Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Le troisième œil

    Le troisième œil

    Le troisième œil, cette intuition qui me glisse au creux de l’oreille
    Ce qui se cache derrière l’ombre de la lumière à la fenêtre,
    Remplace la disparition de la voix de Dieu, sans pareille,
    Quand je faisais partie du nombre des angelots avant de naître.

    Tableau d’Alessandro Sicioldr.

  • Les feuilles en exhalaison

    Les feuilles en exhalaison

    Tandis que le printemps fleurit, aux antipodes, c’est l’automne.
    Ainsi la Terre a deux saisons tout comme la nuit et le jour.
    Si vous souffrez d’une muflerie, confiez votre cœur monotone
    Aux feuilles en exhalaison qui vous rétabliront l’amour.

    Tableau d’Elizabeth Stanhope Forbes.

  • Coiffe naturelle

    Coiffe naturelle

    Par la coiffe de la nature et le sceptre d’or du printemps,
    Je bénis les filles en fleurs qui épanouissent mon cœur.
    Jolis minois, belles figures, mignonnettes de tous les temps,
    Que de grincements et de pleurs sèmerez-vous d’un air moqueur ?

    Tableau de Natasha Milashevich.

  • Marie-la-Rose – 2

    Marie-la-Rose s’est décorée de fleurs plantées dans les cheveux ;
    Soutenus d’un ruban doré lui donnent un air avantageux.

    Marie-la-Rose est amoureuse mais n’a pas celui qu’elle veut ;
    Elle s’avance, langoureuse, languissante et l’air ombrageux.

    Marie-la-Rose s’est rapprochée et je dois vous faire un aveu ;
    C’est moi qu’elle est venue chercher et ne me sens pas courageux.

    Marie-la-Rose m’a embrassé et m’a giflé pour m’acquitter ;
    Me voilà bien embarrassé, les amis je dois vous quitter.

    Tableau de Eibhilin Crossan.

  • Trio provençal

    La fée Viviane d’Avalon, avec Morgane et Mélusine,
    Se sont installées en Provence pour perpétuer leurs sortilèges.
    Dans les environs de Salons, elles ont érigé leur usine
    Dont l’élixir d’eau de jouvence a rétabli leurs privilèges.

    Tableau de William Russell.

  • Fleurs du matin

    Fleurs du matin

    Un beau matin, la reine blanche porta des fleurs à sa rivale,
    Juste une jupe sous ses seins nus avec déculotté pubien.
    La reine noire, elle, en revanche, portait une robe estivale
    Et ce qu’il en est advenu, seuls les deux rois le savent bien.

    Tableau de William Russell.

  • Avec le peigne de la main

    Avec le peigne de la main

    Elle gambadait sur les chemins pour éveiller tous ses instincts,
    S’habillait selon la saison mais volontiers en robe longue.
    Elle se peignait avec la main ses longs cheveux blonds et châtains
    Pour la plus simple des raisons : deux mains aux phalanges oblongues.

    Tableau de Maria Pace-Wynters. Texte inspiré du Gargantua de Rabelais.

  • Au clair de la mer

    Au clair de la mer

    Si jamais ma plume se voile et de surcroît je n’ai plus d’encre,
    J’embarquerai en pleine lune quand l’outre-mer devient doré.
    Dicté aux poussières d’étoiles, je mouillerai alors mon ancre
    Dans le royaume de Neptune et ses sirènes m’adorer.

    Tableau d’Ivan Aivazovsky.

  • Sous le regard de mes toutous

    Sous le regard de mes toutous

    Lorsque ma cuisine exigüe se transforme en salle de bains,
    Mes deux toutous montent la garde, là, comme deux chiens de faïence.
    Sous la vigilance ambigüe mais sûre de mes deux chérubins,
    J’aime que personne ne regarde les appas de ma corpulence.

    Tableau de Richard Adams.

  • La réponse du berger à la bergère

    La réponse du berger à la bergère

    Quand la bergère pose la question, c’est la réponse du berger :
    « Les questions sur leur destinée que les moutons se poseront :
    – Mettre la laine en cogestion ou la façon d’être hébergés –
    Juste avant d’être exterminés, crois-tu qu’ils se rebelleront ? »

    Tableau de Thierry Marchal.

  • La cuisson des œufs

    La cuisson des œufs

    Pour bien cuire vos œufs à la coque, faites l’amour en monocoque.
    Si vous voulez les mangez durs, continuez la procédure.
    Mais si vous restez trop longtemps, les œufs ne seront pas contents
    Et j’ai bien peur, qu’à la maison, les œufs maudissent la bandaison.

    Tableau de Michael Hutter.

  • On nous observe !

    On nous observe !

    Nous n’avions besoin de personne pour vivre ensemble et solidaires
    Mais ce n’était pas sécurisant pour ceux qui veulent nous dominer.
    La carte sim du téléphone, la puce de la carte bancaire,
    N’ seront bientôt plus suffisants pour qu’ils puissent nous embobiner.

    Photo d’observateurs inconnus.

  • Les petits secrets

    Les petits secrets

    Qu’est-ce qui se dit dans notre dos chez les personnes haut placées ?
    Complotent-ils pour leur survie aux dépends de nos intérêts ?
    Ont-ils conduit des commandos pour nous forcer à effacer
    Notre volonté asservie à plier et obtempérer ?

    Photo de David Bowie, Chris Taylor, Brian May, Roger Taylor, Princess Diana, Prince Charles et Bob Geldof au Live Aid Concert Wembley Stadium.

  • Ballet royal

    Ballet royal

    Sous l’apanage de Richelieu qui avait le goût du théâtre,
    Les spectacles s’y développent depuis la Comédie Française.
    Palais-Royal, Ô riche lieu ! Que chaque ballet idolâtre
    Tous les Ulysse et Pénélope des odyssées qui nous complaisent !

    Tableau de Robert Heindel.

  • De l’autre côté du temps

    De l’autre côté du temps

    Là-bas, de l’autre côté du temps, mon père est encore un jeune homme,
    Ma mère, encore jeune fille et puis, ils s’aiment avidement.
    Ils vont se fréquenter longtemps jusqu’à ce qu’ils soient autonomes
    Afin de fonder la famille où je naîtrai, évidemment.

    Tableau « autoportrait » d’Ernst Ludwig Kirchner.

  • L’apparition du soir – 2

    L’apparition du soir - 2

    Hier, je l’ai rencontrée, c’était la pleine lune
    Et ses reflets d’argents illuminaient le port.
    Alors elle s’est montrée de manière opportune
    Dans l’instant partageant la vie avec la mort.

    Juste quelques secondes mais j’ai vu son visage
    Et son corps et ses seins nus, d’opale perlée.
    Sa pâleur moribonde signifiait un présage
    Et j’ai su, à dessein, qu’elle allait me parler.

    « Toi qui as su me voir, surtout ne me suis pas !
    Je ne viens que pour ceux qui se meurent d’amour.
    Et, sans te décevoir, retourne sur tes pas,
    Mais reviens quand tu veux lorsque ce sera le jour ! »

    Alors je l’ai laissée s’enfoncer dans les ombres
    Et fermer les rebelles portes de son royaume.
    Mais mon cœur est blessé, j’ai cru être du nombre
    Des amants de la belle et ses amours fantômes.

    Tableau de Thierry Marchal.

  • L’apparition du soir – 1

    L’apparition du soir - 1

    Tous les soirs elle entend la voix qui vient du large
    Puis, quand tombe la nuit, elle rentre au logis.
    Ça doit faire vingt ans qu’elle vit sous la charge
    De ce cruel ennui qu’est sa pathologie.

    Attend-elle des marins qui ne seraient pas rentrés,
    Son mari et son frère et d’autres compagnons ?
    Moi, sous les tamarins, je la vois concentrée
    À guetter la lumière du moindre lumignon.

    Fasse Dieu qu’elle revienne ! Ce mystère m’énerve.
    Personne ne la connaît ni même où elle habite.
    Je vais, quoi qu’il advienne, sortir de ma réserve,
    Croiser au balconnet l’apparition subite.

    Ce n’était qu’un mirage, il n’y avait personne ;
    On m’a dit qu’un fantôme rôde sur la jetée.
    Lors d’une nuit d’orage, une vierge amazone
    S’est noyée sous le dôme dans la mer argentée.

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  • Charme en alarme

    Charme en alarme

    J’ai, en reconnaissance des lieux, commis l’erreur du débutant
    En ne retenant que l’image du petit village de charme.
    Une fois plongé dans le milieu, le fort vacarme rebutant
    Des navires en arrimage me fit bien vite sonner l’alarme.

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  • Le fleuve de l’incomplétude

    Le fleuve de l’incomplétude

    Quel beau décor paysager lorsque résonne la quiétude !
    Rien ne pourrait envisager qu’il soit troublé de solitudes.
    Pourtant des personnes âgées laissent poindre quelques inquiétudes
    Sur les agréments passagers du fleuve de l’incomplétude.

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  • La clepsydre humaine

    La clepsydre humaine

    Ma vue sur la clepsydre humaine qui s’immerge tout au long des heures
    Transforme ma vallée de larmes en une croisière éternelle.
    Chaque jour de chaque semaine, leurs petits bains catalyseurs
    Filtrent le temps avec le charme de leurs petites fesses charnelles.

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  • Tout le monde veut aller au ciel !

    Toutes les victimes signalées auraient-elles été appelées
    À mourir et à comparaitre pour échapper à la retraite ?
    Toi qui balance entre deux âges, réfléchis bien à ce message :
    « Est-ce qu’aujourd’hui on s’en fout de vivre dans ce monde de fous ? »

    Photo de Stefan Koidl.

  • Les sirènes confinées

    Les sirènes confinées

    Vivent les masques et les tubas pour lutter efficacement
    Contre les vents et les marées qui affluent sur la Terre entière.
    Ceux qui sont coincés à Cuba pourront vivre leur confinement
    Avec les sirènes amarrées à leurs navires de croisière.

    Photo des Bungalow Sisters.

  • Cher voisin !

    Cher voisin !

    Malgré toutes ses protections, j’arrive à croiser mon voisin ;
    Celui qui habite juste en face et que j’ai souvent invité.
    Sans doute mes imperfections ont rebuté cet argousin
    Et provoqué cette interface d’infranchissable concavité.

    Je salue au passage Gérard, mon voisin, si d’aventure il lit ces lignes dans sa tour d’ivoire.

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  • Passerelles

    Sur nos balcons, en passerelles élevées jusqu’à l’horizon,
    Nous ne craignons point le vertige dans nos modernes appartements.
    Pigeons, corbeaux et tourterelles viennent nous voir dans nos prisons
    En étagères de prestige au summum de l’escarpement.

    J’y vis d’éternelles vacances sur l’helvétique Riviera
    Avec une vue imprenable sur les sédentaires abscons.
    J’ai accompli l’extravagance d’établir un protectorat
    En me sacrant inaliénable mais mémorable Roi des Cons.

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  • L’amour de la mer

    L’amour de la mer

    Bien sûr, quand l’homme prend la mer, l’amour est plus vaste et profond
    Et ses frontières à l’infini disparaissent à l’horizon.
    Bien sûr, sa femme devient mère mais reste au port et se morfond
    Ainsi la vie nous définit entre liberté et prison.

    Tableau de Jim Warren.

  • Ballet à trois – 2

    Ballet à trois - 2

    La danseuse pointe son chausson d’une manière inoubliable.
    Une sorcière, sans façon, s’en ira pointer chez le diable.
    Pour différencier les prétendantes, présentez-leur un beau tutu ;
    La vraie dansera trépidante, l’autre criera : « Turlututu ! »

    Photo « Margaret Morris Dancers » 1920 de Fred Daniels.

  • Les mecs en position

    Les mecs en position

    Pour les mecs, le nec plus ultra concernant le Kâmasûtra :
    Le fumeur de pipe, sa meuf, doit lui faire un soixante-neuf ;
    La nana du libre-penseur préfère l’amour dans l’ascenseur ;
    Et celle du révolutionnaire, la position du missionnaire.

    « Three men in swimming trunks, one with shades, one with pipe, all with bulges. » – Saskatchewan 1943.

  • Ballet à trois – 1

    Ballet à trois - 1

    Si les p’tits rats de l’opéra apprennent entrechats et ballets,
    Chez les sorcières en sabbat, on apprend à coups de balais.
    Que faut-il faire, me direz-vous, pour n’pas s’faire mener en bateau
    Sous peine, au premier rendez-vous, d’risquer de se prendre un râteau ?

    Photo de Hannes Kilian avec le Stuttgarter Ballet.

  • La clef du bonheur

    La clef du bonheur

    La clef du bonheur, quand on est un homme,
    C’est trouver la femme qui ne change pas.
    Fidèle à l’honneur, hissée au podium,
    Toute en haut de gamme … ou changer d’appât.

    La clef du bonheur, quand on est une femme,
    C’est trouver un homme que l’on peut changer.
    Fortifier son cœur, affiner son âme,
    Et surtout, en somme, ne pas l’échanger.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • La nuit onirique

    La nuit onirique

    Les plus beaux rêves éveillés seraient guidés par l’intuition
    Vers nos amours ensoleillées par le cœur et l’âme en fusion.
    Mais quand tombe la nuit profonde, les songes se connecteraient
    À l’originelle longueur d’onde que l’univers collecterait.

    Dessin de Sergey Nikolayevich Lukyanov.

  • Fête de l’amour

    Métro, boulot, c’est fatigant pour le personnel navigant !
    Faire dodo, c’est harassant, faire l’amour, embarrassant !
    Faire le travail de l’amour requiert bien trop d’heures par jour
    Et trop de jours dans la semaine pour une activité humaine !

    Photo de Mary Katharine Tramontana.

  • L’homme et la femme, quel idéal ?

    L’homme et la femme, quel idéal ?

    Femme idéale n’existe pas … sauf dans un peu toutes les femmes
    Mais l’homme ne saura jamais trier les bonnes des infâmes !
    L’Homme idéal n’existe pas … mais c’n’est pas un problème en somme
    Puisque les femme savent désormais que tous les chemins mènent à l’homme.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • Gare au minou !

    Gare au minou !

    Tenter d’éveiller le minou reste une gageure sans pareille ;
    Monsieur cherche l’inspiration en ouvrant en grand la fenêtre.
    Un petit air frais choupinou, chuchoté à même l’oreille,
    Pour troubler la respiration et donner l’envie de renaître.

    Mais il n’est pas poltron minet ! D’ailleurs il réclame sa sieste
    Et garde la pose au giron en échange de quelques caresses.
    Gageons que dès potron-minet, Monsieur devra d’une main leste
    Chasser l’animal au ronron qui garde trop bien sa maîtresse.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • Marie-la-Rose – 1

    Marie-la-Rose - 1

    Les roses forment un beau bouquet surtout lorsqu’elles sont jolies ;
    Les amours riment en beaux couplets quand on s’embrasse à la folie.

    Les filles pleurent à gros sanglots, particulièrement les plus rebelles ;
    Les garçons s’en font des tableaux, principalement pour les plus belles.

    Les parfum des fleurs envoûtant pourrait pousser à la névrose
    Le charme d’une fille déroutant, surtout celui de Marie-la-Rose.

    Le noir et blanc reste à l’honneur pour les plus tristes souvenirs ;
    L’amour en rose fait le bonheur quand il est couleur d’avenir.

    Tableau d’Oleg Zhivetin.

  • Le thé aux souvenirs

    Le thé aux souvenirs

    À l’heure du thé
    À l’heure bleutée
    Vont les souvenirs
    Pour se soutenir.

    L’affection du père,
    L’amour d’une mère,
    L’écho d’une sœur,
    Caressent le cœur.

    Eux au paradis,
    Son thé refroidit.
    Son père et sa mère,
    Son thé est amer.

    Mais ce jour encore
    Elle parle aux morts
    Qui renvoient l’espoir
    En pensée du soir.

    Tableau de Gorshunova Tatiana.

  • Le temps des copains (et des chats)

    Que revienne le temps des copines, que reviennent le temps des copains
    Et les longues nuits où les chattes se languissaient de leurs minets !
    Quand il y avait trop de cuisine, on conviait aussi les voisins
    Chacun sa cruche, chacun sa jatte, chacune sa pipe, son robinet.

    Les deux balançoires, ajustées à l’impudence des regards,
    Permettaient à ces demoiselles, en se caressant le minou,
    D’harceler et tarabuster tous les garçons un peu hagards
    Qui lorgnaient le dieu des pucelles tout en se mettant à genoux.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • Confinement indiscret

    Confinement indiscret

    Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours,
    M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême !
    Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd
    Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Le vol à poil

    Le vol à poil

    Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail
    Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles.
    Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail :
    Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Les cycles romantiques

    Les cycles romantiques

    Godelureau à bicyclette rêverait d’amour à vélo,
    Elle derrière et lui devant, pour pédaler jusqu’à vau-l’eau.
    Si tu veux être ma Juliette, j’incarnerai ton Roméo
    Et nous irons contre le vent en tandem ou en pédalo.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Café Van Gogh

    Café Van Gogh

    Conforme au café de Vincent, situé place du forum,
    J’y convierai une amie peindre avec ses toiles et ses pinceaux.
    Sans trop de monde effervescent mais avec tout le décorum
    Pour que nous puissions nous étreindre sous les arcanes provençaux.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • Les sorcières bleu nuit

    Durant une profonde nuit pareille à la guerre qui fit rage,
    Entends-tu les femmes intrépides qui luttent contre l’infamie ?
    Malgré le froid qui s’introduit et leur lacère le visage
    Et leur carcasse qui trépide sous l’assaut des balles ennemies.

    Depuis, leurs fantômes bleu-nuit reviennent rôder dans les parages
    Sur le sol gelé rougissant que leurs avions ont percuté.
    À l’heure fortuite – minuit – dans ce sinistre paysage,
    On entend l’écho rugissant de leurs cris se répercuter.

    Quelques sites internet à propos des sorcières de la nuit :
    https:www.curieuseshistoires.netles-sorcieres-de-la-nuit

    https:fr.rbth.comarthistoire20150417les_sorcieres_de_la_nuit_aux_trousses_de_laviation_allemande_33437

    https:fr.wikipedia.orgwiki588_NBAP

    Tableaux de Sophie Lécuyer.

  • Trémoussement à l’eau de prose

    Trémoussement à l’eau de prose

    Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande.
    L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement.
    Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande
    Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.

    Tableau de Owen Claxton.

  • La nuit des géants

    La nuit des géants

    Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant
    D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire.
    Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants
    Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.

    Dessin de Diana Sudyka.

  • À la vitesse d’un cheveu au galop

    À la vitesse d’un cheveu au galop

    Afin de trouver le sommeil troublé par l’esprit qui galope,
    Mon anima lâche la bride à ses soucis en écheveaux.
    Alors les chagrins sans soleil des bleus de l’âme nyctalopes
    Quittent ce cauchemar hybride un peu tiré par les chevaux.

    Tableau de Malwina de Brade.

  • L’écoute profonde

    L’écoute profonde

    Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée
    Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde.
    Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée
    Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • L’écoute des mains

    À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ;
    Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires.
    Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air
    Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • Jouer à attraper le soleil

    Jouer à attraper le soleil

    Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour,
    Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament.
    Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure
    L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • Rêve de vestale – 2

    Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon,
    Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent.
    Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons
    Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Rêve de vestale – 1

    Rêve de vestale - 1

    Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix
    Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes.
    Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie
    En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.

    Tableau de Maxfield Parrish.

  • Les trois vestales – 2

    Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés,
    Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil
    Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée
    Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil

    Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament
    Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines
    Si vive et communicative, elle sera mille fois maman
    Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen

    Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents,
    Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons.
    Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents
    La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.

    Tableaux de Maxfield Parrish.