Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • IIII. La reine épique

    IIII. La reine épique

    Tranchons dans le vif du sujet et coupons court à tous propos :
    La reine épique possède un dard dont le fourreau est son croupion.
    Elle le sort sans préjugé – or ce n’est pas de tout repos –
    Et connaît, l’enfance de l’art, toutes les bottes du scorpion

    Tableau de Joshua Burbank.

  • III. La reine des tarots

    III. La reine des tarots

    Elle avait lu dans les étoiles toutes ces aventures amoureuses
    Qui agitent les couches royales ici, d’ailleurs et maintenant.
    Mais elle garde sous le voile toutes ses cartes langoureuses
    Qu’elle abat d’une main loyale lorsque le risque est attenant.

    Tableau de Joshua Burbank.

  • II. La reine économe

    II. La reine économe

    Le roi d’ailleurs l’a contrariée en venant chasser sur ses terres
    Car le gibier lui coûte cher et on y perd à la revente.
    Il prétendrait la marier or, il n’est point célibataire !
    De toutes manières, œuvre de chair se négocie avant la vente !

    Tableau de Joshua Burbank.

  • I. La reine d’ailleurs

    I. La reine d’ailleurs

    Dimanche matin, la reine d’ailleurs en a le cœur tout retourné.
    Le roi chasse avec la voisine, la putative reine économe.
    Elle s’est levée d’un ton railleur ; sa réception est ajournée
    Et s’en va dire à sa cousine qu’elle veut divorcer de son homme…

    Tableau de Joshua Burbank.

  • Mes amis d’un été

    Il était doux, un peu rêveur, la tête un peu dans les étoiles
    Dont les cheveux coiffés en brosse semblaient capter d’autres planètes.
    Il travaillait comme serveur ou moniteur de planche à voile ;
    Je crois qu’il s’appelait Éros et puis, sa copine Antoinette.

    Elle aussi rêvait des étoiles et même d’une en particulier ;
    Andromède ou bien Bételgeuse, je les confondais tout le temps.
    Elle se mettait parfois à poil et levait deux bras singuliers
    Pour saluer l’avantageuse constellation du Léviathan.

    Illustrations de Kyle T. Webster.

  • Vénus étalonne

    Vénus étalonne

    Son corps menu, tout allongé
    Semble un jalon de la beauté.
    Comme une maîtresse étalon,
    Une jument pygmalion.

    Voyez les courbes prolongées
    Des rides à peine rabotées
    Qui s’étirent sur les talons
    D’avoir dansé un bataillon.

    Elle se cache le visage
    Mais vous l’avez tous reconnue :
    Vénus, déesse de l’amour
    Et de l’éternel féminin.

    En hommage à son paysage,
    Ses seins, montagnes inconnues,
    Son sexe, en sillon de labour,
    Laissez-moi le mot de la fin :

    Ma Vénus en guise de toise
    Ferait une icône grivoise
    Qu’à la croissance s’apprivoise
    Et qu’à l’amour, mon cœur pavoise.

    Tableau d’Alexander Sigov.

  • Ce qui reste de l’été

    Que restera-t-il de l’été lorsque l’automne reviendra ?
    Quelques souvenirs effeuillés ou un album plein d’émotions
    Que je n’aurai qu’à feuilleter quand un détail me retiendra ;
    Une petite chatte endeuillée ou un matou en adoption.

    Je reviendrai au fil des jours en relisant mon almanach
    Où j’annote chaque événement que mon cœur a pu retenir.
    J’y reverrai chaque séjour, chaque fragrance qui émana
    Du bouquet de déchaînements que la vie laisse en souvenir.

    Tableau de Georges Seurat.

  • Les points de la piste aux étoiles

    Tout vient à point finalement à tous ceux qui savent attendre,
    Ceux qui arrivent point par point au bout de dix ans de patience
    À parvenir au firmament de l’expression la plus tendre
    Et la plus expressive de loin du génie de leurs expériences.

    Tableau de Georges Seurat.

  • Mimi sur le grand Bi

    Mimi sur le grand Bi

    Innocemment, le minet blanc,
    Méli-mélo sur le vélo.
    Qui l’a mis là et pourquoi ça ?
    Les gens sont fous de par chez nous.

    Chat piétonnier, là prisonnier,
    N’as-tu vertige de ton prestige ?
    Sur ton grand Bi, tu es béni
    Car la photo, ça sert d’auto.

    Illustration « Bicycle and Cat Letterpress » de Lantern Press, Portland, Oregon.

  • Une nouvelle animalité

    Une nouvelle animalité

    Je lègue tout à mon minet ; le destin de l’humanité
    Et surtout celui de la Terre que nous, égoïstes, ont détruite.
    Une fois l’homme éliminé, une nouvelle animalité
    Régnera en chats solidaires des souris, oiseaux et des truites.

    Tableau de Ryan Conners.

  • Même pas en rêve – 1

    Même pas en rêve - 1

    Même en plein milieu de mes rêves, je continue à pédaler
    Pour s’attraper à l’épuisette quelques idées à conserver.
    Je les collectionne sans trêve en prenant soin de les étaler
    Sur l’écran noir de ma nuisette que j’ai omis de préserver.

    Alors j’écris sur mes seins nus à l’encre noire de la nuit
    Les papillons proses et vers que j’ai recueillis au filet.
    Mais que sont-ils donc devenus à l’aube, quand le soleil luit ?
    Je me retrouve nue comme un ver et ma mémoire s’est défilée.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov sur http:ecgallery.comexclusive-artistshomeoleg-tchoubakov .

  • Même pas en rêve – 2

    Même pas en rêve - 2

    Dans mes nuits blanches, en roue libre, où je pédale dans l’absurde,
    J’essaie de noter l’inconnu des mes chemins vers l’impossible.
    Au matin, le déséquilibre de ma mémoire se masturbe
    Avec des mots non reconnus par mon œil ouvert impassible.

    Je trouve des extraterrestres qui auraient volé la Joconde
    En s’enfuyant en pédalo dans une forêt de bohème.
    Très rarement un mot s’orchestre avec une rime vagabonde
    Et, sans que je sois mégalo, me permet d’en faire un poème.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov sur http:ecgallery.comexclusive-artistshomeoleg-tchoubakov .

  • Le cheval à vau-l’eau

    Le cheval à vau-l’eau

    Char à voile, char à vapeur et pourquoi pas char à cheval ?
    Je sais, c’est déjà inventé mais moi, il me tire à vélo.
    Au triple galop, il m’a pas peur d’être le clou du festival
    Des fous de la roue indentée pour un équestre méli-mélo.

    Plus besoin d’actionner le timbre avec le boucan déchaîné ;
    Les gens se jettent dans le fossé s’ils n’ont pas peur d’être piétinés.
    Chose qui nous permet d’atteindre dans un fou fondu-enchaîné
    Une vitesse sur la chaussée qui devrait nous ratatiner.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • Je te goûterai

    Je te goûterai

    Je te goûterai la tête lorsque tu feras la sieste,
    Je te goûterai le cœur d’un sommeil réparateur.
    Pour donner un air de fête, permets que je manifeste
    Mes envies de mastiqueur en te léchant en hauteur.

    Tableau « La cama inglesa » de Guillermo Lorca García H.

  • La trottinette aussi – 1

    La trottinette aussi - 1

    La trottinette également possède un goût de paradis
    Qui fait frémir, cheveux au vent, l’exaltation de la vitesse.
    Modèle Suisse ou Allemand, on en trouve pour pas un radis
    Abandonnée le plus souvent quand on a cuvé son ivresse.

    Comme un chien avant les vacances, on l’abandonne sur un trottoir,
    Près des poubelles, la roue cassée ou le guidon tout déglingué.
    Quand même ! Quelle extravagance ! Pour notre époque, il est notoire
    Que tout ce qui est dépassé finit par être valdingué.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • La trottinette aussi – 2

    La trottinette aussi - 2

    Quand elle ne roule pas, elle rêve assise sur sa balançoire.
    Elle poursuit dans ses pensées les routes qui l’attendent demain.
    Cet engrenage qui l’a crève à petit feu reste accessoire
    Car ses neurones ont dépensé tous ses soucis sur les chemins.

    Rouler, c’est comme l’Amérique, comme le rêve américain.
    On roule de plus en plus loin, on roule de plus en plus vite.
    Rouler dans le monde féérique des rallies panaméricains
    Parus-Dakar, tout le tsoin-tsoin où les fous du guidon l’évitent.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • Les ailes mécaniques

    Les ailes mécaniques

    Elle porte des ailes mécaniques toutes animées par des ressorts
    Et une série d’engrenages qui tictaquent comme une horloge.
    Elle vient de Suisse alémanique, le pays qui a connu l’essor
    De l’habileté chronophage de la montre qui fait son éloge.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • Le Chien-Botté

    Le Chien-Botté

    Jamais n’aurais cru voir un jour le Chien-Botté sur des échasses
    Accompagné avec amour par une sorte de bécasse.
    D’accord, je me moque, il est vrai mais je vois passer toutes sortes
    De promeneuses en livrée et leurs toutous qui les emporte.

    J’en ai croisé une souvent, de ma fenêtre ou dans les champs,
    Même dans les sentiers de montagne, le nez collé au téléphone.
    Et les trois toutous, tous devant, tirent la laisse en s’attachant
    À bien conduire leur compagne vers les chemins qui mènent à Rome.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • La mode à vélo

    Bien sûr, la bicyclette prime mais la mode vestimentaire
    Reste de première importance, on n’est pas que des cons qui roulent !
    Le rudimentaire déprime. Vivent les marques règlementaires !
    Maillot rayé en évidence ou à carreaux et pied de poule.

    Ils roulent souvent en groupuscules, tous vêtus de la même façon ;
    Mêmes couleurs, mêmes gabarits, peut-être le même vélo.
    Lorsque j’en vois au crépuscule, habillés de contrefaçons,
    Je réfléchis et je parie qu’ils sont tous partis à vau-l’eau.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • Les chemins de prédilection

    Comme une boussole un peu folle qui mettrait le nord en arrière,
    Elle fonçait vers son destin dans la mauvaise direction.
    Tous les chemins, elle en raffole, ceux qui vont à Rome par derrière,
    Par des raccourcis clandestins mais surtout de prédilection.

    Rien que pour me contrarier, elle a changé de direction.
    Au temps pour moi, elle a passé l’autre côté de la rivière.
    Je la croyais dévariée mais elle suit par conviction
    La même route qu’elle a tracée et qui s’en va devant-derrière.

    Tableau d’Oleg Tchoubakov.

  • Le triste sort de Roméo

    Le triste sort de Roméo

    Repris, on lui coupa ses cornes et on le marqua de couleur.
    Et on le conduisit au bagne attaché à un gros boulet
    De laine à des milliers de bornes pour y ruminer sa douleur.
    Quand Roméo bat la campagne, c’est dans ses rêves chamboulés.

    Tableau d’Anita Køtlum Petersen sur https:www.a9ta.dkportfoliodyr .

  • La fuite de Roméo

    La fuite de Roméo

    Or, un jour la porte s’ouvrît, quelqu’un l’avait dû mal fermer.
    « Je suis enfin un bélier libre ! » Pensa Roméo en courant
    Vers d’autres lieux qu’il découvrit, d’autres animaux enfermés
    Qui font la chaîne en équilibre de l’esclavage concourant.

    Tableau d’Anita Køtlum Petersen sur https:www.a9ta.dkportfoliodyr .

  • Le blues de Roméo

    Roméo, le chef du troupeau incarnait un drôle de pionnier.
    Premier à sortir de l’étable et à se perdre dans la nature.
    Le chien courait de l’entrepôt à la poursuite du prisonnier
    Car Roméo, c’était notable, en refusait la dictature.

    Car tous les soirs on l’enfermait dans une belle cage dorée
    Avec une musique douce que son marasme recouvrit.
    Il ne pouvait s’y conformer, rêvait à ses plaines adorées.
    Il suffisait d’une secousse afin que la porte s’ouvrît.

    Tableau d’Anita Køtlum Petersen sur https:www.a9ta.dkportfoliodyr .

  • L’ivresse des couleurs

    L’ivresse des couleurs

    L’ivresse des couleurs paraît à la vie aussi naturelle
    Que le vin de ses océans et l’alcool de ses crépuscules.
    Lorsque la saveur disparaît sous la nuitée conjoncturelle
    Que le temps m’impose céans, j’en blâme l’addiction ridicule.

    Tableau de Vincent van Gogh.

  • Le vivarium de Cherche-Midi

    Le vivarium de Cherche-Midi

    Pour amuser Cherche-Midi, les poissons que ma femme achète
    Ne sont heureusement que jouets, pas la peine de la dénoncer.
    Pour attiser sa perfidie, elle les pêche à l’épuisette
    Et dès son petit air enjoué, le spectacle peut commencer.

    Tableau de Murman Kutchava.

  • L’automne invisible

    L’automne invisible

    Personne n’aperçoit son ombre, entre les arbres, s’avancer.
    L’automne cherche une messagère, une feuille qui connaît le code.
    Elle va lui confier le nombre de ce qu’il faudra agencer
    En lots de fleurs paysagères pour le printemps aux antipodes.

    Tableau de Sulamith Wulfing.

  • Le bien rêver

    Comme le disait si bien Montaigne, pionnier de l’art de voyager :
    « Le voyage est une pratique qui est l’école de la vie. »
    Et de peur que je me contraigne à cesser d’être apanagé,
    Je choisis une sympathique façon d’aller qui me ravit.

    D’abord je voyage dans les limbes, première classe et tout confort
    En m’abandonnant à mes rêves vers des mondes émerveillés.
    J’y vois les dieux du Mont Olympe m’apporter tout le réconfort
    Au fil des nuits blanches sans trêve car j’y vis des songes éveillés.

    Tableau d’Anne Bachelier.

  • Jouir au soleil

    Jouir au soleil

    Saluer le soleil à l’aube la replonge en catalepsie
    Comme si l’astre hypnotiseur la soumettait à sa puissance.
    Elle dégage alors les globes de ses seins en synergie
    Pour capter l’or magnétiseur du flamboiement de jouissance.

    Tableau de Sulamith Wulfing.

  • Mon crocodile et moi

    Mon crocodile et moi

    J’ai adopté un crocodile qui vit dans la salle de bains
    Dont le style assez rococo le laisse tout indifférent.
    J’éprouve vraiment une idylle avec mon petit chérubin
    Et maintenant mon vieux croco, tu descends bouffer mes parents !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Mon tigre et moi

    Mon tigre et moi

    Par une chatière adaptée aux dimensions de mon minet,
    Celui-ci, sans peine, entre et sort quand je l’accueille le dimanche.
    Tout le voisinage a capté que depuis, dans mon jardinet,
    On rencontrait le mauvais sort si l’on ne montrait patte blanche.

    Photo de Tipi Herden et de son animal de compagnie.

  • Le chat débotté

    Non pas déculotté mais débotté, paraît le chat comme un pacha.
    Ses affaires ont pris de l’ampleur, associé à une virago
    Qui fut, d’un procès, déboutée – elle s’appelait Natacha.
    On dit qu’ils sont des imposteurs mais ils ignorent les ragots.

    Quant à la virago, sachez que son histoire est compliquée.
    Aristocrate d’Odessa, elle pratiquait la magie noire.
    Mais il ne faut pas vous fâcher si elle vous a impliqués
    Dans les affaires qu’elle confessa, elle vit recluse en son manoir.

    Tableau d’Anne Bachelier.

  • La chamanibou

    La chamanibou

    Sous sa cape couleur du jour, danse nue la chamanibou
    Escortée de deux acolytes vêtus de dominos nacrés.
    Évidemment, comme toujours, elle interroge les hiboux
    Qui ont révélé l’insolite mystère de la nuit sacrée.

    Tableau d’Anne Bachelier.

  • Quand tombe le masque

    Quand tombe le masque

    Au moment où le masque tombe, l’âme se trouve dénudée
    Car le visage ne cache plus l’intimité de ses contours.
    Alors les paupières succombent et couvrent les yeux éludés
    Qui sentent la pudeur qui reflue de découvrir tous ses atours.

    Tableau de Rita Cavallari.

  • Les trois Zo

    Les trois Zo

    Les sœurs Zo aiment les oiseaux, on les appelle les trois Zo.
    Elles organisent des rituels pour les clients habituels
    Qui viennent observer sereins la chorégraphie des serins
    Que les sœurs ont apprivoisés afin de les faire pavoiser.

    Tableau d’Anne Bachelier.

  • Les seins bleu-de-nuit

    Les seins bleu-de-nuit

    Nue, sous une lumière noire, un peu de rouge sur les épaules ;
    Les mamelons apparaissant comme deux poignards bleu-de-nuit.
    Aucun oubli dans ma mémoire, même la couleur de son étole
    Ainsi que ses seins turgescents me reviennent encore aujourd’hui.

    Tableau de Rita Cavallari.

  • L’oiseau de bonnes nouvelles

    L’oiseau de bonnes nouvelles

    Selon la couleur du plumage qu’il transmet au destinataire,
    Les nouvelles brilleront d’or, d’argent et le lapis-lazuli.
    Pour les mauvaises, il est dommage qu’elles soient aussi terre-à-terre,
    L’oiseau ressemble à un condor de la couleur du patchouli.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Les mauvaises humeurs de la fée des fleurs

    Les mauvaises humeurs de la fée des fleurs

    N’ dérangez pas la fée des fleurs lorsqu’elle fait ses ablutions !
    Elle se montre de mauvaise humeur lorsqu’on lui trouble sa boisson.
    Une fois je l’ai vue en pleurs après une bête interruption
    Qu’avait provoquée un frimeur qu’elle a transformé en poisson.

    Tableau d’Anne Bachelier.

  • Croque-pomme

    Quel plaisir de croquer la pomme la première fois secrètement
    Et, bien sûr, de recommencer pour varier les positions !
    Car la femme mélangée à l’homme offre une liqueur extrêmement
    Fertile pour ensemencer selon leurs prédispositions.

    Une fois la pomme croquée et que l’enfant est arrivé,
    Goûter encore au fruit secret n’a plus vraiment la même portée.
    D’abord le temps est escroqué au rejeton suractivé ;
    Sans compter le risque concret d’en voir d’autres téléportés.

    Tableaux de Yuri Macyk.

  • La question

    La question

    Quand le cœur est morose, poussent-il une rose ?
    Quand le corps est meurtri, l’est-il n symétrie ?
    Quand l’esprit est ailleurs, lui faut-il un tailleur ?
    Et à l’âme bien née, combien faut-il d’années ?

    Tableau d’Aykut Aydoğdu.

  • L’aura énergétique

    Selon l’aura énergétique qui circule dans notre corps,
    Celui-ci pourrait exprimer différentes émanations.
    Vers un rouge signalétique iront les stress et désaccords
    Et vers un bleu ciel sublimé, les plus intimes inflammations.

    Selon si le cœur est heureux, de longues volutes amoureuses
    Remonteront par les dorsales et descendront par les lombaires.
    Selon si l’esprit est peureux, des ondes courtes et langoureuses
    Secoueront les tripes abyssales et le second cerveau bulbaire.

    Tableaux d’Alberto Seveso.

  • Nous, les moutons

    Nous, les moutons

    Nous, les moutons, noirs, jaunes ou blancs, on nous roule trop facilement.
    On nous tond la laine sur le dos pour nous la revendre aussitôt.
    On nous fait regarder en l’air pour mieux détourner nos affaires
    Et le pompon de l’escroquerie c’est le loup dans la bergerie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Scan – 1

    Scan - 1

    Selon comment on est scanné par les appareils détecteurs,
    On apparaît le corps paré de vraies ou de fausses couleurs.
    Un sein bleu ou bien safrané, un sein vert plutôt protecteur
    Et tous les rêves bigarrés un peu comme souffre-douleur.

    Tableau de Rita Cavallari.

  • Scan – 2

    Scan - 2

    Selon l’éclairage des regards braqués sous les feux de la rampe,
    Vous serez nus ou habillés d’une seconde vérité.
    Votre cœur restera hagard, mais vous serez d’une autre trempe
    Qui accepte à coup de billets ce dont vous croyiez mériter.

    Tableau de Rita Cavallari.

  • Collier soutif

    Collier soutif

    Toute une brassière en perles fines comme un soutien-gorge nacré,
    Fallait oser, j’en ai rêvé, elle l’a fait, j’en suis comblé.
    En deux, trois rangs, elle raffine l’éclat des mamelles sacrées
    Sur lesquelles ne pas me priver d’y poser une main d’emblée.

    Tableau de Skupova Lyubov.

  • Le langage des arbres

    Le langage des arbres

    On dit les arbres silencieux mais ils parlent toute l’année
    Par le langage des couleurs qu’ils usent comme sémaphores.
    Au fil des saisons sous des cieux, ils offrent une miscellanée
    De teintes selon les douleurs des fleurs aux fruits qui s’élaborent.

    Tableau de Robert Burridge.

  • Les pompons du bonheur

    Les pompons du bonheur

    Elle savoure les dandelions qu’elle appelle « pompons du bonheur »
    Car elle sait que chaque spore est une prière exaucée.
    Elle veut que nous nous consolions de nos peines et de nos malheurs
    Alors elle observe le score que le vent aide à exhausser.

    Tableau de Jimmy Lawlor.

  • Pas de Lapis sans l’Azuli – 3

    Pas de Lapis sans l’Azuli - 3

    Toujours en est-il de Lapis, j’en rencontre souvent en forêt,
    Sur les plateaux vers les collines dans ma région alémanique.
    Le matin serait plus propice à cause des rayons arborés
    De l’aube de couleur violine des paysages germaniques.

    Toujours de bleu sombre vêtues, elles suivent la piste d’étoiles
    Que Lapis sillonne désormais dans le cœur de ces cavalières.
    Parfois juste assez dévêtues, juste sur leurs seins nus, un voile
    Qui flotte au vent à tout jamais dans les légendes festivalières.

    Tableau de Peter Mitchev.

  • Pas de Lapis sans l’Azuli – 1

    Pas de Lapis sans l’Azuli - 1

    Lapis était reine d’Égypte et possédait un cheval bleu
    Qui répondait au nom d’Azuli, un nom qui sonnait dans le vent.
    Quant au Pharaon, lui, dans sa crypte, se consacrait au fabuleux
    Culte du lapis-lazuli qui jaillit du soleil levant.

    Personne n’a trouvé son tombeau, on prétend qu’il n’est que légende
    Pourtant la pierre du bleu profond existe toujours aujourd’hui.
    Alors qui reprendra le flambeau du cristal de couleur lavande
    Et ressortira des tréfonds le nouveau culte réintroduit ?

    Tableau de Peter Mitchev.

  • Pas de Lapis sans l’Azuli – 2

    Pas de Lapis sans l’Azuli - 2

    Lapis serait réincarnée en une très belle amazone
    Dont le père a ressuscité le fameux cheval Azuli.
    On dit qu’ils se sont acharnés à perpétuer leur icône
    En brisant la caducité du précieux lapis-lazuli.

    Voici pourquoi, quand vous portez le bijou à l’éclat d’azur,
    L’envie vous prend de chevaucher seins nus une nuit étoilée.
    Mais quelle qu’en soit la portée du temps, au fur et à mesure,
    La jolie légende ébauchée un jour nous sera dévoilée.

    Tableau de Peter Mitchev.

  • La pomme d’amour

    La pomme d’amour

    D’abord l’odeur de sa peau ferme qui sonne quand on la tapote ;
    Après le jet cru dans la bouche quand on l’embrasse tendrement ;
    Puis, le goût que le suc renferme quand on enlève la capote ;
    Enfin, le plaisir de la couche qui va accueillir les amants.

    Tableau de Peter Mitchev.