Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Métropolitaines Mariannettes

    Métropolitaines Mariannettes

    Ni trop polies ni malpolies, juste assez métropolitaines
    Sont les citadines qui s’ennuient dans les quartiers résidentiels.
    Derrière les vitres dépolies, elles vont courir la prétentaine
    Entre vingt-deux heures et minuit dans les palais présidentiels.

    Il est un conseil des ministres « olé-olé » à l’Élysée
    Et les secrétaires du sexe arrivent en berlines teintées,
    Puis suivent les couloirs sinistres où elles sont toutes fidélisées
    Pour câliner dans ce complexe notre président éreinté.

    Elles ont titre de Mariannettes – anciennement des favorites –
    Dont le nom a été changé pour une politique correcte.
    Marionnettes malhonnêtes, elles ont quand même du mérite
    À se laisser ainsi manger le minou par voies indirectes.

    Tableau de Jean-Gabriel Domergue sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201205jean-gabriel-domergue-1889-1962.html .

  • Entre nous, c’est assez !

    Entre nous, c’est assez !

    Pas de sirène ce vendredi ; elle aurait lâché le grappin
    Et s’rait partie se cache-à-l’eau afin que l’histoire s’arrête.
    Alors le marin contredit qu’on lui ait posé un lapin
    Alla chasser le cachalot ; faute de poisson et d’arête.

    Le léviathan, un vieil ami de la sirène déconfite,
    Avait une dent contre l’homme ou plutôt ses fanons tendus.
    Il fonça droit sur l’ennemi dont le bateau donnait du gite
    Et le précipita au royaume du roi Neptune, bien entendu.

    Emmené par le cétacé par-devant la cour de justice
    Pour des accusations tordues, relatives à son impuissance,
    Le marin cria « C’est assez ! Je vous demande un armistice
    Car la sirène m’a mordu au nœud de l’affaire en instance. »

    Tableau de Tom Walters.

  • La sirène à queue de paon

    La sirène à queue de paon

    Une sirène qui fait la roue ! Quoi de plus beau dans les abysses ?
    Une sirène à queue de paon ! Quoi de plus noble au bout du compte ?
    Si l’organe souffre peu ou prou d’absence de pieds et de cuisses,
    Il met tout son charme en suspens d’après tout ce qui se raconte.

    Sur les nageoires, les yeux de paon trompent poissons et crustacés
    Et hypnotisent l’hippocampe qui s’attarde au bout de sa queue
    Ainsi que tous les occupants des abords et les cétacés
    Qui instantanément décampent vers un meilleur milieu aqueux.

    Mais le pot-aux-roses irisé se dévoile à tout quémandeur
    Qui vient voir les poissons artistes qui jouent à l’encre de ses yeux
    Trempés dans les pieuvres égrisées par l’ivresse des profondeurs
    Qui saoule les instrumentistes d’un magnétisme fallacieux.

    Tableau de Holly Sierra.

  • Quand il faut se mouiller

    Quand il faut se mouiller

    À l’instar de Salvador Dali, qui n’avait pas peur de mouiller
    Pinceaux, tubes, couleurs et palette dans le Grand Canal à Venise,
    Sitôt que ma plume pâlit ou que mes vers sont barbouillés,
    Je m’en vais faire des vaguelettes dans l’encre qui me galvanise.

    Salvador Dali était peintre expressionniste de surcroît.
    Sans me comparer à lui-même, je suis néanmoins ses conseils ;
    J’accroche mes habits sur le cintre après que le soleil décroit
    Et puis, tout nu mais le cœur blême, je plonge dans les eaux de Marseille…

    Et j’y retrouve alors mes sources et tous mes souvenirs noyés
    Dans le Vieux-Port où les sirènes se rassemblent pour m’accompagner.
    Rue Paradis, Place de la Bourse, tous mes fantômes apitoyés
    M’invitent à une souveraine tournée au quartier du Panier.

    Photo de Salvador Dali à Venise en 1947.

  • Quand les fées sont aux abois

    Quand les fées sont aux abois

    Quand les fées se transforment en biches, elles voient des effets secondaires
    Se répandre auprès des grands cerfs pressés d’assouvir leurs instincts.
    Bien qu’elles se montrent assez godiches à marcher comme un dromadaire,
    Leurs jolis corps vont de concert vers un érotique destin.

    Même quand elles redeviennent humaines et vont se baigner dans l’étang,
    Les mâles attirés par leurs miches sortent du bois pour les saillir.
    Elles, devant ces énergumènes, n’ont pas le réflexe compétant
    Et les cerfs montent sur les biches qui lors se sentent défaillir.

    Neuf mois plus tard, elles accouchent d’un fils appelé « faune-enfant »
    Qui sera à la fois un homme et à la fois un cervidé
    Qui lui-même plus tard sur sa couche transmettra le gène du faon
    À son épouse dont le génome sera forcément hybridé.

    Dans les lois de la génétique, Mendel n’a pas prévu ce cas
    Pourtant dans les forêts de Suisse, le phénomène se développe ;
    J’entends souvent de frénétiques élans d’amour avec fracas
    Et puis s’enfuir de belles cuisses trahissant de fieffées salopes.

    Tableau de Suzanne Parareda.

  • L’apéro sur l’herbe

    L’apéro sur l’herbe

    À l’instar de l’apéritif qui doit vous mettre en appétit,
    Les préliminaires exigent une mise en bouche, comme il se doit,
    Mais surtout pas expéditifs ni trop poussés ni trop petits
    Juste l’émotion qui dirige seule le tact au bout des doigts.

    À l’instar du fameux cocktail qui doit séduire les papilles,
    Les caresses courtisent le corps et le parcourent de frissons.
    Gare au malentendu mortel qui tue l’amour et l’écharpille ;
    Place à ce qui entre en accord et qui résonne à l’unisson.

    À l’instar des amuse-gueules qui doivent équilibrer l’alcool,
    Les baisers nourriront les cœurs qui battront de plus en plus fort.
    Si jamais elle fait sa bégueule, ne soyez pas trop pot de colle ;
    Il n’y a jamais eu de vainqueur qui obtienne tout sans effort.

    Tableau de Jean-Gabriel Domergue sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201205jean-gabriel-domergue-1889-1962.html .

  • Le fil rouge

    Le fil rouge

    Toujours ce fil rouge obsédant qui relie toutes nos époques
    De la préhistoire à nos jours et se prolonge dans l’avenir.
    Chaque épisode se succédant donne la tension réciproque
    D’une onde qui devrait toujours m’éclairer sur mon devenir.

    J’ai beau sentir la vibration et j’ai beau lui tendre l’oreille,
    Je ne comprends rien aux messages de ces coups de fil du destin.
    À moins que ma calibration, étant à nulle autre pareille,
    Ne trahisse pas le passage d’un ange ou démon clandestin.

    Si ma vie ne tient qu’à un fil, heureusement il est solide ;
    Un fil de Parque, premier choix, sans doute un futur important…
    J’affiche plutôt le profil d’un anti-héros invalide
    Mais si ce fil rouge m’échoit le nirvâna, je suis partant.

    Tableau de Michael Triegel sur https:www.museumdefundatie.nlenmichael-triegel .

  • L‘addiction guidant le peuple

    L‘addiction guidant le peuple

    La liberté guidait le peuple lorsqu’il se sentait opprimé
    Mais la liberté coûte cher en courage et en volonté.
    Jusqu’à ce que ce troupeau aveugle ne l’ait peu à peu supprimée
    En implantant sa propre chair de puces en chaînes prémontées.

    L’autoguidage par satellites a guidé nos automobiles,
    Le formatage des médias dirige nos rêves aussi.
    Et nous observons nos « élites » nous prendre vraiment pour des débiles
    Et même pire, dans l’immédiat, pour des robots mal dégrossis.

    Or la génération suivante, celle née avec la technique,
    Sera heureuse, vassalisée, sans jamais se prendre la tête.
    Leurs cervelles deviendront savantes en termes biomécaniques
    Mais, pour l’amour, banalisées à se reproduire en éprouvette.

    Illustration de David Vela.

  • Le grand bal de la vie

    Le grand bal de la vie

    Au bal des débutantes,
    Les filles sont charmantes ;
    Elles se mettent à nu
    Pour braver l’inconnu.

    Au bal de fin d’année,
    Les filles spontanées
    Danseront toutes nues.
    Que de tendres ingénues !

    Au bal de fin d’étude,
    Les filles ont l’habitude ;
    Le diplôme obtenu,
    Travaillent en continu.

    Dans les bals costumés,
    Les filles présumées
    À s’offrir toutes nues
    Seront toutes retenues.

    Au bal de l’équinoxe,
    Les filles peu orthodoxes
    Ainsi sont parvenues
    À être reconnues.

    Au bal de fin de vie,
    Les filles qui ont suivi
    L’amour en continu
    Seront les bienvenues.

    Tableau de Paul Delvaux.

  • À l’heure du désir

    À l’heure du désir

    Pourquoi les montres et les horloges sont-elles à dix heures moins dix ?
    Pardi ! C’est l’heure où le désir s’éveille dans le cœur des femmes.
    D’ailleurs les hommes en font l’éloge en élevant leurs appendices
    Pour que l’aiguille du plaisir sonne l’heure où l’amour s’affame.

    L’informatique et la technique sont de terribles tue-l’amour
    Avec leurs montres numériques affichant zéro-neuf, cinquante.
    Toutes les théories ethniques sont tout ce qu’on veut sauf glamour
    En nous promettant d’oniriques destinées par très convaincantes.

    Il est des montres érotiques où le coït est répété
    Toutes les heures quand les aiguilles copulent en prenant leur temps.
    Quelques secondes chaotiques, elles se séparent hébétées
    Mais tournent une heure et puis resquillent toute la journée en flirtant.

    Tableau de Franck Rozet.

  • Toréadore, j’adore !

    Toréadore, j’adore !

    Que le temps des toréadores vienne s’établir dans l’arène
    Pour voir le combat singulier de la belle contre la bête.
    Femme et taureau, je les adore à poil avec un port de reine
    Pour cet instant particulier de lutte à six jolies gambettes.

    Pas de mise à mort, s’il vous plaît, mais un corps à corps tamponneur ;
    La toréadore vaincra lorsque la bête chevauchera !
    On s’arrête à la première plaie, au sang versé en déshonneur
    De l’adversaire qui convaincra bien mieux avec tout l’apparat.

    Quant aux oreilles et à la queue, ne tombons pas dans le grivois ;
    Soyons sportifs si c’est possible bien que tous les coups soient permis !
    Si l’homme était trop belliqueux, espérons qu’elle ouvre la voie
    À une corrida accessible aux femmes les plus affermies.

    Photo d’Antonio Lozano García sur https:www.facebook.commediaset?set=a.439601419411036&type=3&comment_id=439633509407827&paipv=0&eav=AfZoDz9jastXhxXLOt8R_UWKJFmoxzCH3EwSDNteLjXZsXIL9AUjXRamnmG-hPIKZi8&_rdr .

  • La quatrième Parque

    La quatrième Parque

    Celle qui file l’existence de toute notre planisphère
    Serait la quatrième Parque omise dans la mythologie
    Qui ne dit pas que sa substance est répandue dans l’atmosphère
    Qui retombe et puis se remarque sauf en météorologie.

    Car son fil rouge se déroule par l’eau de pluie qui tombe à verse,
    Qui fait déborder les ruisseaux et les rivières souterraines,
    Entraîne les pierres qui roulent dans les rigoles de traverse
    Qui abreuvent les arbrisseaux et la nature souveraine.

    Et cette année, c’est justement l’occasion extraordinaire
    Où la quatrième du nom par toutes ses eaux nous inonde.
    Et tous ces grands événements ne sont que les préliminaires
    D’une apocalypse canon qui va sonner la fin du monde.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La transmutation – 2

    La transmutation - 2

    Une fois transformé en femme, je regardai ces demeurés :
    Sainte-Pierrette – car c’était elle – accompagnée du Saint-Esprit.
    Au début je pensais infâme qu’un ange puisse me leurrer
    Mais quand je vis la clientèle du Paradis, j’ai tout compris.

    « – Seulement des femmes au Paradis ? Pourquoi ce réajustement ?
    – Tu es seulement en transit avant de retourner sur Terre !
    – Je n’en ferai pas une maladie mais pourquoi en femme justement ?
    – Ainsi pas le moindre parasite et rien que des célibataires ! »

    Toujours aussi impénétrables, les voies du Seigneur-Tout-Puissant !
    C’est vrai que pour porter la robe blanche une femme, c’est bien plus seyant !
    Ainsi je rejoignis les anges qui trouvaient cela jouissant
    Que je sois une femme probe… plutôt qu’un homme malveillant †.

    (Tableau de Thomas Bérard ;
    † j’ai bien précisé qu’il s’agissait d’un rêve idiot.)

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  • Les trois Parque de mes nuits

    La nuit quand l’âme se connecte au réseau des dieux angéliques,
    Je demande aux opératrices de retransmettre mon appel
    À mes ancêtres qui se délectent des aventures machiavéliques
    De la planète génératrice des coups de gueules et de scalpels.

    Souvent la nuit ce sont les Parques qui s’occupent des coups de fils
    Après avoir tissé, coupé, raccommodé, noué, tranché
    Le filin qui mène ma barque vers sa destinée qui défile
    Quand je ne dois pas écoper le trop plein d’eau à étancher.

    Allo ! Ne coupez pas, allo… Ça y est ! Plus de tonalité !
    Encore une conversation coupée sans le moindre remord.
    Les Parque font des méli-mélo qui donnent des pénalités
    Par maintes tergiversations entre les vivants et les morts.

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  • La transmutation – 1

    Encore un rêve vraiment débile, suite à ces élucubrations
    Que je parcours à la radio et que j’entends dans le journal ;
    Je me suis retrouvé immobile en train de faire mes ablutions
    Tout habillé comme un idiot pour un baptême nocturnal.

    Je sais que c’était un baptême car un ange m’a tendu la main
    Et m’a invité à le suivre et vivre une nouvelle vie.
    Ne voyant aucun chrysanthème, j’optai pour prendre le chemin
    Dans lequel je pourrais poursuivre mon existence et son suivi.

    Et je fus transmuté en femme avec tout son équipement.
    « Hé là ! Je ne suis pas d’accord ! » m’écriai-je inopinément.
    « Pourquoi ? Trouves-tu cela infâme ? » me répondit-il vivement ;
    « Non, finalement, mais c’est mon corps qui me trouble opportunément ! »

    Tableaux de Thomas Bérard.

  • La justice tranchante

    La justice tranchante

    Lorsqu’une loi, bien aiguisée, sort de la forge de l’assemblée,
    Celle-ci peut se montrer tranchante, sans doute un peu trop affutée
    En vue d’offrir à l’Élysée une France désassemblée
    Qui pleure et qui se désenchante ne n’avoir pas été futée.

    Paradoxalement les femmes aiment brandir l’épée phallique
    Comme ministre de l’Intérieur, cheffe des armées et la Culture
    Qui sort son revolver infâme quand on lui parle de loi salique
    Qui renvoie au rôle antérieur ces meufs au bord de la rupture.

    L’ère nouvelle des compromis proposée par le roitelet
    Mêlera la droite et la gauche dans un alliage trop alléchant.
    Et les avantages qu’ont promis ministres et députés replets
    Nous apparaissent comme l’ébauche d’une justice à double tranchant.

    Tableau de Pinturero.

  • Que restera-t-il ?

    La fin du monde se montre infâme envers les humains triomphants,
    Gloussant que c’était de l’humour de se partager les ressources !
    Quand viendra la dernière femme à avoir le dernier enfant,
    Sonnera le glas de l’amour qui n’a pas su ouvrir les bourses.

    En attendant, il faut s’armer, sélectionner ses alliés
    Et bien choisir ses ennemis parmi les meilleurs concurrents.
    Sans oublier de gendarmer, de policer et de rallier
    Les meilleures épidémies par virus les plus endurants.

    La Terre n’est pas assez grande pour la population actuelle
    Qui a déjà bu le budget alloué pour l’année entière.
    Vivre à crédit alors demande d’hypothéquer la factuelle
    Succession aujourd’hui grugée à notre descendance héritière.

    « L’humanité, je la connais, c’est comme si je l’avais faite ! »
    M’a dit un bon dieu maladroit, imbattable en inexpérience.
    « Bon. Cela dit, je reconnais une nouvelle fois ma défaite
    Mais dès demain j’ai encore droit à faire de nouvelles expériences ! »

    Photo montage de Henzo.

  • La sirène hallunecinée

    La sirène hallunecinée

    En Pleine Lune, la sirène sent les premiers préliminaires
    Entre les courants ascendants, balancés et puis descendants.
    Sous l’énergie la plus sereine des quatre périodes lunaires,
    Son cœur est plus condescendant envers les marins prétendants.

    Sans doute l’appétit charnel supplante sa gloutonnerie
    Et l’eau dilue ses phéromones en maintes circonvolutions
    Pour que son désir maternel jouisse de polissonneries
    Avec un parfum d’anémone pour en hâter l’évolution.

    Mais déjà la Lune décroît et la sensualité s’éteint ;
    Les instincts reprennent le dessus et la faim rapplique soudain.
    Si l’envie revient de surcroît ce sera pour faire un gratin
    Du pauvre marin alors déçu de finir en peau de boudin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La sirène métamorphosée

    Quand la Lune sera croissante, la sirène nourrira sa peau,
    Puis fera couper ses cheveux et épiler sa queue nacrée.
    Après deux semaines angoissantes, elle sentira fort à propos
    L’astre réaliser tous ses vœux et notamment le plus sucré :

    Quand la Lune sera décroissante, la sirène se purifiera
    Pour faire repousser ses écailles et sa chevelure ondulée.
    Passé la semaine harassante, sa poitrine s’intensifiera
    Et de ses mamelons corail perleront des gouttes de lait.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Unis pour la vie

    Unis pour la vie

    Pour on ne sait quelle raison, l’homme disparaîtra brusquement
    Et les femmes embarrassées devront prendre une initiative.
    Avoir un singe à la maison commencera pittoresquement
    À devenir la panacée qui sera communicative.

    Comme les filles sont humaines et les garçons, de beaux primates,
    On les verra évoluer en pin-ups et singes velus
    Qui bosseront toute la semaine et dormiront dans des casemates
    En étant réévalués comme travailleurs chevelus.

    Les femmes, demeurant épilées, décideront de vivre nues
    Et les familles se grouperont en communautés de tous poils
    Dont l’envie de désopiler sera le rite convenu
    Au point qu’les veuves rigoleront en tenant les cordons du poêle…

    Les singes n’étant pas chauds lapins mais enclins à faire des échanges,
    Les femmes partageront de leur mieux leur nymphomanie contagieuse.
    Ainsi, en costumes de sapin, les mâles, n’étant pas des anges,
    Comparaîtront vite devant Dieu bénis par leurs amantes religieuses.

    Tableau de Daniele Nannini sur https:www.saatchiart.comen-chdanielenan .

  • Les Trans-animales

    Les transgenres seront démodés d’ici quelques années encore
    Où l’on verra l’espèce humaine hybridée en femmes-animales.
    Par ADN accommodé, dopé aux gènes de manticore,
    Qui produiront des phénomènes qui resteront dans les annales.

    Femmes-serpents pour nous séduire et Ève prendra sa revanche
    En menant l’homme irresponsable à la baguette et au diapason.
    On les verra se reproduire, faire des enfants aux yeux pervenche,
    Pigmentation indispensable pour mettre l’homme en pâmoison.

    Les femmes-chattes, les plus belles, domineront la société ;
    Elles auront accès aux commandes du pouvoir à tous les niveaux.
    Cruelles, méchantes et rebelles, elles croqueront à satiété
    Les hommes-souris, à leur demande, pour éliminer leurs rivaux.

    Les femmes-chiennes, étant lesbiennes, auront fort peu de descendance ;
    Cela évitera à leurs maîtres de les sortir trois fois par jour.
    On les verra en file indienne faire dans la plus grande indécence
    Le copinage au kilomètre qu’elles pratiquent depuis toujours.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La musique de charme

    La musique de charme

    Bien sûr, les violonistes hongrois savent tirer des émotions
    De leurs instruments que l’on croit chargés de grande dévotion
    Toute à la musique de charme qui touche le cœur et le corps
    Et qui lascivement désarme tout l’être dans le même accord.

    Mais ce sont plutôt les hongroises qui méritent d’être reconnues
    D’une musique qui rend pantois car elles la jouent toutes nues.
    Le violon calé sur le sein, jambes écartées mais sans marcher,
    Elles dodelinent du bassin tandis qu’oscillent leurs archets.

    Oui mais défense d’y toucher ! On ne les frôle qu’avec les yeux
    Et s’ils se mettent à loucher l’effet est bien plus merveilleux.
    Quant aux oreilles, elles y pénètrent avec de petits trémolos
    Que votre organe va reconnaître en se sentant moins ramollo.

    Tableau de Maxim Gladko sur https:poramoralarte-exposito.blogspot.com201710maxim-gladko_30.html?m=0&hl=es_419 .

  • Une carrière chevaline

    Dans quelle meilleure carrière un cheval peut-il réussir
    Si ce n’est qu’aux échecs, je crois, surtout le rôle du cavalier
    Dont les sauts avant et arrière vont le forcer à s’endurcir
    Pour éviter d’être la proie du roi adverse, fou à lier !

    Je déconseille les manèges et les petits chevaux de bois
    Qui tournent en rond sans progresser au milieu des cris des enfants.
    Bien sûr, la troïka sur la neige offre un prestige qui flamboie
    Mais on se fait trop agresser par de vieux soviets triomphants.

    Tableaux de Evandro Schiavone.

  • Au plus profond de la forêt

    Au plus profond de la forêt

    Sauvage, farouche et prudente, la nymphe du cœur des forêts
    Guette le moindre mouvement, l’odeur transportée par le vent,
    Écoute les piailleries ardentes poussées par les oiseaux dorés
    Et pressent les trémoussements des arbres au feuillage fervent.

    Je l’ai surprise malgré moi en avançant à pas de loup.
    Elle prend la forme d’une biche, d’un écureuil ou d’un renard
    Mais je ne montre aucun émoi bien que je la trouve cheloue
    Et faisant comme si je m’en fiche, je continue l’air goguenard.

    À la nymphe je pense complaire car elle aime se faire surprendre
    Pour s’enfuir nue dans les fourrés par de tous petits bonds furtifs.
    Ils ne sont pas pour me déplaire et ils me permettent d’apprendre
    Le grand mystère des forêts par petits culs blancs fugitifs.

    Tableau de Christopher « Ronin » Shy sur http:primadisvanire.it201304christopher-ronin-shy .

  • Point de cri, point de croix

    L’originale criait trop fort et faisait braquer mes voisins
    Qui protestaient en me voyant au sujet d’mes nuits intensives.
    J’leur ai promis de faire l’effort de les rendre un peu moins zinzins
    Mais c’était en me fourvoyant car ma copine est expansive.

    Je vous ai brodé cette histoire qui n’est pas cousue de fil blanc
    Mais accomplie au point de croix faufilée de sévérité.
    Comme c’était prémonitoire, ils ont posé sans faux-semblants
    Sa caricature que je crois vraiment criant de vérité.



    Bizarrement, la deuxième photo m’a été censurée par Facebook

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La Terre en colère

    La Terre en colère

    Qui a mis Gaïa en colère ? Qui lui a mis les nerfs à vif ?
    Est-ce la surconsommation ou l’épuisement des ressources ?
    Dans notre siècle de galère où le temps devient incisif,
    Passé celui des sommations, le temps accélère sa course.

    Et même le ciel en a marre d’être rayé et quadrillé
    Par des chemtrails porteurs d’orages dopés aux vents artificiels.
    L’océan largue les amarres des îlotiers expatriés
    Par la montée des eaux en rage d’un châtiment sacrificiel.

    Les dinosaures en ont bavé, les Atlantes en ont galéré
    Rien ne va plus lorsque la Terre nous crache ses insanités.
    On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions avérées
    Mortelles, vaines et délétères concernant notre humanité.

    Illustration Hedy Chen sur https:displate.comhedychen .

  • Adieu septembre, bonjour octobre

    Adieu septembre, bonjour octobre

    C’était un vingt-deux septembre et l’été au diable vauvert
    Partit rejoindre le printemps aussi arrosé que l’hiver.
    Hélas l’automne aux couleurs ambre s’annonce tout aussi pervers
    Autant dédié aux mauvais temps qu’on l’a vu de tout l’univers.

    Nous rêvions d’un été indien et nous récoltons la mousson
    Dont tous les météorologues nous prédisent inondations.
    Ce nouveau cycle circadien, qu’en tant qu’humains nous repoussons,
    Suscitera dans les dialogues autant de recommandations.

    À nos colchiques dans les prés qui marquaient la fin de l’été,
    Succéderont les chrysanthèmes qui sonnent la fin de l’automne.
    Même nos forêts empourprées vont vite toutes refléter
    Les couleurs qui auront pour thème un hiver des plus monotones.

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

  • Du rêve en mouvement

    Du rêve en mouvement

    Lévitation par le mental, téléportation par l’esprit,
    Voyage astral spirituel, … sont tous des rêves en mouvement.
    Ce grand pouvoir fondamental qui réfute ce qu’on a appris
    Est devenu le rituel des super-héros du moment.

    Reste à développer le don qui donne aux rêves leurs propres ailes ;
    Voyager à travers le temps, vaincre la mort et puis revivre,
    Téléporter son Cupidon pour décocher, rempli de zèle,
    Sa flèche dans le cœur battant de l’âme-sœur prête à me suivre ?

    J’ai mis la bride sur le cou à mes désirs les plus secrets
    Et je les charge de mission d’attaquer mes moulins à vent. †
    Alors si demain, tout à coup, je me mets à me consacrer
    À sauver le monde en perdition, plus rien ne sera comme avant.

    † pour le don « quichote » et le Tableau est de Daniel Ludwig sur http:static1.squarespace.comstatic51cced30e4b014f2c6e68c80t560af148e4b059324dcf6cd71443557713370Daniel+Ludwig+e-catalogue.pdf .

  • Qui veut aller de l’avant ménage ses arrières

    Qui veut aller de l’avant ménage ses arrières

    Être sûr.e au dernier moment demande confiance en soi,
    Parer au moindre tue-l’amour à fair fuir le.la prétendant.e.
    Comme il est dit dans les romans, on s’assure quoi qu’il en soit,
    Quelques petits gestes glamours pour rendre l’autre consentant.e.

    Pour elle, je ne connais pas tout ; majeur glissé dans la culotte,
    Index pointant vers le pubis, pouce introduit entre les lèvres…
    Pour connaître tous leurs atouts, il me faudrait une copilote
    Qui me guide pour que je subisse ces petits gestes avec fièvre.

    Pour lui, ça dépendra du gars ; s’il est plein aux as ou fauché
    Mais c’est toujours du matériel – il a des idées arrêtées.
    Mais il limitera les dégâts s’il projette de chevaucher
    La partie du corps sensoriel qu’il envisage d’affréter.

    Tableau de Thomas Saliot sur https:www.art-spire.comtraditional-paintingreally-sexy-paintings-by-thomas-saliot.

  • Baiser rosé à Paris

    Baiser rosé à Paris

    Baiser volé, baiser rosé, cueilli là à même tes lèvres
    Une nuit où je voyageais en projetant mon égrégore.
    Baiser hardi, baiser osé, audacieusement avec fièvre
    Goûté tandis que je nageais pour que mon âme se revigore.

    J’ai longtemps pris cette habitude de suivre les routes du cœur ;
    Parcourir la carte du tendre à bord d’un véhicule astral.
    Hors du temps et sa platitude, hors de l’espace alambiqueur
    Qui m’empêchent de voir et entendre un coup de foudre magistral.

    C’est sur ce balcon parisien que j’ai trouvé mon âme-sœur
    Qui, attirée par ma présence, a ouvert la porte-fenêtre,
    Cherchant un prince vénusien qui lui apporte quelques douceurs
    Comme un baiser de complaisance porteur d’une aventure à naître.

    Tableau de Marco Barberio.

  • Ma semaine etc.

    Ma semaine etc.

    Lundi, je m’envole ;
    Mardi, je survole ;
    Mercredi, je prends l’autocar.
    Jeudi, l’escalier ;
    Vendredi, faut rallier
    Samedi à minuit moins l’quart.

    Lundi, recommence ;
    Mardi, ça avance ;
    Mercredi, on me tire l’oreille.
    Jeudi, j’en ai marre ;
    Vendredi, je me marre ;
    Samedi, c’est toujours pareil.

    Lundi, c’est la chute ;
    Mardi, la rechute ;
    Mercredi, sept mois en enfer.
    Jeudi, ça remonte ;
    Vendredi, je surmonte ;
    Samedi, une santé de fer.

    Lundi, c’est l’éveil ;
    Mardi, je m’réveille ;
    Mercredi, j’ouvre le couvercle.
    Jeudi, en avance ;
    Vendredi, quelle chance ;
    Samedi, j’ai quitté le cercle.

    Lundi, par bravade ;
    Mardi, je m’évade ;
    Mercredi, vers d’autres pays ;
    Jeudi, les montagnes ;
    Vendredi, je bats la campagne ;
    Samedi, je suis ébahi.

    Lundi, c’est dimanche ;
    Mardi, c’est dimanche ;
    Mercredi, c’est toujours dimanche.
    Jeudi, c’est dimanche ;
    Vendredi c’est dimanche ;
    Samedi, c’est toujours dimanche.

    Illustration d’Olga Siemaszko.

  • Coiffures lumineuses

    Les créateurs pourraient aller ailleurs, sans tambour ni trompette,
    Se rhabiller quand sonne l’heure des vrais changements de saison.
    Car on s’sait qui s’est installé, tranquille aux commandes des tempêtes,
    Pour relâcher autant de leurres dans la nature sans raison.

    La nuit tous les cheveux sont gris que les songes mettent en couleurs
    Avec des fleurs d’intensité variable selon les rêves.
    Parfois si le temps s’est aigri, ils laissent place aux cauchemars
    Avec des peurs d’immensité fort heureusement assez brève.

    Vers minuit sous la pleine Lune, les racines se développent
    Créant une miscellanée de flammèche et mèches emmêlées.
    Et si la nuit est opportune, de petits reflets interlopes
    En feux follets instantanés brilleront d’un ciel constellé.

    Déesse sage, Dame Minerve, reste maîtresse de nos tresses,
    En aval des queues de cheval et en amont des beaux chignons.
    Que le cuir chevelu s’innerve, les cheveux soient moins en détresse
    Et que le culte minerval nous fasse paraître plus mignons.

    Tableaux de Hayk Shalunts.

  • Coiffures de saison

    L’hiver est doux comme un printemps qui retient encore ses flocons,
    Les perce-neiges ne savent plus s’il faut percer ou s’ignorer
    Et les coiffures en font autant en retombant sur les balcons
    Des poitrines qui ont tant plu que les saints les ont honorés.

    Le printemps cuit comme un été qui rôtit sous la canicule,
    Les coquelicots hésitent encore à s’ouvrir ou se refermer
    Et les coiffures viennent téter l’humidité qui s’accumule
    Entre les replis sur le corps gorgés de sueur renfermée.

    L’été pluvieux comme un automne qui se mélange les couleurs,
    Les feuilles se tâtent pour tomber ou pour rester sous les feuillages
    Et les coiffures monotones frisent sous l’effet d’enrouleurs
    Tout autour des mèches bombées par cet humide maquillage.

    L’automne est froid comme un hiver qui s’annonce un peu trop précoce,
    Les champignons sous leurs bonnets de nuit ensemble se regardent,
    Cheveux, chignons les plus divers, tresses et nattes se cabossent
    Et les coiffeurs sont abonnés à une mode d’avant-garde.

    Tableaux de Hayk Shalunts.

  • Timeo danaos et dona ferentes

    Timeo danaos et dona ferentes

    « Je crains les Grecs et les Romains, même lorsqu’ils apportent des cadeaux ! »
    Cela provient de leur nature à nous mêler de tous leurs dieux.
    Je crois après mûr examen me méfier de l’Eldorado
    Promis par toutes signatures au bas de contrats insidieux.

    Pareil quand le gouvernement apporte ses amendements
    Qui ne concernent que la classe des élus et riches nantis.
    Méfions-nous lorsque nous ment un député perfidement
    Qui fait croire à la populace une expansion sans garantie.

    Ainsi donc la constitution qui nous promet l’égalité,
    Apporte plus de disparités que d’équilibre entre les classes.
    Et la fameuse contribution « Liberté & Fraternité »
    Donne autant de sécurité qu’un verre avec un bris de glace.

    Tout ce qui vient de l’Élysée et de l’entrée au Panthéon
    Me semble l’arbre de cocagne qui cache l’administration.
    Tout est alors européisé à la sauce « Macroléon »
    Par ceux qui sortent d’hypokhâgne mais avec désapprobation.

    Illustration d’Albert Uderzo pour « Astérix légionnaire ».

  • Marianne désorientée

    Marianne désorientée

    Une Marianne orientale ? L’idée me semble intéressante
    Et pourquoi pas orientée ailleurs que le vieil occident ?
    Issue d’une ville natale aux légendes éblouissantes
    Et ses naïades enchantées découvertes par accident.

    Des gouvernements colorés nous ont déjà montré la voie,
    Alors aménageons des bustes d’une Marianne d’orient
    Et sa religion honorée dans nos églises par la voix
    Des enfants de chœur qui s’ajustent aux nouveau cultes inexpérients.

    Liberté d’être né ailleurs, Égalité des traditions,
    Fraternité dans la cuisine par couscous, méchouis et tajines.
    Plus d’officiers civil railleurs envers les noms en filiation
    Avec tout ce qui avoisine LGBT et androgynes.

    Mais quant à sa laïcité depuis le siècle des lumières,
    On repart toujours de zéro car de Dieu… aucune nouvelle.
    Fi de toute héroïcité dans toutes les avant-premières
    Car même les super-héros n’ont que des muscles sans cervelle.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La sirène médusée

    La sirène médusée

    Je fus complètement médusé par celle-là qui prit mon cœur,
    Qui m’étreignit entre ses bras, m’enlaça dans sa queue d’écailles.
    Si de moi, elle a abusé, je n’en garde aucune rancœur
    Bien que son lit, faute de drap, exhale un parfum de poiscaille.

    Mais l’odorat n’agit dans l’eau pas comme sur la terre ferme,
    Tandis que l’ouïe et le toucher dépassent de loin le barème.
    Mon sexe, hier assez branlo, connut l’exaltation du sperme
    Qui, par la sirène embouché, m’a donné un plaisir extrême.

    Le coup de grâce n’a pas eu lieu ; elle avait l’air d’être déçue
    Prenant le goût de ma semence, ni trop sucré, ni trop amer,
    Ni trop salé pour son milieu, comme un puissant coup de massue
    Car, avant que je recommence, elle courut tout droit vers la mer.

    Illustration de Hope Hokulani sur https:www.etsy.comfrshopHopeHokulani .

  • Dépucelage chimérique

    Dépucelage chimérique

    C’était au cours de ma jeunesse, plus précisément vers la fin,
    Lorsque j’étais adolescent mais pas vraiment l’âme sereine.
    J’avais gagné à la kermesse un poisson rouge d’un aigrefin,
    Un forain fou me confessant qu’il s’agissait d’une sirène.

    Sait-on jamais ? Délicatement mon poisson rouge déposé
    Dans l’onde tiède de ma baignoire, je sortis sans faire de bruit.
    Minuit sonna exactement à l’instant même supposé
    Où naquit parmi les eaux noires comment vous dirais-je… le fruit.

    Lumière ! La sirène est là et comme elle n’a pas l’air farouche
    Je m’en approche, je tends la main, elle la saisit et m’encourage.
    Et puis après tout bascula et d’un goût salé dans ma bouche
    Je sentis mon corps de gamin perdre plus que son pucelage.

    Tableau d’Alisa Williams sur https:fineartamerica.comprofilesalisa-williams .

  • Le rêve dans le rêve

    Le rêve dans le rêve

    Je ne sais pas quand je m’endors mais je sais quand je sors du rêve ;
    Quand il devient réalité et que je m’observe dormir.
    Je ne sais si je me rendors ou si à maintes périodes brèves
    Je cherche la moralité du cauchemar qui m’a fait frémir.

    Parfois je lis une aventure pour inviter les plus beaux songes
    À poursuivre l’histoire sans fin dans un épisode exotique.
    Mais la rêverie dénature son contenu par un mensonge
    Qui me télétransporte aux confins des mondes les plus érotiques.

    Malgré le fantasme gravé dans les limbes de ma mémoire,
    Au réveil le texte a fondu comme neige dans l’aube matinale.
    Relire le texte entravé dans ce puits d’oubli aux eaux noires,
    Est immédiatement confondu dans une image subliminale.

    Tableau de Thomas Saliot sur https:www.art-spire.comtraditional-paintingreally-sexy-paintings-by-thomas-saliot.

  • Le choix du prénom

    Comment appeler son bébé au moment de l’accouchement ?
    Comment lui donner confiance si l’on ne connaît pas son nom ?
    De peur de le voir tituber ou résister farouchement
    Et qu’il montre de la méfiance à servir de chair à canon…

    Donnez un Scrabble aux médecins, puis installez la mère au centre,
    Piochez, triez et permutez jusqu’au prénom qui la contracte.
    Posez celui-ci sur le sein, puis posez la main sur le ventre,
    Et du placenta transmuté, sonnera la fin l’entracte.

    Au troisième acte, comme au théâtre, on cite le nom des acteurs :
    La sage-femme, l’obstétricien, la mère et le père échéant.
    Et quand enfin sort le bellâtre qui est, de la pièce, l’auteur
    Tous crient le nom du magicien qui paraît sortir du néant.

    Tableau de Wei Dong sur https:arthag.typepad.comarthag201103wei-dong-nicholas-robinson-gallery.html .

  • Quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver †

    Quand j'entends le mot culture, je sors mon révolver †

    Mon jardinier consciencieux surveille tellement les cultures
    Qu’aussitôt le gazon poussé, il sort sa tondeuse thermique.
    L’automne, il se montre ambitieux envers les feuilles en sépulture
    Qui l’aperçoivent se trémousser avec son balai électrique.

    Un peu partout sur la planète sévissent ces genres d’experts
    Qui coupent l’herbe sous les pieds à tout esprit qui sort du rang.
    Ils ont beau faire place nette, je reste celui qui espère
    Qu’un jour, surviendront les pompiers envers ces actes exaspérants.

    D’autres jardiniers de l’état coupent la moindre tête qui ose
    Lever un œil informatif sur l’ignorance environnante
    Car plus le peuple reste bêta, plus on force sur la psychose
    D’un châtiment démonstratif et plus sa peur est dominante.

    (Illustration de Pawel Kuczynski ;
    † citation de Bladur von Schirach.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Concerto pour un naufrage

    Concerto pour un naufrage

    Lui, il jouait tout feu tout flamme sur un piano en plein naufrage,
    Elle, elle était tout feu tout femme pour accompagner son ouvrage.
    Le duo, hélas éphémère, aurait pu embraser le ciel
    Malheureusement ce fut la mer qui fit leur faire-part officiel.

    L’eau et le feu, antagonistes, luttèrent « da capo al coda »
    En recommençant du début au final désormais célèbre.
    La cantatrice et le pianiste, elle nue et lui en bermuda,
    Encore aujourd’hui contribuent à la plus belle plongée funèbre.

    Cette symphonie titanique coula ses toutes dernières notes
    Avec un sinistre « glou-glou » suivi d’une noyade immonde.
    Le pianiste devint volcanique en frappant une pichenotte
    Qui prétendait être le clou du spectacle de fin du monde.

    Tableau de Guido Mauas sur https:www.saatchiart.comen-chguidomauas .

  • La mort fleurie

    La mort fleurie

    On peut tout dire avec des fleurs mais pour la mort, c’est différent ;
    On peut tout dire avec humour mais pour la mort, c’est du sarcasme.
    Du moment qu’on ne fait pas peur, tout redevient indifférent
    Et au moindre petit tue-l’amour, on peut dire adieu à l’orgasme.

    Moi, j’aime rire avec la mort, surtout la mienne évidemment
    Sourire à la vie éternelle qui n’est qu’un miroir aux alouettes.
    J’ai vidangé tous mes remords pour m’en aller élégamment
    Contrer cette sempiternelle et futile dernière pirouette.

    On dit que la ligne vitale, ligne de chance, ligne de cœur
    Tracent, toute ma vie définie, la semaine des quatre jeudis.
    Moi, j’ai une ligne létale qui boucle en toute intelligence
    Comme le signe de l’infini… mais faut pas croire ce que je dis.

    Tableau de Jana Brike.

  • L’Hermalicorne

    L’Hermalicorne

    Gare aux nouveaux sexes en tous genres car on pourrait réinventer
    Licornes ni mâles, ni femelles et même sirènes unisexes.
    Gare au Minotaure transgenre pourvus de gros pis indentés
    Et Cyclopes aux mille mamelles dardant leurs sourcils circonflexes.

    J’ai rencontré l’Hermalicorne pas plus tard qu’hier après-midi
    Qui détroussait quelques touristes les transformants en morts-vivants.
    Avec le crâne qui encorne ceux qui font montre de perfidie
    Et un lapin volontariste pour achever les survivants.

    Malheureusement pour ma gouverne j’avais mon permis de séjour
    Mais aucun signe d’appartenance au sexe qu’il aurait fallu.
    Mais vu que tous ces balivernes duraient jusqu’à la fin du jour,
    J’ai dit pratiquer l’abstinence pour cause de grève du phallus.

    Illustration de Chiara Bautista sur https:beautifulbizarre.net20140623chiara-bautista-love-sings-paper-interview .

  • Côté Enfer : La descente aux enfers

    Côté Enfer : La descente aux enfers

    Heureux, comme un deuxième Ulysse, je suis descendu aux enfers
    Escorté par douze démones, de vraies blondes entièrement nues.
    Avant de mourir en coulisses, j’aurais été à mon affaire
    Malgré Hadès qui me sermonne sur ma destinée malvenue.

    Voyant mon billet supprimé pour les îles paradisiaques,
    On m’aurait alors détourné vers un vol plus économique
    Conduit par une vierge opprimée par des pilules aphrodisiaques
    Qu’un troll ne cessait d’enfourner entre ses lèvres anémiques.

    Dès l’entrée on m’a dévêtu pour prendre un escalier en fer ;
    Obéissant, évidemment, je suivis ces fieffées salopes.
    Je descendis à bride abattue suivant mes démones aux enfers,
    Toutes bientôt futures mamans et que j’appelle mes « Pénélope ».

    Tableau de Fred Juergen Rogner sur https:www.saatchiart.comaccountprofile801427 .

  • Côté Paradis : Vivre dans un monde libre

    Côté Paradis : Vivre dans un monde libre

    Tolérance et acceptation sont toutes, au paradis, dévouées ;
    L’habit ne faisant pas le moine, il est le plus souvent ôté.
    À force de contemplation, on n’ sait plus à quel sein se vouer
    Et sa valeur au patrimoine est d’être bien mal culotté.

    Bikini ou monokini ne jalousent pas les seins nus
    Car textiles et naturistes font bon ménage à la piscine.
    En revanche pas de burkini ; sans doute serait-il malvenu
    Ou conduit vers un rigoriste enfer qui tient lieu d’officine.

    Ici personne ne croit en Dieu car on est culturellement
    Divinisé dès son accueil et bâti comme un Apollon.
    Quant à moi, mes problèmes d’yeux se sont réglés naturellement
    À force de me rincer l’œil sur ces nanas sans pantalon.

    Tableau de Fred Juergen Rogner sur https:www.saatchiart.comaccountprofile801427 .

  • Le songe d’une nuit d’automne

    Le songe d’une nuit d’automne

    Cette année, l’automne est perplexe ; l’été n’a même pas résisté.
    D’habitude il revendiquait son été indien dévolu.
    Il s’en est allé sans complexe, sans même essayer d’insister
    Ni faire un geste qui indiquait que son temps était révolu.

    L’automne ayant toute la nuit, elle prépare le terrain.
    Elle rêve, songe et imagine comment rattraper le marasme
    Car elle a vu ce qui l’ennuie : L’été qui était son parrain
    S’est même montré misogyne envers Gaïa avec sarcasme.

    En ce qui concerne les troupes, pluies et tempêtes sont au top
    Mais le Soleil très affaibli et la Lune en monochromie.
    Il va falloir faire des groupes pour conserver au biotope
    Ce qui était préétabli mais qui lui semble compromis.

    Tableau d’Armelle Colombier sur https:www.artmajeur.comarmellecolombierfr?view=grid&epik=dj0yJnU9NXlURWVjLTlDNWpqNDVUY3J5RFRVUjVQWHRoX09keFgmcD0wJm49Zk5mdklMRHBnYzZvZzdpeVIwLVhVdyZ0PUFBQUFBR2JqNzQ4 .

  • La passation de pouvoir

    La passation de pouvoir

    Bien que personne ne l’ait élue, l’automne va prendre le pouvoir ;
    L’été dissout son ministère de la chaleur pour une année.
    Quand tu seras partie, salue le printemps qu’on n’a pas su voir
    Et dont l’effet reste un mystère dont il ne s’est pas pavané !

    Pour le costume de fonction, pas de changement à prévoir ;
    Si l’été s’habillait de gris, l’automne suit la tradition.
    Lorsque se fera la jonction, sans doute qu’on verra pleuvoir
    Tous ceux qui regrettent, aigris, cette saison de transition.

    De transition car c’est un fait, l’été était un imposteur ;
    Une saison parachutée par des dieux fourbes et méchants.
    La décision a pris effet dès qu’on a mis au composteur
    Les semences crapahutées qui se sont pourries dans les champs.

    Tableau de Daria Endresen sur https:scene360.comart102404daria-endresen .

  • L’esprit en escalier

    Toute la vie que l’œil perçoit descend l’escalier des mémoires
    Et en remontent des problèmes non résolus dans chaque rêve.
    L’ennui auquel le cœur sursoit et qu’il enferme dans ses armoires
    Revient la nuit dans l’âme blême qui s’y replongera sans trêve.

    La tour de la moelle épinière s’apparente à la vis sans fin
    Qui pousse les coups de pieds reçus vers l’esprit qui tarde à apprendre.
    Les maux dans cette pépinière progresseront jusqu’aux confins
    Tant que je n’aurai le dessus sur ce qui est dur à comprendre.

    Quand je montais chez mon psychiatre l’escalier en colimaçon,
    J’avais cette vue imprimée d’un développement encenseur.
    Malgré mes obstacles opiniâtres qui finissent en queue de poisson,
    Je laisse mon cœur s’exprimer en utilisant l’ascenseur.

    Photos de Sergio Feldmann.

  • Réécrivons l’histoire

    Les soviétiques nous ont montré comment réécrire l’histoire,
    Comment effacer d’un cliché un personnage indésirable.
    Dans les romans sont démontrées les mêmes idées rédhibitoires
    Envers la mémoire affichée dans les ouvrages vulnérables.

    Après les années quatre-vingt-dix, ils sont nés avec internet
    Et n’ont pas besoin qu’on les aide avec notre vieux vingtième siècle.
    D’une étude plus approfondie sur les échos de la planète,
    Il ressort que la Génération Z n’obéit qu’aux nouvelles règles.

    On a révisé les programmes scolaires ainsi que les niveaux ;
    On change les valeurs morales pour des valeurs économiques.
    La vie devient un psychodrame mais comme on formate les cerveaux,
    L’ancienne humanité orale tombe dans le puits technologique.

    Collages de Toon Joosen sur www.theinspirationgrid.comamusing-collages-by-toon-joosen .

  • De la naissance à la mort

    De la naissance à la mort

    Je ne marche pas de la naissance à la mort mais, tout au contraire,
    Vie et mort marchent de conserve sur un fil bien mal affermi.
    J’en ai acquis la connaissance très jeune alors pour m’en distraire
    Ma vie garda toute réserve envers sa meilleure ennemie.

    Je donne la vie, tu donnes la mort, puis il engendre et elle enfante.
    Rions aux heureux événements et pleurez aux enterrements !
    Fous sont les sportifs matamores qui défient leurs fins triomphantes,
    Sages ceux dont l’avènement est d’éviter les errements.

    Elle m’a tant accompagné que j’ m’en méfie au quotidien
    Et j’ai subi tant d’accidents que j’en ai acquis l’expérience.
    Ce bras de fer, je l’ai gagné grâce à l’aide de l’ange gardien
    Qui me sert d’antioxydant contre la mort en prévoyance.

    Tableau de Jana Brike.