« Le petit oiseau va sortir, il est temps d’entrouvrir la cage Et laisser l’imagination s’envoler libre à tire-d’aile ! » C’était juste pour divertir le photographe un peu volage Et qui n’a de fascination que pour mon corps comme modèle.
« Ma chatte ronronne et minaude et guette ce petit oiseau Qu’elle épie depuis un moment et qui n’a pas l’air de comprendre… Tandis que l’autre baguenaude à partager sur les réseaux Ses commentaires assommants et ne fait rien pour m’entreprendre… »
Soudain d’un coup de griffe hardi, la patte lui ouvre la porte Et comme un coucou sonnant l’heure, l’oiseau sort et la chatte mord. Elle savoure, ragaillardie, sa proie dont la chair lui apporte Un jus nacré qui par bonheur n’entraîne que la petite mort.
Partant de l’œil au nombre d’or, puis de l’arcade sourcilière, Descendant la courbe du nez, puis remontant la joue fléchie, Contournant l’âme qui s’endort sous ces volutes singulières, Je n’ai cessé d’importuner la femme de Fibonacci.
Mais c’est de la faute à sa suite qui revient dans toutes les femmes Dont les courbures et les rondeurs découlent toutes du nombre d’or. Avant lui, d’une main fortuite, il n’y avait vraiment rien d’infâme À apprécier la profondeur de leurs intimes corridors.
Après lui, il faut calculer et évaluer sans toucher ; Il faut tendre vers l’infini la carte du tendre algébrique. Aujourd’hui tout a basculé et pour prétendre aller coucher Je dois compter en catimini leurs anthropométries lubriques.
Tous les jours défilent les zéros parmi les uns de mon réseau Avec bon nombre de héros, lutins, animaux et oiseaux Car ils m’aident à décompresser quand j’arrive en fin de journée Lorsque le temps s’est empressé d’en accélérer sa tournée.
Plus je vieillis moins ils vieillissent et plus ils ont des aventures ; Les infimes détails s’agrandissent au fil des livres et des lectures. Les guerres qui n’ont duré qu’un temps s’étendent éternellement Et je m’endors en feuilletant les pages continuellement.
Ils me tiennent lieu de veilleuse lorsque je tombe sur un bon titre Et je referme l’album trop tard en laissant tomber le héros. Si la nuit se fait paresseuse, je reprends au prochain chapitre Et si le jour est en retard… la suite au prochain numéro.
Je m’imagine ficelé dans la prison de mon présent Entre un passé décoratif et un futur inaccessible. Tous les jours qui ont défilé, tirent ce lien omniprésent Qui me laisse interrogatif sur tous les dénouements possibles.
Si le passé me tire trop vers mes nombreux trous de mémoire, Je reste prisonnier à jamais des souvenirs irréparables. Je serais complètement rétro dans la poussière des armoires Qu’on jette à la mer désormais par containers indénombrables.
Si le futur d’emblée m’attire, l’âge ira en s’accélérant Excepté toutefois les Parque qui me guettent d’un coup de ciseaux. Si d’aventure je me retire de ce schéma intolérant, Je naviguerai sur la barque de Charon sur le Styx schizo.
Alors je tranche enfin ce fil, non par courage, mais par présence ; Ni hier, ni demain ne m’attachent, leurs nœuds se desserrent en silence. Je m’assieds là, sur le seuil pile où l’instant défait l’impatience Et dans ce vide que je lâche, je marche droit… sans vigilance.
N’en déplaise aux frères Grimm de même qu’à Charles Perrault, Le petit chaperon était rose et le loup un amant lubrique. Ce n’était pas vraiment un crime mais au moment de l’apéro, Elle calmait ses humeurs moroses avec lui derrière la fabrique.
L’usine fabriquait des galettes au beurre salé de Guérande, Le loup travaillait à la chaîne et la fille aux expéditions. À la pause, derrière les palettes, elle lui proposait son offrande Et lui pratiquait, non sans gêne, des orgasmes à répétition.
Un jour leur usine a fermé pour être délocalisée Et le loup partit pour la Chine, l’autre pays des poulpiquets, En tant qu’ouvrier confirmé, il a pu se focaliser En lubrifiant les machines tandis que la fille l’astiquait.
Papa Ours aime les rouquines notamment les poils-de-carottes Parmi les elfes des forêts et les « je t’aime à tous les vents ». Si l’une d’elles est assez coquine pour lui offrir quelques poirottes, Elle se laissera déflorer par son gros chevalier servant.
Car une fois apprivoisé Papa Ours au cœur d’artichaut, Elle lui en fera voir, la bougresse, par un innocent esclavage ; Après avoir bien grivoisé et excité le mâle au sang chaud, Ce sera corvée de tendresse, cunnilingus, libertinage.
Mais Papa Ours, plus on l’excite et plus il se montre facile Et un beau jour, il en vint une que le plantigrade regretta. La suite est simple et explicite ; la fille se montra difficile Et lui réclama tant de thunes qu’elle fut « persona non grata ».
Pour entretenir sa famille, il doit faire bouillir la marmite Et pour entretenir son corps, le Cancer a son estomac. Du tilleul, de la camomille quand sa santé devient limite Et toute potion en accord avec ses multiples traumas.
Son estomac, son athanor car le Cancer est alchimiste ; Il se nourrit comme il se soigne par tout ce à quoi il a accès. C’est son point faible : s’il perd le nord et s’il devient trop pessimiste, Comme ses ulcères en témoignent par trop de stress et trop d’excès.
Bien sûr, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger Il le sait bien ce fin gourmet : on devient ce qu’on entretient. Ce n’est pas écrit dans les livres ; c’est un rituel mélangé Dans ses gestes à l’accoutumée dont l’entourage a le soutien.
Élyäna sait les dangers causés par l’alimentation Et va favoriser les sens pour la sagesse corporelle. Les papilles pour le « bien manger », l’odorat pour l’inclination Et le besoin de connaissances sur les ressources naturelles.
Ärÿnor sait les pièges lents cachés dans les excès de table Et met sur la faim un chaperon contre l’envie de gourmandise. Il connaît au ventre son « talent » à se montrer influençable Et prendre un joli ventre rond s’il y a pléthore de friandises.
Élyäna l’obligera à voyager pour rechercher D’autres coutumes et d’autres mets afin de compléter sa table. Et le Cancer s’érigera « savant au palais alléché » Pour son besoin de consommer avec un goût incontestable.
Ärÿnor sait anticiper et maîtrise la digestion Et saura donc sélectionner ce qui peut la faciliter, Éviter d’être constipé et parer les indigestions Par l’intelligence raisonnée malgré son indocilité.
Le chat affectionne ces verbes : entir, sortrer, rentir, ressortrer. Ils font partie de son langage plutôt gestuel que verbal. Et qui leur donne cet air acerbe quand ils vous observent prostrés Avec un « miaou » qui dégage une compassion à deux balles.
À la façon dont il regarde, apitoyé à la fenêtre, Avec le regard implorant du pauvre petit prisonnier, Je sais que ce matou me garde des représailles qui vont naître Pour me pourrir la nuit durant en brayant comme un poissonnier.
Entir : sentir sans y toucher ; sortrer : sortir mais de travers ; Rentir : revenir tout vexé ; ressortrer : pour quérir son câlin. Avec quatre verbes moucher cet inventaire à la Prévert Et mon chat tout décomplexé faire donc un peu moins le malin.
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Folie dans le ciel aujourd’hui malgré les messages rassurants De la météorologie qui se veut toujours agréable. Comment cela s’est-il produit ? L’état s’en sort en assurant Que cette céleste pathologie est due par le contribuable.
Même les chemtrails des complotistes qui nous quadrillent l’atmosphère Fabriquent de drôles de nuages qui s’étirent et puis qui s’éclipsent. À moins que l’ange trompettiste ne soit en train de satisfaire Une sorte d’écobuage pour annoncer l’apocalypse … ?
Ou bien… le ciel change de look et veut s’habiller à la mode Avec ses tenues excentriques en robes de pluies inondables. On raconte aussi chez les ploucs que ce dont le ciel s’incommode, C’est de l’effet héliocentrique du Soleil qui a pété un câble.
Ou bien c’est le ciel qui délire, lassé des discours triomphants Quand trop d’algorithmes l’auscultent et veulent borner son empire. Il vrille des lignes qu’on admire pour perdre exprès ses observants ; Il se replie, se cabre, occulte, et pleure tout autant qu’il transpire.
Il y a fatigue et fatigue. Celle ressentie après l’effort À qui il suffit d’une nuit, d’un bain, d’un thé ou d’un massage. Celle qui muscle et qui prodigue satisfaction et réconfort, Qui entretient et qui ne nuit en rien sauf s’il faut un sevrage.
Il y a la fatigue dans la routine, comme métro, boulot, dodo Que l’on répète quarante ans ou plus jusqu’à absolution. Celle-ci m’use et me ratatine car les oasis de libido Et de vacances, bien tentants, n’apportent pas de solution.
Enfin la fatigue de la vie qui nous a plongé dans son bain Et qu’elle fait chauffer peu à peu en disant que c’est ce qu’il faut. Alors on craint pour sa survie mais c’est trop tard car le turbin Qui fait hurler « SAUVE QUI PEUT ! » a rabattu son coup de faux.
Désormais partout en Provence, de Méditerranée jusqu’aux Alpes, Les plants de lavande s’étirent happés par un soleil ténu Avec un blues de connivence et de stress que l’horizon palpe Lorsque les heures se retirent et que la clarté s’atténue.
Les paysages éternels si chers à Van Gogh et Cézanne Ont pris la teinte de leurs toiles qui étaient donc prémonitoires. Le bleu lavande sempiternel rejoint les bandes partisanes Qui se regroupent sous les étoiles dans les contes endormitoires.
Alors ils s’en vont vers l’orient empruntant les routes de la soie Sur les traces de Marco Polo pensant retrouver leurs racines. Et vous les verrez coloriant le crépuscule qui reçoit Leur désidératas écolos dans des couleurs qui nous fascinent.
Se repose-t-elle sur ses lauriers une fois élue et approuvée ? Il est vrai qu’il est confortable de siéger sur le cuir de vache ! Mais au cas où vous l’ignoriez, sa tâche sera bien éprouvée Car elle devra se mettre à table ; heureusement, elle est multitâche !
Elle sait répondre à vos demandes en vous décrétant plusieurs lois Qui ne vous soulageront guère – elle fait toujours tout le contraire – Car ce n’est pas elle qui commande mais l’économie qui fait foi Et, comme on l’a connu naguère, à votre avis… qui va-t-on traire ?
Derrière la vache tranquille, il y a l’Europe, l’ingénue, À peine âgée de trente années, elle est encore bien coquette Avec cet esprit infantile, impertinent et malvenu, Avec l’envie de se pavaner comme une star sur la croisette.
Tableau de Maria Kholmogorova sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .
Apparemment le feu des dieux que Prométhée nous a transmis, Nous a bien aidé à mûrir mais pas à nous parachever. Les dieux s’étant montré odieux, quant à leurs secrets compromis, Ont par la suite eu un fou rire de voir leur science inachevée.
Avouons-le ; les inventions censées nous aider à mieux vivre Ont transformé la société par un progrès bien insidieux. Toutes les bonnes intentions nous ont pavé la route à suivre Qui mène l’homme à satiété dans en enfer du feu des dieux.
Avoir voulu rivaliser avec les dieux nous a floués ; Nous sommes devenus ambitieux et nous sommes perdus en chemin. On a tout idéalisé sans penser qu’à force de jouer Avec un feu si malicieux on en oublierait d’être humain.
Un jour, peut-être, les idées claires, au bord des ruines de nos tours, Nous rendrons au feu son vrai rôle sans lui donner les pleins pouvoirs Car la flamme réchauffe et éclaire mais sans rien donner en retour Et quand le feu a la parole, il brûle tout sans s’émouvoir.
Le flux et reflux de la vie, la respiration du vivant ; Ici, on mange l’air, on le boit, on s’en nourrit, on le respire. Les deux Gémeaux en vis-à-vis, souffles complices et connivents ; Ici naît et grandit la voix, ici naît le cœur qui soupire.
Inspiration, expiration. C’est là l’essentiel de la vie Qui nous fait vivre dépendants à jamais de l’air nourricier. L’indispensable respiration qui nous soulage et nous ravit Lorsque l’air frais surabondant entre et se fait apprécier.
Depuis longtemps, tous deux attendent le jour où entrer en action Quand le cordon ombilical leur rendra leurs attributions. Ils en rêvent, leurs tissus se tendent d’une impatiente satisfaction À sentir le plaisir vocal initier la conversation.
Élyäna, Vénus en Gémeaux, sera alors leur providence Pour leur enchaîner les idées d’une vigueur émotionnelle. Trouver la pensée, les bons mots, la répartie de circonstance Et le plaisir de présider avec une ferveur passionnelle.
Ärÿnor, plutôt protecteur y voit la source d’énergie À préserver la vie durant et dont la constance est vitale. Car les poumons sont collecteurs de l’oxygène en synergie Qui apporte le carburant dont l’arrêt s’avère fatal.
Mais Élyäna connaît le vertige et le flot des conversations Qui deviendront des oraisons et des paroles insignifiantes. Afin qu’il n’y ait ni litige ni même tergiversation Entre le cœur et la raison, elle saura se faire conciliante.
Ärÿnor, lui, l’a bien compris : le souffle reste fondamental Et chaque étape de la vie nécessite sa modération. Sinon on en payera le prix : tout abus comportemental Devient menace pour la survie s’il contraint la respiration.
Ici, dans l’antre du Taureau, on savoure le moment présent Dans ce paradis consacré, où se prépare l’avenir La nonchalance « in utero » baignée d’amour omniprésent Qui veille à la phase sacrée sans y graver de souvenir.
La tête est encore difforme, le corps encore indéfini, Mais un noyau de connexions entre les deux parties du corps Se développe et se transforme dans ce lieu en catimini Où chaque jour la progression s’établit d’un divin accord :
Il faut gérer l’irrigation du corps avec adéquation ; Penser à l’alimentation et prévenir la digestion ; Permettre la respiration et régir la ventilation ; Enfin la communication, ce grand réseau des transmissions.
Élyäna sait l’importance de l’équilibre délicat De la fonction alimentaire et celle de la perfusion Qui doivent agir avec constance sans y laisser de reliquat Pour une hygiène salutaire et du bonheur à profusion.
Ärÿnor, aux renseignements, mesure l’ampleur de la tâche Entre le maître qui décide et l’ouvrier qui réalise. Parachever l’entraînement nécessite un apport sans tache D’énergie, lipides et glucides, et l’oxygénation requise.
« Le mieux est l’ennemi du bien ! » Élyäna veille à l’intendance Pour éviter que perfection ne rime avec surprotection Et l’empilement de trop de biens conduit à la surabondance Avec le risque de sanction due à l’excès de production.
Ärÿnor sait d’expérience que l’excès de confort endort L’esprit qui doit rester conscient en recherche de vérités. Il établit la surveillance comme une boîte de Pandore Qui s’ouvrira à bon escient comme un cran de sécurité.
Vénus serait-elle exaltée lorsqu’elle se retrouve en Poissons ? L’astrologie nous le confirme, la mythologie ne dit mot. Les Cancer doivent exulter que l’amour trouble leurs boissons Comme un breuvage qui leur affirme des sentiments fortissimo.
Quant à Mars, se retrouver dans l’eau risque de rouiller son armure Ce qui expliquerait alors sa mystérieuse couleur rouge. Mercure… déjà qu’il est pâlot, il ne serait plus que murmure ; Dilué dans l’eau incolore, il virerait dans l’infrarouge.
Avec la Lune tout serait flou et les amours assez confuses Mais bon… si l’amour est aveugle, ça ne devrait pas l’inhiber. Quant à Neptune, ça le renfloue, lui dont les actions sont diffuses Avec ceux qui mènent le peuple avec pots-de-vin prohibés.
Et si le Soleil, tout là-haut, glissait un pied dans la marée, Il dorerait les illusions des cœurs qui voguent à tâtons. Jupiter soufflerait en duo un air propice pour se marrer Avec Vénus, en effusion, qui décocherait ses tétons
Comme celle qui parle aux oiseaux, il y a celle qui parle aux poissons Et se régale des potins qui se racontent au fil de l’eau. Car les poissons ont leurs réseaux auprès des débits de boissons Où se soulagent les popotins après les heures de boulot.
Si la carpe reste muette, on sait la dorade royale ; Le Saint-Pierre fait ses homélies tandis que les tsars dînent à l’huile. La sole meunière est fluette, les poissonnières déloyales, Certains sont des anomalies et d’autres des poissons d’avril.
Quand la nuit luit sous la margelle, on voit surgir des silhouettes Qui brassent l’eau comme une scène où se rejoue tout l’opéra. Le thon philosophe interpelle la perche aux rêveries discrètes Tandis qu’une grosse baleine danse devant les caméras.
Ils naîtront à l’heure du Bélier, l’esprit pionnier toujours en tête ! Sans doute avec le feu au cœur dont ils seront co-missionnaires Ainsi qu’un don particulier lié à leur mission secrète Pour porter l’âme du vainqueur dès leur enfance embryonnaire.
Bien sûr, nos deux conquistadors devront avoir l’esprit guerrier ; L’esprit voyageur de série, du maître et du sage en option. Mais pour l’instant, leurs cornes d’or demeureront armoriées Dans leurs âmes déjà aguerries envers leur future assomption.
Quant au corps, il devra montrer toute sa fougue et sa ferveur ; Jambes et bras bien préparés, avec la tête en éclaireur. C’est elle qui devra affronter le rôle précis du serveur, Prompt à jouer et démarrer la partie sans faire d’erreur.
Élyäna, l’électron libre, s’est rapprochée de Yavänor Et Laëtïtïa, au sein des dieux, pour rapporter le feu sacré. Elle a assuré l’équilibre, aidée de son frère Ärÿnor, Quand vint le moment des adieux qu’une fête avait consacrés.
Élysäé prend la lumière pour éclairer sa destinée ; Orélion saisit la puissance pour fortifier leur agrément ; Ensemble, ils éprouvent leur première association déterminée Pour maîtriser en connaissance l’atout du premier élément.
Mais le temps, loin d’être accompli, demande encore de la patience ; Alors ils apprennent à se voir malgré leurs six yeux grand fermés. En même temps, le feu remplit en synergie leur subconscience Afin qu’ils puissent percevoir tout ce qui reste à transformer.
Le feu transmute les autres sens toujours dans la complicité Les genres en sont plus affinés dans leurs nacelles enveloppés. À ce stade, la quintessence n’est pas encore explicitée Mais restera enracinée et prête à se développer.
Soupeser le pour et le contre, lorsqu’ils pèsent le même poids Revient à comparer ensemble un kilo de plume et de plomb. Même si cela va à l’encontre de la logique en contrepoids Avec une physique qui ressemble à une diablerie en doublon.
Pour faire court : le négatif pèse autant que le positif Et c’est tant mieux car l’équilibre demeure donc ainsi préservé. Imaginez l’applicatif d’un diabolique dispositif Qui ne me laisserait pas libre de choisir ce qui m’est réservé.
Car si j’avance sur la ligne où mes deux seaux se contredisent, Je sais bien que l’un comme l’autre peut m’attirer hors du chemin. Mais tant que mes choix s’enracinent au fond des valeurs qui m’aiguisent, Mon équilibre alors se vautre dans l’inconscience des lendemains.
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Soulevons le voile obscurci par nos pensées les plus nocturnes Pour apercevoir la lumière du fond du tunnel orbitaire… Ou bien trouvons un raccourci en suivant l’anneau de Saturne, La Lune en sa phase première, l’Étoile Polaire ou Jupiter.
Si jamais le rideau retombe ou que les couleurs se ternissent, D’un même geste je lèverai les difficultés du chemin. N’ayant pas un pied dans la tombe, si jamais cela s’éternise, Je prendrai et j’enlèverai cette maudite tenture des deux mains !
Et si l’horizon m’encourage au gré des nues qui s’amoncellent, Je tracerai dans la nuit brève la route ouverte de mes désirs. Nul fracas ne me décourage ; même lorsque les vents s’emmêlent, J’avance en sculptant dans mes rêves ce qui m’apprivoise l’avenir.
Car lorsque mon espoir chancelle et que l’ombre étouffe la lumière, Il suffit d’un geste imprécis pour que la toile se déchire. Alors surgit, une étincelle, de vérité douce et première Et cet éclat dans le récit suffira à m’en affranchir.
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À Yavänor et Laëtïtïa, l’Odyssée dans l’interstellaire ; À Élysäé et Orélion, l’Épopée dans le corps humain ; Mais au cœur de l’ÏÄMOURÏÄ, deux âmes dans leur sein stellaire Vont accompagner nos champions, fidèles tout au long du chemin.
Élyäna et Ärÿnor, les anges des deux infinis Vont relier chaque planète à l’organisme de Laureline. Avec le signe qui honore, qui renforce et qui définit Tout le corps des pieds à la tête et ses propriétés enclines.
Élyäna porte la mémoire et Ärÿnor l’éternité ; Ils éveilleront chaque organe selon son interpolation. Élyäna entre les moires des mères de l’humanité, Ärÿnor entre les arcanes des astres et des constellations.
Ils veilleront, anges invisibles, aux croisements des destinées, À chaque pas de nos héros sur l chemin vers les étoiles. Gardiens unis, indivisibles, mais vigies prédéterminées À accomplir leur numéro lorsque le vent gonfle leurs voiles.
Parfois ils seront cet ami qui protège ses frères et sœurs ; Parfois ils seront ce guerrier qui parcourt les mers et les terres ; Parfois ils seront l’ennemi, aussi redoutable chasseur, Mais toujours fidèles trésoriers de leurs valeurs humanitaires.
Deux Lares aux vertus protectrices, gardiens de l’esprit et du corps ; Vestales du feu de leurs âmes, soumis au Féminin Sacré. Mais à la force destructrice compétente en un temps record Pour supprimer tout risque infâme contre leurs rôles consacrés.
Dès l’aube de la gestation, ils ont tissé les alliances Depuis la tête du Bélier jusqu’aux Poissons, garants des pieds. Inaltérable attestation doublée du don de clairvoyance Dont nos héros pourront pallier grâce au zèle de leurs équipiers.
À l’heure de la délivrance, parvenus à maturité, Les enfants, prêts à affronter l’hostilité de l’extérieur, Vont connaître la différence entre l’intime sécurité Et les conditions effrontées mais réelles du stade ultérieur.
Mais le voyage organisé quitte l’univers de leur mère Pour atteindre le niveau du père et toute la communauté. Leur épopée localisée dans leur paradis éphémère Continue sa route prospère avec beaucoup de nouveautés.
L’arrivée en pleine lumière laisse échapper un premier cri ; L’air qui entre dans les poumons provoque une âme inassouvie. Dans cette expérience première, là où rien n’est encore inscrit, La vie continue de l’amont vers l’aval du fleuve de la vie.
La phase ultime de la naissance est bien plus qu’un simple transfert ; Passage du végétatif à l’animal, puis l’être humain. L’héritage de la connaissance en particulier lui confère D’être aussi participatif, saisir et se donner la main.
Les instructions sont programmées : perte des eaux et contractions. La mère en vaisseau matriciel doit se préparer au travail, Des phénomènes vont se tramer pour faciliter l’extraction Éventuellement cicatriciels mais victorieux, vaille que vaille.
La mère est bien positionnée, sas ouvert, moment imminent ; L’enfant pionnier et volontaire se jette la tête la première. Tête qui vient se tortillonner et puis tout le corps éminent À cet instant sacramentaire, ouvrir les yeux vers la lumière.
Dans leurs nefs, deux conquistadors, éprouvés par l’accouchement, Dardent tous leurs sens attentifs au nouvel environnement. Deux petits enfants au cœur d’or, deux anges en effarouchement Mais dont les esprits intensifs commencent leurs balbutiements.
Tous les matins le jour se lève mais ça, tout le monde le sait ; Mais ce que tout l’monde ne sait pas, c’est qu’il m’élève dans ma chaumière. Je suis fière d’être bonne élève et assidue à chaque essai Que le soleil transforme ou pas en lévitation de lumière.
Il m’attire par la fenêtre et je m’envole vers les nues, Tirée par les rayons solides sur lesquels je peux m’accrocher. Je sois être la seule à connaître cette invitation saugrenue Mais quel bonheur, tel un bolide, de franchir montagnes et rochers !
Dans ma cuisine aux dalles sages, la lumière joue son manège ; Elle découpe des silhouettes qui chavirent sur les carreaux. Et je deviens, dans cet ouvrage, un fil mouvant que rien n’assiège ; Comme un trait de craie qui souhaite devenir le mat du tarot !
Dans nos résidences modernes, tous les appartements s’emboîtent ; Mais pas les humains indociles qui se rassemblent rarement Mis à part les vieilles badernes et leurs réunions adéquates Et leurs escarmouches imbéciles qui provoquent maints égarements.
Dans les appartements high-techs, récupérés dans les usines Désaffectées mais pittoresques, la vie est pleine d’escaliers Comme des pyramides aztèques qui donneraient à leurs cuisines L’art culinaire picaresque des habitants fous à lier.
Illustrations de Cinta Vidal Agulló sur http:mondesetmerveilles.centerblog.net372-peintures-de-cinta-vidal-agull0 .
Voici les nerfs à fleur de peau, ta peau tendue comme un tambour… Où les mots sont amplifiés, juste soufflés sur la surface. La peau ne connaît nul repos ; elle aime être prise à rebours Pour le sens le plus densifié ; celui du contact face à face.
C’est ton oriflamme, ton drapeau qui affiche tes mille couleurs ; C’est aussi la communication qui ne souffre aucune description. C’est le langage de la peau qui se crispe sous la douleur Et se détend par l’affection d’une maman sans restriction.
La peau frissonne, reçoit le froid, la caresse, la chaleur et attend ; C’est l’amour au plus bas niveau, celui du cœur qualitatif. Ce qui l’entoure avec effroi ou la rassure et la détend, C’est la vie avant le cerveau, juste divine, l’âme à vif.
C’est la main crevant la vision afin d’en palper l’apparence ; C’est le doigt qui approfondit la vibration d’un texte en braille ; Les lèvres qui font provision de baisers selon l’attirance ; Enfin, la paume qui bondit pour s’emparer d’une trouvaille.
C’est le sens inné du pionnier qui commence ses explorations, Le temps fort de la puberté où l’on examine son corps ; L’amour, d’un coup de tisonnier, qui révèle la copulation Et confine la liberté si jamais le cœur est d’accord.
Élysäé le redécouvre en tâtant son intimité Et sent la douceur de son frère dont la peau frémit sous ses doigts. Orélion, pendant ce temps, s’ouvre à sa sœur sans hostilité Et tout son côté téméraire fond sous les frôlements qui ondoient.
Et ce besoin de découvrir va les pousser à parcourir Et aller explorer le monde pour en raccourcir les distances. Et les bras se mettent à s’ouvrir, et les jambes se mettent à courir, Et le toucher ouvrir la bonde s’il sent la moindre résistance.
Louves-garoues et femmes-louves sont, par le féminin sacré, Unies lorsqu’elles sont enceintes et qu’elles ont besoin de caresses. Entre femelles on se retrouve dans un refuge consacré À partager l’étreinte sainte pendant un instant de paresse.
Moi, l’homme-loup, je les observe et je respire leur tendresse Je suis le père d’un louveteau dans la matrice de sa mère. Pour que la rencontre conserve béatitude et allégresse, Je me tiens devant le linteau comme protecteur de chimères.
Et moi, Déesse-Louve, altière, je veille au seuil de leur mystère ; Je sens la nuit battre en leur ventre comme un battement avant la lettre. Si la passion se fait lumière et fait danser l’ombre et la terre, Je garde grand-ouvert mon antre où leurs deux souffles peuvent naître.
Dès cet automne, la transhumance va s’appliquer à nos visages Dont une moitié seulement s’en ira vers les pâturages. L’autre moitié avec clémence restera car elle envisage Malgré le bouleversement, de faire plus que force ni que rage.
Confronté aux difficultés dressées dans notre paysage, Nos visages sans cesse attaqués ont pris une résolution Puisque nous sommes agressés par toutes sortes d’arrosages ; Des pluies acides détraquées aux particules en dilution.
Il est désormais inutile de s’énerver contre le progrès. Au contraire, il faut faire preuve de patience et ténacité. Aussi, comme il paraît aussi futile que tout aille bon gré mal gré, Le mieux contre toutes ces épreuves est de montrer sa pugnacité.
L’hiver les visages migrateurs partiront vers l’autre hémisphère ; L’autre moitié travaillera pour payer les frais du voyage. Dès le solstice, à l’équateur, on s’échangera les atmosphères Ainsi l’été accueillera ces blancs-becs pour l’autobronzage.
Aussitôt changé le décor, l’épopée devient un théâtre Où les acteurs sont les visages, les langues citent les répliques, Les rôles sont tenus par les corps prêts à l’action et à combattre Le long d’immenses paysages où chacun des membres s’applique.
Côté coulisses, de grands faisceaux de muscles rouges, striés et blancs ; Tendons qui tirent les tentures sous une solide structure osseuse. Côté public, tous les vaisseaux sanguins et nerfs sont en arrière-plan Pour apporter à l’aventure toute l’énergie ambianceuse.
Élysäé suit en silence la musique et les mouvements ; Orélion jauge les machines et toute leur infrastructure. Cordes vocales en vigilance, prêtes à tout roucoulement ; Tendu tout le long de l’échine, le corps s’entraîne à ses postures.
Soudain le rideau est levé et Laureline se réveille ; Les jambes démarrent un ballet et se transportent sous la douche. Le corps est aussitôt lavé et tous les acteurs font merveille Dans ce premier acte emballé qui nous en laisse l’eau à la bouche.
Deuxième scène, l’habillage qui nous fait sentir le toucher De belles étoffes délicates qui vêtent autant qu’elles embellissent. Troisième scène, le maquillage où la beauté est retouchée De fards – et crèmes adéquates – de peur que la peau ne pâlisse.
La bouche devient le palais où toutes les intrigues débouchent Les goûts sucrés, amers, salés, acides, aigres et umami S’affrontent sans jamais s’égaler dans des joutes de mises en bouche Et tout le petit-déjeuner offre un beau plateau entre amis.
Après, activités sportives : les muscles entrent en action ; Les jambes courent à perdre haleine, les bras s’étirent et agissent. Le soir, Laureline reste émotive, soumise à toutes ses tensions Et Yavänor alors l’emmène rêver afin qu’elle s’y ravisse.
Arlequin est à la musique un compositeur qui combine Joie et tristesse, rire et colère et toutes sortes d’oxymores. Son habit fait de mosaïques patchworkées par sa Colombine Lui donne une allure de trouvère bon vivant et trompe-la-mort.
En ce moment, il a le blues ; ça lui arrive à chaque Lune Lorsque celle-ci est gibbeuse durant trois nuits interminables. Colombine en est très jalouse car dans ces périodes opportunes Il court après toutes les gueuses qui dansent nues, impressionnables.
Et quand revient l’aube pâlotte qui gratte aux vitres de sa chambre, Arlequin range sa bravade et replie ses humeurs fantasques. Colombine ôte sa culotte, s’étire alors de tous ses membres Et son cœur qui bat la chamade réclame de tomber le masque.
Mes rêves seraient musicaux mais j’en oublie la mélodie Sans doute à cause des oiseaux qui sifflent leurs petits airs charmants. Pourtant les troubles vésicaux ne laissent aucune rhapsodie Lorsqu’ils réveillent le roseau pensant que je suis en dormant.
Je me souviens bien des images et des dialogues échangés Mais ni le moindre triolet, ni chansonnette n’en émane. J’aimerais pourtant rendre hommage non pas aux chanteurs étrangers Mais à ceux qui ont affriolé toute ma jeunesse mélomane.
J’aimerais rêver de Brassens, de Ferré, de Ferrat, de Brel Et les chansons de flibustiers et tous leurs couplets fastidieux ! Refaire les accords qui parvinssent à complaire à Francis Cabrel Et Maxime Leforestier qui taquinaient comme des dieux !
Je rêve surtout d’échapper à la moderne dictature Des chansons nord-américaines qui déferlent partout dans les rues. J’en ai l’oreille handicapée à ouïr ces caricatures De blues d’origine africaine dont l’harmonie a disparu.
Tableaux de Mary Delave sur http:marydelave.blogspot.com .
Laureline & Yavänor savourent les plaisirs de l’amour charnel Où tous leurs mouvements intenses n’obéissent plus qu’à leurs envies. Deux corps s’unissent avec bravoure, œuvrant dans l’antre maternel Où la matrice a compétence et pouvoir de donner la vie.
Deux voyageurs dans leurs nacelles poursuivent leur folle épopée ; Ils viennent du monde où les âmes ne sont pas matérialisées. Chacun portant une étincelle en train de se développer, Chacun attendant le sésame pour naître et se réaliser.
C’est le régime de croisière et tout un personnel s’affaire Dans la matrice placentaire et le cordon ombilical. Bientôt cette intime lisière s’ouvrira pour les satisfaire Le passage sacramentaire du protocole obstétrical.
C’est un théâtre en miniature où se retrouvent les acteurs Mais en phase d’éducation avec décor en formation. En tant que fils de la Nature, ils partagent tous les facteurs Externes comme la nutrition, la chaleur et les émotions.
À l’aube du sixième mois, la croissance alors s’accélère ; La maturation sensorielle, la taille, le poids et l’apparence. Les visages montrent leurs minois et des sourires interstellaires S’ouvrent entre les âmes plurielles avec connivente assurance.
Les mois s’ajoutent en silence, l’espace devient plus serré ; Les jumeaux souvent interfèrent et communiquent en secret. Ils perçoivent avec pertinence l’extérieur qui est transféré En vibrations, sons et lumières à travers leur abri sacré.
Un jour, la matrice frémira, le sanctuaire s’éveillera ; L’antre s’ouvrira lentement sur l’inconnu vers la lumière. Enfin le cordon vibrera, puis par la suite, se fermera Et c’est dans un enchantement qu’ils seront en avant-première.
Depuis qu’elle y avait goûté, elle retournait patiemment Là où elle m’avait rencontré tout en espérant me revoir. Or si je m’étais écouté, je l’aurais hélée galamment Et invitée pour lui montrer tout ce qu’elle souhaitait entrevoir.
Mais les papillons dans son ventre bourdonnaient trop discrètement Et s’envolaient évidemment dans la mauvaise direction. Parfois le cœur se déconcentre… son œil ouvert distraitement Devrait porter avidement plusieurs lentilles de correction…
Sans doute l’amour soufflera un jour lui soulevant la robe Et l’œil du cœur m’apercevra, entouré de ses papillons. Sans doute l’envie s’insufflera avant que je ne me dérobe Et la vestale me percevra comme un divin amphitryon.
Quand je serai dans mon royaume, coupé de tout réseau social, Comment vous recontacterai-je depuis mon paradis perdu ? Comme il n’existe aucun idiome, ni protocole interfacial, Comment alors m’adapterai-je à cette frontière distordue ?
Par le miroir évidemment, le maître de mes Reflets-Vers ! Je renverrai par son image comment j’existe désormais. Vous y verrez avidement tous les secrets de l’univers Que je mettrai dans mes messages télémiroités à jamais…
Si vous voyez en noir et blanc, c’est que je n’ai plus de douleur ; Ni cœur morose, ni bleus de l’âme, ni la moindre taciturnité, Je vis l’amour sans faux-semblants avec mes muses en couleur Qui m’ont toutes avoué leur flamme qui brûle pour l’éternité.
Était-ce Loreleï ou bien Laureline ? J’avoue, je les confonds souvent Mais je me souviens d’elle prostrée d’avoir failli à sa mission. Plongée dans l’eau qui dégouline elle priait – c’est émouvant – Un dieu quelconque idolâtré et en totale soumission.
Passant par-là, moi Lucifer, j’ai eu pitié de la fautive – Ne le répétez à personne, cela nuirait à mon image – Je déposai l’ardente sphère entre ses mains conservatives Et, avant qu’elle ne me soupçonne, j’ai disparu tel un mirage.
Alors la vestale s’est levée pensant la flamme retrouvée, L’offrit au temple de Vesta pour la pérennité de Rome. Tandis que le feu s’élevait, son petit cœur fort éprouvé Cette fois-là manifesta un méphistophélique syndrome.
Il est des rêves qui n’apparaissent que le soir entre chien et loup Quand tout se brouille et se confond, l’imaginaire prêt à jaillir. Je sens cette étrange paresse m’envahir d’un halo jaloux De la réalité qui fond peu à peu jusqu’à défaillir.
Puis la nuit tombe son rideau et pourtant le rêve persiste ; Je devrais dormir et pourtant je me réveille et il est là : Ce royaume dit « l’Eldorado » que l’on prétendrait utopiste M’ouvrir son portail envoûtant sur le miroir du Walhalla.
À l’aube, il reste ouvert une seconde et une seule seulement Avant de fondre dans l’écume et retourner dans le néant. Un jour, je quitterai ce monde, je quitterai mon élément Et plongerai droit dans la brume dans cet interstice béant.
Sont-ce des dieux ou des héros dont l’office est des plus troublants, Semblables à la circulation des fleuves rubis éminents ? Leurs rôles sont plus généraux : le transfert des globules blancs, Le drainage et l’épuration, puis le transport des nutriments.
Leur devise est de protéger, défendre et s’il le faut mourir Pour préserver la vie fragile avec le meilleur dévouement. Pour ce faire, ils sont agrégés à tout moyen pour concourir Par des cohortes de vigiles et quel qu’en soit le dénouement.
Ce sont les gardiens silencieux qui veillent, toujours en alerte, À combattre les infections dans le réseau des ganglions ; Chevaliers pâles et consciencieux, réparateurs des plaies ouvertes, Guetteurs prompts à toute inspection contre le moindre trublion.
Ce sont aussi des collecteurs pour le liquide interstitiel Qui en régulent la pression et tout excès dans l’organisme. Doublés du travail éjecteur de tout déchet non essentiel : Évacuation et suppression avec du zèle et sans cynisme.
Enfin une tâche spécifique au processus de digestion Pour absorber et transporter toutes les graisses alimentaires Dont l’imprégnation prolifique sera soumise à la gestion Lorsque parvenues à portée de l’intestin complémentaire.
Élysäé et Orélion y font leurs classes sanitaires Afin de mieux organiser la gestion d’une armée en marche. Car on ne devient un lion de combat dans l’humanitaire Qu’en comprenant toute question dont dépendra leur matriarche.
Car ce n’est pas un rôle ingrat mais au contraire valorisant Pour préserver la vie précieuse tout en restant les plus discrets. Ils n’en font jamais leurs choux gras car tout danger est suffisant Pour souffler la flamme capricieuse à laquelle ils sont consacrés.
Elle court, elle court, elle court, l’Europe toujours jolie mais toujours nue ! C’est à se demander pourquoi, passé le siècle des lumières, Passé les géniaux philanthropes que notre histoire a retenus, Passé ceux qui avaient ce « je-ne-sais-quoi » et qui l’ont sortie de l’ornière !
Est-ce qu’elle court après l’argent ? Le temps a passé sous les ponts ! Est-ce qu’elle court après l’amour ? Covid et Sida l’ont tué ! Est-ce qu’elle veut courir en chargeant ? Hélas il n’y a plus de Napoléon Et puis, la guerre, ce n’est pas glamour et n’est qu’un mal substitué.
Si je rencontre l’Europe nue courant à côté d’un bison Et que je le raconte en vers dans un pamphlet Freud-Nietzschéen, Qui donc croira au contenu de mon poème écrit… disons Le jour où ma tête à l’envers a cru au rêve européen ?
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Une fois que nous aurons franchi le point critique du numérique, Le retour sera impossible, happés par un progrès charmeur. Le courrier sera affranchi par une empreinte biométrique ; Tout sera rendu accessible au bon vouloir des programmeurs.
Adieu les pièces de cinq centimes égrenées chez la boulangère ; Adieu les timbres de collection qui nous ont fait tant voyager ; Adieu les sourires intimes qu’on échangeait l’humeur légère Contre un petit peu d’affection, un petit plaisir passager.
Le travail au noir clandestin devra aussi évoluer Avec un troc équivalent à quelque obscur cyber-trésor. On se rappellera le destin du Roi Midas éberlué De voir l’effet ambivalent de pouvoir tout changer en or.
Mais quand l’IA super-débile, ce clown secret du numérique, Viendra nous imposer son rythme à faire chuter les valeurs, Elle laissera dans nos sébiles un dernier clin d’œil poétique, Brisant l’miroir aux algorithmes pour sept fois sept ans de malheur.
Œuvre d’art visuel qui utilise une technique de hachures.
La porte aux étoiles débouche sur un immense laboratoire Dont l’étonnante chimiothèque meuble le centre d’une tour Avec ses mille-et-unes souches pour les préparations notoires De l’imposante pharmacothèque capitalisée tout autour.
Ici, l’alchimiste suprême dirige comme un chef d’orchestre Toutes les émotions vécues et les sentiments éprouvés. Capable des passions extrêmes et des tristesses qu’il séquestre Et par ses glandes convaincues du rôle qu’elles ont à prouver.
Chaque fiole tendre et lumineuse veille sur les émois de Laureline Et contient la chaude liqueur de chaque baiser sur le cœur. Une seule goutte sirupeuse donne son jet d’adrénaline À celle qui se veut vainqueur de ses sensations haut les chœurs !
Ici se baigne Laureline d’endorphines et sérotonine ; Un peu de crème adoucissante ou de poison ensorceleur. Ici tout l’amour dégouline par litres entiers de dopamine Et de potions étourdissantes pour un désir batifoleur.
Piquée par la curiosité, Élysäé succombe à l’envie De boire du « vin merveilleux » prévu dit-on pour festoyer. Ainsi totalement transitée par la folie de l’eau-de-vie Elle chante des airs cafouilleux à pleine gorge déployée.
Orélion sans se méfier a respiré « opium senteur » ; Un parfum hallucinogène présumé comme « délirant » Et sa sœur le voit défier les règles de la pesanteur En nageant dans un oxygène saturé de gaz hilarant.
Dans un fou rire de délires, ils sortent assommés, étourdis De tous ces cocktails concoctés par une mère fine doctoresse. Pourtant c’est avec le sourire, légèrement abasourdis, Qu’ils se sentent réconfortés par l’âme de l’enchanteresse.
À l’instar du roi des abeilles ainsi que leur Reine pondeuse, Les sirènes ont élu leur sire au rang du grand héron qui pêche. Elles ont rempli leur corbeille d’offrandes les plus hasardeuses Selon les souhaits qu’on voit grossir et dessinés sur sa ventrèche.
Le roi des sardines est un thon né de sardines et thon germon Qui n’a jamais été pêché et donc n’arrête pas de grandir. C’est pourquoi il est de bon ton de ne pas faire de sermon Mais plutôt de lui dépêcher tout ce qui pourrait l’arrondir.
Cachalots, baleines bleues ou blanches sont aliments de premier choix Pour sa majesté aux dents creuses et au ventre démesuré. Mais surtout pas la moindre tanche ou le moindre petit anchois Car une allergie désastreuse lui donne des boutons azurés.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
La gentille nounou des poissons se trouve dans son élément Quand le matin elle ravitaille les poissons des gens en vacances. Elle part faire sa moisson de toutes sortes d’aliments Flocons et sticks selon leurs tailles et granulés en conséquence.
Petite particularité : sa mère étant une sirène Elle les nourrit toute nue, rapport à l’aquarium géant Qu’un vieux loup d’mer a hérité de son extravagante reine Qui dévorait le contenu des grands viviers de l’océan.
Mais la douce enfant de la mer, quand elle penche son front tranquille, Entend parfois un long appel qui vient vibrer dans les écailles. Un chœur ancien mais doux-amer monte en remuant les eaux subtiles Et fait frissonner la pucelle du fond des bulles qui rouscaillent.
Alors, d’un geste suspendu, elle croit revoir son héritage ; Des algues d’or, un ciel liquide, la grande houle aux reins profonds. Et même si ses jambes perdues restent captives de son rivage, Elle garde en elle, translucide, un océan et ses tréfonds.
Et quand revient le soir docile, qu’elle referme la maisonnée, Les poissons tournent en pédalier et dansent en guise d’alarme. Car dans ce monde trop fragile où tout s’efface sans raisonner, La nounou, douce et déliée, leur sert d’horizon… et de charme.
« Il nous faudrait un pédalo ! » dit Élysäé sur le parvis De l’embarcadère aux cellules où les grands vaisseaux s’amoncellent. Mais le voyage au fil de l’eau est long comme un cycle de vie Et Orélion trouve un globule pouvant leur servir de nacelle.
Mais les artères sont rapides et l’embarcation est fugace ; « Empruntons la route paisible du réseau veineux remontant ! » Orélion a l’esprit lucide et Élysäé, plutôt sagace, Suggère un canal plus visible pour avancer sans contretemps.
Le canal tremble sous les coups qui font chanceler les parois. « Le cœur est tout proche à présent et l’oreillette tumultueuse ! » Le frêle esquif des casse-cous est secoué en plein désarroi Sous le courant omniprésent d’une force majestueuse.
Ils sont passés mais un danger terrible maintenant les guette ; Après la première systole, hélas, l’embarcation prend l’eau. Et brusquement c’est la plongée et, sous l’effet de la tempête, Ensemble ils subissent la diastole et sont absorbés par les flots.
Le silence des globules blancs. Ils se réveillent abasourdis ; Les sentinelles défensives les ont recueillis assommés. Ils s’observent alors en tremblant, la tête complètement assourdie Par les secousses offensives qu’ils ont dû ensemble assumer.
Embarquement dans la navette qui suit les vaisseaux lymphatiques Qui leur donne l’immunité par le transport des nutriments. Ils quittent ainsi à la sauvette le ventricule dramatique, Saisissant l’opportunité d’en esquiver le châtiment.
« D’après le plan » dit Yavänor, « nous allons pouvoir explorer L’immense cage thoracique, abri du cœur et des poumons ! » Ils n’ont donc pas perdu le nord et, sans dommage à déplorer, Poursuivent la route classique remontant d’aval en amont.
Qu’est-ce qu’elle était jolie, la boîte de Pandore Avec tous ses trésors et toute sa connaissance ! Mais une fois ouverte, d’emblée je subodore Qu’elle ne se ferme plus pour cause d’obsolescence.
Car l’acquis ne s’efface ni ne disparaît jamais À part une amnésie pas trop recommandée. D’où la mort nécessaire qui seule peut désormais Tout remettre à zéro bien que vilipendée.
Mais le regretterai-je si je n’ai pas le choix ? Puisque la boîte est là, alors autant l’ouvrir ! Je me dis que s’il n’y a pas de prochaine fois Alors la connaissance me reste à découvrir…
La boîte frémissait d’un éclat primitif, Gardant sous son couvercle un tourbillon de braise. Un souffle en émergea, si pur et si furtif, Qu’il me parla de mondes enfouis sous la glaise.
Je crus d’abord au piège, à l’ombre d’un vieux sort, Mais la lumière vive repoussa mes alarmes ; Elle montait en gerbes, elle grondait si fort Que j’en perdis le fil et puis baissai mes armes.
Car ouvrir une boîte, c’est briser l’ancien sceau, Laisser la vérité bondir hors de nos limites ; Si l’on s’y aventure, on finit comme un sot Transpercé d’un savoir aux flammes qui crépitent.
Alors j’ai relevé le couvercle aux remords Puisqu’il faut bien tomber pour que l’esprit respire. J’ai laissé la clarté aiguillonner la mort Et refermé la boîte pour le meilleur du pire.
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J’ai la femme en ligne de mire dans le viseur de mon cerveau Qui scanne et voit aux rayons X son corps entier déshabillé. C’est ainsi ; si je vous admire, c’est à cause de cet écheveau D’évolution toujours prolixe à l’envie de vous enquiller.
Mais il y a bienpire que moi notamment les chasseurs de femmes, Aussitôt qu’ils voient un jupon et qui ne peuvent pas s’empêcher Afin de calmer leurs émois à trouver tous les trucs infâmes Pour vous faire franchir le pont et tant pis si c’est un péché.
Quant à moi, dragueur de papier, je ne déshabille que mes vers D’où surgissent de jolis seins ainsi que des fesses admirables. Vénus en gémeaux me met l’pied à l’étrier, certes pervers, Pour vous faire du charme à dessein… hélas chez moi, impondérable.
Et sous les cercles qui l’encerclent, je vois surgir un univers Où l’interfrange me désarçonne car son calcul me prend de court. Or, la beauté sous le couvercle ne reste pas sous le couvert ; Elle traverse, elle rayonne et me transperce à chaque tour.
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Suivant la route des nutriments que la lymphe leur a rabâchée, Les enfants obtiennent le cachet de tout l’appareil digestif Depuis l’entrée des aliments que la bouche a su prémâcher, Jusqu’à la sortie des déchets selon le cycle suggestif.
Le toboggan de l’œsophage les plonge dans le lac d’acide Où l’estomac brasse la soupe, formant le bol alimentaire Que la digestion chronophage suivra par organes lucides En examinant à la loupe les composants élémentaires.
Passage obligé par le foie, l’organe expert en qualité Qui renvoie tout ou sélectionne ce qui a réussi aux tests Avec l’organe toutefois qui va pouvoir faciliter Par l’alchimie qu’elle solutionne, avec la bile qui l’atteste.
Une fois les macronutriments, lipides, protides et glucides, Par la vésicule biliaire déliés au seuil de l’intestin, Tout se poursuit au détriment d’une torpeur, là où se décide Le sort de la manne singulière qui va faire face à son destin.
Une passoire intelligente longue d’une dizaine de mètres Devient le passage obligé de la véritable absorption. Celle-ci ardue et exigeante ingérera de main de maître Ce dont le corps va exiger pour parfaire son évolution.
À la fin de la sélection, tous les déchets non ingérés Subissent leur décomposition avec leur déshydratation. Et la future déjection qui rendra le non-digéré À la terre à disposition d’achever leur dégradation.
Rien n’est perdu ! Tout se transforme et tout redevient énergie Car le système alimentaire est l’usine du catabolisme. Les enfants conçoivent la forme que la vie crée en synergie D’un corps dépendant de la Terre dont dépend leur métabolisme.
Sans doute qu’une eau cristalline ayant mémoire des cristaux Retransmet à l’eau de mon corps une foule de souvenirs. Chaque décharge d’adrénaline résonne son effet costaud Ou costal selon le rapport mémoire passée et à venir.
Mais tout ça n’est que théorie ; si mon eau vient des océans, Toutes les âmes précédentes, qui ont dû s’y jeter dedans, Ont vu toutes sortes d’allégories disparaître dans le néant Pour réapparaître obsédantes et se coller entre mes dents.
Ainsi mon ostéoporose résulterait des inepties Qui auraient fait grincer les dents à mes ancêtres au fil des ans. Je n’ai plus trop l’humeur morose après une telle prophétie Car j’en ai détruit l’excédent d’avec mon âme dès à présent.
Et si l’on boit la même eau vive que les saisons de l’univers, Peut-être qu’un jour on perçoit les cycles sous la peau qui tremble. Chaque cellule alors dérive sur les marées automne-hiver Et ma chair douce comme soie devient le fronton de mon Temple.
Les cafards sont tous différents selon les émotions qu’ils portent ; Bleus de chagrin, rouges de colère, verts de peur et violets de cœur. Ainsi chacun est afférent et correspond à une porte Bien précise, lunaire, solaire ou tout autre astre alambiqueur.
Chaque fois qu’elle a le cafard, elle joue avec les allumettes Pour les griller l’une après l’autre, les bleus, les rouges et les violets. D’où son teint aux reflets blafards qui évoquent une fantômette Qui craindrait un mal qui se vautre sur son âme bariolée.
C’était quand même dangereux de jouer ainsi avec le feu Car le cafard revient toujours même brûlé et calciné. L’acide étant trop sulfureux, elle m’a fait un jour cet aveu Égal au prix de son amour que je paie pour ma dulcinée.
Et sous les cendres du courage, un espoir minuscule dort, Truquant la peur qui se réveille à chaque transe douce-amère. Mais si l’on perce le nuage d’un trait de feu contre le sort, Les blattes fuient telle des bouteilles de messages jetés à la mer.
Tableau d’Édith Lebeau sur https:www.moderneden.comcollectionsedith-lebeaupainting .
Voici l’arbre de connaissance dont les racines tombent du ciel Pour ouvrir deux lobes radieux où souffle un air de connivence. Ici respire l’arborescence du langage le plus essentiel : Celui qui inspire l’air des dieux et en expire l’intelligence.
Souffle aérien de la conscience, flux et reflux selon les phases ; L’apprentissage qui élève, l’enseignement qui restitue Une partie avec patience, l’autre partie avec emphase Et qui reçoivent la relève d’autres vents qui se substituent.
Il y entre la voix de leur mère qui écrit le premier chapitre Et qui empreint les branchioles d’une première encre indélébile, Accompagnée du vent du père, un vent plus fort à juste titre Mais qui tonne et qui affriole les jeunes pages volubiles.
La connaissance ne stagne pas et ne vit qu’en communiquant ; Elle reçoit et analyse la pertinence de ce qui entre, Elle restitue tout en l’état ou s’enrichit en chroniquant Sa mémoire qu’elle canalise avec l’amour qu’elle y concentre.
Jamais rencontres ne s’arrêtent, jamais rien ne s’immobilise, Le savoir est la discipline que Dieu a inscrite dans la vie : Parfois comme un air d’opérette, un air doux qui infantilise ; Parfois une onde sibylline qui sursoit à être assouvie.
Ainsi la première rencontre avec le monde extraterrestre Est un échange entre les airs chargés de paroles et musiques. Ici rien ne va à l’encontre de tout ce savoir qui s’orchestre Entre cet inconnu disert et notre intérieur amnésique.
Mais le voyage doit se poursuivre – c’est le but de la connaissance – Par d’autres facteurs nourriciers qui ravitaillent et entérinent. La vie est une histoire à suivre ; chaque jour apporte l’essence Des cours dont vont bénéficier deux anges à l’école utérine.
Lorsque la chatte s’est retournée offrant son cul pour la fessée, Mon petit oiseau a mal compris le sens de cette dérobade. Alors les choses ont mal tourné les deux pieds se sont affaissés Et là, bien mal leur en a pris à cause de leurs rodomontades.
J’ai vu la nappe se soulever et puis me dévoiler sa lune Qui se levait dans la nuit noire dans un mouvement émouvant. L’occasion d’aller retrouver une telle occasion opportune Me rappela un trou de mémoire dans lequel je tombe souvent.
Et la table devint vivante et s’est mise à boire mon vin Puis des oiseaux sont accourus pour compléter l’absurdité. Cette rêverie captivante aurait pu continuer en vain Si l’on n’m’avait pas secouru par cette nuit d’ébriété.
Et l’on me dit d’un ton austère qu’il fallait plier les serviettes Mais la table en prit à son aise, filant vers l’aube clandestine. Je restai nu sur cette terre, accusant toutes les mouettes D’avoir troublé, par leurs fadaises, ma nappe à l’âme libertine.
Ariane est devenue pâlotte quand elle sut qu’elle était d’astreinte Devant la porte où débouchent éventuellement les concourants. Lorsqu’elle a donné sa pelote juste à l’entrée du labyrinthe Elle a mis le bout dans sa bouche pour être tenue au courant.
Elle a donc suivi en direct le match Thésée & Minotaure Avec stupeur et émotion mais ce n’était qu’une imposture Car bien que ce soit incorrect, elle a prévenu les centaures Que leur copain en commotion était en mauvaise posture.
On lui a dit de ne rien dire de ce qu’elle n’aurait pas dû entendre Mais malgré le poids du secret, elle avait juré de se taire. Chacun aurait pu le prédire et elle ne perd rien pour attendre… Quant à l’amende consacrée, ça lui forgera le caractère !
Et depuis ce jour, la fillette, pour éviter toute bévue, Range son fil dans sa besace qu’elle conserve jalousement. N’en donnant plus la moindre miette, selon ce qu’il était prévu, Personne n’a retrouvé la trace de la sortie évidemment.