Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Comme un poisson dans l’eau

    Comme un poisson dans l’eau

    Quand le Titanic a coulé, deux scaphandriers sont descendus
    Chercher ses trésors enfouis après ce coup de Waterloo.
    Au bout de trois heures écoulées, on vit qu’ils s’étaient dépendus
    De leurs câbles et s’étaient enfui pour vivre comme un poisson dans l’eau.

    Illustration de Stan Manoukian.

  • Pour ou contre ?

    Pour ou contre ?

    Elle affichait un air farouche lors de notre première rencontre
    Et battait des ailes impatientes comme une chatte sur le toit.
    Mais ce n’était qu’une escarmouche ; un genre de test « pour ou contre ? »
    J’avais, d’une voix insouciante, sorti : « plutôt tout contre toi ! »

    Tableau de Karol Bak.

  • Lady Titanium

    Lady Titanium

    Trop robot pour être réelle comme l’avait écrit Prévert,
    La femme en titane peut plaire à l’homme atomique et moderne.
    Sauf que sa jeunesse cruelle risque une déception sévère
    S’il n’existe qu’un seul exemplaire dont l’aval arrive à son terme.

    Photo de Dani Olivier.

  • Tombé du nid

    Tombé du nid

    D’abord, son chapeau insolite dans le brouillard évoque l’œuf
    Qu’un drôle d’oiseau mais poétique aurait pondu avec génie.
    Mais bientôt la brume habilite la silhouette d’une meuf
    Qui m’examine pathétique comme si j’étais tombé du nid.

    Tableau de Boris Zaborov.

  • La maîtrise du cœur

    La maîtrise du cœur

    Un petit sourire moqueur qui remplacerait tout un poème ;
    Un petit regard langoureux qui renouvellerait la prose.
    La femme maîtrise son cœur et celui de l’amant bohème
    Qui deviendra fou amoureux et qui verra la vie en rose.

    Tableau de Vladimir Mukhin.

  • Sans fard ou avec art ?

    Sans fard ou avec art ?

    D’un sacrifice à l’esthétique, qu’est-il de plus précieux que l’art ?
    L’art d’une beauté naturelle ou un maquillage Picasso ?
    Je penserais plus pathétique une peau vierge de ses fards
    À son expression visuelle, mon cœur y braque ses faisceaux.

    Photo de Rotem Lebel.

  • Dédoublement

    Dédoublement

    Juste avant l’ombre du sommeil, dans son miroir, je me dédouble.
    Un temps nos pensées s’entrecroisent, une rencontre est impartie.
    Après, dans la nuit sans soleil, tandis que deux oiseaux s’accouplent,
    Nos deux rêves bouclent et se croisent mais au réveil, l’autre est parti.

    Tableau de Daria Petrilli.

  • L’apparition – 3

    L’apparition - 3

    Ma quête arrivait à sa fin quand m’apparut la clef des songes
    D’une forme ovoïde et noire qu’elle tenait en son giron.
    J’ai dû lui indiquer enfin quelle était l’heure sans mensonge
    Et comme j’ai bonne mémoire je lui dis : « minuit, environ ! »

    Tableau de Leonor Fini.

  • L’apparition – 2

    Lors, elle a repris ses cristaux et ses coupes multicolores
    Ensuite elle les a remplis d’élixir des toutes les sortes.
    Puis, elle a dit : « Monte-Cristo m’a confié la garde de l’or ;
    Tu es l’héritier accompli selon comment tu te comportes ! »

    Alors j’ai pris le Graal Divin, indigo et parsemé d’or
    Et but l’élixir de jouvence qui était peut-être empoisonné.
    Ce n’était qu’un esprit-de-vin mais voilà, soudain, je m’endors
    Tandis que l’ange de connivence fond dans le mur décloisonné.

    Quand le mur s’ouvre de nouveau, l’ange qui sait est de retour
    Et je me réveille devant les mêmes coupes, évidemment.
    Mais j’atteins un autre niveau car la gardienne sans détour
    Prend son calice en le levant et me l’ fait boire diligemment.

    Tableaux de Leonor Fini.

  • L’apparition – 1

    Après avoir déambulé dans des voies de contemplation,
    Cette nuit, j’ai eu la visite de la gardienne immaculée.
    Lors, elle m’a véhiculé vers un lieu de méditation
    Taillé d’un bloc de magnésite pour un éveil miraculé.

    Puis, elle a choisi plusieurs coupes aux couleurs de cristaux taillés ;
    Elle m’en a offert une à boire mais que ma sélection soit brève.
    J’ai pris celle dont la soucoupe était légèrement entaillée
    Qui me rappelait le ciboire que j’avais déjà vu en rêve.

    Quand mes yeux se sont dessillés, elle a pris apparence humaine,
    Un grand chapeau sur l’auréole qui émanait de ses cheveux.
    J’étais en train de vaciller mais elle est restée la semaine
    Pour m’aider à tenir mon rôle afin d’accomplir ce qu’elle veut.

    Tableaux de Leonor Fini.

  • La chasse à l’appeau

    La chasse à l’appeau

    Les gens qui oublient leur chapeau ou une écharpe, évidemment,
    N’oublient rien ; ils posent des pièges pour capturer son ramasseur.
    En fait, il s’agit d’un appeau pour vous attirer puissamment
    Dans les bas fonds qui mènent au siège d’où vous observe le chasseur.

    Tableau de Gürbüz Dogan Eksioglu.

  • Prudence et témérité

    Prudence et témérité

    Trop de prudence et je sature de complots perfides et cruels ;
    J’ajoute de la témérité et tout devient sans importance.
    Alors je marche dans l’azur les yeux bandés sur l’actuel
    Tout en essayant d’éviter de chuter dans l’inadvertance l’incompétence.

    Tableau de Yana Fefelova.

  • L’œil des tournesols

    L’œil des tournesols

    Je viens chercher l’inspiration parmi ces yeux observateurs
    Qui ont tout vu, qui savent tout sur tout ce qui brille au soleil.
    J’écoute leurs conspirations à propos des cultivateurs
    Qui vont bientôt couper le cou à ces délateurs sans pareil.

    Illustration d’Aeppol.

  • Grâce et caresses

    Grâce et caresses

    Son laisser-aller personnel dévorait son temps passionnel
    Or, c’était lui qui grossissait et c’était elle qui subissait.
    Car mélanger grâce et caresses finit par entourer de graisse
    Son cœur qui doit pomper l’amour avec une tonne d’humour.

    Tableau de Jeanne Lorioz.

  • Portraits d’antan

    Les portraits issus du passé ont outrepassé la technique
    Car l’art de la photographie à la vitesse de la lumière
    Laissent un visage compassé et un rictus dans sa mimique
    Dont le souvenir s’atrophie par overdose coutumière.

    Le peintre, lui, prend tout son temps ; il ne le prend pas, il l’impose
    L’œil à besoin d’éternité pour capter la vie du sujet.
    Puis, la main tâte, elle attend le trait important de la pose
    Et offre la paternité qu’aujourd’hui nous pouvons juger.

    Tableaux de John William Godward.

  • La couturière fleurie

    La couturière fleurie

    Des fleurs des champs cueillies à l’aube et piquées sur toile de lin
    Ont transformé leur couturière en un bouquet rafraîchissant.
    Deux cerises pendues aux lobes et un pendentif cristallin
    Ont favorisé sa carrière par un prestige attendrissant.

    Tableau de Mirjana Gotovac.

  • Les yeux papillon

    Les yeux papillon

    Les yeux aux ailes des papillons trompent l’œil de ses ennemis ;
    Ainsi mes yeux qui papillonnent troublent le cœur de mon amie.
    Sous les paupières ensommeillées de nos nuits blanches réfrénées,
    Que de joies m’ont émerveillé, que d’amours m’ont rasséréné !

    Tableau de Delphine Cossais.

  • La cow-girl du 1er août

    La cow-girl du 1er août

    Pour notre fête nationale nous attendions des pom-pom girls
    Munies de pompons rouge et blanc assortis à notre drapeau.
    Suite à une erreur cantonale nous avons reçu une cow-girl
    Qui a semé un froid troublant chez les suissesses à fleur de peau.

    Illustration de Michel Blanc-Dumont.

  • Chapeau bas

    Chapeau bas

    Juste un chapeau tombant du ciel, juste deux bas montant du sol
    Et pour le reste presque rien, juste un voile noir qui vole au vent.
    Si la tenue fait l’essentiel, moins il y en a, plus on raffole
    Car si la fille y met du sien, elle charmera en l’enlevant.

    Tableau d’Irene Sheri.

  • Le réparacœur

    Le réparacœur

    Toutes les nuits, comme au printemps, il repeint de nouvelles couleurs.
    Quand vient l’hiver, le mauvais temps, il efface toutes les douleurs.
    À l’aube dite, tout devient vert, le cœur retrouvé un peu d’humour.
    Puis à midi, un petit verre et le cœur sourira d’amour.

    Illustration de Gaëlle Boissonnard.

  • Miss Newton

    Miss Newton

    Isaac Newton et la pomme, la pomme tombant sur Newton
    Fait la loi de gravitation et tout le poids de la matière !
    Une jolie femme avec des hommes, la femme tombant dans les pommes
    Fait la loi de fécondation et les amours primesautières.

    Tableau d’Irene Sheri.

  • Les cadeaux viennent en dormant

    Les cadeaux viennent en dormant

    Les plaies d’argent, quelle infortune ! Les pertes de temps, quelle avanie !
    Mais dans la vie, tout redémarre ; la roue tourne toujours très longtemps.
    Pour l’argent, demande à la Lune lorsqu’elle croît à l’épiphanie ;
    Pour le temps, demande à Médard, il fait la pluie et le beau temps.

    Illustration de Gaëlle Boissonnard.

  • Chat va, chat vient !

    Chat va, chat vient !

    À gros chat bleu, les gros chagrins, éliminés par le minet.
    À gros chat doux, les gros bisous, alimentés par le matou.
    Quel temps fait-il ? Il fait du grain ! Ne sortons pas du cabinet !
    Quelle heure est-il ? Debout et Zou ! Levez-vous, Monsieur Touche-à-tout !

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • La toise relative

    La toise relative

    Plus je grandis, moins je grandis.
    C’est le paradoxe de la girafe.
    Depuis dix ans, bientôt onze ans,
    Je fais toujours la même taille.

    Et je mesure, et je brandis,
    Compas, crayons, ciseau, agrafes,
    Ce n’est pas très satisfaisant
    D’être arrêté, vaille que vaille.

    Je mets ma robe en organdi
    Et des bottines qui se dégrafent
    Mais tout ça n’est pas suffisant
    Pour une croissance qui m’aille.

    On dit que je m’ suis arrondie
    Que je pourrais faire chorégraphe
    Et que c’est bien féminisant
    De garder sa petite taille.

    Finalement c’est ma girafe
    Qui a conclu ce paragraphe
    Disant qu’il faut que je ragrafe
    Ma toise avec un cartographe.

    Tableau de Zurab Martiashvili.

  • Cherche-Midi n’a peur de rien

    Cherche-Midi n’a peur de rien

    Cherche-Midi n’a peur de rien sauf retourner dans le panier.
    Il s’est résigné à son sort mais rêverait de s’échapper
    Pour s’en aller comme un vaurien pêcher des poissons cancaniers
    Qui ne font même pas l’effort de se faire un jour attraper.

    Mais point de poisson dans la Töss, l’homme a stoppé la migration
    Par des cascades et des obstacles de plusieurs mètres d’importance.
    Alors que faire, nom de Zeus ! Cherche-Midi, en réaction,
    Me guett’ comm’ si j’étais l’oracle qui promettrait sa délivrance.

    Tableau de Neda Azimi.

  • Pom Pom Lama

    Eh bien voilà, c’est officiel, le lama devient helvétique
    Et il arbore fièrement les blasons des vingt-six cantons.
    Il illumine notre ciel magnifiquement esthétique
    Par la blancheur de sa toison de la croix dont nous nous dotons.

    Les messieurs portent les bannières aux couleurs des fleurs du pays ;
    Les dames arborent les pompons en hommage aux cloches de vaches.
    Quant au Pérou, pas de manière ; ils ont été tous ébahis
    De voir leur totem en jupons de fières conquêtes bravaches.

    Pour les enfants, le bel emblème d’une longue écharpe rouge et blanche
    Qui leur protégera la gorge et dont ils pourront s’amuser
    À se décharger des problèmes en déclenchant une avalanche
    De catastrophes dont ils forgent un avenir désabusé.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Le pouvoir de l’intention

    Le pouvoir de l’intention

    Je vois bien l’entrée en matière sortir de son rideau à fleurs,
    Cependant un regard austère me dit de bien faire attention.
    Certes, les deux intermédiaires flattent les envies qui m’effleurent
    Mais ses yeux chargés de mystère révèlent tant ses intentions !

    Tableau de Delphine Cossais.

  • L’adieu à qui ?

    L’adieu à qui ?

    À son regard inquisiteur, la bouche pincée qui préjuge,
    Je crois qu’elle fait son adieu à qui veut bien l’importuner.
    Je sens le cœur inhibiteur qui déjà freine le déluge
    Du trop plein d’émotions à Dieu et tous les saints infortunés.

    Tableau de Suzan Buckner.

  • Le cercle ultérieur

    Le cercle ultérieur

    Le temps qui passe a bonne mine et m’offre d’autres perspectives
    Si je me force à regarder en bougeant le cul de mon faîte.
    Tantôt le destin me domine, tantôt je prends l’initiative
    Et tantôt je sais me garder des surimpressions toutes faites.

    Photo du Pont de Rakotzbrücke en Allemagne par Josh Perrett.

  • Le cercle extérieur

    Ici, la nature m’observe par l’œil qu’un fou lui a donné ;
    Dieu n’aurait pas construit un pont, il aurait fait ça plus naturel.
    Justement que Dieu me préserve d’être quelque part pardonné ;
    « Monsieur le juge, j’en réponds, je suis associoculturel ! »

    Photo du Pont de Rakotzbrücke en Allemagne par Marcel Siebert.

  • Le cercle intérieur

    Drôles sont mes envies de partir, mes envies de me réfugier
    Dans un lieu pour mieux observer l’intimité du souvenir.
    Alors entre « voyager » et « départir », j’ai besoin que vous ne jugiez
    Pas nécessaire de préserver quoi que ce soit pour me retenir.

    Tableau de Marcel Siebert.

  • L’année 1985

    L’année 1985

    Je ne suis pas près d’oublier mille-neuf-cent-quatre-vingt-cinq !
    L’année qui m’a marqué au corps, au cœur, à l’esprit et à l’âme.
    J’avais fini de relier, afin que ma vie m’en convainque,
    Tous les point qui restaient encore pour dessiner mon oriflamme.

    En fait, j’avais quitté Marseille pour vivre avec les alsaciennes,
    Ce qui m’a conduit dans l’Hérault pour rencontrer des vignerons.
    Puis, j’ai bientôt manqué d’oseille comme une comédie balzacienne ;
    Ce fut le retour du héros riche de cœur mais sans un rond.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Le lion fleuri

    Le lion fleuri

    Non, le lion n’est pas hippie, ni gay ni trans, mais amoureux.
    Une marque de coquetterie qu’il se réserve pour sa lionne.
    Il lui a construit un tipi, un vrai et des plus savoureux ;
    Alors ne faites pas les ahuris et venez féliciter sa championne.

    Tableau de Marcel Van Luit.

  • Lilith, évidemment !

    Lilith, évidemment !

    Évidemment c’était Lilith, l’empêcheuse de traîner en rond !
    Et le serpent fut introduit au Paradis pour expulser
    L’Ève afin que se facilite son entrée dans les environs
    Adam aurait été séduit et Dieu de tout recompulser.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Ève, la noire

    Ève, la noire

    Les écrits n’en parlent jamais et les légendes se contredisent.
    Ève, la noire, a pourtant existé et n’a jamais mangé la pomme.
    Alors je voudrais désormais mettre un terme à toutes ces bêtises
    Car si jamais vous insistez, elle aurait pu bouffer son homme.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Femmes et flamants à l’eau de rose – 2

    Je suis guéri des femmes en rose ; je ne vois plus que des flamants.
    J’ai fait ma cuti-réaction entre les flammes et les couleurs.
    Il ne reste qu’un point morose mais il n’y a là rien d’infamant ;
    Je dois juste faire attention entre les goûts et les douleurs.

    Je dois aussi faire soigner mon attrait pour les flamants nus
    Et les docteurs m’ont conseillé de me reposer en Camargue.
    Là-bas je pourrai témoigner que sont les femmes devenues
    Et si elles sont bien habillées pour déguster une poutargue.

    La poutargue est un plat typique de poissons en saumure préparé en Camargue.

    Tableau de Eric Jean-Louis.

  • L’imposture blanche

    L’imposture blanche

    J’en étais sûr, je le savais ! Adam et Ève étaient des blacks
    Et le serpent un grand python ou un boa bien constructeurs.
    Du coup, l’homme blanc n’est qu’un navet, complètement à côté de la plaque
    Les anges jouent du mirliton et Dieu, un vieux contradicteur.

    Tableau de Gabriel Alix.

  • Partout sont les amazones

    Partout sont les amazones

    Des amazones à Tahiti galopant en Polynésie
    À Hawaii ou Haïti et même un peu partout en Asie ?
    Je n’en savais pas plus que vous mais rendons-nous à l’évidence ;
    Le fantastique donne rendez-vous où il désire mener la danse.

    Tableau d’Eric Jean-Louis.

  • Copineries

    Copineries

    Quand la lune dort et le chat parti,
    Les maris s’en vont et les souris dansent.
    Et que font les femmes ensemble entre amies ?
    Toute la vérité, pas de supercherie.

    Comme elles ont de l’or et un beau parti,
    Elles vont voir Yvon dans sa résidence.
    Il n’y a rien d’infâme sur le tatami :
    On y boit du thé et des pâtisseries.

    Et puis on s’endort, on se répartit
    On s’ prête un savon, on met de l’ambiance
    Et puis entre femmes, on s’ fait des mimis
    Pas sexualité mais copinerie.

    Tableau de Laurel Burch.

  • Femmes et flamants à l’eau de rose – 1

    Femmes et flamants à l’eau de rose - 1

    Entre Femmes en roses et flamants roses, j’y perds mes œufs et mes enfants.
    Comme l’élan et l’orignal, ou le bardeau et le mulet.
    Le cerf-volant devint morose quand son fils aîné, l’ailé-faon,
    Fit ce jeu de mots original, juste et pas du tout simulé.

    Tableau de Jahar Dasgupta.

  • L’intelligence en option

    L’intelligence en option

    Maintenant que la femme est créée, il faut assurer sa maintenance.
    Pour qu’elle soit jeune toute l’année, il faut de l’organisation.
    Pour l’amour, elle est agréée ; il ne manque plus que l’intelligence
    Qui aurait dû être instantanée mais que Dieu a mis en option.

    Mais alors là, Dieu, franchement est un vrai connard de première !
    D’avoir fait Ève intelligente … mais après des millions d’années !
    Du premier coup assurément elle aurait branché la lumière
    Et pour la pomme qui serpente, c’est Adam qu’elle aurait damné !

    Tableau d’Uldus Bakhtiozina.

  • Le Roi-Soleil

    Le Roi-Soleil

    Le Roi n’est plus ce qu’il était ; ce matin il a pris un bateau,
    Celui qui sillonnait le ciel tous les jours sur son char doré.
    On l’a même aperçu cet été, se prendre carrément un râteau
    Avec l’étoile artificielle des feux d’artifices en Corée.

    Tableau d’Uldus Bakhtiozina.

  • Encore un pigeon au menu !

    Si vous aimez prendre racine, optez pour la mode de saison
    Qui vous fera passer l’hiver fort dépourvue mais fort menue.
    Après une bise assassine, vous perdrez plus que de raison,
    On lira dans les faits divers : « Encore un pigeon au menu ! »

    Celles qui ont traversé l’hiver, celles qui n’ont pas froid aux yeux,
    Laissez tomber les vêtements puisque la nature vous affine.
    Optez pour un style pervers, uniquement du prestigieux !
    Sur les seins un piercing diamant et un masque de perles fines.

    Tableau d’Uldus Bakhtiozina.

  • Le mur du çon

    Le mur du çon

    Sur mer, franchir le mur du son paraît chose irréalisable.
    Même en faisant des pirouettes, vous risquez de perdre du temps.
    Or, si le temps n’est pas très sûr, enfilez votre imperméable.
    Avec les bras en girouette, je vous l’assure, ça vous détend.

    Le mur du son ? Mon pauvre ami ! Si vous croyez ce qu’on vous dit,
    Vous l’avez franchi plusieurs fois, celui avec une cédille.
    Essayez sur le tatami, tout nu avec des bigoudis,
    Et répétez à vive voix : « Kelnig Osch Sui ! » à l’écoutille.

    Tableau de Quint Buchholz.

  • La vie au club

    La vie au club

    Au club, on manque de pigeon, c’est pourquoi on les initie.
    On leur fait croire qu’ils sont élus mais vont passer sous le bandeau.
    Puis, on leur passe un badigeon ; on dit qu’ils en bénéficient.
    Et une fois qu’ils sont dévolus, on les transforme en fricandeau.

    Tableau de Quint Buchholz.

  • Là où passe l’éléphant

    Là où passe l’éléphant

    Pour assurer la traversée, faites passer d’abord l’éléphant.
    S’il y en a deux, mettez-en un à l’avant et l’autre à l’arrière.
    Pour éviter de renverser les passagers et les enfants,
    Jetez-en deux, jetez-en un et criez : « Silence, là derrière ! »

    À l’arrivée, sans garantie, retournez cherchez les enfants.
    Vous avez oublié la bouée ? Vérifiez leur assurance.
    Si vous les en avez nantis, vous pouvez rentrer triomphant.
    Demain si vous voulez rejouer, nous le ferons en récurrence.

    Tableau de Quint Buchholz.

  • Ce soir j’attends ma minette

    Ce soir j’attends ma minette, j’ai apporté du vin blanc ;
    Je j’attends comme toutes les semaines, c’est pour ce soir évidemment.
    Ce soir je guette sa binette, nous ne ferons pas de faux-semblants
    Elle sera bonne comme la romaine et moi, bien sûr, son amant.

    Entre chats, les histoires d’amour fonctionnent toujours du premier coup.
    Le soir j’attends ma minette et la nuit tous les chats sont gris.
    Je fis toujours avec humour qu’il faut se faire à tous les goûts
    On les passe à la moulinette ; on change quand elles sont rabougries.

    Tableaux de Quint Buchholz.

  • Femme Patch et Work

    Femme Patch et Work

    Femme de Patch, femme de Work, la femme est au meilleur format :
    Femme ouvrière, femme soumise, à sa famille se résigna ;
    Femme de carrière à New-York, à tous les styles se conforma ;
    Femme éternelle toujours exquise, belle dans son semi-comma.

    Tableau de Johanna Goodman.

  • Jardin d’hiver

    Jardin d’hiver

    J’aurais voulu un soleil vert, la lune bleue sous un ciel orange.
    J’en ai rêvé, Dieu l’a raté alors je l’ai bâti moi-même.
    Pour le soleil, j’ai lu Prévert et pour le ciel, Pierre Morhange ;
    Et tout le reste, je l’ai gratté dans les vieux châteaux de Bohème.

    Tableau de Neil Simone.

  • Et de la peau de mes moutons

    Et de la peau de mes moutons

    L’homme ne vivra pas seulement de pain mais de laine de ses moutons.
    Il en tricotera des routes et jusqu’au sièges des voitures.
    Pour les avions évidemment il faudra rajouter des boutons
    Et pour casser, sur Mars, la croûte, il servira de nourriture.

    Tableau de Johanna Goodman.