Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Par le petit trou de la serrure

    Par le petit trou de la serrure

    C’est très indiscret de voir à travers
    Les petits secrets du monde pervers,
    Mais c’est amusant de voir les mystères
    Parfois médusants, parfois terre-à-terre.

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  • Le dernier jour d’automne

    Le dernier jour d’automne

    À la veille du solstice, les trois fées sont monotones
    Car leurs heures sont comptées à l’approche de l’hiver.
    Juste dans cet interstice, elles vont replier l’automne
    Pour pouvoir la remonter l’année prochaine, misère !

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  • La dernière crèche ?

    La dernière crèche ?

    Qu’il est long, qu’il est loin, le chemin de la crèche,
    Depuis qu’on nous les ferme un peu partout en France.
    Nous, les derniers témoins, veillons sur la flammèche
    De nos traditions fermes dans ce peuple en souffrance.

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  • Le Jugement

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    Le Jugement

    Au commencement fut le verbe qui résonna comme un écho
    Créant, au sein de la lumière, les fondations de l’univers.
    Il reviendra d’un son superbe et réclamera son écot
    Accru sur la valeur première sans qu’il n’y ait de découvert.

    Car ce qui est confié à l’homme depuis le jour de sa naissance,
    C’est de se connaître soi-même et par là même retrouver Dieu.
    Il n’est point besoin de diplôme pour transmettre la connaissance
    Mais l’intérêt de l’âme humaine est un don miséricordieux.

    Ainsi celui qui collectionne tous les secrets, sans les transmettre,
    Se charge d’un fardeau pesant qui l’empêchera de monter.
    Tandis que ceux qui affectionnent, aux élèves, d’être leur maître,
    Feront le choix satisfaisant qui, lui, leur sera décompté.

    Chaque race fait son bilan selon coutumes et traditions ;
    Chacun selon où il habite organisera son jardin.
    C’est d’ailleurs en assimilant plusieurs langages et transmissions
    Que les compétences s’acquittent à progresser dans les gradins.

    Au jour du jugement dernier, c’est là qu’on meurt dans les nuées
    Si tout ce qu’on a amassé n’est pas dans la fraternité.
    Mais chaque fruit, chaque denier que l’on aura distribué
    Demeurera la panacée d’une immortelle éternité.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Paris-Saint-Barthelemy Airline

    Paris-Saint-Barthelemy Airline

    Et je propose qu’on affrète, pour les trois cent soixante milles
    Adorateurs de leur idole, la « Paris-Saint-Barthelemy » !
    (Avec sa guitare et ses frettes) afin que chacun assimile
    Que la route du Rock’n Roll soit une airline-academy !

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  • Déloquez-vous !

    Déloquez-vous !

    N’oubliez pas de déloquer portes, fenêtres et volets
    À partir de la mi-décembre pour, la poussière, éliminer.
    N’oubliez pas de débloquer les bougies et les feux follets
    Afin de faire monter les cendres dans l’âtre de la cheminée.

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  • L’androgyne

    L’androgyne

    Lorsqu’un homme est bien déguisé, ou une femme, je ne sais pas,
    Et qu’il sourit de tout son cœur ou qu’elle rit de toute son âme,
    Il faut avoir les sens aiguisés pour savoir si ses beaux appas
    Sont d’un Monsieur un peu moqueur ou d’une taquine Madame.

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  • Homme-Femme-Soleil

    Homme-Femme-Soleil

    CeluiCelle qu’on prenait pour un soleil nous a sorti de la nuit
    Et répandu sa lumière partout dans notre maison.
    Depuis miracles et merveilles nous ont sortis de l’ennui
    Et le cœur de la chaumière nous chauffe en toute saison.

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  • Le Soleil

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    Le Soleil

    Le Dieu-Soleil, dès le début, a créé toutes les planètes
    Qui dansent autour de son feu pour se chauffer au brasero.
    Depuis toujours il distribue, à coup d’étoiles et de comètes,
    Tous ses rayons avantageux qui ensemencent les héros.

    Râ, Jupiter ou Anubis, quel que soit le nom qu’on lui donne,
    Traverse le ciel chaque jour en éternelle renaissance.
    Avec Isis et Osiris, c’est tout un mythe qui ordonne
    Que notre cœur brille d’amour de toute notre reconnaissance.

    Le Roi-Soleil est notre maître depuis qu’on a ouvert les yeux
    Sur la lumière qu’il diffuse afin d’admirer sa grandeur.
    C’est dès l’enfance qu’on voit naître tous les coloris merveilleux
    Qui nous égayent et nous amusent dans l’allégresse et la candeur.

    C’est l’architecte d’un système qui donne à chacun sa mesure ;
    Les astres, quelle que soit leur taille, lui obéissent aveuglément.
    Et chacun tourne autour du thème qui crée la vie par l’embrasure
    De l’aurore qui ravitaille la Terre et tous ses éléments.

    Le Feu-Soleil est l’énergie qui incite à battre nos cœurs,
    Qui réchauffe le corps et l’âme et met l’amour dans la maison.
    Les saisons font en synergie enchanter les moissons en chœur
    Qui nourrissent, hommes et femmes, le corps, l’espoir et la raison.

    Mais si nous voulons élever notre orgueil jusqu’à l’égaler
    Nous nous y brûlerons nos ailes et le corps se desséchera.
    Nous devons juste prélever son feu divin inégalé
    Et commémorer avec zèle ce qui nous en rapprochera.

    Le Temps-Soleil est régulier comme le calendrier du monde
    Pour indiquer le temps qu’il fait, pour calculer le temps qui passe.
    Chacun pourra au singulier compter chaque heure, chaque seconde
    Qui trace le cercle parfait d’une auréole dans l’espace.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Des seins animés

    Des seins animés

    La nuit, lorsque je rêve d’elle, j’aimerais qu’elle lève les mains
    Pour mettre ses seins animés dans mon regard halluciné.
    Mais la coquine demoiselle me les promet toujours demain
    Car ils pourraient bien abîmer mes yeux, tant de fois, fascinés.

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  • Pas de bol pour les seins

    Pas de bol pour les seins

    Comme je suis un peu têtu, je rêve d’elle tous les soirs
    En scandant « Obla-di-bla-da » pour la faire taper dans les mains.
    Mais la perfide dévêtue daigne juste à peine s’asseoir
    En disant : « Mon pauvre fada, tu les verras après-demain ! »

    Et en plus, ce n’est même pas vrai !

  • Les clefs du temps

    Les clefs du temps

    Les clefs du temps sont différentes, selon Monsieur, selon Madame,
    Selon si elle est jeune fille ou venue à maturité.
    Les clefs du temps sont transparentes et ouvrent la porte de l’âme
    Qui permet, si le cœur vacille, d’atteindre la postérité.

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  • La Lune

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    La Lune

    La Lune règne en Reine-Mère sur toutes les eaux de la Terre ;
    Elle régit les glaces immobiles qui vibrent sur les océans,
    Elle attire la masse des mers, créant les marées planétaires,
    Ainsi l’eau, devenant mobile, scande le maître des céans.

    La vie sans eau n’est pas la vie, le temps sans rythme n’est pas le temps
    Et cet auguste balancier anime tous les phénomènes.
    Chaque animal, pour sa survie, sait combien il est important
    D’obéir à ce nuancier qui fait les mois et les semaines.

    Ainsi ce cycle en vingt-huit jours se présente sous quatre aspects :
    Une lune pleine et royale qui se cache et se renouvelle.
    Cette cadence, depuis toujours, a imposé comme un respect,
    Comme une théurgie loyale, une chimie universelle.

    Dans nos cellules, ce rythme bat comme un foyer incandescent
    Mais qui vibre à une fréquence que seule l’eau sait écouter.
    Quand les animaux mettent bas, ils communiquent par leur sang
    Cette loi à leur descendance sans que nul ne puisse en douter.

    Même nos femmes au ventre rond connaissent bien ce rythme intime.
    Elles n’ont pas besoin d’horloge pour savoir quand c’est le moment.
    L’homme moderne, ce fanfaron, qui veut que tout soit légitime
    Devrait plutôt faire l’éloge à l’astre qui est sa maman.

    Enfin la lune est aux poètes ce que les rêves sont aux enfants.
    Elle amplifie leur allégresse et elle atténue la tristesse.
    Elle fait chanter l’alouette, elle fait sonner l’olifant
    Quand les animaux en détresse recherchent sa délicatesse.



    La théurgie est une forme de magie, qui permettrait à l’homme de communiquer avec les « bons esprits » et d’invoquer les puissances surnaturelles aux fins louables d’atteindre Dieu.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • La cage rouillée

    La cage rouillée

    Même en abandonnant la clef sur son cadenas verrouillé,
    La cage restera fermée et la liberté menacée.
    Quand tous mes désirs sont bouclés, mon cœur en reste tout rouillé
    Et jamais l’amour enfermé ne goûtera la panacée.

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  • Les fenêtres ont du cœur

    Les fenêtres ont du cœur

    Les fenêtres ont du cœur lorsqu’elles se referment
    Sur l’amour des amants pour leur intimité.
    Puis les gonds font les chœurs lorsque jaillit le sperme
    Qui fera la maman en magnanimité.

    Les fenêtres ont du corps quand elle crie « encore ! »
    Et que l’amant revient remettre son ouvrage.
    On compte les records, on compte les accords,
    Les coups en va-et-vient, les coups qui encouragent !

    Les fenêtres sont frivoles quand elles laissent entendre
    Les soupirs de Madame et ses gémissements.
    Parce quand on convole, on s’aime, c’est si tendre,
    Qu’on fait tout un ramdam lors des jaillissements !

    J’ai écrit ces quelques lignes en chantonnant la très jolie chanson « Les fenêtres » de Jacques Brel.

  • L’an prochain si tout va bien

    L’an prochain si tout va bien

    Lorsque les glaces auront fondu, plus rien ne sera comme avant
    Et l’homme devra s’adapter à ne plus ruiner sa planète.
    Le futur sera confondu dans un méli-mélo savant
    Qui dira qu’on a accepté de faire, du passé, place nette.

    Les jardins suspendus de Babylone par Evgeny Kazantsev.

  • L’arbre à vélo

    L’arbre à vélo

    Dans la forêt d’arbre à came, de bielles et d’arbre à vélo,
    La rouille métamorphose les plastiques et les métaux.
    Si tu laisses ta bécane dans ce vert méli-mélo,
    Elle traversera par osmose les troncs et les végétaux.

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  • Ralliez-vous à mon beau lama blanc

    Ralliez-vous à mon beau lama blanc

    Fi des crèches tchécoslovaques (*) qui nous mélangent des rois mages
    Tout droit venus des Amériques ou de la Chine orientale !
    Pourquoi pas des santons cosaques qui mettraient Joseph au chômage
    Et comme chameau chimérique, un lama transcontinental ?

    * vu que la Tchécoslovaquie n’existe plus, je ne devrais avoir aucun problème avec les tchèques et les slovaques… enfin en principe…

  • Derrière les fenêtres

    Derrière les fenêtres

    Est-ce que les fenêtres sont en forme d’amour
    Quand battent à l’intérieur les cœurs de deux amants ?
    Qu’il est bon de renaître, chaque heure, chaque jour,
    Un bonheur antérieur qui devient permanent.

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  • La Maison-Dieu

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    La Maison-Dieu

    Il est parfois des catastrophes, des accidents ou des malheurs
    Qui tombent avec tellement de force que l’on se croit anéanti.
    Et on se plaint, on apostrophe, on traite Dieu comme un voleur
    Qui nous reprend comme un divorce tout ce dont il nous avait nanti.

    Il y a pourtant des accidents qui se produisent à dessein
    Et plus ces accidents sont graves et plus leur effet nous renforce.
    Ça commence par des incidents comme si la vie faisait un dessin
    Mais dont l’intensité s’aggrave si l’on n’arrête pas l’amorce.

    Les plus grands bouleversements m’ont fait prendre un nouveau virage,
    Car ils m’ont permis de lâcher tout le poids qui m’alourdissait.
    Il s’est produit inversement ce que je redoutais avec rage
    Et m’a évité de gâcher ma vie où je m’engourdissais.

    C’est une loi astronomique qui montre que la gravité
    Permet d’envoyer des fusées en s’aidant de cette attraction.
    Comme si la force atomique se retrouvait parasitée
    Par la nouvelle diffusée d’un phénomène de traction.

    L’étincelle peut être petite à l’échelle microscopique
    Et apportera un enfant à ceux qui ne le cherchaient pas.
    Mais cette précieuse pépite sera le choc psychologique ;
    Le couple sortira triomphant en étant maman et papa.

    Aussi quand vous verrez venir une nouvelle désastreuse,
    Dites-vous bien que plus c’est grave et plus ça vous fera rebondir.
    Il faut savoir que l’avenir contient des zones ténébreuses ;
    Qu’il faut changer pour être brave et qu’il faut accepter pour grandir.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Le jour des magiciens

    Le jour des magiciens

    Dès le matin des magiciens, on voit jongleurs et comédiens
    Participer au défilé qui arrive devant ta porte.
    Puis on entend les musiciens, levant leurs pipeaux ophidiens,
    Jouer des heures d’affilée jusqu’à ce que leurs chants te transportent.

    Ophidien : qui est de la nature du serpent.

  • La fille du Père Noël

    La fille du Père Noël

    Tandis que son papa travaille à bien préparer sa tournée,
    Marie-Noëlle s’ennuie un peu à vérifier tous les jouets.
    Elle en a marre, vaille que vaille, d’y consacrer toutes ses journées
    Et voudrait crier : « Sauve qui peut ! » à coups de cravache et de fouet.

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  • Le Diable

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    Le Diable

    Parler du Diable ou de Satan, c’est pourtant très paradoxal !
    C’est comme vouloir prononcer ou parler d’ombre à la lumière.
    Qu’on soit victime ou combattant, le dilemme est donc colossal
    Mais impossible n’est pas français et la critique est coutumière.


    Côté lumière

    On le dit Ange de lumière qui aurait voulu conserver
    Toute la puissance du feu pour être ainsi l’égal de Dieu.
    Mais après l’impression première, on peut alors mieux observer
    Que cela n’était que le vœu du Père miséricordieux.

    Ainsi, prenons l’obscurité qui est l’absence de clarté ;
    Si difficile à pénétrer, si impossible à obscurcir.
    Illuminons en vérité et l’on voit ainsi s’écarter
    L’ombre, exposée à perpétrer, se mettre alors à rétrécir.

    Cet ange porteur de lumière n’a fait que semer le mensonge
    Afin que l’homme ait le pouvoir de distinguer le bien du mal.
    Dans l’intimité des chaumières chacun est libre dans ses songes
    Et peut choisir d’avoir l’espoir rester humain ou animal.

    Dieu est partout, omniprésent, mais il permet tout simplement
    À l’humanité de trouver son chemin en l’entretenant.
    Les douleurs frappent au présent pour que dans ce rassemblement
    L’homme puisse ainsi éprouver que sa vie se vit maintenant.

    Mais voici, quand on fait de l’ombre au vrai chemin avec orgueil
    Pour devenir riche et puissant, quelqu’un qu’on adore comme un roi,
    C’est là que Satan sort du nombre avec ses obstacles, ses écueils
    Pour rendre l’homme jouissant des plus terribles désarrois.

    Il dit « Mais si Dieu existait, y aurait-il autant de guerres ?
    Laisserait-il la cruauté s’il aimait vraiment ses enfants ? »
    C’est dans ces quelques mots cités que Satan a semé naguère
    Le doute dans le salut ôté, et en ça, il est triomphant.


    Côté ombre

    Alors, le diable, je l’entends sourdre dans le cœur des victimes
    À la recherche du cadavre de celui qui fut leur bourreau.
    Les hommes refusent d’absoudre les coups bas les plus intimes
    Et Dieu les voit, et ça le navre, ressortir l’épée du fourreau.

    Le diable c’est plutôt choisir de se souvenir du malheur
    Plutôt que des belles victoires, plutôt que ce qu’on a gagné.
    Le diable, c’est laisser moisir ses souffrances et ses rancœurs
    Et de brandir les faits d’histoire comme une plainte à témoigner.

    Car il faut trouver un coupable qui est la source de tous les maux
    Car on n’oublie pas la souffrance et puis on ne pardonne pas.
    Tous les sentiments redoutables chargés de haine, chargés de mots
    Veulent entretenir l’intolérance jusqu’à ce qu’elle ait son trépas.

    Le diable, c’est de voir la misère et ne rien faire pour en sortir.
    Le diable, c’est de voir massacrer sa mère et se cacher en ayant peur.
    Le diable, c’est de préférer le désert sans jamais ne rien y bâtir.
    Le diable, c’est se raconter des chimères et se morfondre dans la torpeur.

    Le diable se repaît de la vengeance qu’on impose à ceux qui ont peur.
    Le diable aime contrôler les masses et les nourrir de la violence.
    Il aime opposer les engeances et décider de leur plaisir
    À tuer l’autre avec grimace et suivre les autres en silence.

    Alors il se cache dans les églises, il se conduit en terroriste,
    Il se dissimule en argent pour effacer l’odeur de mort.
    La bête se généralise au fond du cœur des âmes tristes
    Qui vivent en se déchargeant de leur venin qu’ils commémorent.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Crues et décrues

    Crues et décrues

    Parfois ma rivière est en crue et l’eau monte jusqu’à l’étage
    Et je vois passer les bateaux, des cygnes et des vols de canards.
    Alors, moi, j’attends la décrue, me balançant à l’éclairage
    Tandis que les oiseaux patauds me lancent des cris goguenards.

    C’est pratiquement ce qui se passe chaque fois qu’il pleut, Je vois les eaux de la rivière monter et passer des canards et des hérons. Puis ça redescend. Puis ça remonte. Mais ça n’atteint jamais le premier étage.

  • Les cymbales bleues

    Les cymbales bleues

    Surgit la batteuse attitrée en remuant ses coquillages
    Qui me fixe là, stupéfaite, avec ses deux seins qui s’emballent.
    De la voir ainsi accoutrée de son étrange maquillage,
    Je lui propose pour sa fête de jouer avec ses cymbales.

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  • La porte du temps

    La porte du temps

    Sur la porte du temps s’affichent en filigrane
    Les images qu’enfant, j’ai souvent amassées.
    Et sur les deux battants, j’y vois mon patrimoine
    S’étaler triomphant car il est mon passé.

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  • La Tempérance

    14

    La Tempérance

    Nous avons vu avec La Force, qu’il y avait deux polarités
    Qui s’unissent pour s’annihiler ou pour créer de la matière.
    Mais pour que fonctionne l’amorce de la complémentarité,
    Il faut alors assimiler celle qui fait l’intermédiaire.

    Nous en connaissons deux moyens qui existent en plusieurs domaines :
    L’électricité magnétique, soit positive, soit négative ;
    Le masculin, le féminin, qui créent de nouveaux phénomènes ;
    Ou pour faire plus synthétique, deux forces, active et passive.

    Mais une loi fondamentale qu’on appelle « neutralisante »
    Est nécessaire, par sa présence, à féconder la création.
    Divin ou expérimental, parmi les forces opposantes,
    C’est l’action de la tempérance qui permet la procréation.

    C’est à leur seul point de rencontre, commun à d’autres dimensions,
    Qu’il se produit l’action divine dans l’univers surréaliste.
    Mais la science va à l’encontre avec pouvoir et dissensions
    Car un savoir qui se devine n’a pas l’aval matérialiste.

    Ainsi les hommes peuvent montrer des idées fortes et actives
    Et lutter contre leurs opposés avec une inertie de haine.
    Ils auront beau se rencontrer, faire des guerres rétroactives,
    Ils ne feront que s’imposer des conjonctures inhumaines.

    C’est là que le cœur intervient car il se tient à la frontière
    Entre son espace intérieur et son univers extérieur.
    La tempérance est le seul lien qui produira sa vie entière,
    Avec ses acquis antérieur, l’accès au monde supérieur.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Dans ma tête

    Dans ma tête

    Comment présenter le plafond juché au sommet de mon crâne
    Avec les pensées vagabondes qui fusent des murs et fenêtres,
    Sachant que j’ai le carafon qui tend fortement la membrane
    De ma dure-mère où abondent tant de nouveaux reflets à naître ?

    La dure-mère, en anatomie, est la membrane fibreuse qui tapisse la cavité intérieure du crâne. Tout le monde en a une.

  • L’encre du désir

    L’encre du désir

    Parfois il faut user de l’encre pour exprimer tous les contrastes
    Que l’homme a envie de clamer pour attirer sa bien-aimée
    Car l’amour a besoin qu’il s’ancre dans les racines de sa caste
    Pour attirer et proclamer ce que son cœur veut essaimer.

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  • Cœur flamboyant

    Cœur flamboyant

    Cœur flamboyant, voici ta flamme qui revient pour te ressourcer
    Pour apaiser les courbatures après un an de progression.
    Tu y rechargeras ton âme et ton corps sera remboursé
    De toutes ses tristes fractures dont tu sens encore l’oppression.

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  • Le Détachement

    13

    Le Détachement

    La Mort : Bonjour, m’entendez-vous ?
    L’humain : Au secours, où suis-je ? Qu’est ce qui s’est passé ? Je ne me souviens de rien ! Comme un choc. Un accident ? Il fait tout noir ! Où est la lumière ?
    La Mort : Du calme, il n’y a aucun danger, je vous l’assure. L’obscurité n’est pas complète ; elle va bientôt se dissiper. Mais vos derniers souvenirs risquent d’être altérés.
    L’humain : J’entends une voix dans mon oreille. Qui êtes-vous ? Qu’est qu’on fait ici ? J’ai du mal à bouger, j’ai l’impression que mes bras sont en plomb et mes jambes de marbre…
    La Mort : Il s’est passé un événement particulièrement… Comment dire ? Inhabituel pour vous…
    L’humain : Je ne comprends pas. Je veux rentrer chez moi… J’ai été enlevé, c’est ça ?
    La Mort : Je vais vous expliquer. Pour faire simple, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.
    L’humain : Une mauvaise nouvelle ?
    La Mort : L’endroit où vous êtes n’est pas un rêve mais ça ressemble plus à un rêve qu’à la réalité. Vous êtes parti pour un voyage sans retour.
    L’humain : Et la bonne nouvelle ?
    La Mort : La mort n’est pas la fin de la vie.
    L’humain : Mais suis-je en vie ou suis-je mort ?
    La Mort :La vie est comme un grand arbre et chaque être humain est comme l’une de ses feuilles. La feuille se détache mais la vie reste dans l’arbre. Et la vie remonte jusqu’aux racines. Le vrai sens.
    L’humain : Les racines, Dieu, l’éternité ?
    La Mort : Je ne détiens pas cette réponse. Voyez-vous, je ne suis que le passage, le cycle sans mémoire qui conduit les âmes à leur destin. Le cycle s’arrête si l’homme est vaincu, ou continue s’il est vainqueur.
    L’humain : Mais la mort est irréversible, c’est la fin de l’individu, il n’existe plus…
    La Mort : Rien ne disparaît, tout évolue. L’homme naît, vit et meurt parce que son âme ne peut pas rester enfermée dans l’écorce de son corps qui vieillit. Comme l’eau ne peut pas stagner et doit s’écouler vers la mer. La mer, la mort, tout se ressemble. C’est comme une épuration.
    L’humain : Mais pourquoi ne savons-nous pas cela dès la naissance ?
    La Mort : Vous le savez mais vous préférez l’oublier parce que votre esprit veut être le seul à gouverner et qu’il fait taire son cœur, son corps et son âme. L’esprit est un conquérant tyrannique.
    L’humain : Alors que va-t-il se passer maintenant ?
    La Mort : Après, je ne sais pas. Je ne représente que le passage d’une vie à une autre. Mais je suis sans méchanceté, comme le temps, juste irréversible. L’irréversibilité est une des lois de la vie.
    L’humain : Et la mort ?
    La Mort : Juste une transition où l’âme se détache de son corps, de ses sentiments et de ses souvenirs. C’est le détachement…

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • La crèche tibétaine

    La crèche tibétaine

    En allant rechercher Marie au-delà des hautes montagnes,
    Je l’ai trouvée sur le parvis en train de rentrer ses moutons.
    Je lui ai dit : « je te marie, voudrais-tu être ma compagne ? »
    Elle m’a répondu l’air ravi : « je n’aime pas les vieux croûtons ! »

    (Évidemment, le verbe « marier » étant intransitif, j’aurais dû dire « veux-tu te marier avec moi ? » mais la rime l’a emporté sur la syntaxe.
    Dura lex, sed lex. La loi est dure mais c’est la loi.)

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  • La boucle du temps

    La boucle du temps

    Quand tu boucles un tour sur Terre, tu donnes un tour de serrure
    Qui verrouille les regrets et déverrouille ton âme
    Car tes jours supplémentaires embellissent ta parure.
    Chaque année est un progrès qui alimente ta flamme.

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  • Le pendu

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    Le pendu

    Loin d’un monde tombé en folie, détaché de toute contrainte,
    Le pendu se laisse dériver dans cette frontière subtile.
    Suspendu par mélancolie d’un simple lacet pour étreinte,
    Il se balance ainsi privé d’une liberté inutile.

    « Ah, laissez-moi » murmure-t-il dans un sourire énigmatique
    « Regarder derrière le décor, vagabonder dans les coulisses !
    Mon esprit doit être fertile, dans cette pose acrobatique
    Et mon cœur a besoin d’accord avec son intérieur complice ! »

    Il est détaché des malheurs, il a relâché son fardeau,
    Il se rit des gens négatifs qui n’envient qu’entraîner les autres.
    Lui, il rayonne de bonheur dans son corps tiré au cordeau,
    Tout en restant dubitatif, toujours amicalement vôtre.

    Il ne craint pas les grondements, il ne prend rien pour personnel ;
    À sa manière d’observer, à sa façon de balloter,
    Il a quitté les fondements des commentaires rationnels
    Afin de pouvoir préserver ses souvenirs décalottés.

    Il est suspendu dans le temps, indépendant dorénavant,
    En équilibre entre le ciel et les racines de la Terre.
    Le père retient son enfant, la mère tient son paravent
    Et l’esprit souffle d’essentiel sur ce pendule solitaire.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Les sapins de l’espoir

    Les sapins de l’espoir

    Au fur et à mesure que notre mois s’avance,
    Les sapins des forêts marchent sur les talons
    Pour chercher l’embrasure vers le ciel en mouvance
    Et être décorés bientôt dans nos salons.

    Noël, dans deux semaines, orne bien nos maisons
    Et met nos cœurs en fête par de belles couleurs.
    Tout un chacun amène tous ses vœux de saison
    Afin que l’on se souhaite tous désirs de valeur.

    Tableau de David Langevin.

  • La force

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    La force

    Lorsqu’il y a confrontation et qu’il faut mesurer sa force
    On se choisit un adversaire ou bien c’est lui qui nous choisit.
    C’est une expérimentation où l’on va enlever l’écorce
    Pour extraire un mal nécessaire qui de l’intérieur nous moisit.

    Sous-estimer le concurrent nous amène droit à l’erreur
    Et nous nous aveuglons d’orgueil en nous croyant le plus puissant.
    Le craindre a l’effet récurrent de nous envelopper de peur
    Ou croire que le mauvais œil nous a retournés impuissants.

    Ne jamais abaisser sa garde, toujours rester dans la méfiance.
    Souvent on se croit protégé par une fausse sécurité.
    Si à un moment par mégarde, on se prélasse dans la confiance
    On risque de voir s’abréger sa vie en toute impunité.

    Mais l’important dans le combat n’est pas de perdre ou de vaincre :
    Le véritable tour de force est de trouver la solution
    Qui unira sans un coup bas et qui saura alors convaincre
    Les prétendants, bombant le torse, qu’ils sont alors dans l’illusion.

    Mieux vaut connaître l’ennemi qui se reflète à l’intérieur
    Que l’adversaire a excité et qu’on déteste au fond de soi.
    Mieux vaut donc traiter en ami celui qui voit de l’extérieur
    Le mal et ses connexités que lui seul permet qu’on perçoit.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • L’heure d’amour

    L’heure d’amour

    Te rends-tu compte tandis qu’on jacte que la Terre tourne sur elle-même,
    Autour du soleil en un an et la Lune, elle, en vingt-huit jours !
    Et ce mouvement, tel un pacte, unit tout l’univers qui t’aime
    Puisqu’il t’a sorti(e) du néant pour te faire vivre une vie d’amour.

    Eh non, ce n’est pas l’horloge astronomique de Strasbourg mais celle de Prague.

  • Les voitures en sommeil

    Les voitures en sommeil

    Quand celles qui ont transporté tant de familles en conséquence
    Se retrouveront abandonnées, les tôles exposées au soleil,
    Elles aimeront voir à leur portée des enfants rêver aux vacances
    Et sauront bien leur pardonner de les tirer de leur sommeil.

    Photo de Robert Doisneau.

  • La roue de la fortune

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    La roue de la fortune

    L’amour créa par le verbe cette spirale éternelle.

    Féminine à sa naissance par sa fibre maternelle,
    Masculine dans son essor par sa branche paternelle.

    Par la force de l’espace, volonté originelle ;
    Par l’autorité du temps, horloge sempiternelle ;
    Par la loi de la matière, onde gravitationnelle.

    Corps de terre nourrissante, ma boucle nutritionnelle ;
    Cœur de feu énergétique, ma révolution charnelle ;
    Esprit d’air fol éphémère, ma phase inspirationnelle ;
    Âme d’eau pure alliance, ma période intentionnelle ;

    Elle s’ouvre sur l’amour, ma vision compassionnelle ;
    Stigmatisée par la joie, mon audition sentinelle ;
    Assoiffée de connaissance, ma saveur attentionnelle ;
    Sereine dans la confiance, mon olfaction fusionnelle ;
    Authentiquement sereine, ma palpation fraternelle.

    Elle me produit la Lumière pour l’Homme directionnel ;
    Elle dispose Ciel et Terre pour la Femme émotionnelle ;
    Elle fait pousser les Semences pour l’Enfant irrationnel ;
    Elle exhausse l’Univers d’un père générationnel;
    Elle fait croître : Poissons, oiseaux, d’une Mère décisionnelle,
    Des Animaux à l’Humain en phase évolutionnelle.

    Elle me rattache à la terre, ma racine personnelle ;
    Elle me donne du plaisir comme un sexe passionnel ;
    Elle me donne de l’action, étoile opérationnelle ;
    Elle m’apprend à aimer par un cœur compassionnel ;
    Elle me dévoile la voie, voix communicationnelle ;
    Elle m’ouvre la vision, âme extra dimensionnelle
    Elle me donne le savoir, couronne éducationnelle.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Allô, Montréal ?

    Allô, Montréal ?

    J’avais prié ma bonne étoile de contacter à Montréal
    Ceux qui restent dans le silence quand les réseaux sont encombrés.
    Aussitôt s’est levé un voile comme une aurore boréale
    Qui a chassé les turbulences sur les obstacles dénombrés.

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  • Le roman de la vie

    Le roman de la vie

    Tous les trésors sont dans les pages de tous ces livres abandonnés
    Qui cherchent une autre destinée, de l’aventure et de l’humour.
    Tous les trésors sont dans les âges, tout que l’on a su pardonner
    À sa gentille dulcinée pour écrire un roman d’amour.

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  • L’Orient-Express rouille pour vous

    L’Orient-Express rouille pour vous

    L’Orient-Express est tout rouillé depuis qu’il a été doublé
    Par le cercueil volant qui tourne partout autour de la planète.
    Ses compartiments verrouillés, ses mauvais rêves ont troublé
    Son sommeil lorsqu’il se retourne, au cimetière, les manettes.

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  • L’ermite

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    L’ermite

    Elle a choisi la solitude pour continuer son chemin
    En parcourant le labyrinthe que lui fait suivre la nature.
    Il n’est pas de similitude entre le présent et demain
    Sinon de cesser la contrainte dont le temps fait sa signature.

    A-t-elle apprivoisé la faune ou la faune l’a-t-elle adoptée ?
    On ne sait pas, c’est simplement une osmose entre leurs essences.
    Qui nourrit la belle amazone, comment s’est-t-elle donc adaptée ?
    C’est en tout cas visiblement dans une entière reconnaissance.

    Elle parle avec les serpents que les hommes ont désavoués.
    Le séducteur abandonné lui a donné sa confiance.
    En parcourant quelques arpents, elle a bien su l’amadouer
    Et, lui, a su lui pardonner les rejets et les méfiances.

    Quand l’obscurité est complète, il faut les voir faire la danse
    Qui jaillit comme une lanterne pleurant une oraison funèbre.
    Mais qui, d’une flamme simplette, croit en puissance et en cadence
    Jusqu’à transmettre le feu interne qui fait reculer les ténèbres.

    Secret du feu, secret du temps, secret de l’ombre et la lumière,
    Comme une vestale fidèle qui veille sur le feu sacré.
    Voici pourquoi en débutant cette pratique coutumière,
    L’ermite crée une chandelle précieuse comme un œuf nacré.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • La chapelle transparente

    La chapelle transparente

    Dans la chapelle, Dieu s’échappe par tous les pores de sa maison
    Comme respirerait l’église si elle ressemblait aux poumons.
    Ainsi en soulevant la chape de plomb qui bloque la raison,
    Le cœur transmet et canalise la foi qui fait fuir les démons.

    Une étonnante chapelle transparente constituée d’une centaine de plaques métalliques et située dans la ville de Borgloon en Belgique.

  • Visage qui rêve

    Visage qui rêve

    Ah, si tu pouvais exprimer toutes tes plus belles pensées
    Qui ont mis ton cœur en couleur et irisé tout ton visage,
    Je pourrais y voir imprimé ce que ton âme a compensé
    En transfigurant les douleurs en bonheur et en doux présages !

    Photo de Kai Böttcher.

  • La justice

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    La justice

    L’humain : Tu n’es pas juste, tu es injuste !
    La Justice : « Juste, pas juste », je reconnais bien là une réflexion humaine !
    L’humain : Tu es cruelle et sans cœur !
    La justice : Mais à qui t’adresses-tu ? À la justice de la vie, à la justice humaine, à la justice dont l’Écho fait l’univers ?
    L’humain : La vie est cruelle, l’univers n’a pas de loi, les hommes cherchent la guerre !
    La justice : Les hommes veulent nommer « bien » et « mal » tout ce qui les entoure. Ce sont les hommes qui ont inventé cela.
    L’humain : Oui ! Pour rétablir l’équilibre et faire triompher le bien du mal !
    La justice : Voilà bien une pensée d’homme : « Ceci doit être bien et ceci doit être mal ! » Tu ne regardes qu’avec les yeux, pas le cœur !
    L’humain : Tu oses parler de cœur, toi, qui te livres à des injustices !
    La justice : Ni justice, ni injustice, ni bien, ni mal. Il n’y a que le présent et ce qui est.
    L’humain : Mais c’est toi qui détiens la responsabilité de juger et de trancher !
    La justice : Je ne fais que permettre à l’homme d’aller au bout de ses actes. Qu’ils soient « bien » ou « mal » comme tu les désignes, ne sont que les fruits de ses actes. Le fauve qui dévore sa proie est-il coupable et sa proie est-elle innocente ? Ce n’est là qu’un concept humain !
    L’humain : Mais je possède le libre-arbitre pour choisir le bien plutôt que le mal.
    La justice : Ne serait-ce pas ce libre-arbitre qui donne une justice différente à chacun ?
    L’humain : Tu joues avec les mots tandis que moi, je défends ma vie !
    La justice : Tu joues avec la justice de ta vie mais tu te places en juge dans ta vie !
    L’humain : J’aspire à une justice parfaite !
    La justice : Tu te bats pour une justice parfaite de ta vie et tu veux y insérer une justice d’homme. Abandonne cette idée de justice, accepte ce qui est. C’est ton esprit qui juge, qui compare et qui crée de toute pièce ta propre instabilité.
    L’humain : Mais c’est l’esprit qui dirige mon libre-arbitre et choisit entre le bien et le mal.
    La justice : En vérité, tu as peur du mal et tu n’es pas libre de choisir.
    L’humain : Je ne veux pas le mal mais le bien.
    La justice : C’est là le cœur du problème : Tu ne sais pas à l’intérieur de toi si tu possèdes le bien ou le mal et tu as peur de la réponse.
    L’humain : Puisque tu es juste, réponds-moi !
    La justice : le bien et le mal sont des idées fausses. Mais selon ta logique, le mal engendre le bien, le bien produit le mal et c’est ce mouvement qui te dérange.
    L’humain : Alors comment résoudre cela ?
    La justice : Vis ta véritable vie d’humain selon ton cœur et tu le découvriras.

    Tableau de Maryvon Riboulet

  • Rousse Russie

    Rousse Russie

    Quelque part en Russie, je ne sais pas où c’est,
    Peut-être Saint-Nicolas ou bien Pétaouchnok ?
    La nature est roussie, les arbres sont déhoussés
    Et pas d’Coca-Cola mais vodka pour vieux schnock.

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  • La porte violette

    La porte violette

    La porte violette demeure inviolée
    Le chemin qui y mène est pavé de rose.
    Derrière la voilette, est un cœur voilé
    Qui pleure à grand’peine ses amours moroses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’anniversaire du Masque-de-Fer

    L’anniversaire du Masque-de-Fer

    Quand le Masque-de-Fer, assigné au château,
    Regarde son écrin d’azur et de turquoise,
    Il ne peut rien y faire pour avoir son gâteau
    Car tout le monde craint son évasion narquoise.

    Malgré sa ressemblance, ce n’est pas l’île Sainte-Marguerite des îles de Lérins à Cannes – et encore moins le Château d’If – et depuis 2017 la question continue à se poser « où est-ce ? »

  • Le Chariot

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    Le Chariot

    Il traverse les étoiles de la grande à la petite ourse
    Dans son chariot de feu pour apporter la lumière.
    Cependant jamais ne voile sa clarté durant la course
    Qu’il accomplit comme un vœu dans sa quête coutumière.

    Son Véhicule est son corps qu’il se doit d’entretenir
    Comme un trésor important car il porte son enfant.
    Il le maintient en accord à ses promesses à tenir
    Car c’est en le comportant qu’il demeure triomphant.

    Ses deux Chevaux sont le cœur qui transpire d’émotions
    Et qui, connecté aux sens, est toujours prêt à bondir.
    C’est la force du vainqueur qui sait suivre l’intuition
    Comme une cinquième essence qui le pousse à resplendir.

    Si l’esprit fait le cocher tenant fermement les rênes,
    Ce n’est pas lui qui connait la destination finale.
    Il doit rester accroché sur la piste de l’arène
    Et savoir se cramponner à l’auspice originale.

    Car le véritable maître, le passager véritable,
    Connaît sa motivation et connaît ses origines.
    Il connaît les paramètres et le but inéluctable
    De la réalisation de tout ce qu’il imagine.

    Tableau de Maryvon Riboulet