Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Amours impossibles

    Amours impossibles

    Petit oiseau, petit poisson, tous deux s’aimaient d’un amour tendre.
    Mais l’âge de la puberté en a compliqué leurs rapports.
    Le garçon, après les moissons, déserta le nid sans attendre ;
    La fille éprise de liberté courut plonger au bout du port.

    Comment se sont-ils retrouvés ? Lors d’un typhon en pleine mer !
    Ils se sont laissé aspirer – sans doute par curiosité –
    Et ont tout de suite éprouvé leurs souvenirs d’amours amères
    D’un coup de foudre, mal inspiré, qui aggrava la pluviosité.

    Ainsi quand une tempête éclate et occasionne du grabuge,
    Ce sont leurs amours impossibles qui expriment toute leur jouissance.
    Toutes les légendes le relatent ; lors de l’effroyable déluge,
    On vit l’élan concupiscible de leur libido en puissance.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • La sirène en cornet

    La sirène en cornet

    Nouvelle queue pour la sirène qui a opté pour une conque
    Afin d’amplifier le chant qui s’est révélé … écorné.
    Elle a cru l’action souveraine mais son résultat est quelconque
    Car son corps n’est plus accrochant : Qui veut d’une sirène en cornet ?

    Détourner le goût du client en lui changeant ses traditions
    Apporte au marketing l’erreur impardonnable du promoteur.
    Ces flops se démultipliant annoncent la disparition
    De ce qui faisait la terreur de l’emballage prometteur.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • De tous mes lapins posés

    De tous mes lapins posés

    Longtemps j’ai posé des lapins à tous ceux qui se délectaient
    De chercher la médiocrité là où ils pensaient me connaître.
    On m’a planté tant de grappins en pensant qu’ils me débectaient
    Et j’en ai tant d’aspérités que j’les ai changées en fenêtre.

    Il m’en reste un, un lapin blanc qui s’amuse à déambuler
    D’un trou de mémoire à creuser dans mes échecs et mes succès.
    Finalement sans faux-semblants, c’est lui qui me fait fabuler
    De balivernes en billevesées qui m’aident à crever mes abcès.

    « Se délecter de la médiocrité d’autrui reste le comble de la médiocrité. » Amélie Nothomb.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • La Mère Nature et la Maire des villes

    La Mère Nature et la Maire des villes

    Couverte de bois et forêts, Mère Nature vit d’abondance ;
    Ses enfants tètent ses racines et boivent l’eau de ses rivières.
    Pourtant elle se sent déflorée peu à peu en correspondance
    Avec pluies chargées de toxines et intempéries meurtrières.

    La Maire des Villes, évidemment, a commencé à se nourrir
    Puis, est devenue exigeante au nom de sa poussée vitale.
    Alors elle tue lentement sa génitrice qui va mourir
    Mais la vie est intransigeante même si sa croissance est létale.

    Tableau de Wojtek Siudmak.

  • La Reine de la nuit s’ennuie

    La Reine de la nuit s’ennuie sans cesse à compter les étoiles ;
    Même la Lune d’humeur changeante ne sait comment la satisfaire.
    Tant la mélancolie lui nuit qu’elle songe à prendre le voile
    Et entrer chez l’intransigeante communauté des Hautes Sphères.

    Après une longue abstinence d’une éternité de printemps,
    Elle surgit créant l’espace et tout un univers radieux.
    Aucun doute sur la pertinence qui règne depuis la nuit des temps :
    Demandez aux anges qui passent, Dieu est la reine, la Reine est Dieu.

    Les tableaux de Wojtek Siudmak ayant été censurés par Facebook voici ceux de Loetitia Pillault.

  • Lapins, ça sucre et ça suffit !

    Ne me parle pas de lapins, ces chauds lapins qui vous embrassent
    Ces beaux messieurs qui font leur trou et qui vous y glissent un enfant.
    Ni de celles qui font le tapin dehors et qui vous embarrassent
    Ces belles dames et leurs froufrous qu’elles soulèvent, l’air triomphant.

    Je ne mange pas de ce pain-là, ni de pain noir, ni de pain blanc,
    Lorsque j’y pense, j’en ai la fièvre, cela outrepasse ma vertu !
    Et si tu continues, peins-la ou écris un conte troublant
    À propos d’histoire d’un lièvre qui fait la course à la tortue.

    Tableaux d’Olga Esther sur https:beautifulbizarre.net20190129vulnerable-rebellion-an-interview-with-olga-esther .

  • La voix de Dieu

    La voix de Dieu

    Imaginez que l’on voie Dieu parler fermement aux personnes,
    D’une divinité gigantesque plus grande QUE LA Terre et le Monde !
    Imaginez le ton radieux de sa grOSSE VOIX QUI RÉSONne
    Sur les océans titanesques dont les VAGUES SE plieraient aux ondes.

    Je l’entends crier à tue-tête d’un vent qui sème la tempête
    Et nous en récoltons les fruits en ouragans et tsunamis.
    Je ne joue pas les troubles fêtes mais il me semble que ça pète
    Depuis déjà tellement longtemps qu’il doit dire quelqu’ chose d’important.

    Tableau de Mary Ellen Golden.

  • Chasse, pêche et tradition

    Ne me parlez pas de ces guerres et toutes leurs luttes intestines
    Où l’on envoie nos jeunes gens, comme chair à canon, s’offrir !
    J’ai entendu dire naguère que c’est l’honneur qui les destine
    À recevoir leur contingent de ce qui les fera souffrir.

    Ne me parlez pas de la chasse, cette activité imbécile
    Qui se prétend gérer la vie lorsqu’on vous inflige la mort !
    Qu’un jour les lapins les pourchassent et les acculent à domicile
    Pour leur ôter à jamais l’envie de se conduire en matamores.

    Illustrations de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .

  • Avant, pendant et après

    Avant, pendant et après

    Je fus à moitié dans papa, je fus à moitié dans maman…
    Était-ce moi ? Je ne sais pas ; j’ai oublié ce mi-moment.
    Je fis la course, je fus vainqueur, je fus la porte qui s’ouvrit
    Afin d’accueillir en son cœur la graine qui donna son fruit.

    Je suis à moitié maintenant et l’autre moitié dans la Lune ;
    Les pieds sur Terre en maintenant mon âme pour toute fortune.
    Quelque soit le choix du chemin, j’ai toujours l’esprit insouciant.
    Je n’ai pas peur du lendemain ; je sais, j’ai le cœur inconscient.

    Avant j’avais peur de la mort mais je l’ai déjà traversée
    En sautant comme un matamore dans une descente inversée.
    À l’instant du dernier soupir s’ouvrira la clef des confins
    Et juste au moment de mourir, je me découvrirai, enfin.

    Tableau d’Olga Esther sur https:beautifulbizarre.net20190129vulnerable-rebellion-an-interview-with-olga-esther .

  • Qui fait peur aux oiseaux ?

    Qui fait peur aux oiseaux ?

    Est-ce que la présence d’un danger nous rend la vie épouvantable ?
    Tout est péril sur la planète depuis le jour de la naissance.
    Pourquoi tout ce qui est étranger nous paraît-il si redoutable ?
    On ne sait qui tient les manettes et qui détient la connaissance.

    La peur qui fait courir le lièvre et qui fait s’envoler l’oiseau
    Est le garant le plus fiable pour sauvegarder l’entourage.
    Quand la peur me donne la fièvre, je la sens me secouer les os
    D’une énergie appréciable qui me donne force et courage.

    Tableau de Wojtek Siudmak.

  • Misanthrope et philanthrope

    Tombé de Charybde en Scylla dans ses mésaventures humaines,
    L’ermite a choisi sa retraite dans l’intimité de sa chambre.
    Au pays où il s’exila, il voyait passer les semaines
    Toutes pareilles, d’une traite, de janvier au mois de décembre.

    Comme il ne connaissait personne, d’une indifférence inouïe,
    Il en étudia l’histoire, ses contes et sa géographie.
    Sa vie, au début, mollassonne, devint très vite épanouie
    Et le misanthrope notoire en fit son autobiographie.

    Il écrivit mille poèmes au fil des premières années ;
    Il rêva dix-mille romances au cours des nuits intemporelles ;
    Il passa sa vie de bohème au soleil, le teint basané,
    À observer la renaissance de ses attirances culturelles.

    Comme il connaissait tout le monde, il en écrivit leurs mémoires ;
    Des aventures les plus funèbres à celles dont on fait les romans.
    Des plus cocasses aux plus immondes, il en possède plein les armoires
    Et le philanthrope célèbre se demande encore comment.

    Illustrations de Vladimir Gvozdariki sur http:klimtbalan.blogspot.com2012_02_01_archive.html .

  • Folle âme

    Folle âme

    J’aime voir les choses à l’envers tout comme le fou du tarot
    Et j’aime prendre le contrepied de toutes les idées reçues.
    Et je ne vois rien de pervers d’agiter devant le taureau
    Un chiffon rouge s’il lui sied de lui foncer tout droit dessus.

    J’aime affirmer que la beauté se cache au cœur de la laideur,
    Même que mon cœur bat la breloque quand il voit laid dans le beau.
    Et si la vie m’était ôtée par les critiques et les plaideurs,
    Je vous dirais que je m’en moque ; j’ai de l’humour plein mon tombeau.

    Tableau de Kelly Moore.

  • Ces petits « moi » tyranniques

    Si tous mes petits « moi » têtus apparaissaient en même temps,
    Je me sentirai tiraillé(e) par des milliers de tentations.
    Si minuscules et si fétus, comment peuvent-ils être si tentants
    Et forcer à m’apitoyer aux pires sollicitations ?

    Hélas, jamais tous à la fois mais un par un évidemment,
    Chacun voulant me faire croire qu’il pave mes meilleures intentions.
    S’il m’est arrivé toutefois d’en cerner un incidemment,
    Un autre vient me faire accroire qu’il capte toute mon attention.

    Tableaux de Beth Conklin.

  • Voici ce que j’ai écrit cette nuit

    Voici ce que j’ai écrit cette nuit

    Parfois une pensée dans la nuit surgit comme idée de génie
    Et je la note, émerveillé par ce Saint-Graal réincarné.
    Hélas le matin – quel ennui ! – de lire un embrouillamini,
    Une fois que je suis réveillé, sur les pages de mon carnet.

    Ainsi le monde immatériel frôlé dans mes rêves adducteurs
    Obéit à d’autres langages et d’autres formes de pensées.
    Et comme je n’ai ni tutoriel ni dictionnaire traducteur,
    Je n’obtiens que ce « divagage » dont le songe m’a récompensé.

    (Tableau d’Uramisan.
    Si « divagage » n’est pas français dans notre monde, il l’est dans l’autre monde, évidemment.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’âme des amis disparus

    L’âme des amis disparus

    Sans libre arbitre, l’âme pure n’est pas soumise au jugement
    Ni au paradis ni l’enfer ni à la réincarnation.
    Elle est diffusée dans l’azur au gré des vents et mouvements
    De l’atmosphère qui leur confère un avant-poste d’observation.

    Le chat veille sur sa maison quelques semaines puis, disparaît ;
    Le chien accompagne ses maîtres quelques jours puis, s’en va ailleurs ;
    D’autres animaux, sans raison pour les humains, s’apitoieraient,
    Aux abords de leur périmètre, aux victimes de ces giboyeurs.

    (Tableau de Megan Ellen.
    Le 16 mars 2020, jour du déclenchement antiCovid, Chanelle est montée sur le toit de notre ciel.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les caméléonnes se densifient

    Les femmes les plus conquérantes après César, Napoléon…
    Et les autres qui les occultent n’ont pas fait leurs places au soleil.
    En conséquence, elles s’apparentent au charme du caméléon
    Qui s’adapte aux coutumes incultes d’une humanité en sommeil.

    L’homme ne voit chez les féministes qu’une parcelle de leur corps
    Par tous ces appas qui l’obsèdent ; les yeux, les fesses et les nichons.
    Autant d’arguments très sexistes dont ces phallocrates du hardcore,
    De la manière la plus laide, abusent d’un esprit de cochon.

    Mais elles sortent du brouillard grâce à leur volonté opaque
    Qui cesse d’être transparente parmi ces mâles intransigeants
    Qui redeviennent des trouillards lorsque les femmes les attaquent
    Avec leur gente concurrente et leur esprit intelligent.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • Dédoublement intime

    Au petit jour, on m’a réveillée, on secouait mon oreiller,
    Je me sentais très à l’étroit entre les draps de mon p’tit lit
    Quand j’aperçus, émerveillée, une fille en double appariée
    Qui, comme moi, payait l’octroi de cette étrange anomalie.

    Tout avait été dupliqué et mes armoires et mes jouets !
    Toutes mes robes allaient de pair avec chaussures et culottes.
    On n’ nous avait rien expliqué mais nous en furent enjouées,
    Sans pressentir le moindre impair, trouver la chose rigolotte.

    Mais si tout apparait en double, l’espace hélas reste le même
    Et bientôt la prison dorée devient une cage à oiselles.
    Je sens tous mes sens qui se troublent à partager tout ce que j’aime
    Avec un être subodoré faire l’amour entre demoiselles.

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Perdu la tête

    Perdu la tête

    Rêver ou être dans la Lune, ou bien avoir l’esprit ailleurs,
    Courir après les papillons, aimer à en perdre la tête,
    Voilà l’occasion opportune d’utiliser le dérailleur
    Et changer son cœur de pignon jusqu’à ce que le corps en pète !

    Tantôt se casser le bassin en se prenant pour un oiseau,
    Tantôt se fracturer le bras tout en retombant sur ses pieds,
    Toujours vainqueur du tracassin au risque de s’rompre les os
    Mes amis, – abracadabra ! – je suis pourtant toujours entier !

    Tableau de Shiori Matsumoto.

  • Même plus les yeux pour pleurer

    Même plus les yeux pour pleurer

    Aujourd’hui j’ai perdu ma langue et perdu ma mauvaise foi,
    Même plus les yeux pour pleurer à force de jeter un regard
    Sur le monde qui nous harangue, au risque d’une crise de foie,
    Qu’on continue à se leurrer de croire en un futur hagard.

    Car l’avenir est compromis faute de ressources terriennes
    Depuis que l’homme a décidé de les spolier pour de l’argent.
    Du coup, de nombreux ennemis de la classe prolétarienne
    Veulent occuper et présider un chaos nous départageant.

    Illustration d’Oksana Grivina sur http:www.dripbook.comgrivinastyleillustration-portfolios .

  • Le restaurant des langues de bois

    Les élections présidentielles nous offrent un bon bouillon de langues ;
    Langue de bois, langue de Dante au cas d’une descente aux enfers ;
    Langue de fourbe, langue de miel, langue qui pousse ses harangues
    À nous promettre l’évidente crise mondiale qui s’enferre.

    Langue à L’EAU de requin-MARTEAU par un JUS D’EAU dans l’ALIGOT.
    Langues de MACARON à la crème ; langues deS AMOURS reconquises ;
    Langue de PÉCHERESSE en détresse ; langues du POITOU-tradition ;
    SouPONS d’OIGNONs cuits à l’extrême, MELANGEONS les langues insoumises
    Avec LE PAIN ROUSSI en tresse qui met LA SALLE en exaltation !

    Arthaud LO
    Roussel PCF
    Macron LREM
    Lassalle Résistons
    Le PEN RN
    Zemmour Reconquête
    Mélenchon France insoumise
    Hidalgo PS
    Jadot Verts
    Pécresse LR
    Poutou npa
    Dupont-Aignan Debout la France

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:iamachild.wordpress.comcategorymatsumoto-shiori .

  • Demain les poissons

    Demain les poissons

    Du temps où j’ai été poisson ? L’ADN n’en porte nulle trace.
    Du temps où je vivais dans l’eau ? Dotée de branchies, j’imagine.
    Ainsi ma vie fait sa moisson parmi les genres de toutes races
    Mais ma mémoire va à vau-l’eau pour remonter ses origines.

    Lundi, amibe un peu timide ; mardi, j’évolue en brochet ;
    Mardi, mercredi ma structure fut telle que jeudi m’accoucha
    Au sommet de la pyramide : Vendredi ! Je reste accrochée
    À ma véritable nature : poisson-clown ou bien poisson-chat.

    Tableau d’Olga Esther sur https:beautifulbizarre.net20190129vulnerable-rebellion-an-interview-with-olga-esther .

  • Quand Avril frappe à ta porte

    Quand Avril frappe à ta porte

    Fin mars, « toc-toc ! » déjà l’huissier qui s’en vient frapper à ma porte ?
    « Poisson d’avril ! » crie par brimade mon facteur grimé en sardine.
    « Quel dommage que vous ne puissiez… » – lui répliqué-je de la sorte –
    « À mon repas de sardinade car c’est à l’huile qu’ici l’on dine ! »

    « Nous n’avons pas gardé nos thons dans la même boîte-à-sardines ! »
    Me rétorque le fonctionnaire tout en lissant sa queue d’écailles.
    « Si d’aventure nous barbotons ensemble de façon anodine,
    Peut-être… » – dit-il débonnaire – « …nous plairons-nous, vaille que vaille ! »

    Illustration de Dominic Murphy sur https:www.dominicmurphyart.co.ukdown-the-rabbit-hole .

  • Les ailes coincées

    Les ailes coincées

    Toute l’apparence d’un ange, des ailes pour monter au ciel,
    Tout un corps mûrit au plaisir et une bouche multi usages.
    Mais il est un point qui dérange, un point même assez essentiel,
    L’homme en fait l’objet du désir emprisonné dans une cage.

    Les ailes coincées de méprise entre les barreaux restrictifs
    Des religions et traditions qui l’ont depuis prostituée.
    Car l’homme a peur de la surprise de ses sarcasmes destructifs ;
    Elle, elle a peur sans transition d’être frappée, meurtrie, tuée.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • Les liens d’amour

    Les liens d’amour

    Un bon lien d’amour vaut bien mieux que deux promesses pour deux mains
    Et l’homme qui aime sa femme l’attachera bien davantage.
    À lui, le rôle parcimonieux du héros qui revient demain ;
    À elle, un rôle plus infâme, ménage et tout l’apparentage.

    Mais c’étaient les clichés d’hier et l’homme a su la satisfaire
    En lui proposant des carrières adaptées à son savoir-faire ;
    Préposée à la cafetière, secrétariat pour les affaires
    Et si elle joue de son derrière une promotion tarifaire.

    Tableau de Svetoslav Stoyanov.

  • La météo au logis de mars

    La météo au logis de mars

    En mars, la météo se couche pour pleurer ses larmes amères,
    La Terre accepte son offrande de toute sa reconnaissance
    En attendant qu’elle débouche orages et tempêtes éphémères
    Pour devenir la Révérende Mère de toutes les naissances.

    Mais quand le temps reste au beau fixe, la météo pourtant joyeuse
    S’en va puiser sur l’océan les sanglots amers des sirènes
    Qu’elle versera en pluies prolixes comme une manne pourvoyeuse
    Et le Soleil, roi bienséant, mûrira la Terre sereine.

    Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

  • Mars aux champs

    Mars aux champs

    Bien que je j’aie ni la main verte, ni le pied de l’agriculteur,
    La nature m’a tiré l’oreille pour lui offrir un jardinet.
    Touffes d’herbes-à-chat recouvertes d’un bon terreau contributeur
    Ont fait une joie sans pareille et gustative à mon minet.

    Tant que nous étions en hiver, j’ai disposé plein de callunes,
    Petites fougères qui fleurissent notre balcon jusqu’au printemps.
    En mars, tout plein d’oignons divers que j’ai plantés en pleine Lune
    Font, sans que ma main n’en florisse, de moi un jardinier à plein temps.

    Mars est venu, mars est parti et le temps file évidemment,
    J’ai fait des plans sur la comète et aussi des plants de tomate.
    Si le beau temps m’est imparti de pluies et d’ensoleillement,
    J’en goûterai, soyons honnête, avec mes meilleurs aromates.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

  • Regards sur l’au-delà

    Regards sur l’au-delà

    Sans doute la prière est-elle une connexion à contretemps
    Vers ce qui n’existe pas encore mais dont j’en intégrerai l’âme ?
    Sans doute prendrais-je la bretelle à contresens en empruntant
    Le risque d’être en désaccord et de Dieu recevoir un blâme ?

    Il fallait juste un peu d’audace et quitter les sentiers battus
    Pour prier Dieu dans le futur où tout est déjà accompli.
    Comme j’y suis déjà en place, c’est moi-même à bride abattue
    Qui répare et coud les sutures de mon cœur d’afflictions rempli.

    Voici pourquoi, en confiance, je marche au bord des précipices,
    Je saute sans filet et je tombe puis, relevé, je recommence.
    Je parie sur la défiance en espérant les bons auspices
    De l’indulgence qui incombe au Dieu de toutes les clémences.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • Méchante Alice

    Méchante Alice

    Parfois le miroir est fêlé et ses reflets sont déformés
    De l’autre côté de son tain décapé à la pierre à chaux.
    Sans doute le verre descellé et son épaisseur difformée
    Laissent voir un cœur de putain à la place d’un cœur d’artichaut.

    « La belle Alice » devient « la laide » – celle dont le lapereau se tâte –
    Les cartes à jouer sont transformées en cartes truquées sans les cœurs.
    D’ailleurs, elle s’appelle Isalaide, son chat souffre de la prostate !
    Lewis nous en avait informés ; parfois il rêve à contrecœur.

    Collage de Tanya Mayers.

  • D’autres formes de vie

    D’autres formes de vie

    Parle-moi de métabolisme qui ne serait pas minéral,
    Non seulement ni végétal mais encore moins organique,
    Qui n’ait besoin de symbolisme, ni de challenge viscéral,
    Ni d’obscur désir génital d’obnubilation orgasmique !

    Parle-moi d’une création qui n’ait pas besoin de manger
    La vie sans risquer à son tour d’être absorbée par le système !
    Une vie de récréation où la mort serait l’étranger
    À l’unique énergie d’amour d’un Dieu qui dirait que je t’aime !

    Résine de Bruce Riley.

  • Au-delà de mes rêves

    Au-delà de mes rêves

    Je me bâtis plein de romances ou bien me je me mène en bateau
    Selon si mes rêves prospèrent ou demeurent inassouvis.
    Dès que le premier pas commence – même si ce n’est pas du gâteau –
    En quittant ma chambre pépère et en honorant mes envies.

    Parfois j’ai sauté dans un train qui venait inopinément
    D’entrer en gare de peur de voir s’évanouir ma destinée.
    Et j’ai franchi avec entrain des garde-fous précisément
    Placés pour m’empêcher d’avoir rencard avec ma dulcinée.

    Photo du National Geographic.

  • Madame la nuit

    Madame la nuit

    Trop belle pour moi, chaque nuit, je devine sa silhouette
    Dès que l’obscurité éteint ma caméra physiologique.
    Au douzième coup de minuit, aveugle, je sors de ma couette
    Dans les ténèbres un œil sans tain comme un miroir analogique.

    Des contours verts fluorescents m’invitent à suivre l’apparition
    Qui m’ouvre un troisième œil fermé sur son ineffable beauté.
    Et nos organes turgescents s’entremêlent en coalition
    D’un céleste amour confirmé dont je vous livre la primauté.

    Mais au matin, il est trop tard ! Les souvenirs de nos étreintes
    Fondent comme neige au soleil sans la moindre image restante.
    Sans doute était-elle en retard, sa présence me serait restreinte
    Aux premières prémices du réveil et son absence, déconcertante.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Voyage aux tréfonds de la nuit

    Dans mon labyrinthe des rêves où je crois errer au hasard,
    Tout est calculé à l’avance par une sorte d’ange gardien.
    Et je recommence sans trêve ce que je pensais provisoire
    Mais qui réclame redevance envers mon rythme circadien.

    Amours déçues, amours perdues, peines d’argent, peines de cœurs,
    Les couloirs du rêve m’amènent là où je dois me nettoyer.
    Ainsi cette fuite éperdue dans mes cauchemars chroniqueurs,
    N’est autre qu’un signal amène que mon totem m’a envoyé

    Tableau de Andrew Ferez sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016091534325116.html .

  • Communication de nuit

    Communication de nuit

    Mon service de nuit démarre aussitôt que l’esprit bascule
    Et la responsabilité incombe alors à l’inconscient
    Qui module mes cauchemars selon les poids qui me bousculent
    À des rêves plus habilités à éveiller mon subconscient.

    Dès la connexion établie, la mémoire transfère ses données
    À des archanges spécialisés aux archives humanitaires.
    En échange, l’âme est anoblie du zèle dont elle s’est adonnée
    Pour construire et réaliser sa destinée identitaire.

    Tableau de Andrew Ferez sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016091534325116.html .

  • Que l’amour pousse !

    Que l’amour pousse !

    Aussitôt que le cœur grandit, il doit déjà changer de vase ;
    Lui qui savait se contenter jusqu’à présent de pas grand-chose.
    Mais lorsque l’amour répondit à ses aspirations d’extase,
    Son nid n’a su le sustenter, fendu par la métamorphose.

    On rempote à la belle saison selon qu’au fur et à mesure
    De nouvelles pousses ont marcotté de la bouture généreuse.
    Plus tard, on change de maison ou on retape une masure
    En château tarabiscoté en forme de famille heureuse.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:imgur.comaLnuz1 .

  • L’amour dans le cœur

    L’amour dans le cœur

    L’amour se niche dans le cœur, le cœur se niche dans le corps,
    Le corps se niche dans son lit comme cérémonie rituelle.
    Le sexe produit sa liqueur, la liqueur redemande encore
    L’ivresse jusqu’à la folie de l’illumination sexuelle.

    À peine créé par amour, le fœtus sent son cœur qui bat,
    Englouti jusqu’à la naissance qui lui ouvrira les poumons.
    Et lentement, jour après jour, il continuera le combat
    Contre la vie par la puissance d’un cœur qui s’bat commecontre un démon.

    Tableau de Tanya Bilous.

  • La complexité de la vie

    La complexité de la vie

    Au casse-tête de la vie, il faut savoir partir à point
    Et trouver de suite les clefs qui ouvriront chaque serrure.
    Faire semblant d’être d’avis sans émettre de contrepoint
    Et avancer sans renâcler malgré le poids de son armure.

    Mais ça, c’est la règle des fourbes qui violent la loi et l’écourtent
    Attendant le moment propice pour triompher des adversaires.
    Moi, j’ai emprunté la ligne courbe – pas celle qui paraît plus courte –
    Celle qui longe les précipices et demande l’effort nécessaire.

    J’ai plusieurs fois joué au fou avec mon esprit cavalier
    Et me suis fait damer le pion par des petits roitelets abscons.
    J’ai traversé les garde-fous et suis tombé dans l’escalier
    Et malgré tout, je suis champion du titre envié de roi des cons.

    Tableau d’Anna Berezovskaya.

  • L’arbre des connaissances

    L’arbre des connaissances

    Au pied de l’arbre, la connaissance publie ses feuilles au quotidien.
    Chaque jour, il écrit l’histoire de demain et après-demain.
    Ainsi, il prédit les naissances, grâce à l’ascendant ophidien
    Du serpent aux conseils notoires qui offrait les fruits de sa main.

    Mais aujourd’hui ne craignez rien ! Laissez les enfants s’amuser
    À lire ce qu’il adviendra des plans dont l’enfer est pavé.
    Tout va très bien pour les terriens ! Après s’être ensemble accusés
    De s’être mis dans de sale draps, demain la Terre sera lavée.

    Mais pour connaître la méthode employée pour le décrassage,
    Il faudrait lire toutes les feuilles dans l’ordre épistémologique.
    Ça déclencherait un exode d’érudits lors du ramassage ;
    Nul n’ouvrirait son portefeuille pour ce sort idéologique.

    Illustration de Cyril Rolando sur https:www.demotivateur.frarticlecyril-rolando-artiste-dessins-tim-burton-hayao-miyazaki-surrealisme-7104amp .

  • L’impudique fontaine

    Nulle part ailleurs qu’en Belgique, vous trouverez dans un château
    Une fille plutôt impudique offrant son jet comme cadeau.
    Le sculpteur était facétieux et son modèle tout autant,
    Le chatelain fort audacieux pour l’œuvre inaltérable au temps.

    J’eusses aimé la voir jeune mère aux jolis seins gorgés de lait
    Qui aurait coulé débonnaire dans une rigole ondulée.
    Et pourquoi pas toute la famille se baignant nue dans la fontaine
    Avec les garçons et les filles pisser d’une façon hautaine ?

    Dans les jardins du château de Jehay, en province de Liège en Belgique. Sur le côté d’une allée et surplombant une cascade, une jeune femme qui dévoile son intimité.

  • Changer l’histoire

    Changer l’histoire

    À l’instar des vieux dictateurs qui ont modifié les textes
    Et falsifié les photos de leur histoire politique,
    J’aimerais changer les acteurs et adapter tout le contexte
    Et les fantômes dans leurs châteaux ne seraient jamais anxiolytiques.

    Le Chaperon Rouge épouserait le Loup en noces grandiloquentes ;
    Le Petit Poucet et ses frères se perdraient dans un labyrinthe ;
    Le Chat Botté les trouverait et, de sa belle voix éloquente,
    Leur indiquerait l’itinéraire pour rentrer at home sans contrainte.

    Peau-d’Âne conseillerait à son père de s’enticher de sa marraine ;
    Les Sept Nains devant Blanche-Neige en tomberaient leurs ceinturons.
    Et ainsi de suite j’espère qu’à notre époque contemporaine,
    On appréciera mon manège que les enfants continueront.

    Vu sur http:casalaurette.over-blog.com .

  • La serrure au cœur de l’Être

    La serrure au cœur de l’Être

    Au cœur de l’Être, la serrure dont l’amour possède la clef
    Qu’il a cachée dans une fleur et que l’âme doit retrouver.
    Hélas, l’esprit, sous la ferrure verrouillée tend à renâcler
    D’après les conseils persifleurs de ses mémoires réprouvées.

    Alors aujourd’hui, il voyage pour se remettre le cœur en chasse
    Où le soleil va sublimer ses projets remis à demain.
    Après un ample nettoyage, il ne sait plus ce qu’il pourchasse
    Et rentre, la clef élimée, mais toujours à portée de main.

    Tableau de Catrin Welz-Stein sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2016031233502041.html .

  • Croire et Croître

    Croire et Croître

    Malgré les soucis de la vie qui nous attirent vers le bas,
    Malgré les fléaux dus aux charges que l’on ne cesse de nous brandir,
    Le cœur épanouit se ravit de la rudesse du combat
    Par l’amour qui, à la décharge du malheur, nous pousse à grandir.

    Plus la gravité sera forte et plus la vie progressera
    Comme une poussée d’Archimède qui nous remonte par surprise.
    Lorsque se referme une porte, un pan de mur coulissera
    Car le cœur trouve toujours remède quand l’intelligence lâche prise.

    Tableau de Cyril Desmet.

  • L’ombre rouge – 2

    Le rouge intensifie la femme et son cœur d’amours flamboyantes
    Qui peut lui troubler le regard tout jeune avant l’adolescence.
    Alors pour protéger son âme des aventures imprévoyantes
    Elle cache son point faible, hagard, d’une frontière opalescence.

    Mais s’en échappe une vision modifiée par sa monture
    Qui dément les désirs secrets tapis au fond de sa rétine.
    Œil gauche, œil droit, en division, cherchent le lien d’une aventure
    Au-delà des verres nacrés qui la rendent un peu cabotine.

    Le verre change la couleur et l’âme que l’on croit violette
    Mais en réalité bleuie jusqu’au plus profond de sa flamme.
    Si vous n’y voyez que douleur, cette idée déjà obsolète
    Cache ce qui vous éblouit : le brasier au cœur d’une femme.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • L’ombre rouge – 1

    D’où naît le rouge d’une femme ? Pas de son sang, évidemment !
    Il naît du premier cri de vie à la naissance de ses lèvres.
    Un cri échappé de son âme qui vient embrasser l’élément ;
    Cet air nouveau qui la ravit et qu’elle mélange à sa fièvre.

    Par sa toison qui voit le jour, si fine comme de la flanelle ;
    Rouge trop clair ou trop foncé dont l’auréole tait son feu.
    Encore mouillée de bravoure décrite sur les fontanelles
    En petits signes enfoncés, éparpillés dans ses cheveux.

    Et la douleur sort de la bouche comme couleur émerveillée
    De montrer celle de son âme plus rouge que vous ne le pensez.
    Rouge profond qui effarouche, rouge de l’esprit réveillé
    Qui soutient le cœur d’une femme de ses toutes premières pensées.

    Presque tous les Tableaux de Michael Carson sur https:www.sohu.coma428867333_120065965 .

  • L’émigration en question

    L’émigration en question

    Nous ne sommes en rien responsables des précédentes atrocités,
    Même d’un ancêtre esclavagiste ou aïeul exterminateur.
    Bien sûr, nous serions incapables de tuer avec férocité
    Nos frères aux ordre d’un phalangiste, d’un nazi ou d’un dictateur.

    Alors pourquoi refuse-t-on l’entrée à ceux qui ont souffert
    Afin que le monde moderne se développe à leurs dépens ?
    Croyez-vous qu’il est de bon ton de dire qu’on a l’esprit ouvert
    Tandis que de vielles badernes ont la nostalgie de l’occupant.

    Illustration de Davide Bonazzi sur https:www.demotivateur.frarticlenotre-societe-vue-a-travers-des-illustrations-bluffant-tant-la-verite-saute-aux-yeux-13400amp .

  • C’est les rats !

    C’est les rats !

    Qui fuit en premier le navire lorsque celui-ci va sombrer ?
    Qui a creusé l’écart social entre vie en ville et aux champs ?
    Qui donc se retourne d’un vire-vire dès que son groupe est dénombré
    Pour échapper à l’impartial examen à double-tranchant ?

    Si vous croyez que c’est les rats, vous êtes à côté de la plaque ;
    Eux, ne sont que petits rongeurs qui cohabitent, chez nous, at home.
    Je veux parler des scélérats qui trichent, volent l’argent qu’ils claquent
    Car ce sont des outremangeurs qui vivent aux dépens de l’homme.

    Illustration de Jesús Aguado.

  • Les courses du vendredi

    Les courses du vendredi

    Dès le lundi il faut courir la Terre, les airs et l’océan
    Afin que Dieu, dans sa clémence, nous donne le pain de ce jour.
    Manger au risque de mourir et s’en retourner au néant
    Ou bien mériter sa pitance et survivre tout au long séjour.

    Dès le lundi, elle s’entraîne, la voix tintant comme de l’airain
    Afin que jeudi, elle soit prête à faire monter les enchères.
    Vendredi, jour pour la sirène dédié à la course aux marins,
    Elle va s’en mettre plein l’arête après avoir fait bonne chère.

    Mais il faut chanter à tue-tête pour décrocher le meilleur lot !
    Ainsi le marin de Bretagne se vend bien plus cher que l’anglais.
    Il faut traquer la belle bête en lui montant le ciboulot,
    Triller d’un chœur qui accompagne le chant au risque de s’étrangler.

    Tableau de Mike Hoffman.

  • La sirène de minuit

    La sirène de minuit

    Comme Cendrillon, la sirène, plongeuse à la petite semaine,
    Souhaite participer au bal nonobstant sa queue malvenue.
    Elle se confie à sa marraine qui lui donne apparence humaine
    Avec comme ordre principal : « Qu’à minuit tu sois revenue ! »

    La sirène est à moitié femme – et c’est là son moindre défaut.
    Les valses dérèglent son horloge ainsi que sa notion du temps.
    Minuit sonnant. Précepte infâme ! Elle pirouette en porte-à-faux
    Autour de sa queue qui déroge aux règles du bal des débutants.

    Alors elle s’enfuit vers le port perdant ses pantoufles de vair
    Qu’un beau capitaine au long cours a recueilli sur le parvis.
    J’ai lu sur son dernier rapport qu’il a navigué tout l’hiver
    Et rencontré sur son parcours la belle au risque sa vie.

    Tableau d’Edvard Munch.

  • Pulvérisés ? Non, poldérisés !

    Pulvérisés ? Non, poldérisés !

    Depuis que le niveau des mers s’est hissé d’environ cent mètres,
    Quelques architectes visionnaires ont défié les océans.
    Aujourd’hui le constat amer de ces prétendus géomètres
    A rendu certains millionnaires et d’autres réduits à néant.

    Aujourd’hui, ils vont s’établir au sein des calottes polaires
    Qui ont fondu depuis longtemps et ne reviendront pas de sitôt.
    Ce qu’ils vont demain accomplir risque de déclencher la colère
    Des îlotiers fort mécontents dont ont coulé les capitaux.

    Tableau de Jacek Yerka sur https:postmodernism.livejournal.com464795.html .

  • De bouche à oreille

    De bouche à oreille

    Les messagers d’amour opèrent en direct du bouche à oreille ;
    Charmée, l’expéditrice transmet son billet doux au récepteur.
    Parfois un vent doux coopère pour accélérer sans pareille
    Une suggestion qui promet tout le plaisir du concepteur.

    Cependant quand les vents contraires transforment l’écho de la voix,
    Souvent s’ensuivent des courants froids condensés en perles de pluie.
    Les mots, de manière arbitraire, prennent une tout autre voie
    Et le cœur doute avec effroi de l’affection venant de lui.

    Mais après la pluie, le beau temps car les cœurs ne sont pas en sucre ;
    Certains sont si inoxydables qu’il ne craignent point le déluge.
    Sinon la haine depuis longtemps aurait dilué l’esprit de lucre
    Dans des orages inexorables où l’amour sait trouver refuge.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .

  • Tous les visages sont paysages

    Tous les visages sont paysages

    Toutes les neiges de malheurs, toutes les pluies de catastrophes,
    Toutes les larmes qui ont coulé et ont creusé rides et ridelles,
    Forment ce qui fait la valeur d’un visage qu’on apostrophe
    Et sur lequel seront moulées les mémoires qui parleront d’elles.

    Quand un bouton fait irruption sur ta peau blanche satinée,
    C’est un souvenir douloureux qui reprend du poil de la bête.
    Il le fait sans interruption jusqu’à ce qu’il soit patiné
    D’un désamour si langoureux qu’il te prendrait toute la tête.

    Tableau de Cyril Rolando sur https:mymodernmet.comcyril-rolando-surreal-digital-art .