Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Navigation en terrains inconnus

    Navigation en terrains inconnus

    Le dieu « Folie & Création » a encore rêvé mon chemin
    Qui m’entraîne dans un courant de vérités et de mensonges
    Qui s’appelle « procréation » afin de produire demain
    Tous les éléments concourant à en alimenter le songe.

    Tous les méandres de mes choix ne font qu’égarer mes pensées,
    Tous les vents de mon libre arbitre me désorientent davantage.
    La moindre occasion qui m’échoit me semble être récompensée
    Par mes efforts à juste titre à mon propre désavantage.

    La règle de ce jeu de dupes m’apparaît comme une illusion
    Que manipulent ceux qui croient sortir vainqueur du grand concours.
    Et tant que j’y croie, ça m’occupe jusqu’à ce qu’une collision
    Remette les choses à l’endroit et moi sur un autre parcours.

    Tableau de Vladimir Kush sur https:www.designstack.co202008surrealism-and-symbolism-paintings.html .

  • La sirène en mission

    La sirène en mission

    Mission spéciale pour la sirène : elle s’adonne à la pêche au gros.
    D’abord elle nage entre deux eaux, là où les eaux sont peu profondes,
    Ensuite, d’une nage plus sereine, elle suit le sillage des cargos
    Tout à l’écoute des zozos à l’insupportable faconde.

    Une fois assimilé leurs langues, elle chante son premier envoi
    En mêlant les plus jolis mots et surtout les plus beaux fantasmes
    Qu’elle a surpris quand se haranguent les matelots à grosse voix
    Déblatérant comme des chameaux avec railleries et sarcasmes.

    La suite serait délectable mais j’ai peur de vos haut-le-cœur
    Quand le marin, l’eau à la bouche, subit un coup de grâce violent.
    Partout les plaisirs de la table satisfont le bon mastiqueur ;
    Qu’est-ce que l’homme est bon sur la couche, mangé tout cru, sanguinolent !

    Illustration Yuehui Tang sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160612yuehui-tang .

  • Entre sirènes

    Entre sirènes

    Entre sirènes on s’entend bien cependant on ne mange rien ;
    Il faut mettre l’homme à la bouche pour satisfaire l’appétit.
    Et elles en consomment, Ô combien ! Marins, aviateurs ou terriens ;
    Tous ceux qui tombent sur leurs couches numérotent leurs abatis.

    Entre sirènes on se comprend, on met au point des stratagèmes
    Pour attirer et capturer tout ce qui passe à leur portée.
    Chacune, isolée, entreprend un joli chant qui dit « je t’aime »
    Comme un filet ligaturé que les vagues vont transporter.

    Entre sirènes, on se soutient, on s’épaule, on se serre les coudes
    Pour rapporter à la maison toute une pêche miraculeuse.
    Entre sirènes, on s’entretient et les amitiés se ressoudent
    Au cours du festin de saison après leurs amours crapuleuses.

    Illustration Yuehui Tang sur https:aphrodisiacart01.wordpress.com20160612yuehui-tang .

  • Naturelle ingénue

    Naturelle ingénue

    À défaut d’une île déserte, une île vierge ou presque nue,
    Je recherche le goût sauvage de la nature immaculée.
    Mais mériter la découverte de ce paradis ingénu
    Demande le désesclavage de mes protections cumulées.

    Ainsi chaque partie du corps reçoit la caresse du vent
    En remontant entre les fesses jusqu’à la pointe des cheveux.
    Tout le visage est en accord, la tête et le buste en avant
    Les seins doucement se redressent et moi, je fais ce que je veux.

    Mais libertaire et libertine sonnent souvent en désaccord
    Bien qu’inspirées de liberté mais jouant dans l’opposition.
    C’est pourquoi je me prédestine à offrir au soleil l’accord
    D’un moment de légèreté par mon corps en exposition

    Tableau de HongNian Zhang.

  • De la lecture aux rêves

    Dans ma machine à fabriquer les rêves en fondu enchaîné,
    Je fais le plein en carburant de livres aux histoires détonantes
    Pleines de récits imbriqués avec héros surentraînés
    Dont je produis le comburant pour des combustions étonnantes.

    À un certain moment donné, je vois déjà entre les lignes
    Mes aventures bouturer dans la nuit qui m’ouvre ses portes.
    Mes yeux se ferment, abandonnés à d’autres limbes curvilignes
    Et mes membres courbaturés se détendent comme une feuille morte.

    Quand ma mémoire me joue des tours, elle va au puits des souvenirs
    Remonter l’eau d’une expérience non résolue de mon passé.
    Tout nu ou dans de beaux atours, tout dépend de ce qui va venir ;
    Je n’ai pas d’autosurveillance, seulement mon laisser-passer.

    Parfois je visite d’autres mondes où mon corps, je ne sais par quel lien,
    Se cristallise en transparence ou parfois même change de sexe.
    D’une situation immonde, je passe à un point cornélien
    Tragi-comique en apparence pourtant sans le moindre complexe.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Échec aux amoureux

    Échec aux amoureux

    Tu es le roi, je suis la reine et nous sommes dans le même camp.
    Seulement voilà ! Parfois on triche et on en devient adversaires.
    La partie se montre sereine ou, au contraire, pleine de piquants
    Qu’on soit très pauvre ou bien très riche, qu’on soit perso ou solidaire.

    J’ai déjà mené deux parties, la première finit par un Mat ;
    Ma reine ne portait de couleur qu’une transparence trompeuse.
    La deuxième fois, mal réparti, le jeu se termina par un Pat ;
    La Reine en habit de douleurs m’ourdit de paroles pompeuses.

    La troisième – paraît-il la bonne – m’a d’abord joué quelques tours
    Dans un pays peu cavalier de fous qui me damaient le pion.
    Mais peu à peu, ils abandonnent et ma reine m’offre sans détour
    Un nouveau jeu hospitalier où enfin je finis champion.

    Illustration de Marie Cardouat.

  • Oui-chat

    Mes chats mettent en valeur mes talents médiumniques
    Sans doute par leurs moustaches et leurs fines antennes.
    Ils voient si, par malheur, mes forces mnémoniques
    S’affaiblissent à leur tâche d’une patte incertaine.

    Ils connaissent à la lettre le mot qu’il faut chercher.
    Ils ronronnent au « oui-ja » pour être en vibration
    Afin de me transmettre l’endroit où va percher
    C’que raconte le chat par anticipation.

    Des chats extralucides aux chats divinatoires,
    J’en ai eu qui voyaient les fantômes approcher.
    Leurs oreilles translucides, pendules oscillatoires,
    Quand je me fourvoyais, m’auraient effarouchée.

    Au tarot, par exemple, il évite la mort,
    Il fait parler l’amour d’une carte opportune.
    Mais gare à sa queue ample, s’il grogne, griffe et mord ;
    Il n’a aucun humour quand il cherche fortune.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

  • Rouges confondus

    Rouges confondus

    Je suis un peu caméléonne dans un décor de l’air du temps
    Et j’aime arborer la couleur de la conjecture actuelle.
    Pour vivre heureuse, je m’illusionne et je me cache en adoptant,
    Selon la joie ou la douleur, une posture virtuelle.

    Dans les jours sombres, je m’enfuis dans la profondeur de la nuit ;
    Les jours de blues plutôt moroses, j’ouvre ma garde-robe rose ;
    Les jours de fête et de soleil, tous mes bijoux or et vermeil ;
    Et quand plus personne ne bouge, en douce je m’habille en rouge.

    Je disparais dans le décor mais je ne m’enfuis pas, je dors
    Pour que mes rêves se colorent de la dominante du temps.
    Tout doucement se fait l’accord harmonisé en rouge et or
    Et je me réveille à l’aurore d’un nouveau matin de printemps.

    Photo de Salustiano Garcia Cruz sur https:touchofcolorr.blogspot.com201907salustiano-garcia-cruz.html .

  • Rouges passions

    « Rouge » est au corps de l’animal ce que « Vert » est au végétal ;
    La couleur que renvoie la vie possède sa propre énergie.
    Si l’homme exprime encore du mal à accepter son lien fœtal,
    La femme, avec ou sans envie, y est liée en synergie.

    Entre les fleurs de la passion, roses rouges ou coquelicots,
    L’écarlate reste dominante auprès des grands confectionneurs.
    Les femmes l’aiment en compassion et le démontrent illico
    En revêtant de rougeoyantes toilettes tout à leur honneur.

    Photos de Salustiano Garcia Cruz sur https:touchofcolorr.blogspot.com201907salustiano-garcia-cruz.html .

  • La vérité sur Jeanne d’Arc

    La vérité sur Jeanne d’Arc

    Elle ne s’appelle pas « Jeanne d’Arc » mais « Johannette de Vouthon » ;
    En effet les filles se nomment comme leurs mères en ce temps-là.
    Bien qu’elle menât les bêtes au parc, elle ne gardait pas les moutons
    Et parce qu’elle s’habillait en homme elle fut condamnée et brûla.

    Sainte Marguerite d’Antioche et Catherine d’Alexandrie
    Lui auraient confié la mission de libérer le sol de France
    Des rosbifs – vraies têtes de pioche – puis mettre le roi amoindri
    Sur le trône dont la transmission jamais ne s’empare à outrance.

    Facile à dire mais quelle affaire ! Dite « Pucelle d’Orléans »,
    Elle devra réconcilier la maison royale des Valois
    Avec un sacré savoir-faire et des amis condoléants
    Mais hélas se fera griller par un Cauchon et des Anglos.

    (Tableau de Kittrose.
    Sources Quora pour la première strophe : https:fr.quora.comQue-conna%C3%AEt-on-r%C3%A9ellement-de-Jeanne-dArcanswerErnest-Foucault?ch=17&oid=225295657&share=49cb8edf&srid=hJ7fDb&target_type=answer .)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Déchirées

    Quelques souvenirs déchirés des albums photos égarés
    Reviennent d’une part en couleurs et d’autre part en noir et blanc
    Comme si le temps s’est étiré en traces fuchsia bigarrées
    Sur les pigments dont les douleurs les ont délavés en tremblant.

    Le temps agite l’écumoire dans les visages aux caractères
    Qui s’effaceront à leur tour comme du papier délavé
    Car plus je creuse ma mémoire et plus les images s’altèrent
    En fausses couleurs sans retour possible pour les révéler.

    Tableaux de Shiori Matsumoto.

  • Marie-Oiselle-Minuit

    Marie-Oiselle-Minuit

    Comment les oiseaux se reposent durant leurs longues migrations ?
    Ils détiennent l’équivalent de nos établissements de nuit.
    Les ailes fourbues, ils se posent au service réanimation
    D’une hôtellerie de talent : « Chez Marie-Oiselle-Minuit ».

    Pareil à notre Voie Lactée qui couvre la nuit de son voile,
    Ils réénergisent leurs ailes au feu, en se le partageant.
    Les volatiles décontractés s’alignent selon les étoiles
    En offrant à la demoiselle une étole aux reflets d’argent.

    À chaque saison recommencent les tournées d’oiseaux migrateurs
    Qui retrouvent leurs habitudes à l’hôtellerie de Marie
    Qui se passionne des romances de ces voyageurs séducteurs
    Qui connaissent les béatitudes à chaque fois qu’ils se marient.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Marie-Nuage-Rose

    Marie-Nuage-Rose

    Écrit à l’encre des cirrus sur la coupole bleu-azur,
    Mère-Nature correspond en lettres météorologiques.
    Simple message ou bien virus d’une écriture en démesure
    Doublé d’une plume qui répond sur ciel épistémologique ?

    C’est bien Marie-Nuage-Rose qui calligraphie ses amours
    En pleine nébulosité avec les oiseaux de passage.
    Pour les distraire d’un vol morose, elle leur annonce avec humour
    L’éventuelle curiosité qui mérite un petit message.

    Si Monsieur le vent rit souvent, Marie-Nuage-Rose pleure
    Chaque fois qu’un amant la trompe avec les nymphes de la nuit.
    Elle prend un air émouvant qui s’assombrit à la malheure
    Et puis grossit et tombe en trombe de larmes en gouttes de pluie.

    Tableau de Beth Conklin.

  • Pause au moulin rouge

    Secrets dans l’envers du décor dans les coulisses du Moulin Rouge
    Où le mystère est son trésor et la création, sa richesse.
    Là, on se prépare le corps, on se vêt, on s’affaire, on bouge,
    On met ses strass, on met ses ors et on s’ajuste à ras-les-fesses.

    Avoir donné de l’insouciance et offert de la joie de vivre
    Lui fatigue autant le sourire que les cuisses et les gambettes
    Il faut jouer de l’impatience du public radieux et ivre
    Et puis on entend les fous rires de noceurs et gens en goguette.

    Qu’il est loin le temps d’une fillette qui prenait des cours en cachette
    Et de danseuse débutante en chorégraphe est devenue.
    Allez ! On remet ses paillettes, on agite un peu les clochettes
    Avec les plumes envoûtantes autour de sa poitrine nue.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

  • L’été à bicyclette

    Au premier matin du solstice, déjeuner aux fraises des bois
    Et puis salade de saison selon les fleurs de la journée ;
    Pissenlit, violette et mélisse, belle récolte d’un bon poids,
    De l’ail des ours pour la maison, quelques asperges pour ma tournée.

    En pleine chaleur de juillet, petit-déjeuner aux framboises ;
    Les épis de blé sont fauchés, les champs sont tout ratiboisés.
    Quelques touffes à grappiller, un bouquet aux reflets turquoise
    Vite lié, vite ébauché par trois brins d’herbe entrecroisés.

    Dernier soir d’été révolu, goûter aux noisettes et aux mûres.
    Les colchiques sont dans les prés et les premières feuilles s’envolent
    Vers un automne dévolu à les porter dans un murmure
    Et l’ombre allongée des cyprès s’agiter, danseuses frivoles.

    Tableaux d’Igor Medvedev sur http:touchofcolorr.blogspot.com201511igor-medvedev.html .

  • La première dispute

    La première dispute

    Au premier pépin rencontré, une dispute a commencé
    Entre Adam et Ève punis, mis à la porte du Paradis.
    Le serpent leur a démontré que leur vie n’est pas romancée,
    Qu’ils sont désormais démunis et surtout n’ont pas un radis.

    Alors Ève s’est fait engueuler par un Adam contrarié
    Qui pensait qu’un malentendu n’entraînerait pas de sanction.
    Il l’a traitée d’écervelée de s’être fait charrier
    Pour l’attrait d’un fruit défendu malgré la Sainte interdiction.

    Alors Ève, pour se défendre, lui dit qu’il aurait dû rester
    Avec Lilith, qui l’en empêche, puisque c’était un coup de foudre ?
    Adam, lui ne veut rien entendre et continue à protester
    Contre son épouse pimbêche qui n’a pas inventé la poudre.

    Ève fulmine et lui rétorque qu’elle n’a pas inventé l’eau tiède
    Puisque privée de connaissance et dépourvue d’intelligence.
    Et s’ils se trouvent à la remorque à poil à demander de l’aide
    Elle, c’est pour désobéissance et lui, faute de négligence.

    Tout ça n’était qu’un piège à cons et Dieu les a mystifiés.
    Évidemment ! Sans expérience comment auraient-ils pu comprendre ?
    Comment, sans l’intellect fécond, voir ce que peut signifier
    Que le péché de clairvoyance est de ne pas se faire prendre.

    Tableau de Jan Bosschaert sur https:www.janbosschaert.befr-welkom.html .

  • Selon ce que vous ne sauriez voir

    Selon ce que vous ne sauriez voir

    D’après mon côté pessimiste, la planète crie « au secours ! »
    Et tout mon être reste sans voix devant l’étendue des blessures.
    D’après mon côté optimiste, l’amélioration serait en cours
    Car la vie trouve toujours la voie vers l’évolution la plus sûre.

    Je peux aussi fermer les yeux et avancer nue dans les rues
    En me disant qu’il n’y a personne pour regarder l’impondérable.
    D’ailleurs l’autruche fait beaucoup mieux en enfonçant, telle une charrue,
    La cervelle toute mollassonne de sa tête dans la terre arable.

    Faut-il voir les choses en noir ou bien observer les couleurs
    Du jour qui reviendra demain après l’obscurité du marbre ?
    Chacun est maître en son manoir ou dans son habit de douleurs ;
    Quant à moi, tant que j’ai deux mains, je peux aller planter un arbre.

    Tableau de Rafał Olbiński sur https:www.personalart.plrafal-olbinski?page=8 .

  • Marianne justement en réajustements

    Marianne justement en réajustements

    La droite un peu dominatrice et la gauche assez affaiblie,
    Marianne s’est pris un coup de fauche qui la laisse assez fatiguée.
    La campagne exterminatrice n’a, par le fait, rien rétabli ;
    La droite, le centre et la gauche sont complètement endigués.

    Mais si l’œil droit fait alliance avec la pommette un peu haute,
    L’œil gauche risque de s’allier avec le front rouge de l’Est.
    Hélas, le centre en défaillance ne convient plus, il est en faute
    Et, les cheveux en escaliers, Marianne a retourné sa veste.

    Ainsi la France défigurée n’attirera plus les touristes ;
    La politique a saboté les Français vus de l’étranger.
    Il faudrait reconfigurer une constitution futuriste
    Afin que retrouve sa beauté notre pays bien dérangé.

    Tableau de Scott Rohlfs sur www.distinctionart.comexhibitgallery_m.php?showID=131&fltr=prev .

  • En queue de Lune à la passion

    En queue de Lune à la passion

    Lundi avait bien commencé et la semaine s’écoulait
    Puis vendredi, sans queue ni tête sous la folie de la passion.
    Leur Lune de miel, bien romancée, les deux amoureux roucoulaient
    Et subitement, tout s’arrête et finit en queue de poisson.

    La sirène n’aime qu’une semaine ; le lundi elle pêche aux appas
    Elle ferre un marin, quelle aubaine ! Ils font l’amour, qu’est-ce que c’est bon !
    Comme elle préfère la chair humaine bien attendrie pour son repas
    Elle lui masse la bedaine et lui caresse le jambon.

    Et Vendredi, le vent en poupe, le marin connaît l’épectase ;
    Après toute une nuit d’orgasmes, il subit la petite mort.
    La sirène alors le découpe et ardemment tombe en extase
    En se cuisinant son fantasme : noix d’homme des Côtes-d’Armor.

    Tableau de David Delamare.

  • Poissonnes polissonnes

    Poissonnes polissonnes

    Quelques sirènes polissonnes – créatures à têtes poissonnes –
    Hantent le courant des rivières pour y placer leur souricière ;
    Elles traquent le marin d’eau douce ou éventuellement le mousse
    En agitant leur périnée au rythme des seins animés.

    Comme elles ont perdu la voix, elles leur font des gestes grivois.
    Les matelots, ces imbéciles, se laissent faire, tous dociles
    Et sur le malheureux noyé, elles font mine de s’apitoyer
    Mais la faim prenant le dessus, l’appétit n’en est point déçu.

    Chose curieuse, une remarque, elles s’entourent de monarques ;
    Ces papillons couleur orange pour une raison, ma foi, étrange.
    Sans doute pour attirer l’homme qui verrait un joli symptôme
    À suivre les ailes décorées pour mieux se faire dévorer.

    Tableau de Hannah Faith Yata sur https:hannahyata.com .

  • De naturelle beauté

    De naturelle beauté

    Adieu l’hiver décoloré par ses lavages à gelées blanches
    Et ses rinçages de pluies froides et ses essorages de bises !
    Adieu séchages subodorés soumis à un soleil qui flanche
    Devant la Lune aux rayons roides à l’étendage sur la banquise !

    Vive le printemps coloré qui nous enlève la grisaille
    Et la remplace de nuances dans toute une pharmacopée
    D’huiles essentielles élaborées de toutes sortes de broussailles,
    Fleurs de différentes fragrances, plantes et pétales découpés !

    Car les odeurs sont les couleurs de notre aromathérapie
    Qui déclenchent directement des avantages qui s’accumulent.
    L’effluve atténue les douleurs grâce à la phytothérapie
    Que la nature ouvertement prodigue à toutes nos cellules.

    Photo de Mikhail Shestakov sur https:genial.guruadmiracion-fotografiaseste-fotografo-investiga-en-sus-obras-la-belleza-natural-y-sus-fotos-ampliaran-tu-nocion-acerca-de-lo-hermoso-523010?utm_source=genial_web&utm_medium=article&utm_campaign=share_image&utm_content=pinterest_523010&image=13344260 .

  • Longs cheveux

    La descendance de Raiponce de nos jours est bien assurée
    Et j’ai plaisir à rencontrer ces magnifiques chevelures
    Qui donnent en guise de réponse une métaphore sursaturée
    De cheveux longs enchevêtrés qui lui dépeigne fière allure.

    Les filles issues des racines ascendantes aux cheveux très longs
    Naissent comme l’astre solaire dans une aurore inestimable ;
    Leurs toisons dorées s’hallucinent à la taille de leurs pantalons
    Et l’âge adulte leur accélère une crinière interminable.

    À l’âge où la Lune devient ronde, un halo teint la chevelure
    D’or et argent, d’ébène ou rousse selon les gènes hérités
    Dont la blondeur paraît féconde lorsque naît la progéniture
    Qui manifeste sur sa frimousse l’image de la vérité.

    Quinze centimètres par an me demanderaient trop longtemps
    Pour arborer telle tignasse et j’en serais bien intrépide !
    Mais, n’en déplaise à mes parents, j’en serais tellement content
    Que j’en appelle à Saint-Ignace pour une pousse plus rapide !

    Photos de Mikhail Shestakov sur https:genial.guruadmiracion-fotografiaseste-fotografo-investiga-en-sus-obras-la-belleza-natural-y-sus-fotos-ampliaran-tu-nocion-acerca-de-lo-hermoso-523010?utm_source=genial_web&utm_medium=article&utm_campaign=share_image&utm_content=pinterest_523010&image=13344260 .

  • Mme Minocervus

    Elle aurait eu la même mère – à moins que ce ne soit le père –
    Que son cousin le Minotaure, locataire d’un palais en Crète.
    Mais si l’on en croit les commères, les matelots et leurs compères,
    Ses aïeux seraient des centaures croisés par des biches discrètes.

    Madame Minocervus, elle-même, pratique la dragonologie,
    Une science spécialisée dans l’étude des libellules,
    De petits dragons qui essaiment aux alentours de son logis
    Et qu’elle a commercialisés au pied des Colonnes d’Hercule.

    Les dragonfly jouent aux espions sur le détroit de Gibraltar
    Et monnayent aux belligérants des renseignements stratégiques.
    Ils forment le réseau « Scipion » établi à Madagascar,
    L’œil sur les gangs proliférant sur la péninsule ibérique.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • M. Minotaure

    M. Minotaure

    Les vieilles ruelles de Crête forment un étrange labyrinthe
    Dont l’entrée, en trois coups de pédale, démarre sur la rue d’Icare.
    Certaines traboules secrètes dont les murs resserrent leurs étreintes
    Augmentent l’effet du dédale quand la lumière passe à l’écart.

    Sur la grand-place du Roi Minos – pour la trouver il faut un guide –
    Cherchez l’hôtellerie du Centaure réputée pour ses entremets.
    Priez le serveur albinos de vous séduire, d’un air candide,
    Et c’est le chef « le Minotaure » qui vous servira en fumée.

    Une Centauresse un peu fougueuse et un ancien Dieu Égyptien
    Ont mis au monde l’enfant chimère qui a déployé son renom.
    Après une jeunesse bourlingueuse, il est revenu chez les siens
    Ouvrir en l’honneur de sa mère l’auberge qui porte son nom.

    Tableau d’Alan Macdonald sur https:alanmacdonald.net .

  • Madame du Phénix

    Madame du Phénix

    Rendons au Phénix sa femelle qui demeure encore méconnue
    Car elle renaît, non pas des cendres, mais renaît de sa vapeur d’eau.
    Elle s’évapore pêle-mêle dans une alchimique cornue
    D’où elle commence à redescendre enveloppée dans un rideau.

    Elle en recouvre sa nudité comme une tunique pudique
    Et repart comme elle est venue dans un nuage phosphoré.
    S’il reste un peu d’humidité après son retour fatidique,
    Ce sont ses pensées malvenues qu’elle abandonne à la forêt.

    Si par hasard dans la clairière brûle un feu sans se consumer,
    Approchez-vous sans faire de bruit et observez le haut des flammes.
    Là, apparaît l’âme guerrière enveloppée dans la fumée
    Qui retombe en une fine pluie sous l’apparence d’une jeune femme.

    Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

  • La machine à répliquer

    « J’aurais besoin d’un volontaire… Voulez-vous bien, mademoiselle ? »
    Lui proposa le magicien malgré sa pusillanimité †.
    Alors la fille sans commentaire entra dans la cage à oiselle
    Laissant le psychophysicien lui guérir sa timidité.

    Aussitôt dit, aussitôt fait, la fille atteinte de logorrhée
    Tombe son masque de réserve pour revêtir l’habit d’hardiesse.
    Devant le monde stupéfait, elle se met à pérorer
    Devant tous les gens qui l’observent et qui la traitent de diablesse.

    (Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:www.kaifineart.comshiorimatsumoto .
    † La pusillanimité est un excès de timidité, une faiblesse de caractère ou un manque de courage.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Cœur d’oiseau

    Cœur d’oiseau

    Lorsqu’un jour le dieu des oiseaux m’a dit que j’avais survécu
    Cinquante années de solitude, enfermé dans ma cage humaine,
    Déconnecté de son réseau, j’étais pourtant fort convaincu
    De n’avoir vu qu’infinitude d’un seul jour d’une seule semaine.

    C’était sans cesse ce même jour qui déferlait dans ma cellule
    À répéter la même chose et de battre de tout mon saoul.
    Qu’il est étrange le séjour ! Qu’elle est amère la pilule
    D’accepter ma métamorphose en rossignol de quatre sous !

    Cependant j’ai brisé la glace car aujourd’hui je me dévoile
    Et montre qui je suis vraiment derrière le masque des yeux.
    Eh oui ! C’est mon âme à la place du cerveau ; mon petit cœur d’étoile
    Qui là vous gazouille gaiement ses petits poèmes sourcilleux.

    (Tableau de Shiori Matsumoto.
    « Lorsqu’un jour, le gardien m’a dit que j’étais là depuis cinq mois, je l’ai cru, mais je ne l’ai pas compris. Pour moi, c’était sans cesse le même jour qui déferlait dans ma cellule et la même tâche que je poursuivais. » Albert Camus – L’Étranger.)

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  • La machine à dupliquer

    Chez Madame Duplicata, sonnez deux fois ou même trois,
    Entrez donc dans le vestibule et patientez quelques secondes
    Pour l’analyse de vos datas, plus une minute de surcroît
    Pour l’examen de vos cellules et votre conscience féconde !

    Ouvrez la porte, vous êtes trois, peut-être quatre quelquefois,
    Car la machine à dupliquer contracte souvent le hoquet !
    Que chaque clone rentre chez soi – peut-être pas tous à la fois –
    Mais n’essayez pas d’expliquer comment cela s’est provoqué !

    Tableaux de Shiori Matsumoto sur https:www.kaifineart.comshiorimatsumoto .

  • Mosaïques sur lac

    Mosaïques sur lac

    Les hommes imitent la nature et reproduisent sa beauté
    Et leurs maisons au bord du lac en évoquent ses vaguelettes.
    Les bateaux trempent leurs mâtures sur les reflets caillebottés
    Par les flic-floc et les flic-flac de la surface en ondelettes.

    Le miroir renvoie son image et l’homme admire la réponse
    Que la nature fait à son œuvre qu’il croit sortie de Jupiter.
    L’artiste n’y voit qu’un mirage qu’il peint dans des couleurs absconses
    Qui font ravaler la couleuvre à tous leurs fiers commanditaires.

    La mosaïque est tremblotante et ses tesselles plutôt liquides
    Mais j’aime observer l’art sauvage de l’éclat du projectionniste.
    Le lac à la vision flottante me donne une image candide
    Du ciel et de son entourage en un tableau impressionniste.

    Tableau « Malcesine am Gardasee » de Gustav Klimt.

  • Saintes-Maries-de-la-Mer-de-Lavande

    Saintes-Maries-de-la-Mer-de-Lavande

    Dans l’ultra-bleu presque violet, au bord de la mer de lavande,
    Je baigne ma mélancolie qui se dissout dans les tunnels
    Pareils aux vagues inviolées selon les anciennes légendes
    Où les sirènes en folie chantaient en plissant leurs prunelles.

    Dans les infrasons perceptibles qui montent des terres fertiles,
    Je murmure mes bleus de l’âme qui sont diffusés par l’écho
    Qui se propage irréductible comme un infime projectile
    Et se mélange aux oriflammes des plants violines ombilicaux.

    Les Saintes-Maries-de-la-Mer bercent mon cœur entre ses lignes
    Qui se rejoignent à l’infini de l’église au clocher azur
    Qui s’assombrit dans l’outremer lorsqu’au soir les rangées s’alignent
    Et fondent en catimini dans l’ombre au fur et à mesure.

    Tableau de Vincent van Gogh.

  • La force de la farce

    « La force terrassant le lion » est devenu assez banal…
    De nos jours il faut innover si je veux m’faire distinguer.
    Afin de vous damer le pion et déclencher un bacchanal,
    Je m’en vais vous la rénover et même l’envoyer valdinguer.

    Je sais mater le crocodile, le caïman, l’alligator,
    Tous ces sauriens terrifiants en les pliant en portefeuille.
    Et je veux devenir l’idylle de l’affrontement au corps à corps
    S’il le faut en diversifiant sous réserve que mon rival le veuille.

    Le cachalot et la baleine, l’orque, le requin et le phoque
    Avec moi ne font pas un pli face à une véritable garce.
    Je les combats à perdre haleine, presqu’à chaque fois je suffoque,
    Mais après le devoir accompli, l’adversaire apprécie ma farce.

    Tableaux de Bruno Pontiroli sur https:theinspirationgrid.comsurreal-bizarre-animal-paintings-by-bruno-pontiroli .

  • Les filles sauvages

    Mûres & Framboise
    La fille sauvage s’apprivoise par un régime de fruits rouges ;
    Cerises pour la fine bouche, le corps aux mûres adulé ;
    Mamelons, parfum de framboise, durcis aux graines de carouges
    Et longues jambes qui débouchent sur son bonbon acidulé.

    Fraise & Pèche
    Lorsqu’elle ramène sa fraise, il est temps que je me dépêche
    À lui fournir à satiété de quoi faire rougir sa rose.
    En remontant son corps de braise et caressant sa peau de pèche,
    L’amour efface toute anxiété et l’orgasme tait sa névrose.

    Cassis & Chocolat
    Nous ne faisons l’amour qu’assis dans son lit-bateau écarlate
    Qui a l’habitude de se replier en quatre pour me satisfaire.
    Après quelques acrobaties, à la fin je la chocolate
    Pour qu’elle daigne me supplier de lécher tous ses hémisphères.

    Tableaux de Il Pistrice alias Francesca Protopapa sur https:www.boumbang.comil-pistrice .

  • Les deux mondes

    Une partie de la planète vit de rituels ancestraux
    L’autre partie a transformé son monde en tendance à la mode.
    Une partie tient les manettes avec des moyens magistraux
    L’autre partie n’est informée que de ce dont elle s’accommode.

    Ceux qui sont nés en occident et préformatés par l’argent
    Sont dans la chaîne économique, esclaves ou maîtres, ça dépend.
    Ceux qui sont nés par accident parmi les pays émergeants
    Vivent en nombre astronomique et sont condamnés aux dépens.

    Mais ce qui est vrai pour le monde l’est tout autant dans le pays
    Et ceux de la France d’en Haut ignorent la France d’en bas.
    La répartition semble immonde mais personne n’en semble ébahi
    Du moins ceux qui vivent au château, qui mangent et qui font la nouba.

    Et même chaque individu peut naître en bas, grimper en haut
    Et redescendre à mi-hauteur ou complètement dans son trou.
    Mais il serait inattendu que quelqu’un né à Monaco
    Aspire au rêve psychomoteur de se retrouver sans un sou.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Châteaux de cartes sur la plage publique

    Chaque loi et chaque réforme déposées sur leurs précédentes
    S’élèvent comme un château de cartes qui forme le code civil
    Bâti sur un terrain conforme face à la marée ascendante
    Et dont les fondations s’écartent malgré leurs alliances serviles.

    La démocratie sur le sable diffus de la plage publique
    N’offre pas de support solide quoi que l’on fasse, vaille que vaille.
    Les remaniements trop instables érigés sous la république
    Ressemblent aux soldats invalides après la fin d’une bataille.

    Tableaux de Kevin Sloan.

  • La première fois

    La première fois

    Une petite touche de frayeur qui lui enlaidit le visage,
    Un tout petit soupçon d’horreur qui lui donne le teint verdâtre.
    Mais pour le pire et le meilleur, elle va apprendre à faire usage
    De cet organe dévoreur et l’appétit de son bellâtre.

    Gare aux serpents, aux araignées, aux sorcières et aux fantômes ;
    L’appréhension serait inscrite au cœur du cerveau reptilien.
    Son esprit en est imprégné et lorsqu’elle découvre l’homme
    Elle voit que la chose décrite lui fait d’l’effet machiavélien.

    Ainsi la marque de stupeur est comme une reconnaissance
    Qui sert à susciter l’envie d’aller affronter l’inconnu l’incroyable
    Alors finalement la peur au regard de la turgescence
    Lui fera vite changer d’avis sur l’expérience inoubliable.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Première mode, le retour

    Première mode, le retour

    Avec la mode minimaliste qui règne sur le prêt-à-porter
    Et la mode au biologique qui nous fera toujours marcher,
    Nul doute que les grands stylistes vont tôt ou tard nous apporter
    Une tenue écologique simple, pratique et bon marché.

    J’attends fébrilement le retour du port de la feuille de vigne
    Mais que nous placerons ailleurs puisque qu’il faut vivre avec son temps.
    Mon cœur démarre au quart de tour au regard de ces curvilignes
    Nippes végétales que les tailleurs raccourciront tous les printemps.

    Au fait, pourquoi pas une rose qui rappellerait le paradis
    Pour qu’enfin les hommes en résolvent tout le mystère ébouriffé ?
    Seule ombre au tableau, la névrose, la folie et la maladie
    Quand vient la période des soldes où les fringues sont dégriffées.

    Photo de Mikhail Shestakov sur https:500px.compshestakovm?view=photos .

  • Mère nature

    Mère Nature, tu as raison de montrer ta féminité,
    Ce lien qui relie ton enfant après l’avoir tant attendu.
    Terre nourricière, tu es la maison où vit pourtant l’humanité
    Qui réplique en t’apostrophant lorsqu’elle voit un sein tendu.

    Mère Nature, tu es maligne et tu sais que la vie s’écoule
    Des origines indescriptibles soient animales et végétales.
    En outre tes filles soulignent de quelles racines elles découlent
    Par le pouvoir reproductible de l’activité génitale.

    Mère Nature, tu es fidèle et tu renaîtras de tes cendres
    Même si les hommes détruisent ce que tu as bâti de tes mains.
    Et si tu changes de modèle, tu sauras choisir le plus tendre
    Afin que la femme construise un nouvel espoir pour demain.

    Photo de Tina Modotti ; illustration de Philip Smeeton.

  • Baiser mortel

    Baiser mortel

    Rechercher la petite mort en pratiquant l’amour intense
    C’est chercher sa raison de vivre dans le plus profond de l’extase.
    Il existe des matamores prêts à prouver leurs compétences
    Et encrer leurs noms dans les livres qui se rapportent à l’épectase.

    Suivez le conseil des pêcheurs qui comptent un grand nombre de bravaches
    Qui échangent leurs vies à Neptune pour une vierge crapuleuse.
    Certains ne sont que des tricheurs qui quittent le plancher des vaches
    Et courent la bonne fortune pour une pêche miraculeuse.

    Dès le premier baiser mortel, il est ferré, le mâle est pris !
    Le venin de concupiscence le contamine de fantasmes.
    Le cœur s’emballe et le martèle, puis le cerveau du malappris
    Connaît l’ultime sublimissence de subir la mort par l’orgasme.

    Tableau de Gustav Wertheimer.

  • Les Gaïaelles

    Vénus n’a pas son vendredi dans la semaine germanique
    Mais Freya, déesse de l’amour et Frigg, déesse du mariage,
    Dont la parité contredit que les femmes sont plus dynamiques
    Et qu’il fallut qu’il y eût un jour pour sacrer leur appariage.

    Car l’une est reine des forêts tandis que l’autre règne en mer
    Et, selon l’antique coutume, vous ne les verrez jamais ensemble.
    Sauf pour les marins décorés lors d’une bataille éphémère
    Qui ont su, à titre posthume, en découvrir le contre-exemple.

    (Tableaux de Tomasz Alen Kopera sur https:aphrodisiacart.tumblr.compost185847459108tomasz-alen-kopera .
    Les descendants de Gaïa sont très nombreux. Sa descendance compte des divinités primordiales, des Titans, des Géants, des divinités marines et agrestes, des divinités mineures, diverses créatures (monstres et animaux), des rois et des peuples.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Derrière le rideau d’eau

    Derrière le rideau d’eau

    Jusqu’à présent, elles vivaient nues mais à force de se faire méprendre,
    Elles préfèrent se cacher sous des rideaux d’eau en cascades.
    Que donc sont-elles devenues, ces nymphes faciles à surprendre ?
    Hélas elles se sont détachées de ce monde de mascarade !

    Sans doute existe-t-il encore une dernière chute d’eau
    Où vit la dernière créature, gardienne aujourd’hui retraitée,
    Qui nous observerait le corps ruisselant de gerbes sur le dos
    Pleurant l’homme qui dénature ce qui lui a été prêté.

    Recherche-t-elle son héros ? Le dernier héritier de dieux
    Qui serait préservé comme elle contre la folie décadente ?
    Ils repartiraient de zéro comme un nouveau couple insidieux
    De renoncer au pêle-mêle de la société précédente.

    Tableau de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

  • Ma tête à couper

    Ma tête à couper que notre Ève, pareille à Madame Newton,
    A dû tester le poids du fruit scrupuleusement, sans surprise.
    Elle a recommencé sans trêve son expérience monotone,
    Puis a accepté l’usufruit de la connaissance promise.

    Ma tête à couper qu’abusée d’avoir été prise pour une pomme
    Elle s’en est tellement voulu qu’elle a souhaité qu’on la remplace.
    Dieu a dû quand même s’amuser car il avait prédit à l’homme
    Que sa femme était dévolue à faire les conneries à sa place.

    Tableaux de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

  • Concurrence sans vergogne

    Concurrence sans vergogne

    Tout à l’instar de la cigogne, la messagère des naissances,
    Un oiseau transporte mon âme quand j’ai terminé ma carrière.
    Mon essence nue, sans vergogne, retournera sans connaissance
    Car l’oubli que mon cœur réclame est son implacable prière.

    Là, s’éparpillent mes souvenirs dans l’air au fur et à mesure
    Que se déroule la pellicule du film de ma vie passée.
    Je n’ai plus besoin d’avenir, je n’ai plus à craindre l’usure
    Du temps devenu ridicule maintenant que j’ai trépassé.

    Dans le cocon du tombereau, je n’ai déjà plus de mémoire ;
    Je rejoins le cœur des étoiles où l’oiseau va me déposer
    Adieu mon joli passereau qui disparaît dans la nuit noire,
    Bonjour à qui m’ôte le voile de mon passé décomposé !

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • L’arnacœur de papier

    Séduire la première femme a demandé beaucoup de temps
    Et Lucifer n’a eu de cesse d’inventer mille stratagèmes.
    Quelques petits leurres infâmes pour imiter en souffletant
    Des sous-produits d’une bassesse telle qui jette l’anathème.

    Sans doute pas très convaincant, il a dû adapter son tir
    Et contrefaire tout le bestiaire dont la femme avait l’usufruit.
    Au final, l’ange délinquant préféra plutôt lui mentir
    Usant de senteurs forestières dont l’arbre lui offrait le fruit.

    Tableaux de Steven Kenny sur https:www.kaifineart.comstevenkenny?m=1 .

  • Quel est l’âge de la Reine ?

    Quel est l’âge de la Reine ?

    Pour se chercher un cavalier, elle ne s’habille que d’échiquiers ;
    Il en vint un des terres rares, c’était un chevalier cathare.
    Son âge est un carré de huit mais ne le dites pas tout de suite ;
    Son âge est un cube de quatre mais n’en faites pas tout un théâtre.

    Dans les Pyrénées-Atlantiques, elle naquit de lignée authentique ;
    Son père s’appelait « Gadolinium », c’était le roi de l’aluminium ;
    Sa mère s’appelait « Lanthanides », c’était la reine des pyramides ;
    Troie, Foix, Sète et Charente-Troyes vous donnent son âge, je crois.

    Elle chante « When I’m sixty-four… » a capella et sans effort
    Car elle aimait bien les Beatles et possédait tous leurs singles.
    Quand elle dit son âge, elle triche en répondant « Vierundsechzig » †
    Ce qui ne fait pas quarante-six même au pays de la saucisse.

    (Tableau de Andrius Kovelinas.
    † se prononce firountsexich et signifie 4 et 60 car les Allemands inversent les dizaines et les unités.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La chasse en eaux troubles

    Au matin, quand je me réveille, j’oscille entre deux sentiments ;
    Mon réveil est-il authentique ou tient-il plutôt du miracle ?
    Qui sait ? Au pays des merveilles aurais-je été bien gentiment
    Invité par la fantastique sororité des trois oracles ?

    Jouant de moi comme un ballon, elles m’auraient mis au défi
    De me lever me retenant sans me montrer à découvert.
    Et moi, frappant de mes talons, dans l’effroi qui me pétrifie
    Je brandis de tous mes tenants jusqu’à mon dernier rayon vert.

    Après la nuit m’a englouti et le feu de mon âme éteinte
    Fut recueilli par les trois sœurs pour leur élixir de jouvence.
    Voilà où j’aurais abouti si, la fin de ma vie atteinte,
    Je n’avais pas de défenseur pour assurer ma survivance.

    Le saviez-vous ? Dans tous les rêves, l’ange gardien reste à l’affût
    Pour sauver de ses cauchemars celui qui se montre intrépide ;
    Plus la fin de vie paraît brève parmi les songes les plus confus,
    Plus l’ange fait un tintamarre tel que le réveil en trépide.

    Tableaux de Arthur Prince Spear et de Pennie McCracken.

  • Mode solaire, mode lunaire

    Mode solaire, mode lunaire

    Printemps-été, automne hiver et la Nature rythme sa mode ;
    Soleil levant, phases de Lune, la parent des plus beaux bijoux.
    Au cœur de la nuit, l’Univers baise sa joue aux antipodes ;
    Au cœur du jour, vient l’opportune lumière qui caresse l’autre joue.

    Selon les rendez-vous stellaires, les solstices et les équinoxes,
    La Terre marie ses couleurs argent et or ou Lune rousse.
    Sous les feux d’éruptions solaires, voyez l’étrange paradoxe
    D’un grand Soleil, tout en chaleur et la Nature qui se trémousse.

    La planète en mode carbone nous fait soupçonner les saisons
    De s’échanger leurs accessoires en courants froids et courants chauds.
    Le ciel de nuages se charbonne, après s’éclaircit sans raison,
    Puis s’ouvre comme une passoire et la météo fait son show.

    Tableau de Mariana Palova.

  • Le baptême d’eau-de-feu

    Toute sorcière ne naît pas bonne ou malfaisante forcément ;
    Cela ne dépend pas des gènes mais du cœur qui bat en veilleuse.
    Selon le baptême en automne, l’âme prendra intensément
    Comme un feu nourri d’oxygène ou une source merveilleuse.

    Sorcière à chevelure ardente, de nature extériorisée,
    S’amusera à nos dépends à se montrer disgracieuse ;
    Sorcière aux mèches débordantes, de nature intériorisée,
    Déjouera tous les guet-apens de sa consœur licencieuse

    Tableau d’Anato Finnstark sur https:anto-finnstark.artstation.com .

  • Sainte-Marie-des-Bois

    Sainte-Marie-des-Bois

    Cèdre parmi les conifères, je vivais d’amours et d’eaux fraîches
    Prodiguées au fil des semaines par la nature généreuse.
    Lassée de ma vie florifère, le cœur fou, la tête revêche,
    J’adoptai une forme humaine sur un coup de sève aventureuse.

    Au début, je restai de marbre, n’osant pas avancer d’un pas
    Et d’écrabouiller par mégarde le petit peuple des forêts.
    Hélas, j’étais encore un arbre qui ne se préoccupe pas
    D’écouter ceux que je regarde avec mon air de mijaurée.

    Mais voilà ! Par curiosité je me suis penchée vers ces gens
    Qui m’ont pris pour une déesse de divinité forestière.
    J’en goûte la religiosité mais ce n’est pas encourageant
    Car je ne sais quelles prouesses vont-ils me quêter en prière !

    Tableau d’Edward Robert Hughes.

  • J’en parle à mes papillons

    J’en parle à mes papillons

    Lorsque les oreilles se ferment, c’est qu’elles ne veulent pas entendre
    Ou qu’elles ne sont pas disposées à capter toute mon attention
    Comment faire pousser le germe de la manière la plus tendre
    Qui saura les prédisposer à mes meilleures intentions ?

    J’use de termes guillerets, légers comme des papillons
    Qui porteront comme une plume mes phrases en lettres déliées.
    L’œil s’ouvre avec un intérêt moins soupçonneux, moins tatillon
    Et c’est à tout petit volume que je fais tomber ses piliers.

    Ainsi je parle papillon mais juste de bouche à oreille ;
    Mes phrases sont de mots légers et de lettres aux petites ailes
    Qui entrent dans le pavillon de l’endormi(e) qui se réveille
    De son rêve désagrégé en angora de filoselle.

    Tableau de Moony Khoa Le alias Moonywolf sur http:sweetdreamsart.centerblog.netrub-moony-khoa-le-also-known-as-moonywolf–2.html .

  • Les auras métaphysiques

    Condensation
    L’âme est gazeuse, évaporée de l’esprit en ébullition,
    Quand il se fait condensateur entre la Terre, Dieu et lui-même,
    Comme un nuage phosphoré qui se nourrit d’imbibition
    Par un soleil compensateur qui vaporise ses dilemmes.

    Liquéfaction
    L’âme se répand tout autour du cœur soumis à la passion
    Tandis que les feux de l’amour consument le corps dans son poêle
    Dont la fumée fait des contours, volutes et circonvolutions
    En cercles de plus en plus lourds qui remontent à rebrousse-poil.

    Sublimation
    L’âme sort de la matière grise sous la forme de vapeur d’eau
    Quand les neurones sont à la masse et court-circuitent le cerveau.
    Puis la conscience lâche prise et laisse tomber son fardeau ;
    Un ange passe et le ramasse et tout se remet à niveau.

    Tableaux d’Agostino Arrivabene sur https:shewalkssoftly.com20140719agostino-arrivabene .