Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Double face

    Double face

    Un visage à bascule n’est pas si ridicule.
    Tu as alors deux femmes ; ce n’est pas si infâme.
    Mais quand elle dit « je t’aime », ce n’est jamais la même
    Sauf quand elle jouit ; là, c’est celle qui dit « oui ».

    Mais lorsqu’elle est canon, parfois elle te dit « non » ;
    Quand tu veux l’enfourner, elle est toute retournée
    À cause de ses maux, elle a le dernier mot.
    Souvent femme varie et bien fol qui s’y fie.

    Tableau de Miles Johnston sur https:www.jeyram.orgfeatured-artists#miles-johnston-beautiful-darkness .

  • Aux portes fermées du Paradis

    Aux portes fermées du Paradis

    L’hôtel où s’envoyaient en l’air, Adam et Ève, Caïn et Lilith
    Fut fermé par l’aéroport et ses avions à toute vitesse.
    Finies parties de jambes en l’air et les positions insolites !
    Car la fréquence des rapports ne dépend plus que des hôtesses.

    Le Vieux Pays de Goussainville figé dans les années 1970 sur https:www.pariszigzag.frsortir-parisun-village-quasi-abandonne-a-quelques-kilometres-de-paris

  • Les grands pêcheurs

    Les grands pêcheurs

    – Moi, je les pêche d’un coup de bec !
    – Moi, je les pêche d’un coup de patte !
    – Le bec, c’est rapide et c’est sec !
    – La patte, chaque fois, ça les épate !

    – Je plonge et hop, je les harponne !
    – Je lance et hop, d’un coup de griffe !
    – Tu m’as l’air d’un grand escogriffe !
    – Er toi, d’un sbire d’Al Capone !

    – Faisons un concours à la mi-août !
    – D’accord mais je choisis mon coin !
    – Si tu gagnes, tu cries « Miaou ! »
    – Si tu perds, tu cries « Coin-coin ! »

    Photo de Franco Matticchio.

  • Le lien intime

    Le lien intime

    L’amour comme un condensateur laisse circuler un courant
    Entre deux êtres séparés d’une barrière infranchissable.
    Bien sûr, loin des yeux, loin du cœur ; il est toutefois concourant
    Qu’un lien intime et préparé pourrait le rendre impérissable.

    Tableau d’Abdullah Evindar.

  • À l’heure du bain de minuit

    À l’heure du bain de minuit

    À l’heure du bain de minuit, la lune éclaire entre deux ondes
    Quelques sirènes de rivières entourant le génie des eaux.
    Celui-ci se cache la nuit et les demoiselles pudibondes
    Ne laissent entrevoir leurs derrières que s’il y a beaucoup de roseaux.

    Photo « Mermaids » de Giuseppe Gradella.

  • L’intention

    L’intention

    Selon le mode ascensionnel que la nature a imprimé
    Au cœur des arbres et de la flore, l’énergie remonte et progresse.
    Selon le mode intentionnel que l’humain peine à exprimer,
    La planète entière se déflore si ses prétentions le régressent.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’ascension à la mode

    L’ascension à la mode

    Prêt pour un voyage à Cythère avec l’ascension à la mode ?
    L’Agence d’Amour prévoit tout – Pas besoin de faire vos valises !
    Vous partez en hélicoptère et Vénus, qui vous accommode,
    Vous glisse comme passe-partout, son numéro d’ chambre à Venise.

    Illustration de Jose Luis Benicio.

  • La souris de bibliothèque – 2

    La souris de bibliothèque - 2

    Tant elle usa, elle abusa, du grand pouvoir de la lecture
    Qu’elle devint la chasseresse des fascicules les plus gourmands.
    Tant et si bien qu’elle médusa les cracks de la littérature
    En affrontant, pleine d’allégresse, les plus agressifs des romans.

    Illustration de Franco Matticchio.

  • L’attrape-livre

    L’attrape-livre

    Quand ce que tu lis apparaît plus vrai que la réalité,
    Tu es tombé dans la souricière du livre fantasmagorique.
    Tu es perdu, tu disparais dans toutes les éventualités
    Du grimoire de la sorcière et ses chapitres allégoriques.

    Vu sur www.efteling.com .

  • La souris de bibliothèque – 1

    La souris de bibliothèque - 1

    Son marque page s’envola dans le labyrinthe des livres
    De la bibliothèque-piège qui venait de la capturer.
    Quelques bouquins elle survola en attendant qu’on la délivre
    Et puis, bientôt, elle pris le siège d’une souris littératurée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Reine-Rose

    Elle se cachait dans la forêt avec la tête couronnée
    D’une coiffure de ramures et d’un diadème de roses.
    La curiosité dévorait sa retenue fanfaronnée
    Et c’est ainsi, dans un murmure, que je rencontrai Reine-Rose.

    Lorsque nous fîmes connaissance, elle m’invita à la suivre
    Dans sa maisonnette en bois rose près de la plage, sur la grève.
    Je la suivis avec aisance, curieux de c’ qui allait s’ensuivre
    Quand elle m’avoua l’air morose, qu’elle n’existait que dans mes rêves.

    Photos d’Agnieszka Jopkiewicz.

  • Le secret du mâle heureux

    Le secret du mâle heureux

    Combien la vie ressemble à ces formes ovales
    Qui offrent à la beauté, un écrin de valeur !
    Quand la femme rassemble ses mamelles ogivales
    Sur ses cuisses bottées, elle fait un malheur !

    Tableau de Daron Mouradian.

  • Toi et moi, seuls au monde

    Toi et moi, seuls au monde

    Adam et Ève, voici mille ans, ont réfléchit à leurs désirs
    Et décidé d’ recommencer un nouveau monde où s’accoupler.
    Cette fois-ci, en assimilant le sexe juste pour le plaisir
    Sans devoir réensemencer une humanité surpeuplée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’enfant triomphant / Das triumphierende Kind

    L’enfant triomphant / Das triumphierende Kind

    Du cœur des étoiles
    Qui créent les atomes,
    Du cœur de sa mère
    Qui procrée la vie,
    Du cœur de la Terre
    Qui nourrit l’enfant,
    Du cœur de son père
    Qui lui donne un nom.

    Protégé d’un voile,
    Notre petit homme
    Rêve de la mer
    Neuf mois de sa vie.
    Afin qu’on repère
    Ce jour triomphant
    Pour Noël, on espère
    Cent coups de canon.

    Aus dem Herzen der Sterne
    die Atome erschaffen,
    Aus dem Herzen seiner Mutter
    Der das Leben erweckt,
    Aus dem Herzen der Erde
    Der das Kind ernährt,
    Aus dem Herzen seines Vaters
    Der ihm einen Namen gibt.

    Vor einem Schleier geschützt,
    Unser kleiner Mann
    Träume vom Meer
    Neun Monate seines Lebens.
    Um entdeckt zu werden
    Dieser triumphierende Tag
    Wir hoffen auf Noel
    Hundert Kanonenschüsse.

    Tableau de Mara Berendt Friedman.

  • La verte, la rose et inversement

    La verte, la rose et inversement

    Lorsque Vénus est un peu verte, c’est que l’amour n’a pas mûri.
    Pas suffisamment de soleil ou suffisamment arrosé.
    Allez donc à sa découverte sinon, la femme en pénurie,
    Tombera d’un profond sommeil et trop vite ménopausée.

    Lorsque Vénus paraît trop rose, l’amour la rend alanguissante.
    Elle est devenue trop gourmande ou vous pas assez performant.
    Égayez-lui son air morose sinon, la femme évanescente
    Mettra votre honneur à l’amende en vous trompant énormément.

    Vu sur http:www.lamondamagazine.comentagdesign .

  • L’expressionnisme féminin

    L’expressionnisme féminin

    Les femmes possèdent l’expression de la vénusté naturelle ;
    Les hommes cherchent l’impression d’où surgit le surnaturel.
    L’expressionnisme féminin pénètre au cœur l’œil de l’humain ;
    L’impressionnisme masculin le transmet à l’œil et la main.

    Tableau de Charles J. Dwyers.

  • Celle-ci à vélo

    Celle-ci à vélo

    Les fesses derrière sur la selle mises,
    Le chien à l’arrière, position assise.
    Le dos sous l’ombrelle, les cheveux au vent,
    Sur l’intemporelle route du couvent.

    On fait une halte, un besoin urgent !
    Les pneus sur l’asphalte crissent en aspergeant,
    D’une belle flaque, un joli Monsieur.
    Comme aphrodisiaque, il n’y a pas mieux !

    Madame propose alors un baiser,
    Monsieur se dispose à être apaisé.
    Puis, sonnent les cloches et le chien aboie ;
    Les bas s’effilochent dans le petit bois.

    Tableau de Wlad Safronow.

  • Celui-là à cheval

    Celui-là à cheval

    Un cheval à roues ? Un tricycle hippique ?
    Vient-il du Pérou, pays bien typique ?
    Jouant de la corne, tenant une lance,
    Un peu flagorné, le chariot avance.

    Un coup de trompette claque dans l’arène,
    Lui, d’une courbette, il salue la reine,
    Sors les pectoraux et bombe le torse
    Et pas de taureau déroge à l’entorse.

    Le voilà qui chante, levant son chapeau,
    Les oreilles, enchante là sous les drapeaux.
    Tout le monde acclame le beau numéro.
    Cet homme, Mesdames, c’est votre héros.

    Tableau de Wlad Safronow.

  • Les mondes parallèles

    Les mondes parallèles

    Puisque le bien au cœur du mal égale le mal au cœur du bien,
    Peut-être coexistent-ils en même temps dans notre monde ?
    Et par un hasard animal, parfois on lâche, parfois on tient
    Le choix utile ou inutile jusqu’à la dernière seconde.

    Photo d’Isabel M. Martinez.

  • Les vies parallèles

    J’aurais dû naître en plusieurs vies afin de vivre chaque choix
    Qui se sont placés devant moi et dont je n’ai pris qu’un chemin.
    J’aurais étudié les devis, la meilleure option qui m’échoit
    Sans demander au fil des mois si j’ai pris la meilleure main.

    Un homme averti en vaut deux et une femme encore plus
    Car leur sexe les discrimine d’en posséder le grand pouvoir.
    Leur choix, rarement hasardeux, obéit vite au stimulus
    De leur intuition féminine qui fait, leurs formes, se mouvoir.

    Photos d’Isabel M. Martinez.

  • Les vœux qui pleuvent

    Les vœux qui pleuvent

    Quand les étoiles tomberont, courez, courez à toutes jambes !
    Tous les vœux seront exaucés s’ils n’ont été obtempérés.
    Et les plus vieux succomberont à moins qu’ils ne se montrent ingambes
    Car le poids sera exhaussé avec retard et intérêts.

    Illustration de Lisandro Rota.

  • Celle-ci, celle-là

    J’ai désiré la première, j’ai épousé la deuxième ;
    C’est la femme qui choisit, seule maîtresse après Dieu.
    L’amour cache sa lumière au cœur qui pose un problème
    Et donne sa courtoisie aux cœurs miséricordieux.

    La première était gémeau, la deuxième l’était aussi ;
    J’ai évité un désastre pour une bénédiction.
    L’amour parle à demi-mots et le cœur les associe ;
    Le couple alors forme un astre qui brille de sa diction.

    Tableaux de Wlad Safronow.

  • Celle au chat, celle au chien

    Margot, bergère du temps passé, donna la gougoutte à son chat
    Puis, les filles de sa lignée perpétuèrent l’allaitement.
    Le chat a été remplacé mais sa portée se rattacha
    À la servitude assignée à cet idoine vêtement.

    Jeanne, coquette du temps passé, éleva des chiens de concours
    Puis, les filles de sa lignée perpétuèrent la tradition.
    Les femmes se sont surpassées à continuer sur ce parcours
    Grâce à des tenues assignées à cette fière compétition.

    Tableaux de Wlad Safronow.

  • Le masque à sourire

    Le masque à sourire

    Heureusement, la société met à notre disposition
    Tous les moyens de distraction, de loisir et de protection.
    Utilisez à satiété les masques de composition
    Qui donneront satisfaction à ceux qui ont besoin d’affection.

    Illustration de Gerhard Haderer.

  • Les sirènes d’eau douce

    Les sirènes d’eau douce

    Souvent à Sennhof, les sirènes sont presque nues dans la rivière.
    Ce sont des sirènes d’eau douce avec deux jambes et donc sans queue.
    Les fans de la petite reine et de la casquette à visière
    Posent leurs vélos sur la mousse pour mater d’un air obséquieux.

    Tableau de Henryk Trojan.

  • Constellations protectrices

    Constellations protectrices

    Par le saint trident de Neptune en triangle avec Jupiter
    Et ce versatile Uranus qui booste la constellation,
    J’en appelle à toutes les lunes qui gravitent autour de la Terre
    Et la protection de Vénus pour avoir l’illumination.

    Tableau d’Hellie Elizabeth.

  • Le sexe complexe

    Le sexe complexe

    Derrière le Mont de Vénus dans le talweg près de la source,
    La grotte offre son ouverture à l’aventurier de l’amour.
    Vers le siphon de l’Utérus l’homme met la main à la bourse
    Pour se payer une aventure qui le marquera pour toujours.

    Par cet intime labyrinthe dont la porte ne se dérobe
    Que par le sésame phallique qui ouvre doucement l’entrée,
    La femme cherche dans l’étreinte lorsqu’il lui dégrafe sa robe
    Cet orgasme psychédélique que l’homme lui fait rencontrer.

    Œuvre « The complicated and adventurous Journey to the G Spot »
    Photo & concept : Marius Sperlich,
    Modele : Rosa Margadahl,
    Maquillage : Melissa Righi.

    Photo de Marius Sperlich.

  • Perspectives forcées

    Perspectives forcées

    J’aimerais changer de point de vue aussi simplement que de chemise,
    Prendre de nouveaux points de repère, éviter les mêmes ornières.
    Penser différemment en sus des nouveautés et des surprises
    Et changer mon chemin pépère pour un autre extraordinaire.

    Vu sur https:buzzly.frphotographie-perspective-angle-wow.html .

  • Comment ne pas attraper une licorne ?

    Comment ne pas attraper une licorne ?

    On ne peut pas l’apercevoir, sauf par une nuit de lune blanche ;
    On ne peut pas l’imaginer, sauf dans ses rêves amnésiques ;
    On ne peut pas la percevoir, sauf sous la neige en avalanche ;
    On ne peut pas l’avoisiner, sauf dans l’éther métaphysique.

    Attention ! Elle vous voit venir, elle a don de télépathie.
    Attention ! Elle vous fait frémir, aussi par télékinésie.
    Même avec un piège d’étoiles, savez-vous ce qui se produira ?
    Vous ne la prendrez dans la toile et la licorne s’enfuira !

    Tableau de Waka Tokuno.

  • Lucy dans la mer aux étoiles

    Lucy dans la mer aux étoiles

    Lucy dans la mer aux étoiles, Lucy dans les vagues marines,
    Lucy dans la nuit des abysses, Lucy au-delà des confins,
    Lucy heureuse se dévoile mi-sirène mi-ballerine,
    Bien serrée sur le pubis de son ami le dauphin.

    Tableau de Lucy Campbell.

  • L’école de la Voie Lactée

    L’école de la Voie Lactée

    Un ange joue à la marelle et d’autres à saute-planète,
    À l’école des archanges, l’heure de la récréation.
    Après, c’est cours d’aquarelle et dressage de comètes
    Avec leurs queues et leurs franges en discontinuation.

    Mais demain c’est l’examen, finies les récréations !
    Les dieux se réuniront pour l’épreuve de la flamme.
    Nous modèlerons les humains, les fruits de la création,
    Et ceux qui réussiront pourront s’incarner en femmes.

    Illustration d’Aurora Lion.

  • Les pensées bleues

    Les pensées bleues

    Hier encore, mes pensées, fusaient dans ma chrysalide
    Attendant en conquérant de devenir papillon.
    Aujourd’hui, récompensé de connaissances avide,
    Je m’envole indifférent entre fleurs et grappillons.

    Ce soir la nuit fermera mon existence éphémère
    Et déjà je m’engourdis d’avoir vécu trop longtemps.
    Mon cœur se reposera de la vie d’intérimaire
    D’un avatar dégourdi d’une journée de printemps.

    Illustration d’Aurora Lion.

  • Voile orange – 2

    Voile orange - 2

    Comme il faut cacher ses desseins qui percent à travers les murailles
    On a inventé le vaccin avant que le monde déraille.
    Désormais vous devrez porter un joli masque de couleur
    Qui en retour va apporter l’ordre nouveau, non sans douleur.

    Photo Ashish.

  • Voile orange – 1

    Voile orange - 1

    Voile orange sur la planète nue qui cache ses parties intimes,
    Ses petits secrets entre riches qui protègent leurs majesté.
    Voile étrange qui est devenu la contamination ultime
    Qui se répand sur la Terre en friche comme un sérum de chasteté.

    Photo de Eric Meola.

  • Plus on rentre dans le moule et plus on ressemble à une tarte

    Plus on rentre dans le moule et plus on ressemble à une tarte

    Plus une femme sera conforme au pinacle de l’esthétique,
    Plus elle sera admirée comme une déesse vivante.
    Or si toutes montrent la même forme de la Vénus hypothétique,
    Serons-nous toujours aspirés d’une manière captivante ?

    Afin qu’une femme soit belle, faut-il qu’elle ressemble aux critères
    Ou bien faut-il qu’elle ait ceci en plus que les autres n’ont pas ?
    Ma Vénus à moi est rebelle à toutes modes prioritaires
    Et je me moque de ceux-ci qui recherchent les plus beaux appas.

    Tableau de Kseniya Rain.

  • L’intéressante

    L’intéressante

    Pour qu’une femme soit intéressante, il faut la regarder longtemps
    Et pour la regarder longtemps, il faut qu’elle ajoute une touche.
    Une couleur reconnaissante, un joli rose argumentant
    Une promesse de bon temps, une nuit d’amour sur sa couche.

    « Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps. » Gustave Flaubert.

    Photo de Kseniya Rain.

  • La robe narrative

    La robe narrative

    Une robe pour chaque jour et puis, jetable après usage
    Créée par de grands couturiers, tout juste sortie de la Presse
    – Avec, au dos, un peu d’humour, horoscope et jolis présages –
    Que tu trouverais au courrier du matin sans que cela ne t’oppresse.

    Robe narrative d’Harriet Popham.

  • Le coup du verre d’eau

    Le coup du verre d’eau

    Subitement, tournant de l’œil, elle se noie dans un verre d’eau,
    Évaporée, les lèvres en cœur me réclamant un bouche-à-bouche ;
    Auxquelles j’ai dû faire bon accueil et susciter sa libido
    Car elle me dit, d’un air moqueur, qu’il serait temps que l’on se couche.

    Photo de Kseniya Rain.

  • Les nouvelles interfaces

    Les voies de communication du Seigneur étant insondables,
    J’ai alors cherché un couloir plus simple et plus explicatif.
    Évidemment, ma vocation étant aussi impénétrable,
    Je me suis trouvé, sans le vouloir, dans ce lieu significatif.

    Le croiriez-vous ? En plein élan, grâce aux habits sacerdotaux
    Et le véhicule adéquat qu’une nouvelle foi m’a apporté,
    – Les paraboles me révélant le secret de la petite auto –
    Désormais d’un « je-ne-sais-quoi » je me sens télétransporté.

    (Église dans la commune de Llanera en Espagne construite en 1912 par l’architecte Manuel del Busto.
    Cette église était abandonnée depuis de nombreuses années et commençait à s’écrouler jusqu’à ce qu’elle soit récupérée par un collectif qui l’a rénovée pour en faire un skatepark public recouvert par les fresques géométriques et colorées de Okuda San Miguel.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Un petit coin de paradis bleu

    Un petit coin de paradis bleu

    Passé la porte des plaisirs, j’ai suivi un étroit couloir
    Tapissé de sombres velours parfumés d’une odeur d’encens.
    Conformément à mes désirs tant jouissifs que défouloir,
    J’ai connu ce moment d’amour qui vous excite tous les sens.

    Tableau de Chefchaouen.

  • Le Paradis déconfiné

    Le Paradis déconfiné

    Confinés dans leur nirvâna, ils mangèrent tellement de compote
    Qu’ils ne purent même plus passer par la porte du Paradis.
    Il leur fallu l’assistanat d’un ange qui changea leur popote
    Par une soupe aux pois cassés, une salade et un radis.

    Tableau de Fernando Botero.

  • Le monde à l’envers

    Le monde à l'envers

    Après le monde déconfiné, plus rien ne sera comme avant.
    Ceux qui n’ont plus les pieds sur Terre prendront d’éternelles vacances
    Vers des pays déterminés, encore mieux qu’auparavant,
    À offrir aux gens solitaires le plaisir en extravagance.

    Photo de Benoit Gaillandre.

  • Chacun son chat

    Moi, en robe de paon ; toi le chat sacripant,
    Moi, j’offre mon giron ; toi, offre ton ronron.
    Couchés sur le divan un instant captivant
    À guetter les souris d’une attention nourrie.

    Moi, en robe fleurie ; toi, le chat aguerri,
    Viens me faire un câlin, joli matou malin !
    Partager mon fauteuil aux couleurs de tilleul
    Et rêver un moment comme de vieux amants.

    Moi, en robe de vagues ; toi, le chat qui divague,
    Moi, contre mon minou ; toi, contre mes genoux.
    Tes poils sur la bergère et moi en tenue légère
    Pour passer la journée ensemble à ronronner.

    Tableaux de Didier Lourenco.

  • Les oiseaux de bons auspices

    Au fil des heures étirées par la tombée du crépuscule,
    Le soir empourpre les ruelles et couvre d’ombre les arcades.
    Dans le silence déchiré par des oiseaux en groupuscules,
    Une huée douce et cruelle brise le calme de la rocade.

    Dans le sommeil qui vous emporte dans le doux ventre de la nuit,
    Une fenêtre s’illumine ; ici, non plus, on ne dort pas.
    Aussitôt, on ouvre une porte ; il n’est pas très loin de minuit.
    Une présence féminine étouffe le bruit de ses pas.

    Sitôt sortie de sa chaumière, la silhouette volatile
    D’une femme s’apprête à goûter suavement l’instant propice.
    Alors les oiseaux de lumière donnent de leurs cris versatiles,
    À celle qui sait écouter, l’écho de leurs meilleurs auspices.

    Tableaux de Malwina de Brade.

  • Toujours plus haut !

    Toujours plus haut !

    D’abord, un temps où je commence un projet des plus audacieux.
    Il demande de la patience car c’est un objectif fallacieux.
    Passé le cap de la sagesse qui devrait me faire arrêter,
    Vient l’instant d’une maladresse qui me fera tout regretter.

    À chaque étage, je me demande si tout ne va pas s’écrouler
    Mais la Tour est toujours gourmande, je continue dans la foulée.
    Je guette ce moment ultime où je devrai soit renoncer
    Soit redevenir la victime de ce qui m’était annoncé.

    Illustration de Gerhard Glück.

  • Tout en haut de ma tour d’ivoire

    Tout en haut de ma tour d’ivoire, c’est comme la nuit et le jour.
    J’ai un meuble avec des tiroirs où j’ai entassé mon enfance
    Et comme j’ai bonne mémoire je m’y retrouverai toujours
    J’ai même ajouté un miroir pour grandir en magnificence.

    Mais tout en haut, près des étoiles, c’est là que j’écris mes reflets
    Selon le temps à ma fenêtre s’il fait beau ou s’il est à l’orage.
    J’y ai même peint quelques toiles mais l’espace en est tant gonflé
    Que je n’envoie plus que des lettres tandis que là-haut je voyage.

    Vu sur https:3dtotal.comtutorialstcreate-appealing-3d-illustrations-the-stompin-ground-making-of-stompin#.Vo1fPZMrIUH.

  • L’avenue de Clichy

    L’avenue de Clichy

    « La grande rue des Batignolles » rimait avec les roubignoles ;
    Désormais « avenue de Clichy », ça fait plus chic et sans chichi.
    Avant, c’était très habillé mais on va toujours babiller
    Dans les cafés et les terrasses impressionnistes et véraces.

    Tableau « l’avenue de Clichy à cinq heures du soir » de Louis Anquetin.

  • La fragilité de l’Ego

    Entre l’univers intérieur et ce qui lutte à l’extérieur,
    Entre le manque de connaissance qui le fait croître en puissance
    Entre son esprit limité et sa bêtise illimitée.
    Soit dominant, soit dominé, faut-il l’Ego éliminer ?

    Finalement ça n’a pas marché ! L’Ego est resté harnaché
    Au cœur au corps et à l’esprit et chacun d’en être surpris.
    Il eût été plus destructeur carrément d’arracher le cœur
    Mais on sait qu’il est pertinent de se passer de sentiment.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les belles chaussettes

    L’intimité, c’est déjà fait, désormais on passe aux chaussettes
    Car le pied reste la semelle de notre origine animale.
    Si, hier encore on s’esclaffait de voir vos orteils et fossettes,
    Désormais la mode s’emmêle à compter en vicésimal.

    Finalement avec chaussettes et quelques traits de maquillage,
    On révolutionne en parodie une mode qui fera fureur.
    Reste à savoir si les recettes de ce petit enfantillage
    Ne rappelleront pas la comédie des habits neufs de l’empereur.

    La marque de chaussettes Stance a fait appel au studio de direction artistique et photographie Juco.

  • Comme une araignée au plafond- 6

    Comme une araignée au plafond- 6

    Après une bonne formation pour capter la télévision,
    La femme des années soixante savait comment nous captiver.
    Aujourd’hui, les informations que je vois en mondovision
    Sont fausses et tellement angoissantes que j’ai dû la désactiver.

    Dame Lesley Lawson – dite Twiggy – photographiée pour Vogue.