Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Les danses de l’été

    Les danses de l’été

    Vivent les danses de l’été qui font valser les mamelons !
    Vivent les seins nus prohibés par ceux qui n’y ont pas goûté !
    Secouez maracas étêtés et les seins ronds comme des melons
    Dont les boutons sont imbibés de perles de lait égouttées !

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Les soirées d’été

    Les soirées d’été

    Après les heures de chaleur, vivent les heures de fraîcheur
    Avec les dames court vêtues qui nous exposent leurs vitrines.
    Qu’y a-t-il de plus de valeur que ces jolis seins accrocheurs
    Qui font paraître dévêtues ou presque les jolies poitrines.

    Tableau de Kees van Dongen.

  • La disparition

    La disparition

    Je rêve alors que je la suis dans un labyrinthe boisé.
    La coupe s’est transformée en fleur et l’ange à pris sa forme humaine.
    Je ne voudrais pas qu’elle me fuit et je voudrais l’apprivoiser
    Trop tard ! Je reste avec mes pleurs ; là, au début de la semaine.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La créatrice

    La créatrice

    Peindre le monde à son image lui a demandé tout son cœur
    Et toute son âme et son corps, et tout l’esprit qu’elle a soufflé.
    Je sais comment lui rendre hommage sans se montrer alambiqueur
    En l’aimant encore et encore d’un amour jamais essoufflé.

    Photo de Leonor Fini.

  • L’écrivain des rêves

    L’écrivain des rêves

    J’écris des romans dans mes songes et je me souviens de certains récits
    Où je me voyais « Jules Verne » ou n’importe qui de son rang.
    Mais le matin, cruel mensonge, je me retrouve en Helvétie,
    Malheureusement pour ma gouverne, tout amnésique et ignorant.

    Tableau inachevé « Le Rêve de Dickens » de Robert William Buss.

  • Multicouches

    Multicouches

    La couche sociale inférieure ne voit que le dessous des arbres
    Et l’ombre qui cache la forêt se détache de la nature.

    La couche sociale supérieure dans leurs beaux immeubles de marbres
    Aiment leurs allées décorées d’arbustes quand ils sont matures.

    La couche sociale ultérieure verra le spectacle macabre
    De l’Amazonie déflorée que l’économie dénature.

    Tableau de Rafał Olbiński.

  • Recueillement

    Comme un fantôme recueilli, comme un garde en méditation,
    L’arche m’invite à la rencontre de l’initiatique passage.
    Dans la lumière qui rejaillit, apparaît la contemplation
    D’un Dieu qui irait à l’encontre d’un trop facile apprentissage.

    Comme si Dieu omniprésent décidait d’ouvrir son réseau
    Aux longs corridors espacés, galeries, vestibules et cloîtres
    Ainsi je chemine au présent vers le futur sous le préau
    Et je descends vers le passé où l’âme continue à croître.

    Aquarelles de Cathy Veali.

  • Vive l’été !

    Vive l’été !

    Vivent l’été et les tétés qui rayonnent sur les balcons
    Des jolis jardinières en fleurs et des lavandes en boutons !
    Vivent les roses de l’été, oublié le printemps abscons
    Avec ses averses et ses pleurs d’orages que nous redoutons !

    Tableau de Kees van Dongen.

  • Le jour où la lune se miella

    Le jour où la lune se miella

    Le jour du solstice d’été où la nuit sera la plus courte,
    La lune se décorera d’un or limpide comme miel.
    Or si le soleil est fêté, la lune rentre dans sa yourte
    Car elle aussi honorera cette date cérémonielle.

    Photo de Simon Kaempfer.

  • Le chœur des canaris orange

    Le chœur des canaris orange

    Le chœur des canaris orange commence sa tournée d’été
    Dès que, lundi, se détermine la fin de la saison des pluies.
    Après la pandémie étrange – non mais quel printemps ça a été ! –
    Il était temps que se termine ce satané grain de folie !

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  • Solstice

    Solstice d’hiver ou d’été ? Cela dépend de l’hémisphère
    Mais tout cela revient au même : le soleil au point culminant.
    Les animaux peu hébétés par cette affaire dans l’atmosphère
    Émettent une aura sans dilemme dans le silence illuminant.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • À ses sœurs – 2

    La quatrième, par accident, me surprit car j’étais absent.
    Je n’ai jamais su si le père était le même que ses sœurs.
    Je me suis dit qu’en s’oxydant, un spermatozoïde adjacent
    Avait dû perdre ses repères et suivre ses prédécesseurs.

    La cinquième, là j’en suis sûr, était mon sang, Dieu m’en préserve.
    Elle était le portrait craché de sa mère mais avec mes yeux.
    Du moins c’est elle qui me l’assure et je l’accepte sans réserve
    Car j’y suis tellement attaché que réfuter serait odieux.

    La sixième resta la dernière, je commençais à m’épuiser
    À bâtir de nouvelles chambres et des meubles plus que de raison.
    Elle était un peu chicanière et d’une ardeur inépuisée.
    On l’a mariée en décembre et c’est Noël à la maison.

    Tableaux de Alyona Kosulnikova.

  • À ses sœurs – 1

    La première fille qui m’a marqué n’est pas celle que vous croyez
    Mais cette poupée minuscule, fruit des amours de ma jeunesse.
    Puis, la vie nous a embarqués et nous nous sommes octroyés
    De répéter au crépuscule le même échange de promesses.

    La deuxième naquit en couchette, train de nuit de l’Orient-Express.
    C’était, je crois, un premier mai car elle embaumait le muguet.
    Je l’aurais appelée « Clochette » mais c’était le nom de ma maîtresse
    Et j’ai préféré la nommer d’un prénom bien moins divulgué.

    La troisième arriva à terme dans un vieux quartier de Marseille
    Qui offrait la vue sur le port et sur la Porte de l’Orient.
    Ses cheveux et son épiderme très mat lui allaient à merveille
    Elle en reçut de bons rapports et des visages souriants.

    Tableaux de Alyona Kosulnikova.

  • Flux et reflux

    Flux et reflux

    Un clair de Lune sur la plage attise les plus beaux souhaits
    Surtout quand les cœurs désireux ont hâte de se marier.
    Ainsi les vœux en décalage sont accordés ou rabroués
    Selon le reflux généreux ou bien le flux contrarié.

    Tableau de Marianna Foster.

  • Le rendez-vous sur la lande

    Le rendez-vous sur la lande

    Pas de fantôme sur la lande, juste un rendez-vous amoureux.
    À cette heure entre chien et loup, devant les ruines du château,
    Une femme aux amours gourmandes guette d’un regard langoureux
    Son amant qu’hier était jaloux de s’être fait mettre un râteau .

    Tableau de Jack Thurston.

  • Le concerto au poil

    Le concerto au poil

    Le compositeur non-voyant tâta les courbes de son corps
    Et écrivit la partition sur la peau de la demoiselle.
    Le concerto, en envoyant la fille nue faire l’accord,
    Provoqua la disparition du maestro et sa pucelle.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le secret des pyramides

    Le secret des pyramides

    Dans le secret de la matrice, là, se cache une pyramide
    Qui, elle-même, constitue le moule de l’origine la vie.
    Voilà pourquoi la génitrice protège sa partie humide
    Car son utérus restitue l’énergie de sa propre survie.

    Illustration de Jerome Podwil.

  • Le flot de Venise

    Le flot de Venise

    Dans la foule à Venise, dans le flot des humains,
    Je me sens étourdi, je me sens étranger.
    Dans le flux des valises, les touristes en chemin
    Me donnent le tournis aux langues mélangées.

    Tableau d’Olivier Suire-Verlay.

  • La nuit écarlate

    La nuit écarlate

    Elle avait entendu l’appel d’une voix qu’elle reconnaissait
    Comme appartenant à son fils disparu depuis des années.
    Elle descendit à la chapelle où elle allait se confesser
    Pour participer à l’office des renaissances instantanées.

    Illustration de Jerome Podwil.

  • Le chat et son ange gardien

    Les chats n’ont pas vraiment neuf vies mais ont un ange fort efficace
    Qui, neuf fois, leur sauve la mise sauf la dixième. Fatalité ?
    C’est vrai qu’il n’a pas l’air ravi de devoir être perspicace
    Pour que chaque mort soit remise à Pâques ou à la trinité.

    En vérité l’ange gardien, neuf fois sauvé son protégé,
    Deviendra un chat à son tour et le chat deviendra un ange.
    C’est le miracle circadien que réalisent ces potes âgés
    De dix-mille ans au compte-tours depuis que dure cet échange.

    Tableaux de Yanin Alexander.

  • La demoiselle dans son nid

    La demoiselle dans son nid

    Elle s’était construit son nid toute seule et sans l’assistance
    Des oiseaux lui tournant autour pleins de bons conseils avisés.
    Mais leurs propositions honnies ne brisèrent pas sa résistance ;
    Elle fit son œuf sans le concours du moindre mâle ravisé.

    Tableau de Jennifer Yoswa.

  • La chatte de Van Gogh

    La chatte de Van Gogh

    Comme il s’était tranché l’oreille et donné la langue à sa chatte,
    Van Gogh lui laissa sa palette et son pinceau puis, son béret.
    Un oiseau la trouvant pareille au maître lui serra la patte
    Et Vincent peignit les starlettes le regarder, l’air sidéré.

    Tableau de Jennifer Yoswa.

  • En attendant l’inconnu

    En attendant l’inconnu

    Juste drapée d’étoffe blanche autour des reins comme une cape
    Elle attendait sur le rivage une rencontre, un inconnu.
    Il était très tôt ce dimanche sur la jetée, au bout du cap
    La brise fraîche sur le visage faisait frissonner son corps nu.

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • Le tango de l’archange

    Le tango de l'archange

    Dès lors qu’elle danse avec son ange, elle attrape le diable au corps
    Et ne supporte aucun vêtement, juste ses bas et ses chaussures.
    Lorsque vous apercevrez l’étrange duo qui, d’un parfait accord,
    Danse un tango indécemment, ne leur faites aucune censure.

    Tableau de Kees Van Dongen.

  • Le baiser de l’ange

    Le baiser de l’ange

    Aussitôt que la femme est nue, elle se retransforme en ange
    Comme si des ailes invisibles se dégageaient de son bassin.
    Son gardien lui a convenu d’être présent dans le mélange
    De son auréole sensible et l’aréole de ses seins.

    Tableau d’Omar Ortiz.

  • Chat qui lit, chat qui rit

    Chat va, chat vient avec le temps que je passe à chercher mon chat
    Maintenant qu’il sait remonter chez la voisine de balcon.
    Mais j’ n’ai pas perdu pour autant mon temps de poète pacha
    Qui me permet de raconter ses faits et gestes les plus abscons.

    Chat-lut, Chat-va ? Dès le matin, le minet me tire du lit
    Pour lui apporter sa pitance – et de la première fraîcheur ! –
    Je quitte mes draps de satin pour calmer sa mélancolie ;
    Le soir je bois en pénitence du vin de messe pour le pécheur.

    (Le temps passé avec les livres et les chats n’est jamais perdu.
    C’est ce que je fais ; je bois du vin et je connais des choses.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le retour de Cherch’Midi

    Cherche-Midi est revenu ; il avait dû trouver refuge
    Sur le sofa d’une voisine et dormir toute la journée.
    Après sa fugue saugrenue, je ne sais par quel subterfuge,
    Il est rentré dans la cuisine ; il avait faim de sa tournée.

    Illustration de Philippe Geluck.

  • La famille Jolinichon

    De la famille Jolinichon, j’avais croisé ces deux gamines,
    Inséparables comme à la ville et comme au lit ; ce fut grandiose !
    Nous faisions sauter les bouchons de champagne aux amphétamines
    D’une façon presque servile, une véritable symbiose.

    Elles m’invitèrent à la campagne dans leur vieille maison de famille
    Où je fus reçu par leur mère qui portait aussi bien son nom.
    Elle fut vite ma compagne et ses enfants, mes belles-filles,
    Joignirent leurs glandes mammaires à ma collection de canons.

    Tableaux de Kees van Dongen.

  • Au bord de la Töss

    Au bord de la Töss

    La Töss ouvre en grand ses deux rives pour accueillir les estivants
    Avec îles pour les sirènes et barbecues pour les gourmands.
    Toute la journée elles arrivent, avec le soleil motivant,
    Les belles naïades sereines qui m’éliminent mes tourments.

    Illustration de Kailey Whitman.

  • Derrière la Töss

    Derrière la Töss

    Derrière la Töss, près des collines de jolis prés poussent en attente
    Des campeurs et de leurs copines qui viendront s’aimer sous la tente.
    Les papillons et libellules vous souhaiteront la bienvenue
    Mais gare aux tiques qui pullulent surtout si vous dormez tout nu !

    Illustration de Kailey Whitman.

  • Sous la Töss

    Sous la Töss

    Plus de poisson dans la rivière malgré toutes les tentatives
    Les humains ont mis des barrières et des cascades entre les rives.
    Tant pis pour le héron qui pêche et tant pis pour les canetons.
    Je ne dis pas que ça m’empêche de dormir mais c’est trop thon !

    Illustration de Kailey Whitman.

  • Le cycle des rêves

    Tôt le matin, elle revient ponctuelle à l’heure coutumière
    De l’aurore saupoudrée des rêves que les anges ont fait de leurs mains.
    Lentement son âme devient tout illuminée de lumière
    Pour la diffuser sur la grève et la répandre sur les humains.

    Puis vers le soir, sur le départ, les épaules chargées des souffrances
    Qu’elle a recueillies en échange des rêves d’or qu’elle a donnés,
    Vêtue d’argent, elle repart pour transformer en délivrance
    L’ouvrage réservé aux anges qui sauront bien les pardonner.

    Tableau de Sulamith Wulfing.

  • Cristallisation

    Cristallisation

    À partir d’un cristal de roche aussi pur que de l’eau limpide,
    Les fées mettent des anges au monde par une cristallisation.
    En pleine lune, elles l’accrochent sous la nitescence sapide
    Aux branches d’un arbre à losanges sacrés pour l’angélisation.

    Tableau de Sulamith Wulfing.

  • Bleue de nuit

    Bleue de nuit

    Lorsque la lune est bleue de nuit et que nous avons fait l’amour,
    Elle prend sa douche lunaire pour aider la fécondation.
    Toujours est-il que ça ne nuit ni au plaisir ni au glamour
    Car c’est assez spectaculaire de voir Vénus en pleine action.

    Illustration de Lou Shabner.

  • Suivez-moi jeune homme

    Suivez-moi jeune homme

    En traversant la pataugeoire, j’ai proposé à Marie-Ange
    De s’envoyer en l’air tantôt après quelques brasses dans l’eau.
    Mais elle est montée au plongeoir et m’a dit : « Fais le saut de l’ange »
    Alors je m’ suis pris un râteau et passé pour un rigolo.

    Illustration de Lou Shabner.

  • Evidences

    Evidences

    Les chaises ont quatre pieds, c’est pour poser par terre (Boileau).
    Les femmes ont quatre membres, pour s’envoyer en l’air.
    Les filles, comme il leur sied, cachent bien des mystères ;
    Les femmes, dans leur chambre, savent comment nous plaire.

    Illustration de Lou Shabner.

  • La fugue de Cherch’Midi

    De son balcon, Cherche-Midi observait les canards sauvages
    Et les promeneurs qu’accompagnent leurs compagnons de race canine.
    Toujours est-il, c’est c’ qu’on s’est dit, qu’il a dû plier ses bagages
    Puis, s’est enfui dans la montagne à la recherche d’ ses origines.

    Illustration de Philippe Geluck.

  • De tous les regards

    De tous les regards

    J’aimerais changer de regard et reconnaître un nouveau monde
    Avec les yeux des animaux de toutes les catégories.
    Voir comme un chat perché hagard, comme une mouche vagabonde
    À en avoir les lacrymaux remplis de fantasmagorie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Pythagore

    Pythagore

    Si les nuages étaient carrés plutôt que n’importe comment,
    Nous verrions l’ange Pythagore nous expliquer son théorème
    Par des cumulus bigarrés sur un ciel d’un bleu assommant
    Et nous comprendrions l’égrégore de l’hypoténuse suprême.

    Tableau de Gianni De Conno.

  • Diffractions

    Le petit trou de la serrure devient un œil qui se diffracte
    Lorsque la fente rétrécit jusqu’à devenir une loupe.
    Les rayons percent les ferrures et brusquement se décontractent
    Et leur finesse déprécie tant qu’on croirait une entourloupe.

    La lumière garde ses secrets dans l’art dont elle se comporte
    À la fois comme particule et onde électromagnétique.
    Dieu a voulu rester discret sur les miracles qu’il apporte
    Et il serait donc ridicule d’en traiter l’éclat d’hérétique.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Les dessous de la tatouée

    Les dessous de la tatouée

    Qui aurait cru que sous la robe se cachait un corps tatoué
    Dont les dessins enchevêtrés forment une bande dessinée ?
    Lorsque le public se dérobe, j’aime lire, je dois l’avouer,
    Ses aventures empêtrées dans l’amour de sa destinée.

    Tableau de Ray Caesar.

  • Le chat machine

    Le chat machine

    Toutes ces machines ensemble qui nous soulagent des travaux
    Forment une drôle de famille surtout les machines-à-laver.
    Comme la plupart se ressemblent, je ne dirai qu’un mot : « bravo »
    En revanche, lorsqu’elles dégobillent, l’eau se répand sur le pavé.

    Tableau de Ray Caesar.

  • Le petit peuple des forêts

    Le petit peuple des forêts

    Le petit peuple des forêts dépose souvent ses offrandes
    Sur une souche protégée dans le bois du chemin des loups.
    J’avais moi-même décoré d’escargots au sel de Guérande
    Que deux chiens blancs ont cortégés pour ne pas faire de jaloux.

    Dans le Wolfstrasse – le chemin des loups – de la forêt d’Eschenberg, il y a une souche sur laquelle au fil des mois et des années des petits lutins déposent des petits sujets notamment les petits canards qui n’étaient pas là le mois dernier.

  • M. Cherch’midi

    M. Cherch’midi

    Si la nuit tous les chats sont gris, le mien vers trois heures s’écrie :
    « Tout le monde debout là-dedans ! J’ai faim et rien à me mettre sous la dent ! »
    Après, il griffe le sofa alors ça suffit comme ça !
    Ô Dieu des chats, protégez-nous des cris de cet odieux minou !

    Une amie nous a donné ce chat qui s’appelle « Schmidi » et nous essayons de le franciser en « Cher Schmidi » et ça donne « Cherch’midi ».

  • Le rouge et la noire

    Le rouge et la noire

    Quand le rouge entre dans le noir, le sang ne se mélange pas
    Car la sève blanche qui sort reste cependant incolore.
    Monet, Van Gogh, même Renoir n’ont pu franchir ce mauvais pas
    Et mélange en plein essor donne un enfant versicolore.

    Tableau de Leonor Fini.

  • Semblablement

    Cette nuit-là, le chat botté ne semblait pas dans son assiette ;
    En chemise de nuit, ma femme ne semblait pas très réveillée
    Mais ses seins de pure beauté semblaient lui crever la nuisette
    Et je compris qu’un rêve infâme semblait me faire dérailler.

    Tableau de Dorothea Tanning.

  • Violée de lumière

    La porte s’ouvrît sans un bruit et le soleil la pénétra
    D’abord d’un rayon adressé directement à sa maîtresse.
    Puis la lumière ouvrit le fruit et tout son jus se perpétra
    Dans l’ombre sauvage agressée mais qui la remplit d’allégresse.

    Amy Adams photographiée par Boe Marion pour So-it-goes-magazine 2018.

  • La reine de la forêt

    La reine de la forêt

    Comme je passais sous un arbre, l’odeur me monta à la tête
    Et j’entendis une voix frêle dire : « S’il vous plaît embrassez-moi ! »
    Tandis que je restai de marbre, des lèvres semblables aux fleurettes
    D’un arôme de thym et de prêle mirent mon cœur en émoi.

    La reine des forêts – discrète à l’ordinaire dans ces bois –
    M’est apparue avec sa traîne faite de fleurs et de fougères.
    Je connus des amours secrètes telles qu’elles me laissèrent sans voix
    Et depuis ce jour je m’entraîne à biser la reine fourragère.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Partout à la fois

    Je vis partout à la fois dans la tête de chacun,
    Je suis moi et je suis toi, je suis lui et je suis elle.
    Je connais tous les émois et je n’en regrette aucun,
    Des soupirs entre les toits et des rires dans les ruelles.

    Je ris, je pleure et je chante à chaque instant, tous les jours ;
    Je passe du rire au larme, du bourreau à sa victime.
    Je surprends et m’épouvante de la haine et de l’amour
    Et je pousse un cri d’alarme d’une intimité ultime.

    « Têtes suspendues » exposées au Glasgow’s Art Gallery and Museum, Kelvingrove, en Écosse.

  • La balinaise

    La balinaise

    J’avoue je n’ai pas voyagé à Bali,
    Je ne connais pas le levant où pâlit
    Le soleil sur les passagers du Mali
    Qui se sont tous enfui devant l’hallali.

    J’avoue je n’ai jamais dansé à Bali,
    L’ensemble de mes connaissances a pâli
    Devant le malheur condensé du Mali
    Et les guerres en tumescence, l’hallali.

    Tableau de Vladimir Tretchikoff.