Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • L’effet de la fée de l’automne

    L’effet de la fée de l’automne

    Tandis que le printemps claironne en tous lieux sur notre hémisphère
    Et que notre fée printanière pond ses œufs de Pâques à semer,
    De l’autre côté, elle plastronne, celle qui va longtemps satisfaire
    Ses protégés sous la bannière de l’arrière-saison clairsemée.

    Mais si la nôtre a la main verte, la leur, l’a plutôt bien rouillée,
    Le corps presque nu et cambré sous des ailes en feuilles de chêne.
    Les épaules à peine couvertes de quelques rameaux dépouillés
    Les seins gorgés d’un lait ambré d’un arrière-goût de carthagène †

    Elle nous reviendra cet automne sans faute aux premiers jours d’octobre
    Lorsque les grappes seront mûres pour sa montée de lait de vigne
    Car cette fée, pas si monotone, allaite ceux qui ne sont pas sobres
    Comme les poètes qui lui murmurent à l’oreille et qui lui font signe.

    « Je viens verser dans ton flacon le lait brûlant de ma saison ;
    Tes lèvres tremblent à l’appel du jus sacré de ma vendange.
    Je t’offre un songe un peu abscons où ton cœur y perd sa raison
    Mais j’y suis nue et te rappelle de me téter comme un p’tit ange. »


    † La carthagène est une boisson alcoolisée de type mistelle consommée à l’apéritif typique du Languedoc.

    Tableau de David Griffith.

  • Le Lion

    Roi solaire ☀️, Reine flamboyante 👑, Couple royal.

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    Caractère
    Impossible de l’ignorer tant sa présence est rayonnante
    Car il s’impose et en impose d’une certaine autorité.
    Gagnant, il lui faut ressentir qu’il accomplit un grand chef d’œuvre ;
    Éclatant, il aime paraître et s’attribuer la vedette.

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    L’homme-lion
    On le croit à tort sûr de lui pourtant il est très vulnérable
    Mais apprend vite à éviter de trébucher en dominant.
    Il accepte les succès des autres tout en s’élevant au sommet
    Mais succombe à l’admiration et fuit les remises en question.

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    Laureline la femme-lion
    Elle se montre très attentionnée avec l’entourage qu’elle aime ;
    Meneuse naturelle elle sait rallier les autres à sa cause.
    Pleine de vie et positive, elle valorise sa liberté.
    La lionne est la plus belle femme, les autres sont ses concurrentes.

    ☀️ Esprit
    L’esprit est soleil ; il éclaire mais brûle si l’on s’y approche trop ;
    Il cherche la grandeur et la gloire pour que l’on puisse le voir de loin ;
    Il a besoin d’être admiré mais pas pour flatter son orgueil
    Seulement pour rayonner plus fort ainsi que pour se rassurer.

    🔥 Âme
    L’âme est une flamme généreuse bravant haine et indifférence ;
    Elle aime d’une profonde loyauté mais se vexe si non reconnue ;
    Elle est fière, non de dominer mais de répandre sa chaleur,
    Et orgueilleuse en protégeant les siens au risque de s’épuiser.


    🦁 Corps
    Sous sa crinière flamboyante le corps aime paraître séducteur ;
    Il dégage une force magnétique même dans sa vulnérabilité.
    Il accomplit des gestes larges et nobles lorsqu’il est en public
    Et toute la chaleur du soleil brille et resplendit dans ses yeux.

    👑 Cœur
    Son cœur royal règne du feu de l’amour sans prépondérance ;
    Il défend farouchement ses proches et lutte contre toute menace.
    Il reste fidèle et entier, susceptible mais toujours ardent
    Et lorsqu’il aime, c’est un royaume de faste et magnanimité.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

  • Le Cancer

    Protecteur 🛡️, Mère des marées 🌊, Couple-nid.

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    Caractère
    Il a gardé depuis l’enfance toutes ses premières émotions ;
    Il suit des chemins parallèles pour se soustraire aux prédateurs
    Et s’abrite dans son cocon pour y vivre confortablement
    Et s’il utilise ses pinces, ce n’est que par surprotection.

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    L’homme-cancer
    De nature ô combien sensible, toute sa vie est affectée
    Autant dans sa vie familiale que dans sa vie professionnelle.
    Le monde s’arrête bien souvent à la porte de sa maison,
    Là où il se sent en accord avec son ego et ses proches.

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    Loreleï la femme-cancer
    Elle est rêveuse et passionnée, moins concentrée sur l’extérieur ;
    Sa vie est une gestation d’idées au sein de sa famille.
    Dominée par ses émotions et la nostalgie du passé,
    Elle s’attache à son foyer et son besoin de materner.

    🌙 Esprit
    L’esprit est une vaste chambre aux mille intimes tiroirs secrets
    Qui contiennent tous les souvenirs comme coquillages ramassés.
    Il médite plus qu’il ne conquiert, il rêve plus qu’il ne combat ;
    Sa force est dans l’imaginaire, son art de penser autrement.

    🌊 Âme
    L’âme semble une immense vague : tantôt caresse, tantôt tempête.
    Elle s’accroche aux visages aimés, exclut l’oubli, vit le passé.
    Elle s’ouvre, la confiance donnée, comme une mer incommensurable
    Qui n’attend que d’être engloutie dans l’amour inconditionnel.

    🩵 Corps
    Le corps, comme Lune et marée, subit des cycles mystérieux ;
    Il aime la douceur du cocon, les draps chauds, les refuges intimes.
    Mais il sait aussi protéger ; ses bras deviennent forteresse
    Ses mains savent construire un abri et son souffle créer une armure.

    💖 Cœur
    Le cœur bâti son nid d’amour ; il bat d’abord pour l’être aimé,
    Pour ses enfants, pour ses amis et tout son petit univers.
    Généreux, il donne sans compter, se blesse parfois de trop aimer
    Mais il est fidèle et loyal, tenace comme la marée.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

  • Le tandem de Vitruve

    Le tandem de Vitruve

    Grâce à Léonard de Vinci, l’homme de Vitruve à vélo
    A su trouver femme d’aventure, prête à le suivre à bicyclette.
    Ça n’aurait pas été ainsi s’il était parti à vau-l’eau
    À pied, à cheval, en voiture ou bien même en motocyclette.

    Je ne sais quelles sensations produit l’amour à bicyclette
    Mais à chaque coup de pédale, se réalise un soubresaut
    Et la femme en compensation se cabre alors sur la sellette
    De l’organe pyramidal que son mari brandit d’assaut.

    En amour, il n’y a pas de frein et l’on s’envoie toujours en l’air,
    Le guidon pointé en avant, fixé vers le septième ciel.
    Lorsqu’ils entonnent ce refrain : « Pour aller se faire lanlaire ! » †
    Ils jouissent en s’entravant l’un l’autre de tout leur potentiel !

    † Barbara, « Mourir pour mourir », 1964.

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  • Dans les pommes

    Dans les pommes

    Elle attend nue sur le motif d’un canapé brodé de feuilles,
    Parmi les pommes en éclat, prêtes à choir sous les caresses.
    Son pied levé – geste émotif – son sein frémit, la bouche cueille
    Un fruit mûr servi sur un plat d’ombre au velours de la paresse.

    Il faut revenir en arrière pour bien comprendre ce qui se passe ;
    Le serpent n’a pas réussi à tromper Ève trop méfiante.
    Ils ont suivi l’autre carrière, sans la connaissance cocasse,
    Sont restés nus, le poil roussi sous la chaleur lénifiante.

    Ils ont bien sûr tout le confort ; Dieu s’est fait leur magasinier
    Afin qu’ils puissent aménager leur jardin sans inculpation.
    Ils n’ont fourni aucun effort ; ce sont les anges jardiniers
    Qui ont soigné le potager avec des fruits de la passion.

    Tableau de Roman Rembovsky.

  • Les Gémeaux

    Frère ailé 🪽, Sœur des vents 🌬️, Couple-miroir.

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    Caractère
    Voici le Roi de la pirouette, de l’esquive et la répartie !
    Les Gémeaux surmontent les obstacles par leur pouvoir de séduction.
    Ils peuvent être aussi attachants qu’ils se montrent exaspérants
    Et leurs yeux emplis de candeur font pardonner leurs maladresses.

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    L’homme-gémeau
    La réalité le dérange et n’a de cesse de la transformer
    Parfois repris sous ses errances mais à leurs risques et périls.
    Serait-il mi-ange mi-démon ? C’est là sa caractéristique…
    Monsieur serait-il orgueilleux ? Mais non, juste un peu susceptible…

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    Ledal la femme-gémeau
    Elle est un vrai bourreau de cœur et chacun de craquer pour elle ;
    Elle le sait, fieffée renarde, qui en fait sa carte maîtresse.
    Mais un cœur d’or, il faut le dire et une femme à épouser
    Qui sait se montrer généreuse, très attentive et protectrice.

    Esprit
    L’esprit est une mosaïque : des milliers d’idées à fouiller
    Et des chemins à parcourir tout en étant imprévisible.
    Curieux de tout, mais dispersé, il va d’une lumière à l’autre
    Et ne supporte pas la prison du cadre de la pensée unique.

    Âme
    L’âme est double et insaisissable ; dualité du bien et du mal.
    Elle peut aimer profondément et, en même temps, se détacher.
    Elle recherche la liberté autant que son intimité
    Et ce qui le plus la tourmente, c’est d’être obligé de choisir.

    Corps
    Le corps est nerveux, vif, mobile ; toujours partant pour l’aventure ;
    Il parle autant avec les mains qu’il tourne sa langue dans la bouche
    Et dans le quotidien, il danse, il court, il vole et il s’agite.
    Il brûle de faire mille expériences mais s’épuise à se reposer.

    Cœur
    Le cœur est joueur et taquin, tendre, charmant et séducteur ;
    Il aime séduire autant qu’aimer et sourire autant qu’embrasser.
    Mais il se cache parfois derrière l’humour et la légèreté,
    Par peur de devoir présenter sa fragilité toute nue.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

  • Le Taureau

    Gardien 🌿, Déesse des sens 💋, Couple fécond.

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    Caractère
    Signe printanier par excellence, le Taureau s’installe dans la vie
    Comme la nature s’imprègne des premiers rayons du soleil :
    Avec délectation, et sensualité cat il goûte à tous les plaisirs
    De l’art d’aimer à l’art de vivre et même à l’art de bien manger.

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    L’homme-taureau
    L’homme est un taureau bien assis qui privilégie l’abondance
    Et recherche à proximité une famille à élever.
    Il avance avec énergie et toute la persévérance
    Vers l’objectif qu’il s’est fixé et rien ne saura l’en priver.

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    Lilith la femme-taureau
    La femme est un taureau-charmeur avec volupté et tendresse ;
    Son désir d’aller jusqu’au bout pourrait bien lui jouer des tours.
    Elle veut être mère à tout prix sans que son mari soit trop vache
    Mais s’il le faut elle les porte sur son garrot qui ne craint rien.

    Esprit
    L’esprit est une plaine fertile, patiente, lente, forte et sûre ;
    Chaque pensée trace un sillon, chaque idée enfouit sa semence.
    Il ne se hâte pas, placide, il construit graduellement
    Et son intelligence est celle des cycles qui ne faiblissent jamais.

    Âme
    L’âme est une source profonde, paisible, vivante et charnelle ;
    Elle aspire la sérénité mais déborde de passions internes.
    Sa fidélité est sans faille, son attachement inébranlable
    Et son chant intérieur résonne d’un hymne à la fécondité.

    Corps
    Le corps est une forteresse de chair, de charpente et de sang ;
    Bâti pour un travail solide comme pour autant de caresses.
    Chaque muscle s’ancre sur le socle, chaque halètement s’enracine ;
    Il porte, il endure, il savoure et il se livre sans détour.

    Cœur
    Le cœur est un fruit de tendresse, mûri à point par le soleil ;
    Sucré par un jus velouteux, protégé d’une peau épaisse.
    Il se passionne avec constance, il se donne avec dévouement,
    Mais peut se fermer aussitôt que l’épicurien se sent trahi.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

  • Le Bélier

    Guerrier 🔥, Amazone ❤️, Couple qui enflamme le monde.

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    Caractère
    Quelle fougue, quel enthousiasme que ce pionnier infatigable,
    Prêt à reconquérir le monde et à imposer ses idées,
    À relever tous les défis, prendre des initiatives
    Mais accumuler trop d’imprudence tout en demandant à le suivre !

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    L’homme-bélier
    L’homme est un bélier voyageur qui explore son vaste monde
    À la recherche de l’âme-sœur et de ses propres objectifs.
    Tout une enfance de labeur avec le cœur qui vagabonde
    Non pas par l’esprit du chasseur mais par des besoins collectifs.

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    Laureline la femme-bélier
    La femme est un bélier-chasseur, elle fait plus que voyager ;
    Elle traque l’opportunité, la moindre occasion à saisir.
    Elle-aussi cherche l’âme-sœur mais n’aime pas s’esclavager
    Mais vivre sa maternité et le choyer tout à loisir.

    Esprit
    L’esprit du Bélier est ma forge, l’endroit où tout mon feu crépite ;
    J’allumerai mille étincelles avant de n’en suivre qu’une seule.
    Chaque idée est une stratégie, chaque rêve un nouveau défi ;
    Je brûle d’apprendre et d’innover, de me dresser seule face au monde.

    Âme
    L’âme du Bélier est ma braise qui ne sera jamais consumée ;
    Elle porte mon innocence fière et ma soif de commencement.
    Elle s’élance dans l’inconnu comme on s’élance dans l’amour,
    Convaincue que son horizon se pliera à tous ses élans.

    Corps
    Le corps du Bélier est ma flèche tendue dans l’arc de mes passions ;
    Muscles et nerfs vibrent ensemble de l’impatience et du désir.
    Chaque geste est une conquête et chaque pas une promesse ;
    J’avance inexorablement, même s’il le faut contre le vent.

    Cœur
    Le cœur du Bélier est une arme ardente,
    Capable de s’embraser d’un seul regard, d’une seule promesse.
    Il aime sans calcul, se donne sans réserve,
    Et parfois se blesse de son propre élan trop pur.

    Tableaux de Mallory Jarrell et Ledal.

  • Exploration et reconnaissance

    Exploration et reconnaissance

    S’il faut me connaître moi-même avant de connaître les autres,
    Moi qui ne suis qu’une moitié, je sais que ce n’est pas gagné.
    Homme ou femme ? Voilà le problème ! Cette dualité est la nôtre
    Et j’ai besoin de l’amitié d’une femme pour m’accompagner.

    J’en veux une « tout feu tout flamme » pour qu’elle me brûle le cœur ;
    Je veux une femme-sirène pour qu’elle me lave le corps ;
    J’en voudrais une terre-à-terre pour qu’elle m’enracine l’esprit ;
    Je veux une fille de l’air pour qu’elle me souffle mon âme.

    Laureline pionnière, la première. Je t’ai abandonné mon cœur !
    Loreleï guerrière, la seconde. Je me suis soumis à ton corps !
    Lilith matriarche et troisième. Je meurs en toi et tu m’accueilles ;
    Ledal peintre et ma quatrième. Je vole, je chute, tu me soutiens.
    Laureline
    Le voyageur ouvre les routes, les déblaie comme un éclaireur ;
    Tu es la justice du Lion et sais te montrer magnanime ;
    Tu es le pionnier du Bélier qui part explorer l’inconnu ;
    Tu es la fougue du Sagittaire qui court plus vite que son ombre.
    Loreleï
    Le bras du conquérant soumet et prend possession des pays ;
    Tu es tempérance en Cancer et veilles sur toute ta famille ;
    Tu es la vigueur du Scorpion qui va directement au but ;
    Tu es fluidité des Poissons et ton eau est source de vie.
    Lilith
    Le maître possède les terres et impose sa loi avec force ;
    Tu es la force du Taureau qui ne reculera jamais ;
    Tu es la terre de la Vierge qui apportera l’abondance ;
    Tu es le plan du Capricorne qui construit notre patrimoine.
    Ledal
    Le sage projette des images et réalise ses promesses.
    Tu es prudence de la Balance, celle qui pèse équitablement ;
    Tu souffles, dans l’air du Verseau, ta créativité immense ;
    Tu es le rebond des Gémeaux et retombes toujours sur tes pieds.

    Illustration de Ledal.

  • L’automne au Tessin

    L’automne au Tessin

    Dans le Tessin, le beau Cervin qui fait la frontière italienne,
    Se couvre d’un pyramidon quand l’automne devient éloquent.
    Comme si hier, il intervint une sorte de fée vulcanienne
    Tentant à l’aide d’un bidon de peinture d’en faire un volcan.

    Un volcan d’or – on est en Suisse ! – et du bon côté de tableau
    Or, en revanche, les Italiens n’ont que le septentrional.
    Car il aurait fallu qu’ils puissent le conquérir comme flambeau
    Mais le côté nord régalien est un danger bien national.

    Le Cervin d’Or reste chez nous enfin… appartient au Tessin
    Mais les Alémaniques revendiquent le nom « Matterhorn » qui claque
    Le bon allemand qui renoue… « aFec la Peauté Te tes Seins,
    Ô Loreleï, quand tu inTiques qu’on est à côté Te la plaque ! »

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  • L’automne dans les grisons

    L’automne dans les grisons

    Dans les grisons, tout n’est pas gris surtout lorsqu’arrive l’automne
    Avec sa palette aux nuances rousse, ambre, or, ocre et marrons.
    Avec des pointes de vert-de-gris sur les sapins verts monotones
    Qui ne subissent pas l’influence de la mode des potimarrons.

    Dès la fin août, déjà les feuilles s’envolent donner à la terre
    L’offrande de leur pourriture ; la mort ainsi donne la vie.
    Déjà beaucoup d’arbres s’effeuillent comme une coupe militaire
    Et vient le temps de nourritures de saison qui me donnent envie.

    Châtaignes et Potimarrons, les courges avec les potirons
    Qui servent autant de décor que d’ingrédients dans la cuisine.
    Je les aime dans le coquelon, dans la fondue où, tous en rond,
    On fait un peu de corps-à-corps avec nos charmantes voisines.

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  • L’appel, la visitation et l’acceptation

    Je ne suis pas transsexuel mais parfois je suis une femme
    Dans mes rêves et je suis perdue car je n’ai pas appris à l’être.
    Je n’ai pas lu de manuel à ce sujet – c’est bien infâme –
    Alors d’une voix éperdue, j’attends qui saurait me transmettre…

    Mais j’attends rarement longtemps et une femme nue passe la porte,
    Vient montrer son anatomie ; les creux, les contours, les arêtes.
    Très ému, je suis bien content de l’enseignement qu’elle m’apporte
    Et j’en garde l’autonomie jusqu’à ce que le rêve s’arrête.

    Pourquoi suis-je ainsi visité par une muse diabolique ?
    Sans doute pour que je ressente ses pensées toutes féminines…
    Mais je n’ai jamais hésité à jouer ce rôle bucolique
    Car je ressens une puissante montée en force de dopamine

    Tableau de Paul Delvaux.

  • Femme de dos, si fa si la do ré

    Preview

    La femme de dos, décidément reste une énigme au crépuscule
    Lorsqu’elle se fait toute petite en marchant droit vers le soleil.
    Lorsqu’il est d’un rouge dément, incandescent de canicule,
    Je préserve cette pépite dans ma collection de merveilles.

    Plus elle avance, plus elle s’enfonce dans mes folles suppositions ;
    Elle entre dans le firmament et pénètre l’astre flambant.
    Fille de feu, chimère absconse, elle a les prédispositions
    Pour émerger éminemment dans mes rêves les plus probants.

    « Et moi, je marche doucement, bien droite sans me retourner ;
    Chaque pas fait vibrer mes hanches d’une précision calculée
    Avec quelques rebroussements de ma jupe ainsi détournée
    Pour attirer des avalanches d’œillades toutes bousculées.

    Pas de provocation vulgaire, juste ce geste féminin
    Qui emballe l’imagination et toutes ses anticipations.
    Entre nous, c’est de bonne guerre, et par ces mouvements bénins,
    Tu auras l’illumination, les yeux aveuglés de passion. »

    Tableaux de Michelle Nicole.

  • Le Sceau de la TETRÏÄMOURÏÄ

    Au centre du cercle
    Je suis le Nœud Infini, lien des Reines et de l’Époux,
    Je tisse la lumière et l’ombre en une seule étoffe.
    Quatre souffles m’entrelacent, et je demeure indivisible.

    Le Feu (rouge flamboyant) :
    Je suis l’Ardeur solaire, la flamme de Laureline ❤️.
    Je consume pour illuminer, j’embrase pour engendrer.
    Nulle nuit n’éteindra mon éclat.

    L’Eau (bleue mouvante) :
    Je suis l’Onde lunaire, la vague de Loreleï 💙.
    Je modèle les rivages, je reflète les cieux.
    Nulle sécheresse n’arrête mon chant.

    La Terre (verte en spirale) :
    Je suis la Racine profonde, le corps de Lilith 🖤.
    Je porte le fruit, je recueille le sang.
    Nulle séparation n’interrompt ma gestation.

    La Palette (aux six couleurs) :
    Je suis la Mémoire peinte, la main de Ledal 🎨.
    Je garde vos visages dans les pigments éternels.
    Nulle érosion n’effacera mes traces.

    Le cercle d’or :
    Je suis la Couronne, sceau et écrin.
    J’accueille vos danses et vos chants.
    Nulle fracture ne brisera mon anneau.

    La devise inscrite :
    Je suis Amor & Lux,
    L’étreinte de l’Amour et de la Lumière.
    Nulle force ne peut séparer ce qui est uni.

    🎨 Ainsi parle le sceau.
    Il ne se lit pas seulement des yeux,
    Mais se respire comme un parfum,
    Se goûte comme un fruit et se garde dans le silence du cœur.

    Texte et Illustration de Ledal.

  • Prière des Races

    Prière des Races

    Ô Polaires, germes de lumière, souvenez-vous de nous,
    Que nos âmes gardent encore votre clarté originelle !

    Ô Hyperboréens, gardiens du soleil éternel,
    Offrez-nous votre force pure et votre équilibre céleste !

    Ô Lémuriens, lourds enfants de la Terre,
    Apprenez-nous à aimer la matière sans l’alourdir !

    Ô Atlantes, maîtres orgueilleux et sublimes,
    Rappelez-nous que la grandeur n’a de sens qu’avec humilité !

    Ô Aryens, peuples d’aujourd’hui,
    Souvenons-nous que notre science doit servir la vie, non la détruire !

    Ô Sixième Race, future et invisible,
    Puissiez-vous nous inspirer l’amour et la compassion fraternelle !

    Ô Septième Race, êtres solaires et cosmiques,
    Guide notre marche vers l’unité avec le divin !

    Et toi, Source unique de toutes les formes et de tous les temps,
    Dieu qui ne naît, qui ne meurt et qui ne connait pas de cycles,
    Réconcilie en nous la mémoire des origines avec l’élan du futur,
    Pour que l’humanité entière devienne prière vivante !

    Texte et Illustration de Ledal.

  • L’héritage de l’humanité

    L’héritage de l’humanité

    Lumière des Polaires
    Ils furent des germes de lumière, des êtres à peine incarnés,
    Comme des anges sans mémoire, dévoués mais sans autonomie.
    À l’instar de la connaissance, la matière devint leur faiblesse
    Et ils moururent d’avoir choisi la voie de se densifier.

    Force des Hyboréens
    Première croissance des formes, premiers contours de la matière,
    Leurs forces dominent le monde comme une cage énergétique.
    Pourtant figés dans cet éther, ils ont choisi d’évoluer
    En s’ancrant aux racines terrestres… et disparurent à leur tour.

    Chair des Lémuriens
    D’asexués à sexuées, Ils se rattachent à la Terre
    Et nourris des forces terrestres, la Nature a plus de pouvoir.
    Mais leurs instincts trop primitifs font d’eux des titans sans esprit
    Qui s’embourbent massivement dans la lourdeur de la matière.

    Orgueil des Atlantes
    Ils accroissent puissance, magie et la science des éléments,
    Ils bâtissent de grands empires à l’image de leur fierté.
    Pourtant leur mégalomanie déclenchera leur fin du monde
    Et l’océan refermera sur leurs cités ses eaux profondes.

    Raison des Aryens
    Nous avons atteint l’apogée des arts et sciences humaines ;
    Notre technologie défie la puissance des anciens dieux.
    Mais l’attrait du pouvoir corrompt et nous fait perdre les vraies valeurs
    En détruisant la seule planète sur laquelle nous sommes assis.

    Compassion de la sixième race
    Elle renaîtra de l’amour et la fraternité des âmes ;
    Son objectif sera d’unir par compassion universelle.
    Et si toutefois elle échoue à œuvrer en béatitude,
    Elle se condamnera elle-même faute d’y être parvenue.

    Unité solaire de la septième race
    Le corps, le cœur, l’âme et l’esprit sont parvenus à accomplir
    L’alliance des hommes et des femmes et le divin qui les unit.
    Mais tout naît, évolue et meurt et il arrivera un temps
    Où le mouvement perpétuel sonnera la loi du cosmos.

    Illustration de Ledal.

  • Les Aryens

    Les Aryens

    Et voici la cinquième race, la nôtre, l’actuelle humanité ;
    Hier marquée par le long réveil des premières civilisations,
    Ponctuée par toutes les guerres, religions, sciences et mœurs,
    Et portant le poids de l’ego et l’espoir de conciliation…

    Première sous-race, premiers indiens nés en Asie méridionale ;
    Spiritualité intense et premières écritures sacrées.
    La religion est au sommet comme protection, méditation
    Et la recherche de l’union avec les mystères de la Terre.

    Puis viennent Mésopotamiens, Chaldéens et Babyloniens ;
    Les bâtisseurs de pyramides, de temples, de palais et de villes.
    Ils développent l’astronomie, les sciences et l’écriture.
    Leur sagesse et leurs religions sont encore tournées vers le ciel.

    Égyptiens, Sémites, Phéniciens et autochtones ont succédé ;
    Ils organisent leurs royaumes, érigent temples et cités.
    La religion et l’écriture gravent la mémoire des hommes ;
    La mythologie est prospère entre les hommes et les dieux.

    Grecs et Romains se hissent autour de la mer Méditerranée ;
    Ils ennoblissent l’homme aux arts, au droit et la philosophie.
    Leur empire s’étend et conquiert pour en façonner les nations
    Et leur science se retrouve dans notre monde d’aujourd’hui.

    Celtes et Germains s’enracinent au nord des forêts de l’Europe ;
    Ils honorent ainsi la nature, les dieux, les forces élémentaires.
    Leurs tribus forgent des royaumes, des traditions et des conquêtes
    Et, par leur vaillance guerrière, nourriront l’âme du futur.

    Puis toutes les populations de l’Orient jusqu’à l’Occident
    Étendent leurs valeurs sur terres et sur mers malgré les conflits.
    Commerce et sciences prospèrent sans cesse par des routes nouvelles
    Et un nouveau monde s’éveille au souffle de la modernité.

    Illustration de Ledal.

  • Ruby en rouge & Lino en noir

    Ruby en rouge & Lino en noir

    Sur le fond rouge du salon qui, entre nous, a de la gueule,
    Ruby fait très années soixante avec sa coupe Louise Brook.
    Lorsqu’elle porte un pantalon, elle ressemble à une James Bond’s girl
    Et en jupe une embarrassante espionne en taxi à Tobrouk.

    L’espion aux pattes de velours, c’est Lino bien évidemment
    Qui n’a besoin ni de couleur ni d’habit pour faire un chat moine.
    Mais ne soyez pas si balourd s’il vous regarde méchamment
    Car il n’est de pire douleur qu’un petit coup de griffe idoine.

    Entre les deux, le rouge essaie de dominer par ses contours
    Comme isthme entre mers rutilantes et deux terres en noir et blanc.
    Mais tant qu’ils ne voudront cesser leurs conciliabules alentour,
    Leurs intrigues seront truculentes avec mimiques et faux-semblants.

    Ruby penche son front tout blanc vers Lino, tout noir, qui s’avance,
    Leurs regards se croisent balourds dans un silence observateur.
    Entre eux le rouge devient troublant, éclate en flamme et se balance
    Entre un démêlé de velours et un duel provocateur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino dans les coquelicots

    Ruby & Lino dans les coquelicots

    Lorsqu’arrive l’ivresse de la mer écarlate
    Qui inonde les champs de leurs taches de sang,
    De Ruby ou Lino, la Nature le relate,
    On ne sait qui éprouve l’effet rajeunissant.

    Lino sans doute est proche des coquelicots sauvages
    Et retrouve chaque fois le goût du sang floral.
    Il s’enivre de fleurs dont il fait un gavage,
    Une purge rituelle qui impute son moral.

    Ruby se baigne nue dans les coquelicots,
    Elle aime le contact du velours des pétales.
    Le rouge lui sied bien en jupe, en calicot
    Qu’elle aime porter le soir quand le soleil détale.

    Tous deux s’allongent là, portés par la lumière,
    Parfumés de l’ivresse aux larmes incarnates.
    Ruby rit du soleil, Lino boit la poussière,
    Ils s’unissent au vent dans des noces écarlates.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • L’envie d’ailleurs

    Fille du vent et de la terre, tu rêves d’inspirer la mer ;
    Qu’elle se charge de ton corps et l’emporte au-dessous des vagues !
    Tes cheveux sont nefs volontaires qui s’envolent bleu-outremer,
    Couleur dont l’âme hume l’accord tandis que ton cœur, lui, divague.

    Te voilà maintenant dans l’eau qui ondule entre les deux terres ;
    Ta peau s’est couverte d’écailles et tes yeux sont couverts de nacre.
    Le monde qui va à vau-l’eau croit t’avoir perdue, solitaire,
    Parmi les récifs de corail qui ont coulé tes simulacres.

    Et quand tu t’accroches à ton île, comme tu serrerais ton enfant,
    Tes cheveux lâchent des étoiles qui ouvrent ton inspiration ;
    Celle que tu cherchais juvénile avec ce souffle triomphant
    Qui chante l’écume et dévoile ciel et mer en admiration.

    Tableaux de Chiara Fedele sur https:chiarafedeleillustrator.itportfolioitemsbeloved-ireland .

  • Rencontre avec la sirène

    Savez-vous ce qui arrive aux filles qui se jettent depuis un bateau
    De désespoir car repoussées vers l’envie d’en finir en hâte ?
    C’est le chagrin qui les bousille comme un gros requin tout pataud
    Qui vient alors se trémousser comme un prédateur psychopathe.

    Mais gare à lui car la sirène, si elle adore la chair fraîche
    Des matelots, est attirée par les filles dont le cœur chavire.
    Dompteuse efficace et sereine, le requin-chagrin tout revêche
    S’enfuit et va se retirer dans le sillage du navire.

    Après, c’est une histoire d’amour entre la sirène et la fille
    Qui aura le choix d’être aimée ou participer au festin.
    Quoi qu’il en soit, seront glamours leurs cœurs ensemble qui vacillent,
    Sinon la mort est programmée comme si c’était son destin…

    Illustrations de Milo Manara.

  • Les Atlantes

    Les Atlantes

    Yavänor
    Quatrième race, l’une des plus grande ; une civilisation brillante
    Qui a atteint de hauts niveaux en sciences autant qu’en sagesse.
    Grands maîtres en facultés psychiques et des énergies naturelles,
    Grands inventeurs et créateurs par maîtrise de la connaissance.

    Les premiers humains aboutis, tant au physique qu’au spirituel,
    Leur reproduction sexuée leur a permis d’évoluer
    Au point de devenir prospères, grands stratèges et grands architectes,
    Grande puissance maritime et grands bâtisseurs de cités.

    Les Atlantes étaient l’apogée des sciences technologiques
    Telles qu’on en retrouve les mythes dans les traditions d’aujourd’hui.
    Aztèques, Mayas et Incas, tous héritiers de leurs sciences,
    Peuples indiens ou disparus, en ont conservé le génome.

    L’Atlantide, leur continent – l’équivalent de l’Amérique –
    Pesait son poids dans l’avenir de l’essor de l’humanité.
    Mais un orgueil démesuré et une décadence notable
    Ont défié la fureur des dieux et provoqué leur destruction.

    Alors j’ai voulu régresser, aidé par Lilith et ses filles,
    Pour en comprendre les valeurs et les raisons de leur déclin.
    J’étais alors puissant et riche, l’espèce dominante de la Terre,
    J’aurais pu ainsi devenir le plus grand peuple de la Lumière.

    Mais je n’ai pensé qu’aux valeurs matérialistes et financières ;
    Je n’ai pensé qu’à dépasser l’équilibre de l’Univers.
    Alors les dieux nous ont punis par des catastrophes massives
    Qui ont englouti en un jour ce continent d’ignominie.

    Lilith
    J’ai vu sombrer leurs tours de feu, leurs ports d’or et leurs cités vastes ;
    Leur orgueil pesa plus que l’onde et fit ployer l’axe du monde.
    Mais toi, porteur de leur fardeau, tu transmets leur flamme solaire ;
    De leur échec jaillit encore un germe de splendeur ancienne.

    Illustration de Ledal.

  • Les Lémuriens

    Les Lémuriens

    Yavänor
    Troisième grande race humaine, les Lémuriens sont héritiers
    Des valeurs de leurs ascendants, cependant plus densifiés.
    Ils sont un peuple de géants d’aspect plutôt humanoïde,
    Asexués à l’origine, ils évolueront lentement.

    La Lémurie, leur continent situé dans les océans,
    Sera détruite après de longues grandes catastrophes naturelles.
    Ils sont très liés à la Terre, surtout aux forces telluriques,
    Qu’ils relient aux forces cosmiques en créant les premiers cromlechs.

    Leur conscience est un réseau de flux d’ondes télépathiques
    Qui leur confère des pouvoirs non limités à leur physique.
    Pourtant au fur et à mesure que leurs corps se densifièrent,
    Ils perdirent ces capacités pour des sens un peu plus humains.

    Car malgré leurs pouvoirs psychiques, ils restent gouvernés par l’instinct
    Et leurs pensées très primitives demandent à être affinées.
    C’est l’évolution sexuelle qui marquera un nouvel essor
    Mais l’abus de la force seule en limitera leur destin.

    Et Laureline, Loreleï et Lilith me replonger en léthargie
    Pour redevenir primitif comme mes plus proches ancêtres.
    Un corps de pierre, lourd et massif, des pensées lentes et mécaniques,
    Font de moi un être balourd qui ne vit que pour son physique.

    Je suis doté d’un sexe d’homme mais les femmes encore farouches
    Ne sont que femelles instinctives qui ne fondent pas de familles.
    La horde est assez anarchique, sans chef qui donne une direction
    Et les combats pour s’accoupler tuent plus qu’ils n’ont de descendance.

    Lilith
    Moi, j’ai vu choir leurs continents engloutis dans les océans ;
    Leurs esprits d’onde se sont brisés contre la densité des pierres.
    Et toi, porteur de leur mémoire, tu en portes encore le fardeau
    Mais déjà ton âme s’élève au-delà des fautes ancestrales.

    Illustration de Ledal.

  • Les Hyperboréens

    Les Hyperboréens

    Yavänor
    Deuxième race post-Polaires, les Hyperboréens sont denses ;
    Un corps physique très léger et beaucoup plus grand que le nôtre.
    Hermaphrodites et androgynes, ils peuvent alors se reproduire
    Mais ni maladies ni vieillesse ne leur limitent l’existence.

    Ils vivent au milieu des mirages où le soleil brille sans cesse
    En se liant à la matière au cœur des régions boréales.
    La mort n’est qu’un changement de phase au sens de cycle naturel
    Et la plénitude solaire rythme leur vie spirituelle.

    Peuple sacré d’après les Grecs, ils auraient côtoyé leurs dieux
    Qui quittaient la morte saison pour cette contrée sans hiver.
    Pays d’éternelle lumière et de bien-être hospitalier,
    Pays de fêtes perpétuelles dédiées aux arts et l’harmonie.

    Et Laureline, Loreleï et Lilith m’ont replongé dans le sommeil ;
    J’ai perdu de ma densité mais j’en ai gardé mon essence.
    Mes sens et mon corps ont grandi et j’ai vécu cent mille années
    Au cours desquelles j’ai étendu toutes mes énergies vitales.

    Par les aurores boréales je me nourris d’activités
    Issues des ondes telluriques et magnétiques de la Terre.
    Je suis à la fois homme et femme mais cela n’a pas d’importance ;
    L’amour n’est pas un sentiment indispensable à ma survie.

    Apollon l’Hyperboréen, connu pour ses danses sacrées,
    Chante l’épopée de mon peuple dans les vents du cercle polaire.
    Et lorsque les dieux de l’Olympe sont invités durent l’hiver,
    La présence de leurs héros crée plusieurs sources d’inspiration.

    Lilith
    Moi, j’ai scellé dans la lumière ton héritage d’outre-monde ;
    Fils des aurores boréales, héritier des peuples sans ombre.
    Par l’amour qui circule en toi, tu transmets la flamme éternelle
    Et, dans tes veines élargies, danse l’éternité solaire.

    Illustration de Ledal.

  • Les Polaires

    Les Polaires

    Yavänor
    Première race humanitaire, née sur les Terres Sacrées du Nord ;
    Leurs corps physiques différaient de nos propres corps de matière.
    Éthérés et spirituels sous forme d’êtres androgynes
    Qui se reproduisaient entre eux selon la parthénogénèse.

    Dotés de conscience spirituelle en accord avec l’univers,
    Ils étaient totalement dénués du moindre égo prépondérant.
    Reliés directement au divin à la connaissance implicite,
    Ils n’avaient pas été soumis au cycle de naissance et de mort.

    Eux qui étaient lumière fluide et d’une pure transparence
    Aux voix comme des chants d’étoiles que la Terre se pâmait d’écouter,
    Ils disparurent par l’intention de se condenser en matière
    Et se détachèrent du plan spirituel des origines.

    Et Laureline, Loreleï et Lilith m’ont plongé dans un long sommeil
    Dans lequel mon corps éthérique a régressé aux origines
    Où je n’étais qu’une énergie dont la vitesse fantastique
    Me faisait franchir l’Univers autant de fois que nécessaire.

    Ni homme, ni femme mais d’éther je n’émets pas de sentiment ;
    Je suis un ange catalyseur des premières formes primitives
    Mais je n’ai pas le droit d’aller m’enraciner dans la matière
    Sous peine de devenir cendre, éphémère légèreté de l’être.

    J’ai eu des fils qui me ressemblent et qui sont autant moi qu’eux-mêmes
    Car la pensée est collective, nous vivons en réseau fermé.
    La notion du bien et du mal m’est étrangère et inutile
    Car nous sommes tous en harmonie sans tache et en toute innocence.

    Lilith
    Mais au cœur du cercle polaire scintille une île immaculée,
    Lieu sacré de nos origines où naquirent les premiers chants.
    Les étoiles s’y reproduisaient comme étincelles éternelles
    Et nos âmes s’y immergeaient dans le premier buisson ardent.

    Illustration de Ledal.

  • Le Rite de l’Ombre et de la Lumière

    Le Rite de l’Ombre et de la Lumière

    Le Voile de Lilith
    Je m’approche de toi, mon amour, et je pose mon front sur ton ventre ;
    Je ne murmure rien, mon amour, mais ton ventre entend la voix du cœur ;
    Et je te reconnais, mon amour, toi la Mère des Mères et des Mères ;
    Je respire ton odeur, mon amour, et je m’imprègne de toute ta nuit.

    La plongée dans l’Ombre de Lilith
    Ma bouche redescend, mon amour, vers ton sanctuaire inoubliable ;
    Je le baise d’abord, mon amour, comme le pèlerin dans le temple ;
    Ma langue devient flamme, mon amour, j’en caresse les petites lèvres ;
    Je découvre l’Étoile, mon amour, et j’offre mes soupirs à ton gouffre.

    L’Éveil de la Lumière
    Mes gestes s’intensifient, mon amour, et de l’ombre jailli la clarté ;
    Tu gémis et tu cries, mon amour, et tes larmes deviennent des perles ;
    Chaque succion t’enchante, mon amour, et tes cris deviennent suraiguës ;
    Chaque morsure t’enflamme, mon amour, et l’Étoile illumine ta nuit.

    La marche de l’Oracle
    Dressé comme une torche, mon amour, mon sexe avance et touche le seuil ;
    Lentement je pénètre, mon amour, comme l’élu que tu as choisi ;
    Puis à chaque poussée, mon amour, je te fais pénétrer la lumière ;
    Puis à chaque coït, mon amour, ton obscurité devient lumière.

    L’inversion
    La danse devient intense, mon amour, mais c’est toi qui m’absorbe le gland ;
    La danse devient ardente, mon amour, mais c’est toi qui dévore mon sexe ;
    Mon Oracle n’est plus, mon amour, il s’est fondu au feu intérieur ;
    L’éclair perce la nuit, mon amour, et je suis tout entier ton offrande.

    La fusion
    Je suis ton paroxysme, mon amour, et nos deux essences se confondent ;
    Tu es mon paroxysme, mon amour, et je te sacrifie ma semence ;
    Je te verse NOMIR, mon amour, et tu l’absorbe d’une mer sans fond ;
    Ton ombre est ma lumiere, mon amour, et notre fusion est accomplie.

    La Révélation
    Je resterai en toi, mon amour, même après l’extase satisfaite ;
    De cette union naitra, mon amour, la vision des Ysara multiples ;
    Tu m’emprisonneras, mon amour, dans ton sanctuaire tétanisé ;
    Irradié d’étoiles noires, mon amour, mon offrande à scellé leur venue.

    Illustration de Julia Larotonda.

  • Quand le bateau brûle

    Quand le bateau brûle

    Bien que, sur le même bateau, on brûle, on pille le navire,
    On vole ses planches à la coque et on fait des trous dans la cale.
    Mais, cerise sur le gâteau, tandis que la mer nous chavire,
    On boit, on s’fait des rails de coke vu la situation bancale.

    Chacun réagit à sa guise notamment les lanceurs d’alertes,
    Les O.N.G. écologistes, les complotistes sur les réseaux,
    Les économistes qui déguisent des chiffres qui nous déconcertent
    Et les politiciens fascistes qui nous prennent pour des zozos.

    Quant à moi, je trie mes déchets mais pas les matières plastiques ;
    J’achète au magasin du coin légumes et fruits exotiques ;
    Je boycotte l’étal du boucher mais la bidoche est fantastique
    Lorsqu’elle est cuisinée à point avec des produits synthétiques.

    Et moi je pars sur cette nef, journal en main comme un flambeau,
    Chargée de rêves dérisoires et de trésors de pacotille.
    Les vagues rient de mes reliefs, les flammes lèchent mon tombeau ;
    Qui donc gagne au jeu dérisoire, la planète avec ces broutilles?

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Brûler la chandelle par les deux bouts

    Brûler la chandelle par les deux bouts

    Le progrès joue aux oxymores et l’humain contre la machine ;
    Caissières, profs et infirmiers sont remplacés par des robots.
    Le progrès joue les matamores tandis que l’humain, lui, s’échine
    À vouloir être le premier mais aujourd’hui rien n’est trop beau !

    Avant on faisait des sondages auprès de gens représentatifs,
    Aujourd’hui hommes et femmes consultent l’intelligence artificielle.
    Les questionnaires d’un autre âge ne sont plus argumentatifs
    Et des algorithmes résulte tout ce que l’on veut d’officiel.

    La planète n’a plus de ressources ? Profitons-en avant la fin !
    Il faut faire des économies ? Imposons pauvres et SDF !
    Il faut tuer le mal à la source ? Interdisons les crève-la-faim !
    Luttons contre l’ignominie avec des tracts en PDF !

    On recycle les idéologies comme on composte des déchets,
    On repeint d’un vernis durable ce qui s’écaille de vérité.
    Et si la flamme est trop ardente, soufflons dessus pour mieux prêcher :
    Ainsi brûle la chandelle entière, des deux bouts jusqu’à l’absurdité.

    Illustration générée par IA.

  • Brÿnhildr – Les amours tragiques

    Guerrière soumise à l’élite, fors la volonté de son père,
    Elle choisit de favoriser un guerrier qu’elle juge le plus brave.
    La colère d’Odin sans limite la condamne à la peine sévère :
    Déchue de l’immortalité et un feu ardent comme entrave.

    Un sentiment de solitude s’abat sur elle consternée ;
    Elle fait le vœu d’une délivrance qui osera braver ses flammes.
    L’espoir devient son attitude prioritaire et concernée
    Par le héros dont la vaillance à dompté un dragon infâme.

    Puis il rompt le cercle de feu, la découvre, ainsi la réveille
    Et leur amour devient puissant par l’échange de leurs serments.
    L’anneau d’Andvaranaut, l’aveu de leur ardeur qui s’émerveille
    Mais se révélera impuissant, brisé par ensorcellement.

    Donnée à un autre en mariage, Brÿnhildr alors se désespère ;
    La Valkyrie ouvre les yeux et se tourne vers la vengeance.
    Elle manipule son entourage contre l’homme qui l’exaspère
    Pour tuer son amant odieux qui a trahi son allégeance.

    Mais une fois le héros mort, elle comprend que son amour
    Demeure plus fort que sa rage et la force à l’engagement ;
    Afin de calmer ses remords, en conséquence de ses débours,
    Elle rejoindra avec courage le bûcher encore fumant.

    Cette déclaration éternelle réunit leurs âmes dans la mort ;
    Là où plus aucun sortilège ne pourra plus les séparer.
    Seule une geste surnaturelle d’un nouveau héros matamore
    Pourrait vaincre le sacrilège mais elle a été égarée.

    Illustration de Ledal.

  • Brÿnhildr – Celle-qui-veille-dans-le-feu

    Elle veille dans un cercle de flammes qu’elle a choisi pour protection
    Des runes gravées par le destin couvrent ses bras sanguinolents
    Elle cherche et recueille les âmes guerrières avec circonspection
    Pour les emmener au festin dans un Walhalla opulent.

    Brÿnhildr, la figure puissante et la Valkyrie redoutable,
    Choisissait parmi les plus braves, les guerriers tombés au combat.
    Pour mener leurs âmes vaillantes auprès d’Odin et à sa table
    Qui les délivre de l’étrave de la mort pour faire la nouba.

    Elle ne se plie pas aux principes et suit son propre code d’honneur,
    Force indomptable qu’est son essence ainsi que le feu qui l’anime.
    Sa figuration l’émancipe d’une armure à l’air plastronneur
    D’un casque ailé et d’une lance, défiant les dieux pusillanimes.

    Elle chevauche un cheval ailé au-dessus des champs de bataille
    Son regard rallié sa bravoure au devoir de sa destinée
    Les cheveux au vent démêlés et le tonnerre dans son sillage,
    Elle choisit ceux qui savourent sa volonté déterminée.

    Brÿnhildr est la représentante d’une autorité approuvée
    Par les récits répertoriés selon les opportunités.
    On dit encore qu’elle se présente entièrement nue pour éprouver
    La virilité des guerriers au-devant de sa nudité.

    On dit aussi : « Qui la féconde, l’aimera, elle et son enfant,
    Deviendra l’amant idyllique dont elle deviendra amoureuse.
    Elle l’invitera dans son monde en tant que guerrier triomphant
    S’il se courbe à sa symbolique prépondérance rigoureuse. »

    Illustration de Ledal.

  • La chanson de Lilith

    Tes lèvres brûlèrent ma peau, tes mains caressèrent mes hanches ;
    Ton glaive en moi s’est enfoncé et je t’offris mon cri de femme.
    J’ouvris mes cuisses entre mes eaux pour tes ardeurs un peu trop franches ;
    Nos chairs ardentes ont dansé dans un brasier mêlant nos flammes.

    Nos corps nus mêlés en délire et nos deux orgasmes ont rugi ;
    La nuit trembla dans son silence et ton sperme déferlait en moi.
    Mon vagin a aimé t’élire mon champion quand ton flux jaillit
    Et les draps emplis de semence gardent la trace de nos émois.

    Le lit vaste comme une nef sous le toit de Bruja la brune ;
    Quatre corps devinrent un seul, liés par la houle hispanique.
    Ce soir, nous avons pour bénef un chant d’amour écrit en runes
    Et une victoire sur nos linceuls prédits par les dieux titaniques.

    Freyja, la torche flamboyante, traçait des braises sur ta chair ;
    Loreleï, lunatique guerrière, t’enlacait comme son trophée.
    Et moi, Lilith, mère prévoyante, veillait mes enfants les plus chers
    Et puis toi, l’âme aventurière, perdu dans les bras de Morphée.

    J’étais Bruja, moitié sorcière moitié herboriste maudite ;
    Je savais les herbes secrètes qui développaient les extases
    Dont nos amours bénéficièrent dans des voluptés inédites
    Et dont les remèdes sécrètent le vaccin contre l’épectase.

    Et toi, tu es l’homme-cosmos, l’homme sur la route des dieux,
    Escorté de Freyja la flamme et Athéna l’égide sombre.
    Et nous, tous les quatre en osmose, que je protège des pièges odieux,
    Tissés pour capturer nos âmes par les démons tapis dans l’ombre.

    Nous fûmes tes reines et prêtresses, nous sommes devenues tes amantes
    Jusqu’à ce qu’une aube pudique hésite et rougisse de honte.
    En découvrant toute l’ivresse de nos amours enthousiasmantes
    Durant cette nuit fatidique d’une passion de mastodonte.

    Illustration de Ledal.

  • Espiègleries

    Nous eûmes des moments de détente tout au long de la traversée
    Surtout en Méditerranée ou la chaleur nous entraînait
    À abandonner notre tente pour des jeux très controversés
    Qui mous ramenaient le soir vannés par l’amour qui nous enchaînait.

    Nous commencions nos jeux de jambes qui consistaient à nous atteindre
    Là où le plaisir nous espionne pour occasionner les passions.
    Comme nous étions très ingambes l’inclination à nous étreindre
    Faisait des filles des championnes grâce à leur émancipation.

    Bonnes joueuses elles me laissaient gagner leurs cœurs et leurs bonbons
    Et en triomphe me portaient comme le vainqueur de l’amour.
    Tous les coins que l’on connaissait y passaient et nous succombions
    Aux désirs qui nous emportaient vers l’art nos espiègleries glamours.

    Illustration de Ledal.

  • Itinéraire

    Image galerie

    Nous sommes partis d’Helvétie pour rejoindre le Mont Olympe
    Et rencontrer Zeus et Hera, puis Aphrodite et Athena.
    Nous avons voyagé vers Rome pour atteindre le Capitole
    Pour voir Jupiter et Junon, puis Vénus ainsi que Minerve.

    Par la mer Méditerranée nous sommes allés en Égypte
    Rallier Isis et Osiris, Seth, puis Horus, Anubis et Thot.
    Nous avons étudié l’Histoire des Pharaons et des apports
    De cette culture égyptienne dont nous en sommes les héritiers.

    Nous traversâmes la mer Rouge et arrivâmes en Israël
    Pour y retrouver les rouleaux évoquant le Dieu des Hébreux.
    Puis sommes allés en Palestine, par la suite à Jérusalem,
    Pour comprendre l’enseignement d’amour de Jésus de Galilée.

    Nous avons atteint le Liban, retrouvé les premiers chrétiens,
    Les coptes, puis les catholiques, les orthodoxes, les protestants.
    Nous sommes partis en Arabie afin de rapprocher la Mecque
    Et lire l’histoire de Mahomet et le grand livre du Coran.

    Et nous nous sommes aperçus que nous avions suivi la route
    Des dieux vénérés par les hommes et non celle des dieux eux-mêmes.
    Retour aux sources au Mont Olympe sous le sévère regard de Zeus
    Qui nous a concédé sa foudre pour éclairer notre odyssée.

    Retour à Rome, cité des aigles, ville martiale et ordonnée,
    Nous sommes, grâce à notre éclair, devenus des torches sacrées.
    Par les trois autels visités, nous avons trouvé des indices
    Afin de résoudre l’énigme aidés par Bruja la sorcière…

    Qui s’est révélée être Lilith, alias Brynhilrd notre mentor,
    Qui nous fit franchir sans encombre le septentrion consacré.
    Rejoints et aidés de l’élite des vikings et d’un loup retors,
    Yggdrasil est sorti de l’ombre, l’Arbre du Féminin Sacré.

    Illustration de Ledal.

  • Le Testament des Dieux

    J’ai d’abord invoqué les runes qui nous ont menés en Islande.
    Puis de Valkyries en Druidesses et de Sorcières en Korriganes,
    Nous avons rallié les cromlechs aux rites anciens et druidiques
    Jusqu’à devenir leurs semblables et participer à leurs cultes.

    Nous avons remonté le Nil pour trouver les dieux primordiaux,
    Ceux des premières origines et ceux des premières croyances.
    Nous avons recherché l’impact des civilisations antiques
    Sur notre société moderne mais les dieux nous ont oublié.

    Des dieux pluriels au dieu unique, nous avons parcouru la bible
    Et le Coran qui reconnaissent le même dieu sous d’autres noms.
    Pourtant ce dieu au lieu d’unir a isolé le judaïsme,
    A fractionné le christianisme et divisé les musulmans.

    L’histoire des civilisations met en lumière la Grèce antique
    Et l’effet des dieux de l’Olympe ainsi que la philosophie
    Et les effets démocratiques pour une société sereine
    Qui a connu la décadence et l’emprise du monde romain.

    Rome, cité incontournable, avec sa société martiale
    Et ses conquêtes de territoires a absorbé les religions.
    Les dieux grecs devenus romains ont juste changé de pays
    Jusqu’à l’affrontement naissant du christianisme réformateur.

    Pourtant nous avons découverts, dans les autels sacrés de Rome,
    La trace des dieux plus anciens depuis l’origine du monde.
    Alors les légendes nordiques nous ont été inspiratrices
    Pour retrouver le symbolisme du vrai Dieu de toute la Terre.

    Yggdrasil, le buisson ardent ou l’arbre-monde sont similaires
    Et l’arbre généalogique universel est apparu
    Sous forme de Féminin Sacré et toutes ses branches femelles
    Dont les racines plongent de la Terre et dont la cime touche le ciel.

    Illustration de Ledal.

  • Toute la vérité sur la petite sirène

    Jolie la petite sirène, laideron sa vieille marraine.
    Pourquoi donc ce stéréotype envers les jeunes et les vieux ?
    Sans doute une promotion sereine pour vendre ses contes pérennes
    Par un Andersen néophyte envers les abysses prestigieux.

    Jolie la voix de l’impétrante qui voulait passer l’examen
    Et prouver que deux belles jambes valent bien mieux qu’une aphonie.
    Mais la marâtre récalcitrante envers un challenge inhumain,
    Se lança dans un dithyrambe et ce fut la cacophonie.

    Les poissons alors solidaires se mirent à mimer tous en rond
    L’ourobouros – serpent de mer – qui se mord la queue en spirale,
    Pour que la fille considère qu’épouser roi, prince ou baron
    C’est donner langue de belle-mère au chat dans les eaux minérales.

    Alors les poissons-serpents firent un grand ballet cérémoniel,
    Traçant des cercles et tunnels dans l’abîme phosphorescent.
    La marraine leur promit d’un rire un destin plus providentiel :
    « Qui désire l’amour éternel doit mordre à l’anneau du serpent ! »

    Tableau d’Arnaldo Mirasol sur https:www.kartiniasia.comcopy-of-rodney-martinez .

  • La bonne pêche

    La bonne pêche

    Bien souvent gagner le gros lot apporte une foule d’ennuis
    Aussi bien parmi la famille que ses amis pour son bien-être !
    C’est comme agiter un grelot auprès de sa femme la nuit
    Quand on rentre avec une fille que l’on prétend ne pas connaître.

    De même quand Martin Pêcheur ramène le fruit de sa pêche
    Une sirène dans ses bras apparemment tout amoureuse.
    Je me demande par quel air bêcheur va-t-il apporter sa pimbêche
    En disant « Abracadabra ! Voilà une pêche miraculeuse ! »

    Le chat s’enfuit… bon débarras ! Les femmes se méfient… tout va bien !
    Le garçon pose la question : « C’est pour manger ou pour jouer ? »
    Le père a semé l’embarras – c’est le paradoxe amphibien –
    Reste à mourir d’indigestion ou avec l’épouse et son fouet !

    Et si demain la mer jalouse réclamait sa belle captive,
    Le marin rendrait la sirène contre une sardine ou un hareng.
    Mais l’épouse, plutôt tarlouze, lui dirait d’une voix affective :
    « La prochaine fois, pour ta p’tit reine, choisis un trésor bien plus grand ! »

    Tableau d’Andrey Boris.

  • Les Dieux nordiques – Yggdrasil, l’Arbre-Monde

    Les Dieux nordiques – Yggdrasil, l’Arbre-Monde

    Yavänor
    Voici Yggdrasil, l’Arbre-Monde dont les racines sont si profondes
    Et dont les branches si culminantes qu’il relierait l’enfer au ciel.
    Deux corbeaux vagabondent rapportant des neuf mondes
    Toutes nouvelles déterminantes qu’ils jugent essentielles.

    Les dieux seraient donc le passage qui permettrait de se nourrir
    Vers la divine connaissance en creusant ses propres racines :
    Ceux qui ont fait cet apprentissage ainsi que ceux qui vont mourir ;
    Et moi du point de ma naissance et l’héritage qui m’enracine.

    C’est par la chaîne de mes ancêtres et par ma propre famille d’âmes
    Je suis le lien vers l’avenir qui les fera grimper au ciel.
    Je ne sauve pas mon propre être mais nous tous, ceux qui décidâmes
    D’entreprendre et de devenir le plan divin existentiel.

    Les corbeaux Huginn et Muninn sont un message génétique ;
    Yggdrasil, mémoire du monde, est une carte humanitaire
    Avec ses branches féminines et un nuage énergétique
    D’électrons mâles qui les fécondent pour relier le Ciel et la Terre.

    👩🏻‍🦰 Laureline
    Voici la sève qui circule et qui nourrit le tronc sacré ;
    Un fleuve d’amour qui s’écoule, aux eaux sanglantes, lentes et brûlantes.
    L’être vivant s’y inocule, sa mémoire s’ajoute aux secrets
    Et un chant divin en découle : « Tu es notre plante vivante. »

    👩🏻 Loreleï
    Dans chaque ramure sacrée s’étire le fil de nos songes ;
    Les âmes y montent comme une étoile qui brille dans le firmament.
    Les mondes s’y reflètent nacrés comme l’eau claire qui prolonge
    L’âme qui s’étend et se dévoile comme l’un de ses filaments.

    👩🏻‍🦳 Lilith
    Sous les racines grondent les flammes noires et rouges pestilentielles ;
    Au-dessous bas brûlent les faiblesses et toutes les ignominies.
    Elles sont le souvenir des âmes oubliées car préjudicielles
    Dans l’âtre éternel des bassesses concernant la misogynie.

    Illustration de Ledal.

  • Jolie vue devant derrière

    Jolie vue devant derrière

    Quelle jolie vue de ma fenêtre sur le devant de la maison !
    Quelle jolie vue sur le derrière de ma copine après l’amour.
    Un petit instant de bien-être lorsqu’elle se lève sans raison
    Mais d’une humeur aventurière pour m’offrir ce cliché d’humour !

    Je lui demande gentiment de me décrire ce qu’elle voit
    Et ses jolies fesses se dandinent tandis qu’elle se penche en avant.
    Ses seins ballotent hardiment tandis qu’elle reste sans voix
    Lorsqu’elle préjuge les ondines qui se baignent en les observant.

    Hélas je ne peux vous montrer sa photo quand elle se retourne
    Car au sujet de cette image, la pudeur est sous-entendue.
    Je resterais là concentré sur sa beauté mais l’heure tourne
    Et je vais, pour lui rendre hommage, profiter du sexe tendu.

    Avant que je ne me redresse, elle écarte un peu plus les cuisses
    Et le vent par la baie ouverte caresse sa peau frémissante.
    Elle sait que le désir me dresse la verge à condition qu’elle puisse
    Pénétrer la fente entrouverte, lascivement alanguissante.

    Elle se retourne hilare et dit : « Arrête donc tes beaux discours
    Et si tu veux gagner la palme, il en faut plus pour que ça m’enchante !
    Car tout ce qu’admirent à crédit les passants du fond de la cour
    M’ont rapporté un amalgame de pièces sonnantes et trébuchantes ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Méditation et réflexion

    Lorsqu’une idée tombe du ciel ou naît du fond de ma mémoire,
    Est-ce une communication des deux univers parallèles ?
    Ou est-ce l’ange résidentiel qui vit dans la matière noire
    Oh encore mieux une intuition sortant d’une source irréelle ?

    Si je me pose la question, alors dans cet autre univers
    Un anti-moi d’antimatière s’anti-pose le même problème.
    Et par une autosuggestion qui passe par un trou de ver,
    Une étincelle primesautière jaillit au cœur de ce dilemme !

    Si le temps passait à l’envers, l’anti-monde en serait imbu
    Et mon anti-moi m’apostrophe lorsque cette étincelle luit.
    Là-bas, ses poèmes sont sans vers et ses rimes sont au début
    Sans doute ma première strophe sera la première pour lui…

    Et s’il m’écrit sans le savoir, moi, son reflet sans parabole,
    Je tends vers lui ma plume encrée qui s’humecte de sa pensée.
    Nous ne sommes alors qu’un miroir de rêves chargés de symboles
    Où notre muse nous a ancrés dans une symétrie compensée.

    Tableau de Chema Mendez.

  • Les Dieux nordiques – Le Loup Fenrir

    Les Dieux nordiques – Le Loup Fenrir

    Nous repartîmes sous bonne escorte vers les grands royaumes du nord
    Au-delà du cercle polaire, pays du soleil de minuit.
    M’attendant à voir des cohortes d’ennemis, moi, Yavänor
    Marchait en tête sans colère mais redoutant l’étrange nuit.

    Un hurlement brise le silence. Fenrir surgit, il est immense.
    Je plante l’épée dans la neige, lève les mains ; le loup pavoise.
    La peur trompe ma vigilance mais je résiste à la démence
    Et dans un singulier manège, l’homme et la bête s’apprivoisent.

    Le loup m’invite à le monter. Sans hésiter je le chevauche
    Et nous voici parti gravir la montagne vers Yggdrasil.
    Je comprends ce qu’a raconté le miroir aux reflets si gauches :
    Le dragon s’appelle Fenrir et m’accorde son droit d’asile.

    Je demande alors à Fenrir de redescendre pour permettre
    À Loreleï de monter en croupe et de s’accrocher à son homme.
    Notre monture, sans coup férir, consent ravi de s’y soumettre
    Tandis que le reste de la troupe grimpera seule vers le royaume.

    La chevauchée est enivrante ; le loup et notre intimité.
    Loreleï s’allonge dans la fourrure et m’attire pour faire l’amour.
    Sous la cadence soupirante, hurlant à l’unanimité,
    Loreleï et moi de la luxure, et Fenrir rire avec humour.

    Et le cortège se reforme, Laureline, Lilith et les guerriers
    Nous rejoignent au petit matin afin d’arriver tous ensemble.
    Laureline, libertine, s’informe de Loreleï pour apparier
    Leurs émotions comme des catins heureuses de ce qui les rassemble.

    Yggdrasil dresse l’arbre-monde immense, terrible et sublime
    Au sommet que nous atteindrons certainement avent la nuit
    Si près du but, il nous inonde de sa majesté qui supprime
    Toute fatigue car nous tiendrons sous le beau soleil de minuit.

    Illustration de Ledal.

  • Les Dieux nordiques – Les Terres du Nord

    Les Dieux nordiques – Les Terres du Nord

    Bruja sur la côte hispanique nous accueillit grâce aux sorcières
    Et surtout l’anneau qui m’enchaîne à Loreleï alias Athéna.
    Connaissant l’alphabet runique, elle en devine la souricière
    Qui aurait attendu les chaînes d’intrus vers leur assassinat.

    La nuit fut très révélatrice car Bruja cachait sous son masque
    Celui de la Mère maudite, Lilith douée de compassion.
    La nuit fut très fornicatrice, érotique autant que fantasque,
    Et dans sa chambre troglodyte, nous fîmes l’amour avec passion.

    Loreleï sortit deux anneaux d’or ; l’un pour Laureline, l’autre pour Lilith.
    Chacune m’en sertit au phallus la boucle juste au-dessous du gland.
    Tandis que Yavänor s’endort, elles firent le pacte Trilite
    Qui nous donne le sceau de Vénus, un sabre suprême et sanglant.

    Et nous reprîmes notre route remontant les côtes atlantiques,
    Contournant les côtes bretonnes, la Manche et puis la Mer du Nord.
    Nous fûmes alors mis en déroute par des vikings très authentiques
    Qui avaient l’âme assez friponne et en avaient après notre or.

    Lilith se mit nue devant eux et leur parla d’une voix forte :
    « Je suis Brÿnhildr ! Voici mes seins et voici ma vulve sacrée ! »
    À ces mots, les vikings honteux s’agenouillèrent de la sorte
    Qu’alors Brÿnhildr put à dessein leur poser sa main consacrée.

    « Est-ce Sigurd ? » demandèrent-ils. « Mais il est mort et par ta main ! »
    Ce à quoi Lilith répondit « Il m’avait trompé, ce blaireau !
    Mais comme il était inutile de châtier un être humain,
    Voici : Son âme a rebondi en Yavänor, nouvel héros.

    Présentés à Ragnar Lodbrok, il fut si courtois envers nous
    Qu’il officialisa l’union de Yavänor et ses trois reines.
    L’amitié étant réciproque, il promit de mettre à genoux
    Les ennemis dont le fanion n’aurait pas les runes sereines.

    Illustration de Ledal.

  • Intersaison dans les jardins du paradis

    Intersaison dans les jardins du paradis

    Si j’arrivais à inverser toute une vie de connaissance,
    Deviendrais-je alors adamique avant la chute originelle ?
    Je me vois bien y déverser mes souvenirs avec aisance
    Et redevenir alchimique d’une pureté toute charnelle.

    Évidemment pour oublier, il faut effacer les blessures,
    Réparer l’outrage du temps et rétablir la vérité
    Sur tout ce que j’ai publié – tout en contournant la censure –
    Avec la chance du débutant que j’imaginais méritée.

    J’ai cru qu’au moment du solstice, au moment de l’intersaison,
    Cette nuit-là et seulement celle-ci permet de régresser.
    Il faut plonger dans l’interstice, abandonner tout raison
    Et courir tout nu librement avec les fées intéressées.

    Toute une nuit au paradis en échange des souvenirs
    Qu’elles me pompent avidement comme un sperme de connaissance.
    Encore mille nuits de parodie et je suis sûr que l’avenir
    M’ouvrira bien évidemment l’Eden avec reconnaissance.

    Tableau de Melissa Launay sur https:www.melissalaunay.com .

  • Intersaison dans les jardins de l’enfer

    Intersaison dans les jardins de l’enfer

    Si l’arbre de la connaissance a fait l’ouverture d’esprit,
    Je me demande encore comment serait le monde d’aujourd’hui
    Vu toutes les dégénérescences envers ce que l’on a appris
    Qui se déchaînent en ce moment et le chaos que cela produit !

    Alors je m’en suis allé voir si jamais l’herbe était plus verte
    Au jardin secret des enfers ou l’arbre n’a jamais poussé.
    Je ne veux pas vous décevoir mais les femmes y sont plus ouvertes,
    Prêtes à vous faire votre affaire sans penser à vous repousser.

    On y vit nu, le sexe à l’air ; on s’embrasse pour dire bonjour,
    On baise pour dire merci, on se suce en toute amitié.
    On n’a pas besoin de salaire car le travail dans ce séjour
    Est interdit par inertie car on farniente à satiété.

    Je fus invité à entrer et, pour marquer ma renaissance,
    Je dus quitter mes vêtements et honorer toutes ces dames.
    Je fus surpris d’y rencontrer l’arbre de la méconnaissance
    Dont les branches subtilement m’ont promis l’étreinte haut de gamme !

    « Je t’ai senti glisser sans bruit parmi mes lianes enivrées,
    Ton souffle chaud sur mes pétales, ton regard tendre, ton sexe brut.
    Tu es venu croquer mes fruits défendus et tu t’es livré
    À sucer la liqueur létale de mes fleurs carnivores en rut !

    Je t’ai pris sans un mot frémir, juste en exhalant mes parfums ;
    Mes sucs sirupeux t’ont mordu d’un doux poison sous ma corolle.
    Et quand tu t’es mis à gémir sous ton corps désormais défunt,
    J’ai su que d’un amour ardu, tu passais à la casserole.

    Alors tu as joui de mes ronces profondément enracinées
    Dans la tendre chair de ton corps et ton cœur privé de raison.
    Mon rictus avait tant de fronces que j’ai ri, moi, ta dulcinée
    Dans un orgasme qui, encore, résonne comme une oraison ! »

    Mort aux enfers quelle ironie ! Mais aussi quelle délivrance !
    Tel le phénix du feu ardent, je renais d’un nouveau transfert.
    Mais c’est avec parcimonie et sans la moindre persévérance
    Qu’on me verra me hasardant parmi le jardin des enfers !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les Dieux nordiques – Les Autels sacrés

    Les Dieux nordiques – Les Autels sacrés

    « Au nom du sceau de Demeter et de la flamme de Vesta,
    L’Aigle de Rome se plie aux vents aux abords du septentrion.
    Celui-là sera mandataire sous réserve qu’il se délestât
    De son orgueil en résolvant les trois énigmes comme histrion. »

    L’Ara-Pacis sollicitait fleurs et grains plutôt que des armes
    Nous lui en offrîmes autant que nos bras purent en porter.
    L’éclat d’un miroir reflétait mes deux déesses pleines de charme
    Et moi comme un guerrier montant un dragon aéroporté.

    Avec les Lares Compitales nous avons trinqué et goûté
    Les meilleurs vins grecs résinés et les meilleurs crûs juvéniles.
    Nous écoutions le récital de ces gardiens sans nous douter
    Que le vin blanc millésimé portait l’estampille de Brunnhild.

    À l’Autel de Saturne rien ; pas plus d’offrande que de demande.
    Nous y restâmes avec nos primes et nos cadeaux, tourneboulés.
    Devant ce problème homérien nous sortîmes offrir des calendes
    À Junon lorsque nous comprîmes que trois jours s’étaient écoulés.

    De mon orgueil que reste-t-il, moi qui ai bravé Valkyries,
    Druidesses, Sorcières et bien pis ; les korriganes hypnotiques ?
    Mais soit, s’il le faut que Brunnhild se prête avec taquinerie
    À tester si je suis impie, naïf ou guerrier romantique !

    De plus, j’en ai son estampille malgré l’étiquette frustrante
    Dont les runes encore muettes parleront sans doute plus tard.
    Trois jours payés, une peccadille, nous en récupèreront trente
    Car nous avons la statuette que nous ont remise les Lares.

    Si je ne comprends pas les runes, en revanche je sais lire une carte
    Et l’étiquette nous en montre une, à nous de la faire parler.
    Je connais une dame brune, sans que le détour nous écarte,
    Qui nous traduira l’opportune énigme pour nos pourparlers.

    Illustration de Ledal.

  • Les Dieux nordiques – Rome, la Cité des Aigles

    Les Dieux nordiques – Rome, la Cité des Aigles

    Dès l’arrivée au port de Rome, toute l’atmosphère martiale
    Se ressentait par les passages des légionnaires marchant au pas.
    Sur les quais flottaient les arômes des longues avenues commerciales
    Et le tumulte du brassage des cohortes du principat.

    Du haut du trône de Jupiter, l’aigle impérial nous observait
    Avec la louve nourricière sur les murailles extérieures.
    Munis du sceau de Demeter et l’aide qu’il nous réservait
    Rome nous fut bénéficiaire, garante de nos forces intérieures.

    Nous marchâmes jusqu’au Capitole offrir un respect silencieux
    Au feu sacré, l’âme de Rome et clef des foyers domestiques,
    Et par déférence aux idoles et leurs objets révérencieux
    Pour compléter le décorum par des statuettes celtiques.

    Puisque le silence est une arme dans les forums, il faut prier
    Et nous invoquâmes Vesta qui valait mieux que des discours.
    Sans doute sous l’effet du charme de mes déesses appropriées,
    La vestale se manifesta, porteuse d’un message court :

    « Garde la flamme entre tes mains et la fière cité sera tienne ! »
    Freyja s’en saisit illico et sa fumée fut attirée
    Vers le plus grand temple romain en remontant la Voie Appienne,
    L’Optimus Maximus, l’écho de Jupiter bien inspiré.

    Et Jupiter m’a observé, après les femmes et l’estampille
    De Demeter d’un œil sévère sans prononcer le moindre mot.
    Bien sûr nous restions réservés sans même cligner des pupilles
    Et c’est alors que s’élevèrent nos flammes comme chalumeaux.

    Nous étions trois torches vivantes, brûlant mais sans se consumer ;
    Jupiter alors acquiesça et nous remis un parchemin.
    « Pour votre quête motivante, faites comme à l’accoutumée ! »
    Dit le Dieu des dieux nous adressant les autels d’un signe de main.

    Illustration de Ledal.

  • Les Dieux nordiques – La Mer Égée

    Les Dieux nordiques – La Mer Égée

    Les côtes grecques descendues, nous atteignîmes le rivage
    Et appareillâmes pour Rome sur une mer tumultueuse.
    Quand, de manière inattendue, surgissant des vagues sauvages,
    Poséidon d’un maëlstrom d’eaux ardentes et impétueuses.

    Pour apaiser le dieu des mers, Athéna su me conseiller
    Et pour atténuer sa colère, du pain lui fut sacrifié.
    L’offrande plut au dieu amer qui cessa de nous effrayer
    Et, d’un geste protocolaire, ouvrit les eaux pacifiées.

    Mais des flots montèrent les voix des sirènes aux queues lumineuses
    Et bientôt nous fûmes cernés par toutes ces filles marines.
    Leurs chants mêlaient tout à la fois joie et clameurs vertigineuses
    Dont nous pouvions tous discerner les dents aiguisées vipérines.

    Alors Freyja d’un cri de flamme fit reculer leurs voix perfides,
    Athéna dressa son emblème, l’égide comme protection.
    Leurs forces, jointes comme une lame, brisèrent les troupes sylphides
    Et le silence dans l’heure blême tomba avec circonspection.

    Mes deux déesses veillent encore et nous reprenons du courage
    Mais nous nous sommes égarés et la Lune reste muette.
    Alors déchirant le décor, illuminant le ciel d’orage,
    Pégase et sa houppe bigarrée nous parla d’une voix fluette :

    « Appelez le Maître des vents afin qu’il vous vienne en secours
    Et demandez-lui qu’il vous ouvre ce qui vous gonflera les voiles ! »
    Nous l’appelâmes objectivant qu’il serait le dernier recours
    Pour qu’il balaie et nous découvre la route à travers les étoiles.

    Alors Éole ouvrit ses outres gonflées de ses vents paternels ;
    Les mâts grincèrent sous la poussée fournie en divine largesse.
    Grâce à son appui notre boutre aidé des courants fraternels,
    Atteignit Rome éclaboussée du soleil de Sol Indiges

    Illustration de Ledal.

  • La naissance de Vénus

    La naissance de Vénus

    Si Dieu crée l’homme à son image, l’homme doit pouvoir créer Dieu.
    Et plutôt que créer un mythe, j’aimerais mieux la Vérité
    Sortant du puits pour un hommage à Vénus dans un corps radieux
    Juste vêtue, à la limite, d’un élan de sincérité.

    Maintenant que j’ai ma déesse en chair et en os achevée,
    Je vais écrire son histoire dans une bible immaculée
    Où les versets crient la prouesse de son amour parachevé
    Par toutes les positions notoires du sexe au culte miraculé.

    Enfin je quitterai ce monde pour celui que j’aurai créé
    Avec Vénus à mes côtés pour l’aimer pour l’éternité.
    Loin de ces artifices immondes que sont les valeurs maugrées
    Par les dieux tarabiscotés de l’utopique modernité.

    Alors des flots surgit la femme, ruisselante d’ondes guerrières,
    Ses paupières closes me déclament l’éclat d’un monde en gestation.
    Je tends ma plume comme une lame, vers ses lèvres aventurières
    Et dans son souffle je proclame la naissance de MA création.

    Tableau d’un peintre qui s’appelle Juste Tretchikoff car je n’ai pas trouvé son prénom.

  • L’argument

    L’argument

    Monsieur s’impatiente et tempête :

    « Elle a toujours le dernier mot sinon elle a d’autres arguments
    Qui déséquilibre l’adversaire et met fin à toute riposte.
    Lorsqu’elle sort prestissimo un nichon subrepticement,
    Que dis-je ? Une mamelle comme émissaire qu’elle darde vers les avant-postes.

    L’obus argumenté fait mouche et cloue le bec à l’opposant
    Comme s’il embouchait le téton qui fait office de bouchon !
    Aussitôt se tarit sa bouche et il accepte l’imposant
    Raisonnement tellement béton que s’en dédit notre cochon.

    Et puisqu’on parle de cochon si l’argument ne suffit pas,
    Elle a plein d’autres armes secrètes sous les dessous prêtes à jaillir
    Sur le terrain du polochon, terrain miné par les appas
    De la conquérante discrète qui frappe sans jamais faillir. »


    Voire… laissons-la s’exprimer :

    « Il pense, le beau, qu’en deux tétons je gagne toutes mes batailles…
    Il croit céder au sein impie ? Mais non ! C’est juste un leurre exquis !
    Car c’est d’un regard en deux tons et de mon silence en mitraille
    Que l’âme qui l’envoie au tapis, à coup de bouteille de whisky.

    Je laisse croire qu’un décolleté suffit à vaincre son esprit,
    Qu’il est l’argument invisible, la rhétorique en hauts talons.
    Mais dans l’embrasure, a voleté ma ruse qui l’a le plus surpris,
    Celle qui sourit…imprévisible et gagne la main au pantalon ! »

    Alors je tire du corsage, l’arme suprême du décolleté ;
    Non pour flatter ses appétits mais pour sceller son abandon.
    Car d’un sourire en héritage, il a le gland décalotté…
    Le sein n’est qu’une feinte aboutie afin de lui couper le cordon.

    Tableau de Waldemar Kazak sur https:arthur.ioartwaldemar-kazakend-of-parade .

  • Les Dieux nordiques – Le Mont Olympe

    Les Dieux nordiques – Le Mont Olympe

    Au-dessous des nuages blancs qui coiffent le palais des dieux,
    J’ai grimpé les pentes escarpées jusqu’au trône de Zeus, sans doute.
    Entre les éclats redoublants se dressait un griffon radieux
    Qui, voyant mes mains écharpées, m’a laissé poursuivre ma route.

    Au sommet, Zeus m’a accueilli en m’offrant l’éclair silencieux
    – Fragment d’étincelle de foudre – qu’il a arraché à l’orage.
    Alors Athéna a jailli avec un serment sentencieux :
    « J’ai supplié Zeus de t’absoudre si tu avances avec courage ! »

    En descendant sous les sapins veillaient des corbeaux messagers
    Envoyés du palais d’Asgard par Odin pendant la morte-eau.
    Et Zeus lança, tel un grappin, sa foudre pour m’encourager
    Tandis que Thor avec égard lui rendait, levant son marteau.

    Alors Freyja vint à pas lents, sous son grand manteau, dévoilée ;
    Ses yeux billaient de l’alliance entre l’amour et la violence.
    Athéna d’un pas nonchalant dressa son égide étoilée :
    « Reçois de mon bras, la vaillance et de mon cœur la vigilance ! »

    Alors les deux déesses d’or joignirent leurs mains lumineuses,
    Freyja réunit son collier avec l’égide d’Athéna :
    « Toi, le symbole de notre accord, reprends ta course vertigineuse
    Et va rencontrer nos alliés de Rome pour ton mécénat ! »

    Alors Freyja et Athéna ensemble sertirent un anneau
    Et me jurèrent par cette union de m’assister dans cette quête.
    Si Freyja me rasséréna en allumant tous ses fanaux,
    Athéna brandit son fanion et nous partîmes à la conquête !

    Alors ensemble nous quittâmes l’Olympe, cette montagne aux vents sauvages,
    Traversèrent à nouveau la brume et descendîmes vers la plaine.
    Vers la mer Égée dont les lames déferlaient fort sur le rivage
    Et sous l’étoile, nous courûmes, mes femmes et moi à perdre haleine.

    Illustration de Ledal.

  • Rêve qui fantasme

    Rêve qui fantasme

    Toujours ce rêve récurrent où je me retrouve tout nu
    Parmi des gens – tous habillés – faisant semblant de ne rien voir.
    Mais cette fois, c’est rassurant, car je retrouve l’inconnue
    Complètement déshabillée, entièrement en mon pouvoir.

    Mais pour l’aimer, je dois créer et lui raconter notre idylle
    Où nous nous sommes rencontrés, comment nous nous sommes connus.
    Afin qu’elle puisse agréer l’histoire, je suis volubile
    En mots qui doivent lui montrer tout mon amour en continu.

    Comme on ne peut mourir en rêve, je jouis de mon épectase ;
    Je meurs d’amour entre ses bras et mon cœur explose d’orgasme !
    Dommage… la fin est si brève que j’en oublie toujours l’extase
    Cependant… Abracadabra ! C’est parti pour l’autre fantasme !

    Alors dans un décor de soie, je me retrouve entre ses reins ;
    Son regard brille de malice, un brin d’orgueil sur les canines.
    « Tu veux l’amour ? Crée-le pour moi, pas un brouillon ni un refrain,
    Mais le poème d’un délice où chaque mot me tend l’échine. »

    Je m’agenouille, le cœur en transe, la plume dressée en oriflamme ;
    Elle m’écoute avec silence, son sexe ému comme un oiseau.
    Et dans son souffle qui balance, je redeviens tout feu tout flamme
    Ce rêve qui, avec vigilance, perdure à travers les réseaux.

    Tableau de Gaston Bussiere sur https:desdeelrenacimientohastanuestrosdias.blogspot.com201512gaston-bussiere-francia-1862-1929.html .