Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Envoyer promener la Lune

    Envoyer promener la Lune

    J’ai envoyé promener la Lune à ma muse toujours excentrique
    Car elle me souffle des idées un peu-beaucoup dévergondées.
    Elle vient toujours inopportune vers moi, poète égocentrique,
    Pour me pousser à décider de nouveaux vers à féconder.

    Particulièrement ceux-ci que je n’aurais jamais écrits
    Si elle n’avait pas agité ses deux Robert devant mon nez, †
    Si elle n’avait, par facétie, pas bouleversé à grands cris
    Ces lignes à peine cogitées sans même les avoir terminées.

    Et puis je l’ai accompagnée durant mes phases lunatiques
    En lâchant prise à mon travail qui n’fait que me prendre la tête.
    J’ai mis du pain dans mon panier et du vin pour un pique-nique
    Et nous voici, vaille que vaille, partis pour aller faire la fête.

    (Tableau de Michael Parkes ;
    † le dictionnaire en deux tomes évidemment.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Petit nid d’amour

    Mère Nature est nourricière et sa table approvisionnée ;
    La mer regorge de poissons et les lacs de truites revêches.
    La planète est bénéficiaire par ses saisons conditionnées
    À nous produire fruits et moissons et fournir l’amour et l’eau fraîche.

    Nous louons ce qui vient d’en haut, ce qui part en bas nous atterre ;
    La nourriture divinisée et nos déjections méprisées.
    Pourtant nous vivons en duo en équilibre avec la Terre
    Avec un corps mécanisé à déchets caractérisés.

    Sommes-nous qu’un intermédiaire ou un participant actif
    Qui transforme ainsi le vivant en matière première à engrais,
    Œuvrant le cycle subsidiaire nonobstant l’aspect olfactif ?
    Finalement, c’est motivant d’aller déféquer de bon gré !

    Tableau de Cesar Ayllón – d’après une œuvre de Hannah Silivonchyk à moins que ce ne soit l’inverse.

  • Le sarment du jeu de pomme

    Le sarment du jeu de pomme

    Et si tout cela n’était qu’un jeu ? Un éden de sournoiserie ?
    Dieu en serait le metteur en scène, Adam et Ève ses acteurs.
    D’abord on joue avec le feu, puis après quelques fourberies
    Lucifer trahit son mécène et stupéfait les spectateurs.

    Acte II : dix siècles d’errances de péchés et d’ignominies ;
    Les méchants font les grands seigneurs et les monstres deviennent rois.
    On torture dans l’indifférence sous couvert d’embrouillaminis ;
    Les prêtres font les grands seigneurs, la vie est un chemin de croix.

    Acte III : un coup de théâtre ; Jésus revient parmi les siens
    Qui l’ont bafoué, vilipendé au profit du Dieu de l’argent
    Dont les applications saumâtres issues des informaticiens
    Pourront être pré-commandées demain en les téléchargeant.

    Dernier acte et le rideau tombe, tout finit bien finalement !
    Le public lobotomisé n’était que des marionnettes
    Assistant à une hécatombe de comédie, évidemment :
    Adam est vasectomisé et Ève est une femme honnête.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • L’art des petites ficelles

    L’art des petites ficelles

    Elle connaît toutes les ficelles dont elle s’est elle-même attachée
    Et la voici donc pêle-mêle sans trop savoir se détacher
    Empêtrée dans les compromis qu’elle a longtemps trop accordés
    En perdant son autonomie qu’elle s’est auto-sabordée.

    Comme elle croit tenir les deux bouts de ce dont elle est entravée
    Elle croit pouvoir tenir debout mais cela ne fait que s’aggraver.
    Il est temps qu’elle lâche enfin son petit cordon de l’espoir
    Tellement petit et tellement fin qu’il ne tient que par désespoir.

    C’est ainsi, l’homme aime attacher tout ce qu’il aime à sa portée
    Et dont il s’est amouraché au point de ne pouvoir supporter
    De restituer sa liberté à son libre arbitre constructeur
    Et qu’elle puisse enfin déserter ce Dieu des hommes constricteur.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • La réalité déformée

    La réalité déformée

    La réalité déformée par les rêves inopinés
    Permet à la raison d’apprendre ce que le cœur lui a écrit
    Et que l’esprit a transformé en une suite embobinée
    De règles imposées à prendre et ce jusqu’à son dernier cri.

    Ainsi l’orage de mes songes renvoie des pluies de souvenirs
    Qui se révèlent chausse-trappe et des cailloux dans mes chaussures.
    Les cauchemars sont les mensonges qui ont terni mon avenir
    Et dont l’influence me rattrape dans mes convictions les plus sûres.

    Je me retrouve souvent nu dans la société qui m’a fait
    Croire que l’habit fait le moine et que l’argent fait le bonheur.
    Que sont mes rêves devenus sinon tous mes pas imparfaits
    Mais qui bâtissent le patrimoine de ce qui me met à l’honneur ?

    Tableau de Gina Litherland sur https:tonemadison.comarticlesi-work-pretty-hard-to-get-ambiguity .

  • La belle plante et le petit rabougri

    La belle plante et le petit rabougri

    On dit qu’Adam était petit et qu’Ève était une belle plante ;
    Ce n’est pas moi qui le prétends mais c’est caché dans la genèse.
    Si Ève a eu de l’appétit pour un fruit qui Adam supplante,
    C’est qu’elle était grande pourtant pour l’avoir cueillie à son aise.

    Si le serpent a préféré séduire Ève plutôt qu’Adam
    C’est que le petit rabougri n’avait vraiment rien pour lui plaire.
    Ève au contraire l’a sidéré par son regard persuadant
    Et l’autre, vieux loup lubrique aigri, a vu une aubaine exemplaire.

    Et si Dieu s’est mis en colère et a discrédité la femme,
    C’est qu’il était un dieu jaloux qui ne souffrait pas sa splendeur.
    Ainsi depuis l’homme la tolère pour ce petit détail infâme
    Mais l’entourloupe étant chelou, rendons à Ève sa grandeur !

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • Les femmes à quatre pattes

    Les femmes à quatre pattes

    Qu’est-ce donc qu’une centauresse sinon une femme à quatre pattes,
    Femme qui a les pieds sur terre et du matin au soir cavale ?
    Son mari s’en désintéresse ? La voici qui se carapate
    Et restera célibataire nantie d’une queue de cheval.

    Regardez donc autour de vous, observez-les à satiété
    Selon leur type de coiffure et leur façon de rigoler ;
    Si la queue de cheval se voue à les trahir en société,
    Rire à belles dents vous assure l’meilleur moyen de les gauler.

    Si elles sont dociles à monter, attention elles peuvent ruer !
    Et quatre fers dans la figure, ça stoppe un homme pour l’aventure.
    Mais si vous savez surmonter leurs façons de tonitruer,
    Alors sous de meilleurs augures vous apprécierez ces montures.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • Nouvelle vague, nouvelles couleurs – 4

    Nouvelle vague, nouvelles couleurs - 4

    Comme la loi nous interdit de nous montrer nu en public,
    Reste le moyen artistique pour exhiber notre nudisme.
    Pas de photo abâtardie par des altérations obliques
    Mais l’image caractéristique du plus brillant impressionnisme.

    Comment peindre un phallus courbé, des seins et les parties intimes ?
    Plus gros, plus petits, effacés afin d’éviter la censure ?
    Ou, envers Gustave Courbet, montrer chaque détail ultime ?
    J’ai beau la question ressasser, aucune solution n’est sûre.

    Si l’art reste au-dessus des lois, créons l’impresso-naturisme
    Avec des sexes psychédéliques avec organes magnifiés !
    Un nu divin, de bon aloi, peut-être néo-culturisme,
    Donnera l’effet angélique comme épitaphe qualifiée.

    Tableau de Victoria Lapteva sur https:www.etsy.comfrshopLaptevaPainter .

  • Nouvelle vague, nouvelles couleurs – 3

    Nouvelle vague, nouvelles couleurs - 3

    S‘il y a une vie après la mort, comment sera mon nouveau corps ?
    Comme celui que j’ai quitté ou d’une jeunesse éternelle ?
    Je n’éprouverais aucun remords à revivre encore et encore
    Exhibant en toute équité mes plus belles formes charnelles.

    Que sont les masques devenus quand les mensonges sont abolis ?
    Plus besoin de cacher un sexe qui ne serait plus d’actualité.
    Et finalement vivre nu passionnément, à la folie
    Me redonnera sans complexe mes atours de natalité.

    La question du sexe des anges n’a jamais été résolue
    Quant à la vie après la mort, c’est mystère et boule de gomme.
    Il est bizarre autant qu’étrange que le sexe soit révolu
    Et que le singe nu soit l’oxymore, plaise à la femme comme à l’homme !

    Tableau de Victoria Lapteva sur https:www.etsy.comfrshopLaptevaPainter .

  • Nouvelle vague, nouvelles couleurs – 2

    Une fois jetés les tchadors, burqa et niqab aux orties,
    Les femmes pourront s’habiller de petits riens comme elles veulent.
    Et dans la tenue que j’adore, un bodypainting assorti
    À leurs envies de babiller et se montrer actives ou veules.

    Seins nus ou parsemés d’étoiles, mamelons teints au rouge à lèvres ;
    Vulve rasée ou frisotée selon la coupe de cheveux ;
    Sur les épaules juste un voile assemblé d’une main d’orfèvre
    Et les fesses ravigotées pour satisfaire à tous les vœux.

    Terminé le prêt-à-porter, place au prêt-à-Bodybuilder !
    Des tatouages effaçables et aux couleurs imprévisibles !
    La science pourrait apporter des médicaments hybridés
    Qui rendraient la peau effaçable et transparente, voire invisible…

    Tableaux de Victoria Lapteva sur https:www.etsy.comfrshopLaptevaPainter .

  • Nouvelle vague, nouvelles couleurs – 1

    Comme le genre change de corps en notre siècle ultra-moderne,
    Pourquoi n’pas varier les couleurs des parties de l’individu ?
    Selon les métiers en accord ou les violons d’ingres subalternes,
    S’exprimeraient joies et douleurs des besognes condescendues.

    Les jardinières à la main verte auraient le bassin assorti,
    Les jambes plantées en tuteurs, le pubis et les cuisses roses.
    Crémières et laitières, plus ouvertes, surtout lorsqu’elles sont de sortie,
    Auraient les seins distributeurs… Et que le Saint Téton m’arrose !

    L’homme de goût restera sobre ; smoking tatoué sur la peau
    Pour que sa belle partenaire puisse resplendir de nuances.
    Estival de mars à octobre, hivernal quand c’est à propos,
    J’espère vivre centenaire et voir ces nouvelles influences !

    Tableaux de Victoria Lapteva sur https:www.etsy.comfrshopLaptevaPainter .

  • L’oracle craquelé

    L’oracle craquelé

    Si vous demandez à l’Oracle ce que projette Marianne,
    Vous le verrez se craqueler car sa vision est échaudée.
    Il faut en effet un miracle pour dérouler le fil d’Arianne
    Du labyrinthe morcelé que Manu a échafaudé.

    Les couloirs de droite débouchent sur un avenir extrémiste ;
    Ceux de gauche mènent à une impasse d’après un plan désordonné ;
    Au centre, le dédale accouche d’inextricables polémistes
    Et tout autour, rien ne se passe car la sortie est condamnée.

    Lors autant demander au Sphinx de nous proposer ses énigmes
    Qui seront bien moins compliquées que celles posées à l’Assemblée.
    Que Dieu me donne un œil de lynx pour voir clair dans ce paradigme
    Et je pourrais tout expliquer ; ça, je vous le promets d’emblée.

    Tableau d’Egregore Design.

  • Manifestation des anges

    Des anges sociaux manifestent sur la rive gauche tous nus
    Portant le masque sanitaire qui enveloppe tous leurs corps.
    D’autres ont retourné leurs vestes sur la rive droite en tenue
    D’Adam et Ève solidaires dans des tons turquoise en accord.

    Il ne manque que l’ange blanc pour faire un drapeau tricolore
    Aux couleurs « Turquoise, Blanc et Rose », nouveau genre et nouveau standard.
    Je vois déjà les flics tremblant de peur au-devant du folklore
    Brandir leur paintball qui arrose pour noyer leur fol étendard.

    Photos de Spencer Tunick sur https:www.theguardian.comartanddesigngallery2022sep10the-naked-ambition-of-spencer-tunick-in-pictures .

  • La véritable histoire de la cabane du pêcheur

    La véritable histoire de la cabane du pêcheur

    Francesca Brel n’a pas tout dit dans sa chanson sur la cabane ;
    Ni que la fille était sirène, ni que le pêcheur, beau parleur
    L’avait trompée ce vendredi en l’invitant sur la rabane
    À passer une nuit sereine qui durerait sept ans de malheur…

    la coupe est pleine, rien ne va plus, dans la cabane du pêcheur
    Et le mélange des couleurs sur les murs n’est plus à son goût.
    Les mauvais rêves lui ont déplu notamment les plus accrocheurs ;
    Trop de chagrin, trop de douleurs qui ne lui laissent que du dégoût.

    Tous fuient en suivant la sirène et ses enfants main dans la main
    Dont le mari, homme incrédule, accuse le dernier épisode.
    Seule la maison paraît sereine de les voir se mettre en chemin
    Et demeure avec la pendule indifférente à cet exode.

    Adieu tabourets nonchalants, adieu chaises insouciantes,
    Adieu objets inanimés, adieu enfants de la chimère !
    Tout le mobilier dévalant la route, d’une allure impatiente,
    Avec la théière abîmée et le pot-à-eau de grand-mère.

    Illustration d’A. Russel.

  • Sérénité sirène

    Sérénité sirène

    Vraiment trop cool d’être sirène et vivre ainsi au fil de l’eau
    En attendant le gars suivant parmi les gars de la marine !
    Bien reposée, l’âme sereine sous le cocotier de l’îlot
    La queue aux pointes décrivant comme des manèges de ballerine.

    Plutôt alors des ballets roses sans le tutu évidemment
    Qui la ferait dès lors confondre avec la méduse pélagique.
    Tintin pour le marin morose qui s’éloignerait avidement
    Et la sirène se morfondre de ses déboires nostalgiques.

    Oui mais à force de rêvasser un bateau au large est passé
    Tant pis ! Ce sera qui dort dîne pour la sirène paresseuse.
    Elle s’en moque ! Il va repasser au retour et vont trépasser
    Tous les marins de « La Sardine » aux tribulations malheureuses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La conception du projet féminin

    La conception du projet féminin

    Concevoir la femme parfaite lui a pris sept milliards d’années
    Et des plans des millions de fois refusés par la Créatrice.
    Tant qu’Elle n’était pas satisfaite, Elle a son travail condamné
    En lui accordant toutefois une note appréciatrice.

    Certes le travail d’architecte, lorsqu’il concerne l’être humain,
    S’avère ici très difficile quand il s’applique à sa femelle
    Car sa Nature circonspecte exige une patte de première main
    Artistique autant que gracile, soit d’une perfection formelle.

    Car elle doit gérer sa famille et administrer sa maison ;
    Respecter l’environnement, protéger la faune et la flore ;
    Planter un arbre aux ramilles généalogiques de raison
    Pour que l’approvisionnement en bénédiction puisse éclore.

    Mais le problème, c’est le mâle qui met des bâtons dans les roues
    Par son ambition imbécile à toujours être le plus fort.
    Tant pis ! La fonction animale de l’homme à entrer en courroux
    Ne sera pas des plus faciles et réclamera maints efforts…

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • Et ils ne feront qu’une seule flamme

    Et ils ne feront qu’une seule flamme

    Laissons-leur l’amour consommer, laissons l’amour les consumer
    Car, lorsqu’ils unissent leurs âmes, ils ne sont alors qu’une flamme.
    Une seule énergie pour deux et deux cœurs qui résonnent entre eux
    Comme une chanson de tendresse sur une musique d’allégresse.

    Laissons-leur les corps convoiter, laissons-leur les corps d’emboîter
    Car, lorsque les sexes fusionnent, la vie entre eux s’approvisionne.
    L’amour en est la nourriture, c’est là la loi de la Nature
    Qui exige par induction, mouvement et reproduction.

    Laissons-leur les cœurs exploser gorgés et prêts à imploser
    Car le piston dans le cylindre donne l’explosion à atteindre
    À chacun de leurs battements comme un moteur d’ébattement
    Qui s’échauffe sous les fantasmes jusqu’à l’apogée de l’orgasme.

    Tableau d’Alex Levin sur https:artlevin.com .

  • Elle n’est pas belle, la Joconde ?

    Elle n'est pas belle, la Joconde ?

    La marée humaine se presse d’aller admirer sa déesse,
    Super-héroïne des médias or ça crie fort dans l’immédiat.
    La foule compacte converge vers celle qui n’était pas vierge
    Mais qui reconnaîtrait ainsi l’égérie de Maître Vinci ?

    On se course et on se bouscule pour voir le tableau minuscule
    Protégé derrière un harnais de conservateurs acharnés.
    Les autres merveilles honteuses d’être considérées souffreteuses
    Observent d’un œil dédaigneux la foule de touristes teigneux.

    À chacun son pèlerinage dans ce monde en plein badinage ;
    La Mecque, Saint-Jean de Compostelle, ces destinations immortelles.
    De Jérusalem jusqu’au Louvre, serait-ce trop demander qu’on m’ouvre
    La sortie avant de pourrir et enfin voir Naples et mourir.

    Source Quora : https:fr.quora.comPourquoi-Fran%C3%A7ois-mitterand-a-t-il-fait-construire-une-pyramide-de-verre-a-proximit%C3%A9-du-mus%C3%A9e-du-Louvre-c-etait-vraiment-n%C3%A9cessaireanswerTsuk-J%C3%A1nos?ch=17&oid=1477743766162902&share=e67a6ce7&srid=hJ7fDb&target_type=answer .

  • Mais que guette donc la reine noire ?

    Mais que guette donc la reine noire ?

    Reine ou esclave, la femme nue passerait presqu’inaperçue
    Quant à son rang évidemment pas à son côté audacieux.
    Voilà pourquoi notre inconnue, fort bien en chair et bien fessue,
    Laisse à penser inconsciemment à un objectif fallacieux.

    Désirerait-elle mettre en échec le prince des maîtres-nageurs ?
    Ce beau colosse, fils d’Hercule ou bien d’Éros, certainement.
    Lorsqu’elle le voit faire un « check » à ses copains, c’est ravageur !
    Son cœur de ses deux ventricules bat la chamade suprêmement.

    Quoiqu’il en soit, la Reine Noire – nous en avons la certitude –
    Sait très bien que l’ont reconnue tous les beaux garçons du rivage
    Aussitôt sortie du manoir, entièrement nue comme d’habitude
    Jouant les perfides ingénues à guetter les beaux arrivages.

    Tous ses sujets y sont passés mais il lui faut du mâle neuf ;
    Un beau marin frais débarqué ou ce maître-nageur – pas laid ! –
    Qui va devoir outrepasser toute la jalousie de sa meuf
    Depuis qu’elle l’a remarqué et convoqué en son palais.

    Tableau de William Leigh.

  • Comme un ange

    Comme un ange

    Comme un bel ange dans ma vie, tu es venue pour m’éclairer
    Me faire prendre une autre route que mes parents auraient tracé.
    Ton fol esprit qui me ravit est comme un petit vin clairet
    Qui semble me mettre en déroute mais c’était juste pour m’embrasser.

    Comme un arbre dans ma forêt qui m’enracine dans la terre,
    Tu me fournis tout l’oxygène qui nourrit le cœur et l’esprit.
    Ton petit corps à déflorer dont tu es la propriétaire
    M’offre les plaisirs érogènes dont je suis à jamais surpris.

    Comme une fleur à ma fenêtre que le soleil a fait pousser
    Tu embellis de jour en jour, le temps est ton plus bel atour.
    Et lorsque tu devras renaître dans une nouvelle existence
    Je serai alors pour toujours ton ange gardien, à mon tour.

    Tableau de Jeremy Lipking.

  • Club National des Nudistes Associés

    Club National des Nudistes Associés

    Au club national des nudistes auquel je suis associée,
    Je suis la secrétaire-nue à tout faire pour ces messieurs.
    Avec les patrons échangistes, je laisse leurs femmes à mes dossiers
    Et quand pénètre un inconnu dans nos bureaux, c’est tendancieux !

    Pour avoir la chance d’entrer dans notre cercle très réservé,
    Il faut avoir vécu à poil durant au moins un mois par an,
    N’avoir pas peur de se montrer, aimer se sentir observé.e
    Et faire l’amour sous les étoiles sous le regard de ses parents.

    Une fois admis au cénacle, avec votre carte de membre,
    Vous aurez l’autorisation de sortir en portant vos charmes.
    Avec ce permis, plus d’obstacle pour, de janvier jusqu’en décembre,
    En faire l’extériorisation sous la protection des gendarmes.

    Illustration d’Al Brule.

  • Nu distant lisant

    Nu distant lisant

    Distante et nue, ouvrant un livre et le lisant à haute voix,
    Elle cherche le meilleur passage pour exciter sa libido.
    La littérature délivre et ouvre les plus belles voies
    Aux fantasmes les plus sauvages à faire grimper aux rideaux.

    Évidemment l’inconvénient consiste à bien renouveler
    Sa bibliothèque érotique car on ne se répète pas !
    On fait l’amour en s’ingéniant de trouver comment révéler
    L’inattendu si exotique de la fraîcheur des beaux appâts.

    Comme le bénédicité avant de manger son repas,
    La lecture se doit d’être brève et la nouvelle appropriée
    Sinon votre félicité passe vite de vie à trépas ;
    L’orgasme ne se vit plus qu’en rêve lorsque l’amour se fait prier.

    Tableau de Jean-Jacques Henner.

  • Imagerie en Résonnance Matriarcale

    Imagerie en Résonnance Matriarcale

    Seul celui qui connaît sa femme entièrement de l’intérieur
    Pourra reconstituer l’histoire secrète de l’humanité.
    Que cessent ces propos infâmes concernant l’état inférieur
    Que lui consacrent ces notoires ennemis de la féminité.

    Par le cordon ombilical qui relie à travers le temps
    Chaque être humain et sa sous-branche au tronc commun de l’arbre mère,
    Par le martyre obstétrical qui produit encore pour longtemps
    L’enfant qui prendra sa revanche sur les intolérances amères.

    J’ai pris ce tunnel féminin en lui faisant un jour l’amour
    Et visité comme au musée toutes ses époques épiques.
    Du premier geste assez bénin de la fameuse pomme au four,
    Jusqu’à l’annonce fort récusée de Jésus-Marie qui rapplique.

    Car si Jésus était un homme, il aurait voulu être femme
    Pour rétablir la vérité sur le Saint-Esprit et sa mère.
    Quel que soient les dieux que l’on nomme, les religions nous en diffament
    La divinité héritée des deux gènes X cryptomères.

    Tableau de Fujino Kazumoto.

  • Mise en bouche sur canapé

    Mise en bouche sur canapé

    Préparez deux petits melons chacun décorés d’une cerise,
    Puis présentez-les en verrines sur un canapé de laitue.
    Imaginez deux mamelons tous deux tremblotant de surprise
    Trônant sur l’auguste poitrine de votre amante dévêtue.

    Un festin en préliminaire et l’amour d’une mise en bouche
    Qui laisse un goût un peu revêche, pimenté de suçotements,
    Puis fond dans les sucs salivaires et remet sa deuxième couche
    Car vivre d’amour et d’eau fraîche demande ses assaisonnements.

    Dégustations aveugles en prime, j’aime de l’amour son ivresse
    Lorsque je découvre à tâtons le suc de l’abricot fendu.
    Puis quand le clitoris s’exprime sous la saveur d’une caresse
    Ou le bouquet sur le téton turgescent du fruit défendu.

    Tableau de Cellar-fcp sur https:www.iamag.cothe-art-of-cellar-fcp .

  • Femme à soigner

    Femme à soigner

    On dit qu’elles sont de belles plantes, c’est faire honneur aux cocotiers ;
    On dit qu’elles sont belles à croquer, c’est donner du mérite aux pommes !
    Chaque épithète qui les supplante, tout comparatif cachottier
    Ne prétend qu’à réciproquer la beauté de la Terre, en somme.

    Les seins en poire dans les bonnets, la peau de pêche parfumée
    Et la femme devient un verger dont l’homme en goûte la primeur.
    La charité bien ordonnée ne partira plus en fumée
    Mais finira par converger vers mon respect le plus rimeur.

    La femme est fleur, l’homme jardine ; la femme est fruit, l’homme récolte ;
    La femme est plante, l’homme cultive ; la femme est Dieu, l’homme la prie.
    Elle est moderne et citadine ? Imprévisible et désinvolte ?
    La prévenance plus attentive de l’homme lui élève l’esprit.

    Tableau de Tania Wursig.

  • Femme à cueillir

    Femme à cueillir

    À chacun sa fleur préférée, belle-de-jour, rose éthérée ;
    À chacun sa fleur favorite, belle-de-nuit ou marguerite.
    Rêver d’un parfum vaudeville avec un bouquet fleurs de ville ;
    Rêver d’un goût plus approchant d’une saveur de fleurs des champs.

    Attention aux fleurs du matin, folles, infidèles presque catins ;
    Respirez la fleur de midi et dormez tout l’après-midi.
    Le soir quand les fleurs sont violettes, ce sont souvent les plus follettes ;
    Quant aux subtiles fleurs de nuit, elles s’évanouiront à minuit.

    Cueillez, cueillez dans la jeunesse ; cueillez, cueillez dans la vieillesse ;
    Après tout, la fleur n’a pas d’âge, c’est ce qui fait son apanage.
    La mienne continue à rire de tous ses pétales en délire
    J’avoue, je ne peux le nier, j’adore être son jardinier.

    Tableau de Sergio Lopez.

  • Femmes à soigner

    C’est une rose du matin qui vient au monde, innocente
    Toute prête à s’épanouir durant toute sa petite enfance.
    Peu à peu sa peau de satin épouse son corps d’adolescente
    Qui pourrait faire s’évanouir le jeune prétendant sans défense.

    La rose mûre porte ses fruits et devient une fleur immortelle ;
    La femme mûre n’a plus d’âge si ce n’est celui des enfants.
    Le patrimoine qu’elle a construit est de valeur sacramentelle
    Dont l’amour est son avantage et son engouement triomphant.

    Rose ridée jamais ne fane juste un bouquet de fleurs séchées
    Qui continuent à rayonner dans la famille et la maison.
    Seul le ridicule profane notera le vase ébréché
    Mais l’homme juste et passionné l’aimera toujours sans raison.

    Tableaux de Tania Wursig.

  • Femmes à cueillir

    Bien sûr, elles sont adorables lorsqu’elles ne sont qu’en bouton
    Car aussitôt qu’elles sont en fleurs, nous sommes à leurs lèvres pendus.
    Mais l’âge le plus favorable arrive lorsque nous goûtons
    Le parfum subtil qui affleure autour de leurs fruits défendus.

    La femme mûre est bien meilleure quand elle est sauvage et cueillie
    Dès le printemps, Reine des prés ; durant l’été, Reine des champs ;
    Pendant l’automne, Reine avant l’heure ; même en hiver, Reine accueillie
    Lèvres et mamelons empourprés malgré le froid effarouchant.

    La femme-fleur est immortelle tant qu’elle n’est pas arrachée
    À sa Nature qui l’a bercée et lui a sculpté sa carrure.
    Fi des corsets, des jarretelles, dont elle est fort effarouchée,
    Sa nudité controversée sera sa plus belle parure !

    Tableaux de Sergio Lopez.

  • En avant, l’ère des poissons

    En avant, l’ère des poissons

    Tous ensemble pour faire l’Europe, les députés sont pleins d’idées
    Que nous n’aurions pas eu la chance de découvrir sans qu’ils consomment
    Une kyrielle de psychotropes car il en faut pour décider
    Des lois qui, comble de malchance, nous déconcertent et nous assomment.

    Certes, l’idée est judicieuse de regrouper tous les pays
    Pour être plus forts et atteindre un statut de grande puissance.
    Mais une Europe avaricieuse à qui les riches ont obéit
    A vu le jour pour nous contraindre à servir leur magnificence.

    Mais depuis la Tour de Babel et depuis l’ère piscicole,
    Les langues se sont embrouillées et l’alliance est révolue.
    Rien n’a changé malgré l’appel d’apprendre très tôt à l’école
    Les langues pour nous débrouiller à nous passer de nos élus.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .

  • Les cochons de Manu

    Les cochons de Manu

    Les temps ont changé pour Manu qui s’est lassé de ses moutons
    Et penche plus pour des cochons évidés de leur tirelire.
    De beaux gorets les plus charnus qu’il préfère – nous nous en doutons –
    Avec la queue en tire-bouchon et le museau en plein délire.

    Il les a achetés au marché ce samedi en place publique
    Au stand sis à l’extrême droite appelé « La cochonnerie ».
    Il les a sitôt harnachés sur la rue de la république
    Puis a suivi la sente étroite qui conduit à sa Porcherie.

    Il a noté sur son registre ses cochons et, pour leur gouverne,
    Leur a attribué un rôle en fonction de leurs sales trognes.
    Pour le premier, le plus sinistre qui ne dit que des balivernes,
    La mission de porte-parole des sales fascistes qui grognent.

    Tableau de Paul Gauguin.

  • Quand la sirène se trahit

    Quand la sirène se trahit

    Si vous soupçonnez votre femme d’être en réalité sirène
    Qui vous a charmé de sa voix pour goûter votre marinade,
    Pas besoin de manière infâme mais, d’une façon plus sereine,
    Quand elle prend son bain chaque fois, observez sa dégoulinade :

    Ce n’est pas sa queue qui frétille mais l’eau du bain qui prend la mer
    Et la sirène devient une île massée du flux et du reflux.
    Chaque vague qui l’émoustille lui donne un souvenir doux-amer
    Du temps où elle vivait tranquille d’aimantes eaux fraîches superflues.

    La mienne a éveillé mes doutes par la salle-de-bains parfumée
    D’un air marin chargé d’embruns qui me rappelait la Bretagne.
    Depuis, tout ce que je redoute c’est partir un jour en fumée,
    Consommé comme un Petit-brun entre les dents de ma compagne.

    Tableau de Kristin Kwan sur https:www.dessein-de-dessin.comles-peintures-surrealistes-et-fantastiques-de-kristin-kwan .

  • Trois sœurs entre deux eaux

    Trois sœurs entre deux eaux

    Quand je plonge en demi-sommeil dans le lac des rêves émeraude,
    Les sœurs de Morphée m’accompagnent jusqu’à la grotte des sirènes.
    Elles n’aiment pas trop le soleil et leur chevelure noiraude
    Ondule tandis qu’elles regagnent avec moi l’abri de leur reine.

    Comme je dors profondément et que j’oublie tout au réveil
    Je les ai chargées de m’écrire le rêve de la nuit dernière.
    Je le transcris conformément sans faire un discours qui pérore
    Mais qui saura mieux vous décrire tout avec l’art et la manière :

    « Dans ce fantasme, tu es le Roi et la souveraine, ta Reine ;
    Ton mariage s’est déroulé il y a vingt ans exactement
    Au fond d’un grand lac Bavarois avec Lorelei et sirènes
    La nuit où tu t’es écroulé, mort de fatigue notablement.

    Depuis tu reviens chaque fois qu’un problème te préoccupe
    Pour lui demander son avis qu’elle t’accordera toujours.
    Qu’elle t’accorde toutefois sous condition – elle n’est pas dupe –
    De revenir toute ta vie, chaque nuit, lui faire l’amour.

    Tableau d’Alexander V. Orlov.

  • Sortie des eaux sombres

    Sortie des eaux sombres

    Dans les eaux noires de l’étang se noyaient mes humeurs maussades ;
    J’allais régulièrement vider toutes mes peines et mes rancœurs.
    Mes déceptions par tous les temps devenaient juste une passade ;
    Je pouvais alors dévider le fil de ce qui me tenait à cœur.

    Ce matin-là, un vent mauvais soufflait dans ma tête malade ;
    Tandis que je m’y accotais pour déverser mes émotions,
    J’ai vu les eaux qui se mouvaient dans une grande bousculade,
    Puis une femme qui clapotait dans une étrange dévotion.

    « Tu es l’incarnation du mâle et moi celle de la femelle
    Qui représente tes chagrins et tes sentiments nécrosés.
    Plutôt que repousser le mal et toutes tes peurs qui grommellent,
    Affronte-les et ton train-train en sera métamorphosé ! »

    Alors j’ai confronté mes craintes à mes envies de progresser
    Et j’ai embrassé la naïade comme un amant apanagé.
    J’en sens encore son étreinte lorsqu’elle m’a fait régresser
    Au point limite de la noyade afin d’apprendre à surnager.

    Depuis quand j’ouvre mon journal avec la misère du monde,
    Je surfe sur les catastrophes et sur tout ce qui m’a déplu.
    La vie est un fleuve infernal aux eaux impures et immondes
    Mais moi, rédigeant cette strophe, je ne m’en préoccupe plus.

    Tableau de Cellar-fcp sur https:www.iamag.cothe-art-of-cellar-fcp .

  • Prise sur le fait

    Prise sur le fait

    L’œil gauche a trahi en premier l’émotion échappée du cœur ;
    Le coup de foudre a retenti d’une brève déflagration.
    Comme la dame sur son damier voyant le pion prendre, vainqueur,
    Une victoire pressentie par elle comme une déclaration.

    Elle croit ne rien laisser paraître mais elle est prise sur le vif,
    Prise la passion dans le sac et la main servant de bâillon
    À sa langue qui s’enchevêtre pour pousser le cri incisif
    Arrêté net par le ressac d’un battement de papillon.

    Ainsi un battement de cœur, à l’instar du lépidoptère,
    Provoque remous et marées dans tout un cerveau amoureux.
    S’il en émane à contrecœur une mimique réfractaire,
    C’est d’une pudeur amarrée à un embarras langoureux.

    Tableau d’Ivana Lena Besevic.

  • Le regard en arrière

    Le regard en arrière

    Lorsque je regarde en arrière ma carte du tendre arpentée,
    J’y remémore à chaque étape, mes randonnées aphrodisiaques.
    Aussi loin que voit mon derrière par sa captation aimantée,
    Il connaît ses amants en grappe et leurs ébats paradisiaques.

    Ma plante des pieds a foulé combien de lits à baldaquin ?
    Combien de tapis déposés, combien de caprices triomphants ?
    Beaucoup de liqueur a coulé de la source d’amoureux taquins
    Qui étaient tous prédisposés à être le père de mes enfants !

    Seuls mes seins et leurs aréoles regardent toujours loin devant !
    Ils savent bien que l’expérience n’est rien qu’un feu-au-cul volage.
    Ils guettent sans cesse l’auréole qui brille au crâne du suivant ;
    Celui qui vers la luxuriance m’allouera le prochain voyage.

    Tableau de Félix Vallotton.

  • L’ivresse des bijoux

    L’ivresse des bijoux

    « Ah ! Je ris de me voir si belle dans le reflet de mes joyaux
    Tout en chantant l’air des bijoux comme une Castafiore en or
    Dont la voix pousse les décibels à faire sauter le maillot
    Dont le soutif remonte aux joues pour faire rougir ses ténors. »

    Ainsi s’exclamait la diva dans sa rivière de diamants
    Prenant son bain providentiel après sa soirée de gala.
    Ovationnée sous les vivats et tous les plus beaux compliments,
    Et, dans un lieu confidentiel, de champagne on la régala.

    Très généreuse avec l’argent qu’on concède à tous ses caprices,
    Elle chante en tout bien tout honneur quand il le faut pour ses principes.
    Et c’est ainsi qu’en déchargeant sa logorrhée provocatrice,
    Elle rayonne de bonheur et tout le monde participe.

    Tableau de Fang Lijun sur https:dzen.ruaY3PZoeI9rREhwc6a .

  • Juste sous l’horizon

    Juste sous l’horizon

    Sans doute la chanson de Christophe avait inspiré mon Aline
    Qui écrivait cent fois son nom que cent fois la mer effaçait.
    Et moi j’ai écrit une strophe gravée sur la plage saline,
    Puis j’ai signé de mon prénom mes quatre lignes espacées.

    Tandis qu’Aline fulminait à réécrire son patronyme,
    J’ai rajouté un paragraphe et puis un autre superflu
    Tandis qu’Aline ruminait d’être déclarée anonyme
    Par le correcteur marégraphe qui la narguait de son reflux.

    Pareille à l’héroïne grecque condamnée pour l’éternité
    À toujours écrire son nom sans cesse effacé par la mer,
    À l’aide d’un peu de varech, j’ai une digue délimitée
    Mes amis, croyez-moi ou non, j’en garde un souvenir amer…

    Car la donzelle s’exerçait à répéter cent fois ce geste
    Telle une prière muette en guise de commémoraison…
    Aline alors bouleversée a boudé, puis prenant ma veste,
    S’est enfuie comme une alouette le cul à l’air sous l’horizon.

    Tableau de John Reinhard Weguelin.

  • Abouddha

    Abouddha

    Je crois préférer l’abouddhisme au bouddhisme proprement dit
    Car j’aime la nature verte et la peau d’Abouddha me sied
    Car je me targue d’avant-gardisme et joue de tous les interdits
    En c’ qui concerne la découverte de qui me fait prendre mon pied.

    Et justement vient Abouddha fort à propos me proposer
    De survivre sans religion et sans retour de manivelle.
    Le torse nu, en bermuda et sans étiquette imposée,
    Je vais de région en région répandre la bonne nouvelle.

    J’aime Abouddha et tous ses seins, particulièrement le gauche
    Car il frémit avec tendresse à chaque battement de cœur.
    Lové au creux de son bassin, j’aime le soir faire l’ébauche
    D’une prière à son adresse pour téter sa chaude liqueur.

    À Morphée et ses bras tendus, je préfère ceux d’Abouddha
    Qui sont bien plus omnipotents et propices à m’épanouir.
    Un jour ce fut inattendu lorsque ma muse s’accouda
    Au lit tout en me tripotant ce qui me fait le plus jouir.

    Illustration de Green Tara.

  • La Croix Noire

    La Croix Noire

    Croix Rouge ou Blanche nous rassurent quant à la santé et l’argent ;
    La Croix Noire plutôt nous assure la mort en nous départageant.
    Selon si l’on a de l’amour dans le cœur, nous mourrons un jour
    Car Dieu a le sens de l’humour – ce qui n’ lui réussit pas toujours.

    Quant à ceux qui plutôt préfèrent l’argent, le pouvoir, la richesse,
    Ils seront alors à leur affaire à vivre aux frais de la duchesse.
    La Croix Noire leur proposera le paradis comme un palace
    Où tout se décomposera en un enfer bien dégueulasse.

    Quant à la mort, il faut en rire plutôt que pleurer à l’attendre ;
    Lorsqu’il lui arrive de sourire, la Croix Noire sait se montrer tendre.
    Jusqu’à présent il n’y a personne qui n’en soit revenu déçu…
    Écoutez-la quand l’heure sonne rigoler comme une bossue !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le moment présent

    Le moment présent

    Est-ce l’appel de la sirène qui fait goûter l’instant présent
    Comme un silence retentissant dans le temps soudain suspendu ?
    Le cœur en paix, l’âme sereine et l’univers omniprésent ;
    Tout est lié, attendrissant, pour recueillir l’inattendu.

    Mais que peut-on alors attendre lorsque le temps n’existe plus ?
    La vérité de ressentir son corps et sa maternité !
    À l’instant doux, à l’instant tendre qui n’existe que pour être plu ;
    Au temps qui vient de retentir d’une seconde d’éternité.

    Tableau de Holly Kallie.

  • L’illumination

    L’illumination

    Que Monet voit Reims en couleurs –impressionnistes de surcroît –
    On trouve tout à fait normal que l’art dépasse la pensée.
    Lorsqu’il accouche dans la douleur l’œuvre qui graduellement croit,
    Il en exprime tout le mal à force de le dépenser.

    Le vert pourrait être l’espoir qui cherche à percer le chagrin
    Transpiré par les bleus de l’âme qui lui noient l’amour dans le cœur.
    Alors le rouge, en désespoir, s’écoule en grappe grain par grain
    Coupé de rose par la lame du temps qui reste grand vainqueur.

    Pourquoi peint-il la même chose autant de fois ? Comment ? Combien ?
    Sans doute un parcours salutaire dans l’imaginaire immergé
    Dans sa vie par métamorphose du mal qui se transforme en bien
    Ou bien la mort en solitaire d’Icare tombant en mer Égée.

    Tableau d’Anselmo Bucci.

  • Phare à minous

    Phare à minous

    Formidable et faramineux que ce Phare du Petit Minou
    Qui subit l’assaut impassible des rouleaux de vagues déversées.
    Toujours debout et lumineux quand la nuit tombe parmi nous
    Et l’enveloppe d’une impossible obscurité à traverser.

    Mais toujours il se lie d’amour pour la mer vaste, insatiable
    Qui le provoque de ses ébats, de ses humeurs évacuées
    Par des orages nuit et jour et ses tempêtes indissociables
    Qui lui donnent des hauts et des bas dont le courage est salué.

    On dit qu’il est à la retraite, mis au rebut par la science,
    Par géolocalisation de satellites en promotion ;
    Balises lâches qui se traitent du dernier cri de l’efficience
    Mais sont la banalisation d’un futur vide d’émotion.

    Tableau de Brigitte Berweger.

  • Quand t’as tout, ris

    Si je voyais de l’intérieur mon cerveau au milieu du crâne
    En train d’écrire sur les os blancs temporaux et occipitaux
    Toutes mes idées antérieures, superposées en filigrane,
    Toutes emmêlées en réseau ponctuées de mes cogito…

    Ça me ferait bien rigoler et, bienheureusement pour moi,
    Je serai le seul à les voir à l’abri des regards curieux !
    Apparemment « fariboler ses sentiments et ses émois »
    Est l’apanage ET le devoir de certains rieurs fous furieux.

    Tous les tatoués ont bonne mine – du moins si on arrive à lire
    Tout ce qu’ils ont écrit du cœur sur les pages roses du corps –.
    Ça leur donne de la dopamine, ça les met au bord du délire
    Et ça leur donne un air vainqueur qui leur font battre tous les records.

    Photos de tatouages adorables par Laurent Ponce sur https:inkppl.comenmagazinetrendstattoo-in-adorable-photos-by-laurent-ponce .

  • Le chien, le chat et la souris

    Demain les chiens seront hissés au sommet de la pyramide ;
    Les chats, leurs ennemis jurés, juste au-dessus, assis sans maître.
    Un peu plus haut, tout herissé de tuyaux en polyamide,
    Des galeries démesurées de souris blanches au périmètre.

    Les chiens à l’image des hommes voudront dominer la planète ;
    Les chats à l’image des femmes feront une révolution ;
    Quant aux souris dans ce royaume, elles sauront faire place nette
    En se moquant du rôle infâme de leur médiocre évolution.

    Après-demain les rats des villes seront, avec les rats des champs,
    La dernière race mammifère avant de s’éteindre à leur tour
    Après maintes guerres civiles, autodestruction débouchant
    Sur d’autres vies qui prolifèrent en éternels allers retours.

    Tableaux de GiveMeMood sur https:www.redbubble.compeopleGiveMeMoodexplore?page=1&sortOrder=recent .

  • Le regard papillon

    Le regard papillon

    Marianne va d’une personne à l’autre mais sans s’arrêter sur aucune ;
    En un mot, elle papillonne et girouette sur les élus.
    Qui donc serait le bon apôtre pour aller combler les lacunes
    D’une république tatillonne à faire ce qu’il aurait fallu ?

    Ainsi son regard a changé passant par une extrême droite
    Qui dérange son cœur à gauche quoique en fait on n’en sait trop rien.
    Voyez son visage orangé à tourner de façon adroite
    Sept fois ses yeux comme l’ébauche d’un égarement aérien !

    Bordel ici ! Et bordel là ! Tout ça lui fait tourner la tête
    Et la voici qui bat de l’aile en louchant sur l’ignominie
    Des deux extrêmes que Séguéla aurait, dans un moment de fête,
    Prédit comme deux parallèles qui se rejoignent à l’infini.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ma tête du samedi

    Ma tête du samedi

    Ce samedi matin tandis que je m’observe dans la glace,
    Je suis frisé comme un mouton et même à plusieurs confondus
    Comme une chemise d’organdi mais sur mes cheveux à la place
    Et tous prêts, nous nous en doutons, à être sans délai tondus.

    J’ai pourtant éteint la télé, je n’écoute plus les nouvelles
    Et j’ai jeté à la poubelle les prospectus des élections.
    Mais rien n’y fait. Je suis fêlé et de mon crâne se décervelle
    Ma matière grise hier rebelle mais aujourd’hui en déjection.

    Hélas je me sens macroné, lemairisé, attalisé,
    Ukrainisé, bidenisé, poutini-palestinisé.
    Fini alors de maronner sur le journal télévisé !
    Puisque je suis crétinisé, je voterai apolitisé.

    Tableau d’Alisa Williams sur https:alisa-williams.pixels.comart .

  • Ma tête du vendredi

    Ma tête du vendredi

    Ce vendredi, je suis vaseux, on m’a arraché une dent ;
    J’ai des poissons qui font la fête et nagent dans mon vague à l’âme.
    Un poisson-lune à l’air gazeux me fait un signe préludant
    La fin de ma prise de tête que la température enflamme.

    Dans mon encéphale aquarium, un requin me tape sur le nerf
    De ma molaire justement partie jeudi après-midi.
    Ce n’est plus un planétarium mais l’océan imaginaire
    Où je me noie absurdement dans une trouble comédie.

    Si une sirène m’entend, qu’elle vienne me charmer de sa voix
    Et dévorer à pleine dent mon cœur imbibé d’un sang mièvre
    Heureux tout en l’alimentant de revêtir ses grands pavois
    Pour l’épouser en quémandant de me réveiller de ma fièvre.

    Tableau de Victoria Nahum.

  • La chevelure de la sirène

    La salinité de la mer plaît aux écailles, pas aux cheveux ;
    Au fil des jours, au fil de l’eau, les belles coiffures s’emmêlent.
    Malgré le malt des algues amères et l’huile des poissons baveux,
    La chevelure part à vau-l’eau, tresses et mèches en pêle-mêle.

    Avant que l’eau ait déformé et abîmé sa dignité,
    Un traitement indispensable s’avère urgent pour la sirène.
    Il est temps de se transformer selon ses possibilités
    Grâce à sa queue convertissable en jambes dignes d’un port de reine.

    La queue se fend en tentacules qui se détachent peu à peu
    Délivrant deux jambes superbes qui seront très bien accueillies.
    Lentement dans le crépuscule, elle sent ses cheveux adipeux
    Revitalisés par les herbes et les fleurs fraîchement cueillies.

    Par les rayons directionnels d’un soleil régénérateur,
    Les cheveux d’un éclat nouveau se nourriront de sa lumière.
    Ce phénomène exceptionnel est l’un des signes révélateurs
    Lors d’une remise à niveau dont la sirène est coutumière.

    Tableaux de Jennifer Hrabota Lesser sur https:www.smarterartschool.comjennifer-hrabota-lesser-artist-profile.html .

  • Un monde tout feu tout flamme

    Un monde tout feu tout flamme

    Marie-Angèle-les-fesses-à-l’air et Joseph-fait-feu-de-tout-bois
    Ont comburé leur mariage tout feu tout flamme évidemment.
    Après leurs noces, ils s’en allèrent aux pôles où le soleil flamboie
    Quand vient minuit car à leur âge ne dorment jamais les amants.

    Du coup la banquise a fondu et la terre a rompu la glace
    Et les quatre éléments ensemble ont festoyé durant six jours.
    Alors le ciel a répondu à leurs souhaits et, à la place
    De vains cadeaux qui se ressemblent, a donné fruits à leurs amours.

    Adam est sorti de la glaise et Ève d’une fleur de lotus.
    Tous deux sont donc nés dans la boue crottés et tout dégoulinants.
    Pour se laver, à Dieu ne plaise, ils ont abusé d’une astuce
    Qui consiste à se mettre debout sous un orage incontinent.

    Ainsi Dieu a créé le monde par l’intermédiaire de deux anges
    Qui ont créé l’humanité au préservatif imparfait.
    Comme il aurait été immonde de procéder à un échange,
    Reconnaissant l’inanité de l’homme alors Il n’a rien fait.

    Tableau de Jane Graverol sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com202404jane-graverol.html .

  • Chimères de l’ouest et du pays levant

    D’abord la reine des abeilles n’est pas du tout celle qu’on croit ;
    Elle est si grosse et adipeuse qu’elle éprouve du mal à voler.
    Venue du pays des merveilles, elle a fait son chemin de croix
    Pour, durant des noces pulpeuses, d’avec un bourdon convoler.

    Mais la ruche est si minuscule que le couple a dû émigrer
    Vers ces pays démesurés aux perspectives incomparables.
    Les Américains se bousculent pour l’animal au pédigrée
    Qui donne un miel bleu-azuré meilleur que le sirop d’érable.

    Enfin le dragon des légendes s’il est bien animal volant
    Ne se rapporte pas aux reptiles mais bien à l’ornithologie.
    On en a fait la propagande en tant que monstres batifolant,
    Crachant un feu de projectiles vantés par la mythologie.

    Hélas l’espèce est disparue suite aux retombées atomiques
    Dont les champignons vénéneux leur ont carbonisé les ailes.
    Dans les mangas sont apparus depuis leurs épopées comiques
    Dont les récits faramineux font preuve d’un manque de zèle.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .