Comme un monde dans un monde, en dessous de la surface,
Je retourne aux origines dans le monde du silence.
Les courants portent les ondes prisonnières de l’interface
Entre l’espace androgyne et cette matrice immense.
Photo de Elnaz Mansouri.
Comme un monde dans un monde, en dessous de la surface,
Je retourne aux origines dans le monde du silence.
Les courants portent les ondes prisonnières de l’interface
Entre l’espace androgyne et cette matrice immense.
Photo de Elnaz Mansouri.


Le cœur, c’est un grand pot de fleur mais de fleurs qui poussent d’amour ;
Le cœur, c’est comme un coffre-fort qui renferme tous vos trésors ;
Le cœur, il se remplit de pleurs mais pour les changer en humour ;
Le cœur, l’organe le plus fort qui sait donner tout son essor.
Le cœur, c’est un carnet d’amis qui vous aident à chaque problème ;
Le cœur, c’est un sac à malice où l’on dépose ses baisers ;
Le cœur, subit un tsunami quand un autre lui dit qu’il l’aime ;
Le cœur, c’est lui, le Saint Calice porté à vos lèvres braisées.
Illustrations de Aitch Heliana.


Lorsqu’elle décidera de partir, que mettrai-je dans ses valises ?
Alain Barrière et Crèvecœur ? Sans oublier les écouteurs !
Les vieilles photos à répartir entre ses voyages à Venise,
Et ses tableaux accroche-cœurs ? Sans oublier ses droits d’auteur !
Ne cherchez pas de concession ou une place au cimetière !
Elle veut être incinérée, ses cendres dispersées au vent.
Il n’y aura ni procession, ni héritiers, ni héritières,
Puisque ses œuvres énumérés auront brillé de son vivant.
Illustrations de Aitch Heliana.
Chaque fois qu’Alice est survoltée, qu’elle roule sa mère dans la farine,
Répond « je n’sais pas » à son chat en mettant l’café dans l’quignon.
Son cœur a dû virevolter plus de mille fois dans sa poitrine
À cause de Boris et Natacha qui se dont crêpé le chignon.
Illustration d’Aitch Heliana.
Finalement la grande roue qui emportera tout le monde
Nous paraît comme un accident qui fait partie du quotidien.
À cet effet, les grands gourous nous cachent ces pertes immondes
Et grâce aux antioxydants, masques et vaccins, tout va très bien !
Trompe-l’œil de Julian Beever.
Il était un p’tit homme tout blanc, assis sur un trône écarlate,
Qu’elle observait par sa lorgnette en se hissant sur les talons.
Elle, elle pensait qu’il était troublant de voir ce bonhomme en savate
Qui lui montrait ses coucougnettes par les plis de son pantalon.
Illustration d’Aitch Heliana.
Votre corps contient votre tête, laquelle contient votre cerveau,
Lequel contient plein de pensées et de soucis et de délices.
Les yeux aussi sont à la fête dont les oreilles font le pivot
Des confidences récompensées avec un gros bouquet de lys.
Illustration d’Aitch Heliana.
Dans le top secret protégé par l’utérus confidentiel
Vit le beau fruit de vos amours qui mûrit, il vous en répond.
Quand il sera temps de propager le message providentiel
De celle qui s’ouvrira au jour, de l’eau coulera sous les ponts.
Illustration d’Aitch Heliana.
Cheval le dire à ton oreille qu’un garçon rêve de toi la nuit.
Cheval le montrer à ton œil que son cœur pour toi bat très fort.
Ce cheval m’a pas sa pareille pour découvrir l’amour qui luit.
Alors faites-lui bon accueil car il est d’un bon réconfort.
Illustration d’Aitch Heliana.


Elle soutint et inspira les pionniers de l’aviation ;
Ses frères Wright reconnaissaient son influence extravertie.
Plus tard, elle leur suggérera la forme de l’embarcation
D’une lime à ongle enchâssée dans une pince à linge sertie.
Tant et si bien qu’elle en rêva emportée par l’aéroplane
Bien installée dans la carlingue et trouva son vol merveilleux.
Et dans ce songe, elle observa qu’elle pourrait faire du deltaplane
En enlevant la pince à linge et en n’ayant pas froid aux yeux.
Tableau de Didier Lourenco.
La Mère Médard, très peu connue seconde souvent son mari
Mais si celui-ci n’est qu’un Saint, elle au contraire a de gros seins.
C’est un’ jardinière reconnue et tout l’été devient marrie
Contre les brasiers assassins qui perturbent ainsi ses desseins.
Alors la nuit, elle se venge et envoie fortes pluies d’averses
Des ruisseaux approvisionneurs pour faire grossir les torrents.
Puis elle plonge dans la fange surtout les chemins de traverses
Pour empêcher les randonneurs de faire des feux dévorants.
Tableau de Diana Sudyka.
Si elle mange une cerise après l’amour, il est trop tard !
C’est une mante religieuse qui doit, comme à l’accoutumée,
Prendre un fruit qui lui favorise l’action de vous mordre le dard
Et puis, de façon prodigieuse, entièrement vous consumer.
Tableau de Malcolm T. Liepke.
Pourquoi les chasseurs se rassemblent-ils au cœur de la forêt ?
Les cerfs comptent contrer l’offense grâce au manteau fourni par Diane.
Les animaux restent ensemble cachés sous la robe perforée
De mille cachettes de défense qui protège de manière idoine.
Pierre et le loup et son grand-père font partie de la résistance
Avec les oies et les canards pour la surveillance aérienne.
Cette année, tout le monde espère mettre la pâtée la plus intense
À tous ces chasseurs de cornards et leurs addictions vénériennes.
Tableau de Diana Sudyka.
Lorsque Morphée vous tend ses lèvres à défaut de ses bras puissants
Elle goûte votre appétence à la qualité du sommeil.
J’l’ai embrassée de tant de fièvre d’un baiser profond et jouissant
Que désormais, quand ça commence, elle met ses lunettes de soleil.
« Lorsque nous dormons tous les deux, nos yeux doivent rester fermés ! »
M’annonce-t-elle, maternelle, et me rendre amoureuse me nuit.
« Quant aux lunettes, c’est hasardeux de s’biser, je dois l’affirmer
Parce que mon repos éternel reste éblouit toute la nuit. »
Tableau de Malcolm T. Liepke.
Depuis que je possède une tête d’oiseau après ma chute de quinze mètres,
Mes ailes n’s’sont pas matérialisées d’une manière tragi-comique.
Certes, j’ai perdu mon réseau mais j’ai trouvé mes nouveaux maîtres ;
Une maîtresse idéalisée et Cherche-Midi, le chat Mystique.
Illustration d’Aitch Heliana.


Les tigres bleus chauffent bien mieux dans le moteur
Quand ils sont deux acrimonieux et radoteurs.
Mais si je l’ dis, je serai jeudi traité de fou
Et puis lundi ou vendredi on m’tordra l’cou.
Restons classiques et authentiques avec les tigres.
Soyons pratiques et pacifiques, laissons les libres.
La prochaine fois, j’parlerai ma foi, du Lion Némo
Puisqu’il est roi, du moins je crois, des animaux.
Tableaux de Gabriel Alix.


« Trop souvent la cacophonie de cette jungle m’exaspère
Et je sais bien que l’empathie devrait me rendre tolérant !
Comme aux anciennes colonies quand, dans les rues, on vitupère
À propos d’os et d’abattis à Tombouctou ou Téhéran ! »
Ainsi vociférait d’ son balcon mon voisin dont j’ tairai le nom
De peur de nous voir rappliquer tous les animaux en colère.
Je suis d’accord, c’est un sale con et, pour ma part, je n’ dis pas non
À venir un jour m’expliquer avec la faune protocolaire.
Tableaux de Jahar Dasgupta et Laurel Burch.



La critique est aisée mais l’art est difficile.
La création d’ la femme en est une gageure.
Car Dieu s’est fait baiser, ce n’est pas si facile ;
Les essais sont infâmes et le résultat jure.
Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage.
Après avoir raté la première Lilith,
Dieu s’est pris d’amitié à sauver son naufrage
Mais il a piraté les dieux grecs plus stylistes.
Finalement ce fut Ève qui connut le succès
Mais ce qu’on ne dit pas : « où sont passées les autres ? »
Avant que l’heure s’achève je vous donne l’accès :
L’une a fait un faux pas, l’autre s’est faite apôtre.
Photos de Uldus Bakhtiozina sur https:www.vogue.itenphotovogueportfolio?id=227&md_photographer_id=227&md_pageIndex=0&md_page=0&md_pid=508264 .



Cette histoire commence au début du chapitre.
Ignorez la préface – souvent trop de délire –
Trois pages de romance – c’est écrit dans le titre –
Que voulez-vous qu’on fasse ? On continue à lire.
Déjà en page Une, la lecture s’égare ;
On n’a pas tout compris, on relit plusieurs fois ;
On décroche la lune dans les romans de gare,
C’est bon pour les esprits des écrits d’autrefois.
Et puis on fait l’amour ou presqu’à chaque page ;
Et puis on s’assassine ou presqu’à chaque tome ;
Et puis passent les jours là-haut dans les alpages ;
On y a pris racine après le post-scriptum.
Illustrations de Quint Buchholz.
Elle sait lire entre les lignes et surtout entre les rayures
Et plus vous lui cambrez le corps et plus elle voit clairement.
Elle a commencé par les cygnes dont le cou fait belle courbure
Mais le zèbre est toujours d’accord pour le meilleur éclairement.
Tableau de Jahar Dasgupta.


Voici l’histoire fantastique d’une sirène et deux poissons
Qui voulaient briller au soleil pour une existence terrestre.
Pour la sirène, c’est dramatique, elle perdit son don d’oraison ;
Pour les poissons, c’est pas pareil, ils furent au menu d’ la Saint-Sylvestre.
La sirène retrouva sa voix, elle avait simplement pris froid.
Pour les poissons, on s’est trompé, on les a vite relâchés.
Ils ont chacun repris la voie de la pleine mer avec effroi
Ils ont le moral bien trempé et, finalement, restent cachés.
Illustration de Laurel Burch.
La reine blanche a succombé sous les coups du vieux roi négro
Mais son chien est resté fidèle et guette sa venue la nuit.
Le fantôme vient le surplomber car il dort entre les carreaux
Et lui tient longtemps la chandelle jusqu’aux douze coups de minuit.
Tableau d’Alex Alemany.
Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
Avec un peu d’écume et de brume marine,
Un joli pull-over à remettre à son roi
Sa Majesté Neptune aux écailles azurine.
Une vague tressée, une vague en crochet
Les aiguilles tricotent sous les mains qui tremblotent.
Il faudrait se presser, il faudrait s’accrocher !
Elle en a les chochottes et fait dans sa culotte.
Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
Elle est professionnelle, tout ira bien pour elle.
Ce Neptune pervers, certes un peu maladroit,
Laissa l’exceptionnelle marge à la demoiselle.
Tableau d’Alex Alemany.
Que fait donc la raccommodeuse und fois terminé ses filets ?
Pardi ! Elle rentre à la maison pour se reposer dans sa chambre.
Mais la mer se fait demandeuse car sa marée s’est effilée
Après les écueils de saison qui se répandent en novembre.
Tableau d’Alex Alemany.
Dans la jungle toute en plastique, le loup est mort, vive le loup !
Fou de rage de ce carnage, le loup est mort, vive le loup !
Parmi les arbres synthétiques, le loup est mort, vive le loup !
Il a perdu son apanage, le loup est mort, vive le loup !
Les beaux dégâts chez les bergers avaient mis sa tête à l’affiche.
Les coups fourrés dans les fourrés ne seront plus la loi du plus fort.
L’homme humilié a gambergé et coupé la forêt en friche,
Remplacée d’une échauffourée de nylon et de photophores.
Tableau de Martin Wittfooth.
Dès que l’ange déploya ses ailes, on n’entendit que le silence
Puis, la rumeur scandalisée par ce qu’un ange ne pouvait avoir.
Ces mamelles autour des aisselles, ces nichons nus, quelle insolence !
Et la pauvre Sainte-Élysée s’enfuir et manquer son devoir.
Tableau d’Omar Ortiz pour réparer ma censure du 11.02.2020.
Lorsque l’hiver a enseveli, toute trace de civilisation,
Lors, ls génération suivante fut assez prise au dépourvu.
Tous ces morceaux de dégueulis, plastiques en putréfactions.
Comment une race pensante a pu polluer à perte de vue ?
Tableau de Martin Wittfooth.
Si le service est réussi et les fleurettes aphrodisiaques,
Je replonge dans le dernier rêve avec un cachet d’aspirine.
Sur une musique de Debussy, une berceuse paradisiaque,
Je fais dans le songe une trêve sous la nuit d’été bleu-marine.
Tableau de Mark Ryden.
Quand je me réveille à quatre heures, j’appelle le service de nuit
Et je commande un bouquet d’ fleurs pour le manger en solitaire.
On raconte que Jack l’Éventreur, lorsqu’il avait des insomnies,
S’en allait bouffer, à Honfleur, ses fleuristes affinitaires.
Tableau d’Alexandra Levasseur.
Boris Vian n’est pas très content ; il n’a pas vu le défilé.
L’état n’est pas trop mécontent, il n’aperçoit plus les gilets.
Comment peut-on manifester sans gêner le gouvernement
Quand on veut lui admonester tout notre mécontentement ?
Marcher masqués ? La bonne idée ! Avec casques et boucliers
Personne ne pourrait décider qui est flic ou fou à lier !
Même en burqa ! Et pourquoi pas ? Hommes et femmes tous pareils
Ou bien tous nus et sans tracas et dans le plus simple appareil !
Collage de Johanna Goodman.
Hésitez-vous entre la mer et la montagne ?
Souhaiteriez-vous une évasion dans la campagne ?
Prenez l’avion, prenez le train, nous on s’en fout !
Vous êtes ailleurs, si bien qu’ici, on fait les fous !
N’hésitez pas à goûter à la quarantaine
Si le virus vous tombe dessus dans la quinzaine.
Profitez bien des hôpitaux sous équipés ;
Vous aurez droit à une mort anticipée.
Collage de Johanna Goodman.
On m’a dit « S’il fallait fumer, Dieu aurait placé sur la tête
Une sorte de cheminée avec un foyer dans le cœur ! »
On a trop vite résumé et un peu trop sabré l’enquête
Car notre planète est minée et se consume à contrecœur.
Tableau de Johanna Goodman.
Afin d’augmenter la lumière autour de l’œil gauche du cœur,
Elle avait, autour de l’orbite, dessiné un cercle magique.
L’œil droit gardera la première version d’un soleil sans rancœur
Afin d’en voir sa mort subite lors de son coucher léthargique.
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Si ça s’trouve, je suis un cadeau ou juste un dessert commandé
Et tout l’univers avec moi ferait partie d’une surprise.
Au restaurant Eldorado, Dieu aurait simplement demandé :
« Servez-moi un café viennois afin qu’ je m’en métaphorise ! »
Tableau de Rafal Olbinski.
Quand votre femme devient lune, nul n’en voit sa fesse cachée
Car elle ne montre que son visage penché vers son propre quartier.
Saisissez la chance opportune de lui parler, l’air détaché,
Les yeux dans les yeux puis, courage, elle ne va pas vous châtier.
Tableau de Rafal Olbinski.
N’est pas forcément « con qui roule » celui qui fonce en solitaire
Dans une abstraction intégrale de ce qui vit autour de lui
Même si ses pensées s’enroulent comme un besoin parasitaire
D’un cercle vicieux cérébral pour se libérer de l’ennui.
Tableau d’Alice Wellinger.
N’est pas forcément « con qui marche » celle qui va dans la nature
Pour y retrouver ses racines et ses cousins de la forêt.
Sauf si le téléphone en marche la transforme en caricature
D’une contenance assassine envers la Terre toute éplorée.
Tableau d’Alice Wellinger.
Avoir les mêmes avantages lui serait assez réducteur
Car la femme en a davantage que son homologue abducteur.
Bien sûr, la beauté de la force demeure bien vite en avant
Sauf si le mâle ne s’efforce de n’en faire qu’un muscle savant.
Tableau d’Alice Wellinger.
Avec l’histoire de la pomme de connaissance et du progrès,
Le serpent enferma la femme dans le foyer de sa maison.
Elle y éleva tous ses hommes au quotidien, bon gré mal gré,
Jusqu’à ce qu’elle trouve infâme que le mâle ait toujours raison ?
Tableau d’Alice Wellinger.
La femme serait-elle égarée parmi les fantasmes de l’homme ?
Peut-être connaît-elle le chemin pour arriver à le semer ?
Parmi les rêves bigarrés qu’il déploiera durant un somme,
Madame pourrait mettre la main là où se cache le verbe aimer.
Tableau d’Alice Wellinger.
On aime bien glisser le loup parmi les brebis égarées
Pour semer le doute et la peur chez les filles qui vont danser.
Car ceux qui ont les pieds jaloux cherchent toujours à séparer
Les gens à voile et à vapeur avec quelques arrières pensées.
Illustration de Sarah Young.
Un’ fois par an, la Nuit Renarde attire les belles rouquines
Qui se transforment pour l’occasion en lycanthropes aux grandes robes.
Les malheureux qui s’y hasardent seront violés par ces coquines
Dont la queue avec précision leur injectera plein de microbes.
Tableau de Sarah Young.
Au paradis, on est gavé d’amour et de belles attentions
Pourtant l’enfer serait pavé de ses meilleures intentions.
Comme si les beaux sentiments suscitent la montée des enchères
Tandis qu’on met le châtiment sur le sexe et le goût de chair.
Tableau de Michael Cheval.
Lequel décide des deux frères de la tragédie du bateau ?
Sera-ce une erreur humaine ou la technologie en faute ?
L’un choisit la mort téméraire et l’autre se prendra un râteau.
Quoi qu’il en soit cette semaine, éclatez-vous entre les côtes !
Tableau de Rafal Olbinski.
L’autre chemin n’est pas sur Terre, seulement son portail fermé
Qui ne s’ouvrira sous vos pieds que si vous êtes déshabillés.
Plongez dans l’eau élémentaire de la rivière transformée
En cascade faisant marchepied entre deux arbres entortillés.
Le retour paraît impossible car la route empruntée s’efface,
Gommée au fur et à mesure que vous montez au paradis.
De grâce, restez impassibles, surtout ne perdez pas la face ;
Tôt ou tard s’ouvre une embrasure ; n’en faites pas une maladie.
Bienvenue dans l’hypothétique – où les morts sont encore en vie –
Île de l’univers invisible dans une bulle imaginaire.
J’y ai vécu de pathétiques jours avec les âmes ravies
Jusqu’au retour imprévisible mais qui demeure secondaire.
Tableau de Neil Simone.
Il existe encore des chemins qui s’évanouissent à la frontière
De ces mondes au-delà des rêves que personne ne peut découvrir.
Absents de tous les parchemins, inconnus des cartes routières,
Parfois dans une minute brève, une porte pourrait s’ouvrir.
J’en connais deux ou trois peut-être dans ces sentiers vers nulle-part
Que j’ai ouvert par accident ou qui se sont entrouverts pour moi.
Entre deux chênes ou deux hêtres, les ronces forment un rempart
Qui s’écarte sans incident pourvu qu’un de mes yeux larmoient.
La lumière à travers les larmes me fournit la clef pour entrer
Ou plutôt m’annonce à l’oracle que je désire consulter.
Au-delà la vallée de charme, sur la montagne excentrée,
J’y ai découvert par miracle la reine sans difficulté.
Tableau de Neil Simone.
En jouant à colin-maillard, elle serait tombée enceinte.
C’est du moins ce qu’elle prétend, la robe ouverte aux quatre vents.
Ce doit être un sacré gaillard celui qui réussi cette feinte
Et sûrement l’enfant qu’elle attend sera appelé Percevan.
Tableau de Lisa Wright.
J’aimais ces poupées mécaniques qui jouaient dans les boîtes à musique
En surgissant tel un ressort et pivotant sur sa chaussure.
Ici, en Suisse alémanique, nous avons même une clinique
Qui solde après les réassorts des modèles grandeurs nature.
Photo de Matthieu Miller.
Hier, mes pensées m’ont brulé la cervelle à trop réfléchir
Et la morsure irréversible s’attise lorsque je respire.
Aujourd’hui, des yeux cérulés ont fait d’amour mon cœur fléchir
Pour un garçon irrésistible tout feu, tout flamme et même pire.
« cérulé » : bleu azur.
Photo « Red hot » de Nick Levesque.
« S’étend la vague déferlante pas en largeur mais en longueur ! »
Ordonnent les nymphes des rivières pour se baigner dans les rouleaux.
Milliers de gouttes déperlantes dans la quiétude et la langueur
Tandis qu’un pêcheur à l’arrière observe parmi les bouleaux.
Tableau de Rafal Olbinski.