Le troisième œil, cette intuition qui me glisse au creux de l’oreille Ce qui se cache derrière l’ombre de la lumière à la fenêtre, Remplace la disparition de la voix de Dieu, sans pareille, Quand je faisais partie du nombre des angelots avant de naître.
Tandis que le printemps fleurit, aux antipodes, c’est l’automne. Ainsi la Terre a deux saisons tout comme la nuit et le jour. Si vous souffrez d’une muflerie, confiez votre cœur monotone Aux feuilles en exhalaison qui vous rétabliront l’amour.
Par la coiffe de la nature et le sceptre d’or du printemps, Je bénis les filles en fleurs qui épanouissent mon cœur. Jolis minois, belles figures, mignonnettes de tous les temps, Que de grincements et de pleurs sèmerez-vous d’un air moqueur ?
La fée Viviane d’Avalon, avec Morgane et Mélusine, Se sont installées en Provence pour perpétuer leurs sortilèges. Dans les environs de Salons, elles ont érigé leur usine Dont l’élixir d’eau de jouvence a rétabli leurs privilèges.
Un beau matin, la reine blanche porta des fleurs à sa rivale, Juste une jupe sous ses seins nus avec déculotté pubien. La reine noire, elle, en revanche, portait une robe estivale Et ce qu’il en est advenu, seuls les deux rois le savent bien.
Elle gambadait sur les chemins pour éveiller tous ses instincts, S’habillait selon la saison mais volontiers en robe longue. Elle se peignait avec la main ses longs cheveux blonds et châtains Pour la plus simple des raisons : deux mains aux phalanges oblongues.
Tableau de Maria Pace-Wynters. Texte inspiré du Gargantua de Rabelais.
Si jamais ma plume se voile et de surcroît je n’ai plus d’encre, J’embarquerai en pleine lune quand l’outre-mer devient doré. Dicté aux poussières d’étoiles, je mouillerai alors mon ancre Dans le royaume de Neptune et ses sirènes m’adorer.
Lorsque ma cuisine exigüe se transforme en salle de bains, Mes deux toutous montent la garde, là, comme deux chiens de faïence. Sous la vigilance ambigüe mais sûre de mes deux chérubins, J’aime que personne ne regarde les appas de ma corpulence.
Quand la bergère pose la question, c’est la réponse du berger : « Les questions sur leur destinée que les moutons se poseront : – Mettre la laine en cogestion ou la façon d’être hébergés – Juste avant d’être exterminés, crois-tu qu’ils se rebelleront ? »
Pour bien cuire vos œufs à la coque, faites l’amour en monocoque. Si vous voulez les mangez durs, continuez la procédure. Mais si vous restez trop longtemps, les œufs ne seront pas contents Et j’ai bien peur, qu’à la maison, les œufs maudissent la bandaison.
Nous n’avions besoin de personne pour vivre ensemble et solidaires Mais ce n’était pas sécurisant pour ceux qui veulent nous dominer. La carte sim du téléphone, la puce de la carte bancaire, N’ seront bientôt plus suffisants pour qu’ils puissent nous embobiner.
Qu’est-ce qui se dit dans notre dos chez les personnes haut placées ? Complotent-ils pour leur survie aux dépends de nos intérêts ? Ont-ils conduit des commandos pour nous forcer à effacer Notre volonté asservie à plier et obtempérer ?
Photo de David Bowie, Chris Taylor, Brian May, Roger Taylor, Princess Diana, Prince Charles et Bob Geldof au Live Aid Concert Wembley Stadium.
Sous l’apanage de Richelieu qui avait le goût du théâtre, Les spectacles s’y développent depuis la Comédie Française. Palais-Royal, Ô riche lieu ! Que chaque ballet idolâtre Tous les Ulysse et Pénélope des odyssées qui nous complaisent !
Là-bas, de l’autre côté du temps, mon père est encore un jeune homme, Ma mère, encore jeune fille et puis, ils s’aiment avidement. Ils vont se fréquenter longtemps jusqu’à ce qu’ils soient autonomes Afin de fonder la famille où je naîtrai, évidemment.
Hier, je l’ai rencontrée, c’était la pleine lune Et ses reflets d’argents illuminaient le port. Alors elle s’est montrée de manière opportune Dans l’instant partageant la vie avec la mort.
Juste quelques secondes mais j’ai vu son visage Et son corps et ses seins nus, d’opale perlée. Sa pâleur moribonde signifiait un présage Et j’ai su, à dessein, qu’elle allait me parler.
« Toi qui as su me voir, surtout ne me suis pas ! Je ne viens que pour ceux qui se meurent d’amour. Et, sans te décevoir, retourne sur tes pas, Mais reviens quand tu veux lorsque ce sera le jour ! »
Alors je l’ai laissée s’enfoncer dans les ombres Et fermer les rebelles portes de son royaume. Mais mon cœur est blessé, j’ai cru être du nombre Des amants de la belle et ses amours fantômes.
Tous les soirs elle entend la voix qui vient du large Puis, quand tombe la nuit, elle rentre au logis. Ça doit faire vingt ans qu’elle vit sous la charge De ce cruel ennui qu’est sa pathologie.
Attend-elle des marins qui ne seraient pas rentrés, Son mari et son frère et d’autres compagnons ? Moi, sous les tamarins, je la vois concentrée À guetter la lumière du moindre lumignon.
Fasse Dieu qu’elle revienne ! Ce mystère m’énerve. Personne ne la connaît ni même où elle habite. Je vais, quoi qu’il advienne, sortir de ma réserve, Croiser au balconnet l’apparition subite.
Ce n’était qu’un mirage, il n’y avait personne ; On m’a dit qu’un fantôme rôde sur la jetée. Lors d’une nuit d’orage, une vierge amazone S’est noyée sous le dôme dans la mer argentée.
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J’ai, en reconnaissance des lieux, commis l’erreur du débutant En ne retenant que l’image du petit village de charme. Une fois plongé dans le milieu, le fort vacarme rebutant Des navires en arrimage me fit bien vite sonner l’alarme.
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Quel beau décor paysager lorsque résonne la quiétude ! Rien ne pourrait envisager qu’il soit troublé de solitudes. Pourtant des personnes âgées laissent poindre quelques inquiétudes Sur les agréments passagers du fleuve de l’incomplétude.
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Ma vue sur la clepsydre humaine qui s’immerge tout au long des heures Transforme ma vallée de larmes en une croisière éternelle. Chaque jour de chaque semaine, leurs petits bains catalyseurs Filtrent le temps avec le charme de leurs petites fesses charnelles.
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Toutes les victimes signalées auraient-elles été appelées À mourir et à comparaitre pour échapper à la retraite ? Toi qui balance entre deux âges, réfléchis bien à ce message : « Est-ce qu’aujourd’hui on s’en fout de vivre dans ce monde de fous ? »
Vivent les masques et les tubas pour lutter efficacement Contre les vents et les marées qui affluent sur la Terre entière. Ceux qui sont coincés à Cuba pourront vivre leur confinement Avec les sirènes amarrées à leurs navires de croisière.
Malgré toutes ses protections, j’arrive à croiser mon voisin ; Celui qui habite juste en face et que j’ai souvent invité. Sans doute mes imperfections ont rebuté cet argousin Et provoqué cette interface d’infranchissable concavité.
Je salue au passage Gérard, mon voisin, si d’aventure il lit ces lignes dans sa tour d’ivoire.
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Sur nos balcons, en passerelles élevées jusqu’à l’horizon, Nous ne craignons point le vertige dans nos modernes appartements. Pigeons, corbeaux et tourterelles viennent nous voir dans nos prisons En étagères de prestige au summum de l’escarpement.
J’y vis d’éternelles vacances sur l’helvétique Riviera Avec une vue imprenable sur les sédentaires abscons. J’ai accompli l’extravagance d’établir un protectorat En me sacrant inaliénable mais mémorable Roi des Cons.
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Bien sûr, quand l’homme prend la mer, l’amour est plus vaste et profond Et ses frontières à l’infini disparaissent à l’horizon. Bien sûr, sa femme devient mère mais reste au port et se morfond Ainsi la vie nous définit entre liberté et prison.
La danseuse pointe son chausson d’une manière inoubliable. Une sorcière, sans façon, s’en ira pointer chez le diable. Pour différencier les prétendantes, présentez-leur un beau tutu ; La vraie dansera trépidante, l’autre criera : « Turlututu ! »
Photo « Margaret Morris Dancers » 1920 de Fred Daniels.
Pour les mecs, le nec plus ultra concernant le Kâmasûtra : Le fumeur de pipe, sa meuf, doit lui faire un soixante-neuf ; La nana du libre-penseur préfère l’amour dans l’ascenseur ; Et celle du révolutionnaire, la position du missionnaire.
« Three men in swimming trunks, one with shades, one with pipe, all with bulges. » – Saskatchewan 1943.
Si les p’tits rats de l’opéra apprennent entrechats et ballets, Chez les sorcières en sabbat, on apprend à coups de balais. Que faut-il faire, me direz-vous, pour n’pas s’faire mener en bateau Sous peine, au premier rendez-vous, d’risquer de se prendre un râteau ?
Photo de Hannes Kilian avec le Stuttgarter Ballet.
La clef du bonheur, quand on est un homme, C’est trouver la femme qui ne change pas. Fidèle à l’honneur, hissée au podium, Toute en haut de gamme … ou changer d’appât.
La clef du bonheur, quand on est une femme, C’est trouver un homme que l’on peut changer. Fortifier son cœur, affiner son âme, Et surtout, en somme, ne pas l’échanger.
Les plus beaux rêves éveillés seraient guidés par l’intuition Vers nos amours ensoleillées par le cœur et l’âme en fusion. Mais quand tombe la nuit profonde, les songes se connecteraient À l’originelle longueur d’onde que l’univers collecterait.
Métro, boulot, c’est fatigant pour le personnel navigant ! Faire dodo, c’est harassant, faire l’amour, embarrassant ! Faire le travail de l’amour requiert bien trop d’heures par jour Et trop de jours dans la semaine pour une activité humaine !
Femme idéale n’existe pas … sauf dans un peu toutes les femmes Mais l’homme ne saura jamais trier les bonnes des infâmes ! L’Homme idéal n’existe pas … mais c’n’est pas un problème en somme Puisque les femme savent désormais que tous les chemins mènent à l’homme.
Tenter d’éveiller le minou reste une gageure sans pareille ; Monsieur cherche l’inspiration en ouvrant en grand la fenêtre. Un petit air frais choupinou, chuchoté à même l’oreille, Pour troubler la respiration et donner l’envie de renaître.
Mais il n’est pas poltron minet ! D’ailleurs il réclame sa sieste Et garde la pose au giron en échange de quelques caresses. Gageons que dès potron-minet, Monsieur devra d’une main leste Chasser l’animal au ronron qui garde trop bien sa maîtresse.
Que revienne le temps des copines, que reviennent le temps des copains Et les longues nuits où les chattes se languissaient de leurs minets ! Quand il y avait trop de cuisine, on conviait aussi les voisins Chacun sa cruche, chacun sa jatte, chacune sa pipe, son robinet.
Les deux balançoires, ajustées à l’impudence des regards, Permettaient à ces demoiselles, en se caressant le minou, D’harceler et tarabuster tous les garçons un peu hagards Qui lorgnaient le dieu des pucelles tout en se mettant à genoux.
Tous ces petits cris intrigués, rythmés de pattes de velours, M’ont poussé à prendre une échelle… fichue curiosité suprême ! Résolu à investiguer, je me suis senti l’air balourd Devant trois belles romanichelles confinées nues dans leur harem.
Succombant au rêve d’Icare, elle mit ses bras en éventail Pour respirer à plein volume l’azur des poussières d’étoiles. Son ange gardien cria : « Gare ! Tu oublies un petit détail : Si tu ne portes pas de plumes, tu voleras toujours à poil ! »
Godelureau à bicyclette rêverait d’amour à vélo, Elle derrière et lui devant, pour pédaler jusqu’à vau-l’eau. Si tu veux être ma Juliette, j’incarnerai ton Roméo Et nous irons contre le vent en tandem ou en pédalo.
Conforme au café de Vincent, situé place du forum, J’y convierai une amie peindre avec ses toiles et ses pinceaux. Sans trop de monde effervescent mais avec tout le décorum Pour que nous puissions nous étreindre sous les arcanes provençaux.
Durant une profonde nuit pareille à la guerre qui fit rage, Entends-tu les femmes intrépides qui luttent contre l’infamie ? Malgré le froid qui s’introduit et leur lacère le visage Et leur carcasse qui trépide sous l’assaut des balles ennemies.
Depuis, leurs fantômes bleu-nuit reviennent rôder dans les parages Sur le sol gelé rougissant que leurs avions ont percuté. À l’heure fortuite – minuit – dans ce sinistre paysage, On entend l’écho rugissant de leurs cris se répercuter.
Quelques sites internet à propos des sorcières de la nuit : https:www.curieuseshistoires.netles-sorcieres-de-la-nuit
Lundi matin, le temps s’arrête juste pour moi, à ma demande. L’aurore rose me rend morose et je m’enfuis du mouvement. Le souvenir d’une amourette pendu à ma bouche gourmande Perle d’un goût à l’eau de prose sur ma peau en trémoussement.
Il n’existe pas de lumière qui ne soit issue du néant D’où naissent les constellations et meurent les trous de mémoire. Ainsi la nuit, dans les chaumières, si vous entendez ces géants Tourner en circonvolutions, confiez-leur vos idées noires.
Afin de trouver le sommeil troublé par l’esprit qui galope, Mon anima lâche la bride à ses soucis en écheveaux. Alors les chagrins sans soleil des bleus de l’âme nyctalopes Quittent ce cauchemar hybride un peu tiré par les chevaux.
Les yeux du cœur et ses oreilles captent cette onde innominée Qui s’insinue dans la spirale tapie dans l’écoute profonde. Ce labyrinthe qui s’appareille à une antenne embobinée Transmet la maladie virale des amours folles et furibondes.
À l’aveuglette, la main écoute, la main perçoit l’écho solaire ; Les vibrations qui la pénètrent croisent les énergies palmaires. Dans le silence, les deux mains goûtent les sentiments qui vont dans l’air Et qui chuchotent dans la fenêtre de mes mains jointes en prière.
Fidèle envers l’oiseau à l’aube qui chante le lever du jour, Je suis le soleil dans sa course en chevauchant le firmament. Le vent s’engouffre sous ma robe et, sous son aile, je savoure L’ultime éclat de la Grande Ourse qui s’éclipse sous le flamboiement.
Enfin lorsqu’elle fut au sommet, la mer de glace à l’horizon, Elle offrit son eau et sa terre au soleil brûlées par le vent. Et lorsque tout fut consommé, elle partit dans les Grisons Pour être mère célibataire mais rayonnante dorénavant.
Peut-être que, comme Jeanne d’Arc, la vestale entendit la voix Du soleil qui lui susurrait de le rejoindre sur les cimes. Et, de peur qu’on ne la remarque, elle prit la route de Savoie En suivant l’eau qui murmurait des aqueducs sérénissimes.
Fille sereine, contemplative, dans les nuages étirés, Elle est la terre ensemencée par la lumière du soleil Si féconde et germinative, la vestale sitôt attirée Et la vie de recommencer après une nuit de sommeil
Fille de charme, admirative, devant l’azur du firmament Elle est le vent portant les graines qui feront fleurir les marjolaines Si vive et communicative, elle sera mille fois maman Par tous les enfants qu’elle égrène parmi les spores et le pollen
Fille douce, imaginative, au fil de l’onde des torrents, Elle est l’eau sans cesse éprouvée et qui regorge de poissons. Si fluide et régénérative, elle reste envers tous les parents La source vive et approuvée qui vient arroser les moissons.