En effleurant les cordes de ses cheveux de crin, La musicienne en transe a le goût du sacré ! À mon cœur, elle accorde le son de son crincrin Qui incarne à outrance mon âme consacrée.
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Une lame effilée qu’on remet au fourreau, Qu’on sort et qu’on remet pour lubrifier le fil, Illico la brandir par la main du bourreau Pour goûter le fumet aussitôt qu’on l’enfile.
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Je déménage dès demain, j’en ai assez du mauvais temps ! Je prendrai la première tornade ou, s’il le faut, un ouragan ! Je prends mon courage à deux mains, je ne suis pas incompétent ! Dites-le à la cantonade : mon appartement est vacant !
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Je suis toujours ému par la première fleur Qui sourit le matin, parfumée de rosée. La nature qui mue d’un geste fignoleur Aux pétales de satin, me rend fort disposé.
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Furtivement il se glisse entre les pans de la tente, Subrepticement il ose pénétrer à l’intérieur, Audacieusement il plisse ses grands yeux noirs dans l’attente, Silencieusement il pose son regard de l’extérieur.
Il n’a aucune richesse hormis sa curiosité, Il n’a pas de prétention excepté de partager, Il n’a aucune noblesse sauf son affectuosité, Pas de mauvaises intentions, fors un cœur avantagé.
Il m’a suivi sur la route quand je cherchais des trésors ; Il m’a guidé sur la piste quand je traquais les filons ; Il m’a sauvé des déroutes dans les pas des dinosaures ; Il s’est montré moraliste quand je perdais l’aquilon.
Rapide comme une gazelle, il disparait sans un bruit ; Aussi véloce qu’un aigle, il sait capturer ses proies ; Élancé comme une oiselle, il sait repérer les fruits ; Droit, loyal à toute règle, il n’affiche nul désarroi.
J’ai songé à l’adopter, à lui ouvrir ma maison, Mais il n’a pas accepté mon offrande narcissique. Il a préféré opter, à l’encontre de ma raison, Pour encore intercepter les chasseurs du jurassique.
Quand la nature est d’argent, j’invite à dîner ma belle, Je lui prépare un joli petit souper aux chandelles. Elle et moi, en partageant, une tarte aux mirabelles, Avons très bon appétit, mais plus pour la bagatelle.
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J’avais mis à dessein ce bouquet sur ma table ; J’avais besoin d’idées et d’une inspiration. L’aréole d’un sein m’était inévitable Comme téléguidé par cette aberration.
J’y observais aussi sa robe de dentelles Qu’elle portait un soir lors d’un galant dîner. Mes pensées dégrossies faisaient la tarentelle Quand je voulus m’asseoir pour la baladiner.
Ses pupilles amusées se reflètent au cœur De ce gros tournesol qui m’observe sans dire, Comme au coin d’un musée avec l’œil critiqueur Qui se veut la boussole qui va me contredire.
J’ai trempé un pétale de la fleur de mentor Dans l’encre de l’espoir qui me pousse à écrire. Sur ma feuille j’étale d’une voix de stentor Sans aucun désespoir ce que j’y veux transcrire.
Maintenant terminée, posée sur mon pupitre, Je m’en vais la poster sur le courrier du cœur. Elle est vitaminée par ce tendre chapitre Et je vais m’aposter dans un espoir vainqueur.
Sous sa maison en spirale, l’escargot voit l’univers Enroulé dans des volutes qui ressemblent à sa nature. Notre mollusque amiral, n’a ni endroit ni envers, Et poursuit sa course en lutte contre une folle courbature.
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Que vois-je dans la neige là-bas à l’horizon ? Des tas de souris blanches qui dévalent la pente ! C’est un drôle de manège, ça donne le frisson Toutes ces avalanches de souris galopantes !
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Quand la nature se mire avec ses mille couleurs Sur le miroir tremblotant qui lui dilue tous ses troubles, J’apprécie et puis j’admire tous les maux et les souleurs Dans les reflets clapotant de cet univers en double.
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C’est sur un fond sablonneux, enfariné de grès rouge, Sur la plage à marée basse arrosée de brumes éparses ; Sur ces rochers limoneux, où ça grouille et où ça bouge, Des palourdes et des gambas et d’autres moules comparses.
On y va les pieds dans l’eau dans l’encre rouge de l’anse Pour glaner les fruits de mer qui trémoussent sous le sable ; Saluant les matelots dont les barques se balancent Sous la houle douce-amère des vents indéfinissables.
Comme le sang d’un dragon qui serait mort d’un assaut Contre tous les Léviathans qui fabriquent les légendes, Cette couleur du lagon, où naviguent les vaisseaux, Fait le sang pur éclatant de cette terre normande.
C’est au coucher du soleil, au moment du crépuscule, Qu’on voit la mer s’enflammer sous la forge de Neptune. C’est la couleur du sommeil quand la conscience bascule Vers les rêves réclamés par les fables de la Lune.
Puis, la nuit, tout s’assombrit dans des cramoisis troublants Et la mer refait son lit sous une couette d’étoiles. Tous regagnent leurs abris, de précaution redoublant, Et le pourpre se délie dans le tissu de la toile.
Quand je ris sous ma cape, je l’étale tout en long Pour montrer aux canots mon fou rire éclatant ! Tous les bateaux du port en prennent du galon Et hissent leurs fanaux pour saluer juste à temps.
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Pour séparer ces deux mondes de pénombre et de lumière, La nature a élevé une limite essentielle. Cette frontière de l’onde fait mon chemin de Sommières Dont le plafond soulevé fait le plus bel arc-en-ciel.
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Quand l’eau se charge d’écume dans l’explosion de la vague Qui déferle sur la pierre et fouette le vent du large, Dieu frappe fort sur l’enclume pour forger la sainte dague Qui devient mon équipière et ma précieuse recharge.
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Si tu te demandes encore qui décide la direction Du vent qui souffle sur les monts et disperse les nuages ; Si tu recherches l’accord que donne la protection De l’eau qui coule en amont et anime ton sillage ;
Si tu cherches la raison qui inspire la passion De la terre qui nourrit et féconde ses enfants ; Si tu quêtes la maison d’où émane la compassion Du feu qui brûle et sourit à ton cœur en le chauffant ;
Alors écoute la fleur, sois attentif à la gerbe, La réponse à tes questions est dans le cœur de la fleur ; Regarde bien les couleurs, c’est dans leur écho superbe Qu’est cachée, en suggestion, la science du souffleur.
Du haut de son rocher bien loin de sa banquise La grande ourse est perchée et se met à penser Elle a peur d’approcher sa nouvelle terre acquise Après s’être cherchée et mal récompensée.
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Pour jouer de ma harpe, il faut se lever tôt Et trouver une toile bien perlée de rosée. Muet comme une carpe, jouez pizzicato Une aubade aux étoiles divinement composée.
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Les poissons dans l’or fluide, les oiseaux dans l’or du ciel, Tout ce monde de richesse est une corne d’abondance. Heureux qui rencontre le druide qui enseigne l’essentiel Ou encore la druidesse qui offre la providence.
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Quand vient la fin de l’été, je remplis mon coffre-fort De soleil, de sable d’or et de parfum des vacances. Puis, quand je veux compléter une pause après l’effort, Je l’entrouvre et je m’endors d’une douce inconséquence.
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Les deux meilleurs moments pour pêcher les couleurs C’est juste après l’aurore et juste avant le soir ; L’éclat du firmament fait des feux enrouleurs Et le filet se dore de poissons illusoires.
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Après avoir atteint le plus haut point du ciel, Après avoir touché la dernière limite, Qu’il est bon le matin de boire l’essentiel Et, sans s’effaroucher, se fondre avec son mythe.
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Lorsque je fus invité sur l’île de Robinson, Jamais je ne m’attendais à trouver tant de beauté. Avec affectivité et un fugace pinçon, Cette indigène ascendait à se faire tressauter.
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Plus intense que l’heure bleue, plus chaude et plus enivrante, Au moment du rayon vert qui flamboie le paysage, La nature crie « ventrebleu, que la culture est navrante Que personne n’ait fait de vers sur ce rouge tamisage ! »
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Avec ses petits plumeaux pour accomplir son ménage Et tous ses petits chiffons bien rangés sous les nuages, Robinson lave à grand ’eaux à risquer le surmenage Et nettoie comme un typhon pour le grand débarbouillage.
C’est parce que c’est vendredi et vendredi, c’est sacré ! Du lointain de l’horizon, derrière la barre de récifs, Ça ne s’est jamais contredit : sur leurs pirogues nacrées Viendront sur l’île-prison, les indigènes expressifs.
Quand il aura bien rangé toutes les noix de coco, Quand il aura déblayé le varech sur le rivage, Quand il aura dérangé sa hutte un peu rococo, Quand il aura balayé les fientes d’oiseaux sauvages,
Il fera un feu de joie sur la pointe du rocher Comme un phare dans la nuit qui montrera le chemin. Être le seul villageois, sur son royaume accroché, Ça le sort de son ennui pour aujourd’hui et demain.
C’est la vie de Robinson, c’est son devoir d’îlotier Qui prend soin de son îlot en vrai maître de maison. Il est gai comme un pinson chantant sur l’abricotier ; Ça façonne sa philo et ça forge sa raison.
Ne croyez pas que je m’attarde chaque fois qu’il y a un froufrou Mais sous les jupons de ces dames, il y a toujours des merveilles ! Qu’elle se farde, la gaillarde, ou qu’elle guette son tourlourou, Dans mon cœur, ça fait un ramdam, quand un joli dessous m’éveille !
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Au clair de la lune, je suis dans mon lit. Je rêve d’étoiles et de jolies fées. Elles viennent de Neptune dans son aphélie. Je lève leurs voiles pour les réchauffer.
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À force de la rencontrer dans toutes mes promenades, J’ai demandé à la belle de partager mon destin. Après avoir démontré une dépantalonnade J’ai goûté ma colombelle et ce fut un vrai festin !
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Un standard lumineux aux rayons angéliques, Des chandelles ardentes aux pieuses imageries. Ce lien faramineux, puissant, évangélique, Fait la voie ascendante de la sainte messagerie.
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Une jolie demoiselle, perchée sur une balançoire, Balançait son avenir et ses illusions perdues. Aussi légère qu’une oiselle, sur son humble trémoussoir, Elle laissait le temps venir sur ses amours éperdues.
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Au clair de la lune, au premier quartier, Je rêve de belles nues et allongées. De la pleine lune au dernier quartier, Je leur suis fidèle pour m’y replonger.
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Debout sur sa banquise, il a perdu le nord Et le pôle n’est plus qu’une glace engloutie. De son adresse acquise et sa voix de ténor, Vers le sud, il n’a plus qu’un rêve inabouti.
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Elle prenait des bains vermeils qui faisaient battre son cœur, Elle absorbait la couleur au plus profond de son corps. Sa beauté, pure merveille, faisait jouter les vainqueurs Qui souffraient mille douleurs pour obtenir son accord.
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Balayé par les hauts vents, affligé par les tempêtes, Tous ces vaillants vétérans conservent la tête haute. Protégés par les auvents, sonnant fort de leurs trompettes, Sous leurs toits de conquérants, ces fidèles garde-côtes.
C’est mon village d’antan, où les maisons sont restées Fidèles à leurs ascendants, attachées à leur clocher. Des fantômes repentants de leurs passés contestés Demeurent condescendants des mémoires effilochées.
Mes souvenirs continuent à arpenter les ruelles Dans le labyrinthe étroit qui mène au cœur du village. Mes pensées discontinues de ses traces visuelles Ont longtemps payé l’octroi et gravé son profilage.
J’y reviens parfois la nuit lorsque hantent mes nuits blanches Et je revois les visages de ses anciens habitants. Surtout autour de minuit, du samedi au dimanche, Parcourant les paysages dans un émoi palpitant.
Aujourd’hui sous les nuages, la bourgade à la retraite, Ne sent plus les parasites qui grignotent ses maisons. Pour un sourire suave, mais ça fait belle lurette Que la dernière visite ne connait plus de saison.
Heureux qui, comme Icare, a fait un beau plongeon ! Et, sans bémol, qui vole en toute liberté ! Pour moi, le seul bécarre, du haut de mon donjon, C’est d’être bénévole et très déconcerté…
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Avez-vous vu les calanques lorsqu’elles deviennent violettes, Quand le soleil incendie les lagunes embrasées ? Venez-vous cacher en planque sur la vue croquignolette Une nuit d’hiver tandis que la neige est abrasée.
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Quand tout devient impossible, que les ennuis s’accumulent, Avec mon anti-pépins, je vais me jeter à l’air. Ainsi, je reste impassible et plus rien ne me stimule Les raseurs, les turlupins disparaissent en un éclair !
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Frontière sur la vacuité entre l’esprit et mon âme, Naviguant sur le présent et remontant à sa source, Porte étroite sur l’acuité pour en discerner la flamme, Comme un enfant de treize ans plein de vie et de ressources.
Écluse du lac de Greifensee qui règle le débit de la rivière Glatt qui traverse Dübendorf.
Dressées vers le ciel, les belles ombrelles, Les jambes en l’air, les fesses à l’éther ! Voilà l’essentiel des fleurs naturelles ; L’envie oculaire, simple et terre-à-terre !
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Pour tâter l’aventure au fil de ma lecture, Je me suis installée devant la liberté. Là, sur la devanture de cette architecture, Je laisse s’en aller mes mots déconcertés.
Mon amant, s’il m’entend, viendra sous mon balcon, S’agrippera aux phrases que je lie en lisant. Moi, Juliette, en mentant, attendrait au cocon Afin qu’il m’apprivoise en me tranquillisant.
Je suis trop romantique et je suis trop rêveuse, Mes fantasmes sont flous quand je brûle d’amour. Je cherche l’authentique et ça me rend nerveuse. Moi, les grands méchants loups me semblent trop glamour !
Mon cœur battait si fort dans le dernier chapitre Que je n’osais bouger de peur d’user l’intrigue. Les mots en épiphore dansaient sur mon pupitre Quand son bois fut gougé par l’épée de Rodrigue.
Hier j’étais Chimène, aujourd’hui Cléopâtre ! Demain je partirai sur les steppes immenses. Je ferai mon hymen avec le grand bellâtre Qui m’aura soutiré mes meilleures romances.
Épiphore : Répétition par laquelle un mot ou plusieurs mots reviennent en fin de phrase.
Des volutes de nuages et des poussières d’étoiles Font le sillage imprécis de la Lune voyageuse. Parfois sa courbe est suave, parfois sa course se voile, Mais sa vie est un récit et me fait l’âme songeuse.
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Dans la savane, on rigole et l’on rit à belles dents ! Dans nos pyjamas rayés à la pâte dentifrice. Habillés comme des cagoles aux habits condescendants, Ne soyez pas effrayés quand nous pouffons en jocrisse !
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Tout là-haut sur les montagnes, j’ai construit une fusée En bonnes pierres solides et avec un gros clocher. J’ai préparé le champagne pour aller la baptiser Et demain mon fier bolide, les étoiles, va décrocher !
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Vous le verrez tous les soirs à l’heure entre chien et loup En train d’accrocher aux branches des milliers d’étoiles filantes. À l’aide de son épissoir, il accorde tranquillou Les arbres d’une main franche dans une paix nonchalante.
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Qu’il est bon de danser lorsque c’est inutile ! Qu’il est bon de voler quand ça ne sert à rien ! Qu’il est bon de rêver surtout si c’est futile ! Qu’il est bon de rimer un ballet aérien.
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C’était un œuf alchimiste, fruit de la poule-aux-œufs-d’or. Engendré par la lumière, enfanté par les étoiles. Couvé d’amour optimiste que ses deux parents adorent, Il brisera les barrières lorsqu’il lèvera son voile.
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Coccirouge et Cocciverte s’en allaient glaner aux champs ; Coccijaune, le troisième ; Cocciviolette, la dernière. Ils vivaient de découvertes, les jolies fleurs chevauchant, Jusqu’à la fleur colombienne qui leur servit de bannière.
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Elle allait se baigner dans les coquelicots Et se promenait nue dans les mille couleurs. Après, je la peignais avec un calicot Pour vêtir l’ingénue de pétales de fleurs.
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Un matin, couleur de brume, l’herbe perlée de rosée, Sous un ciel nacré d’aurore, satiné de zéolithe ; Dans une forêt qu’embrument mes songes encore arrosés Des souvenirs qui pérorent d’une rencontre insolite.
Un petit éclat de rire. Un accident imprévu. Comme un oiseau qui s’ébat dans un fol amerrissage. Juste aidée de mon sourire que je n’avais pas prévu, Me voici dans un débat, fort joli d’apprentissage.
Juste au bord sur les galets, la bicyclette étendue, Une cycliste accroupie qui se relève d’un bond. Comme sur un chevalet, peint sur la toile tendue De mes fantasmes assoupis, le mirage pudibond.
Vêtue de robe légère d’une étoffe de nuage, Elle se tient devant moi dans un désordre impérieux. De beaux seins sous la lingère fixant l’avenir suave Et des yeux tout en émoi d’un passé mystérieux.
Je lui propose mon bras pour la retirer de l’onde. Elle retire sa robe pour la sécher au grand jour, Et puis « abracadabra ! », avec sa langue faconde, La voilà qui se dérobe en me souhaitant le bonjour.
Elle enfourche sa bécane, nue dans son costume d’Ève En dandinant son derrière sur gerbe de fleurs sauvages. Je reste seul sur mes cannes, avec sa robe sur la grève Tout en restant en arrière, confondu sur le rivage.