Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Avant l’orage

    Mes petits « moi » pèsent trop lourds et chacun veut faire à son tour
    Ce qui lui plaît dans le moment et tous ensemble, évidemment !
    Au matin, je me sens balourd lorsqu’ils me tournent tout autour
    De la tête sans savoir comment m’en dégager rapidement.

    Et quand éclatent les litiges, ces imposteurs à ma décharge
    S’emparent du commandement et me font exploser de rage.
    Les noms d’oiseaux font la voltige tandis que la pression monte en charge
    Mais contre tout entendement, il faut laisser crever l’orage.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Morceaux choisis

    Morceaux choisis

    Serais-je cette mosaïque de cellules communautaires,
    Serais-je cette société d’organes en collectivité,
    Dont l’obligation prosaïque oblige mon corps tributaire
    Dont le concours à satiété nourrit ma subjectivité ?

    Prenez tous un morceau de moi, qui une main, qui une bouche.
    Mon cœur, je l’ai déjà donné mais j’ai la malle à souvenirs
    Pleine de mes premiers émois lorsqu’il a fallu que je couche
    Pour des amours désordonnées que je n’ai pas su voir venir.

    J’ai la mémoire en bouillon cubes de cultures qui ont trop bouilli
    Mais n’ont perdu ni leur saveur, ni leur p’tit goût de reviens-y.
    Et pour le reste, entre les tubes et les tuyaux c’est un fouillis
    Mais faites-moi donc la faveur de vous en régaler ainsi.

    Tableau de Scott Rohlfs.

  • L’école des voleurs – 2

    Chacun sa méthode de vol ; il n’y a qu’ le résultat qui compte !
    Bien utiliser ses ressources et chercher des vents ascendants.
    Soit négocier son envol quand les secondes se décomptent,
    Soit trouver de meilleures sources et des courants plus abondants.

    Voler plus haut, voler plus gros demandent beaucoup d’énergie ;
    Avoir l’esprit compétiteur et essentiellement pragmatique ;
    Mettre les moyens intégraux de tout le monde en synergie
    Et mentir sur les profiteurs des lois de l’aéronautique.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Trompette d’or

    Trompette d’or

    Mon chemin monte depuis l’enfance et j’en pensais voir le sommet
    Mais il s’éloigne à l’horizon à chaque étape de ma vie.
    Pente douce à l’adolescence, puis raide dès que je commets
    L’erreur d’sortir de ma prison d’un coup d’audace inassouvie.

    Après c’est le cercle infernal du travail et du rendement
    Et je suis rivé sur les rails d’une attraction où je gravite.
    Le parcours devient machinal, j’obéis aux commandements
    Et le cœur bat dans le poitrail plus fort et de plus en plus vite.

    Alors j’ai sorti ma trompette, une corne d’or de détresse,
    Et j’ai soufflé pour mon salut quel qu’en soit le prix à payer.
    S’est levée une grande tempête qui m’a projeté loin du stress
    Et mon circuit s’est dissolu sur la voie des gens réveillés.

    Illustration d’Anna Octavianovna.

  • L’école des voleurs – 1

    Un jour, il faut quitter le nid et affronter la peur du vide ;
    Assurer sa propre survie en volant de ses propres ailes.
    Mais la nature est un génie qui t’a donné un cœur avide
    De convoler toute ta vie accompagné de ton oiselle.

    Bien sûr, aujourd’hui le progrès a changé la régulation
    De l’état et l’économie – qu’il ne suffit plus de voler.
    Les hommes ont atteint le degré de la super population
    Et ne vivent en autonomie que ceux qui peuvent nous survoler.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Leçon de vol

    Qu’on soit à poil, qu’on soit à plumes, que l’on soit une femme ou un homme,
    On aimerait tous s’envoler et jouer la fille de l’air.
    La question n’est pas du volume mais de la pesanteur en somme
    Qui devra faire décoller bien haut sa croupe populaire.

    La gravité fera pointer tous les organes vers le bas
    Les seins pencheront de l’avant, fesses et pénis vers l’arrière.
    Une combinaison ajointée, costume-trois-pièces ou djellaba
    Seraient le détail aggravant qui pourraient briser la carrière.

    Alors pour s’envoyer en l’air, rien ne vaut un beau lit de plumes !
    Un beau garçon, une jolie fille, quoi qu’il en soit circonstanciels.
    Dans une position similaire à celle du poulet qu’on déplume,
    Coq en rut, poule qui sautille, partis pour le septième ciel.

    Photo de Marianna Rothen sur https:designobserver.comfeaturemarianna-rothen38954?utm_source=twitter&utm_medium=twitter et de Jean Dieuzaide.

  • Une blanche et trois noires

    Une blanche et trois noires

    Le musicien reste de marbre apparemment à l’auditoire
    De trois oiseaux noirs suraiguës et une oiselle sans entrave.
    Pour jouer la mélodie de l’arbre, les notes sont rédhibitoires
    Car les corbeaux trillent les aiguës et la colombe chante les graves.

    L’instrument, de ses propres branches sacrifiées pour la musique,
    Résonne d’une âme féconde accordée aux piafs concertistes.
    Tous les mélomanes qu’ils branchent accourent ouïr la liturgique
    Ballade de la forêt profonde avec ses millions de choristes.

    Car la litanie enchantée calme l’ensemble des prédateurs,
    Les ours, les loups, lynx, sangliers, même les hiboux sur leurs mâtures.
    Elle aide les biches à enfanter grâce au tempo pondérateur
    Dont les fréquences sont liées au pouls de la Mère Nature.

    Illustration de JRSlattum.

  • Quel est le peintre de mes rêves ?

    Quel est le peintre de mes rêves ?

    Combien de fois ai-je arpenté l’escalier des vagues turquoise
    Qui mène derrière l’horizon là où naissent les légendes kurdes,
    Dans ce décor parementé de nébulosités narquoises
    Qu’un peintre a, sans autre raison, mélangées dans un rêve absurde ?

    La Pleine Lune évidemment et ses orages magnétiques
    Qui viennent inciter les étoiles à briller comme des soleils
    Et danser dans le firmament de ce fond de ciel hypnotique
    Qu’un peintre a brossé sur la toile de l’univers de mon sommeil.

    Mais quel est ce peintre lubrique qui peint ces décors enchantés
    Où ma nudité s’insinue comme un pinceau émancipé ?
    Sans doute un rêveur excentrique qui m’invite à me transplanter
    Dans ce paradis inconnu et me prie d’y participer.

    Tableau de Tuco Amalfi.

  • Les poissons rouges

    Elle ne mange ni poisson ni crustacé, c’est trop malsain !
    Elle ne prend, comme boisson, que l’eau pure de son bassin.
    Un bassin construit par son père à l’ombre d’un saule pleureur
    Dont le faîte au soleil espère capter son feu en éclaireur.

    Elle l’a transformé en lit, un lit rond comme un aquarium
    Pour noyer sa mélancolie délayée dans son vivarium.
    Elle y dort dès la nuit tombée par-dessous la voute stellaire
    Et s’y laisse aller succomber aux rayons du halo lunaire.

    Comme une Belle-au-Bois-Dormant, elle s’est endormie pour longtemps
    Attendant un Prince Charmant entre quatorze et vingt printemps
    Qui lui fera du bouche-à-bouche en descendant vers le pubis,
    Puis la conduira de sa couche au grand Royaume des Abysses.

    Tableaux de Fernando Vicente.

  • Vacances 2022

    Dans l’esprit de l’homme moderne, la mode des loisirs progresse ;
    Pour chanter, danser tout l’été, il travaille toute l’année.
    L’hiver, il s’engraisse, il hiberne, puis au printemps, à bas la graisse,
    Changement de réalité et vivent les belles peaux tannées !

    Toujours plus haut sur les sommets, cap sur les montagnes enneigées,
    Faire du ski sur les glaciers ou s’éclater en randonnées !
    Des activités consommées pour éviter de gamberger
    Au temps de travail disgracié mais s’amuser, s’abandonner !

    Partout autour de la planète vont les tsunamis de touristes
    Rechercher les émotions fortes et tout ce qui les met en transe.
    Et puis l’on compte les cannettes, les déchets de plus en plus tristes
    Que tous les océans transportent comme souvenirs de vacances.

    Illustrations de Blachon.

  • Les belles vacances

    Ah, combien de jolies vacances, je passerai après ma mort
    Avec ces déesses de beauté promises en fin de mon contrat !
    J’ai pris l’option « extravagance » que j’ai souscrite sans remords
    Avant de venir ballotter dans les entrailles de mon mantra.

    Mais pour l’égalité des sexes, je viendrai avec des copains ;
    Tous à poil et bien équipés pour satisfaire les désirs.
    Elles nous choisirons sans complexe – la balle étant dans leur lopin –
    Et ces houris émancipées deviendront anges de plaisir.

    Photos de Marianna Rothen sur https:designobserver.comfeaturemarianna-rothen38954?utm_source=twitter&utm_medium=twitter .

  • Trop grande et trop petite

    Trop grande et trop petite

    Trop grande pour moi, ma planète est devenue toute petite ;
    Ses limites incommensurables sont désormais outrepassées.
    Trop vaste pour moi, l’internet est l’évolution contredite
    Par les commerces équitables qui sont à jamais menacés.

    Trop vaste pour moi, l’océan est devenu une poubelle
    Où tout l’inutile s’entasse une fois qu’on l’a consommé.
    Tout le ciel pur et bienséant porte une pollution rebelle
    Qui détruit la faune fugace et la flore bientôt consumée.

    Tout mon petit confort moderne, mes gadgets et mes machins-chouettes,
    Laissent à la Terre des séquelles d’irréversibles désillusions.
    Le progrès n’est qu’une lanterne, un simple miroir aux alouettes
    Qui scie la branche sur laquelle j’ai bâti un monde d’illusion

    Illustration d’Aitch sur https:www.behance.netgallery15369571The-Imaginary-Life-of .

  • Le cauchemar armoricain

    Quand les gaulois furent envahis par les latinos-militaires
    Offrant la civilisation, l’architecture et le latin,
    Ceux qui ne furent pas ébahis se mirent ensemble et résistèrent
    Contre la romaine invasion en l’affrontant soir et matin.

    Quand les gaulois furent matés par les germains dont la prestance
    Poussait l’ordre et l’obéissance par la discipline et la force
    Ceux qui ne furent pas formatés entrèrent alors en résistance
    Pour lutter contre la puissance de l’extermination retorse.

    Quand les gaulois furent immergés par la culture étasunienne
    Portant le rêve américain, le dollar et la providence,
    Ceux qui ne furent pas submergés par la gestion amazonienne
    Restèrent au sol armoricain, au sud-ouest ou en Provence.

    Demain les gaulois survivants resteront seuls à conserver
    Les traditions et leurs cultures qu’ils transmettront à leurs enfants
    Tandis que tous les morts-vivants qui n’ont pas su se préserver
    Ensemenceront la Nature au cimetière des éléphants.

    Tableaux de Mona Edulesco.

  • N’apprend pas à pêcher au vieux poisson

    N’apprend pas à pêcher au vieux poisson

    Ce n’est pas à un vieux poisson qu’on fait le coup de l’hameçon.
    Lui qui a vu passer toute sa vie les vers de toutes ses envies
    Mais qui a su les ignorer car il paraissait timoré
    Devant le fatal traquenard doublé d’un létal cauchemar.

    Or si tout ce qui tombe du ciel est béni, sacré, essentiel,
    Méfions-nous des bonnes aubaines qui tombent d’un camion-benne
    Car celui qui veut t’appâter pour te transformer en pâtée,
    T’offriras tout ce que tu veux et tu y perdras tes cheveux.

    Si la nuit tous les chats sont gris, les poissons gardent leur sang froid
    Et quand on leur envoie un leurre, ils en voient de toutes les couleurs.
    Alors les pêcheurs forts aigris rentrent bredouilles avec effroi
    Et nous les verrons tout à l’heure se plaindre comme souffre-douleurs.

    Tableau de Dan Craig sur https:www.ba-reps.comillustratorsdan-craiganimals .

  • Dans quel sens, le courant ?

    Dans quel sens, le courant ?

    Faut-il que je suive les verts, les bleus, les rouges, les transparents
    Ou encore les poissons d’argent ou les cuivrés ou les dorés ?
    Je peux aussi suivre à l’envers le cours d’eau à contre-courant
    Où hisser une voile partageant le sens du vent subodoré.

    Ma vie a perdu tout son sens depuis que j’ai quitté ma maison
    Et plutôt que suivre un poisson autant me laisser dériver
    Dans le flot de l’omniprésence du temps qui file sans raison
    Mais qui me permet la moisson de tout ce qui peut m’arriver.

    J’ai déjà suivi des études que j’ai également poursuivies ;
    J’ai suivi deux lièvres à la fois mais me suis casée, désormais ;
    J’ai navigué en solitude, puis dans ma vie qui s’ensuivit.
    Quant à trouver la bonne voie ? je crois que je ne le saurai jamais !

    Tableau de Beth Conklin.

  • Fleurs bleues de solitude

    Fleurs bleues de solitude

    Les fleurs bleues de béatitudes m’entraînent à la dualité
    Qui fait choir un rideau de nuit sur mon corps nu comme le jour.
    Ainsi je trompe ma solitude selon toute éventualité ;
    Soit je m’amuse, soit je m’ennuie, soit je ris, soit je fais l’amour.

    Inspire-moi, fleur bleue de droite, mon cœur est un peu timoré !
    Insuffle-moi, fleur bleue de gauche, mon esprit reste un peu balourd !
    Parfois les fleurs sont maladroites et je ne puis que les ignorer,
    Parfois elles provoquent l’ébauche d’une caresse de velours.

    Les fleurs m’invitent à partager leurs petits secrets anodins
    Comme si nous étions regroupées autour d’un banquet, d’un festin.
    Ça papote dans le potager, ça babille au fond du jardin,
    Chacune des plantes attroupées me conseille sur mon destin.

    Tableau de Melchior Lechter.

  • Les enfants papillons

    Depuis les enfants indigo, la couleur change à tire-d’aile ;
    Les gènes étrangers se rassemblent et les mutations s’épanouissent.
    Ils naissent à tire-larigot comme une arrivée d’hirondelles
    Dont les frimousses se ressemblent lorsqu’ils rient et nous éblouissent.

    Sans doute l’effet papillon qui d’ailleurs a battu de l’aile,
    Sans doute les affrontements qui ont entraîné leurs parents.
    Quoi qu’il en soit, les tourbillons de la planète en parallèle,
    Tempêtes et réchauffement, ne sont qu’un symptôme apparent.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • La belle et les bytes

    La belle et les bytes

    IOIO, la femme chimérique se montre souvent bipolaire ;
    Selon l’heure de la journée se modifie son caractère.
    Sur son visage en numérique, apparaît soudain sa colère
    Dès que le soleil s’est tourné de l’autre côté de la Terre.

    Quand vient la nuit, pleine et lunaire avec son halo en zéro,
    La pleine Lune lui entrouvre tous les chiffres qui lui ressemblent.
    Tandis que les autres binaires font changer tous les numéros
    Qui, par parité, se découvrent démultipliés tous ensemble.

    Les uns à la suite des autres, les nuls entourés de zéros,
    Forment des vagues en désordre mais harmonieuses toutefois.
    IOIO alors deviendra vôtre si vous vous offrez en héros
    À la divinité de l’ordre à laquelle vous prêterez foi.

    Rina Sawayama photographiée par John Yuyi sur https:captionscutetodayusa.blogspot.com202105rina-sawayama-cyber-stockholm-syndrome.html .

  • La fin de l’août ? J’en doute !

    La fin de l’août ? J’en doute !

    Un aoûtien ne meurt jamais. D’ailleurs l’été n’est pas fini ;
    Comme si l’août se prolongeait au-delà de l’été indien.
    Un aoûtien vit désormais dans une période indéfinie
    Comme s’il voulait se rallonger de tous les cycles circadiens.

    Un aoûtien descend d’Auguste, cet illustre empereur romain
    Petit-neveu de Jules César, détenteur du mois de juillet.
    Ainsi les deux mois tombent justes, mais l’août triche au bout du chemin
    Allant, au hasard Balthazar, jusqu’en septembre s’éparpiller.

    Ainsi, demain trente-deux août, après-demain le trente-trois
    Jusqu’à l’ultime et excellent trois-cent-soixante-cinq-ou-sixième.
    Le monde adoptera sans doute ce calendrier plutôt adroit
    Qui permet tous les jours de l’an à l’août de faire son grand chelem.

    Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .

  • La navigatrice

    La navigatrice

    Les cheveux couleur de banquise et le visage couperosé
    Témoignent, pour la navigatrice, de toutes ses contrées traversées.
    Les yeux des mers du sud conquises, perturbées de ciels névrosés,
    Content à ma plume inspiratrice ses épopées controversées.

    A-t-elle rencontré des pirates, est-elle elle-même flibustière ?
    Quelle est cette carte au trésor tatouée au-dessus du sein droit ?
    Derrière un regard disparate, l’esprit soustrait son âme altière
    Quant à ses richesses et ses ors, nul ne sait qui y aura droit…

    Ses amants étaient ses héros qui la faisaient rire et rêver
    Et l’entraînaient pour la séduire vers des horizons triomphants.
    Les autres, les numéros zéros, elle ne pensait qu’à leur crever
    Leurs illusions à la réduire en mère couvant ses enfants.

    Tableau de Dino Valls sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201201dino-valls-1959-spanish-surrealist.html .

  • Bain floral

    Bain de fleur ou bain de bonheur, à chacun sa définition !
    Bain de couleurs ou bain d’arômes, à chacun l’ivresse des sens !
    Quelle joie de partir de bonne heure pour découvrir l’exposition
    De tous les tableaux polychromes et de leurs subtiles essences !

    Coquelicots et tournesols, marguerites et pâquerettes,
    Je ne les reconnais pas toutes mais je les aime davantage.
    C’est ainsi que je me console en m’en allant conter fleurette
    À ma planète qui, sans doute, me lègue son plus bel héritage.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • La collectionneuse

    La collectionneuse

    Comme il n’est pire collectionneuse que celle qui s’collectionne elle-même,
    Elle est son propre échantillon de sa collection de poupées.
    Comme elle est bonne confectionneuse, elle est agitée de dilemmes
    Quant à porter un cotillon ou une robe à franges découpées.

    Comme elle ne s’est pas décidée, elle ajuste ses étagères.
    Mais comment présenter son corps dans la meilleure position ?
    Elle n’a pas tout élucidé à part sa tête de mégère
    Bien encastrée dans le décor ténu de son exposition.

    Je l’ai donc ainsi découverte qui d’en haut m’appelait à l’aide
    Car elle s’est retrouvée coincée, nue, dans sa maison de bohème.
    Mais l’expo qui m’était offerte m’a été un bel intermède
    Pour rajouter une pincée de sel à mes petits poèmes.

    Tableau de Dino Valls.

  • Le rêve d’Icare

    Quand tu te sens pousser des ailes pour un projet presqu’impossible,
    N’écoute pas ceux qui t’expliquent que tu n’aboutiras jamais !
    N’aie pas peur d’un excès de zèle, imagine-toi être invincible
    Car ton cheminement implique que tu es seul maître, désormais.

    Bien sûr, il y aura des tempêtes, des vents contraires et des trous d’air
    Mais l’existence terre-à-terre occasionne aussi ses histoires.
    Tu vaincras les entourloupettes, les couacs deviendront secondaires
    Et ton voyage en solitaire deviendra ta propre victoire.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Lectures coquines

    Lectures coquines

    J’aime les lectures coquines qui cultivent l’imagination
    En lui déblayant le chemin vers des destinations nouvelles.
    Certains ouvrages que je bouquine ouvrent une invagination
    Que se continue à la main pareille au tour de manivelle.

    La masturbation littéraire commence en caressant la page
    Comme la peau de l’écrivain dont le grain excitent mes doigts
    Qui poursuivent leur itinéraire jusqu’à l’envie qui se propage
    De toucher l’organe divin et l’aviver comme il se doit.

    Je garde le meilleur pour la fin lorsque je referme le livre
    Et que je m’apprête à tomber en pâmoison impétueuse
    Lorsqu’une voix de séraphin ouvre mon cœur et lui délivre
    Un rêve où il va succomber sous des amours voluptueuses.

    Photo de Michal Lukasiewicz sur https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201604michal-lukasiewicz.html?m=0&hl=es_419 .

  • Chasseuses de chasseurs

    Dès que le matin apparaît, déjà, elle se poste à l’affût,
    vêtue en lièvre premier choix, et guette l’arrivée du chasseur.
    Aussitôt que Nemrod paraît, maligne, elle fait tout un raffut
    Et si l’occasion lui échoit, le gibier devient pourchasseur.

    Aussitôt que le rideau tombe sur les ombres du crépuscule,
    Elle se masque en oiseau de proie et se perche sur les hautes branches
    Mimant le cri de la colombe pour le prédateur ridicule,
    Elle crève les yeux du maladroit mais, par respect, à l’arme blanche.

    Tableaux de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • L’œil au crépuscule

    L’œil au crépuscule

    Un œil géant dans le désert semblait surgir pour m’observer
    Venu sans doute pour apaiser sa faim et chercher l’aventure.
    Tout comme un loup très peu disert ou bien un renard réservé
    Dardant sa pupille braisée sur l’azur brossé d’argenture.

    Je m’attendais à une voix perçant le firmament voilé
    Pour me dire : « Apprivoise-moi ! Je m’ennuie tant sur ta planète ! »
    Mais seuls les buissons à claire-voie dansaient sous le ciel étoilé
    Agités par un vent sournois qui sifflait entre les dunettes.

    Mais plus le soleil s’affaissait et plus le regard s’acérait
    Tout comme l’œil de la conscience pour moi, esseulé désormais.
    Et plus le jour disparaissait plus sa vision m’exaspérait
    Jusqu’à ce que dans l’insouciance, la nuit ne l’aveugle à jamais.

    Tableau « Eye Over the Desert » de Paul Lehr sur https:70sscifiart.tumblr.com.

  • Sérénité

    Sérénité

    J’aime au plus profond de la nuit ce moment de sérénité ;
    Juste la flamme d’une bougie qui illumine les ténèbres.
    L’infime lumignon qui luit devient source de pérennité
    Et chaque seconde rougie fond dans sa mémoire funèbre.

    Et le présent devient lumière qui brille juste à ce moment ;
    Le temps se consomme en arrière et devient cendre du passé.
    Or l’avenir n’est que poussière car il n’existe pas vraiment
    Sauf dans la foi et la prière envers l’instant à dépasser.

    J’observe la même lueur à soixante-quatre ans passés
    Comme si tous les photons produits se superposaient en ce point.
    Le noir obscur et pollueur n’a plus le droit d’outrepasser
    La flamme que je reproduis dans mon cœur à brûle-pourpoint.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • La belle et les bits

    Yoyo – ou IOIO – femme orange est une amatrice de bits ;
    Bitoniau ou bitte d’amarrage avec des uns et des zéros.
    Tout le monde la trouve étrange, personne ne sait où elle habite,
    Ni ne connaît son entourage, ni ne connaît son numéro.

    IOIO, entièrement tatouée de ronds et de petits bâtons
    Ne dit rien mais n’en pense pas moins sur l’argent qu’on lui rémunère.
    Mais appliquée et dévouée, elle procède toujours à tâtons
    Pour ajouter d’autres témoins de sa passion pour le binaire.

    C’est écrit dans ses chromosomes, l’homme XY, la femme XX ;
    Elle ne fait que se montrer nue sous l’action caniculaire.
    Elle digitalise son génome de manière plutôt numérique
    Mais c’est pour mieux nous démontrer sa façon d’être bipolaire.

    Rina Sawayama photographiée par John Yuyi sur https:captionscutetodayusa.blogspot.com202105rina-sawayama-cyber-stockholm-syndrome.html .

  • Le jeu des fous

    Au jeu des fous, les rois déchus sont devenus fous à lier ;
    Les pions suivaient fidèlement et deviennent déséquilibrés.
    Aux reines folles sont échues la monture de leurs chevaliers
    Et même les tours également voient leurs clochers recalibrés.

    Ainsi les fous deviennent rois et prennent la clef du château
    Livrée par l’évêque défroqué, doyen des pièces aliénées,
    Malgré le passage à l’étroit qui leur évite le bateau
    Et dont les cases disloquées oscillent à un rythme effréné.

    Mais toute chose a une fin et les rois fous sont renversés
    Par la vieille reine démente qui était toujours dans la Lune.
    Elle renvoie ces aigrefins avec leurs pairs controversés
    Qui ensemble aussitôt fomentent une insurrection opportune.

    Aussitôt la Lune couronnée, tous les sujets se mettent à rire
    Après avoir du fou pleuré sa folie communicative.
    Mais elle sera vite détrônée par un ministre au faux sourire
    Qui l’a bernée, trompée, leurrée aux élections législatives.

    Tableaux de Leszek Andrzej Kostuj sur http:arteycomunicacion2013.blogspot.com201204leszek-andrzej-kostuj.html .

  • Le Sphynx au rouge baiser

    Le Sphynx au rouge baiser

    Marianne est contorsionniste depuis bientôt quelques années
    Et sa constitution robuste se plie à toutes les exigences.
    Marianne est une opportuniste qui change d’une pose instantanée
    Le positionnement de son buste et de ses fesses avec aisance.

    Marianne est blanche comme neige et ne montre pas sa couleur
    Excepté un rouge baiser pour faire croire qu’elle nous aime.
    Mais en réalité son manège nous abuse et non sans douleur
    Car en fait de nous apaiser elle réveille nos dilemmes.

    Marianne ne nous aime pas on peut même dire qu’elle nous emmerde !
    Sous son apparence héroïque, c’est une salope déterminée.
    Car elle prépare notre trépas et tous les jours elle se démerde
    Avec ses sinistres stoïques afin de nous éliminer

    Sculpture de Marc Quinn.

  • Tout est dans votre tête !

    Tout est dans votre tête !

    L’éducation crée des chemins tous tracés dans notre cerveau
    Et des programmations subtiles qui forment le raisonnement.
    Ainsi, du jour au lendemain, je me sens devenir un veau
    Cuit à la sauce mercantile au bon goût du gouvernement.

    Ainsi les complots que j’invente n’existeraient que dans ma tête ;
    Réfléchir à ce que je vois n’est qu’une maladie de foi.
    Les coups montés dont je me vante agacent, importunent et embêtent
    Ceux qui sont sur la claire voie qui les mène au dernier convoi.

    J’ai fini par casser le code de ce formatage imbécile ;
    Je me méfie de la science, notre nouvelle religion
    Qui nous implante un digicode afin de nous rendre docile
    Et enferme notre conscience dans l’orbe de la télévision.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Ange et sirène

    Ange et sirène

    Un ange qui marche sur l’eau, une sirène pourvue de plumes,
    Toutes les tendances de la nature s’expriment à travers les légendes.
    De leurs amours sur les rouleaux et les vagues crêtées d’écume,
    Est née une progéniture dont Dieu n’a pas fait propagande.

    Pourtant, de la femme poisson et de son angelot déchu,
    Se sont éveillées par le monde mille chimères adorables.
    Tritons, queues en colimaçon ; serpents de mer, langue fourchue
    Médusa, mèches furibondes ; et la Vouivre, dragon formidable !

    Leurs deux parents omniprésents, survivant avec allégresse,
    Sont partis en villégiature au pôle sud, en Antarctique.
    Or s’ils recommencent à présent à s’accoupler avec ivresse,
    Ressentez la température du réchauffement climatique !

    Tableau de Carlos Schwabe.

  • Sauvés des eaux

    Je vis des gens sauvés des eaux, venus du profond des abysses,
    Remonter jusqu’à la surface et puis s’envoler dans les airs.
    Ensemble, unis par un réseau afin qu’aucun d’eux ne subisse
    La décompression face à face de la puissance du geyser.

    Leur ascension pourtant très brève m’apparaissait spectaculaire ;
    Des âmes héritières du ciel mais avec effet immédiat.
    J’ai cru que ce n’était qu’un rêve, une illusion sur l’oculaire,
    Car je n’ai lu rien d’officiel dans les journaux et les médias.

    Photos de Tamara Dean.

  • Quiétude

    Quiétude

    Sur le fleuve calme du temps, je laisse dériver ma barque
    Et je subis crues et torrents selon l’humeur des pluies d’orage.
    Hier, j’étais encore débutant et faisais sans cesse des remarques
    Sur les réserves s’instaurant qui me faisaient perdre courage.

    J’ai lâché le temps d’exister à l’heure de la société
    Et prends la force du courant qui équilibre ma stature.
    Mes angoisses ont beau persister, je les écope à satiété
    Par ma quiétude en concourant avec les forces de la nature.

    Mais cela dit, rien n’est écrit sur le fil des béatitudes
    Que je quitterai en chemin lorsque le temps sera venu
    De jeter mon lourd manuscrit, changer toutes mes habitudes
    Et commencer d’une autre main un autre roman saugrenu.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Silence !

    Silence !

    Très relatif, dans la campagne, le silence auquel il s’attend,
    Ce citadin qui fuit la ville pour un retour à la nature.
    Il croit au calme des montagnes et à la quiétude du temps
    Mais il découvre le bruit servile produit par toutes créatures.

    Dès l’aube il perçoit la fanfare des oiseaux et cela lui plaît,
    Puis la mécanique agricole, il remercie le paysan,
    Après survient le tintamarre des coqs, ça devient une plaie,
    Enfin la sortie des écoles au vacarme caractérisant.

    Au printemps on coupe les arbres, voici le temps des tronçonneuses ;
    En été on tond les pelouses, chacun dans son espace vert ;
    À l’automne il reste de marbre face aux lieuses-moissonneuses ;
    Enfin Blanche-Neige jalouse chante à tue-tête tout l’hiver.

    Tableau de Lisa Aisato sur https:www.boredpanda.comsurreal-illustrations-lisa-aisato?media_id=3057426&utm_source=pinterest&utm_medium=social&utm_campaign=organic .

  • Chevelure de Nuit

    Chevelure de Nuit

    Les nuits d’été sans retenue,
    Il m’arrive de m’allonger
    Les bras en croix dans l’herbe verte
    Et jouer à l’observatoire.
    Je contempla alors à l’œil nu
    Les étirements prolongés
    Dans l’espace à la découverte
    De prophéties divinatoires.

    Vénus qui montre le chemin
    À mars qui rougit faiblement
    Devant la taille de Jupiter
    Et sa descendance de lunes.
    Et puis Saturne qui prend la main
    D’Uranus maladroitement
    Pour traîner autour de la Terre,
    En procession fort opportune.

    Les bras déployés en spirales
    Semblent chevelures d’étoiles
    D’une féérie de déesses
    Qui dansent autour d’un trou noir.
    Énergétiques et minérales,
    Réunies comme mille voiles,
    Gonflées d’angéliques prouesses
    Dans un fantastique entonnoir.

    Et la Voie Lactée devient Femme
    Aux cheveux d’astres indéfinis
    Qui brillent d’autant de soleils
    Qu’un firmament illimité.
    Divine Mère de mon âme
    Qui m’élève vers l’infini
    À la rencontre des merveilles
    Au sein de son intimité.

    Tableau de xxx.

  • L’espérance

    Assis sur sa pauvre planète, l’espérance aveugle sait attendre
    Jouant sur sa lyre dont les cordes sont brisées de son désespoir,
    Une inaudible chansonnette qu’elle est seule capable d’entendre,
    Mélancolique et monocorde, désolation plus que d’espoir.

    Seule une corde restée intacte fait résonner son instrument
    Mais elle se suffit pour scander quelques notes désespérées
    Qui rétablissent le contact avec ce qui manque crûment
    À son esprit vilipendé par des rumeurs exaspérées.

    Mais courage et ténacité même ténus, même fragiles,
    Multipliés pour chaque jour entretiennent la confiance.
    Quand tombera l’opacité et les géants aux pieds d’argile,
    L’oppression finira toujours par sombrer dans l’insignifiance.

    Tableau de George Watts sur https:en.wikipedia.orgwikiHope_(Watts)?wprov=sfti1 .

  • Amazone qui vole

    Amazone qui vole

    Des mythes de la Grèce antique aux légendes d’Amazonie,
    En redescendant l’Atlantique aux confins de la Patagonie,
    L’histoire est peuplée de guerrières et leurs fantasmes associés
    Fors leurs amours bien cavalières qui ne sont pas à négocier.

    Des Amazones aux Walkyries que j’imagine cheveux au vent,
    Au son de leur cavalerie, mille tambours poussés en avant.
    Crinières brunes, blondes ou rousses et les déesses d’Italie,
    Mille tuniques qui se retroussent juste au moment de l’Hallali.

    Et même Pégase lui-même a dû galoper dans les airs,
    Seul étalon dans le harem des juments qui le jalousèrent.
    Mais offrant sa selle à Minerve, il fut accepté par les troupes
    Qui le suivirent sans réserve, l’œillère fixée sur sa croupe.

    Tableau de Steven Kenny sur http:www.stevenkenny.comhome.html .

  • Souris des champs, souris des villes

    Souris-des-Champs, plutôt rustique et même plutôt écologique
    Se nourrit au fil des saisons de son jardin et de sa pêche.
    Souris-des-Villes, plutôt pratique et même plutôt pragmatique
    Fait ce que dicte sa raison sauf lorsque le cœur l’en empêche.

    Que leur réserve l’avenir ? Lequel des deux va disparaître
    Lorsque nous auront concédé d’ bâtir les villes à la campagne ?
    Sans doute vont-ils devenir de la planète ses nouveaux maîtres
    Quand les hommes auront décidé d’aller vivre sur la montagne.

    Illustrations de Jeremy Norton sur https:www.thearthunters.comportfolio-jeremy-norton-2 .

  • Miroir, mon beau miroir

    Miroir, mon beau miroir

    En observant mon fond de l’œil, le nez collé sur ma psyché,
    J’aimerais capter l’émotion jaillie d’une éruption d’idées.
    Je reste longtemps sur le seuil en espérant voir ce cliché
    D’un négatif en commotion ou d’un positif débridé.

    Mais comme les yeux qui reflètent les sentiments les plus profonds,
    Mon beau miroir, lui, réfléchit mon univers et son revers.
    À sa frontière se complètent ce qui monte et qui se confond
    À mon image dégauchie de ma perception à l’envers.

    Sans doute, dans cet antimonde, mon destin s’écoule à rebours ;
    Je nais au moment de ma mort et je m’éteins à ma naissance.
    Mon âme s’enfuit, vagabonde, à grands roulements de tambour,
    Vers ce miroir dont l’oxymore oublie toute sa connaissance.

    Tableau de Daria Petrilli sur http:manachepoetry.blogspot.compblog-page_71.html .

  • La doctrine du papillon

    La voie de l’illumination passe-t-elle par les papillons
    Qui, d’un simple battement d’aile, peuvent déclencher une tempête ?
    La voix de la divination chante-t-elle comme l’oisillon
    Qui, plus fort qu’une seule hirondelle, annonce un printemps en goguette ?

    Ainsi pensait la jeune fille dans le plus simple dénuement
    Qui cherchait la voie de Jésus, Bouddha, ou même Zarathoustra.
    Sans sentir enfler ses chevilles, elle connaîtra son dénouement
    En voyant que tout est cousu de faux-semblants… et cætera.

    Le chemin de la réussite passe-t-il par la connaissance,
    Les voyages à travers le monde et le dépassement de soi ?
    Le succès est-il implicite au moment de la quintessence
    Quand les expériences fécondes viennent à celui qui les reçoit ?

    Ainsi méditait le jeune homme, là, dans le plus simple appareil,
    Cherchant dans la philosophie un bel avenir triomphant.
    Jusqu’à devenir autonome et, sans se faire tirer l’oreille,
    Rejoindre sa femme Sophie pour aller lui faire un enfant.

    Tableaux de Darlene McElroy sur http:www.artclassicsltd.commm5merchant.mvc?Screen=CTGY&Store_Code=acl&Category_Code=_DarleneMcElroy .

  • Mutinée de soleil

    Mutinée de soleil

    De soleils mutinées aux cheveux de comètes,
    En robes satinées, les déesses-planètes
    Enfantent la Nature dans le creux du foyer
    De la mer où saturent ses enfants octroyés.

    Qui les a fécondées par les vents de l’espace ?
    Des rayons émondés d’astres qui se déplacent
    Soumis à l’attraction des galaxies lointaines
    Et la gravitation de brunes étoiles naines.

    Notre mère la Terre et sa fille la Lune
    Ont fondé le croissant fertile du berceau.
    Le père est un mystère mais sa sève opportune
    Coule dans tous les sangs des hommes universaux.

    Tableau de Maria Pace Wynters.

  • La source vive

    La source vive

    L’amour est une source vive qui désaltère de la soif
    Cependant lorsque qu’elle se tarit, la vie paraît indissociable.
    Mais dès que le corps se ravive et que la passion le décoiffe,
    Il se passe un charivari qui drogue le cœur insatiable.

    L’amour donne un courant bizarre montrant plusieurs propriétés ;
    Drogue, remède ou aliment selon comment il est absorbé.
    Il peut pousser à la bagarre ou provoquer l’ébriété
    Ou, au contraire, un ralliement entre deux âmes résorbées.

    Alors, quelle est cette énergie qui l’emporte sur la matière ?
    Une force à travers le temps impénétrable à juste titre.
    Que nous suivons en synergie durant toute une vie entière
    Malgré notre esprit combattant et malgré notre libre arbitre.

    Tableau de Henri Gervex.

  • Ne pas trop voir, ne pas trop dire, ne pas trop entendre

    Il faut savoir fermer les yeux sur les affaires d’aujourd’hui
    Sans en souligner l’importance si elles sont dans l’obscurité.
    Il faut savoir ouvrir les yeux si quelque chose se produit
    Et ce, en toutes circonstances, pour sa propre sécurité.
    Méli-mélo, c’est pas sérieux de dompter un regard réduit
    Qui faute, par inadvertance, du fruit de sa curiosité !

    Il faut savoir fermer sa bouche et ne pas trop se révéler
    De peur d’avouer ses faiblesses et de se faire condamner.
    Il faut savoir ouvrir sa bouche quand il est temps de corréler
    Ses actes avant que ne se blesse son amour propre profané.
    Communiquer, l’affaire est louche selon ce qu’il faut démêler
    Entre une langue de diablesse et la vérité spontanée !

    Faut savoir faire la sourde oreille sur les potins et les ragots
    Les chiens aboient, la caravane passe malgré l’indiscrétion.
    Il faut savoir tendre l’oreille aux conseils de l’alter ego
    Même si parfois il me vanne avec ses excès d’accrétions.
    Charivari dans l’appareil ! Les discoureurs, les viragos
    Qui donnent le change et se pavanent m’ont rendu(e) sourd(e) d’indigestion !

    Collages de Ricky Linn sur https:www.behance.netgallery95396769Collage-Illustrations-3 .

  • Zoom arrière

    D’abord ma mère, la première, ensuite ma tante la seconde,
    Et puis à part mes deux grands-mères, pas d’autre femme ne m’a ravi.
    Aucune sœur dans ma chaumière ni de cousine Cunégonde
    Qui m’auraient appris le sommaire du grand ouvrage de la vie.

    Soudain l’école devient mixte et les demoiselles prolixes
    Sont trop nombreuses et mystérieuse ; moi timoré et trop timide.
    D’ailleurs sans être anatomiste, leurs corps tournent en idées fixes
    Dans mes rêveries luxurieuses et sur les draps restés humides.

    Et puis les femmes de ma vie ont marcotté filles et nièces,
    De belles-sœurs en belles-filles, de mariages en unions libres.
    Peu à peu les femmes ont gravi les échelons en hardiesse
    Au petit bonheur en famille, qu’il est beau ce bel équilibre !

    Portraits de Sandra Pelser.

  • Pendant ce temps la présidence…

    Pendant ce temps la présidence…

    Pendant ce temps le président, dans son maillot, les pieds dans l’eau
    Hésite entre la pêche à pied, la pêche au gros ou à la mouche.
    À Brégançon, c’est évident, à part la pêche et le pédalo,
    Il n’a rien à faire qui lui sied pour emmerder tout ce qu’il touche.

    Pendant ce temps la présidente se la coule douce au soleil
    Mais à l’abri des m’as-tu-vu bronzer à poil l’air pudibond.
    Or malgré la chaleur ardente qui l’a surprise dans son sommeil
    On ne sait si elle est pourvue d’un saucisson ou deux jambons.

    Pendant ce temps la présidence est assurée par des sosies
    Qui courent toute la planète à toutes les cérémonies.
    D’hôtels de luxe en résidence et sur le yacht d’un tsar cosy
    Tripotant toutes les manettes, ils jouent en toute hégémonie.

    Illustration de « Hilda » par Duane Bryers sur https:www.boredpanda.complus-size-pinup-girl-hilda-duane-bryers .

  • Les sœurs Marioles et leurs singes

    Les revoilà, les sœurs Marioles avec leurs singes attitrés ;
    On les pensait à l’étranger en train de passer du bon temps.
    Mais elles ont testé la variole un peu partout, bien infiltrées
    Parmi les espèces en danger, humains, singes et orang-outan.

    Abeilles, guêpes et papillons leur ont mis la puce à l’oreille
    Et elles nous ramènent cet automne tous les fruits de leurs expériences.
    Méfions-nous de leurs dardillons et leur piqûre sans pareille
    Avec confinement monotone et toutes ses invariances.

    Tableaux de Yana Movchan sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Yana-Movchan.htmlhttps:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Yana-Movchan.html .

  • L’œil en colimaçon

    L’œil en colimaçon

    Mes pensées en colimaçon ne font rien que tourner en rond
    Car on m’a formé le regard à observer selon les règles.
    J’ai trop bien appris mes leçons et forgé comme un forgeron
    Mais ce raisonnement ringard a sectionné mes ailes d’aigle.

    En ce cas, mon corps sur la rampe je vous dévale l’escalier ;
    Mon cœur appelle l’ascenseur pour monter au septième ciel ;
    Mon âme, qui est d’une autre trempe, aspire un œil hospitalier
    Qui verrait en libre-penseur au-delà du superficiel.

    Moitié marginal et artiste, moitié poète illuminé,
    Je vois le monde et j’en accepte ma destinée jusqu’au mouroir
    J’ai sans doute un côté autiste mais cela vous l’aviez deviné
    Par les idées que j’intercepte de l’autre côté du miroir.

    Photo de Sezen Vatansever.

  • La sirène psychédélique – 2

    La sirène psychédélique - 2

    Quand les sirènes étaient hippies, ce qui remonte à fort longtemps,
    Elles vivaient d’amour et d’eau fraîche, chantaient nuit et jour, décorées ;
    Vénus indiennes dans leurs tipis, îliennes sur leurs radeaux flottant,
    Américaines à l’air revêche et cubaines à la queue dorée.

    Toutes les chimères du monde organisaient des festivals
    Où accouraient poissons en nasse et cabillauds dans leurs filets.
    Les rares sirènes pudibondes arboraient des queues-de-cheval
    Et les autres, nues dans la masse, s’amusaient à les effiler.

    Dans les mers chaudes exotiques, on vivait en communautés.
    Toutes ensemble, les créatures se partageaient les créations.
    Dans les abysses érotiques, continuellement en nouveautés
    Elles poussaient la température en transe jusqu’à ébullition.

    Tableau de Daria Hlazatova.

  • La sirène psychédélique – 1

    La sirène psychédélique - 1

    Dans les années soixante-huit, quand les sirènes étaient hippies,
    On entendait dans les abysses chants suaves et surnaturels.
    Les auditions étaient gratuites pour les marins et leurs groupies
    Qui fournissaient le cannabis dans ces âges intemporels.

    Leurs queues nues et bariolées dont les écailles scintillaient
    Ondulaient au son des tambours joués dans toutes les octaves.
    Les pieuvres en tutu violet vous servaient des punchs antillais
    À l’alcool de topinambours vieillis en vieux fûts des épaves.

    Bien sûr, tout était cuit à l’eau sur les volcans subaquatiques ;
    Algues fourrées aux narcotiques et coquillages stupéfiants.
    On observait dans son halo, un soleil roux fantasmatique
    Sur les vagues fantomatiques et leurs reflets émulsifiants.

    Tableau de Daria Hlazatova.