Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Sauvez le flamant rose !

    Sauvez le flamant rose !

    Lorsque les eaux auront noyé les terres plates de Camargue,
    Les flamants roses déprimés seront réfugiés climatiques.
    Il faudra bien les côtoyer et, que ça vous plaise ou ça vous nargue,
    Offrir aux oiseaux réprimés un environnement aquatique.

    Pourquoi pas nos salles de bains pour joindre l’utile à l’agréable ?
    Une bassine pour pédiluve et la bouée autour du cou
    Après quelques mois de turbin pour rendre le tout imperméable,
    Nous en sentirons les effluves embaumer pour un moindre coût.

    Tableau de Kevin Sloan.

  • Sauvez l’éléphant rose !

    Sauvez l’éléphant rose !

    L’absurde besoin d’évasion aura sauvé les éléphants
    En les transformant en montures pour aller courir la savane.
    Chaque fois qu’il en a l’occasion, l’homme aime se montrer triomphant,
    Prêt à partir à l’aventure solitaire ou en caravane.

    L’éléphant coursier au début me paraissait bien ridicule
    Mais on s’y fait, bien arrimé, sur la selle en délicatesse.
    Et la nature contribue à promouvoir ce véhicule
    Car l’animal sait exprimer son aptitude à la vitesse.

    Illustration de Jean-Yves Delitte.

  • Rencontres avec l’au-delà

    Rencontres avec l’au-delà

    Partout je me suis éparpillée dans les espaces parcourus
    Pour jeter un œil au-delà de l’horizon de mes limites.
    Ma tête s’est déshabillée et sur la Lune a discouru
    Tandis que l’âme « a capella » chantait pour devenir ermite.

    Mon corps, un temps, a côtoyé le fleuve des morts vers l’enfer
    Mais il n’a pas su s’adapter et s’est prononcé à l’encontre.
    L’esprit trop instruit s’est noyé dans la science des transferts ;
    Seul le cœur a su adopter tout le bienfait de ces rencontres.

    Illustration de Qingyi33.

  • Le lotus bleu-rubis

    Le lotus bleu-rubis

    Les couleurs de l’Extrême-Orient dans la nuit si fluorescentes
    Teintent de rouges souvenirs le voile noir de mes nuits blanches.
    Et je m’en vais inventoriant ces arabesques évanescentes
    En les espérant devenir des silhouettes qui se déhanchent.

    L’effet Doppler me les rapproche aux premières heures avant minuit
    Dans des volutes orientales comme le dragon des légendes.
    Et puis mes rêves se raccrochent au bleu-rubis d’un train de nuit
    Qui me ramène d’occidentales folles insomnies que j’appréhende.

    Ling Tan photographiée par Vivienne Tam.

  • L’étoile de Descartes

    L’étoile de Descartes

    Chacun attribue le bon sens dans une direction donnée
    Que chacun pense la meilleure même si elle n’est pas partagée.
    Cette opinion même est l’essence de nos ententes désordonnées
    Puisque ceux qui regardent ailleurs sont jugés désavantagés.

    Si tous les hommes naissent égaux et d’opinions équivalentes,
    Alors le bon sens représente une étoile aux milliard de branches.
    Ainsi certains actes illégaux deviennent action ambivalente
    Selon cette loi omniprésente… mais c’est à charge de revanche.

    Photo de Rob Woodcox.

  • L’arbre de vie

    Dans la cinquième dimension, s’étend toute l’arborescence
    Des multiples chemins de vie ; l’inexplicable phénomène.
    Tous nos enfants font l’ascension de l’amour en effervescence
    Qui les entraîne pour la survie de notre destinée humaine.

    Nos arbres généalogiques représentent une mosaïque
    Qui pave toute notre Terre d’une forêt de collisions.
    Alors il paraîtrait logique que les différends prosaïques
    Qui nous divisent en adversaires nous réunissent en cohésion.

    Photos de Rob Woodcox.

  • Trois petits tours – 2

    Quand le rêve prend des couleurs, il devient un songe inspiré
    Par une station émettrice des histoires les plus honorables.
    Le bleu révèle les douleurs d’une âme au destin aspiré
    Auprès des lignes directrices aux routes incommensurables.

    Le bleu contient tant de nuances que ses tons en sont insondables
    Le rêveur choisit sa palette entre le cyan et l’outremer.
    Il dosera son influence selon les vents accommodables
    Qui soulèveront la voilette des jeunes beautés éphémères.

    Car la beauté fond au réveil ; les visages se volatilisent
    Dans l’eau de rosée de l’aurore qui dilue les bleus de la nuit.
    Mais une couleur reste en veille afin que le rêveur élise
    Celle qui demain viendra encore renouer l’intrigue à minuit.

    Tableaux de Diego Fernandez sur https:aphrodisiacart.tumblr.comtaggedDiego+Fernandez .

  • Trois petits tours – 1

    Lorsque les beaux rêves s’enchaînent durant plusieurs nuits d’affilée,
    Lorsque les anges se déguisent dans des volutes de fumée,
    Je reste sur la même chaîne pour voir le film en défilé
    Par chaque scène qui aiguise l’appétit que j’ai consumé.

    Je fais un arrêt sur image lorsque l’héroïne apparaît
    Pour en tâter toutes ses formes et pour en goûter sa substance.
    Un ralenti pour faire hommage à la grâce qui transparaît
    Dont je me renseigne et m’informe pour de prochaine occurrences.

    L’achèvement souvent se perd dans des tourbillons vaporeux
    Mais la fin n’a pas d’importance et j’en oublie le dénouement.
    À la nuit tombée j’en espère un épisode savoureux
    Qui nourrira la consistance de mon plus humble dévouement.

    Tableaux de Diego Fernandez sur https:aphrodisiacart.tumblr.comtaggedDiego+Fernandez .

  • La fête à la libération

    La fête à la libération

    Viendra la fin des oppressions où l’on pourra faire la fête
    Mais rien ne sera comme avant pour les anciennes générations.
    Viendra le temps des répressions où l’on verra tomber des têtes
    Dans l’euphorie parachevant le jour de la libération.

    Pendant la folie collective, on chantera avec allégresse,
    On boira et on mangera avec des larmes et des rires.
    L’atmosphère étant explosive, la joie entraînera l’ivresse
    Et la foule se vengera pour le meilleur et pour le pire.

    Illustrations des contes d’Andersen par un russe dont je n’ai su déchiffrer le nom sur https:mishka-knizhka.ruskazki-dlay-deteyzarubezhnye-skazochnikiskazki-andersenavolshebnyj-holm .

  • Prisonnier de moi-même

    Prisonnier de moi-même

    Je suis comme cet éléphanteau, fermement rivé au piquet,
    Qui lutte de tous ses efforts jusqu’à renoncer, épuisé.
    Par tous ces liens fondamentaux à ma liberté abdiquée,
    Je me contrains dans l’inconfort de mon carcan concrétisé.

    Et puis, j’apprends à me soumettre aux règles de la société
    Et m’habitue à mes limites que je négocie sans relâche.
    Ces contraintes deviennent mes maîtres et me formatent à satiété ;
    Soit je m’enfuis comme un ermite, soit j’accepte et je deviens lâche.

    Mais au dehors, l’intolérance à être différent des autres
    Me renvoie dans mes certitudes aussi solides qu’une prison.
    Ma liberté devient l’errance d’une utopie – typiquement vôtre –
    À vivre dans vos habitudes qui ne dépassent nul horizon.

    Tableau de Rodrigo Aviles.

  • Le miroir de la mer

    Le miroir de la mer

    La ligne d’horizon tendue sur la frontière qui sépare
    L’O de la mer et l’R du ciel n’est que le bord du miroir d’OR
    Qui renvoie l’arc inattendu du rayon vert qui se prépare
    Quand le soleil interstitiel descend, s’immerge et puis, s’endort.

    Dans ce lieu bi-dimensionnel, un corps astral en pleine Lune
    Perce la surface outre-mer et diffracte en éclairs gris-blanc.
    L’astre nocturne ascensionnel répand dans la nuit opportune
    Le reflet d’argent éphémère qu’une vague apporte en tremblant.

    Illustration de Catherine Meurisse.

  • Bons baisers bien baveux !

    En Helvétie, la mer fantôme évoque encore le vendredi
    Les bisous tendres et bien baveux des sirènes alémaniques.
    En Romandie, mêmes symptômes mais c’est plutôt le mercredi
    Que leurs rappels, j’en fais l’aveu, demeurent les plus hédoniques.

    Sur les montagnes du Valais, les héritiers des loups de mers
    Remontent les torrents furieux au respect de leur libido.
    Et du Jura ont dévalé les néréides et les chimères
    Qui font le bonheur des curieux qui s’approchent, nus, des cours d’eau.

    (Tableaux de Pedro Covo.
    Sans mentir, j’ai trouvé un magnifique coquillage coniques dans un ruisseau en montant au château de Kyburg qui se dresse devant chez moi de l’autre côté de la Töss.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’aube de la féminité

    L’aube de la féminité

    Les nuits sont paraît-il enceintes et nul ne connaîtra le jour
    Qui naîtra demain des amours du Soleil amant de la Terre
    Dont l’intimité sacro-sainte à l’aube enfantera toujours
    Les merveilleux fruits du labour pour son offrande alimentaire.

    Ainsi quand deux soleils se lèvent comme nimbés d’une auréole,
    Dans une aurore qui frissonne après l’amour d’une nuit blanche,
    C’est la femme qui prend la relève par l’éclat de ses aréoles,
    Sa peau de pèche qui hérissonne et son bassin qui se déhanche.

    (Tableau de Vladimir Karnachev.
    « Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra. », proverbe ottoman.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Red Bull, sors de l’Europe !

    Red Bull, sors de l’Europe !

    Après avoir séduit Europe et lui avoir fait trois enfants,
    Zeus la donna en mariage au roi de Crète Astérion.
    Elle, abusa de psychotropes de toutes sortes en s’esclaffant
    Contre ce fol carambouillage que nous-mêmes discréditerions.

    L’histoire se répète de nos jours ; on nous promet l’Europe unie
    Pour aider notre économie et nous rendre compétiteurs.
    Hélas, nous sommes à notre tour violés, trompés et démunis
    De notre propre autonomie par nos alliés débiteurs

    Tableau de Vladimir Karnachev.

  • Iel, Faunet, faunette

    Iel, Faunet, faunette

    Est-ce un garçon manqué ? Une fille réussie ?
    On ne savait pas trop quelle était sa nature.
    En tous cas, il ou elle s’amusait sans souci
    À parafer ses farces de sa folle signature.

    Tu tombais dans trou et tu l’entendais rire
    En voyant son derrière s’enfuir dans les fourrés.
    Tu « le » ou « la » trouvais en train de te sourire
    Émergeant d’un étang, la tête énamourée.

    Comme elle était jolie ou comme il était beau
    Avec ses papillons en guise de couronne !
    « Il » ou « elle » dansait en frappant des sabots,
    Cornes en colimaçon et la queue fanfaronne.

    Tableau d’Akreon.

  • Déesses ou démones ?

    Je ne sais à qui me fier parmi tous ceux qui me promettent
    Une société exemplaire où justice serait attestée.
    Suis-je moi-même qualifié pour dire sans trop se compromettre
    Si untel pourrait me complaire ou si je pourrais le détester ?

    Tous ceux que j’ai pris pour des anges se sont révélés des démons
    Et ceux dont je me méfiais ont fait pire que je ne pensais.
    Mais je crois que lorsqu’ils mélangent gauche, droite, aval et amont,
    C’est pour mieux me stupéfier et bien mal me récompenser.

    Tableaux de Keith Stillwagon.

  • Le monde du dessous

    Le monde du dessous

    Sous les abysses insondables inaccessibles aux pollutions,
    Des créatures fantastiques jouent aux dépends de la science
    Qui les considère pendables au regard de l’évolution,
    Eux, qui se montrent sarcastiques de demeurer dans l’inconscience.

    Ils vivent de chasse et de pêche sans besoin de justifier
    Une nourriture équilibrée, minimum cinq algues par jour.
    Ils n’ont aucune loi revêche ni de credo mystifié ;
    Tant qu’ils ne sont pas dénombrés, ils se complaisent en leur séjour.

    Illustration de Lily Padula sur https:www.inprnt.comgallerylily_padula .

  • Le monde du dessus

    Le monde du dessus

    Au-delà de ce que peut comprendre la plupart des petites gens,
    Existe un royaume des dieux interdit aux simples mortels.
    Pour y entrer, il faut apprendre la loi du pouvoir de l’argent,
    Faire partie du club dispendieux et s’établir dans le cartel.

    La jet-set vit dans l’abondance dans son univers triomphant
    Où elle s’amuse à créditer crises et misères sur la Terre.
    Par la fontaine de jouvence alimentée par des enfants
    Elle vit depuis l’éternité de ses richesses excédentaires.

    De temps en temps, un ange déchu vient féconder une mortelle
    Afin de produire un héros qui vient galvaniser son peuple
    Et doit payer le terme échu de son parcours qui l’écartèle
    Par sa mort qui remet à zéro les péchés du troupeau aveugle.

    Illustration de Lily Padula sur https:www.inprnt.comgallerylily_padula .

  • Le monde intermédiaire

    Le monde intermédiaire

    Entre le paradis des riches et l’enfer des plus démunis,
    Toute une humanité subsiste coincée entre ces infinis.
    Certains n’hésitent pas et trichent, certains demeurent impunis,
    Tandis que les autres résistent vers un futur indéfini.

    J’ai connu des hauts et des bas, côtoyé de grosses fortunes,
    Passé du dénuement complet à une remontée en surface.
    Je n’en ferai pas un débat mais j’aime ces vagues opportunes
    Qui rendent mon parcours incomplet mais que voulez-vous que j’y fasse ?

    Illustration de Lily Padula sur https:www.inprnt.comgallerylily_padula .

  • Quand les jeux débloquent

    Bien sûr, nous sommes tous l’égaux comme des pièces interchangeables
    Mais ça agace notre ego de ne pas être indispensables.
    Bien sûr, nous sommes d’un même bois, d’une même chair, d’un même sang
    Mais qu’il est pénible le poids s’il s’en révèle embarrassant.

    L’histoire se répète comme un jeu dont chaque partie recommence ;
    Certains y voient même un enjeu pour tout remporter à outrance.
    Et les nouvelles générations, en reprenant les mêmes rôles,
    Revoient sans exagération tous ceux qui n’ont pas de parole.

    Photos de Lee JeeYoung sur http:elmarquesdeco.blogspot.com201402jeeyoung-lee-un-juego-hipnotico.html .

  • Shéhérazade super star

    Shéhérazade super star

    Le roi de Perse fut invité lors d’une fête entre hommes et sans femme
    Et la Reine seule à ce moment en profita pour le tromper.
    Hélas, elle ne put éviter au retour du cocu infâme
    Qu’il décapita les amants par une lame en acier trempé.

    Prétendant les femmes perfides, il en épousa chaque jour
    Une jeune vierge exécutée au matin des noces cruelles.
    Shéhérazade, belle et sylphide, rusée et pleine de bravoure
    Mit fin aux femmes persécutées par ces tortures sexuelles.

    La nuit de noces, elle raconta une histoire extraordinaire
    Qui se terminait sur un suspense à suivre au prochain numéro.
    Intéressé, il reporta l’exécution disciplinaire
    Et chaque jour le roi, bon prince, fut accro au fil des héros.

    Au bout des mille-et-une nuits, le roi tomba dans l’habitude
    D’écouter son cher feuilleton qui radoucit le néophyte.
    Addict à tromper son ennui, il fit avec mansuétude
    Placer partout des œilletons afin que ses proches en profitent.

    Photo de Tejal Patni sur https:www.slrlounge.comraging-colors-mind-bending-monochrome-rule-fashion-calendar-tejal-patni .

  • Impressionnisme en clair-obscur

    L’impressionnisme imaginaire illimité de la Nature
    Semble a priori prévisible sur l’intervalle d’une année.
    Bien sûr, tournesols factionnaires renouvellent leur mandature
    Régulièrement irrésistibles dans les champs jamais surannés.

    La garde-robe des toilettes à volonté des paysages,
    Elle aussi, paraît prédictible au fil des modes et des saisons.
    La Terre use ainsi de voilettes, de clair-obscur et d’éclairages
    D’une manière indéfectible selon qu’il plait à sa raison.

    Tableaux d’Iris Scott sur https:www.irisscottfineart.comlandscapes .

  • Impressionnisme entre terres et eaux

    Novembre restreint sa lumière d’un rideau de brume laiteux
    Et nous peint ses natures mortes sous un gesso de gelée blanche.
    Et moi, je rêve dans ma chaumière d’arbres aux parfums velouteux
    Que le vent du matin transporte tandis qu’il dénude leurs branches.

    Novembre obscurcit les étangs de l’encre noire de l’automne
    Et ragaillardit les oiseaux sur l’eau dormante des marais.
    Et moi, j’écris en reflétant mes pensées tristes et monotones
    Entre les chênes et les roseaux dans des couleurs bleues chamarrées.

    Tableaux d’Iris Scott sur https:www.irisscottfineart.comlandscapes .

  • Fusions des sexes

    Le corps a ses désirs qui soumettent l’esprit
    À la quête d’amour intense et magnétique.
    Les jeunes hommes ont faim, leurs cœurs en sont épris
    L’âme-sœur les attire, divine et érotiques.

    La peur donne des ailes à l’amoureux timide
    L’amour est un alcool pur qui le décomplexe.
    Avec un peu de zèle malgré ses mains humides
    Et un peu d’hardiesse dont il se sent perplexe.

    La guerrière amoureuse prépare ses stratagèmes,
    Ses plans sur la comète, tout l’amour à attendre.
    « Ô mon prince charmant, mon chevalier que j’aime,
    Sauras-tu me trouver sur la carte du tendre ? »

    Tableaux d’Anna Carll sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201507anna-carll.html .

  • Fusions des cœurs

    Le cœur a ses couleurs que la raison n’a pas
    Et ose en afficher tous les bleus de son âme
    Ou l’esprit vert-galant pour qu’il serve d’appât
    À l’homme solitaire qui appelle une femme.

    Quand les corps se rencontrent, les couleurs se mélangent ;
    L’âme qui bleuissait alors se met au vert ;
    Les douleurs rouge-sang s’atténuent dans l’orange ;
    Les cœurs complémentaires se livrent à découvert.

    Puis l’amour maestro exprime sur la toile
    Les tons issus du père et que la mère enfante.
    Ils expriment la Terre, le Soleil, les étoiles
    Et fusionnent les cœurs d’une œuvre triomphante.

    Tableaux d’Anna Carll sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201507anna-carll.html .

  • La complotiste en chair

    La complotiste en chair

    Les samedis, elle suivait toutes les manifestations
    Qui soulevaient tout le pays face aux lois institutionnelles.
    Dans la chaleur qui s’ensuivait, elle ôtait en contestation
    Ses fringues, sous les yeux ébahis, nue, anticonstitutionnelle.

    Il fallait la voir affronter les gendarmes en tenue casqués
    En leur pointant ses deux obus bien qu’ils n’en soient point convaincus.
    Lorsqu’ils chargeaient cette effrontée, il fallait les voir s’offusquer
    De la voir commettre l’abus de dandiner son petit cul.

    À force d’exciter ces larrons toujours butés, toujours plan-plan,
    Ils ne virent pas d’inconvénient à prévenir leur hiérarchie.
    C’est ainsi qu’on vit Macaron, Casse-tête avec Vérantanplan
    Ordonner à Darmaniannian d’arrêter net l’oligarchie.

    Tableau de Gary Benfield.

  • Dans le doute

    Est-ce que j’ai peur et n’ose pas manifester mes positions
    Pour suivre le troupeau docile qui regagne le bon vieux temps ?
    Ou oserai-je franchir le pas pour, en joignant l’opposition,
    Choisir le combat difficile dont je me sens représentant ?

    Puisque choisir c’est renoncer, qu’ai-je de plus facile à quitter ?
    L’argent qui s’en va et revient ou une fin de vie supposée ?
    Les médias nous l’ont annoncé : les dettes ne seront jamais acquittées
    Tandis que si la mort survient, la question n’est plus à poser.

    Alexandra Martynova photographiée par Charles Guo.

  • L’anti-Dieu

    L’anti-Dieu

    Au commencent de ce monde, il n’y avait ni dieu ni maître
    Mais un grand vide dénué de toutes bonnes intentions.
    Hélas, par un système immonde, nous vîmes la religion naître
    Qui nous a tant exténués par un Dieu de toute invention.

    IL dit qu’il nous tient dans sa main mais c’est pour mieux nous oppresser
    Et s’IL nous aime à la folie, c’est afin de mieux nous manger !
    Je préfère croire qu’ici demain, IL s’enfuira d’un air pressé
    Et qu’enfin ma mélancolie s’annihilera sans danger.

    Tableau de DADAIST-Gabriel.

  • Ce vide qui créa le monde

    Ce vide qui créa le monde

    Les croyants croient qu’un Dieu puissant a créé les cieux et la Terre ;
    Les savants préfèrent un Big-bang à l’origine de l’Univers.
    Chacun souhaite un épanouissant achèvement humanitaire
    Qui, à peine sorti de sa gangue, évoluera à cœur ouvert.

    Eh bien, Mesdames et Messieurs, tout cela n’est rien que poudre aux yeux !
    L’univers a été produit à partir du vide créé.
    Ainsi la Terre et les cieux ne sont pas le fruit orgueilleux
    Mais le résultat, aujourd’hui, du plus grand bide procréé.

    Illustration de Miles Johnston.

  • L’être nouveau

    L’être nouveau

    L’homme nouveau apparaîtra ou non selon le contenu
    De ce qu’on nous fait avaler comme propagande à l’envi.
    Tandis que l’âme comparaîtra dans un paradis convenu,
    Le corps, entièrement ravalé, vivra une nouvelle vie.

    Avec une aile de papillon, le vertige sera supplanté ;
    Avec une queue de poisson, fini l’œdipe avec sa mer ;
    Des cornes fixées aux pavillons pour nos téléphones implantés
    Et un radar à ultrasons pour sonder le fond de sa mère.

    Sculpture d’Irina Zaytceva.

  • En vers et en blues

    Entre la beauté mise en vers et la misère chantée en blues,
    La vie nous joue de l’oxymore avec d’étranges découvertes.
    Elle nous met le cœur à l’envers et la mémoire devient jalouse
    Des mains qui seules se remémorent l’étreinte de la femme offerte.

    La femme bleue chauffe bien mieux comme la flamme du feu follet
    Qui nous embrase toute une nuit d’un amour à dormir debout.
    Et quand un matin insomnieux se lève, le cœur est affolé
    De devoir patienter minuit, trop d’heures mises bout à bout.

    Tableaux de Jeremy Mann.

  • Portrait nature

    Portrait nature

    D’abord l’horloge biologique avec son capital-soleil,
    L’apport vital en vitamines A, B, C, D, fer, magnésium.
    Pour mes besoins physiologiques qui me maintiennent en éveil,
    Aliments antyoxydés, selon les récents symposiums.

    Je deviendrai fruits et légumes pour booster mon immunité ;
    Je consommerai naturel et respirerai au grand air.
    Par extraits de pépins d’agrumes, j’augmente ma sérénité
    Et par ces apports culturels, fleurira mon sale caractère.

    Portrait d’Elmira Namazova.

  • L’harmonie entre le flux et le reflux

    Au sommet de mes quarante ans – ou des cinquante selon les gens –
    Je me croyais être au sommet de toutes mes incertitudes.
    Mais comment remonter d’autant de temps qui va en s’allégeant
    Pour continuer d’assumer une existence en servitude ?

    Après le flux du temps qui passe, vient le reflux du temps passé ;
    Passé à revivre ses bilans et à rêver ses ambitions.
    Rompre le fil, crever l’espace, quitter ce monde compassé
    Paraît un remède jubilant mais clos de trop d’inhibitions.

    Tableaux de Vanessa Lemen.

  • Toujours dans la Lune

    Toujours dans la Lune

    Quand les conversations me semblent lourdes de phrases vides inconsistantes,
    J’échappe à l’attraction verbale et voyage autour de la Lune.
    Là, mes petites oreilles sourdes captent les paroles subsistantes
    Que les satellites bringuebalent purgées d’innombrables lacunes.

    Dans la Mer de Sérénité, j’écoute le ressac du temps
    Qui m’apporte avec du recul les informations essentielles.
    Tout ce qui n’est que vanité, inutile ou pas important,
    Devient résidu ridicule et gabegies excrémentielles.

    Illustration d’Andy Santoso.

  • Madame est servie !

    Madame est servie !

    En belle livrée naturelle, frac, plastron blanc et queue-de-pie,
    Le pingouin, petit majordome, excelle dans l’art du service.
    Ses connaissances culturelles, question thalassothérapie,
    Comblent autant de femmes que d’hommes, que d’amateurs ou de novices.

    Hélas, les pôles disparaissent causés par la fonte des glaces
    Et le réchauffement du climat par ce que les hommes ont gréé.
    Que l’humanité comparaisse fautive d’avoir pris trop de place
    Et restitue a minima la Terre que Dieu leur a créée !

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • La fille en jaune au grand chapeau

    Dans notre sexe puritain qui ne sait voir le moindre sein,
    Je dois flouter l’intimité sous peine d’être censuré
    Car le modèle américain nous impose un code sacro-saint
    Et taxe d’illégitimité ses valeurs caricaturées.

    Bientôt nous voilerons les femmes comme prohibition infâme ;
    Toute beauté sera cachée, les laids y seront attachés.
    Bientôt nous tramerons un film pour masquer ses détails infimes ;
    Au moindre doute on pourrait voir une fin de non-recevoir

    Photos d’Elizaveta Porodina.

  • Géométrie des nouveaux sexes

    La femme est ronde, l’homme est carré ? Aujourd’hui on chamboule tout !
    Maintenant que les genres sortent de nos cadres traditionnels,
    Si le sexe est contrecarré, quel est notre meilleur atout
    Pour que la mode nous apporte un caractère exceptionnel ?

    Les hétéros, pauvres héros auraient le moral à zéro
    Si on leur disait que l’habit vêt les genres de tout acabit.
    Robes, saris, jupes indiennes autant pour bis, gays, trans, lesbiennes
    Le sexe, bien sûr, occulté sans faire de difficulté.

    Photos d’Elizaveta Porodina.

  • Carreaux et rayures, on tourne en rond

    Mode à carreaux, mode à rayures, la mode reste géométrique
    Malgré la créativité et l’envie d’être avant-gardiste.
    Mode rétro et revoyures, la mode est trigonométrique
    Car elle ne peut éviter ses révolutions fantaisistes.

    Après avoir changé le corps, métamorphosé sa vision,
    La mode nous crée des lunettes pour voir le monde à notre image.
    Dès lors, choisissez le décor pour vous apporter l’illusion
    De voir sur toute la planète même ramage, même plumage.

    Photos d’Elizaveta Porodina.

  • Le cœur au quatrième top

    Le cœur au quatrième top

    Au premier top, mes sens s’éveillent par l’audition et la vision ;
    Au deuxième top, mes sens opèrent par l’odorat puis, par le goût ;
    Au troisième top, je m’émerveille par le toucher en position
    Afin qu’ensemble, ils coopèrent pour que, tout de vous, je m’engoue.

    Au quatrième top, c’est le cœur qui entend, qui voit et qui sent,
    Qui goûte et touche tout l’amour qui émane de votre aura.
    De tous mes sens, il est vainqueur, pathétique et compatissant
    Car il vous touche de son humour en accord de son lectorat.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • La flèche bleue

    La flèche bleue

    Si Moi, flèche bleue d’Aphrodite, perce davantage les cœurs
    Que ce stupide Cupidon avec son esprit déluré,
    En amour, je dois, sans redite ni de rabâchage moqueur,
    Mais d’un seul impact pudibond toucher l’âme-sœur désirée.

    Ma pointe, d’un acier trempé, est plongée dans les bleus de l’âme
    Puis, dans les rires et les larmes durant un silence plombé.
    Enfin, je vise sans me tromper ; je tire et troue l’air de ma lame
    Sans lui laisser sonner l’alarme et fends le cœur d’une flambée.

    Photo de Absynth Photo.

  • Fée Floréale

    Fée Floréale

    Bien que nous soyons en automne, j’ai convié la Fée Floréale
    À agrémenter mon balcon qui se lamentait sous la Lune.
    Exit les plantes monotones, bonjour fougères idéales
    En petits jardinets féconds et jardinières de callunes.

    Quelques guirlandes disposées dans les bosquet comme éclairage ;
    Une tortue et trois grenouilles pour compléter l’exposition
    Hélas, le temps indisposé à fournir soleil et orage
    N’a fait pousser qu’une citrouille dans la florale composition.

    Tableau d’Annie French.

  • Joséphine et ses chats

    Joséphine et ses chats

    Comme elle désirait un chat, elle en eut trois séparément
    Le premier offert par sa mère et le deuxième par sa voisine.
    Le troisième, elle le dénicha, lui ouvrit avec agrément,
    Malgré la circonstance amère, la fenêtre de sa cuisine.

    Mais elle n’avait qu’un canapé dans son petit appartement
    Si bien que tous se disputaient le droit d’y gagner leurs caresses.
    Il fallait les voir galoper ! À chaque occasion prestement,
    Ils s’y battaient, s’y culbutaient pour y conquérir leur maîtresse.

    Tableau de Didier Lourenço.

  • Abondance de fleurs

    Les Fleurs de printemps ont crevé les couches glacées saisonnières.
    Ces primevères approuvées comme véritables pionnières ;
    Ces ridicules perce-neige mais qui n’ont pas eu froid aux yeux ;
    Et les pâquerettes au manège en trois petits tours merveilleux.

    Les Fleurs d’été sont à la fête pour toutes les bêtes-à-bon-dieu.
    Coquelicots et capucines parsèment la joie dans les champs ;
    Les tournesols tournent la tête vers un roi-soleil radieux ;
    Les lauriers-roses sur les collines égayent les soleils couchants.

    L’automne dore son calice avec l’ambre mêlée de rouille.
    Colchiques mauves dans les prés annoncent la fin de l’été ;
    Des lys et des volubilis fleurissent autour des citrouilles ;
    Et l’édelweiss veille au plus près par ses étoiles reflétées.

    Photos de Cecilia Paredes.

  • Femmes-troncs et jambes impressionnistes

    Des femmes-troncs, on imagine assez mal leurs jambes et leurs pieds
    Ainsi que les stars qui embrassent leurs mâles en plan américain.
    On peut en montrer l’origine, en installant sur un trépied
    Des prothèses mais ça embarrasse l’élite et tout le saint-frusquin.

    Et si les tableaux des musées avaient des jambes à la hauteur,
    Ils vadrouilleraient dans les rues en promulguant l’art populaire.
    Les gens seraient bien amusés de voir tous les plus grands auteurs,
    Tous nos chers peintres disparus et leurs chefs-d’œuvre spectaculaires.

    Ne sommes-nous pas tous d’ailleurs de véritables tableaux vivants ?
    J’ai pour épouse une Joconde dont la valeur croît grandement.
    Moi-même poète scribouilleur, je suis l’artiste connivent
    Qui fait des rimes vagabondes de pieds aux beaux enjambements.

    Photo d’eyeAm et créatifs au Japon qui se sont déguisés en tableaux célèbres pour la parade d’Halloween.

  • Vive la simplicité !

    La mode imprime la signature au corps d’un passe sanitaire
    Et nous couvre de QR-codes comme ceinture de chasteté.
    Elle nous impose la couverture de nos systèmes immunitaires
    Protégés par un digicode fors notre pudeur contestée.

    Aux bras, les moyens de paiement ; aux cuisses, les titres de transport,
    Aux pieds, chaussures sécurisées ; aux mains, gants « Virtual Reality »
    Aux seins, des électro-aimants qui serviront de passeport
    Et un sexe remasterisé si son genre est sous garantie.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Eurêka Virus !

    Eurêka Virus !

    La surpopulation nous guette car la Terre n’est pas assez grande
    Pour accueillir et pour nourrir l’humanité d’ici vingt ans.
    Heureusement, d’un coup de baguette, la science nous a fait l’offrande
    D’un manière de mourir au profit des gens importants.

    Évidemment quand on est riche, on a envie d’être le roi
    Entouré de sujets, d’esclaves et de courtisanes adultères.
    C’est la raison pour laquelle trichent tous ceux qui se sentent à l’étroit
    Pour mieux nous garder dans l’enclave de la réserve humanitaire.

    Photo de Howard Schatz.

  • On va tous vous tuer mais c’est pour notre bien !

    Vivent la France et l’Amérique, la Russie et la Chine unies !
    Sauf que ce slogan mirifique ne vaut pas pour les démunis
    Mais seulement pour une élite de riches, puissants et nantis
    Qui vivront dans un satellite le temps qu’on soit anéantis.

    La Covid n’est qu’une rumeur pour vacciner toute la planète
    En inoculant la tumeur qui tuera tous les gens honnêtes.
    Après viendra l’ordre nouveau qui pleurera le sacrifice
    De tous ses moutons et ses veaux qui ont gobé le maléfice.

    Photos de Lee JeeYoung sur http:elmarquesdeco.blogspot.com201402jeeyoung-lee-un-juego-hipnotico.html .

  • Dernier bain de couleurs

    Dernier bain de couleurs

    Quand flambe le bouquet final, né au printemps puis, feu d’automne,
    Toute la flore s’applaudit d’avoir si bien joué son rôle.
    L’habituel chemin vicinal ne sera jamais monotone
    Tant que les arbres ébaudis s’impressionneront sans parole.

    Et le rideau retombera par ses grands vents humides et froids
    Et tout le décor pâlira dans un camaïeux gris et blanc.
    Seule la Lune bombera sa pleine figure sans effroi
    Et seul le Soleil palliera au temps maussade sans faux-semblants.

    Tableau d’Iris Scott.

  • Ultime bain de couleurs

    Ultime bain de couleurs

    Quand l’automne aura replié sa panoplie de rouille et d’ambre,
    L’hiver dressera son décor de gelées blanches et de grisailles.
    La fête resterait oublié si le solstice en fin décembre
    Ne venait ranimer encore les feuilles mortes en représailles.

    Comme un égrégore fantastique chevauchant un cheval bleu-nuit,
    Surgit des pays de cocagne Yule, le chevalier polaire
    Qui commande d’un geste drastique l’invasion au coup de minuit
    À ses troupes dans les campagnes sans sommation protocolaire.

    Tableau d’Iris Scott.

  • La gardienne germinale

    La gardienne germinale

    L’esprit des fleurs est prisonnier et enfermé à double-tour
    Par la gardienne germinale dans les semences et les graines.
    Tandis qu’à coups de tisonnier on se protège sans détour
    Contre la froidure hivernale des flocons que la neige égrène.

    Prisonnier mais pas pour longtemps car la résistance s’étend
    Dans les silos et les greniers, dans les plants et les pépinières.
    Et aux premiers jours du printemps, tous ces combattants végétant
    Vivront l’acquittement printanier s’énoncer dans les jardinières.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .