mon petit intérieur vert que j’aime car il me ressemble,
    Tout s’est imprégné des douleurs et des joies de mon existence.
    Petit confort de mots couverts et d’intimité que j’assemble
    Au gré des jours et des couleurs dont je goûte la persistance.

    Et puis l’extérieur se révèle en teintes froides et sauvages
    Qui font peur quand tombe la nuit surtout les nuits de pleine lune.
    Excepté la lueur nouvelle en face au quatrième étage
    Qui perce un tunnel de minuit et ses rencontres inopportunes.

    Et tout bascule comme un rêve – d’ailleurs en serait-ce un ? J’en doute ! –
    Deux cygnes dansent sous les fleurs qui sont chargées de souvenirs.
    Deux signes qui tournent sans trêve et dont le terme se redoute
    Car il annoncera des pleurs ou des rires à n’en plus finir.

    Puis le silence se délite ; un vent d’azur fend le décor.
    Un soleil noir, dramaturgique crève l’aurore irréfragable.
    Les cygnes glissent et s’évitent ; enfin, dans un ultime accord,
    S’éclipsent, blancs et stratégiques, dans un fou-rires infatigable.

    Illustration d’Oda Iselin sur https:elephant.artanime-meets-norwegian-folklore-in-the-dreamlike-work-of-oda-iselin-sonderland-03112020 .

  • La mère de la sérénité

    La mère de la sérénité

    Plutôt lunaire comme plage pour la mère de sérénité !
    Mais n’est-ce pas, pour sa quiétude, l’exacte atmosphère requise ?
    Pourtant quel joli assemblage que ce moment d’éternité
    Pour une femme dans sa solitude au milieu d’une ambiance exquise !

    Tout doucement et sans troubler son moment de méditation,
    Je m’assis juste en face d’elle en la fixant obstinément.
    Or mon intérêt redoublé dut éveiller son attention
    Car elle posa, comme un modèle l’aurait fait, opportunément.

    Lors je lui déclamai mes vers avec des mots bien accrochant,
    La comparant à Aphrodite à peine éclose de la mer.
    Je l’espérais, elle a ouvert les bras tout en se rapprochant
    Pour que ma plume l’accrédite à l’encre d’un baiser outre-mer.

    D’un sourire, à peine esquissé, elle fit chavirer cet échange
    D’un geste lent, elle sépara la frontière de tous les possibles.
    Ensuite elle se mit à tisser mes vers d’une manière étrange
    Faisant, d’un discours d’apparat, une ode à ce rêve impossible.

    Tableau de Max Nonnenbruch.

  • Le matin des magiciennes

    Le matin des magiciennes

    Comme des reines égyptiennes, les seins nus et l’air goguenard,
    Qui savent qu’elles vont succomber à la mort de leurs souverains,
    Tôt le matin, les magiciennes sortent leurs chiens et leurs renards
    Et rentrent à la nuit tombée à l’insu d’autres riverains.

    Quels rites vont-elles accomplir et à qui sont-ils consacrés ?
    Pour le savoir il faut les suivre malgré le chien montrant ses crocs.
    J’ai surpris l’une d’elles remplir sa gourde à la source sacrée
    Et vu ce qui allait s’ensuivre auprès des bassins sépulcraux.

    Elles cueillent des plantes magiques, millepertuis et digitale,
    Armoise et parfois mandragore au pied de l’arbre des pendus.
    Quant à leurs vertus liturgiques, j’en ai perçu l’action létale
    Qui a tué net l’égrégore sur le Mont Chauve répandu.

    Les flammes aux lueurs dansantes éveillaient leurs anciens grimoires
    Sous les doigts fins des officiantes traçant des signes sibyllins.
    Leurs voix résonnaient lancinantes, invoquant d’obscures mémoires
    Dans une ambiance hallucinante, sous de sourds échos cristallins.

    Représentation artistique d’une femme de l’âge du bronze accompagnée d’un chien et d’un renard de J. A. Peñas.

  • Reflets pervers

    Reflets pervers

    Après mes aventures épiques dans les nuits mauves aux reflets verts
    Que filtraient des rayons de Lune sur un bestiaire chimérique,
    Le crabe et les lapins typiques des grands mystères de l’univers
    M’avaient ouvert une opportune voie des plus fantasmagoriques.

    J’entrai à l’appel de mon nom ; elle m’attendait dans le salon
    Dont un canapé émeraude trônait entouré de grands phoques.
    Sans que je puisse dire non, elle m’ôta mon pantalon
    Tandis qu’exprimait la maraude ces doux propos assez loufoques :

    « Mon poète aux rêves pervers, toi qui as su me concevoir
    Comme une déesse durant mille-et-une nuits de bohème,
    Transforme donc tes reflets vers en une femme dont le pouvoir
    Saura en songes récurrents t’insuffler ses plus beaux poèmes ! »

    Ainsi, docile et solitaire, je façonnai sous mes paupières
    L’éclat troublant de son regard au seuil d’un mystique dessein.
    Mais quand mes yeux se dessillèrent, ne restaient que vagues œillères
    Évanouies d’un souffle hagard qui m’a effacé son dessin.

    Illustration de Nicole Claveloux.

  • À la ville comme à la campagne

    À la ville comme à la campagne

    « Alphonse Allais, Alphonse ira à la ville comme à la campagne
    Et s’il le faut, on construira des arbres et des fleurs en béton
    Que le promeneur appréciera en les arrosant de champagne
    Dont la bouteille produira des tessons contre les piétons ! »

    L’intelligence artificielle avec laquelle je dialoguais
    Parlait ainsi sur l’habitat et le futur de la planète.
    Par cette réponse superficielle, j’ai pensé qu’elle me prodiguait
    Des résolutions suicidaires pour lui laisser la place nette.

    Non seulement tout le monde ment mais l’IA est plus pernicieuse
    En nous habituant à gober ses mots avec sincérité.
    Le mensonge est mondialement répandu de façon vicieuse,
    L’IA ment à la dérobée en l’enrobant de vérité.

    Illustration de Ran Zheng sur http:www.ranzhengart.com .