Les aveugles ont la chance de n’pas être abusés Par le stéréotype du Noël américain. Le vrai Père Noël s’en trouve désabusé Par ce merchandisage et tout le Saint-frusquin.
Le vrai Père Noël, de nature invisible N’a nul besoin de rennes ni de traîneau volant. Il est d’un bleu profond mais plutôt indicible Car on ne l’aperçoit qu’au seuil du nouvel an.
Durant vingt-quatre heures, la nuit est parcourue Tout autour de la Terre sous la Lune étoilée. Ceux qui l’ont aperçu juste au coin de la rue L’auraient pris en photo mais elle était voilée.
Tableau de Kerri McCabe sur https:www.dailypaintworks.comfineartkerri-mccabestar-medicine-744863 .
Certains Pères Noëls une fois à la retraite Aiment observer les jeunes recrues se débrouiller. Grâce à leurs anciennes rênes, ils attrapent d’une traite La Lune qui se lève et s’en va vadrouiller.
Très vite, on la ficelle et on l’agrippe au toit, Puis, à l’huile de coude, à donf on la nettoie. On invite Marie, elle aussi pensionnaire, À se moquer des bleus, jeunes commissionnaires.
Bien sûr, on les renseigne, on les aide au passage ; On leur file les adresses des enfants les plus sages. Et, en fin de tournée, on les invite à boire, Raconter leurs journées et leurs pires déboires.
L’instant où tombe la chemise lorsque c’est la première fois Est l’instant où le temps s’arrête et ne reprend qu’après l’extase Ou bien jamais si la promise en réclame encore une fois Et ne sonnera la retraite qu’après l’annonce de l’épectase.
Après je deviens pavlovien et il suffit qu’elle soulève Juste un pan de son chemisier pour des appétences spéciales. Or elle aime tout ce qui provient de mes réflexes qui révèlent Mes signes de paradisier qui ferait sa danse nuptiale.
Et lorsque tombe sa culotte, inversement proportionnelle À la quantité de tissu, je frôle la mégalomanie. Et je hulule comme la hulotte dans une nuit sensationnelle Où les gènes dont je suis issu jurent leur érotomanie.
Illustration de Janice Sung sur https:www.janicesung.comdigital .
J’entendais pester mon beau-père après les repas familiaux Lorsqu’il recomptait soupçonneux cuillères et couteaux en argent. Jusqu’au jour où une fourchette disparue provoqua ses cris Et des accusations envers ses petites filles kleptomanes.
J’ai eu l’idée d’aller fouiller dans les poubelles devant la porte Et n’eus pas besoin de chercher bien longtemps pour la découvrir Et la brandir avec fierté devant sa fille soulagée De n’être pas mère de voleuses ni recéleuse malgré elle.
J’ai gardé un petit écrin lorsqu’il est parti recompter Les auréoles en or massif et les aréoles sans soutif. Je n’en ai pas trop de chagrin car je le sais bien remonté Pour ne pas être trop poussif à recommencer sans motif.
Les poumons deviennent matures avec d’autres signaux majeurs Dont les contractions utérines fréquentes, longues et intenses. La perte du bouchon muqueux et puis de la poche des eaux Sont tous des signes précurseurs : Le Sagittaire se met en marche.
Le ventre était la cathédrale, lieu de lumière et de silence ; Lilith maîtresse de la racine a émancipé les jumeaux. Comme deux Sagittaires en action ils pointent vers la direction Élysäé, petite flamme et Orélion, petite étoile.
Le Sagittaire, Cheval d’Or brille et montre sa vitalité ; Il montre la voie et s’engage dans le tunnel vers la sortie. Laureline ne souffre pas, elle sent le bébé descendre, Sortir, pousser son premier cri, ouvrir ses yeux neufs à la vie.
Le Sagittaire, Cheval d’Or veille et montre sa fidélité ; Elle suit la piste de son frère et lâche tout pour le rejoindre. Laureline sent la délivrance et voit le bébé apparaître Qui ouvre ses poumons bien grands comme pour chanter sa venue.
Élyäna est sage-femme et opère de l’intérieur ; Elle calme les contractions et lutte contre les douleurs Qu’elle apaise par des messages massant la masse musculaire Et respire avec Laureline comme pour accoucher ensemble.
Ärÿnor guide les enfants et les entraîne par la main ; Il aide Orélion à pousser et à déblayer le chemin. Sans lâcher celle d’Élysäé, il l’entraîne aussitôt après Et puis détache le placenta qui a terminé sa mission.
Et enfin tout revient au calme car l’heure n’est pas encore venue ; Laureline garde la porte close et maintient ses jumeaux au chaud. Lilith referme l’athanor et sanctifie le sanctuaire ; Élysäé & Orélion ceints, s’endorment au seuil de l’an nouveau.
« L’amour ne peut plus voyager, il a perdu son messager ! » Chantait Moustaki qui n’avait pas vraiment d’autre information Sur le mobile ensauvagé dont un prédateur enragé Aurait usé car il savait par où transitaient les passions.
« Il suffit d’observer le vent ! » a-t-il avoué par la suite « Les brises d’amour au printemps, les plus précoces sont les plus tendres ! » Il est vrai qu’au soleil levant les jeunes amours sont en fuite ; On quitte le nid à vingt ans tellement on n’en peut plus d’attendre.
Et c’est ici que Cupidon ajusta ses flèches en visant Et c’est là qu’un gros chat tigré le faucha d’une patte adroite. Les amoureux à l’abandon s’en retournèrent en devisant Que la Nature, bon gré mal gré, s’était montrée bien maladroite.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.
Lorsque la deuxième trompette annoncera la fin des temps, La grande montagne fleurie se jettera dans le calice Formé par la mer des trempettes transformant un tiers des étangs Causant de grandes souffleries sur la planète mais sans malice.
Déjà les créatures marines ont diminué d’un bon tiers Et les navires de croisière vont aussitôt en faire autant. Et tous les gars de la narine qui remplissent les cimetières Montrent, la main sur la visière, que ç’en est fini du beau temps.
Et dans cette atmosphère blanche où la mer s’agite et tempête, Les vents s’élèvent sans colère et le beau temps retient son souffle. Puis les fleurs tombent en avalanche au son des divines trompettes Tandis qu’une éclipse solaire erre dans la nuit en pantoufles.
Si au lieu d’enterrer les morts on en récupérait la peau ? Ce serait une œuvre artistique plutôt macabre j’en conviens. Les musées n’ont aucun remords cependant pour faire des expos En cire ou matières plastiques et là nulle loi n’y contrevient.
Ça ouvrirait d’autres marchés que tous ces changements de sexe. Et, sans vendre la peau de l’ours, on pourrait tuer puis acheter L’idole qu’on aurait démarchée sans pour autant faire de complexe Au risque, à la fin de la course, de devenir une rareté.
Plutôt que boire le sang des vierges, faites-vous en greffer la peau Que vous garderez bien dix ans, du moins c’est ce que garantit L’entreprise qui les héberge et les élève, net d’impôt, Et les vend en vous précisant que la vieillesse est ralentie.
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Dommage pour les animaux que Lilith nous avait créés Qui étaient extraordinaires pour ne pas dire surprenants. Mais Dieu a dit à demi-mots que seules les bêtes agréées Seraient signées à l’ordinaire de sa main et pas autrement.
Adieu licornes et chimères ! Adieu sirènes et tritons… Non ! Elles ont su – au temps pour moi – échapper aux flots diluviens. Adieu créatures éphémères à trois pattes, deux têtes et griffons ! Je vous adresse avec émoi les regrets dont je me souviens.
Quant aux animaux à trois sexes ou même quatre, pas de nouvelle ! Noé n’était pas trop aidé quand il a dû tout contrôler ! Mais à situations complexes, un petit tour de manivelle Ou de pédale rétrocédée permet souvent d’extrapoler !
À l’origine, l’humain est neutre jusqu’à la septième semaine ; L’embryon est « bipotentiel » sans distinction garçon ou fille. Les gonades se calfeutrent sans le moindre épiphénomène En canaux « bidimensionnels » et un tubercule qui oscille.
Le déclic génétique s’opère et les gonades se reclassent ; Les deux canaux se développent afin que les sexes florissent. Pour Élysäé les ovaires commencent à se mettre en place Avec les trompes de Fallope, utérus, vagin, clitoris.
Pour Orélion, le gène mâle transforme gonades en testicules Qui resteront tout près des reins avant d’entamer leur descente Avec production hormonale qui allongera le tubercule Pour former un pénis serein, dans sa forme naissante.
Élyäna porte l’oriflamme ; un double X tendre de conséquences ; L’embryon deviendra femelle et sera transmettrice de vie. Les deux futures jeunes femmes s’allient sur la même fréquence De communication jumelle propre à assurer leur survie.
Ärÿnor porte l’étendard du gène Y qui pèse lourd ; L’embryon deviendra un être qui suivra la voie masculine. Jeune animal fier de son dard, un peu belliqueux et balourd Qui doit apprendre à se connaître et gérer son adrénaline.
Élyäna connaîtrait-elle les dispositions de son sexe Dont le Scorpion use de charme, de beauté et de séduction ? Virtuose de la bagatelle aux stratagèmes les plus complexes Et quand il faut, maîtresse d’armes, à l’heure de la reproduction.
Orélion en soldat du cœur subira beaucoup de défaites Mais c’est ainsi qu’il s’aguerrit pour celle à laquelle il aspire. Mais un jour il sera vainqueur ou vaincu par une nymphette Qui l’amènera à la mairie pour le meilleur et pour le pire.
Au 10A, rue Marquis de Sade, on ne voit rien et c’est normal Car c’est la maison à côté qui tient lieu de rassemblement. En effet, derrière les façades, passent les femelles et les mâles Par des passages traficotés entre les deux appartements.
Je le sais parce que j’y habite. Eh oui, c’est moi l’animateur Qui convoque taxis à ces dames et les accueille galamment. Je peux vous dire que ça débite entre amatrices et amateurs Car ils sont avides du ramdam qui s’y passe extravagamment.
Ça m’est venu une fois veuf ; pensant à me remarier, J’ai eu l’idée d’un lupanar afin de m’en faire un cheptel. Je les repère au gui l’an neuf chez mes relations notariées Avec ce simple canular : j’ai un « crac-boum-hu-hu » mortel !
Tableau de Volodya Kenarev sur https:conchigliadivenere.wordpress.com20160920volodya-kenarev-1951-bulgarian .
Un rendez-vous assez cocasse au 10A, rue Marquis de Sade ; « Soirée privée et costumée, la tenue d’Ève est exigée. » Ce n’est qu’une mesure efficace pour décourager les maussades Mais c’est comme à l’accoutumée, la seule contrainte infligée.
Il y a toujours des courageuses qui viennent juste accompagnée Par un chauffeur qui les dépose juste devant la porte d’entrée. Mais aucune mesure outrageuse – et ça je peux en témoigner – De la police ne suppose aucun interdit rencontré.
Pour le retour, pas de problème, des taxis sont organisés Pour ramener discrètement ces dames à leurs domiciles. Que font elles donc ? C’est le dilemme ! Car les lumières tamisées Ne laissent voir distraitement le moindre coup d’œil trop facile.
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Le corps a son gouvernement et donc sa police secrète Au devoir d’efficacité mais sans le pouvoir de justice. À elle de couvrir tout évènement et toute menace indiscrète Qui montrent leurs capacités à lui porter un préjudice.
Cette police a tous pouvoirs et peut circuler librement Afin d’intervenir très vite et au plus près d’une agression. Et les moyens de s’y mouvoir afin d’œuvrer salubrement Par des circuits qui lui évitent de ralentir la progression.
Rôle défensif et préventif, rôle de drainage et de filtrage Pour débarrasser l’organisme des déchets de l’activité sanitaire. Tous ces agents restent attentifs en permanence à tout outrage Malsain pour le métabolisme et ses défenses immunitaires.
Élyäna part au combat sur tous les remparts tissulaires Avec les troupes du microbiote empêchant la flotte ennemie. Et pour parer tous les coups bas sur les barrières cellulaires Et les muqueuses où papillotent ceux qui se font passer pour amis.
Ärÿnor, en première ligne, dans le génie des prérequis En tête des globules blancs, les lymphocytes et plasmocytes Qui répondent aux tous premiers signes dès qu’un anticorps est requis Ou que le moindre fait troublant est signalé comme illicite.
Élyäna, aux ganglions, assume les interrogatoires En liaison avec la rate et les renseignements du foie : Carte complète des embryons qui n’offre aucun échappatoire À toute invasion scélérate par le placenta toutefois.
Ärÿnor au réseau radio alterne alarmes et renforts Et veille au stock d’armes secrètes dans la lymphe et ses renflements. Tous les messagers primordiaux, les sirènes et les sémaphores Se coordonnent et puis secrètent l’arme ultime du complément.
Encore une fois le chat s’impose dès que l’alchimiste est en transe Et les animaux à la ronde semblent attirés par cette scène. Au début chacun se repose sauf le chat tendu à outrance Mais sans montrer le moins du monde la moindre indication obscène.
On ne sait plus qui est le maître… Est-ce le chat ou l’alchimiste ? C’est bien là ce que se demandent tous les animaux accourus. Même la nuit qui vient de naître garde le secret intimiste Du moins c’est ce que recommande la méditation encourue.
Prédateurs et proies se rallient à la quiétude du moment Qui ne durera que qu’une nuit, celle du solstice d’hiver. À l’aube quand le soleil pâlit, les uns s’envolent en slalomant Tandis que les autres s’enfuient sous le regard du chat pervers.
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Le soleil ivre sur les plaines et alcoolique dans les vallées Sort de son delirium tremens quand mon esprit bat la campagne Le soir quand tombent les heures pleines qui continuent à dévaler En traçant ses nuages minces qui s’effilochent vers les montagnes.
Et lorsque le soleil se couche sur la mer de nuages blancs, Le crépuscule alors déverse les couleurs de l’astre trop mûr Que la nuit du solstice embouche du bout des lèvres en tremblant Jusqu’à ce que la Lune converse et que les étoiles murmurent.
Alors la nuit noire s’avance, drapée de ses ombres profondes, Les feuilles frissonnent doucement sous l’air glacial qui s’alanguit, Un parfum de terre de Provence flotte pareil au chant monde, Tandis que s’endort lentement la plaine qui rêve à lundi.
Le jour le plus court ; Le silence du solstice ; La nuit la plus longue.
Si l’on ne voit pas l’intérieur, les masques brillent à l’extérieur Des valeurs que l’on veut montrer et celles que l’on voudrait taire. Et plus l’éclat est supérieur, plus l’effet est révélateur Et ça ne fait que démontrer que l’intérieur est délétère.
Bien sûr, il y a la belle aura qui se dégage imperceptible, Qui hélas demeure invisible sauf aux yeux qui sont dans le cœur Mais ne connaissent ni l’odorat ni le toucher ultrasensible Pour tâter si elle est nuisible par accumulation de rancœur.
Finalement soit l’on y croit ou l’on refuse de les voir Ces couleurs du bien et du mal qui transpirent de tous les pores. Sans doute les esprits étroits qui ne jurent que par leur savoir Et dénigrent le paranormal n’y voient que l’envers du décor.
Dommage qu’on ne puisse voir comment on est à l’intérieur ; Pensées d’amour, pensées de haine, pensées de bien, pensées de mal. Nous aurions enfin pu savoir et voir tout le monde extérieur De la couleur de l’âme humaine, divine tout autant qu’animale.
Les femmes seraient-elles teintes en rose et les hommes des bleus de l’âme ? Les enfants aux mille couleurs et tous les seniors transparents. Nous y verrions les cœurs moroses ou animés par une flamme D’amour mais aussi les douleurs d’avoir à perdre nos parents.
Sans doute que la compassion et l’empathie peuvent permettent De sentir toutes les nuances par l’écoute plus que par les yeux. Pourtant plus forte est la passion, plus forte sont les amourettes Et plus aveugle l’influence des attachements fallacieux.
Le mécanisme du vivant depuis six cents millions d’années Passe par un tube digestif en évolution permanente. La Vierge et son feu innovant par la cuisson nous ont mené Vers le transit plus objectif d’une absorption plus pertinente.
Cette boîte noire organique aux propriétés alchimiques Dissimule son laboratoire où tout agit en synergie : Agents gastriques et hépatiques – plus toute l’usine chimique, Multifonctions préparatoires, et productrice d’énergie.
Depuis le bol alimentaire, passé la bouche salivante, De l’alambic de l’estomac au serpentin de l’intestin, La Vierge dresse son inventaire avec la machine vivante En nous distillant sa pharma jusqu’au terminus du festin.
Pour Élyäna, il est sacré de se nourrir selon l’accord De la nature qui assouvit tous nos besoins nutritionnels. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et devient corps, Du microbiome de la vie au stade adulte fonctionnel.
Ärÿnor perçoit l’équilibre : un esprit sain dans un corps sain ; Ce qui entre doit correspondre à toute l’énergie consommée. Pour vivre heureux et vivre libre sans recourir au médecin, L’alimentation doit répondre au mode de vie assumé.
Mais pour Élyäna, l’équilibre semble un frein à l’évolution Et le futur n’est pas inscrit à l’intérieur des chromosomes. Et que faut-il pour vivre libre sinon faire des révolutions Notamment dès le premier cri des jumeaux naissant en binôme ?
Pour l’instant, l’énergie circule du placenta aux embryons. À l’aune de la Vierge du sommeil, Ärÿnor guide les voyageurs Qui quitteront leur véhicule au sein de leur amphitryon Sitôt que la Vierge de l’éveil sonnera le moment majeur.
Si le vampire ne fait plus peur que dans les salles de cinéma, On n’y croit plus et c’est un tort car il paraîtrait qu’ils existent. Contrairement à la stupeur que provoque les anciens schémas : Canines dignes d’alligator et visiblement fantaisistes.
Pas du tout, les nouveaux vampires continuent à boire du sang Mais préparé et collecté par des filières pédophiles. Les trafiquants n’sont pas les pires ; les pires sont les compatissants Qui en consomment, affectés par la terreur gérontophile.
Hélas, passé un certain âge, notre sang est dévalué Et ne vaut que s’il est connu du grand public comme vedette. Tout ça pour dire que l’avantage de rester sous-évalué Me met à l’abri d’inconnues aux dents longues et jeunettes.
Parfois pour lever une meuf, je dois faire tellement d’effort Que Cupidon, pensant bien faire, met les bouchées doubles à son arc. Et neuf cent quatre-vingt-dix-neuf flèches partent, sifflent et perforent Le cœur et tout est à refaire et tout laver avec Saint-Marc…
Effacer les traces de sang, reboucher les trous dans les murs, Rincer les peines et les pleurs et balayer tous les remords. L’amour, lui, l’éternel absent doit se planquer dans son armure Pour parer les couronnes de fleurs qui jonchent ceux qui en sont morts.
Tableau de Tran Nguyen sur https:momentsjournal.comtran-nguyen-surreal-dreamy-paintings-soft-delicate-beautiful .
Il n’y a qu’une combinaison qui puisse déboutonner sa robe Et je n’ai droit qu’à un essai de dix manipulations max. Pour les maths, j’ai l’inclinaison mais ma mémoire se dérobe Et j’ai fait beaucoup trop d’excès de vitesse par contumax.
Hé oui, je suis un vieux de la vieille en déboutonnage de robe La Rubrics-robe me rend perplexe et les filles n’aiment pas les loosers. Or je connaissais à merveille une astuce pourtant très probe Pour déboîter ce complexe amas de carrés abuseurs.
Ça me revient !
Il suffit d’une tape franche au popotin de la donzelle Pour faire voler en éclat tous ses carrelets de couleurs. Soit, le truc astucieux la branche et on part pour la bagatelle, Soit, elle en fait tout un plat et j’vous raconte pas la douleur !
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Les femmes dont la carapace dresse une barrière aux machos Ont le sang bleu quand elle l’écarte devant les hommes qui leur plaisent. Étrangement cela se passe parmi les princes au sang chaud S’ils savent bien jouer aux cartes notamment celle du Père Blaise.
Cet herboriste de Marseille qui aurait fondé la potion Qui rendrait la peau si épaisse qu’elle en bleuît la tendre chair. Oui mais comment une pareille nouvelle devient-elle addiction ? Pardi ! À cause des princesses putatives de l’être cher.
Lorsque l’une m’a fait le coup, ça m’a flatté, je vous l’avoue, Qu’une petite souveraine me trouve mignon à son goût. Ma femme m’aurait tordu le cou si elle savait qu’j’ai rendez-vous Dans la suite dite « des sirènes » où disparaissent les vieux grigous.
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À force de se faire arracher robe et maillot par son cactus Elle a fini par vivre nue dans sa villa avec piscine. Depuis, le cactus rabâché a poussé droit vers les stratus Mais l’habitude est retenue et ses voisins, ça les fascine !
Alors les épouses en colère ont bien tenté de rhabiller La voisine exhibitionniste mais rien à faire, elle est trop forte. Même la police oculaire, je vous en fiche mon billet, Est demeurée protectionniste envers la tenue qu’elle porte.
Or le prix de l’immobilier a grimpé en flèche depuis Même les balcons sont loués à l’heure à l’ombre des glycines. Le maire devenu fou à lier s’est mis à se creuser un puits Officieusement a avoué qu’il allait jusque sous la piscine.
Mais la starlette de trente ans a trouvé un rôle à sa taille Taille de guêpe pour se glisser entre les deux grandes puissances. Et qu’ils soient ou non consentants, ils vont devoir livrer bataille Dont les armes sont policées par ceux qui en font jouissance.
On ne sait pas qui sont les bons ni même qui sont les méchants Ou pire, ils changent tout le temps selon les médias assouvis. Une opinion qui fait des bonds parmi le peuple à contrechamps Entre les forces de l’OTAN et le pacte de Varsovie.
En fait, on reconstruit l’Histoire que l’Europe a connu naguère : Des petits royaumes qui s’envoient pis que pendre et coups d’escarmouches. Et de nos jours, il est notoire que ceux qui veulent partir en guerre Sont les descendants dont la voix parlent comme le « prince des mouches ». †
Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy . † Belzébuth
Pour vivre heureux, vivons cachés là où Dieu ne voit plus personne Soit à l’intérieur des montagnes, soit dans les abris souterrains. Veillons à ne plus s’attacher aux religions qui nous façonnent Et nous formatent nos compagnes comme souffre-douleur souverain.
Dans l’obscurité minérale, loin des cieux et dieux en colère, Nous bâtirons nos espérances avec du béton et du verre. Loin des croyances sidérales, loin sous la calotte polaire, Nous romprons avec nos errances et tous nos soucis terre-à-terre.
Mais il faudra creuser profond pour accueillir dans nos palais Le tombeau de nos vanités et les souvenirs rapportés. Même en réduisant les plafonds, il nous manquera des balais Pour ôter toute insanité de cette planète avortée.
Sous la roche nous tairons nos dieux devenus tous sourds en chemin Et nos silences auront pour toits toutes les montagnes des Grisons. L’Histoire fermera ses yeux sur ce qui reste en nous d’humain Et l’ombre prendra tout le poids d’un monde qui n’a plus d’horizon.
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Depuis que je l’ai ramenée secrètement à la maison, J’ai cédé la salle-de-bains en guise de chambre à coucher. Mon lit étant trop suranné, j’ai dû me faire une raison Et le soir je suis son larbin après être allé me doucher.
Car je dois lui lire une histoire de marins et leur capitaine Pour qu’elle s’endorme comme un enfant bien avant d’arriver au bout. Or il est devenu notoire pour ma sirène puritaine Qu’elle dort mieux en étoffant mes histoires à dormir debout.
Pour cela je dois la rejoindre entièrement nu dans la baignoire Tout en inventant une suite piquée de suspense et d’humour. Ensuite je dois lui adjoindre une descente dans les eaux noires Où nous partons à la poursuite de rêves où nous faisons l’amour.
Plus on est de sirènes tendres et plus on rit sur le rivage Et plus il y a de matelots et plus on se remplit le ventre. Il suffit simplement d’attendre, le vendredi, les arrivages À la criée méli-mélo dans les halles et les hypercentres.
Elles se glissent déguisées en thon à l’intérieur des chambres froides Et guettent les beaux poissonniers qui se radinent dare-dare. Car dès qu’ils pointent leurs mentons, il lui arrive une escouade D’amatrices de fruits garçonniers qu’on se déguste façon tartare.
Pionnier de l’essence de vie, passeur de l’âme dans le corps, Le cœur initie l’existence dans laquelle s’éveille le Lion Dont l’ambition inassouvie commence à planter le décor Pour diriger avec prestance ce qui se joue dans l’embryon.
Entre le cœur et la raison, le cœur assure la régence Et mettra toujours son veto sur les dossiers des sentiments. Pourtant c’est sans comparaison que le cœur a fait allégeance Pour servir le corps « in petto » et assumer les nutriments.
Car entre la vie et la mort, le cœur fidèle à son devoir Assure jusqu’au bout son rôle qui est avant tout de survivre. Loin de jouer les matamores, il est le seul à s’émouvoir Lorsque l’amour a la parole car il lui faut aimer pour vivre.
Élyäna sait les valeurs dont le cœur a fait ses devises : La justice, la tempérance, la force ainsi que la prudence. Quatre vertus qui s’évertuent à ce qu’elles seules supervisent L’existence avec déférence envers la divine Providence.
Ärÿnor ne craint ni l’ardeur, ni les élans intempestifs Car les vertus sont quatre clefs permettant la modération. Et s’il passe un mauvais quart d’heure par un affolement affectif, Il sait qu’il est aussi musclé contre les pires exécrations.
Élyäna connaît ses faiblesses et les dangers des effusions Lorsque la raison abandonne au profit d’un cœur débridé. Les charmes de quelques diablesses peuvent aussi à profusion Porter l’amour que désordonne un Cupidon trop déridé.
Ärÿnor saura l’entraîner et le guider lors des efforts Par des activités sportives et une alimentation saine Mais sans se laisser engrener dans l’excès de plus en plus fort Et dont la moindre récidive pourrait se révéler obscène.
Bien sûr, la Terre est ronde mais ce qu’on ne sait pas C’est « qui vit au milieu sous le manteau terrestre ? » Est-ce l’enfer qui gronde pour le moindre faux pas ? Ou, au contraire, un lieu de mise sous séquestre ?
Vous êtes loin du compte ! C’est le domaine de dieux ; Cet ancien Élysée connu comme Mont Olympien. C’est là que l’on raconte les épisodes odieux Et les billevesées sur le mythe Œdipien.
On croit son cœur de braise, de feu comme une étoile Cependant qu’à l’inverse, c’est le nec plus ultra : Un endroit où l’on baise, où chacun se dévoile Et vit à la renverse un vrai Kamasutra.
Là, le temps se dénude et suspend tous ses droits ; Les corps deviennent signes et les âmes, paysages. On échange les masques, on renverse les proies Et la vérité nue dévoile son visage.
Ces instants volés de détente aux folles heures d’activités Sont l’oasis dans le désert des répétitions quotidiennes. Ainsi je quitte toute attente, les rendez-vous à éviter Et les tenues cache-misère des grand-messes tragi-comédiennes.
Parfois l’attraction est trop forte et les habitudes nous happent Comme des chaînes de devoirs et de responsabilités. Ces heures grises ou l’on supporte d’être enfermé sous une chape De travail à n’en plus pouvoir doublées de culpabilité.
Les gens riches n’ont pas le temps, ils ont l’argent, c’est différent, Mais soumis à des inquiétudes sujettes à la moindre impatience. Les pauvres sont riches au printemps-été-automne-hiver durant, De leurs périodes de quiétude, futilité et insouciance.
Alors je rêve et m’abandonne, à la présence du silence, Le temps dépose sa main nue empreinte de sérénité. Je prends tout ce que l’air me donne en relâchant ma vigilance Et je respire l’instant venu m’apporter sa pérennité.
« Le petit oiseau va sortir, il est temps d’entrouvrir la cage Et laisser l’imagination s’envoler libre à tire-d’aile ! » C’était juste pour divertir le photographe un peu volage Et qui n’a de fascination que pour mon corps comme modèle.
« Ma chatte ronronne et minaude et guette ce petit oiseau Qu’elle épie depuis un moment et qui n’a pas l’air de comprendre… Tandis que l’autre baguenaude à partager sur les réseaux Ses commentaires assommants et ne fait rien pour m’entreprendre… »
Soudain d’un coup de griffe hardi, la patte lui ouvre la porte Et comme un coucou sonnant l’heure, l’oiseau sort et la chatte mord. Elle savoure, ragaillardie, sa proie dont la chair lui apporte Un jus nacré qui par bonheur n’entraîne que la petite mort.
Partant de l’œil au nombre d’or, puis de l’arcade sourcilière, Descendant la courbe du nez, puis remontant la joue fléchie, Contournant l’âme qui s’endort sous ces volutes singulières, Je n’ai cessé d’importuner la femme de Fibonacci.
Mais c’est de la faute à sa suite qui revient dans toutes les femmes Dont les courbures et les rondeurs découlent toutes du nombre d’or. Avant lui, d’une main fortuite, il n’y avait vraiment rien d’infâme À apprécier la profondeur de leurs intimes corridors.
Après lui, il faut calculer et évaluer sans toucher ; Il faut tendre vers l’infini la carte du tendre algébrique. Aujourd’hui tout a basculé et pour prétendre aller coucher Je dois compter en catimini leurs anthropométries lubriques.
Tous les jours défilent les zéros parmi les uns de mon réseau Avec bon nombre de héros, lutins, animaux et oiseaux Car ils m’aident à décompresser quand j’arrive en fin de journée Lorsque le temps s’est empressé d’en accélérer sa tournée.
Plus je vieillis moins ils vieillissent et plus ils ont des aventures ; Les infimes détails s’agrandissent au fil des livres et des lectures. Les guerres qui n’ont duré qu’un temps s’étendent éternellement Et je m’endors en feuilletant les pages continuellement.
Ils me tiennent lieu de veilleuse lorsque je tombe sur un bon titre Et je referme l’album trop tard en laissant tomber le héros. Si la nuit se fait paresseuse, je reprends au prochain chapitre Et si le jour est en retard… la suite au prochain numéro.
Je m’imagine ficelé dans la prison de mon présent Entre un passé décoratif et un futur inaccessible. Tous les jours qui ont défilé, tirent ce lien omniprésent Qui me laisse interrogatif sur tous les dénouements possibles.
Si le passé me tire trop vers mes nombreux trous de mémoire, Je reste prisonnier à jamais des souvenirs irréparables. Je serais complètement rétro dans la poussière des armoires Qu’on jette à la mer désormais par containers indénombrables.
Si le futur d’emblée m’attire, l’âge ira en s’accélérant Excepté toutefois les Parque qui me guettent d’un coup de ciseaux. Si d’aventure je me retire de ce schéma intolérant, Je naviguerai sur la barque de Charon sur le Styx schizo.
Alors je tranche enfin ce fil, non par courage, mais par présence ; Ni hier, ni demain ne m’attachent, leurs nœuds se desserrent en silence. Je m’assieds là, sur le seuil pile où l’instant défait l’impatience Et dans ce vide que je lâche, je marche droit… sans vigilance.
N’en déplaise aux frères Grimm de même qu’à Charles Perrault, Le petit chaperon était rose et le loup un amant lubrique. Ce n’était pas vraiment un crime mais au moment de l’apéro, Elle calmait ses humeurs moroses avec lui derrière la fabrique.
L’usine fabriquait des galettes au beurre salé de Guérande, Le loup travaillait à la chaîne et la fille aux expéditions. À la pause, derrière les palettes, elle lui proposait son offrande Et lui pratiquait, non sans gêne, des orgasmes à répétition.
Un jour leur usine a fermé pour être délocalisée Et le loup partit pour la Chine, l’autre pays des poulpiquets, En tant qu’ouvrier confirmé, il a pu se focaliser En lubrifiant les machines tandis que la fille l’astiquait.
Papa Ours aime les rouquines notamment les poils-de-carottes Parmi les elfes des forêts et les « je t’aime à tous les vents ». Si l’une d’elles est assez coquine pour lui offrir quelques poirottes, Elle se laissera déflorer par son gros chevalier servant.
Car une fois apprivoisé Papa Ours au cœur d’artichaut, Elle lui en fera voir, la bougresse, par un innocent esclavage ; Après avoir bien grivoisé et excité le mâle au sang chaud, Ce sera corvée de tendresse, cunnilingus, libertinage.
Mais Papa Ours, plus on l’excite et plus il se montre facile Et un beau jour, il en vint une que le plantigrade regretta. La suite est simple et explicite ; la fille se montra difficile Et lui réclama tant de thunes qu’elle fut « persona non grata ».
Pour entretenir sa famille, il doit faire bouillir la marmite Et pour entretenir son corps, le Cancer a son estomac. Du tilleul, de la camomille quand sa santé devient limite Et toute potion en accord avec ses multiples traumas.
Son estomac, son athanor car le Cancer est alchimiste ; Il se nourrit comme il se soigne par tout ce à quoi il a accès. C’est son point faible : s’il perd le nord et s’il devient trop pessimiste, Comme ses ulcères en témoignent par trop de stress et trop d’excès.
Bien sûr, il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger Il le sait bien ce fin gourmet : on devient ce qu’on entretient. Ce n’est pas écrit dans les livres ; c’est un rituel mélangé Dans ses gestes à l’accoutumée dont l’entourage a le soutien.
Élyäna sait les dangers causés par l’alimentation Et va favoriser les sens pour la sagesse corporelle. Les papilles pour le « bien manger », l’odorat pour l’inclination Et le besoin de connaissances sur les ressources naturelles.
Ärÿnor sait les pièges lents cachés dans les excès de table Et met sur la faim un chaperon contre l’envie de gourmandise. Il connaît au ventre son « talent » à se montrer influençable Et prendre un joli ventre rond s’il y a pléthore de friandises.
Élyäna l’obligera à voyager pour rechercher D’autres coutumes et d’autres mets afin de compléter sa table. Et le Cancer s’érigera « savant au palais alléché » Pour son besoin de consommer avec un goût incontestable.
Ärÿnor sait anticiper et maîtrise la digestion Et saura donc sélectionner ce qui peut la faciliter, Éviter d’être constipé et parer les indigestions Par l’intelligence raisonnée malgré son indocilité.
Le chat affectionne ces verbes : entir, sortrer, rentir, ressortrer. Ils font partie de son langage plutôt gestuel que verbal. Et qui leur donne cet air acerbe quand ils vous observent prostrés Avec un « miaou » qui dégage une compassion à deux balles.
À la façon dont il regarde, apitoyé à la fenêtre, Avec le regard implorant du pauvre petit prisonnier, Je sais que ce matou me garde des représailles qui vont naître Pour me pourrir la nuit durant en brayant comme un poissonnier.
Entir : sentir sans y toucher ; sortrer : sortir mais de travers ; Rentir : revenir tout vexé ; ressortrer : pour quérir son câlin. Avec quatre verbes moucher cet inventaire à la Prévert Et mon chat tout décomplexé faire donc un peu moins le malin.
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Folie dans le ciel aujourd’hui malgré les messages rassurants De la météorologie qui se veut toujours agréable. Comment cela s’est-il produit ? L’état s’en sort en assurant Que cette céleste pathologie est due par le contribuable.
Même les chemtrails des complotistes qui nous quadrillent l’atmosphère Fabriquent de drôles de nuages qui s’étirent et puis qui s’éclipsent. À moins que l’ange trompettiste ne soit en train de satisfaire Une sorte d’écobuage pour annoncer l’apocalypse … ?
Ou bien… le ciel change de look et veut s’habiller à la mode Avec ses tenues excentriques en robes de pluies inondables. On raconte aussi chez les ploucs que ce dont le ciel s’incommode, C’est de l’effet héliocentrique du Soleil qui a pété un câble.
Ou bien c’est le ciel qui délire, lassé des discours triomphants Quand trop d’algorithmes l’auscultent et veulent borner son empire. Il vrille des lignes qu’on admire pour perdre exprès ses observants ; Il se replie, se cabre, occulte, et pleure tout autant qu’il transpire.
Il y a fatigue et fatigue. Celle ressentie après l’effort À qui il suffit d’une nuit, d’un bain, d’un thé ou d’un massage. Celle qui muscle et qui prodigue satisfaction et réconfort, Qui entretient et qui ne nuit en rien sauf s’il faut un sevrage.
Il y a la fatigue dans la routine, comme métro, boulot, dodo Que l’on répète quarante ans ou plus jusqu’à absolution. Celle-ci m’use et me ratatine car les oasis de libido Et de vacances, bien tentants, n’apportent pas de solution.
Enfin la fatigue de la vie qui nous a plongé dans son bain Et qu’elle fait chauffer peu à peu en disant que c’est ce qu’il faut. Alors on craint pour sa survie mais c’est trop tard car le turbin Qui fait hurler « SAUVE QUI PEUT ! » a rabattu son coup de faux.
Désormais partout en Provence, de Méditerranée jusqu’aux Alpes, Les plants de lavande s’étirent happés par un soleil ténu Avec un blues de connivence et de stress que l’horizon palpe Lorsque les heures se retirent et que la clarté s’atténue.
Les paysages éternels si chers à Van Gogh et Cézanne Ont pris la teinte de leurs toiles qui étaient donc prémonitoires. Le bleu lavande sempiternel rejoint les bandes partisanes Qui se regroupent sous les étoiles dans les contes endormitoires.
Alors ils s’en vont vers l’orient empruntant les routes de la soie Sur les traces de Marco Polo pensant retrouver leurs racines. Et vous les verrez coloriant le crépuscule qui reçoit Leur désidératas écolos dans des couleurs qui nous fascinent.
Se repose-t-elle sur ses lauriers une fois élue et approuvée ? Il est vrai qu’il est confortable de siéger sur le cuir de vache ! Mais au cas où vous l’ignoriez, sa tâche sera bien éprouvée Car elle devra se mettre à table ; heureusement, elle est multitâche !
Elle sait répondre à vos demandes en vous décrétant plusieurs lois Qui ne vous soulageront guère – elle fait toujours tout le contraire – Car ce n’est pas elle qui commande mais l’économie qui fait foi Et, comme on l’a connu naguère, à votre avis… qui va-t-on traire ?
Derrière la vache tranquille, il y a l’Europe, l’ingénue, À peine âgée de trente années, elle est encore bien coquette Avec cet esprit infantile, impertinent et malvenu, Avec l’envie de se pavaner comme une star sur la croisette.
Tableau de Maria Kholmogorova sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .
Apparemment le feu des dieux que Prométhée nous a transmis, Nous a bien aidé à mûrir mais pas à nous parachever. Les dieux s’étant montré odieux, quant à leurs secrets compromis, Ont par la suite eu un fou rire de voir leur science inachevée.
Avouons-le ; les inventions censées nous aider à mieux vivre Ont transformé la société par un progrès bien insidieux. Toutes les bonnes intentions nous ont pavé la route à suivre Qui mène l’homme à satiété dans en enfer du feu des dieux.
Avoir voulu rivaliser avec les dieux nous a floués ; Nous sommes devenus ambitieux et nous sommes perdus en chemin. On a tout idéalisé sans penser qu’à force de jouer Avec un feu si malicieux on en oublierait d’être humain.
Un jour, peut-être, les idées claires, au bord des ruines de nos tours, Nous rendrons au feu son vrai rôle sans lui donner les pleins pouvoirs Car la flamme réchauffe et éclaire mais sans rien donner en retour Et quand le feu a la parole, il brûle tout sans s’émouvoir.
Le flux et reflux de la vie, la respiration du vivant ; Ici, on mange l’air, on le boit, on s’en nourrit, on le respire. Les deux Gémeaux en vis-à-vis, souffles complices et connivents ; Ici naît et grandit la voix, ici naît le cœur qui soupire.
Inspiration, expiration. C’est là l’essentiel de la vie Qui nous fait vivre dépendants à jamais de l’air nourricier. L’indispensable respiration qui nous soulage et nous ravit Lorsque l’air frais surabondant entre et se fait apprécier.
Depuis longtemps, tous deux attendent le jour où entrer en action Quand le cordon ombilical leur rendra leurs attributions. Ils en rêvent, leurs tissus se tendent d’une impatiente satisfaction À sentir le plaisir vocal initier la conversation.
Élyäna, Vénus en Gémeaux, sera alors leur providence Pour leur enchaîner les idées d’une vigueur émotionnelle. Trouver la pensée, les bons mots, la répartie de circonstance Et le plaisir de présider avec une ferveur passionnelle.
Ärÿnor, plutôt protecteur y voit la source d’énergie À préserver la vie durant et dont la constance est vitale. Car les poumons sont collecteurs de l’oxygène en synergie Qui apporte le carburant dont l’arrêt s’avère fatal.
Mais Élyäna connaît le vertige et le flot des conversations Qui deviendront des oraisons et des paroles insignifiantes. Afin qu’il n’y ait ni litige ni même tergiversation Entre le cœur et la raison, elle saura se faire conciliante.
Ärÿnor, lui, l’a bien compris : le souffle reste fondamental Et chaque étape de la vie nécessite sa modération. Sinon on en payera le prix : tout abus comportemental Devient menace pour la survie s’il contraint la respiration.
Ici, dans l’antre du Taureau, on savoure le moment présent Dans ce paradis consacré, où se prépare l’avenir La nonchalance « in utero » baignée d’amour omniprésent Qui veille à la phase sacrée sans y graver de souvenir.
La tête est encore difforme, le corps encore indéfini, Mais un noyau de connexions entre les deux parties du corps Se développe et se transforme dans ce lieu en catimini Où chaque jour la progression s’établit d’un divin accord :
Il faut gérer l’irrigation du corps avec adéquation ; Penser à l’alimentation et prévenir la digestion ; Permettre la respiration et régir la ventilation ; Enfin la communication, ce grand réseau des transmissions.
Élyäna sait l’importance de l’équilibre délicat De la fonction alimentaire et celle de la perfusion Qui doivent agir avec constance sans y laisser de reliquat Pour une hygiène salutaire et du bonheur à profusion.
Ärÿnor, aux renseignements, mesure l’ampleur de la tâche Entre le maître qui décide et l’ouvrier qui réalise. Parachever l’entraînement nécessite un apport sans tache D’énergie, lipides et glucides, et l’oxygénation requise.
« Le mieux est l’ennemi du bien ! » Élyäna veille à l’intendance Pour éviter que perfection ne rime avec surprotection Et l’empilement de trop de biens conduit à la surabondance Avec le risque de sanction due à l’excès de production.
Ärÿnor sait d’expérience que l’excès de confort endort L’esprit qui doit rester conscient en recherche de vérités. Il établit la surveillance comme une boîte de Pandore Qui s’ouvrira à bon escient comme un cran de sécurité.
Vénus serait-elle exaltée lorsqu’elle se retrouve en Poissons ? L’astrologie nous le confirme, la mythologie ne dit mot. Les Cancer doivent exulter que l’amour trouble leurs boissons Comme un breuvage qui leur affirme des sentiments fortissimo.
Quant à Mars, se retrouver dans l’eau risque de rouiller son armure Ce qui expliquerait alors sa mystérieuse couleur rouge. Mercure… déjà qu’il est pâlot, il ne serait plus que murmure ; Dilué dans l’eau incolore, il virerait dans l’infrarouge.
Avec la Lune tout serait flou et les amours assez confuses Mais bon… si l’amour est aveugle, ça ne devrait pas l’inhiber. Quant à Neptune, ça le renfloue, lui dont les actions sont diffuses Avec ceux qui mènent le peuple avec pots-de-vin prohibés.
Et si le Soleil, tout là-haut, glissait un pied dans la marée, Il dorerait les illusions des cœurs qui voguent à tâtons. Jupiter soufflerait en duo un air propice pour se marrer Avec Vénus, en effusion, qui décocherait ses tétons
Comme celle qui parle aux oiseaux, il y a celle qui parle aux poissons Et se régale des potins qui se racontent au fil de l’eau. Car les poissons ont leurs réseaux auprès des débits de boissons Où se soulagent les popotins après les heures de boulot.
Si la carpe reste muette, on sait la dorade royale ; Le Saint-Pierre fait ses homélies tandis que les tsars dînent à l’huile. La sole meunière est fluette, les poissonnières déloyales, Certains sont des anomalies et d’autres des poissons d’avril.
Quand la nuit luit sous la margelle, on voit surgir des silhouettes Qui brassent l’eau comme une scène où se rejoue tout l’opéra. Le thon philosophe interpelle la perche aux rêveries discrètes Tandis qu’une grosse baleine danse devant les caméras.
Ils naîtront à l’heure du Bélier, l’esprit pionnier toujours en tête ! Sans doute avec le feu au cœur dont ils seront co-missionnaires Ainsi qu’un don particulier lié à leur mission secrète Pour porter l’âme du vainqueur dès leur enfance embryonnaire.
Bien sûr, nos deux conquistadors devront avoir l’esprit guerrier ; L’esprit voyageur de série, du maître et du sage en option. Mais pour l’instant, leurs cornes d’or demeureront armoriées Dans leurs âmes déjà aguerries envers leur future assomption.
Quant au corps, il devra montrer toute sa fougue et sa ferveur ; Jambes et bras bien préparés, avec la tête en éclaireur. C’est elle qui devra affronter le rôle précis du serveur, Prompt à jouer et démarrer la partie sans faire d’erreur.
Élyäna, l’électron libre, s’est rapprochée de Yavänor Et Laëtïtïa, au sein des dieux, pour rapporter le feu sacré. Elle a assuré l’équilibre, aidée de son frère Ärÿnor, Quand vint le moment des adieux qu’une fête avait consacrés.
Élysäé prend la lumière pour éclairer sa destinée ; Orélion saisit la puissance pour fortifier leur agrément ; Ensemble, ils éprouvent leur première association déterminée Pour maîtriser en connaissance l’atout du premier élément.
Mais le temps, loin d’être accompli, demande encore de la patience ; Alors ils apprennent à se voir malgré leurs six yeux grand fermés. En même temps, le feu remplit en synergie leur subconscience Afin qu’ils puissent percevoir tout ce qui reste à transformer.
Le feu transmute les autres sens toujours dans la complicité Les genres en sont plus affinés dans leurs nacelles enveloppés. À ce stade, la quintessence n’est pas encore explicitée Mais restera enracinée et prête à se développer.
Soupeser le pour et le contre, lorsqu’ils pèsent le même poids Revient à comparer ensemble un kilo de plume et de plomb. Même si cela va à l’encontre de la logique en contrepoids Avec une physique qui ressemble à une diablerie en doublon.
Pour faire court : le négatif pèse autant que le positif Et c’est tant mieux car l’équilibre demeure donc ainsi préservé. Imaginez l’applicatif d’un diabolique dispositif Qui ne me laisserait pas libre de choisir ce qui m’est réservé.
Car si j’avance sur la ligne où mes deux seaux se contredisent, Je sais bien que l’un comme l’autre peut m’attirer hors du chemin. Mais tant que mes choix s’enracinent au fond des valeurs qui m’aiguisent, Mon équilibre alors se vautre dans l’inconscience des lendemains.
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Soulevons le voile obscurci par nos pensées les plus nocturnes Pour apercevoir la lumière du fond du tunnel orbitaire… Ou bien trouvons un raccourci en suivant l’anneau de Saturne, La Lune en sa phase première, l’Étoile Polaire ou Jupiter.
Si jamais le rideau retombe ou que les couleurs se ternissent, D’un même geste je lèverai les difficultés du chemin. N’ayant pas un pied dans la tombe, si jamais cela s’éternise, Je prendrai et j’enlèverai cette maudite tenture des deux mains !
Et si l’horizon m’encourage au gré des nues qui s’amoncellent, Je tracerai dans la nuit brève la route ouverte de mes désirs. Nul fracas ne me décourage ; même lorsque les vents s’emmêlent, J’avance en sculptant dans mes rêves ce qui m’apprivoise l’avenir.
Car lorsque mon espoir chancelle et que l’ombre étouffe la lumière, Il suffit d’un geste imprécis pour que la toile se déchire. Alors surgit, une étincelle, de vérité douce et première Et cet éclat dans le récit suffira à m’en affranchir.
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