Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Fond et surface

    Fond et surface

    Comme un monde dans un monde, en dessous de la surface,
    Je retourne aux origines dans le monde du silence.
    Les courants portent les ondes prisonnières de l’interface
    Entre l’espace androgyne et cette matrice immense.

    Photo de Elnaz Mansouri.

  • Le cœur

    Le cœur, c’est un grand pot de fleur mais de fleurs qui poussent d’amour ;
    Le cœur, c’est comme un coffre-fort qui renferme tous vos trésors ;
    Le cœur, il se remplit de pleurs mais pour les changer en humour ;
    Le cœur, l’organe le plus fort qui sait donner tout son essor.

    Le cœur, c’est un carnet d’amis qui vous aident à chaque problème ;
    Le cœur, c’est un sac à malice où l’on dépose ses baisers ;
    Le cœur, subit un tsunami quand un autre lui dit qu’il l’aime ;
    Le cœur, c’est lui, le Saint Calice porté à vos lèvres braisées.

    Illustrations de Aitch Heliana.

  • Le grand départ

    Lorsqu’elle décidera de partir, que mettrai-je dans ses valises ?
    Alain Barrière et Crèvecœur ? Sans oublier les écouteurs !
    Les vieilles photos à répartir entre ses voyages à Venise,
    Et ses tableaux accroche-cœurs ? Sans oublier ses droits d’auteur !

    Ne cherchez pas de concession ou une place au cimetière !
    Elle veut être incinérée, ses cendres dispersées au vent.
    Il n’y aura ni procession, ni héritiers, ni héritières,
    Puisque ses œuvres énumérés auront brillé de son vivant.

    Illustrations de Aitch Heliana.

  • Petit déjeuner habituel

    Petit déjeuner habituel

    Chaque fois qu’Alice est survoltée, qu’elle roule sa mère dans la farine,
    Répond « je n’sais pas » à son chat en mettant l’café dans l’quignon.
    Son cœur a dû virevolter plus de mille fois dans sa poitrine
    À cause de Boris et Natacha qui se dont crêpé le chignon.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Même pas peur !

    Même pas peur !

    Finalement la grande roue qui emportera tout le monde
    Nous paraît comme un accident qui fait partie du quotidien.
    À cet effet, les grands gourous nous cachent ces pertes immondes
    Et grâce aux antioxydants, masques et vaccins, tout va très bien !

    Trompe-l’œil de Julian Beever.

  • Very strange !

    Very strange !

    Il était un p’tit homme tout blanc, assis sur un trône écarlate,
    Qu’elle observait par sa lorgnette en se hissant sur les talons.
    Elle, elle pensait qu’il était troublant de voir ce bonhomme en savate
    Qui lui montrait ses coucougnettes par les plis de son pantalon.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • La tête en fête

    La tête en fête

    Votre corps contient votre tête, laquelle contient votre cerveau,
    Lequel contient plein de pensées et de soucis et de délices.
    Les yeux aussi sont à la fête dont les oreilles font le pivot
    Des confidences récompensées avec un gros bouquet de lys.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Le fruit qui mûrit

    Le fruit qui mûrit

    Dans le top secret protégé par l’utérus confidentiel
    Vit le beau fruit de vos amours qui mûrit, il vous en répond.
    Quand il sera temps de propager le message providentiel
    De celle qui s’ouvrira au jour, de l’eau coulera sous les ponts.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Le cheval qui sait tout

    Le cheval qui sait tout

    Cheval le dire à ton oreille qu’un garçon rêve de toi la nuit.
    Cheval le montrer à ton œil que son cœur pour toi bat très fort.
    Ce cheval m’a pas sa pareille pour découvrir l’amour qui luit.
    Alors faites-lui bon accueil car il est d’un bon réconfort.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Katharine Wright

    Elle soutint et inspira les pionniers de l’aviation ;
    Ses frères Wright reconnaissaient son influence extravertie.
    Plus tard, elle leur suggérera la forme de l’embarcation
    D’une lime à ongle enchâssée dans une pince à linge sertie.

    Tant et si bien qu’elle en rêva emportée par l’aéroplane
    Bien installée dans la carlingue et trouva son vol merveilleux.
    Et dans ce songe, elle observa qu’elle pourrait faire du deltaplane
    En enlevant la pince à linge et en n’ayant pas froid aux yeux.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • La Mère Médard

    La Mère Médard

    La Mère Médard, très peu connue seconde souvent son mari
    Mais si celui-ci n’est qu’un Saint, elle au contraire a de gros seins.
    C’est un’ jardinière reconnue et tout l’été devient marrie
    Contre les brasiers assassins qui perturbent ainsi ses desseins.

    Alors la nuit, elle se venge et envoie fortes pluies d’averses
    Des ruisseaux approvisionneurs pour faire grossir les torrents.
    Puis elle plonge dans la fange surtout les chemins de traverses
    Pour empêcher les randonneurs de faire des feux dévorants.

    Tableau de Diana Sudyka.

  • Trop tard !

    Trop tard !

    Si elle mange une cerise après l’amour, il est trop tard !
    C’est une mante religieuse qui doit, comme à l’accoutumée,
    Prendre un fruit qui lui favorise l’action de vous mordre le dard
    Et puis, de façon prodigieuse, entièrement vous consumer.

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Rassemblement de chasseurs

    Rassemblement de chasseurs

    Pourquoi les chasseurs se rassemblent-ils au cœur de la forêt ?
    Les cerfs comptent contrer l’offense grâce au manteau fourni par Diane.
    Les animaux restent ensemble cachés sous la robe perforée
    De mille cachettes de défense qui protège de manière idoine.

    Pierre et le loup et son grand-père font partie de la résistance
    Avec les oies et les canards pour la surveillance aérienne.
    Cette année, tout le monde espère mettre la pâtée la plus intense
    À tous ces chasseurs de cornards et leurs addictions vénériennes.

    Tableau de Diana Sudyka.

  • Les yeux de Morphée

    Les yeux de Morphée

    Lorsque Morphée vous tend ses lèvres à défaut de ses bras puissants
    Elle goûte votre appétence à la qualité du sommeil.
    J’l’ai embrassée de tant de fièvre d’un baiser profond et jouissant
    Que désormais, quand ça commence, elle met ses lunettes de soleil.

    « Lorsque nous dormons tous les deux, nos yeux doivent rester fermés ! »
    M’annonce-t-elle, maternelle, et me rendre amoureuse me nuit.
    « Quant aux lunettes, c’est hasardeux de s’biser, je dois l’affirmer
    Parce que mon repos éternel reste éblouit toute la nuit. »

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Mes nouveaux maîtres à penser

    Mes nouveaux maîtres à penser

    Depuis que je possède une tête d’oiseau après ma chute de quinze mètres,
    Mes ailes n’s’sont pas matérialisées d’une manière tragi-comique.
    Certes, j’ai perdu mon réseau mais j’ai trouvé mes nouveaux maîtres ;
    Une maîtresse idéalisée et Cherche-Midi, le chat Mystique.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Tigres bleus ou classiques ?

    Les tigres bleus chauffent bien mieux dans le moteur
    Quand ils sont deux acrimonieux et radoteurs.
    Mais si je l’ dis, je serai jeudi traité de fou
    Et puis lundi ou vendredi on m’tordra l’cou.

    Restons classiques et authentiques avec les tigres.
    Soyons pratiques et pacifiques, laissons les libres.
    La prochaine fois, j’parlerai ma foi, du Lion Némo
    Puisqu’il est roi, du moins je crois, des animaux.

    Tableaux de Gabriel Alix.

  • La jungle en folie

    « Trop souvent la cacophonie de cette jungle m’exaspère
    Et je sais bien que l’empathie devrait me rendre tolérant !
    Comme aux anciennes colonies quand, dans les rues, on vitupère
    À propos d’os et d’abattis à Tombouctou ou Téhéran ! »

    Ainsi vociférait d’ son balcon mon voisin dont j’ tairai le nom
    De peur de nous voir rappliquer tous les animaux en colère.
    Je suis d’accord, c’est un sale con et, pour ma part, je n’ dis pas non
    À venir un jour m’expliquer avec la faune protocolaire.

    Tableaux de Jahar Dasgupta et Laurel Burch.

  • La création de la femme

    La critique est aisée mais l’art est difficile.
    La création d’ la femme en est une gageure.
    Car Dieu s’est fait baiser, ce n’est pas si facile ;
    Les essais sont infâmes et le résultat jure.

    Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage.
    Après avoir raté la première Lilith,
    Dieu s’est pris d’amitié à sauver son naufrage
    Mais il a piraté les dieux grecs plus stylistes.

    Finalement ce fut Ève qui connut le succès
    Mais ce qu’on ne dit pas : « où sont passées les autres ? »
    Avant que l’heure s’achève je vous donne l’accès :
    L’une a fait un faux pas, l’autre s’est faite apôtre.

    Photos de Uldus Bakhtiozina sur https:www.vogue.itenphotovogueportfolio?id=227&md_photographer_id=227&md_pageIndex=0&md_page=0&md_pid=508264 .

  • Trois pages de romance

    Cette histoire commence au début du chapitre.
    Ignorez la préface – souvent trop de délire –
    Trois pages de romance – c’est écrit dans le titre –
    Que voulez-vous qu’on fasse ? On continue à lire.

    Déjà en page Une, la lecture s’égare ;
    On n’a pas tout compris, on relit plusieurs fois ;
    On décroche la lune dans les romans de gare,
    C’est bon pour les esprits des écrits d’autrefois.

    Et puis on fait l’amour ou presqu’à chaque page ;
    Et puis on s’assassine ou presqu’à chaque tome ;
    Et puis passent les jours là-haut dans les alpages ;
    On y a pris racine après le post-scriptum.

    Illustrations de Quint Buchholz.

  • La liseuse de code barre

    La liseuse de code barre

    Elle sait lire entre les lignes et surtout entre les rayures
    Et plus vous lui cambrez le corps et plus elle voit clairement.
    Elle a commencé par les cygnes dont le cou fait belle courbure
    Mais le zèbre est toujours d’accord pour le meilleur éclairement.

    Tableau de Jahar Dasgupta.

  • La voix sans issue

    Voici l’histoire fantastique d’une sirène et deux poissons
    Qui voulaient briller au soleil pour une existence terrestre.
    Pour la sirène, c’est dramatique, elle perdit son don d’oraison ;
    Pour les poissons, c’est pas pareil, ils furent au menu d’ la Saint-Sylvestre.

    La sirène retrouva sa voix, elle avait simplement pris froid.
    Pour les poissons, on s’est trompé, on les a vite relâchés.
    Ils ont chacun repris la voie de la pleine mer avec effroi
    Ils ont le moral bien trempé et, finalement, restent cachés.

    Illustration de Laurel Burch.

  • La reine fantôme

    La reine fantôme

    La reine blanche a succombé sous les coups du vieux roi négro
    Mais son chien est resté fidèle et guette sa venue la nuit.
    Le fantôme vient le surplomber car il dort entre les carreaux
    Et lui tient longtemps la chandelle jusqu’aux douze coups de minuit.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Tricoteuse de mer

    Tricoteuse de mer

    Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
    Avec un peu d’écume et de brume marine,
    Un joli pull-over à remettre à son roi
    Sa Majesté Neptune aux écailles azurine.

    Une vague tressée, une vague en crochet
    Les aiguilles tricotent sous les mains qui tremblotent.
    Il faudrait se presser, il faudrait s’accrocher !
    Elle en a les chochottes et fait dans sa culotte.

    Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
    Elle est professionnelle, tout ira bien pour elle.
    Ce Neptune pervers, certes un peu maladroit,
    Laissa l’exceptionnelle marge à la demoiselle.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Raccommodeuse de mer

    Raccommodeuse de mer

    Que fait donc la raccommodeuse und fois terminé ses filets ?
    Pardi ! Elle rentre à la maison pour se reposer dans sa chambre.
    Mais la mer se fait demandeuse car sa marée s’est effilée
    Après les écueils de saison qui se répandent en novembre.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Le loup est mort ce soir

    Le loup est mort ce soir

    Dans la jungle toute en plastique, le loup est mort, vive le loup !
    Fou de rage de ce carnage, le loup est mort, vive le loup !
    Parmi les arbres synthétiques, le loup est mort, vive le loup !
    Il a perdu son apanage, le loup est mort, vive le loup !

    Les beaux dégâts chez les bergers avaient mis sa tête à l’affiche.
    Les coups fourrés dans les fourrés ne seront plus la loi du plus fort.
    L’homme humilié a gambergé et coupé la forêt en friche,
    Remplacée d’une échauffourée de nylon et de photophores.

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • L’angelle décriée

    L’angelle décriée

    Dès que l’ange déploya ses ailes, on n’entendit que le silence
    Puis, la rumeur scandalisée par ce qu’un ange ne pouvait avoir.
    Ces mamelles autour des aisselles, ces nichons nus, quelle insolence !
    Et la pauvre Sainte-Élysée s’enfuir et manquer son devoir.

    Tableau d’Omar Ortiz pour réparer ma censure du 11.02.2020.

  • Bienvenue aux générations futures

    Bienvenue aux générations futures

    Lorsque l’hiver a enseveli, toute trace de civilisation,
    Lors, ls génération suivante fut assez prise au dépourvu.
    Tous ces morceaux de dégueulis, plastiques en putréfactions.
    Comment une race pensante a pu polluer à perte de vue ?

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • Service de nuit – 2

    Service de nuit - 2

    Si le service est réussi et les fleurettes aphrodisiaques,
    Je replonge dans le dernier rêve avec un cachet d’aspirine.
    Sur une musique de Debussy, une berceuse paradisiaque,
    Je fais dans le songe une trêve sous la nuit d’été bleu-marine.

    Tableau de Mark Ryden.

  • Service de nuit – 1

    Service de nuit - 1

    Quand je me réveille à quatre heures, j’appelle le service de nuit
    Et je commande un bouquet d’ fleurs pour le manger en solitaire.
    On raconte que Jack l’Éventreur, lorsqu’il avait des insomnies,
    S’en allait bouffer, à Honfleur, ses fleuristes affinitaires.

    Tableau d’Alexandra Levasseur.

  • On est tous là pour défiler !

    On est tous là pour défiler !

    Boris Vian n’est pas très content ; il n’a pas vu le défilé.
    L’état n’est pas trop mécontent, il n’aperçoit plus les gilets.
    Comment peut-on manifester sans gêner le gouvernement
    Quand on veut lui admonester tout notre mécontentement ?

    Marcher masqués ? La bonne idée ! Avec casques et boucliers
    Personne ne pourrait décider qui est flic ou fou à lier !
    Même en burqa ! Et pourquoi pas ? Hommes et femmes tous pareils
    Ou bien tous nus et sans tracas et dans le plus simple appareil !

    Collage de Johanna Goodman.

  • Bon voyage !

    Bon voyage !

    Hésitez-vous entre la mer et la montagne ?
    Souhaiteriez-vous une évasion dans la campagne ?
    Prenez l’avion, prenez le train, nous on s’en fout !
    Vous êtes ailleurs, si bien qu’ici, on fait les fous !

    N’hésitez pas à goûter à la quarantaine
    Si le virus vous tombe dessus dans la quinzaine.
    Profitez bien des hôpitaux sous équipés ;
    Vous aurez droit à une mort anticipée.

    Collage de Johanna Goodman.

  • Partie en fumée

    Partie en fumée

    On m’a dit « S’il fallait fumer, Dieu aurait placé sur la tête
    Une sorte de cheminée avec un foyer dans le cœur ! »
    On a trop vite résumé et un peu trop sabré l’enquête
    Car notre planète est minée et se consume à contrecœur.

    Tableau de Johanna Goodman.

  • L’œil magique

    L’œil magique

    Afin d’augmenter la lumière autour de l’œil gauche du cœur,
    Elle avait, autour de l’orbite, dessiné un cercle magique.
    L’œil droit gardera la première version d’un soleil sans rancœur
    Afin d’en voir sa mort subite lors de son coucher léthargique.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Le cadeau

    Le cadeau

    Si ça s’trouve, je suis un cadeau ou juste un dessert commandé
    Et tout l’univers avec moi ferait partie d’une surprise.
    Au restaurant Eldorado, Dieu aurait simplement demandé :
    « Servez-moi un café viennois afin qu’ je m’en métaphorise ! »

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La femme-lune

    La femme-lune

    Quand votre femme devient lune, nul n’en voit sa fesse cachée
    Car elle ne montre que son visage penché vers son propre quartier.
    Saisissez la chance opportune de lui parler, l’air détaché,
    Les yeux dans les yeux puis, courage, elle ne va pas vous châtier.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Con qui roule ?

    Con qui roule ?

    N’est pas forcément « con qui roule » celui qui fonce en solitaire
    Dans une abstraction intégrale de ce qui vit autour de lui
    Même si ses pensées s’enroulent comme un besoin parasitaire
    D’un cercle vicieux cérébral pour se libérer de l’ennui.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Con qui marche ?

    Con qui marche ?

    N’est pas forcément « con qui marche » celle qui va dans la nature
    Pour y retrouver ses racines et ses cousins de la forêt.
    Sauf si le téléphone en marche la transforme en caricature
    D’une contenance assassine envers la Terre toute éplorée.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Sexchanges

    Sexchanges

    Avoir les mêmes avantages lui serait assez réducteur
    Car la femme en a davantage que son homologue abducteur.
    Bien sûr, la beauté de la force demeure bien vite en avant
    Sauf si le mâle ne s’efforce de n’en faire qu’un muscle savant.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • L’émancipation

    L’émancipation

    Avec l’histoire de la pomme de connaissance et du progrès,
    Le serpent enferma la femme dans le foyer de sa maison.
    Elle y éleva tous ses hommes au quotidien, bon gré mal gré,
    Jusqu’à ce qu’elle trouve infâme que le mâle ait toujours raison ?

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • La femme dans la tête de l’homme

    La femme dans la tête de l’homme

    La femme serait-elle égarée parmi les fantasmes de l’homme ?
    Peut-être connaît-elle le chemin pour arriver à le semer ?
    Parmi les rêves bigarrés qu’il déploiera durant un somme,
    Madame pourrait mettre la main là où se cache le verbe aimer.

    Tableau d’Alice Wellinger.

  • Méfions-nous du loup !

    Méfions-nous du loup !

    On aime bien glisser le loup parmi les brebis égarées
    Pour semer le doute et la peur chez les filles qui vont danser.
    Car ceux qui ont les pieds jaloux cherchent toujours à séparer
    Les gens à voile et à vapeur avec quelques arrières pensées.

    Illustration de Sarah Young.

  • La Nuit Renarde

    La Nuit Renarde

    Un’ fois par an, la Nuit Renarde attire les belles rouquines
    Qui se transforment pour l’occasion en lycanthropes aux grandes robes.
    Les malheureux qui s’y hasardent seront violés par ces coquines
    Dont la queue avec précision leur injectera plein de microbes.

    Tableau de Sarah Young.

  • Le goût du sexe

    Le goût du sexe

    Au paradis, on est gavé d’amour et de belles attentions
    Pourtant l’enfer serait pavé de ses meilleures intentions.
    Comme si les beaux sentiments suscitent la montée des enchères
    Tandis qu’on met le châtiment sur le sexe et le goût de chair.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Les Parques beaux

    Les Parques beaux

    Lequel décide des deux frères de la tragédie du bateau ?
    Sera-ce une erreur humaine ou la technologie en faute ?
    L’un choisit la mort téméraire et l’autre se prendra un râteau.
    Quoi qu’il en soit cette semaine, éclatez-vous entre les côtes !

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • La vallée de charme – 2

    La vallée de charme - 2

    L’autre chemin n’est pas sur Terre, seulement son portail fermé
    Qui ne s’ouvrira sous vos pieds que si vous êtes déshabillés.
    Plongez dans l’eau élémentaire de la rivière transformée
    En cascade faisant marchepied entre deux arbres entortillés.

    Le retour paraît impossible car la route empruntée s’efface,
    Gommée au fur et à mesure que vous montez au paradis.
    De grâce, restez impassibles, surtout ne perdez pas la face ;
    Tôt ou tard s’ouvre une embrasure ; n’en faites pas une maladie.

    Bienvenue dans l’hypothétique – où les morts sont encore en vie –
    Île de l’univers invisible dans une bulle imaginaire.
    J’y ai vécu de pathétiques jours avec les âmes ravies
    Jusqu’au retour imprévisible mais qui demeure secondaire.

    Tableau de Neil Simone.

  • La vallée de charme – 1

    La vallée de charme - 1

    Il existe encore des chemins qui s’évanouissent à la frontière
    De ces mondes au-delà des rêves que personne ne peut découvrir.
    Absents de tous les parchemins, inconnus des cartes routières,
    Parfois dans une minute brève, une porte pourrait s’ouvrir.

    J’en connais deux ou trois peut-être dans ces sentiers vers nulle-part
    Que j’ai ouvert par accident ou qui se sont entrouverts pour moi.
    Entre deux chênes ou deux hêtres, les ronces forment un rempart
    Qui s’écarte sans incident pourvu qu’un de mes yeux larmoient.

    La lumière à travers les larmes me fournit la clef pour entrer
    Ou plutôt m’annonce à l’oracle que je désire consulter.
    Au-delà la vallée de charme, sur la montagne excentrée,
    J’y ai découvert par miracle la reine sans difficulté.

    Tableau de Neil Simone.

  • La mère de Percevan

    La mère de Percevan

    En jouant à colin-maillard, elle serait tombée enceinte.
    C’est du moins ce qu’elle prétend, la robe ouverte aux quatre vents.
    Ce doit être un sacré gaillard celui qui réussi cette feinte
    Et sûrement l’enfant qu’elle attend sera appelé Percevan.

    Tableau de Lisa Wright.

  • Poupée mécanique

    Poupée mécanique

    J’aimais ces poupées mécaniques qui jouaient dans les boîtes à musique
    En surgissant tel un ressort et pivotant sur sa chaussure.
    Ici, en Suisse alémanique, nous avons même une clinique
    Qui solde après les réassorts des modèles grandeurs nature.

    Photo de Matthieu Miller.

  • Tête brûlée

    Tête brûlée

    Hier, mes pensées m’ont brulé la cervelle à trop réfléchir
    Et la morsure irréversible s’attise lorsque je respire.
    Aujourd’hui, des yeux cérulés ont fait d’amour mon cœur fléchir
    Pour un garçon irrésistible tout feu, tout flamme et même pire.

    « cérulé » : bleu azur.

    Photo « Red hot » de Nick Levesque.

  • Les rouleaux

    Les rouleaux

    « S’étend la vague déferlante pas en largeur mais en longueur ! »
    Ordonnent les nymphes des rivières pour se baigner dans les rouleaux.
    Milliers de gouttes déperlantes dans la quiétude et la langueur
    Tandis qu’un pêcheur à l’arrière observe parmi les bouleaux.

    Tableau de Rafal Olbinski.