Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Sexe nec plus ultra

    Sexe nec plus ultra

    Jolie poupée pour les garçons avec thermostat variable
    Qui permet de les avoir chaudes ou frigides selon vos désirs.
    Dernier modèle anglo-saxon, issu des recherches incroyables
    De gens pervers qui échafaudent comment succomber de plaisir.

    Tableau de Sarah Moon.

  • Olé ! Sombrero !

    Olé ! Sombrero !

    Remplacez-nous burqas et masques par de pudiques sombreros
    Qui voilent aux filles leurs visages mais dévoilent le reste du corps.
    Fesses et mamelons fantasques et entrejambes sidéraux
    S’exposeront à l’étalage, incognitos dans le décor.

    Photo de Pelagea.

  • L’oracle de Delphes

    L’oracle de Delphes

    Dès que s’ouvre l’œil de la lune quand le soleil sort en coulisses,
    La pâleur dessine une image dans le miroir de l’avenir.
    Couverte de fleurs de callunes, de roses et de myosotis,
    Phœbé dans son plus beau ramage vous chante votre devenir.

    Tableau de Mollie Kellogg.

  • L’aura de lumière

    Ce rayonnement magnétique émane du cœur et de l’âme ;
    L’anti-corps et l’anti-esprit qui ne font pas partie du monde.
    Car cette aura hypothétique paraît comme un halo de flammes
    Et qui ne peut qu’être surpris seulement une fraction de seconde.

    Parfois bleutée, parfois dorée ou argentée selon l’amour
    Qui fuse autour du corps astral pour s’unir à d’autres entités.
    Inutile de subodorer ou tenter de percer à jour
    Ce phénomène magistral, l’aura n’a point d’identité.

    Tableaux de Vincent Xeus.

  • L’éveillé

    L’éveillé

    Au pays des anges endormis, un petit démon, comme un roi
    S’est réveillé, le bon apôtre, de son cauchemar dispensé.
    Il ouvre des yeux racornis, grand ouverts, en plein désarroi
    Car il ne sait pas si les autres sont le reflet de ses pensées.

    Illustration d’Ulla Thynell.

  • La procession des guerriers de lumière

    La procession des guerriers de lumière

    La lumière, immense pouvoir, requiert un savoir-faire inné
    De celui qui, dans les ténèbres, sait en générer la beauté.
    Ce miracle s’appelle « voir » et sanctifie la destinée
    Des guerriers qui, ce soir, célèbrent la joie dans leur communauté.

    Tableau de Rassouli.

  • Drôles de sorcières

    Drôles de sorcières

    Que faire de tous ces animaux enfermés avec les humains ?
    Heureusement, quelques sorcières, à moitié nues, veillent sur eux
    Et les délivre de leurs maux en faisant griller du cumin
    Sur un grand feu dans la clairière avec des démons sulfureux.

    Illustration d’Ulla Thynell.

  • Papillon de nuit

    Papillon de nuit

    Au cœur de la nuit, elle vint comme un papillon pelucheux
    Qui voletterait gauchement sans savoir comment s’épancher.
    Phalène nocturne divin, qui joue parfois au double jeu
    De l’amour à l’attachement mais sûr de soi et sans flancher.

    Photo d’Anke Merzbach.

  • Comme une plante

    Comme une plante

    Je connais le mode d’emploi qui nous rattache à la planète
    Par le sexe qui nous prolonge jusqu’aux profondeurs de la Terre.
    Et que m’importe si je ploie lorsque soufflera la tempête
    Puisque plus mon désir s’allonge et plus j’en suis propriétaire ?

    Illustration d’Ulla Thynell.

  • Je ne vois que doigts

    Je ne vois que doigts

    Bague à part, je ne vois que doigts mais qui épanchent mon désir
    De voir les iris de tes yeux dans les coloris de mon choix.
    Blague à part, je ne vois que toi qui me dévisage à loisir
    Durant quelques instants précieux où ce simple bonheur m’échoit

    Photo d’Anke Merzbach.

  • Produit de luxe

    Produit de luxe

    La femme, ce produit précieux, consomme avec modération
    Son acquéreur uniquement lorsqu’il croit pouvoir s’en servir.
    Son maniement est capricieux car une mauvaise opération
    Conduit l’homme impudiquement en retour à s’y asservir.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Tombé du ciel

    Tombé du ciel

    Tombé du ciel, fort à propos, la forêt opportunément
    A recueilli les naufragés d’une croisière interstellaire.
    Moderato ma non troppo, pour ralentir le mouvement,
    Le feuillage s’est ombragé et a voilé l’astre solaire.

    Illustration d’Ulla Thynell.

  • Les cités du ciel

    Les cités du ciel

    Bientôt le monde virtuel remplacera notre horizon
    Et nous vivrons dans des maisons dans l’azur du ciel évoquées.
    Et le bon vieux temps actuel laisse sa place à la prison
    Dans laquelle, non sans raison, notre vie sera révoquée.

    Tableau de xxx.

  • Les danseuses flottantes

    Les danseuses flottantes

    Quand la chaleur est moite, l’atmosphère alourdie,
    Les vêtements ressemblent à des voiles ballottante.
    Celles qui sont adroites et même dégourdies
    Par la main se rassemblent en danseuses flottantes.

    Tableau de Robert Heindel.

  • Cloches du soir – 2

    Cloches du soir - 2

    Si votre femme est attirée vers le plafond après l’amour,
    C’est que son cœur a chaviré et réclame un peu de secours.
    Et si elle semble sonner les cloches pour appeler l’esprit divin,
    C’est que votre coup de galoche donna l’orgasme qui lui convînt.

    Tableau de Carlos Schwabe.

  • Perdu sur l’Îlot de Beauté

    Perdu sur l’Îlot de Beauté

    Parfois la vie me semble éteinte et je me sens comme estompé
    Dans une brume de mensonges où mon âme passe à côté.
    Mais voici que l’aube est atteinte et voit sa lumière pomper
    Ce que m’ont révélé mes songes perdus sur l’Îlot de Beauté.

    Tableau de Quint Buchholz.

  • Cloches du soir – 1

    Cloches du soir - 1

    Lorsque j’entends tinter les cloches, tout juste à minuit moins le quart,
    J’écoute le nombre de Bong égrénés par le carillon
    Qui compte le nombre de valoches des anges qui prennent le car
    Qui repart en sonnant le gong au paradis des papillons.

    Tableau de Carlos Schwabe.

  • Le coup de feu des dieux

    Le coup de feu des dieux

    Au coup de feu, servir les dieux, leur cuisiner, leur apporter
    Les sacrifices dans les poêles demandent de l’entraînement.
    Ce ne serait si fastidieux mais en plus on ne doit rien porter.
    On est complètement à poil et tout ça quotidiennement !

    Tableau de Carlos Schwabe.

  • La dame du lac

    La dame du lac

    La dame du lac sur la berge inspecte sa peau délicate
    Car elle attend les chevaliers, nue, en costume de déesse.
    Elle va remettre la flamberge, l’épée aux flammes écarlates
    Et s’ils se montrent hospitaliers, la nuit sera enchanteresse.

    Tableau de Juan Médina.

  • Petit Louis

    Petit Louis

    Grand-père :
    Fils de Louis-Élie du Gard et Germaine-Antoinette de Nîmes,
    Je me rangeais dans les poids-plumes parmi les gros bras de Saint-Gilles.
    Aussi loin que portait mon regard, mon acuité restait minime
    Et mon histoire en trois volumes n’en gardera qu’un corps fragile.

    Père :
    Aîné de Maryvon-Raymond et de Martine de Marseille,
    Le fils entama sa carrière d’autodidacte dans sa chambre.
    Puis, vint à Sainte-Croix-du-Mont suivant je ne sais quel conseil
    Cependant il fit machine arrière dans les premiers jours de septembre.

    Et fils :
    Le couple Erwann – dit Théophil – et de Lætitia, érodé
    Se sépara durant l’enfance du dernier fils des Riboulet.
    Celui-ci garde bon profil car il devra s’accommoder
    Pendant son âge d’innocence à supporter ces giboulées.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La chatte à Pierrot

    La chatte à Pierrot

    L’ami Pierrot et sa féline écrivent ensemble au clair de lune
    Dont quelques rayons se chevauchent avec la bougie à moitié.
    Du coup les rimes orphelines s’accordent à la bonne fortune ;
    Le poème en est un peu gauche mais il s’en fout, il est droitier.

    Tableau de Vladimir Rumyantsev.

  • L’anniversaire de ma minette

    Pour les treize ans de ma minette – ou un peu plus, faisons les fous –
    J’offre l’apéritif sucré-salé au bon lait de souris.
    Je lui en pose la devinette, cependant elle s’en contrefout
    Car l’ivresse des ans est sacrée, c’ n’est pas tous les jours qu’on sourit.

    Bien sûr tout est exagéré ! En réalité, elle (re)pose
    Comme une déesse d’amour qui peint mais jamais ne se plaint.
    Quant à moi, je n’ai qu’à gérer tous les festins qu’elle propose
    Afin de vivre avec humour du moment que son verre est plein.

    Tableaux de Vladimir Rumyantsev.

  • L’érotique préface

    L’érotique préface

    Elle se fait les ongles des pieds toujours toute nue, mais distinguée,
    Car elle sait que par la fenêtre quelqu’un dans l’immeuble d’en face,
    Un homme jeune, un beau pompier, l’observe complètement embringué
    Dans une histoire en train de naître due à l’érotique préface.

    Tableau de Jack Vettriano.

  • L’épouvantail

    L’épouvantail

    L’épouvantable épouvantail invite pour la pleine lune
    Tous ses amis des alentours, oiseaux, biches et lapins d’amour.
    Bien sûr, comme il est sur la paille, ça s’fait à la bonne fortune
    Mais chacun apporte à son tour, et l’amitié, et son humour.

    Illustration de Quint Buchholz.

  • Ginette en perte de vitesse

    Ginette en perte de vitesse

    Ginette, en perte de vitesse au volant de sa Mercedes,
    Brandit brusquement le levier d’un geste ferme de salope.
    Alors l’engin de hardiesse se redressa sous la rudesse
    Mais sans frémir, sans dévier, de ses quatre pneus, des Dunlop.

    Tableau de Joseph Lorusso.

  • Côté jardin ou côté cour ?

    Côté jardin ou côté cour ?

    Côté jardin on y voit clair, côté cour on y perd son blair.
    Côté jardin tout est en ordre, côté cour tout paraît désordre.
    « – J’en ai rêvé, ça me suffit ! Mais votre côté est immonde !
    – Ouais c’est ça, tu l’as dit bouffi ! Mais ce n’est pas la fin du monde ! »

    Tableau de John Falter.

  • Les seins de Salomé

    Les seins de Salomé

    Les yeux fermés, les seins ouverts, qui donc me regardent le mieux ?
    Ces globes tendres aux mamelons semblent me poser la question.
    Cette poitrine à découvert me parle bien plus que ses yeux.
    Je vais baisser mon pantalon pour leur en faire la suggestion.

    Tableau « Salomé » d’Andrzej Malinowski.

  • La danse des mamelons

    La danse des mamelons

    J’aime la danse aux mamelons qui rythment si bien la musique !
    La flûte de pan enchantée y est sans doute pour quelque chose.
    Lorsqu’elles tapent un coup de talon, leurs gros seins défient la physique
    Et je ressens, sans me vanter, le poids de leur métamorphose.

    Tableau de Frank Brangwyn.

  • La Vague

    Quatre figures féminines ou quatre figures de proue,
    Les mains tendues comme menace, peut-être crispées de douleurs.
    La vague puissante et maligne vous effraie-t-elle peu ou prou ?
    À moins qu’elle ne cède la place à une explosion de couleurs.

    Quatre figures de femmes, aux traits convulsés, à la main tendue en un geste de menace, ou crispé par la douleur, et, entre ces figures, d’autres têtes qui apparaissent également effrayantes et hagardes, rendent bien ce qu’il y a de terrifiant et de lugubre dans la vague. Gaspard Vallette.

    Tableau de Carlos Schwabe, 1907.

  • L’amour au fond des bois ?

    L’amour au fond des bois ?

    Les rendez-vous au fond des bois ne sonnent pas du fond du cœur.
    Ni oui ni non, ni blanc ni noir, la belle n’a pas répondu
    À son fiancé Robin Dubois qui est venu à contrecœur.
    L’amour résonne sans espoir parmi les feuilles répandues.

    Tableau de Zorikto Dorzhiev.

  • L’amour avec le bois

    L’amour avec le bois

    Finalement c’était un arbre qu’elle désirait profondément
    D’avec un beau prince sarment feuillu tout en bois d’acajou.
    Et comme elle n’était pas de marbre, elle se mit nue complètement
    Afin de lui prêter serment et de l’embrasser sur la joue.

    Tableau de Zorikto Dorzhiev.

  • À la claire fontaine

    À la claire fontaine

    Dans l’eau de la claire fontaine où elle se baignait toute nue
    Contrairement à l’ami Georges le vent n’était point fanfaron.
    En revanche, les trois capitaines lui ont dérobé sa tenue
    Mais elle les perdit dans les gorges et les larrons furent marron.

    Tableau d’Alexi Zaitsev.

  • Un parfum d’encens

    Un parfum d’encens

    Pour agrémenter la vitrine du rendez-vous avec les dieux,
    La gardienne du feu sacré parfume le temple d’encens.
    Elle dévoile sa poitrine pour que l’accueil soit plus radieux
    Fors une impudeur consacrée et fors à l’amour renonçant.

    Tableau d’Alfonso Savini.

  • Les habits neufs de l’impératrice

    Les habits neufs de l’impératrice

    Toute revêtue de lumière auréolée de chevelure,
    Sa nudité fait mal aux yeux comme un sex-appeal dévoreur.
    Je ne sais quelle costumière a composé cette parure
    D’un tissu aussi merveilleux que les habits de l’empereur.

    Tableau d’Aleksandr Pavlovets.

  • La raison du miroir

    La raison du miroir

    Entre quatre yeux, entre quatre seins,
    Le miroir répond toujours aux questions.
    Quant à la plus belle, belle des réponses,
    Il doit réfléchir sans perdre la face.

    « Tout est merveilleux, ces deux corps sont sains !
    Mais anticipons à la suggestion ;
    Choisir la plus belle, alors je renonce ;
    Ne saurai fléchir entre vos deux grâces. »

    Tableau de William Orpen.

  • Bouquet d’anniversaire

    Bouquet d’anniversaire

    Quelques petites fleurs des champs en souvenir d’une balade ;
    Petits témoins bleus, roses et blancs, émotions d’une promenade ;
    Petites notes, bonheur du chant dont la forêt m’a fait l’aubade
    Accompagnée des cris tremblants des oiseaux à la roucoulade.

    J’en ai dessiné la portée avec des noires et des blanches,
    Avec des fleurettes nacrées rondes ou accrochées à souhait.
    Après le vent l’a emportée à travers les arbres et leurs branches
    Où résonnait l’écho sacré parmi les feuilles enjouées.

    Mais le bouquet reste éternel car la magicienne peintresse
    Au mur, l’a immortalisé pour vivre les quatre saisons
    Sur une toile maternelle riche en couleurs et de tendresse
    Dont l’éclat s’est cristallisé à l’intérieur de la maison.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • La disparition silencieuse

    La disparition silencieuse

    Les animaux aussi manifestent contre la modernisation
    D’une manière prosaïque, justement sans revendiquer.
    Devant les machines qui empestent, avec peine et consternation,
    Ils disparaissent en mosaïque devant ce monde compliqué.

    Tableau de Nicole Gustafsson.

  • Aperitivo Barbieri

    Aperitivo Barbieri

    Je demande la parole et réclame l’Apérol
    Qu’on verse dans un grand verre rempli jusqu’aux quatre tiers.
    L’apéritif Barbieri dont Fabienne Barbier rit
    Est le remède démoniaque contre mes nuits insomniaques.

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  • Les rêves en famille

    Les rêves en famille

    Tandis que tout le monde dort, il y en a toujours un qui veille
    Comme le berger des beaux rêves qui compte et compte ses moutons.
    Tandis que sous la couette d’or la mère doucement sommeille
    D’une respiration si brève qu’elle en fait sauter ses tétons.

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Rêve solitaire

    Rêve solitaire

    Un rêve solitaire, tout le corps replié
    Pour écouter le cœur dans le sein de ma mère.
    La joue contre la terre, un moment oublier
    Mes peines et mes peurs un moment éphémère.

    Le corps nu pour trembler aux caresses du vent,
    Les pieds nus pour sentir la brise sur les plantes,
    Afin de ressembler comme j’étais avant
    Avant de ressentir une ivresse troublante.

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Couleurs d’amour

    Couleurs d’amour

    Nos veines ont soudain bleui mais ce n’était pas de froid,
    Nos corps ont aussi rougi comme la première fois,
    Nos yeux se sont éblouis mais ce n’était pas d’effroi,
    Et nos sexes ont rugi mais comme une seule voix.

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Le ponton

    Le ponton

    Dans le canton,
    Sur le ponton,
    Nous barbotons
    Jusqu’au menton

    Comme ingénus,
    Nous baignons nus,
    Nus dans la mare
    Aux nénuphars.

    Puis tu viendras
    Entre mes bras,
    Et je viendrai
    Pour engendrer.

    Puisque commence
    Une romance,
    Au petit jour
    Faisons l’amour.

    Puis à la fin,
    Quand on a faim,
    Quelques boissons,
    Quelques poissons.

    Et puis demain
    À quatre mains
    Nous construisons
    Notre maison.

    Alors plantons,
    Sur le ponton,
    Le premier clou
    De notre igloo.

    Igloo de bois
    On peut, ma foi,
    En faire ici,
    Pas de souci !

    Tableau de Igor – Krapar – Shcherbakov.

  • Ma voisine est une sorcière

    Lorsque j’ai sonné à sa porte je n’étais pas un inconnu
    J’étais son tout nouveau voisin et je venais d’emménager.
    Et là, que le diable m’emporte, elle m’a ouvert à demi nue
    Les mains cachant son magasin de mamelles avantagées.

    Comme je lui laissait le temps d’ passer une robe de chambre
    Elle m’offrit comme boisson une bouteille de Chablis.
    Mais une fois fermé le battant de la porte de l’antichambre,
    J’ai vu des milliers de poissons avant de sombrer dans l’oubli.

    Illustration de Bill Sienkiewicz.

  • Ce n’est pas sorcier !

    Ce n’est pas sorcier !

    Comme je suis un peu sorcier, je capte vos cerveaux crédules !
    Tout ça n’est qu’une comédie dictée par des filous fêlés !
    À propos de points négociés sur vos retraites ridicules ;
    Notamment tout ce qu’on vous dit dans les médias et la télé.

    Illustration de Bill Sienkiewicz.

  • Suivez le fil

    Suivez la femme qui dessine directement sur son corps nu
    Et qui exprime ses désirs par une histoire sans parole.
    Une fois partagé son plaisir de passer à la casserole,
    Elle efface tout dans sa bassine pour calmer son mari cornu.

    Tous les jours elle recommence une nouvelle histoire à suivre
    Vous pouvez vous y abonner mais vous y perdrez la santé
    Une fois commencé la romance, vous aurez hâte de poursuivre
    Et dès l’habitude adonnée, vous deviendrez impatienté.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La sorcière

    Il n’apparaît à contrejour que les traits de sa silhouette
    Qui dévoile un peu de ses charmes mais difficiles à percevoir.
    Vêtue de ses plus beaux atours, la peau que sa mère lui a faite,
    Elle vient sans déclencher d’alarme sans qu’on puisse l’apercevoir.

    Vous l’avez vue ? Il est trop tard désormais pour vous échapper !
    Sa toile est déjà crochetée et vous vous êtes pris dedans.
    Mais si vous êtes un peu fêtard vous n’serez pas handicapé
    Car elle va vous acheter pour danser en tenue d’Adam.

    Illustrations de Marjorie Cameron et de Paul Colin.

  • Paris, Prague et c’est fini !

    Toutes ces images des villes s’enfoncent inexorablement
    Fondues au brouillard de l’histoire et les registres du passé.
    Que le temps me paraît servile, qui passe impitoyablement
    Au moulin de la préhistoire mon patrimoine compassé.

    Les vieux magasins, les boutiques, les vieux troquets, les restaurants,
    L’un après l’autre cèdent la place à la mode contemporaine.
    Et les boulevards nostalgiques sont devenus expectorants
    Par la pollution qui remplace la fumée des fêtes foraines.

    Tableaux d’Alvaro Castagnet.

  • L’étang romantique

    L’étang romantique

    Le flou artistique authentique côtoie les brumes naturelles
    Où la nature féminine déploie tout son charme mutin.
    Mon petit étang romantique se confond dans une aquarelle
    Où dans la lumière minime, s’ébattent nymphes et lutins.

    Tableau de Chris Forsey.

  • Le loup de velours

    Le loup de velours

    L’art, au carnaval de Venise, de se montrer énigmatique
    Relève d’un peu de magie et surtout de beaucoup de charme.
    La témérité galvanise la séduction charismatique,
    Le zeste d’humour qui agit pour provoquer le rire aux larmes.

    Loup de velours, frêle accessoire, permet aux yeux de transpercer
    Celui qui croit la reconnaître mais qui ne fera qu’y surseoir.
    Une cage à roses en balançoire et deux colombes à disperser
    Pour envoyer par les fenêtres le courrier des amours du soir.

    Puis, un joli décolleté qui fera baisser les regards
    Des idiots qui se trahiraient en ne s’adressant qu’à son corps.
    Car ceux qui seront bécotés, devront quitter l’esprit hagard
    Et laisser leur cœur attiré cesser de battre les records.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.

  • Le temps suspendu

    Le temps suspendu

    Je me sens suspendu comme sur la sellette
    Depuis mon intérieur à rompre l’équilibre.
    Me voici confondu et mon âme seulette
    Se penche à l’extérieur pour laisser le cœur libre.

    Si j’étais cette femme, je serais tout son corps
    Qui s’entrouvre au matin pour le plaisir des yeux.
    Je verrais par ses seins et par son ventre encore
    L’amour qu’elle présente à ce chat merveilleux.

    Si j’étais ce matou, je ronronnerais fort
    Pour apprécier le charme de ma belle maîtresse.
    Je sentirais ma queue d’un soyeux réconfort
    Pour attirer sa main, savourer la caresse.

    Puisque je suis un homme, je laisse parler le cœur
    Qui trouvera les mots pour connecter le sien.
    Et s’ils s’accordent ensemble, chantent le même chœur,
    Elle sera ma colombe et moi, son magicien.

    Tableau de Jeanne Saint Chéron.