Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Liberté, Égalité, Fraternité

    La liberté délimitée au respect qu’on doit à autrui
    Devient vite une étroite cage quand autrui prend beaucoup de place.
    Mais l’habitude d’imiter un monde qui s’auto-détruit
    Accélérera davantage le retour à l’âge de glace.

    L’égalité dans les idées devrait permettre de discuter
    Avec ceux qui ont des couleurs d’idéologies différentes.
    Hélas, chacun a décidé de convaincre ou se disputer
    À faire adopter ses valeurs qui sont les plus prépondérantes.

    La fraternité des oiseaux consiste à construire son nid
    Et pondre un œuf sur le chemin d’une vie libre et sans effort.
    Pour mieux gouverner les zozos qui croyaient vivre en harmonie,
    La fraternité des humains consiste à être le plus fort.

    Tableaux de Catrin Welz-Stein.

  • Les bons petits coins

    Pour une bonne heure de lecture, je plonge dans la littérature ;
    « Les fleurs du mal » de Baudelaire à lire sous le belvédère,
    « À la recherche du temps perdu » malgré son style un peu ardu
    Et « Les voyages fantastiques » de Jules Verne sont orgasmiques.

    Naturellement je voyage parmi les plus belles images ;
    Bandes dessinées, s’il vous plait, dont le graphisme me complaît,
    Monet, Van Gogh et Picasso comme aquarelles en thalasso
    Et pour clore l’encyclopédie quelque original inédit.

    Pour m’évader dans la nature je suis la voie de l’écriture ;
    Je vais chercher l’inspiration sur les sites d’admiration.
    Je me connecte à la fréquence des arbres aux plus belles essences
    Et, de retour à la maison, vous me direz si j’ai raison.

    Illustrations d’Andrea de Santis.

  • L’instrument avant

    L’instrument avant

    Plutôt que ramer en arrière, je préfère l’instrument avant
    Avec lequel je cours les plages dans l’air du temps contre le vent.
    Quand la pluie dresse sa barrière, je joue l’ouverture devant
    Le brouillard et les gros nuages par un prélude bien émouvant.

    Tableau de Jimmy Lawlor.

  • Le compositeur inconnu

    Le compositeur inconnu

    Les mouettes jouent pizzicato tandis que gronde l’océan ;
    Le vent siffle à travers les nues et les coups de tonnerre éclatent.
    Mais quel est donc ce zigoto perché sur ses rochers géants ?
    Le compositeur inconnu dont la partition se dilate.

    Tableau de Jimmy Lawlor.

  • Belle à sa vitrine

    Belle à sa vitrine

    Sans rideau et sans vêtement, laissant les volets grand ouverts,
    Elle s’amuse à poser nue en dodelinant sa poitrine.
    Heureux celui, honnêtement, qui, à visage découvert,
    Demandera à l’inconnue quel est son prix dans la vitrine.

    Tableau de Tito Merello Vilar sur https:imginn.comtagsTitoMerelloVilar?lang=fr .

  • Transformation du soir – 2

    Transformation du soir - 2

    Lorsque je pars, je perds la tête aussitôt que le sommeil tombe,
    Je veux dépasser la lumière et mon ombre heurte les rameaux.
    Heureusement, en pense-bête, la lune m’envoie sa colombe
    Qui me prêtera sa dernière plume pour vous écrire un mot.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Transformation du soir – 1

    Transformation du soir - 1

    Après l’alcool d’Apollinaire ou l’absinthe d’une aventure
    Le corps se prépare au voyage dont l’âme sera passagère.
    Le cœur bat un coup de tonnerre, l’esprit vocifère : « En voiture ! »
    Et le temps d’un déshabillage, me voici en terre étrangère.

    Tableau d’Autumn Rozario-Hall.

  • Ô Mâtin !

    Ô Mâtin !

    Tous les matins sont emmêlés mes rêves extraordinaires
    Qui tournent autour de ma tête comme une brume féerique.
    Je n’essaie pas d’en démêler car ils sont les préliminaires
    À tous les prétextes de fête pour mes fantasmes chimériques.

    Tableau de James Jean.

  • Ô Soleil ! 2

    Ô Soleil ! 2

    Quand je lui avoue mon amour, le soleil éclate sa voix
    Et son cœur répand la lumière qu’elle doit cacher à ses yeux.
    Plus resplendissant que le jour, les doigts fermés à claire voie,
    Son âme répond la première et me dit : « C’est toi que je veux ! »

    Tableau de Piru.

  • L’éclairage

    L’éclairage

    L’une déroule le fil, l’autre tricote sa vie
    Du passé dans l’obscurité à la lumière du présent.
    Tous les souvenirs défilent, se déroulent et sont suivis
    Parfois d’un nœud hérité qui s’en va en reprisant.

    Tous les moments douloureux qu’on s’amuse à dévider,
    Tous les moments ridicules qu’on évite de montrer,
    Tous les moments langoureux où l’on ne s’est décidé
    À ce que sa vie bascule vers une insolite contrée.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Ô Soleil ! 1

    Ô Soleil ! 1

    Par le miroir du talisman qui en reflète les rayons,
    Une fille nue éblouit par la protection du soleil.
    Je n’évite l’évanouissement qu’en détournant son médaillon
    Par une pensée épanouie que je murmure à son oreille.

    Tableau de James Jean.

  • Corolle de moi

    Corolle de moi

    Tous ces petits « moi » intérieurs qui défilent en transparence
    Au fil du temps et des journées comme une fleur à sa corolle ;
    Quand on me voit de l’extérieur et qu’on juge mon apparence,
    On a tendance à s’ajourner selon celui qui a la parole.

    Tableau de Dain Yoon.

  • La vague lapine – 2

    Lapine comète, comète lapine,
    Qui parcourt l’espace aux mondes inconnus.
    Planète en planète, elle galopine
    Tandis qu’elle passe d’un air ingénu.

    Au-delà des mers, par-dessus les îles,
    Lapines et lapins, tous s’envoient en l’air.
    La fête des mères, les pères en exil
    Mettent le grappin sur d’autres insulaires.

    Illustrations de Schinako Moriyama.

  • Après la lecture

    Après la lecture

    Quand elle a déshabillé le livre, de ses habits, elle se délivre
    Pour rêver elle-même à son tour une belle histoire d’amour
    Que ses deux mains calligraphient sur l’intime géographie
    Et vont explorer les secrets des étroits passages indiscrets.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • L’ancre de mes vers

    L’ancre de mes vers

    Lorsque, à dada, j’écris à l’ancre en grattant la couche de rouille,
    je crains un peu, beaucoup la pluie, pas du tout l’eau de l’océan
    Ces traîtresses dilueraient mon encre et créeraient mille-et-une embrouilles
    Entre ma reine de la nuit et ma maîtresse de céans.

    Photo de la Navy.

  • L’oiseau-prison

    L’oiseau-prison

    Prisonnière de son corps, où se cache son âme ?
    Dans son cœur où résonne l’éternel tintamarre ?
    Derrière cet œil bleu où rayonne une flamme ?
    Ou peut-être en dehors à vivre un cauchemar ?

    Je n’entends que son cri aujourd’hui et demain ;
    Je ne vois que son corps quand je me fais masseur ;
    Je ne sens que sa vie qui réchauffe ma main ;
    Je ne goûte que son sang quand je me fais chasseur.

    Tableau de Nicole Altenhoff.

  • L’éternel absent

    L’éternel absent

    Parfois je suis et ne suis pas, parfois je vis et ne vis pas,
    Comme si j’étais dans un film en train de réciter mon rôle.
    Parfois j’entends et n’entends pas, parfois je vois et ne vois pas,
    Le lien de la vie, si infime, s’envole comme les paroles.

    Ça paraît drôle mais la douleur est ce qui m’attache au présent.
    Le souvenir de la souffrance reste gravé, reste muet.
    Seul le présent vit en couleurs sinon moi, l’éternel absent,
    Ne connaîtrai sa délivrance que si son âme est remuée.

    Tableau de Miles Johnston.

  • La vague lapine – 1

    Lapine est la vague, la vague est lapine,
    Lorsqu’elle déferle comme un chaud lapin
    Qui vient et divague et puis de débine
    Revient sur la perle, remet son grappin.

    Enfin elle explose, l’onde étincelante
    Chante en voix de crête l’amour cunicole.
    Jusqu’à ce qu’éclose la vague déferlante
    La mer qui s’apprête et qui caracole.

    Illustrations de Giada Bianchi.

  • Chute de charme

    Chute de charme

    À la première femme nue, je suis surpris et puis, j’attends.
    À la deuxième fille à poil, je ne méfie, évidemment.
    La troisième, peut-être ingénue ou bien envoyée par Satan ;
    Après je pars sous les étoiles, cœur et âme concomitamment.

    Tableau de Harry Holland.

  • Sur des musiques peintes

    Sur des musiques peintes

    Sur des musiques peintes sur tes seins en cymbales,
    Sur des partitions dessinées sur les contours de ton visage,
    Sur des paroles en demi-teinte de peur que ton cœur ne s’emballe,
    Sur le papier parcheminé de mes désirs que j’envisage…

    peinture corporelle de David Gueringer et Michael Rosner.

  • Par le judas

    Par le judas

    L’intime communication que me permet cette interface
    Avec le monde qui m’entoure et me réclame un médiateur,
    Perce, comme authentification, une fenêtre à la surface
    Dont le coup d’œil vaut le détour et un verdict appréciateur.

    Tableau d’Antonio Mora.

  • Un vol pour Paris

    Un vol pour Paris

    Quand tout concorde vers les étoiles dans un fauteuil modélisé
    Pour survoler la capitale voire plus loin si affinités,
    Le vent s’engouffre dans les voiles des drapeaux des Champs Élysées
    Et c’est parti dans l’orbitale cosmique vers l’infinité.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Les mains vertes

    Tous les jardiniers aux mains vertes et leurs amies les jardinières
    Sont reliés à leurs racines qui plongent au cœur de la Terre.
    Entre nature et découvertes, ils signent dans les pépinières,
    Poètes en herbe aux officines, leurs plus belles pensées salutaires.

    Tableau de Valerie Hammond.

  • Cœurs de pierre

    Cœurs de pierre

    Mon petit cœur de pierre
    Se réchauffe à la flamme
    De sa petite femme
    Sans faire de prière.

    Et mon esprit pervers
    Sait faire le silence
    Lorsqu’il est d’importance
    De le décrire en vers.

    Car le corps se recueille
    Auprès de l’origine
    Que l’âme s’imagine
    Quand un rêve l’accueille.

    Photo vue sur https:www.futuristarchitecture.com .

  • Finalement, l’homme est bon !

    Finalement, l’homme est bon !

    Entre les canons de beauté et l’art de la chair à canon,
    L’homme et la femme en écorché offrent un régal bien octroyé :
    De la belle cuisse au bas-côté ou de la poitrine aux rognons,
    L’humain, une fois embroché, est bien meilleur qu’on le croyait.

    Création de Plasticboy.

  • L’envolée belle

    L’envolée belle

    Les plus belles plantes du pays qui cheminent à pas feutrés
    Sont les plus belles à s’envoler surtout quand l’amour les transporte.
    Hier, j’étais encore ébahi de voir une fille calfeutrée
    Se mettre nue et convoler avec le vent devant sa porte.

    Tableau de Linda Clark Johnson.

  • Dynastie florale

    Si le faune est à la sirène ce que la flore est à la mer,
    Imaginez ce que serait une dynastie forestière.
    Les fleurs couronneraient la reine, le roi décoré de fougères
    Et le petit prince passerait pour le florilège du bestiaire.

    Quant aux princesses multiflores, maquillées de gouttes de rosée,
    Laquelle serait la plus belle ? Je vous le laisse deviner…
    Peut-être Lila Passiflore ou Anémone Couperosée,
    Ou encore Iris Mirabelle ou bien Violette du Dauphiné.

    Tableau d)Angela Chalmers.

  • Clair-obscur

    Clair-obscur

    Entre les cônes de lumière et les trous noirs inexplorés,
    Se cache toujours une femme derrière un rideau de mystère.
    Les plus futées sont les premières – et pas si connes- à déplorer
    Que l’obscurité les diffame tandis que l’éclat est salutaire.

    Illustration de Schmitz.

  • Rien à voir !

    Rien à voir !

    L’épaisseur du mur de lumière connaîtra sa métamorphose
    Lorsque les voitures électriques ne consommeront presque rien.
    Car – ce n’est pas une première – mais trois fois rien, c’est quelque chose ;
    Il y aura toujours des excentriques qui se prétendront ivoiriens.

    Illustration de Schmitz.

  • Explication par l’absurde

    Explication par l’absurde

    Ouverte d’un pan de lumière, comme une voiture en latex,
    L’absurdité de la vision revendique une explication :
    Ici, la matière première provient d’une substance connexe
    Aux montres molles en prévision d’une absurde vulcanisation.

    Illustration de Sébastien Plassard vue sur https:weandthecolor.comsebastien-plassard-dreamlike-illustrations79257 .

  • Drôle d’oiseau

    Au bal masqué un drôle d’oiseau plutôt à poil qu’à beau plumage
    Se présenta recroquevillé comme pour pondre un œuf surprise.
    Il intrigua les damoiseaux et causa l’auto-allumage
    De tous leurs sens émoustillés lorsqu’ils tombèrent sous son emprise.

    Lorsqu’elle se redressa d’un bond tous virent la beauté de l’oiselle
    Toujours masquée, incognito, mais tous ses charmes exposés.
    Elle réveilla les moribonds, fit enrager les demoiselles
    Quant aux organes génitaux, plusieurs faillirent exploser.

    Tableaux de Costa Dvorezky.

  • Sainte Andromède

    Sainte Andromède

    Plutôt que « Dieu créa la femme pour que l’homme ait sa descendance »
    Disons que Dieu façonna Ève pour représenter son image.
    Ainsi le sacrilège infâme d’avoir goûté la connaissance
    Ne l’abaisse pas mais la relève au rang du plus brillant hommage.

    Tableau de Costa Dvorezky.

  • La chute d’Andromède

    La chute d’Andromède

    Après le plaisir de la mer, après le désir du soleil,
    Elle se sent mourir de bonheur comme une chute dans l’épectase.
    Dans le sein même de sa mère, aurait-elle connu cet éveil,
    Celui-là qui met à l’honneur la joie de vivre dans l’extase ?

    Tableau de Costa Dvorezky.

  • La cerise d’Andromède

    La cerise d’Andromède

    Lorsqu’elle émerge de l’élément, de ce liquide nourricier,
    Andromède ajoute une touche d’un bain de soleil à dessein
    Pour sentir sur ses téguments le baume chaud et pâtissier
    Comme un goût sucré dans la bouche qui se déverse sur ses seins.

    Tableau de Marco Ortolan.

  • La plongée d’Andromède

    Le corps reconnaît sa substance plongée dans l’élément liquide ;
    La peau exprime sa nudité pareille au contact amoureux
    Et l’eau rafraîchit l’existence, celle qui paraissait insipide
    Mais retrouve sa limpidité dans ce courant doux langoureux.

    Le corps recouvre ses réflexes dans chaque partie de lui-même ;
    Les bras retrouvent leurs fonctions et les jambes, leur propulsion.
    Le sexe n’a plus de complexe, il redevient l’organe qui sème ;
    Même le cœur fait la jonction avec le sang en impulsion.

    Tableaux de Marco Ortolan.

  • La gardienne du jardin secret

    La gardienne du jardin secret

    Vous approchez la porte étroite de son jardin d’intimité
    Mais y apparaît la gardienne qui vous en refuse l’entrée.
    Vous devez la montrer bien droite, votre clef de légitimité,
    Car autrement quoi qu’il advienne vos espoirs seront éventrés.

    Tableau de Michael Hutter.

  • La nuit des étoiles tombantes

    La nuit des étoiles tombantes

    Une étoile est tombée au pied de ma maison ;
    Une femme est sortie simplement sans mot dire.
    Alors je me demande quelle en est la raison,
    Pourquoi l’apocalypse viendrait-elle me maudire ?

    D’autres étoiles encore suivent la trajectoire,
    Plein de femmes en sortent complètement à poil.
    Mais ce sont des sorcières, j’en suis sûr, c’est notoire,
    Qui nettoyaient le ciel des poussières d’étoiles.

    Tableau de Nikolai Litvinenko.

  • Un amour de petite chèvre

    Je me souviens de cette histoire, celle de la petite chèvre,
    Que l’envie, dans son pâturage, de la montagne démangeait.
    Et Monsieur Seguin, c’est notoire, lui raconta du bout des lèvres
    Que même avec tout son courage, le loup l’aurait vite mangée.

    Mais elle mit un point d’honneur à imiter la vieille Renaude
    Qui combattit, la mijaurée, jusqu’à son éternel sommeil.
    Or, devant le loup flagorneur, la petite chèvre penaude
    Tint à ne se laisser dévorer qu’au premier rayon du soleil.

    Tableau de Marc Chagall.

  • Confondue dans la lecture

    Confondue dans la lecture

    La souris de bibliothèque est devenue caméléon
    Depuis que les chats pitres cherchent à attraper son cul-de-lampe.
    De même dans les vidéothèques, sous la lumière des néons,
    Des chats cinéphiles se perchent pour être sous les feux de sa rampe.

    Pour rappel, un « Cul-de-lampe » en typographie est un ornement placé en bas d’une page.

    Bodypaint d’Adam DuShole ; Photo de Bill Wadman.

  • Dandelions cosmiques

    Parfois les pissenlits ressemblent aux lettres tendres écharpillées
    Que les amoureux désœuvrés ont déchiré aux quatre vents.
    Et les mots perdus se rassemblent dans les étoiles éparpillées
    Pour laisser la vie manœuvrer et semer l’amour survivant.

    Je vois le vol des dandelions comme des milliers de promesses
    Que des cœurs esseulés confient à la clémence du hasard.
    Si j’en crois un vieux tabellion qui m’a conté, je le confesse,
    L’heur d’un Cupidon déconfit et déçu par tout ce bazar.

    Tableaux d’Oleg Mayorov.

  • Anormalement vôtre

    Au début tout semble normal, sauf que l’escalier tourne en rond
    Uniquement en marche avant sans moyen de se retourner.
    Un Suisse-allemand me crie « Nochmal ! » en me piquant d’un éperon
    Et surgissant d’un paravent en bois de rose chantourné.

    En me retrouvant au départ je réalise que je dors
    Et que mon rêve s’est répété dans un cauchemar d’hardiesse.
    Malheureusement nulle part je ne retrouve le livre d’or
    Sur lequel j’avais sécrété ce poème à l’emporte-pièce.

    « Nochmal » en allemand signifie « encore une foi » et se prononce comme « normal ».

    Tableau de Tishk Barzanji.

  • L’enjambement – 3

    L’enjambement – 3

    Finalement, c’est à l’envers que tout le monde paraît droit.
    La règle de l’absurdité parfois prévaut sur tout le reste.
    Voici pourquoi j’écris mes vers avec une rime à l’endroit,
    Les autres avec lucidité mais bien souvent d’une main preste.

    Illustration de Faby sur http:fabyartiste.com .

  • L’arôme de la commémoration

    L’arôme de la commémoration

    À l’heure où les fleurs reconnaissent leur plus grand épanouissement,
    Je vais en humer les fragrances pour invoquer dans l’abbaye
    La vocation des diaconesses qui, jusqu’à l’évanouissement,
    Portaient les arômes en errance aux plus belles vierges du pays.

    Tableau d’Andrea Kowch.

  • Les nymphes océanes

    Les nymphes océanes

    À l’horizon de l’équateur, le soleil jamais ne se couche
    Mais se recueille au crépuscule par les nymphes de l’océan.
    Grâce à son feu générateur, les sirènes enceintes accouchent
    D’un enfant-poisson minuscule puis, on renvoie l’astre au néant.

    Tableau d’Arthur Prince Spear.

  • Voici mon étoile !

    Voici mon étoile !

    Lorsque le miroir me dévoile l’envers du ciel qui y converge
    Tout mon corps tremble et redevient la première femme de la Terre.
    Je suis née au cœur de l’étoile qui gravite autour de la Vierge
    Dont la constellation revient s’aligner avec Jupiter.

    Tableau de Jan Saudek.

  • Tailleur pour femmes nues

    Tailleur pour femmes nues

    Tailleur – patience et minutie – ce métier se montre capable
    D’endimancher les femmes nues, de surcroît les plus exigeantes.
    D’ailleurs, tellement réussi que le tissu, presque impalpable,
    Montrera les parties charnues mais de manière intelligente.

    Tableau de Will Wilson.

  • L’évolution vers la disparition

    L’évolution vers la disparition

    Nonobstant le chaînon manquant qui laisse un trou dans sa structure
    L’homme poursuit l’évolution toujours plus haut, toujours plus fort.
    L’homo sapiens communiquant fait de grands pas vers la rupture
    Et trouvera la solution pour disparaître sans effort.

    Sculpture de John Morris.

  • Une porte sur l’espace-temps

    Une porte sur l’espace-temps

    Bien que son fond nous environne, l’espace-temps reste impalpable ;
    Pourtant certaines déchirures fort relativement se créent.
    Et dans la porte fanfaronne aux rayons d’ombres dégradables
    Tous mes préjugés disparurent lorsque j’en franchis le secret.

    Tableau de Stefan Bleyl.

  • Madame à tempérance

    Madame à tempérance

    Le chaos de sa chevelure qui porte gloire à sa beauté
    Fixe le degré de tempérance de ses humeurs en balançoire.
    Des vents d’amour, à toute allure, verront les larmes clapoter
    Mais des passions d’exubérances dont attendus pour demain soir.

    Tableau de Thomas Alen Kopéra.

  • Les villes jumelles

    Les villes jumelles

    Ville-du-Nord, la catholique et Ville-du-Sud, la protestante
    Vivaient séparées par un schisme dont on connaît bien la chanson.
    Sauf un seul pont parabolique qui, à la foule manifestante,
    Permit d’ pratiquer l’échangisme entre les filles et les garçons.

    Tant et si bien on abusa de cette communication
    Que les anciennes religions se mélangèrent les pinceaux.
    Dès le début on s’amusa du fruit de la fornication
    Mais bientôt ce fut par légions qu’on vit pucelles et puceaux.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.