Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Le château du prince

    Le château du prince

    Comment bâtir sur le sable un empire de fortune ?
    Comment résister aux vagues qui viendront briser les murs ?
    Nul argent impérissable, nulle assurance opportune
    Ne protègeront les dagues ni la rouille des armures.

    Dans ce sable d’illusion qui voit pousser les châteaux,
    Les petites seigneuries transforment la terre en or.
    Nul ne fera allusion au contenu des bateaux
    D’où les richesses ont fleuri sans jamais perdre le nord.

    Dans ce présent immobile où tout parait éternel,
    Tous les petits souverains règnent en haut de leurs structures
    Dont les pierres font le mobile de leurs combats fraternels
    Jusqu’à ce qu’un sang imprègne leurs belles architectures.

    Mais le prince est jeune encore et suivra sa bonne étoile
    Qui bénira les pâtés qui s’effondreront ce soir.
    Il ne cherche que le record, l’audace qui tisse sa toile,
    Juste un peu pour s’épater de ses frivoles accessoires.

    Élevé ou ratissé, le sable reste inchangé ;
    Il n’a pas besoin de moule pour changer sa destinée.
    Chaque grain rapetissé, scellé ou interchangé
    Sera roulé par la houle demain dans la matinée.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le soleil à suivre…

    Le soleil à suivre…

    Quand le ciel se drape de Lune et la Lune se pare d’étoiles,
    Monsieur Soleil part sans regret aller charmer les antipodes.
    Voyez ce fou, dans la nuit brune, s’enfuir au loin à toutes voiles
    Tandis que le froid, en progrès, prépare le prochain épisode !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mes helvètes à bicyclette

    Mes helvètes à bicyclette

    Tous les matins je les guette, le cœur ému et tremblant,
    Avec leurs robes légères claquant comme un étendard,
    Mes helvètes à bicyclette, roulant en faisant semblant
    D’accrocher dans les fougères leurs petits jupons fendards.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Adieu l’été

    Adieu l’été

    Pour sa dernière apparition, il a bien salué son public !
    Jeux de lumières et compagnie, feux d’artifices pour terminer.
    Pour fêter sa disparition, la froidure est en république
    Pour une étrange algolagnie avec l’hiver déterminé.

    Algolagnie : Sexualité qui mélange érotisme et souffrance.

  • Les marées de mars

    Les marées de mars

    Sur des eaux si transparentes que mon cœur va s’y baigner,
    Comme une mer de cristal qui remplirait la calanque,
    Immortelles amarantes dont les vagues sont imprégnées
    Me rappellent le goût distal du sel des terres salanques.

    L’air iodé de ma Provence ravive les souvenirs
    Des lointains marais salants qui m’ont desséché les lèvres.
    La divine providence a su me faire revenir
    Dans le circuit nonchalant de mes pas chargés de fièvre.

    Les marées de mars m’expriment dans l’insolite tableau
    Que brosse le vent du large dilué d’entrées marines,
    Des influences qui priment et m’amarrent comme un câbleau
    À toutes ces petites barges telles felouques barbarines.

    Et le tourbillon m’entraîne dans sa matrice immergée
    Vers mes familles ancestrales noyées dans ses profondeurs.
    Mes flots de pensées s’égrènent dans les rouleaux émergés
    Des vagues chaudes australes, ainsi qu’un échosondeur.

    J’aime le son amoureux du silence de la mer
    Qui fait naître sur la toile mes vraies émotions éparses.
    J’aime le vent langoureux chargé des effluves amers
    Qui m’emporte dans ses voiles comme un voyageur comparse.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le guépard cuisinier

    Le guépard cuisinier

    Un pelage de nuages pour mieux s’adresser au ciel,
    Une fourrure de feu pour mieux embraser la terre,
    Il est prêt pour le tuage de ses proies providentielles
    Qu’il fera en pot-au-feu pour son repas solitaire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le village au fil de l’eau

    Le village au fil de l’eau

    À force de voir partir leurs marins à l’horizon
    Et d’entendre leurs sirènes les séduire de leurs chants,
    De les voir se départir les rossignols des prisons
    Et s’évader en carène sur leurs navires marchands,

    À force de voir pleurer leurs veuves et leurs orphelins
    Et d’entendre leurs sanglots qui font trembler les rocailles,
    De voir la mort affleurer, sacrée par les chapelains
    Pour chasser les cachalots avec la pire racaille,

    Les maisons ont décidé après s’être concertées
    De briser leurs fondations et poursuivre les étoiles.
    Le village consolidé s’est trouvé déconcerté ;
    Sa seule consolation sera de mettre les voiles.

    Toutes amarrées au clocher, leur guide et leur capitaine,
    Les fermes et les écuries, les échoppes et les auberges,
    Toutes se sont accrochées à leur grand mât de misaine,
    Sous le regard ahuri des rivages et des berges.

    Dans le silence interdit de la lande sous la lune,
    La bourgade, à la marée, est partie sans un adieu.
    Juste une trace verdie, entre les pieds des callunes,
    Fait le rappel chamarré du village maladieux.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Quelle est la couleur du cheval blanc ?

    Quelle est la couleur du cheval blanc ?

    Il n’a pas de couleur, il n’a pas de patrie.
    Dans le soleil du soir, il devient flamboyant,
    Dans le brouillard voileur, il mue argenterie,
    Et la nuit dans le noir, carrément non-voyant.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Après les vieux, le déluge

    Après les vieux, le déluge

    Elle a tant souffert la Terre, qu’elle en pleure tous les jours !
    Nous, les petits éphémères, n’auront pas droit au retour ;
    Notre race humanitaire ne durera pas toujours.
    Dans les bras de notre mère, nous pleurerons à notre tour.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le beau Danube blanc

    Le beau Danube blanc

    L’été s’est tant emballé qu’il a traversé l’automne
    Et le voilà en hiver dans le frimas tout tremblant.
    Puis le temps a déballé ses paysages monotones ;
    Tous les oiseaux sont couverts sur le beau Danube blanc.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les vieux bateaux à quai

    Les vieux bateaux à quai

    Qui sont-ils, où vont-ils ? Tous ces bateaux à quai
    Qui ont troqué leur voile pour une ancre solide ?
    Ils étaient mercantiles, ils étaient aux acquêts
    Jusqu’à ce qu’ils dévoilent leur âme cupide.

    Ils ont porté tant d’or que leur bois est usé,
    Ils ont tant sillonné les routes du commerce
    Qu’aujourd’hui on s’endort tant on est abusé
    Et qu’on a bâillonné leurs sirènes perverses.

    Vieux vaisseaux asséchés par la soif de l’argent
    Qui faisaient la fierté de la flotte côtière,
    Immobiles, desséchés par les flots détergents,
    Ils semblent concerter comme des chipotières.

    Ils n’ont que leur passé comme ultime richesse ;
    Ils vivaient d’avenir et de tendres chimères.
    Ils restent à ressasser leurs anciennes largesses ;
    Le temps des souvenirs est une mort amère.

    Aujourd’hui leur présent n’est qu’un temps suspendu.
    Ils ont peur du futur et ne savent plus vivre.
    L’argent omniprésent ne s’est pas répandu
    Et aucune suture ne le fera survivre.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Marie-Union

    Marie-Union

    Ô écho de l’union sonne le diapason !
    Délivre-nous le « La » qui fait le bon accord
    Pour que la réunion de nos précieux blasons
    Dessine un Mandala par le cœur et le corps.

    Ô musique d’amour qui fait battre les cœurs
    Et provoquer l’envie de nos chairs korriganes,
    Apporte-nous l’humour qui fait l’esprit moqueur
    Pour goûter à l’envi nos plus riches organes.

    Ô énergie vitale qui apporte à nos âmes
    La compassion du corps et la passion des cœurs !
    Que ce flux capital soit le précieux sésame
    Qui scelle ce raccord qui nous rendra vainqueurs !

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Tous nus sous la pluie

    Tous nus sous la pluie

    Au dixième jour de pluie, l’amour nous monte aux chevilles.
    Après trente jours d’orage, on en a à la ceinture.
    Blottis sous nos parapluies, on enlève nos guenilles.
    Avec ce temps de cirage, on fait l’amour en peinture.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Temps d’avance-saison

    Temps d’avance-saison

    C’est l’automne en été, la saison en avance !
    La météo n’est plus qu’imprévisible science.
    Nature admonestée ! Paie-moi ta redevance
    Pour m’avoir fort déplu et forcer ma patience !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les coquelicots aux mille voix

    Les coquelicots aux mille voix

    Entendez-vous de mille voix, leur écho frappe l’espace ?
    C’est la chorale des mille fleurs, l’orchestre auguste, éternel.
    Entendez-vous à claire-voie, le souffle du vent qui passe
    Et qui s’accorde en siffleur au soleil sempiternel ?

    Chef d’orchestre étincelant, c’est toi qui tiens la baguette !
    Tu as charmé ton audience par ta couronne royale.
    De tes feux ensorcelant, sous la voûte de guinguette,
    Tu cultives l’impatience de tes sujettes prairiales.

    Je ne suis que spectateur de ce théâtre floral
    Mais je me laisse séduire par les mille bouches vermeilles.
    Le doux chant incantateur de l’écarlate chorale
    Ne cesse point de produire mille tons, mille merveilles.

    Alors doucement je penche et dépose sur leurs lèvres,
    Une par une, un baiser pour ressentir dans ma bouche
    Des échos, des avalanches du plus précieux des orfèvres :
    Une quiétude apaisée m’arrosant comme une douche.

    Je ne suis plus que le vent qui amplifie l’orphéon,
    Je ne suis plus que la pluie qui communique la vie,
    Je ne suis qu’un feu vivant, un témoin du panthéon,
    Je ne suis plus que le fruit de l’amour inassouvi.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Qui es-tu, quiétude ?

    Qui es-tu, quiétude ?

    Lorsque les bruits se taisent à la tombée du jour,
    Quand l’esprit se dilue dans l’eau froide de l’âme,
    Lorsque l’ego s’apaise et quitte le séjour,
    Une paix me salue en soleil oriflamme.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le chant des coquelicots

    Le chant des coquelicots

    Ô mon écho écarlate, que j’aime entendre ta voix
    Quand le vent se fait archer et fait vibrer les montagnes !
    Je chéris ce chant qui flatte dans les champs à claire-voie
    Lorsque je m’en vais marcher dans les chemins de Bretagne.

    Lèvres grenat frémissantes, chuchotant un chant nouveau
    Qui s’accorde à la quiétude qui règne dans la nature.
    Votre antienne engourdissante fait sonner le renouveau,
    Comme une mansuétude dans vos appogiatures.

    Alors l’esprit se détache, le mental éteint son verbe
    Et le cœur rejoint la source qui jaillit dans votre écho.
    Je relâche les attaches de mes souvenirs acerbes,
    Le temps arrête sa course et je lui paie mon écot.

    Fleurs de joie et de corail, vous m’accrochez au présent ;
    Le passé n’est plus qu’une ombre, le futur inexistant.
    L’éclat du champ de vitrail, doux rayon omniprésent,
    Me soustrait de la pénombre dans un faisceau consistant.

    Toutes vos vagues écumantes du sang vermeil de la Terre,
    Me transportent au bout du monde et me relient à mon âme.
    Votre houle consumante des beautés du Finistère,
    M’est nourriture féconde comme le cœur d’une femme.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le repas de fiançailles

    Le repas de fiançailles

    Pour mieux goûter l’ivresse de mes amours naissantes,
    J’avais pris l’habitude d’exciter les saveurs.
    Foin des fadeurs pauvresses, pâles et affadissantes !
    Je cherchais l’amplitude des subtiles faveurs.

    Des poivrons bien féconds comme seins de la Terre,
    Aux mamelons charnus pour téter leurs liqueurs.
    Avec quelques flacons de vins de caractères,
    De cruchons biscornus parfois alambiqueurs.

    Pimenter et sucrer les arômes ensemble
    Pour mieux les marier et confondre leurs goûts !
    Des sauces bien nacrées d’un velouté qui tremble,
    Vous pouvez parier qu’il y aura du bagout !

    Pour mettre en appétit, embrasser sur la bouche,
    Les lèvres humectées d’un arôme de vin.
    La main assujettie au désir de la couche
    Qu’on va lui becqueter dans un baiser divin.

    Pour priser le dessert, on éteint les chandelles.
    Tout se fait dans le noir, tout se fait à tâtons.
    On séduit l’adversaire qui fait sa brigandelle
    Et dans son entonnoir y planter son bâton.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’invitation aux rêves d’amour

    L’invitation aux rêves d’amour

    Avant de m’envoler vers le pays des songes,
    J’envoie toujours des fleurs et aussi quelques roses
    Dans des lettres volées par un pieux mensonge ;
    J’y chuchote en souffleur mes fantasmes en prose.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le voyage sans fin

    Le voyage sans fin

    Partir à deux amoureux, prendre le train du destin,
    C’est aller vers l’infini sans s’écarter du chemin.
    Faire un circuit savoureux, faire de sa vie un festin,
    C’est n’avoir jamais fini de se tenir par la main.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La becquée sorbet

    La becquée sorbet

    Quand on est sur la banquise, il n’y a pas de surprise !
    Partout la glace est la reine et nous prête son royaume.
    J’ai bâti une marquise dont ma nichée est éprise
    Et debout sur ma moraine, je l’alimente de biome.

    Biome : comme la toundra ou la taïga, ensemble écologique présentant une très grande homogénéité sur une vaste surface.

  • Les fiancés au hamac

    Les fiancés au hamac

    Ce soir nos deux amoureux ont installé leur hamac.
    Sur une île inexplorée où leur nef les a conduits.
    Leur repas fut savoureux, le festin dans l’estomac,
    Ils s’apprêtent à déflorer le fruit de l’amour induit.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les fiancés de la mer

    Les fiancés de la mer

    Ils ont scellés leurs destins sans se recouvrir de chaînes,
    Ils ont réuni leurs voiles et marié leur gouvernail.
    Un passager clandestin plus petit qu’un gland de chêne,
    De temps en temps se dévoile par des impulsions canailles.

    Ils ont confié à Neptune de les mener à bon port.
    Vénus montre le chemin au matin par son étoile.
    Un peu de brise opportune, qu’Éole offre comme apport,
    Propulse leur parchemin et les couche sur la toile.

    La mer sera leur patrie au-delà de l’horizon,
    Quelque part aux antipodes de la terre où ils sont nés.
    Éloignés de leur matrie, loin de toutes les prisons
    Où la vie est incommode et l’avenir rançonné.

    Plus de mauvaises nouvelles qui appesantit l’esprit,
    Plus de pression sur les tempes qui contraint au désespoir,
    Plus de retour de manivelle, de peur et de duperie,
    Plus de fumée sur la rampe, de leurre et de faux espoirs.

    L’amour de la liberté est un peu cher à payer
    Mais il ouvre la conscience et réunit cœur et âme.
    Les fiancés concertés sont prêts à appareiller
    Avec toute la patience pour un homme et une femme.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Salade érotique

    Salade érotique

    Attrapez une poulette, étendez-la sur un lit
    De petites pousses fraîches et un brin de céleri.
    Apprêtez quelques boulettes bien dorées et l’aïoli
    Dressez le tout sur la crèche, goûtez sa cajolerie !

    Si vous la préférez crue :

    Attrapez une poulette, étendez-la sur un lit
    De petites pousses fraîches et deux petits brins d’asperges.
    Apprêtez quelques boulettes bien dorées et l’aïoli
    Dressez le tout sur la crèche et plantez-y votre verge !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tel est pris qui croyait prendre

    Tel est pris qui croyait prendre

    Cette vie n’est qu’une suite d’histoires qui se répètent,
    Une guirlande infinie d’expériences reproduites.
    On est tous à la poursuite, on est tous à la compète,
    Et ce n’est jamais fini dans cette folle conduite !

    On est content de gagner tandis que l’on est mangé !
    On fait mine d’ignorer que pour manger, faut tuer !
    Le soir, on court regagner nos foyers bien arrangés,
    Tandis qu’on est pignorés par de l’argent fluctué.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mais où sont passés mes coquelicots ?

    Mais où sont passés mes coquelicots ?

    Je suis venu ce matin pour continuer ma collecte
    Des couleurs des mille fleurs qui enluminent ma vie.
    Mais, là, j’y perds mon latin ! La nature n’est pas correcte !
    Ô lac ! Vieil écornifleur ! Mes coquelicots m’as ravi !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les extraterrestres sont parmi nous

    Les extraterrestres sont parmi nous

    Surgis du fond de l’espace pour visiter les poissons,
    Les extraterrestres ont vu que la mer était la mère.
    Ils sont venus en surface pour observer sa moisson
    Et ont posé les séquestres sur l’humanité amère.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le vendeur de champignons

    Le vendeur de champignons

    Achetez ! Achetez tous mes beaux champignons !
    Vous en ferez des chapeaux, vous en ferez des bateaux !
    Certains sont tachetés comme des lumignons,
    Rouges comme un drapeau, sucrés comme un gâteau !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’écho de la Lorelei

    L’écho de la Lorelei

    Auprès des eaux endormies où j’allais en rêvassant,
    Était-ce un jour, une nuit ? Mes souvenirs s’évaporent !
    Toutes mes mémoires hormis, sont fragments embarrassants
    Lorsqu’ils trompent mon ennui en quête d’un égrégore.

    Je ne l’ai pas entendue, je ne l’ai pas aperçue.
    Je la prenais pour un songe échappé de mes fantasmes.
    Mais elle m’a attendu, elle m’avait si bien perçu,
    Immergé dans les mensonges de tous mes faux ectoplasmes.

    Elle m’a dit : « Réveille-toi ! » Elle m’a dit : « Ouvre les yeux !
    Car la porte du présent est, de toutes, la plus étroite ! »
    Je restai un peu pantois devant l’écho impérieux
    Résonnant omniprésent à mon âme maladroite.

    Comment pourrais-je décrire ce que mon cœur ressentit
    À la beauté fabuleuse de cet ange féminin ?
    J’ai presque honte à écrire ce que mon cœur pressentit
    Car son âme était violeuse et moi, simple masculin.

    Elle m’a dit : « Tu ne peux pas, par tes sens humains comprendre !
    Le chemin derrière la porte n’est pas un chemin humain. »
    Elle m’a dit : « Tu ne veux pas, par tes barrières entendre !
    Mais souffre que je t’apporte quelques pouvoirs surhumains ! »

    J’ai reçu un cœur nouveau pour entendre son silence,
    J’ai acquis un nouveau corps pour comprendre sa substance.
    J’eus l’accès au renouveau comme un prix de l’excellence
    Dont je conterai l’accord lors de mes prochaines stances.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Ève à la coque

    Ève à la coque

    Elle était tendre à croquer et il n’a su résister !
    Cette offrande d’une pomme n’était qu’un apéritif.
    Adam a sitôt troqué son bel amour attristé
    Contre le subtil arôme d’un souper expéditif !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les échassiers de la mer

    Les échassiers de la mer

    Quand ces drôles de hérons ressortent à marée basse,
    Ils font un peu ridicules, échappés d’une odyssée.
    N’en déplaise à Cicéron, si son latin me dépasse,
    Mais j’attends le crépuscule pour les voir recoulisser.
    Jamais ne nous lasserons de regarder ces échasses.
    Ces drôles de clavicules font un spectacle épicé !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Lâche-moi le ballon

    Lâche-moi le ballon

    J’ai voulu quitter ce monde en me pendant au ballon.
    Je pensais aller au ciel en passant de vie à trépas.
    Hélas tout devient immonde et j’en ai plein les talons !
    Pour mon départ officiel, je ferai une prépa.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La belle désabusée

    La belle désabusée

    Elle avait l’air renfrogné et des seins bien tristounets,
    Une moue mal dessinée sous cet austère visage,
    Un regard bien grognonné à cause d’un camerounais,
    Ou je ne sais quel minet, qu’aurait raté son baisage.

    Un pauvre abrupt laideron qui ne croyait plus à l’amour,
    Qui fermait sa porte à clef et son cœur à double tour !
    Mes amis, nous aiderons cette femme en désamour,
    Cette ode à l’amour bâclé aujourd’hui et sans détour !

    En chemin, à l’improviste, par un sombre jour de pluie,
    Je m’arrangeai pour croiser la dame sans parapluie.
    Comme j’étais positiviste, pour contourner la sévère
    Et pour mieux l’apprivoiser, je lui déclamais mes vers :

    « Femme étrange, ton image fait remonter de mon cœur
    Mille mots, mille pensées que je veux coucher sur l’heure !
    Je veux faire de ton grimage, un sonnet des plus vainqueurs
    Dont les vers, sans t’offenser, vibreront de mots hurleurs ! »

    Je l’ai mise sur mon lit et j’ai ôté ses habits,
    J’ai aussitôt fait rimer ses seins, ses cuisses et son sexe
    Dans des strophes embellies et du plus bel acabit.
    Lentement, ma déprimée devenait un peu perplexe…

    Il me fallut une nuit entière de poésie
    Pour redonner le sourire à la belle désabusée.
    Mais j’ai vu, après minuit, émergeant de l’amnésie,
    Sa vraie beauté accourir sans en avoir abusé.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • À cherche-mouton

    À cherche-mouton

    Il s’est tant amusé à compter les moutons
    Qu’il a trop navigué, loin, au pays des rêves.
    Tandis que son rusé agneau, un peu glouton,
    S’en allait endiguer son appétit sans trêve.

    Et voilà le bonhomme, perdu dans ses pensées,
    Debout devant sa rose et les cheveux aux vents.
    Son mouton gastronome est parti compenser
    Sa nature morose en mangeant sous l’auvent.

    « Dis-moi, Rose-des-Vents, où chercher mon ami ?
    J’ai soif de sa présence et de son amitié ! »
    Mais la fleur ci-devant répondit : « Que nenni !
    Je n’ai ni la plaisance ni la moindre pitié ! »

    « Allez, Rose-des-vents, ne fais pas la jalouse !
    Montre-moi le chemin que tu connais si bien ! »
    Et le cœur émouvant de cette rose en blues
    Lui répliqua : « Demain, tu comprendras combien ! »

    Le soleil s’est levé, le rêve est terminé
    Et l’agnelet glouton a regagné sa boîte.
    Ce qu’il faut relever dans ce conte halluciné,
    C’est qu’les amours de mouton sont souvent maladroites.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Le soir du premier août

    Le soir du premier août

    C’est aujourd’hui le premier août et toutes les rues sont en fête !
    Les arbres portent les couleurs de grappes de fruits banderoles.
    Ce soir, on boit tout notre soûl, on chante, on danse dans les cafètes !
    Ce soir, on oublie nos douleurs, toutes allégées de belles paroles.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Rêves bleutés

    Rêves bleutés

    Quand le soleil s’enfuit et que règne la lune,
    La nature se drape d’une cape bleutée.
    Et tout ce qui s’ensuit, sur les plages callunes
    Et que mes rêves attrapent, sont des cris haletés.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Prince Lion

    Prince Lion

    Par le sang bleu sacré de la race féline,
    Par les saintes racines et ses saints sacrifices,
    Par les ancêtres ancrés sur la terre saline,
    Par l’ethnie qui fascine, je te consacre, mon fils !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La fée coquelicot

    La fée coquelicot

    Vous ai-je raconté ce souvenir intime
    Quand j’habitais à Mende en terre Margeride ?
    Je vivais sans compter, sans le moindre centime,
    Je mangeais des amandes suivant l’éphéméride.

    J’allais souvent marcher autour du lac Charpal,
    Soit très tôt le matin ou vers le crépuscule.
    Je m’en allai chercher comme plat principal
    Quelques branches de thym et quelques radicules.

    J’aimais bien caresser les pétales si doux
    De ces coquelicots qui rougissaient la lande.
    Sur ma peau, compresser ces délicats doudous,
    Cordons ombilicaux de mes intimes glandes.

    C’est lors d’un effeuillage de ces rouges boutons,
    Que ma main câlina une douce peau tendre.
    Cachée dans les feuillages, frisée comme un mouton
    Et parée de grenats, une fée vint s’étendre.

    D’une peau veloutée comme mes doux pétales,
    Elle laissa ma main s’aventurer plus loin.
    Jamais ne redoutait que mes baisers s’étalent
    Sur le doux parchemin de son tendre pourpoint.

    Le jeu plut à ma mie qui m’accorda trois vœux.
    Le premier, je le pris pour connaître l’amour,
    Le deuxième promis, pour un baiser baveux,
    Mon troisième surpris ma jolie fée glamour.

    C’est avec toi ma belle que je veux désormais
    Partager et le lit et le gîte et la vie.
    Elle ne fut pas rebelle à mon souhait gourmet
    Et la fée m’accomplit mon vœu inassouvi.

    C’est ainsi qu’aujourd’hui je vis dans sa patrie
    Où les prairies sont vertes et les montagnes blanches.
    Mes amours m’ont conduit à vivre dans sa fratrie
    Et elles sont recouvertes d’une douce avalanche.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Papillon du jour

    Papillon du jour

    Papillon de couleur, j’aime bien tes éclats !
    Papillon de bonheur, j’aime bien ta lumière !
    Papillon de douleur, je n’aime pas tes méplats !
    Papillon de malheur, je n’aime pas ta poussière !

    Papillon tout d’abord, communique-moi ta joie !
    Papillon de l’accord, charme-moi par ta voix !
    Papillon-Manticore, au plus profond de moi !
    Papillon pour encore entretenir ma foi !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La Suisse à bicyclette

    La Suisse à bicyclette

    Depuis que je l’ai croisée, j’aperçois partout son ombre
    Dans les champs de coquelicots, de tulipes et de roses.
    Sur les chemins ardoisés entre lumière et pénombre,
    J’entrevois son calicot soupirant d’un cœur morose.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’œil dévoilé

    L’œil dévoilé

    Échappant à la rigueur des traditions séculaires,
    Il voulait s’épanouir dans un monde sans frontière.
    S’évadant avec vigueur d’un cachot vestibulaire,
    Il voulait s’évanouir sur la terre tout entière.

    L’œil était un peu rebelle à truquer la vérité,
    Il voulait communiquer, regarder et observer.
    Sous une mèche d’ombrelle en toute familiarité
    Il se mit à tourniquer pour pouvoir tout conserver.

    Depuis lors la jeune fille qui se cachait dans ses murs,
    Ne sut résister au charme de cet investigateur.
    Véloce comme une anguille, bondissant dans un murmure,
    Réalisa, sans alarme, ses rêves navigateurs.

    C’est son cœur, ce tendre organe, qui maîtrisait sa vision,
    Laissant à l’esprit frivole la raison et les pensées.
    Et ce cœur, fils de Morgane, savait faire provision,
    Par son amour bénévole, des merveilles à recenser.

    Depuis, son œil est son maître qui se pare d’intuition ;
    Il sait choisir les couloirs dont son cœur connait la clef.
    Et si vous voulez connaître les chemins de sa vision,
    Laissez le cœur le vouloir, suivez-le sans renâcler.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’appel du coquelicot

    L’appel du coquelicot

    Quand soudain il se redresse comme pour haranguer la plaine
    C’est qu’il délivre un message pour sauver toutes les fleurs !
    C’est d’une infinie tendresse qu’il déclare à gorge pleine :
    « Cessez tous vos ramassages et laissez vivre mes sœurs ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La fille de Noé

    La fille de Noé

    Que chacun de vous m’apporte ses plus belles écritures !
    Je prends aussi la musique et aussi le cinéma !
    Sur mon bateau je n’emporte que brillantes littératures
    Pour ne pas être amnésique et éviter l’eczéma.

    Il a tant plu ces jours-ci que le niveau des eaux monte !
    À mon quatrième étage, je vois passer les canoës.
    J’ai donc pris un raccourci pour que, ma peur, je surmonte
    J’ai mon arche en héritage car je suis fille de Noé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La porte de l’amitié

    La porte de l’amitié

    Elle est toujours colorée, de mille soleils d’amour
    Ma porte de l’amitié, éternellement ouverte.
    Elle est sans cesse décorée avec la joie et l’humour
    De tous ses cohéritiers et leurs propres découvertes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les arpèges cathares

    Les arpèges cathares

    Lorsqu’elle prend sa guitare et qu’elle égrène ses notes
    Les histoires de son pays se raccordent à son âme.
    Les vieilles légendes cathares lui font trembler les menottes
    Les châteaux, les abbayes se retrouvent dans ses gammes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pluie de bisous

    Pluie de bisous

    La pluie détrempe ma ville et mélange les couleurs,
    Les personnes se rassemblent sous les parapluies mouillés.
    Moi, qui ai l’âme civile je chemine en roucouleur
    Vers celle qui me ressemble et saura me baisouiller.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Femmes pour jours de pluie

    Femmes pour jours de pluie

    Les lundis gris me dégrisent quand je vais vers l’inconnu ;
    Les mardis pluvieux m’enchantent quand je vais parler aux dames ;
    Les mercredis, ciel en crise, j’aborde les inconnues ;
    Les jeudis de pluie méchante, je déjeune avec Madame ;
    Les vendredis, sans surprise, mes amours sont méconnues ;
    Les samedis, aguichante, ma maîtresse d’Amsterdam ;
    Les dimanches sans méprise, le beau sexe est reconnu.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La crise de l’hectopascal

    La crise de l’hectopascal

    Cet été pas de soleil et cette année pas d’été !
    Pour le paradis terrestre, il vous faudra repasser !
    Mais ça fait pousser l’oseille, cette pluie, sans s’endetter
    Et à la fin du trimestre le cours sera dépassé !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pluie d’aquarelles

    Pluie d’aquarelles

    Toute cette pluie qui tombe teinte ma vie d’aquarelles
    Qui diluent mes idées noires et colorent mes amours.
    Même les pires hécatombes deviennent intemporelles
    Glissant sur la patinoire où s’enfuient les désamours.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La fille aux mille fleurs

    La fille aux mille fleurs

    D’une ineffable tristesse, elle dissimulait ses pleurs
    Sous les milliers de couleurs d’un bouquet de fleurs des champs
    Qu’elle disposait dans ses tresses pour leur donner de l’ampleur
    En atténuant ses douleurs et ses larmes asséchant.

    J’ai su connaître l’histoire de cette fille éplorée
    En me déguisant en fleur juste à l’orée des forêts.
    Caché sur mon promontoire, je ne pouvais déplorer
    Cette fille aux mille pleurs mouillant ses cheveux dorés.

    Quand elle effleura ma main en découvrant mes épines,
    Elle cria sa surprise et couru vers le bosquet.
    Je restai sur le chemin en guettant la galopine
    Dont mon âme était éprise et que je ne voulais offusquer.

    Je le refis tous les jours pour tenter d’apprivoiser
    La demoiselle en détresse et comprendre ses tourments.
    Tant que dura ce séjour et sans vouloir pavoiser,
    Elle devint ma maîtresse et moi son prince gourmand.

    Elle fuyait les paroles, les mots et les beaux discours
    Qui faisaient tourner la tête et n’étaient que des promesses.
    Passer à la casserole par des coqs de basse-cour
    Sonnaient comme une quintette d’une foire de kermesse.

    Pour expliquer à la belle mes sentiments véritables,
    Je pris des coquelicots pour mettre son cœur en joie.
    Pour séduire ma rebelle par un bouquet profitable
    J’ajoutai tout illico des bleuets luxembourgeois.

    C’est ainsi que nous parlâmes d’amour et toutes ces choses
    Par des bouquets triomphants de fleurettes et de boutons.
    Pour lui déclarer ma flamme, j’apportais quatorze roses
    Et pour lui faire un enfant, je dessinais un mouton.

    Tableau de Fabienne Barbier