Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • La maman des phénix

    La maman des phénix

    Le phénix renaît de ses cendres et ne serait né qu’une fois
    D’un œuf de feu et mordoré sorti du volcan de maman.
    Enfants, quand vous voyez descendre la pluie que le ciel vous envoie,
    Observez les gouttes dorées, ce sont ses plumes d’ornement.

    Tableau de Shiloh Sophia McCloud.

  • Les yeux de la Dolorès – 5

    Je revois toujours Dolorès ; ses enfants ne sont plus jaloux.
    Il paraît que Soleil-qui-rit me considère comme un ami.
    Soleil-qui-pleure n’a pas compris et me voit comme son ennemi.
    Que voulez-vous ? Elle m’intéresse mais je l’approche à pas de loup.

    Depuis, nous sommes mariés et nous vivons dans l’allégresse.
    Les deux enfants m’ont accepté et figurent sur mon testament.
    Je ne veux pas les contrarier mais les enfants de Dolorès
    Ont consenti de m’excepter de la liste des mauvais amants.

    Tableaux de Michael Shapcott.

  • Soleil qui rit, soleil qui pleure

    Tandis que je tâtais leur mère, ses deux fils ont fait irruption.
    Soleil-qui-rit m’a éclairé sur tout ce qui s’était passé.
    Puis, d’une manière assez sommaire, il m’offrit une interruption
    Avec un peu de vin clairet d’un air grivois et compassé.

    Soleil-qui-pleure n’étant pas tendre – et c’est là son moindre défaut –
    De ma visite prit ombrage – il défendait sa forteresse –
    Comme je n’avais rien à attendre de rester là en porte-à-faux,
    J’ai préféré passer l’orage et dit adieu à Dolorès.

    Tableaux de Michael Shapcott.

  • Les yeux de la Dolorès – 3

    Les yeux de la Dolorès - 3

    Les saules rieurs savent tout, notamment sur la Dolorès
    Qui vient souvent se mirer nue dans les eaux du fleuve aux couleurs.
    Je leur dois mon meilleur atout : le récit d’une centauresse
    Qui aurait suivi l’inconnue jusqu’à ses premières douleurs.

    « Douleurs de quoi, douleurs de qui ? » Demandai-je à la fabuleuse
    Créature mi jument- mi femme qui ressemble un peu à ma sœur.
    « Elle a lu un cadavre exquis qui l’a rendue tant enjôleuse
    Qu’elle en a eu des crampes infâmes ; elle attend tes mains de masseur. »

    Tableau de Susann Sines.

  • Les yeux de la Dolorès – 4

    Lorsque je frappai à sa porte, la centauresse vint m’ouvrir
    Et m’indiqua par l’escalier qu’elle m’attendait dans sa chambre.
    Arrivé là-haut, elle s’emporte : « Comment as-tu me faire souffrir ?
    Ton texte était fou à lier, j’en ai tremblé de tous mes membres ! »

    Je n’ai rien dit, juste écouté ensuite, mes mains ont parlé
    Je lui expliquai de mes doigts sur son corps nu aux bons endroits
    Les phrases qu’il fallait goûter avec caresses en pourparlers
    De manière à, comme il se doit, lui remettre les idées à l’endroit.

    Tableaux de Michael Shapcott.

  • Les saules rieurs

    Les saules rieurs

    Au bord du fleuve indélébile qui charrie les couleurs du temps,
    Deux saules rieurs se racontent comment le soleil est tombé.
    Comment après sa course débile il commit l’erreur du débutant
    En voulant se prendre à son compte toutes les étoiles surplombées.

    Tableau de Susann Sines.

  • La mémoire

    La mémoire

    J’ n’oublierai jamais son visage, pourtant l’image m’est impossible ;
    Je me souviens de tous ses traits mais son minois reste caché.
    J’y vois quand même le doux présage que c’est elle un jour, impassible,
    Qui reconnaîtra mon portrait et que je ne dois rien gâcher.

    Tableau de Susann Sines.

  • Le chat parti, le temps s’emballe

    Le chat parti, le temps s’emballe

    Le chat parti, les souris dansent et les intempéries aussi.
    Toutes les grenouilles ont quitté et leur échelle et leur bocal ;
    Les vents ont prit l’indépendance et les orages s’associent
    Avec les averses acquittées pour inonder notre local.

    Tableau de Makk Briscoe.

  • Voyage Nº2

    Voyage Nº2

    Au deuxième amour de voyage les premiers pas vous mettes à l’aise
    Les langues reviennent très vite dans les endroits appréciés.
    On pense même au mariage en veillant bien, à Dieu ne plaise,
    Que les traditions nous invitent à l’espoir que vous caressiez.

    Tableau de Graham Dean.

  • Voyage N°1

    Voyage N°1

    Le premier amour de voyage dans une contrée inconnue
    Apporte sa première langue étrangère à embrasser.
    Posséder le don du langage ouvre les lits les plus connus
    Mais, par un effet boomerang, vous êtes vites remplacés.

    Tableau de Mark Demsteader.

  • La réforme du Blanc et du Noir

    La réforme du Blanc et du Noir

    Désormais tous les « Blanc » s’appelleront « Legris »
    Pareil pour tous les « Noir » qui deviendront « Legris ».
    Désormais le « Mont Blanc » se nommera le « Mont Gris »;
    Les tableaux de « Renoir » seront œuvres de « Regris ».

    Le maître au tableau gris, l’a écrit gris sur gris :
    « Montrez donc patte grise et vous serez admis
    Car en cas de méprise, ce sera le cachot gris ! »
    Le jour tout le monde a compris, la nuit les chats sont gris.

    Photo de Rodney Smith.

  • La femme publique en marche

    La femme publique en marche

    Emmanuel l’avait promis, Brigitte n’a pas démenti,
    Dans les rues, ça va castaner contre les désembouteillages !
    Les gilets jaunes sont compromis, l’opposition anéantie
    Et tous les français basanés ne seront pas déçus du voyage.

    Collage d’Emanuele Crovetto.

  • La maison rouge

    De l’intérieur, tout paraît rouge et contraste avec l’extérieur
    Comme si les couleurs du ciel et de la terre étaient intruses.
    Dans la maison, tout le monde bouge ; au-dehors, le soleil rieur
    Semblerait bien préjudiciel à la dominante percluse.

    La nuit, les chats n’y sont pas gris mais lie-de-vin ou cramoisi.
    Le chien dort au coin comme un loir, un loir cousin des rouges-gorges.
    La femme sans doute un peu aigrie à cause des odeurs de moisi
    Frotte d’acajou nonchaloir sa commode Louis XIV.

    Tableau « la chambre rouge » de Henri Matisse.

  • Le chat baromètre

    Le chat baromètre

    Tout allait bien jusqu’à ce que l’chat passa sa patte sur l’oreille.
    Le vent fraîchit et se leva puis, on entendit le tonnerre.
    L’orage gronda, la pluie cracha. Jamais vu de tempête pareille !
    Du baromètre, on releva le chat sur le toit, débonnaire.

    Tableau de Makk Briscoe.

  • Le virus des sirènes

    Le virus des sirènes

    Partout sont les sirènes, partout sont les chimères,
    Dans les vagues en rouleaux, dans l’écume de mer.
    Partout elles sont reines, partout elles sont mères
    D’enfants naissant sous l’eau pour une vie éphémère.

    Elles sont au marin, le virus de l’amour ;
    Elles sont à l’amour, le virus des fantasmes ;
    Elles sont aux fantasmes, le virus doux-amer ;
    Elles sont à la mer, le virus du marin.

    Illustration d’Edna Cooke.

  • La Voie Bleutée

    La Voie Bleutée

    La Voie Lactée, à l’origine, était bleutée, le saviez-vous ?
    Vénus et Mars faisaient la fête et avaient tracé une route
    Pour tous les êtres androgynes invités à ce rendez-vous
    Afin qu’elle guide leur comète directement chez eux, sans doute.

    Photo de Mariano Peccinetti.

  • L’étreinte des jours

    L’étreinte des jours

    Le temps s’enlace autour des os et chaque jour resserre un peu
    L’étreinte pour ceux qui ont peur d’arriver au jour de leur mort.
    Les pleurs font des dégâts des eaux, la vie s’amuse comme elle peut
    À envoyer toute la vapeur ce temps qui embrasse et qui mord.

    Tableau de Patrice Murciano.

  • Exercice de style

    Exercice de style

    Comme elle n’avait pas trop d’idées pour s’habiller pour le dîner,
    Elle a tamisé la lumière de clair-obscur et de pénombre.
    Un peu de rouge dilapidé par un contrejour badiné
    Nous contenta, dans la chaumière, pour un tête-à-tête dans l’ombre.

    Tableau de Jaya Suberg.

  • Si j’étais Dieu

    Si j’étais Dieu

    Je serais Dieu, je m’enterrerais bien profondément dans la terre
    En espérant le plus possible le premier fou qui m’atteindrait.
    Puis, avec lui, s’engagerait la révélation des mystères
    Avec des miracles impossibles qui, jusqu’à la fin, attendraient.

    Alors je laisserais ce fou contaminer d’autres idiots.
    « Plus on est de fou plus on rit ! » Ce serait mon commandement.
    Je laisserais en garde-fous des textes sacrés primordiaux
    Et le mot magique « INRI » pour couronner le fondement.

    Tableau de Jaya Suberg.

  • J’ai une vestale dans le cœur

    J’ai une vestale dans le cœur

    Comme tout le monde -ou non, peut-être- enfin, comme ceux qui me ressemblent,
    J’ai une vestale dans le cœur qui veille sur mon feu sacré.
    Même si cela peut vous paraître des trucs qui ne vont pas ensemble,
    J’ai dans le cœur une liqueur, un eau-de-feu forte et sucrée.

    Elle est d’abord née dans ma tête, j’aimais bien ça ; son intuition
    Qui me soufflait des solutions pour louvoyer entre les blâmes.
    Un jour, une forte tempête m’emporta en déperdition ;
    Elle prit donc la résolution de s’occuper du feu de l’âme.

    Depuis, ma chaudière est en feu, j’ai toujours chaud mais jamais froid.
    Elle cumule les rôles de vestale et celui de mon ange-gardien.
    Je ne m’arrache plus les cheveux et je tremble plus d’effroi,
    Depuis que, sur mon piédestal, elle a tranché le nœud gordien.

    Tableau de Sophia Shiloh.

  • La veste à l’eau

    La veste à l’eau

    Toute légère et court vêtue, elle a jeté sa veste à l’eau
    Avec sa charge de vestale qui la faisait partir à vau-l’eau.
    Puis elle jeté sa vertu, elle s’est toquée d’un salaud
    Qui la mise sur un piédestal mais c’est elle qui va chercher l’eau.

    Tableau de William Russell Flint.

  • Ma grand-mère était une sorcière

    Ma grand-mère était une sorcière

    Ma grand-mère, célèbre sorcière, m’a toujours tu la vérité ;
    « Tu comprendras tout ça plus tard ! » voilà tout ce qu’elle avait à dire.
    Toute petite, vieille mais fière, forte de sa témérité ;
    « Si t’es pas sage, le père Fouettard ! » voilà ses mots pour me maudire.

    Toujours malade, hypocondriaque mais elle ne mourrait jamais ;
    Elle avait traversé deux guerres, peut-être trois, on ne sait jamais ;
    Elle logeait dans un paradisiaque gourbi, rue Émile Jamet ;
    Mon grand-père y était mort naguère pourtant, on n’en parlait jamais.

    Jamais ne faisait de sourire, sa bouche en était déformée ;
    Jamais d’argent en tirelire, le porte-monnaie restait fermé ;
    Dans la vie, elle avait vu le pire, le meilleur s’était refermé ;
    Jamais n’était prête à en rire et tout sentait le renfermé.

    Tableau de Sophia Shiloh.

  • Les oiseaux libres de la Terre

    Les oiseaux libres de la Terre

    Avec l’air des montagnes qui mènent aux toits du monde,
    Avec l’air de la mer qui mène aux continents,
    Avec l’air des campagnes où le vent vagabonde,
    Avec l’air doux-amer du vent prédominant,

    Avec les cumulus pour unique frontière,
    Qui portent des tourmentes de transports en commun,
    Avec les gros nimbus qui couvrent la terre entière
    Et qui vous mouvementent vers des cieux opportuns,

    Avec la liberté pour unique horizon,
    Avec la vérité pour unique passions,
    Avec légèreté pour unique raison,
    Avec sévérité pour seule compassion,

    Les oiseaux libres de la Terre

    Tableau de Sophia Shiloh.

  • L’œil du monde

    L’œil du monde

    Lorsque notre œil sera capable de nous inclure dans sa vision
    Ni disproportionné d’Ego, ni limité d’humilité,
    J’aimerai voir l’âme impalpable mise à l’échelle en prévision
    Du contact d’égale à égaux entre nous et la vérité.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le fils de Pygmalion

    Le fils de Pygmalion

    Le fils de Pygmalion cherchait une œuvre d’art à son échelle
    Tant et si bien qu’il entendit sa belle voisine se trémousser.
    Alors tandis qu’il se perchait pour observer la belle Michelle,
    Celle-ci le vit et lui tendit son savon pour la faire mousser.

    Tableau de Yanin Alexander.

  • L’extraterrestre

    À l’époque où je travaillais en Alsace comme informaticien indépendant, j’ai rencontré un jour dans son entreprise une nouvelle cliente et je découvris je ne sais plus comment qu’elle était une extra-terrestre.
    Les extraterrestres avaient contacté la Terre depuis de nombreuses années mais étaient restés très indépendants, un peu comme les américains vis-à-vis de l’ancienne Europe : arrogants et fiers envers les terriens, ils se sentaient supérieurs. Sous forme humanoïde, assez grands, 1m80 en moyenne, leur peau étaient nacrée et parsemée de taches ou de stries régulières et harmonieuses et de couleurs différentes selon les gens.
    À cette époque, les extraterrestres étaient peu présents sur Terre ; soit pour du tourisme en voyageant un peu partout sur les continents, soit pour établir des relations commerciales ou diplomatiques ou de communication avec leur propre planète sur laquelle ils préféraient vivre majoritairement.
    Je sympathisai avec ma nouvelle cliente que j’appellerai « Évasion » car je ne me souviens plus de son nom. Toujours est-il qu’elle m’invita à l’accompagner sur sa planète et que j’acceptai.
    Nous voyageâmes alors dans une sorte de fusée-navette et nous arrivâmes à l’astroport de leur planète ou tout était démesuré comme à l’américaine, décidément. Les cités, d’immenses mégapoles où une foule nombreuse déambulait dans les rues comme à Paris, New-York, Broadway, Londres, un soir de fête.
    Tout était sous contrôle avec caméras et micros partout et accessibles selon l’autorisation sur des sortes de téléphones portables, d’écrans virtuels ou des terminaux présents partout avec reconnaissance automatique de l’utilisateur. Chacun pouvait y voir et contrôler ses enfants, son chien, sa maison mais avec un accès utilisateur très rigoureux. J’essayai de regarder mais je ne pouvais voir uniquement que si quelqu’un me montrait son visuel. Dans les rues de grands panneaux lumineux où l’on pouvait voir ce qu’on voulait rien qu’en s’en approchant. Beaucoup de lumières. Tout respirait la grandeur et le luxe.
    Nous sortîmes en ville et allâmes boire un verre dans une sorte de Dancing- Boîte de nuit avec portier extérieur et portier intérieur. Le portier extérieur connaissait Évasion qui m’a semblé être une personne charismatique et réputée. Il s’aperçut immédiatement que j’étais terrien (en fait c’était facile puisque nous sommes physiquement différents) mais sans Évasion, je n’aurais jamais pu entrer. Après un couloir un deuxième portier devant l’entrée nous contrôla à nouveau. Nous pûmes entrer. Très grande salle, beaucoup de gens, beaucoup de lumières, de musique, de rires, de chants, de danse, tchin-tchin.

    Chez eux, la maison contrôle toutes les entrées. Les membres de la famille entrent et sortent à leur guise, les portes s’ouvrent et se referment automatiquement. Il n’y a pas de sonnette. Les membres de la famille extérieure entrent et sortent à leur guise mais sont annoncés par une voix synthétique. Les amis entrent et sortent mais à condition d’en avoir l’autorisation pour un jour en principe ou plusieurs jours selon leurs séjours. Les autres personnes doivent avoir pris rendez-vous pour entrer, médecins, conseillers, réparateurs, sinon les portes restent closes. Pour tout autre personne, la maison est comme un coffre-fort ; impossible d’entrer ni par les portes ni par les fenêtres. Les cambriolages n’existent pas. Quand un visiteur prévu arrive, un livreur de « pizza » (du moins quelque chose qui y ressemble) est automatiquement autorisé par la commande de « pizza », la porte s’ouvre et une voix annonce la personne.

    La maison d’Évasion était très grande, vaste entrée, porte d’entrée large et automatique, grand salon avec une grande table basse, des, enfants ados, livreurs annoncés, j’étais surpris à chaque fois de voir la porte s’ouvrir et annoncer le visiteur sans que cela semble déranger les enfants et les gens. C’était naturel.
    Nous allâmes dans les Bureaux d’Évasion où tout était contrôlé par des sortes d’ordinateurs. Je m’asseyais un moment à côté d’une secrétaire et j’essayai encore une fois de manipuler un écran, sans succès. Elle me montra ses enfants et sa maison mais moi-même n’y avais pas accès directement. Je fis une tentative de manipulation mais les contrôles restaient sévères et je ne pus rien faire. Même pour quitter l’application, si je répondais « Non, abandonner » le système me demandais pourquoi, qui j’étais, qu’est-ce que je voulais faire exactement. Le système se montrait hyper rigoureux et policier.
    J’attendais Évasion qui devait venir me rejoindre et puis, je me suis réveillé dans notre bon vieux vingt-et-unième siècle. Était-ce vraiment un rêve ou ai-je été contacté télépathiquement par des extraterrestres ? Si oui, pas de souci, ils me recontacteront et sinon, pas de souci non plus, ça m’aura quand même fait vivre une belle histoire.

    Photo de Jesse Paulk.

  • À manger !

    À manger !

    Du thon ou tant pis pour ton dos !
    Du mou ou tant pis pour ton ouïe !
    J’ai faim, donne-moi à manger,
    J’ai l’estomac dans les talons !

    Allez ! Fini de faire dodo !
    Allez ! Bouge-toi donc Louis !
    Tu vas voir comment j’vais arranger
    À coups de griffes ton salon !

    Tant qu’t’auras pas fait ton fardeau,
    Tant qu’au n’m’auras pas réjoui,
    Tant qu’tu mets mon ventre en danger,
    Je grifferai ton pantalon !

    Tableau de Yanin Alexander.

  • La source

    La source

    Dans le grand fleuve de la vie, qui emporte aussi tous les morts,
    La femme représente une source opposée au cycle broyeur.
    Et le serpent, du même avis et qui ne montre aucun remords,
    Spécule à cette étrange bourse tout en regardant vers ailleurs.

    Tableau « Medicine » de Gustav Klimt sur http:lostpaintings.netenartworkklimt .

  • Secrets de peintres

    Secrets de peintres

    Chagall a peint tous ses vitraux à coups de pinceaux magistraux ;
    Degas a peint ses ballerines en coiffant Sainte-Catherine ;
    Matisse à peint ses silhouettes en tournant comme une girouette ;
    Picasso créa le cubisme pour mettre en boîte le snobisme ;
    Van Gogh mit de l’impressionnisme pour aider au confusionnisme ;
    Monet peignait des œuvres troubles, tout simplement, il voyait double ;
    Delacroix peignit ses chefs-d’œuvre mais il engageait des manœuvres ;
    Manet, parmi ses personnages, mit un’ touche de libertinage ;
    Turner peignit ses p’tits bateaux tout en dégustant des gâteaux.

    Palettes de Chagall, Degas, Matisse, Picasso, Van Gogh, Monet, Delacroix, Manet, Turner.

  • Défi à la gravitation

    Défi à la gravitation

    La femme défie la science, la loi de la gravitation
    Et toutes les mathématiques et même jusqu’à la logique.
    La femme vit dans l’inconscience ainsi que la contestation
    Contre l’homme systématique qui n’a pas remarqué son physique.

    Tableau de Pier Sparello.

  • Au lavoir

    Le lundi, jour de lessive, le lavoir est réservé
    À la jolie blanchisseuse qui s’occupe du linge sale.
    Toutes les familles excessives aux propos bien énervés
    Lui confient en connaisseuses les taches les plus colossales.

    Sous l’étuve, les seins nus, juste un linge sur les reins,
    Elle résout les problèmes des nœuds les plus épineux.
    Il paraît que ses revenus l’habillent d’or et d’airain ;
    Le lavage des dilemmes est de rapport volumineux.

    Tableau de William Russell Flint.

  • La ronde – 2

    La ronde - 2

    Ce qui doit m’arriver m’arrive ; mes pieds se transforment en sabot,
    Une queue troue mon pantalon, je me métamorphose en faune.
    Et me voilà à la dérive – je ne sais si nous trouvez ça beau –
    Entouré de leurs mamelons, dansant avec ces amazones.

    Tableau « La Danse avec le Faune » de Maximilian Lenz.

  • Il pleut comme Saint-Médard qui pisse !

    Il pleut comme Saint-Médard qui pisse !

    Quand Saint-Médard vole si bas, méfiez-vous, il va pleuvoir !
    Il se déguise en hirondelle pour répandre les premières gouttes.
    Il profite de son célibat pour trinquer à n’en plus pouvoir
    Quand il a bu à tire-d’aile, que voulez-vous ? Ça le dégoûte !

    Tableau d’Alexander Yannin.

  • La couleur qui se boit

    La couleur qui se boit

    Bien sûr, l’art de la peinture règne au royaume de la couleur ;
    Bien sûr, le cinéma peut plaire plus que les rêves colorés ;
    Moi, j’aime bien quand elle imprègne ma bouche de mille valeurs
    Et lorsque mon verre s’éclaire de rouge aux reflets mordorés.

    Tableau de Petia Papazova.

  • Pygmalion & Parangon

    Pygmalion & Parangon

    Pygmalion peignit Parangon d’une passion tant émouvante
    Qu’il en tomba fou amoureux tant l’image était captivante.
    Parangon sentit Pygmalion saisi de crainte et d’épouvante,
    Lui tendit ses bras langoureux ; elle était devenue vivante !

    Tableau de Yanin Alexander.

  • Les romans à l’eau de rose

    Les romans à l’eau de rose

    Dans les romans à l’eau de rose, la rose est le plus important,
    Dans les livres comme sur la mer, les yeux sur la rose des vents
    Pleurent avec la fille morose, rient avec l’homme réconfortant,
    Suivent la femme qui devient mère et qui attend sur son divan.

    Tableau de Yanin Alexander.

  • Nouveau départ

    Nouveau départ

    Vers une nouvelle aube, vous attendrez la nuit
    Cette nuit qui englobe votre vie qui reluit.

    Vers un nouveau soleil, patientez quelques heures,
    Vous verrez son réveil dans le rétroviseur.

    Vers une nouvelle vie, c’est déjà maintenant
    Vous avez le devis, le contrat attenant.

    Vers une nouvelle santé, choisissez à aimer
    Quelqu’un que vous sentez prêt à vous enflammer.

    Tableau d’Armandine Jacquemet Soares.

  • Les histoires du petit chausson bleu

    Les histoires du petit chausson bleu

    Elle tricotait un chausson au cas où se serait un garçon
    Avec la laine de chameau au cas où se serait des jumeaux.
    Mais si jamais c’est une fille ? On n’sait jamais, dans la famille ?
    Parfois la vie vient vous flanquer un véritable garçon manqué !

    Mais les filles aiment aussi le bleu lorsqu’il s’accorde avec leurs yeux.
    Tant pis si elle a les yeux bruns, elle fera un petit emprunt
    Parmi les goûts et des couleurs, un tout petit accroc sans douleur
    Qui permettra de marier bleu et marron pour varier.

    Tableau d’Armandine Jacquemet Soares.

  • Ballerine en liberté

    Ballerine en liberté

    J’aimerais que la ballerine ne soit ni une fille, ni une femme
    Mais un être extraordinaire hors des lois gravitationnelles.
    Hors des droits qui nous enfarinent, hors des fanatismes infâmes,
    Qui sortirait de l’ordinaire mais anticonstitutionnelle.

    Tableau de Mahnoor Shah.

  • La vie après la mort

    La vie après la mort

    Derrière un rideau d’arbres en deuil des feuilles mortes de l’hiver
    Le soleil comme un suspensoir prêche la vie après la mort.
    Solennellement se recueillent les chrysalides et les vers
    Qui, après cent-quatre-vingts soirs, naîtront sur une terre sans remords.

    Tableau de xxx.

  • La mode tranchera

    La mode tranchera

    Pas de souci sur la planète concernant la moralité
    Ou la mode vestimentaire, ayons confiance en l’avenir.
    La mode fera place nette par sa triste réalité
    En éliminant les réfractaires qui restent sur leurs souvenirs.

    Œuvre « Chanel Guillotine » de Tom Sachs – 1966.

  • La curiosité

    La curiosité

    Elle voit bien mieux les trésors de la musique
    Par le petit bout de la lorgnette à pistons.
    Comme quoi pour percer les secrets de la physique,
    L’important est de bien retenir ce dicton.

    La curiosité ouvrira toutes les portes,
    Tant que les curieux oseront jeter un œil.
    Dans tous les endroits que l’opportunité apporte
    Tant pis si la prudence doit en faire son deuil.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Petit nœud papillon – 2

    Petit nœud papillon - 2

    Il suffit d’un tout petit rien pour habiller les jolies filles
    De cette touche d’exotisme qui couvre à peine le mamelon :
    Un papillon épicurien qui sur x se recroqueville,
    Un papillon pour l’érotisme qui disparaît quand nous parlons.

    Tableau d’Anne Siems.

  • L’importance du pan

    L’importance du pan

    L’importance du pan – important, ça dépend –
    Vient de ce qui est caché pour ne point vous fâcher
    Et de ce qui est montré pour vous déconcentrer.
    Ce qu’on veut, c’est connu, c’est la voir toute nue.

    Ou alors juste un sein, ce n’est pas trop malsain
    Juste un fil de nylon devant le mamelon.
    Faites aussi que l’on puisse apercevoir es cuisses
    Quant au temple sacré, il restera secret.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La tête droite

    La tête droite

    La force gravitationnelle l’oblige à courir ventre à terre,
    Tandis que la force centrifuge le projette hors de l’arène.
    Quoi qu’il en soit, l’exceptionnel, bel animal de caractère,
    Nous impressionne, – lui-même l’adjuge – lorsque l’on lui lâche les rênes.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mon bestiaire

    Mon bestiaire

    Dans la hiérarchie des forêts, le roi trône aussi sur son aire.
    L’aigle royal, ses éperviers, buses et corbeaux de toutes sortes.
    Puis les animaux des fourrés parmi les arbres centenaires,
    Écureuils, oiseaux, loups-cerviers – ou le lynx, c’est le nom qu’il porte -.

    Et puis la classe des rampants cloués au sol, sans prétention :
    Chevreuils et cerfs qui se partagent la joie de vivre en herbivores.
    Les prédateurs se regroupant plutôt en meute en prévention :
    Renards et loups et sangliers, races omnivores et carnivores.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’attentat à la pudeur (l’affaire des sandales)

    L’attentat à la pudeur (l’affaire des sandales)

    En attendant le train de rêve qui me ramènera chez moi,
    J’écris un mot qui me rappelle que je dois prendre mes sandales.
    L’arrivée en gare est très brève. Mais je suis toute nue, quel émoi
    Parmi tous ces gens qui appellent à la censure et au scandale !

    Tableau de Paul Delvaux.

  • L’attentat de Sarajevo

    L’attentat de Sarajevo

    Tandis qu’avance la Torpédo sur les pavés d’une ruelle,
    Un étudiant nationaliste reconnaît sitôt l’héritier.
    Ce jour-là, à Sarajevo, l’histoire bascule, cruelle,
    Et plonge, irrationaliste, dans une guerre sans pitié.

    https:fr.wikipedia.orgwikiAttentat_de_Sarajevo

    L’attentat de Sarajevo est l’assassinat perpétré le dimanche 28 juin 1914, sur l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l’Empire austro-hongrois, et de son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg1, par le nationaliste serbe de Bosnie nommé Gavrilo Princip2, membre du groupe Jeune Bosnie (Mlada Bosna). Cet événement est considéré comme l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale, qui eut pour conséquence la défaite, la chute et le démembrement des Empires russe, austro-hongrois, allemand et ottoman.

  • L’amimaginaire

    Quand les nuages se déguisent de nuées chaudes et colorées,
    Je suis toujours prêt à donner la main à l’amimaginaire.
    La nébulosité aiguise toutes les cimes des forêts
    Nous allons y abandonner nos craintes sans préliminaires.

    Une fois passée la surprise devant la porte des merveilles,
    Tout comme l’amimaginaire, j’en subis la métamorphose.
    Mais qu’il n’y ait pas de méprise si j’ai des cornes qui s’éveillent,
    Ce ne sont que des luminaires pour éclairer le fond des choses.

    Après la rencontre fortuite du fruit de l’imagination,
    Je suis fleur-bleue dès le début durant la nuit métaphysique.
    Enfin, je devine la suite qui mène à la divination
    En conservant les attributs de mes antennes kinésiques.

    Tableaux d’Andy Kehoe sur https:www.chambre237.compeintures-fantastiques-de-andy-kehoe .

  • Petit à petit, femme varie

    La femme varie, paraît-il, nous apprend la géographie,
    Selon son bassin parisien ou bien méditerranéen ;
    Selon sa poitrine érectile et selon la topographie
    Du creux de son mont vénusien et son éden élyséen.

    La femme varie un peu plus si je l’embrasse du regard,
    Si je l’embrasse sur la bouche en suivant la carte du tendre
    En provoquant un stimulus sur les deux mamelons hagards
    De la caresse qui les touche pour les durcir ou les surprendre.

    La femme varie davantage, nous apprend la topologie
    Qui étudie toutes les courbes et les positions dans l’espace.
    D’autant plus que ses avantages apportent la joie au logis
    Et surtout, ne soyons pas fourbes, lorsqu’on sait s’ montrer efficace.

    Photos de Richard Rutledge et Matthieu Bordel.