Tranchons dans le vif du sujet et coupons court à tous propos : La reine épique possède un dard dont le fourreau est son croupion. Elle le sort sans préjugé – or ce n’est pas de tout repos – Et connaît, l’enfance de l’art, toutes les bottes du scorpion
Elle avait lu dans les étoiles toutes ces aventures amoureuses Qui agitent les couches royales ici, d’ailleurs et maintenant. Mais elle garde sous le voile toutes ses cartes langoureuses Qu’elle abat d’une main loyale lorsque le risque est attenant.
Le roi d’ailleurs l’a contrariée en venant chasser sur ses terres Car le gibier lui coûte cher et on y perd à la revente. Il prétendrait la marier or, il n’est point célibataire ! De toutes manières, œuvre de chair se négocie avant la vente !
Dimanche matin, la reine d’ailleurs en a le cœur tout retourné. Le roi chasse avec la voisine, la putative reine économe. Elle s’est levée d’un ton railleur ; sa réception est ajournée Et s’en va dire à sa cousine qu’elle veut divorcer de son homme…
Il était doux, un peu rêveur, la tête un peu dans les étoiles Dont les cheveux coiffés en brosse semblaient capter d’autres planètes. Il travaillait comme serveur ou moniteur de planche à voile ; Je crois qu’il s’appelait Éros et puis, sa copine Antoinette.
Elle aussi rêvait des étoiles et même d’une en particulier ; Andromède ou bien Bételgeuse, je les confondais tout le temps. Elle se mettait parfois à poil et levait deux bras singuliers Pour saluer l’avantageuse constellation du Léviathan.
Que restera-t-il de l’été lorsque l’automne reviendra ? Quelques souvenirs effeuillés ou un album plein d’émotions Que je n’aurai qu’à feuilleter quand un détail me retiendra ; Une petite chatte endeuillée ou un matou en adoption.
Je reviendrai au fil des jours en relisant mon almanach Où j’annote chaque événement que mon cœur a pu retenir. J’y reverrai chaque séjour, chaque fragrance qui émana Du bouquet de déchaînements que la vie laisse en souvenir.
Tout vient à point finalement à tous ceux qui savent attendre, Ceux qui arrivent point par point au bout de dix ans de patience À parvenir au firmament de l’expression la plus tendre Et la plus expressive de loin du génie de leurs expériences.
Je lègue tout à mon minet ; le destin de l’humanité Et surtout celui de la Terre que nous, égoïstes, ont détruite. Une fois l’homme éliminé, une nouvelle animalité Régnera en chats solidaires des souris, oiseaux et des truites.
Même en plein milieu de mes rêves, je continue à pédaler Pour s’attraper à l’épuisette quelques idées à conserver. Je les collectionne sans trêve en prenant soin de les étaler Sur l’écran noir de ma nuisette que j’ai omis de préserver.
Alors j’écris sur mes seins nus à l’encre noire de la nuit Les papillons proses et vers que j’ai recueillis au filet. Mais que sont-ils donc devenus à l’aube, quand le soleil luit ? Je me retrouve nue comme un ver et ma mémoire s’est défilée.
Tableau d’Oleg Tchoubakov sur http:ecgallery.comexclusive-artistshomeoleg-tchoubakov .
Dans mes nuits blanches, en roue libre, où je pédale dans l’absurde, J’essaie de noter l’inconnu des mes chemins vers l’impossible. Au matin, le déséquilibre de ma mémoire se masturbe Avec des mots non reconnus par mon œil ouvert impassible.
Je trouve des extraterrestres qui auraient volé la Joconde En s’enfuyant en pédalo dans une forêt de bohème. Très rarement un mot s’orchestre avec une rime vagabonde Et, sans que je sois mégalo, me permet d’en faire un poème.
Tableau d’Oleg Tchoubakov sur http:ecgallery.comexclusive-artistshomeoleg-tchoubakov .
Char à voile, char à vapeur et pourquoi pas char à cheval ? Je sais, c’est déjà inventé mais moi, il me tire à vélo. Au triple galop, il m’a pas peur d’être le clou du festival Des fous de la roue indentée pour un équestre méli-mélo.
Plus besoin d’actionner le timbre avec le boucan déchaîné ; Les gens se jettent dans le fossé s’ils n’ont pas peur d’être piétinés. Chose qui nous permet d’atteindre dans un fou fondu-enchaîné Une vitesse sur la chaussée qui devrait nous ratatiner.
Je te goûterai la tête lorsque tu feras la sieste, Je te goûterai le cœur d’un sommeil réparateur. Pour donner un air de fête, permets que je manifeste Mes envies de mastiqueur en te léchant en hauteur.
Tableau « La cama inglesa » de Guillermo Lorca García H.
La trottinette également possède un goût de paradis Qui fait frémir, cheveux au vent, l’exaltation de la vitesse. Modèle Suisse ou Allemand, on en trouve pour pas un radis Abandonnée le plus souvent quand on a cuvé son ivresse.
Comme un chien avant les vacances, on l’abandonne sur un trottoir, Près des poubelles, la roue cassée ou le guidon tout déglingué. Quand même ! Quelle extravagance ! Pour notre époque, il est notoire Que tout ce qui est dépassé finit par être valdingué.
Quand elle ne roule pas, elle rêve assise sur sa balançoire. Elle poursuit dans ses pensées les routes qui l’attendent demain. Cet engrenage qui l’a crève à petit feu reste accessoire Car ses neurones ont dépensé tous ses soucis sur les chemins.
Rouler, c’est comme l’Amérique, comme le rêve américain. On roule de plus en plus loin, on roule de plus en plus vite. Rouler dans le monde féérique des rallies panaméricains Parus-Dakar, tout le tsoin-tsoin où les fous du guidon l’évitent.
Elle porte des ailes mécaniques toutes animées par des ressorts Et une série d’engrenages qui tictaquent comme une horloge. Elle vient de Suisse alémanique, le pays qui a connu l’essor De l’habileté chronophage de la montre qui fait son éloge.
Jamais n’aurais cru voir un jour le Chien-Botté sur des échasses Accompagné avec amour par une sorte de bécasse. D’accord, je me moque, il est vrai mais je vois passer toutes sortes De promeneuses en livrée et leurs toutous qui les emporte.
J’en ai croisé une souvent, de ma fenêtre ou dans les champs, Même dans les sentiers de montagne, le nez collé au téléphone. Et les trois toutous, tous devant, tirent la laisse en s’attachant À bien conduire leur compagne vers les chemins qui mènent à Rome.
Bien sûr, la bicyclette prime mais la mode vestimentaire Reste de première importance, on n’est pas que des cons qui roulent ! Le rudimentaire déprime. Vivent les marques règlementaires ! Maillot rayé en évidence ou à carreaux et pied de poule.
Ils roulent souvent en groupuscules, tous vêtus de la même façon ; Mêmes couleurs, mêmes gabarits, peut-être le même vélo. Lorsque j’en vois au crépuscule, habillés de contrefaçons, Je réfléchis et je parie qu’ils sont tous partis à vau-l’eau.
Comme une boussole un peu folle qui mettrait le nord en arrière, Elle fonçait vers son destin dans la mauvaise direction. Tous les chemins, elle en raffole, ceux qui vont à Rome par derrière, Par des raccourcis clandestins mais surtout de prédilection.
Rien que pour me contrarier, elle a changé de direction. Au temps pour moi, elle a passé l’autre côté de la rivière. Je la croyais dévariée mais elle suit par conviction La même route qu’elle a tracée et qui s’en va devant-derrière.
Repris, on lui coupa ses cornes et on le marqua de couleur. Et on le conduisit au bagne attaché à un gros boulet De laine à des milliers de bornes pour y ruminer sa douleur. Quand Roméo bat la campagne, c’est dans ses rêves chamboulés.
Tableau d’Anita Køtlum Petersen sur https:www.a9ta.dkportfoliodyr .
Or, un jour la porte s’ouvrît, quelqu’un l’avait dû mal fermer. « Je suis enfin un bélier libre ! » Pensa Roméo en courant Vers d’autres lieux qu’il découvrit, d’autres animaux enfermés Qui font la chaîne en équilibre de l’esclavage concourant.
Tableau d’Anita Køtlum Petersen sur https:www.a9ta.dkportfoliodyr .
Roméo, le chef du troupeau incarnait un drôle de pionnier. Premier à sortir de l’étable et à se perdre dans la nature. Le chien courait de l’entrepôt à la poursuite du prisonnier Car Roméo, c’était notable, en refusait la dictature.
Car tous les soirs on l’enfermait dans une belle cage dorée Avec une musique douce que son marasme recouvrit. Il ne pouvait s’y conformer, rêvait à ses plaines adorées. Il suffisait d’une secousse afin que la porte s’ouvrît.
Tableau d’Anita Køtlum Petersen sur https:www.a9ta.dkportfoliodyr .
L’ivresse des couleurs paraît à la vie aussi naturelle Que le vin de ses océans et l’alcool de ses crépuscules. Lorsque la saveur disparaît sous la nuitée conjoncturelle Que le temps m’impose céans, j’en blâme l’addiction ridicule.
Pour amuser Cherche-Midi, les poissons que ma femme achète Ne sont heureusement que jouets, pas la peine de la dénoncer. Pour attiser sa perfidie, elle les pêche à l’épuisette Et dès son petit air enjoué, le spectacle peut commencer.
Personne n’aperçoit son ombre, entre les arbres, s’avancer. L’automne cherche une messagère, une feuille qui connaît le code. Elle va lui confier le nombre de ce qu’il faudra agencer En lots de fleurs paysagères pour le printemps aux antipodes.
Comme le disait si bien Montaigne, pionnier de l’art de voyager : « Le voyage est une pratique qui est l’école de la vie. » Et de peur que je me contraigne à cesser d’être apanagé, Je choisis une sympathique façon d’aller qui me ravit.
D’abord je voyage dans les limbes, première classe et tout confort En m’abandonnant à mes rêves vers des mondes émerveillés. J’y vois les dieux du Mont Olympe m’apporter tout le réconfort Au fil des nuits blanches sans trêve car j’y vis des songes éveillés.
Saluer le soleil à l’aube la replonge en catalepsie Comme si l’astre hypnotiseur la soumettait à sa puissance. Elle dégage alors les globes de ses seins en synergie Pour capter l’or magnétiseur du flamboiement de jouissance.
J’ai adopté un crocodile qui vit dans la salle de bains Dont le style assez rococo le laisse tout indifférent. J’éprouve vraiment une idylle avec mon petit chérubin Et maintenant mon vieux croco, tu descends bouffer mes parents !
Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Par une chatière adaptée aux dimensions de mon minet, Celui-ci, sans peine, entre et sort quand je l’accueille le dimanche. Tout le voisinage a capté que depuis, dans mon jardinet, On rencontrait le mauvais sort si l’on ne montrait patte blanche.
Photo de Tipi Herden et de son animal de compagnie.
Non pas déculotté mais débotté, paraît le chat comme un pacha. Ses affaires ont pris de l’ampleur, associé à une virago Qui fut, d’un procès, déboutée – elle s’appelait Natacha. On dit qu’ils sont des imposteurs mais ils ignorent les ragots.
Quant à la virago, sachez que son histoire est compliquée. Aristocrate d’Odessa, elle pratiquait la magie noire. Mais il ne faut pas vous fâcher si elle vous a impliqués Dans les affaires qu’elle confessa, elle vit recluse en son manoir.
Sous sa cape couleur du jour, danse nue la chamanibou Escortée de deux acolytes vêtus de dominos nacrés. Évidemment, comme toujours, elle interroge les hiboux Qui ont révélé l’insolite mystère de la nuit sacrée.
Au moment où le masque tombe, l’âme se trouve dénudée Car le visage ne cache plus l’intimité de ses contours. Alors les paupières succombent et couvrent les yeux éludés Qui sentent la pudeur qui reflue de découvrir tous ses atours.
Les sœurs Zo aiment les oiseaux, on les appelle les trois Zo. Elles organisent des rituels pour les clients habituels Qui viennent observer sereins la chorégraphie des serins Que les sœurs ont apprivoisés afin de les faire pavoiser.
Nue, sous une lumière noire, un peu de rouge sur les épaules ; Les mamelons apparaissant comme deux poignards bleu-de-nuit. Aucun oubli dans ma mémoire, même la couleur de son étole Ainsi que ses seins turgescents me reviennent encore aujourd’hui.
Selon la couleur du plumage qu’il transmet au destinataire, Les nouvelles brilleront d’or, d’argent et le lapis-lazuli. Pour les mauvaises, il est dommage qu’elles soient aussi terre-à-terre, L’oiseau ressemble à un condor de la couleur du patchouli.
N’ dérangez pas la fée des fleurs lorsqu’elle fait ses ablutions ! Elle se montre de mauvaise humeur lorsqu’on lui trouble sa boisson. Une fois je l’ai vue en pleurs après une bête interruption Qu’avait provoquée un frimeur qu’elle a transformé en poisson.
Quel plaisir de croquer la pomme la première fois secrètement Et, bien sûr, de recommencer pour varier les positions ! Car la femme mélangée à l’homme offre une liqueur extrêmement Fertile pour ensemencer selon leurs prédispositions.
Une fois la pomme croquée et que l’enfant est arrivé, Goûter encore au fruit secret n’a plus vraiment la même portée. D’abord le temps est escroqué au rejeton suractivé ; Sans compter le risque concret d’en voir d’autres téléportés.
Quand le cœur est morose, poussent-il une rose ? Quand le corps est meurtri, l’est-il n symétrie ? Quand l’esprit est ailleurs, lui faut-il un tailleur ? Et à l’âme bien née, combien faut-il d’années ?
Selon l’aura énergétique qui circule dans notre corps, Celui-ci pourrait exprimer différentes émanations. Vers un rouge signalétique iront les stress et désaccords Et vers un bleu ciel sublimé, les plus intimes inflammations.
Selon si le cœur est heureux, de longues volutes amoureuses Remonteront par les dorsales et descendront par les lombaires. Selon si l’esprit est peureux, des ondes courtes et langoureuses Secoueront les tripes abyssales et le second cerveau bulbaire.
Nous, les moutons, noirs, jaunes ou blancs, on nous roule trop facilement. On nous tond la laine sur le dos pour nous la revendre aussitôt. On nous fait regarder en l’air pour mieux détourner nos affaires Et le pompon de l’escroquerie c’est le loup dans la bergerie.
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Selon comment on est scanné par les appareils détecteurs, On apparaît le corps paré de vraies ou de fausses couleurs. Un sein bleu ou bien safrané, un sein vert plutôt protecteur Et tous les rêves bigarrés un peu comme souffre-douleur.
Selon l’éclairage des regards braqués sous les feux de la rampe, Vous serez nus ou habillés d’une seconde vérité. Votre cœur restera hagard, mais vous serez d’une autre trempe Qui accepte à coup de billets ce dont vous croyiez mériter.
Toute une brassière en perles fines comme un soutien-gorge nacré, Fallait oser, j’en ai rêvé, elle l’a fait, j’en suis comblé. En deux, trois rangs, elle raffine l’éclat des mamelles sacrées Sur lesquelles ne pas me priver d’y poser une main d’emblée.
On dit les arbres silencieux mais ils parlent toute l’année Par le langage des couleurs qu’ils usent comme sémaphores. Au fil des saisons sous des cieux, ils offrent une miscellanée De teintes selon les douleurs des fleurs aux fruits qui s’élaborent.
Elle savoure les dandelions qu’elle appelle « pompons du bonheur » Car elle sait que chaque spore est une prière exaucée. Elle veut que nous nous consolions de nos peines et de nos malheurs Alors elle observe le score que le vent aide à exhausser.
Toujours en est-il de Lapis, j’en rencontre souvent en forêt, Sur les plateaux vers les collines dans ma région alémanique. Le matin serait plus propice à cause des rayons arborés De l’aube de couleur violine des paysages germaniques.
Toujours de bleu sombre vêtues, elles suivent la piste d’étoiles Que Lapis sillonne désormais dans le cœur de ces cavalières. Parfois juste assez dévêtues, juste sur leurs seins nus, un voile Qui flotte au vent à tout jamais dans les légendes festivalières.
Lapis était reine d’Égypte et possédait un cheval bleu Qui répondait au nom d’Azuli, un nom qui sonnait dans le vent. Quant au Pharaon, lui, dans sa crypte, se consacrait au fabuleux Culte du lapis-lazuli qui jaillit du soleil levant.
Personne n’a trouvé son tombeau, on prétend qu’il n’est que légende Pourtant la pierre du bleu profond existe toujours aujourd’hui. Alors qui reprendra le flambeau du cristal de couleur lavande Et ressortira des tréfonds le nouveau culte réintroduit ?
Lapis serait réincarnée en une très belle amazone Dont le père a ressuscité le fameux cheval Azuli. On dit qu’ils se sont acharnés à perpétuer leur icône En brisant la caducité du précieux lapis-lazuli.
Voici pourquoi, quand vous portez le bijou à l’éclat d’azur, L’envie vous prend de chevaucher seins nus une nuit étoilée. Mais quelle qu’en soit la portée du temps, au fur et à mesure, La jolie légende ébauchée un jour nous sera dévoilée.
D’abord l’odeur de sa peau ferme qui sonne quand on la tapote ; Après le jet cru dans la bouche quand on l’embrasse tendrement ; Puis, le goût que le suc renferme quand on enlève la capote ; Enfin, le plaisir de la couche qui va accueillir les amants.