Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Partout à la fois

    Je vis partout à la fois dans la tête de chacun,
    Je suis moi et je suis toi, je suis lui et je suis elle.
    Je connais tous les émois et je n’en regrette aucun,
    Des soupirs entre les toits et des rires dans les ruelles.

    Je ris, je pleure et je chante à chaque instant, tous les jours ;
    Je passe du rire au larme, du bourreau à sa victime.
    Je surprends et m’épouvante de la haine et de l’amour
    Et je pousse un cri d’alarme d’une intimité ultime.

    « Têtes suspendues » exposées au Glasgow’s Art Gallery and Museum, Kelvingrove, en Écosse.

  • La balinaise

    La balinaise

    J’avoue je n’ai pas voyagé à Bali,
    Je ne connais pas le levant où pâlit
    Le soleil sur les passagers du Mali
    Qui se sont tous enfui devant l’hallali.

    J’avoue je n’ai jamais dansé à Bali,
    L’ensemble de mes connaissances a pâli
    Devant le malheur condensé du Mali
    Et les guerres en tumescence, l’hallali.

    Tableau de Vladimir Tretchikoff.

  • À la fenêtre

    À la fenêtre

    Je pourrais regarder ma vie par la fenêtre,
    Laisser la pluie frapper les carreaux protecteurs,
    M’enfermer, me garder à l’abri et renaître
    Hors du monde happé par le flot destructeur.

    Cette étrange impression quand j’entends les nouvelles
    Du monde à l’extérieur résonne dans ma maison.
    Toutes ces dépressions toujours se renouvellent
    Et moi, de l’intérieur, il pleut dans ma raison.

    Tableau de Vladimir Tretchikoff.

  • Le Pont-La vie

    Tous les matins le pont s’écarte, du moins son mouvement ressemble
    À une gymnastique de pierre, un étirement de tablier.
    Vous n’ le verrez pas sur les cartes, mais quand les bateaux s’y rassemblent
    Sur les barques fument les soupières sur les planches d’érabliers.

    Tous les soirs le pont se referme, du moins les ombres le resserrent
    Comme pour rapprocher des mains les rives jumelles opposées.
    Le jour s’étire et puis s’enferme sous un ciel noir qui se lacère
    De lassitude mais dès demain d’autres heurs seront proposés.

    Tableau de Dusan Djukaric.

  • Paris sous la pluie

    Il pleut ce matin à Paris, déambulent les parapluies,
    À pas pressés, à pas mouillés, à pas chassés par les bottiers,
    Les gens de tous les gabarits, passants entre gouttes de pluie,
    Sur les trottoirs déjà souillés par un printemps primesautier.

    La Tour Eiffel sous les nuages gratte le ciel qui la démange,
    Le champ-de-Mars joue les miroirs et montre les gens à l’envers,
    Dans la foule en plein remuage, on se confond, on se mélange
    Personne ne semble s’émouvoir qu’aujourd’hui le temps est couvert.

    Tableau de Dusan Djukaric.

  • Ô chat orange !

    Ô chat orange !

    Ô chat orange, roi des forêts,
    Que j’aime ta fourrure !
    Quand, par tes crocs, rats et souris
    Sont dévorés, tu t’en nourris,
    Mon beau matou, roi des forêts,
    C’est pour ta nourriture.

    Toi qu’ le hasard mena chez nous,
    Pour une vie entière !
    Joli chaton, comme il est doux
    Ton corps de félin blanc et roux !
    Toi qu’ le hasard mena chez nous
    Par une drôle de chatière !

    Mon beau matou, ton blanc collier,
    Ainsi que tes chaussettes !
    Que ton cri résonne à jamais
    Sur les montagnes et leurs sommets !
    Mon beau matou, tes blancs souliers,
    Roi du Massachussetts !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La pêche à l’aube

    La pêche à l’aube

    Silencieusement juste avant l’aurore,
    Officieusement dans la nuit encore,
    Chaleureusement les oiseaux pérorent.

    Sentencieusement le bateau s’avance,
    Tendancieusement le pêcheur devance
    Fallacieusement les eaux de jouvence.

    Consciencieusement les poissons approchent
    Malicieusement au-devant des croches,
    Délicieusement passent sous les roches.

    Tableau de Dusan Djukaric.

  • Je t’aime, moi non plus V6.17

    Je t’aime, moi non plus V6.17

    Je t’aime sur mon iPhone, moi aussi sur iPad,
    Je te hais sur Samsung, je te quitte sur Nokia.
    Fais-moi rêver Sony, c’est LG qui l’a fait,
    Je m’appelle Ericsson et moi c’est BlackBerry.

    Je t’aime en SMS et par messagerie ;
    Pour ton anniversaire je t’envoie un courriel.
    Tu n’ m’envoies plus de Poke et plus de commentaires ?
    Je te quitte face de bouc jusqu’à ta prochaine version !

    Illustration de Daniel Garcia.

  • Le puzzle de la vie

    Le puzzle de la vie

    Chaque jour apporte une pièce au puzzle qui me constitue.
    Il était marqué sur la boîte : quatre-vingt-dix ans de patience.
    Tout nouvel élément acquiesce qu’au final l’œuvre restitue
    La véritable femme adéquate ou l’homme suivant sa conscience.

    Illustration de Daniel Garcia.

  • L’amour en mer – 1

    Je t’aimerai dans la mer bleue, dans la mer chaude et savoureuse
    Dans la mer Méditerranée et dans les mers occidentales.
    Parmi les rivages sableux et dans les dunes amoureuses
    Qui ne seront jamais surannées de nos étreintes sentimentales.

    Je t’aimerai dans la mer noire, dans la mer sombre et ténébreuse
    Et aussi dans la mer Caspienne et dans les mers orientales.
    Dans des voyages aux mémoires de nos amours les plus scabreuses
    Dont les odyssées olympiennes restent à jamais fondamentales.

    Tableau de Lorenzo Mattotti sur http:www.mattotti.com .

  • La pose en question

    La pose en question

    Tout est question de point de vue, d’observation et de patience.
    L’image peut paraître trompeuse quand la perspective s’absente.
    Est-ce un homme ou une femme nue qui met en doute votre défiance ?
    Or si cette pose est pompeuse, elle me paraît bien relaxante.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La procréation de la Terre

    La procréation de la Terre

    Puisque la nuit aimait le jour, un jour ils ont fait une fille
    Le temps d’une éclipse de lune dont les comètes tenaient le voile.
    Ils nommèrent leur fruit de l’amour pour concrétiser leur famille :
    « Terre pour les gens de fortune et qui dorment à la belle étoile. »

    Tableau de Riccardo Guasco.

  • Les femmes fontaines

    Les femmes fontaines

    Si vous aimez les douches froides, alors adoptez un verseau
    Plutôt qu’un vierge insipide qui n’a pas inventé l’eau tiède.
    Ça vous fera le membre roide qui pénétrera le berceau
    De velours doux, tendre et humide de son sexe qui vous obsède.

    Illustration de Mike Willcox.

  • Les amoureux

    Les amoureux du temps jadis faisaient l’amour tout simplement
    Dans le berceau de la nature ou bien dans l’écrin d’un bosquet.
    De peur que Monsieur s’affadisse, Madame l’embrassait humblement
    Là où s’implante la mâture du gaillard pour le provoquer.

    Les amoureux des temps modernes font l’amour trop sophistiqué
    Pour revivre dans les palaces la Dolce Vita embrasée.
    De peur que Madame le materne, Monsieur doit avant s’astiquer
    Pour réchauffer les seins de glace de sa partenaire blasée.

    Illustration de Mike Willcox.

  • Les femmes en musique

    Les femmes en musique

    Jouez-moi quatre notes blanches intercalées de notes noires
    Et faites-moi rythmer le tout en douceur et décontracté !
    Faites-moi danser sur les planches ou encore sur une patinoire
    De jolies femmes nues partout car j’aime bien m’en délecter.

    Illustration de Mike Willcox.

  • Au jeu de l’oie – 2

    Au jeu de l’oie - 2

    Quand tout le monde est en prison au jeu de l’oie, décidément,
    On se retrouve tous ensemble à se savonner sous la douche.
    On préférerait d’autres horizons en liberté, évidemment !
    Tant pis alors, on se rassemble et on s’embrasse sur la bouche.

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  • La nuit des lucioles

    Lorsque la coquille de nuit s’ouvre dans la forêt des rêves,
    Les lucioles sortent de leurs voiles, les fleurs font tinter leurs clochettes
    Et toute la clairière luit d’un million de lumières brèves
    Qui clignotent comme des étoiles pour émerveiller les fillettes.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les yeux d’or

    Les yeux d’or

    La nuit, quand la femme aux yeux d’or ferme doucement les paupières,
    Un rayon de même couleur fuse à travers l’obscurité.
    Je ne le vois pas car je dors d’un sommeil lourd comme une pierre ;
    Seule peut en capter la lueur, la lune pleine de maturité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Cerf bleu

    Cerf bleu

    Cerf bleu je suis au fond des bois la nuit quand vous rêvez de moi ;
    Lorsque la biche est aux abois, Cerf bleu aussi je suis, ma foi.
    Daim bleu, renne bleu, n’importe quoi, du moment qu’à chaque fois
    Vous vous retrouvez chaque mois sous la pleine lune en émoi.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La nuit du chaperon vert

    La nuit du chaperon vert

    Je l’ai poursuivie cette nuit mais je n’étais pas le chasseur.
    J’étais ce loup, toujours jaloux, fou amoureux du chaperon
    Qui était vert, c’est là l’ennui, j’ai dû confondre avec ma sœur
    Qui s’est prise dans un piège à loup en volant des potimarrons.

    Le pire pour un loup daltonien qui mange de la viande rouge,
    C’est de naître dans un chou vert et d’en être traumatisé.
    Voici pourquoi, quand la nuit vient, je cours après tout ce qui bouge ;
    Notamment mon côté pervers envers les filles stigmatisées.

    Photo de Nastya Kusakina par Yumi Lambert.

  • Jolies fleurs

    Jolie fleur bleue, l’étiez-vous donc quand vous rêviez à la maison
    De vos parents à la campagne lorsque le printemps arrivait ?
    Auriez-vous dessiné adonc des myosotis de saison
    Afin que vos yeux accompagnent tout le bonheur à raviver ?

    Jolie fleur jaune, où étiez-vous quand vous vous perdiez dans les bois
    Pendant vos journées de vacances lorsque l’été vous animait ?
    J’aurais aimé, je vous l’avoue, être le soleil qui flamboie
    Et faut s’épanouir l’enfance des jeunes filles affinées.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • La chèvre de Madame Seguin

    La chèvre de Madame Seguin

    Madame Seguin, étrangement n’a jamais connu de problème
    Avec sa chèvre Bérengère qui n’aimait pas trop la montagne.
    « Il y a trop d’éboulements et puis, le loup reste un dilemme ! »
    Répondait-elle à la bergère dont elle était la seule compagne.

    Tableau de Hans Dahl.

  • Violon-blanc et noir-violon

    Violon-blanc et noir-violon

    Va-t-on casser les violons blancs pour avoir accompagné le blues ?
    Va-t-on brûler les violons noirs à cause de leur bois d’ébène ?
    C’est « blanc-bonnet et bonnet-blanc » mais pas un problème de tarlouze
    Sinon bientôt on va vouloir l’abolition du droit d’aubaine.

    Photo de Guy Bara.

  • x Mandarines + y citrons + z noix = 50

    x Mandarines + y citrons + z noix = 50

    Pour les forts en mathématiques, voici un problème facile :
    Additionnez les mandarines avec les noix et les citrons
    Pour que la somme arithmétique – ce n’est vraiment pas difficile –
    Atteigne au ras de la narine exactement l’âge du patron.

    Évidemment j’ai essayé en ajoutant charges sociales,
    En enlevant l’impôt direct, la taxe sur valeur ajoutée,
    Puis j’ai tenté de monnayer auprès de la banque mondiale
    Un prêt à un taux indirect qui n’a quasiment rien couté.

    Quarante-neuf & quatre-vingt-dix, j’ai même obtenu une action
    Qui était valable jusqu’à minuit or ce matin, c’était cinquante.
    Mais il n’y a pas de préjudice, j’ai obtenu satisfaction :
    L’année prochaine, sans ennui, le taux aura grimpé la pente.

    Quand le capitaine a cinquante et qu’il se sent comme à quarante
    Avec un cœur qui a trente ans et des jambes qui ont vingt ans,
    La démonstration convaincante confirme la preuve apparente
    Que quand on aime à cinquante ans, on continuera tout le temps.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • L’Amante inquiète

    L’Amante inquiète

    Il venait lui rendre visite seulement toujours à l’improviste ;
    Il la maintenait aux abois, soumise au gré de ses saillies.
    Il fallait que rien ne parasite ses appétences récidivistes
    Jusqu’à ce qu’un jour, au fond des bois, elle jugea que l’homme faillit.

    Tableau de Jean-Antoine Watteau.

  • Voltaïde

    Il était riche, elle était belle, lui son amant, elle sa maîtresse ;
    Elle jouait les stars à la mode, lui un député triomphant ;
    Lui, vieux soixante-huitard rebelle, elle avait besoin de tendresse ;
    Avant que l’amour se démode, elle voulut lui faire un enfant.

    Elle était belle, il était riche, il a dit « non », elle a dit « oui » ;
    C’étaient tous deux des égarés d’un univers de mascarade.
    En amour quand l’un des deux triche, l’une simule et l’autre jouit ;
    Mais l’enfant les a séparés et eux, sont restés camarades.

    Tableau de Pablo Picasso.

  • Le chœur des moutons

    Le chœur des moutons

    Un quatuor bat la campagne parmi les roses en boutons
    Et ont trouvé un auditoire parmi les gars du pâturage.
    Alors compagnons et compagnes, joignez-vous au chœur des moutons
    Pour écouter le répertoire des chanteurs à tout l’entourage.

    Photo de Dzmitry Shyroki.

  • Guitare à outrance

    Guitare à outrance

    Une star s’est électrocutée avec sa guitare électrique,
    Personne ne s’en est aperçu (quelle infortune) on croyait qu’elle était en transe.
    Son dernier cri répercuté sur les médias volumétriques
    S’est tant vendu qu’elle a perçu (une fortune) après cette mort à outrance.

    Tableau de Bruce Langton.

  • Mariages de saisons

    Mariages de saisons

    Si l’printemps était une fille, je la fiancerai d’argent ;
    Si l’été était une femme, je me la marierais en or ;
    Mais si l’automne me titille, je me vois mal la partageant
    Avec l’hiver et ses infâmes fesses de glace qui l’honorent.

    Jessica Stam – Jean Paul Gaultier Haute Couture – printemps-été 2007.

  • Dernières nouvelles pour les gémeaux

    Dernières nouvelles pour les gémeaux

    Bonne nouvelle pour les gémeaux dont le conjoint est sagittaire !
    L’amour va de plus en plus loin et dépasse même les pensées.
    Même prononcés à demi-mot, vos billets doux prioritaires
    Dont nous nous porterons témoins seront demain récompensés.

    Bonne nouvelle pour les gémeaux dont le conjoint est un cancer !
    Si sa Vénus est en gémeaux, leurs amours iront de concert.
    Mais attention, mauvaise pioche si le conjoint est capricorne !
    Il vous mettra vite en brioche et vous fera porter des cornes.

    Tableau de Douglas Klauba.

  • Salammbô

    Salammbô

    Pendant la nuit de pleine lune, Salammbô pleine de désirs
    Invoqua, d’une voix vorace, la « déesse des choses humides ».
    L’invocation fut opportune car elle connut le plaisir
    De faire l’amour sur la terrasse avec un beau prince numide.

    Tableau de Lobel Riche.

  • La sirène qui s’ennuyait

    La sirène qui s’ennuyait

    Comme sa seule distraction était l’amour pour les marins,
    Elle en usa, en abusa tant qu’elle en grossit de plaisir.
    Et l’abus de dégustation de matelots au romarin
    Lui fit un corps qui médusa longtemps les hommes de désir.

    Tableau de Victor Nizovtsev.

  • Madame la juge

    Madame la juge

    D’une seule main, je la déleste de son précieux déshabillé,
    De l’autre main pressurisant son intime région pelvienne.
    Mais si elle accompli ce geste comme pour vouloir se rhabiller,
    C’est qu’elle juge insuffisant l’excitation clitoridienne.

    Tableau de Carrie Vielle.

  • Tapisserie

    Tapisserie

    Comme elle faisait tapisserie quand nous ne faisions pas l’amour,
    Je l’ai photographiée nue pour en couvrir ma garçonnière.
    Ce n’était que taquinerie pour mettre une touche d’humour
    Et capturer sans retenue son exhibition prisonnière.

    Tableau de Carrie Vielle.

  • Nocturne

    Nocturne

    Lorsqu’elle dort sans rien porter pour un nocturne romantique,
    Je lui écris les plus beaux rêves à la plume de l’oreiller.
    Quelques notes sur la portée pour la bercer d’une authentique
    Aubade ni longue ni brève mais adaptée à la veillée.

    Tableau de Carrie Vielle.

  • Berceuse

    Berceuse

    J’ai composé cette berceuse afin qu’elle se déshabille ;
    « Adagio » à l’introduction, « a capricio » selon l’humour,
    « Presto » si un peu paresseuse, « a capella » quand elle babille,
    « Presto » pour la reproduction et « a due » quand on fait l’amour.

    Tableau de Carrie Vielle.

  • Comme une mère poule

    C’est son regard de mère poule au moment où j’ vais la quitter
    Que j’apprécie de retenir comme une icône protectrice.
    Tout son amour qui en découle comme une dette non acquittée
    Me forcera à revenir vers ses lèvres approbatrices.

    Tableau de Rick Berry.

  • L’Amante fumiste

    L’Amante fumiste

    Elle fumait après l’amour qu’elle pratiquait vingt fois par jour
    Selon le talent des amants et s’ils tenaient un bon moment.
    Elle inscrivit même son corps dans le grand livre des records !
    De fumer, moi, j’ai arrêté et je l’ai souvent regrettée.

    Photo de Ján Hronský sur http:www.janhronsky.netnude .

  • En mouvement

    En mouvement

    J’aime la prendre en mouvement comme une poupée mécanique
    Pour imaginer ses pensées cueillies sur la photographie ;
    En capter les trémoussements sur ses attributs organiques
    Même s’il faut les compenser par un peu de pornographie.

    Tableau de Rick Berry.

  • L’Amante impudique

    L’Amante impudique

    Il lui demanda par caprice de ne plus porter de culotte.
    Comme elle était dominatrice, elle répondît « D’accord, je l’ôte,
    De même, ce qui me recouvre de mes genoux jusqu’au nombril
    Et tant pis si l’ monde découvre que je mets mes fesses en péril ! »

    Photo de Ján Hronský sur http:www.janhronsky.netnude .

  • Une autre dimension

    Une autre dimension

    Quand je me plonge dans un livre ou que je parcours une image,
    La page se met en relief entre les détails et les mots.
    Puis, derrière, quelqu’un me délivre une prédiction ou un message
    Comme un double, qui aurait des griefs, les transmettrait à son jumeau.

    Sculpture de Pam Langdon.

  • L’aube du lundi

    L’aube du lundi

    Lorsque le ciel se déchire après une nuit d’orage
    Et que le soleil transperce les fenêtres des maisons,
    Les rayons viennent fléchir la nuit qui s’enfuit de rage
    Loin de l’aube qui disperse ses regrets à l’horizon.

    Tableau d’Igor Goncharov.

  • La danseuse pas nue

    La danseuse pas nue

    Elle rêvait d’être danseuse nue mais elle a dû se rhabiller.
    On ne lui a pas dit pourquoi, apparemment elle ne sait pas.
    Elle n’a pas été retenue, son ambition a vacillé
    Et sur cette question de poids, elle s’en va à petits pas.

    Tableau de Fernando Botero.

  • Au jeu de l’oie – 1

    Au jeu de l’oie - 1

    Elles étaient quatre sur le départ, prêtes à affronter leur destin ;
    Le bec fixé sur l’horizon pour parcourir soixante-trois yards.
    La première n’alla nulle-part, l’autre d’un loup fit le festin,
    La troisième finit en prison, la quatrième trouva son jars.

    Tableau de Cheri Christensen.

  • L’air dubitatif

    L’air dubitatif

    Je n’avais pas imaginé qu’elle puisse avoir une aventure
    Mais je l’ai lu en transparence derrière son air méditatif
    Seulement voilà, j’ai deviné et me demande quelle rupture
    Choisira-t-elle de préférence ? Moi ou l’amant, dubitatifs ?

    Collage d’Antonio Mora.

  • Le manteau de nuit

    Le manteau de nuit

    Quand Monsieur du corbeau, en costume de nuit,
    Protège un malheureux prêt à faire un grand saut,
    Il le prend sous son aile et le tire d’ennui
    Qu’elle soit jouvencelle ou encore jouvenceau.

    Il surveille surtout les femmes éplorées
    Lorsque passe les ombres d’un ciel de désespoir.
    Quant aux filles perdues, violées et déflorées,
    Il leur donne l’élan vers un nouvel espoir.

    Tableau de Jeanie Tomanek.

  • La vie dévissée

    La vie dévissée

    Il y a une éternité , si on m’avait demandé
    Qu’un quart de tour se dévisse dans chacune de mes nuits,
    J’aurais été excité et j’aurais recommandé
    Que ce quart d’heure me ravisse et me tire de l’ennui.

    Collage d’Antonio Mora.

  • Les tisseuses de nuit

    Les tisseuses de nuit

    Elles tissent la nuit imperturbablement
    Qu’elles cousent d’étoiles et de comètes blanches.
    Elles faufilent les astres incontestablement
    Qu’elles boutonnent aux trous noirs sur la matière étanche.

    Quand la lune s’enlève indiscutablement
    Elles ferment le rideau et relèvent la toile.
    Quand le soleil se couche inévitablement
    Elles brossent l’ouvrage et font tomber le voile.

    Tableau de Jeanie Tomanek.

  • L’ange à la ceinture de fleurs

    L’ange était revêtu d’une aube et d’une ceinture de fleurs
    Et tandis que je dérivais, il m’a retenu par la main.
    Je n’aurais jamais revu l’aube s’il n’avait pas calmé mes pleurs
    Tandis que sa main écrivait que je renaîtrais dès demain.

    Il m’a donné des ailes d’or toutes enrobées de lumière
    Qui ont interrompu ma chute et lié au vent qui m’emporte.
    Puis, comme le vol du condor au-dessus de la cordillère,
    Dans cet étrange parachute, je suis arrivé à ta porte.

    Tableaux de Jeanie Tomanek.

  • L’élévation dans l’espace

    L’élévation dans l’espace

    Une nuit, je me lèverai sur le contour de l’horizon ;
    Une nuit, je m’élèverai au-dessus du mur des prisons ;
    Une nuit, je relèverai le défi de la pesanteur ;
    Une nuit, je dévalerai des montagnes et de leur hauteur.

    Tableau de Jeanie Tomanek.