Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Centaure & Sirène = Chimère

    Centaure & Sirène = Chimère

    Au printemps Monsieur du Centaure célèbre ses nouvelles cornes
    Tandis que Madame Sirène étrenne ses nouvelles écailles.
    À l’occasion, entre eux, s’instaure une aventure dont la licorne
    A deviné , l’âme sereine, qu’un enfant naîtrait au bercail.

    Comment Cupidon accomplit ce tour de force prodigieux
    Entre la princesse des mers et le prince des hautes terres ?
    Sa flèche n’a pas fait un pli entre ces êtres prestigieux
    Car d’un seul baiser éphémère, leurs amours furent complémentaires.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’invité privilégié

    L’invité privilégié

    Tandis qu’en haut sous la houlette de la hulotte sentinelle,
    En bas s’avance la silhouette d’un étrange polichinelle,
    Les yeux grand ouverts sur les ombres qui s’enfuient à son arrivée
    Car Monsieur fait partie du nombre des hôtes à titre privé.

    Illustration de Joshua Courlas.

  • Rencontre

    Rencontre

    Le fond de l’océan regorge d’extraordinaires intermèdes
    Et la sirène se déguise pour aguicher incognito.
    Évidemment son soutien-gorge obéissant à Archimède
    Subit la poussée qui l’épuise illico presto subito.

    Photo de Wei-Chih Wang.

  • Artistes en herbe

    Artistes en herbe

    J’aurais bien aimé être un cancre et rencontrer ma femme en herbe
    Et lui écrire des poèmes truffés de fautes de syntaxe,
    Les doigts souillés de taches d’encre mais qui, par la plume et le verbe,
    Auraient transformé en bohème deux écoliers un peu fantasques.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • Les chemins de vie

    La vie paraît illimitée par tous les chemins du possible ;
    J’aimerais plusieurs existences pour goûter chaque solution potentiel
    Dommage que nous soyons limités à renoncer à l’impossible
    À moins de connaître en substance toutes les circonvolutions.

    Le temps ne fait pas marche arrière et choisir est définitif
    Parfois les chemins s’ouvriront sur une vie prédestinée.
    Bizarrement une barrière, un raccourci expéditif,
    Ou une chute, aboutiront à nos meilleures destinées.

    Tableau de Tim Zeltnerc.

  • Confiture d’étoiles

    Confiture d’étoiles

    Une seule planète dans l’univers est réputée pour ses étoiles
    Dont les comètes caramélisent sur les volcans opportunistes.
    On y prépare pour les hivers – à déguster autour du poêle –
    De succulentes friandises d’une portée impressionniste.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • L’autre côté

    L’autre côté

    D’après les lois du Petit Prince, le soleil se couche vraiment,
    Sous la garde de Pierrot-le-Chat qui chasse les étoiles filantes.
    De peur que ses griffes ne grincent et provoquent un désagrément,
    La lune un jour lui attacha des mitaines annihilantes.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • Les mécanismes

    Les mécanismes

    Toute l’appétence charnelle axée aux plaisirs de la chair
    Résulte d’une mécanique d’organes en pleine évolution.
    Ainsi les envies maternelles et le goût de la bonne chère
    Proviennent d’anges sataniques mais qui auraient l’absolution.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La renarde

    La renarde

    Pour satisfaire à la consigne des pratiques agrobiologiques,
    Madame, d’un air goguenard, doit adapter son gagne-pain.
    Elle s’est inventé un signe – pas tout à fait astrologique –
    Mais qui lui va comme un renard qui s’accommode d’un lapin.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La sorcière

    La sorcière n’a pas de culotte et se repère évidemment
    Dès qu’un coup de vent polisson lui fait s’envoler sa jupette.
    Elle regagne sa roulotte sous l’œil des gens impudemment ;
    Les femmes en ressentent un frisson et les hommes une galipette.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La liberté masquée

    La liberté masquée

    À quoi servirait la lumière si on la mettait en sommeil ?
    À quoi servirait la beauté dissimulée sous la laideur ?
    Mais les saisons sont coutumières d’inverser averses et soleil
    Et nous de voir la liberté désapprouvée par ses plaideurs.

    Perséphone était trop jolie pour Hadès, le dieu des enfers,
    Qui l’enleva d’un subterfuge et mit la Terre en abstinence.
    Alors pour contrer la folie, Zeus la limita à l’hiver
    Et elle put trouver refuge tous les printemps en alternance.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Celle-ci exactement

    Celle-ci exactement

    Soudain une tête dépasse sur les rails de la destinée.
    Celle-ci, à nulle autre pareille, deviendra votre matriarche.
    Alors profitez de l’espace-temps qui vous est déterminé,
    Ne vous faites pas tirer l’oreille et s’il le faut, sautez en marche.

    Photo de Wiktor Franko sur https:wiktorfranko.comalbums

  • Le phare lunaire

    Le phare lunaire

    Tout en haut du phare lunaire qui guide les tapis volant,
    Une gardienne à sa fenêtre me fait des tours d’un grand prestige.
    Mais son échelle lacunaire a des barreaux batifolant
    Et pour monter les quinze mètres j’ai tout de même le vertige.

    Tableau de Paula Belle Flores.

  • Pauvre soleil !

    Pauvre soleil !

    J’étais tout seul, j’étais peinard à accrocher mon parasol
    Mais voici que tous mes voisins ont imité ma protection.
    Et ce pauvre soleil cognard, il en a perdu la boussole
    De voir tous ces humains zinzins vivre sous leur introspection.

    Alors il vint me titiller par un petit rayon en biais
    Car le voici déboussolé, je lui ai manqué de respect.
    Demain, lorsqu’il viendra briller, je vous en fiche mon billet
    Que je devrai le consoler s’il est demeuré circonspect.

    Illustration de Marie Cardouat.

  • L’émancipation

    L’émancipation

    Lorsque les hommes abandonnent les rêves pour la réalité
    Et que le silence revient loin de leurs vaines agitations,
    Tout un petit peuple s’adonne en toute originalité
    À fêter comme il lui convient un’ salubre émancipation.

    Tableau d’Oxana Zaika sur https:www.artmajeur.comfraquachatartworks .

  • Le grand voyage

    Le grand voyage

    Elle avait pris ce pli qu’on appelle une ride
    Comme un tissu froissé d’avoir longtemps servi.
    Elle était un peu sèche comme un désert aride
    Mais était l’enveloppe à mon corps asservie.

    Ils prenaient la couleur qu’on appelle d’argent
    Comme l’arbre meurtri sous les coups de l’hiver.
    Ils étaient clairsemés, pas très avantageant,
    Mais pareils aux étoiles qui peuplent l’univers.

    Mais il arrive un jour que le manteau de l’âme
    Sera démantelé et puis reconverti.
    Je changerai de forme, je changerai de flamme
    Pour un autre voyage, je suis déjà parti.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • Un bain de ciel

    Un bain de ciel

    Un bain de ciel, un bain de jour, un bain de nuit, un bain de lune,
    Tout est prétexte pour prier et recevoir l’éternité.
    Gouttes de pluie, nuages lourds, coup de soleil, bonne fortune,
    Je vois les étoiles briller d’un écho de maternité.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • La fille de sable

    La fille de sable

    Quand la fille de sable écoute un coquillage,
    Elle entend l’origine de sa composition.
    « Ô mère indispensable, j’entends dans ton sillage
    Ce qui donne racine à ma disposition ! »

    Quand la fille de sable subit l’assaut du vent,
    Elle entend la raison des sillons sur les dunes.
    « Ô père irresponsable, que ton chant émouvant,
    Grave au fil des saisons toutes tes infortunes ! »

    Quand la fille de sable est noyée sous la mer
    Des assauts des tempêtes et de la corrosion.
    « Ô parents inlassables, vos amours douces amères
    Me font tourner la tête et creusent l’érosion ! »

    Illustration de Franck Dion.

  • L’enjambement – 2

    L’enjambement – 2

    L’amour faut voir la vie en rose et l’existence basculer
    De plusieurs tours de balançoire, le sexe fait tourner la tête.
    Quand la vie nous semble morose, courrons la faire bousculer,
    D’une rencontre pour un soir sans faire de plans sur la comète.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • La bonne entente

    La bonne entente

    Non seulement je vois la paille plantée dans l’œil de mon voisin
    Mais j’y vois le miroir de l’âme y réfléchir ma propre poutre.
    Alors plutôt que je défaille, je le traiterai d’argousin
    Mais avant, de peur qu’il s’enflamme, je lui aurai fait parler la poudre.

    Illustration de Franck Dion.

  • Au cœur de la forêt

    Au cœur de la forêt

    L’amour au cœur de la lumière, la lumière au cœur de l’amour
    Partout où le soleil pénètre, s’y développe aussi la vie.
    Je dois m’éloigner des chaumières, m’extraire et sortir au grand jour
    Sinon, derrière mes fenêtres, je reste l’éternel ravi.

    Au cœur de la forêt de Maui, Hawaï – photo de Micahphoto.

  • Fondue dans la lecture

    L’habitude rend transparente mon existence d’égaré(e)
    Sur la trame en celluloïde du temps qui boucle tous les jours.
    Je sens que ma vie s’apparente à un scénario préparé
    Comme un robot humanoïde qui s’éveillerait à l’amour.

    Je me morfonds dans la culture et je me fonds dans la lecture ;
    Entre les deux, mon cœur balance comme un pendule omniprésent.
    Plongée dans la littérature ma plume prend une écriture
    D’une couleur d’ambivalence parmi les drames du présent.

    Alors je prends un peu d’avance en écrivant mes reflets vers
    Et vérifie longtemps après s’ils deviennent une prophétie.
    Si c’est le cas, j’ai de la chance, j’ai trouvé le moyen pépère
    De lire mon avenir de près en publiant en Helvétie.

    Illustrations de Clarence Coles Phillips.

  • Les couleurs des villes – 3

    Qui ne connaît pas le bonheur de passer les rues pittoresques
    Aux façades traditionnelles et leurs commerces hors du temps ?
    Peut-être suis-je nostalgique à force de vouloir projeter
    Ce que je n’ai pu retenir de mon passé sur le présent ?

    Tous les hommes naissent égaux pourtant ils sont tous différents
    Comme ces villes et ces villages bâtis de rues et de maisons.
    L’histoire modèle les usages, les langues tintent les échanges,
    Les religions font l’uniforme et la patrie fournit les armes.

    Tous les chemins mènent à Rome et toutes les rues aux églises
    Qui trônent devant les arcades de la porte des maréchaux.
    Les ponts enjambent les rivières sauf les villes au bord de la mer
    Et la foule perpétuelle dans un cycle ininterrompu.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • L’enjambement – 1

    L’enjambement – 1

    La belle sur la balançoire, prétendue poétesse en herbe,
    Calligraphiait sur ses collants des poèmes en post-scriptum.
    C’est un jeune homme en suspensoir qui, trouvant les rimes superbes,
    Montra les siennes en dévoilant ce qu’il cachait sur son scrotum.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Jungle femme

    Jungle femme

    Profonde et mystérieuse femme que cette jungle indivisible
    Qui montre son aspect sauvage aux bois à jamais indomptés.
    On dit qu’au tréfonds de son âme vit une sorcière invisible
    Dont la nature anthropophage recherche l’homme à volonté.

    Photo de Joan Powell.

  • La femme de Vitruve – 3

    La femme de Vitruve - 3

    Finalement la perfection, ce n’est pas l’homme mais la femme.
    D’ailleurs son corps mathématique est la quadrature du cercle
    Dont le centre, à l’intersection, n’est plus ce point qu’on juge infâme
    Mais le « G » de la Génétique dont l’homme n’est que le couvercle.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • La boîte de Pandore

    La boîte de Pandore

    Pandore fut créée par Dieu pour souffler aux hommes le feu
    De la passion et l’ambition par un effet aphrodisiaque.
    Le résultat fut insidieux et l’on passa à un cheveu
    D’une totale inhibition d’une existence paradisiaque.

    Évidemment ce n’est qu’un mythe ; on trouve toujours un coupable
    Pour expliquer l’absurdité des phallocrates dispendieux.
    Pourtant la femme peut sans limite – elle en est parfaitement capable –
    De, par sa seule nudité, exposer la beauté de Dieu.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • La gardienne du silence

    La gardienne du silence

    Elle ne répond pas aux questions car elles ont été posées
    Par toutes les civilisations qui n’ont pas trouvé les réponses.
    Silence et autosuggestion, deux principes bien opposés,
    Conduisent à l’illumination jusqu’à ce que l’on y renonce.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Les découvertes aveugles

    Les découvertes aveugles

    Pour avancer vers l’avenir, les religions ont occulté
    Ce qui dérangeait leurs visions et nos propres discernements.
    À quoi nous sert ce souvenir puisque les mêmes difficultés
    Sont induites par la télévision régie par les gouvernements ?

    Tableau de Jake Baddeley.

  • La clef de tous les mystères

    La clef de tous les mystères

    Je pensais l’esprit supérieur capable de résolutions
    Venir à bout des découvertes et des mystères astronomiques.
    Je me suis trouvé inférieur, incapable de solutions,
    Lorsque devant la porte ouverte, j’ai perçu l’âme dichotomique.

    Et la clef de tous les mystères inclue dans l’X chromosomique
    M’est apparue comme l’unique clef qui résout les nœuds gordiens.
    Dans le tableau élémentaire du secret des mondes quantiques
    Un seul atome me communique que nous en sommes les gardiens.

    Tableau de Jake Baddeley.

  • Les voix d’or

    Les voix d’or

    Entendez-vous sonner les cloches qui chantent les siècles passés
    De plusieurs voix à l’unisson qui résonnent comme un tonnerre.
    Puis, dans l’écho qui s’effiloche dans l’air chargé et compassé,
    Ressentez-en-vous les frissons dans l’atmosphère vibrionnaire ?

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • Quadrillées

    Quadrillées

    La géographie féminine et sa topologie intime
    Offrent une occasion unique de mettre vos acquis à niveau.
    Avec un quadrillage minime, suivez les courbes légitimes
    Qui sur le plan vous communiquent leurs charmes par monts et par vaux.

    Photo Vogue 1946.

  • Le signe d’or

    Le signe d’or

    Personne ne devait la voir car elle appartenait au monde,
    À l’autre monde parallèle, de l’autre voté de l’espace.
    Pourtant j’ai cru l’apercevoir, je l’ai perçue une seconde ;
    Trace d’or sur une aquarelle comme un ange du temps qui passe.

    Tableau d’Edmond Dulac.

  • Rouge et bleu

    Rouge et bleu

    Pour mon dernier amour
    Je veux une donzelle
    Bien dorée et pulpeuse
    Et l’embrasser longtemps.
    Et pour ce dernier jour
    Je veux que la gazelle
    Soit douce et sirupeuse
    Pour passer du bon temps.

    Et je veux qu’on y goûte
    À connaître l’ivresse
    Des baisers rouges et vifs
    Sur la bouche qui mord.
    Et je veux, on s’en doute,
    Mourir dans l’allégresse
    À l’instant explosif
    De la petite mort.

    Tableau d’Edwin Georgi.

  • Sinon je casse la baraque !

    Sinon je casse la baraque !

    Pour Pentecôte, une entrecôte ; pour l’Ascension, une collation ;
    À Pâques, une bonne barbaque et pour Noël, du sensuel !
    Du rire à se tenir les côtes, de l’alcool sans modération !
    Sinon je casse la baraque, je suis un lion juste et cruel.

    Tableau de Jacek Yerka.

  • Sur la frontière

    Sur la frontière

    À la frontière de Pentecôte, avant la crise après la crise,
    Plus rien ne sera comme avant car nous serons tous vaccinés.
    Fini de s’aimer côte-à-côte, nous allons vivre sous l’emprise
    Du monde qui va de l’avant dans une société confinée.

    Photo de Mariola Glajcar.

  • Les couleurs des villes – 2

    J’ai dû parcourir mille fois ce parcours sans m’y arrêter
    Entraîné par obligation de suivre mon emploi du temps.
    Jaloux des nantis installés à la terrasse des cafés
    Riches de temps, riches d’argent mais surtout riches du présent.

    Bien sûr, les boulevards s’égayent aux périodes de fin d’année
    Qui met le cœur des hommes en fête car nous suivons les traditions.
    Mais la mécanique se rouille au fil des années répétées
    Je n’en retiens que des fantômes dans les commerces d’aujourd’hui.

    Je me souviens des soirs de fête où je redécouvrais les rues.
    Celles-là mêmes que naguère j’avais empruntées en plein jour.
    Restaient les secrets des ruelles qui montaient dans les vieux quartiers
    Aux labyrinthes impossibles et l’inconnu inaccessible.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Les couleurs des villes – 1

    Aux matinées d’aurores pourpres, je m’en allais le cœur d’enfant
    Vers l’école municipale en suivant le même chemin
    Qui passait par de ruelles sales où se reflétait le soleil
    Et par les allées commerciales avec les Halles et le marché.

    Mais ce n’était pas qu’un décor, c’était aussi une frontière
    Du pays des grandes personnes où je n’avais pas lieu d’aller.
    Je voyais ces endroits magiques dans les ténèbres et les secrets
    Où je craignais trop d’entreprendre le moindre pas vers l’aventure.

    Mon village prenait ses couleurs selon les jours de la semaine.
    Les jeudis l’inondaient de jaune et les dimanches, tout en blanc.
    Les autres jours semblaient pareils à une couleur uniforme
    Sauf arrivé au samedi aux soirées violettes et bleues.

    Tableaux de Viktoria Prischedko.

  • Carton-ville

    Carton-ville

    À quand les villages en carton et les maisons prêtes à jeter
    Et des villes à la poubelle lorsqu’elles seront polluées ?
    Au temps pour moi ! Mille pardons ! Déjà existe la pauvreté
    Et bientôt la vie sera belle dans nos cités évoluées.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pudiblonde

    Elle se montrait tantôt blonde sous la lumière de midi
    Et apparaissait tantôt brune autour des ombres de minuit.
    Fille pudique et pudibonde, elle jouait la perfidie
    À s’exhiber nue sous la lune mais seulement en pleine nuit.

    Tableau de Warwick Goble.

  • Les quatre saisons

    Tant qu’un seul arbre à l’horizon me servait de point de repère,
    Je savais toujours reconnaître ce que contient mon petit monde.
    Je m’y suis senti en prison alors j’ai changé de repaire
    Changé de porte et de fenêtre dans l’espoir d’une vie féconde.

    Mais dès que les arbres ont grandi, des horizons ont débouchés
    Ceux qui souhaitaient la même chose pour leurs enfants et leurs compagnes.
    Les souches se sont approfondies, tous les ruisseaux se sont bouchés
    Et passé la métamorphose, les villes s’étendent sur les campagnes.

    Tableaux de Jacek Yerka.

  • Un monde irresponsable

    Un monde irresponsable

    Un jour, au cours d’une expérience, le monde a échappé à Dieu ;
    Comme il était irresponsable, personne ne lui a rien dit.
    Et désormais, sans surveillance, dans l’éther miséricordieux,
    Vogue une galère impensable sur une mer de comédie.

    Tableau d’Alexander Jannsson.

  • Mégalomany

    Mégalomany

    Jouez-vous aux célébrités devant le miroir du salon ?
    Vous-prenez-vous pour une star en quête de mythomanie ?
    Vous allez vous précipiter, courir à grands coups de talons
    Pour faire l’achat sans retard du jeu de Mégalomany.

    Si ça vous dit d’y jouer c’est ici : https:www.thisiscolossal.com201812whos-she .

  • L’aventure sur pilotis

    L’aventure sur pilotis

    Dans un hôtel sur pilotis cloués sur une coque en bois
    Et en avant pour l’aventure, le tour du monde vous est offert !
    Ceux qui se sentent mal lotis, là-haut à faire contrepoids,
    Pourront descendre de la mâture se reposer les pieds aux fers.

    Tableau de Matylda Konecka.

  • La salle de bains d’imagination

    La salle de bains d’imagination

    Je décontracte les méninges en m’imaginant dans la jungle ;
    Une carlingue en pince à linge et l’envergure en lime à ongles.
    J’interprète à la fois l’hôtesse et son pilote en plein turbin
    Dans l’astronomique petitesse du coin de ma salle de bains.

    Tableau de Didier Lourenço.

  • Festin royal

    Festin royal

    Moitié fleur-bleue, moitié poète, comme un fonctionnaire débonnaire,
    Le lion se montre généreux ou avec dangerosité.
    Mais ses amis le trouve chouette lorsque de sa voix de tonnerre
    Il les invite, l’air coléreux, mais avec générosité :

    « Venez gazelles et antilopes partager une bonne escalope !
    Approchez-vous , hippopotames, déguster un croque-madame !
    Accourez coquelets et cocottes assaisonner mon entrecôte !
    ¡Vamos! ¡Vamos! Los amigos , dévorer un jambon à l’os ! »

    Tableau de Marcel van Luit.

  • Matin lumineux

    L’hiver drapé de robe blanche abaisse son rideau de nuit
    L’obscurité presque éternelle plonge le monde en léthargie.
    Mais lorsque le printemps déclenche l’espoir et la fin de l’ennui,
    La nature joue la ritournelle d’un renouveau de nostalgie.

    Avant le changement imminent, l’intersaison fait sa lessive
    Savonnage, rinçage et séchage rythment la valse du printemps.
    Tous les sommets proéminents font une toilette intensive
    Les arbres, rameaux et branchages prennent l’éclat de leurs vingt ans.

    Tableaux d’Alla Tsank.

  • Messagerie sans-fil

    Messagerie sans-fil

    La toile des communications, la fragilité du sans-fil,
    Peut se briser sans préavis par décret gouvernemental.
    Mais contre ces limitations, on verra les colombophiles
    Et les pigeons reprendre vie pour fournir un service postal.

    Tableau de Christian Schloe.

  • La fille sur les toits

    La fille sur les toits

    Cinq chats vivaient à la maison dont l’un se métamorphosait
    Le jour dans ma petite fille, la nuit en chatte de gouttière.
    Elle courrait, non sans raison, sur les toitures ardoisées
    Mais elle offrait à sa famille des euphories primesautières.

    Tableau de Alexander Jansson.

  • Le bain de lumière

    Le bain de lumière

    Sous les extrêmes latitudes marquées d’aurores boréales,
    La nuit les rayons tributaires tombent des étoiles en poussière.
    Une sirène en gratitude de l’événement idéal,
    Dans la lagune salutaire, savoure son bain de lumière.

    Tableau de Kirk Reinert.