Les blés d’or ressemblent au soleil, les bleuets ressemblent à l’azur, Comme des enfants de la Terre fière de sa progéniture. La nuit, le champ, dans son sommeil, rêve aux étoiles en démesure Qui ne font aucun commentaire mais leur présence le rassure.
Un visage pour lui dire oui, un visage pour lui dire non, Elle est ici, elle est ailleurs, elle pense à l’autre, elle pense à lui. On ne sait pas quand elle jouit, parfois elle se trompe de nom Lui, ne dit rien, un peu railleur, parfois il n’en dort pas la nuit.
Ah, ne le répète à personne Et surtout pas au téléphone Ce qui se dit dans réseaux Les gens sont pris pour des zozos Le gouvernement ne sert à rien On l’a élu, on n’y peut rien Le virus et la pandémie Sont produits par nos ennemis Sur internet on voit de tout Des gens, des matous, des toutous Avant, c’était quand même mieux On était bien moins calomnieux.
Tous les matins, devoir chausser ses bottes pour aller courir Dix fois sept lieues si ce n’est plus et pour gagner des clopinettes ! Le Chat Botté s’en va bosser afin d’avoir de quoi nourrir Toutes les portées d’angélus que lui enfante sa minette.
Fabienne fut à bonne école dans la famille des Grands Ducs Dont les enfants criaient famine matin, midi, goûter et soir. Aujourd’hui, on vit à la colle mais sa dextérité caduque Ne lui sert que de dopamine quand elle évoque l’oppressoir.
Bon, le problème de la pomme, à l’origine alimentaire, Était pourtant la bonne idée pour devenir végétariens. La femme aurait nourri son homme avec tous les fruits de la terre, Ainsi Ève nous aurait guidés vers un paradis plus terrien.
Alors Adam est arrivé avec son poisson à la main Car il a pris la connaissance carrément au pied de la lettre. Depuis les humains sont rivés à produire en un tournemain Tellement, tellement plus de naissances que l’on ne sait plus où se mettre.
Dieu m’ayant fait à son image, j’ai récupéré le projet Et j’ai créé un paradis mais entièrement verrouillé. Pas de péché et c’est dommage car le projet s’est abrogé Pas une pomme, pas un radis ; finalement tout a rouillé.
Le regard vague d’une femme en kimono bariolé Pourrait vous paraître insipide sans une touche pimentée. Avec un fond de ciel en flammes et une vague bleu-violet, Le tableau – déjà plus limpide – mérite d’être complimenté.
Aussitôt que le jour s’annonce, le monde tourne depuis longtemps Tout ce qui vit et se prononce circule et tourne en même temps. Comme une chaîne interminable qui vit, qui meurt et qui renaît Pour un but indéterminable même si Dieu intervenait.
Puis vient la nuit et tout s’arrête mais pas vraiment finalement. Toujours pareil, chacun s’apprête à circuler également. On vit la nuit, on dort le jour, on vit l’été, on meurt l’hiver Et ça continuera ainsi toujours car c’est la règle de l’univers.
Mon écran en Technicolor m’offre un spectacle toutes les heures Avec le son et l’image authentiques de nature en métamorphose. Et malgré le temps incolore qui m’use l’économiseur Du cœur, ce muscle romantique y trouve toujours quelque chose.
Grâce à ses belles oreilles d’âne, le lapin devint plus malin Et remplaça l’humanité au jeu de « qui est le plus bête ? ». Sous le clair de Lune titane, se dresse le roi des câlins Car il a de l’affinité pour les lapines sans maux de tête.
Le cercle estival des vacances – avant de passer hivernal – Nous fait pirouetter le monde et concourt à le réchauffer. Au foyer de l’extravagance, le tourisme devient infernal ; Chez moi, je goûte la paix profonde des rues désertes et surchauffées.
Depuis que s’échauffe la Terre, la Lune aussi évidemment Deviendra tellement brillante qu’elle poussera les bateaux Qui deviendront tous volontaires pour voguer sous le firmament Dans de belles nefs sémillantes « rapido ma moderato ».
Lydie, idéalement rose, avec un regard de bleuet, Représenterait bien la femme qui serait notre présidente. Trois taches rouges en couperose ornant son visage fluet Voilà qui redorerait la flamme de façon claire et évidente.
Tableau de Juliette Belmonte sur https:www.artfinder.comartistjuliette-belmonteme-at-work#https:www.artfinder.comartistjuliette-belmonteme-at-work# .
Le mariage tombe en quenouille ? Préservons-le pour l’avenir ! Il suffit d’un échantillon d’Adam et Ève prototypés Logés à l’hôtel Niquedouille dans la chambre du souvenir Mais tous les genres au portillon n’y pourront plus participer.
La vie devient une habitude dans chaque jour de solitude Alors je me permets de transgresser, alors je me permets de m’agresser. Je prends quelque chose à fumer, le cerveau prêt à être allumé Et je m’envole dans un verre à l’alcool de mes Reflets-Vers.
L’entrée, dans le style classique, comporte plusieurs escaliers En quatrième dimension vers les galeries de tableaux. L’humour et le genre érotique sont accrochés sous le palier, L’absurde, soustrait aux conventions, est caché derrière un hublot.
Le spirituel est au sous-sol avec la cave aux spiritueux ; Le fantastique est au grenier sous une poussière d’étoiles ; Les interdits sous la console avec les nus voluptueux ; L’ordre, je ne peux le renier, prend les gens à rebrousse-poil.
Sonnant comme un troupeau de vaches, je m’attendais à des génisses Mais je rencontrai leur bergère au tablier de clochetons. Elle me semblait fière et bravache et me dit : « Que Dieu vous bénisse ! Nous cherchons une main étrangère qui peint les corps à croupetons ! »
En effet, derrière un bosquet une femme nue, tatouée Semblait en pleines dévotions envers un esprit défloré. Elle m’a regardée offusquée, j’étais – je peux vous l’avouer – Surpris que de telles émotions puissent exister dans la forêt.
« Tout va bien ! » me dit la grand-mère avec des oiseaux dans la poche. « Nous répétons un numéro au carnaval des animaux ! Si vous voulez faire le compère et si ça vous paraît fantoche, Nous cherchons un nouvel héros qui s’appellerait Geronimo ! »
Tableaux d’Anne Siems sur https:www.annesiems.com .
Une fuite au cours de l’histoire de Blanche-Neige et des sept nains Révèle qu’il était un plombier qui répara cette avarie. Ils rentrèrent en train, rue Victoire, dans un palais assez bénin : Une H.L.M. de rombier dans une banlieue de Paris.
La Blanche-Neige de mon histoire s’appelait Madame Leprince. Elle eut deux p’tits princes jumeaux qui lui ont tant tiré son lait Qu’elle s’ennuya, c’était notoire, dans cet appartement qui grince Mais étant du signe des gémeaux, elle s’en est bien consolée.
Quant au mari, quelle avanie ! Il développa sa clientèle Pour déboucher les robinets de toutes les princesses du pays. Peau d’âne, Raiponce et Mélanie furent ses clientes fidèles ; Il put ouvrir un cabinet de toilette aux femmes ébahies.
Juste un petit coup de fatigue car il joue comme un forcené Notre champion de mikado dans la catégorie « Géants » ! Il étudie, il s’investigue quitte à un peu de surmener Pour gagner l’illustre cadeau sinon rien, le cas échéant.
J’ pensais jamais y arriver mais j’ai atteint mon Amérique À force de creuser des vers de dix-mille pieds sous l’océan. Au début, j’en ai salivé à poursuivre mon rêve chimérique ; À présent je lève mon verre à celle qui m’a sorti du néant.
Tableau d’Isaac Maimon sur http:www.artistsandart.orgsearchlabelIsraeli%20artists .
J’en ai rêvé, Jonas l’a peint le fameux piano à cocktails ! Boris Vian serait trop content, il en sortirait de sa tombe. Et je propose, mes lapins, d’en confectionner un mortel, Un formidable remontant qui fera l’effet d’une bombe !
Tout est magie dans ma cuisine, tout n’est que forces alchimiques ! Mon secret réside dans la sauce et les astuces de ma grand-mère. Malgré vos ingrédients d’usines issus de l’industrie chimique, Je reste Maître qui exhausse les légumes et les fruits de mer.
Je fus, bien sûr, petit garçon qui aimait manger des bonbons. En ce temps-là mon fournisseur régnait en véritable artiste. Il m’en refilait un pacson – il n’était pas casse-pompon – Plus tard, il fut mon pourrisseur car son frangin était dentiste.
Elle croyait au spiritisme et savait faire tourner les tables. Lui, ne croyait pas aux esprits, sceptique doublé d’un incrédule. Mais bon, pas de favoritisme ! Il eut droit à une respectable Démonstration qui nous surprit … sauf ce Saint-Thomas ridicule.
Avec son visage de chatte et ses ongles bien effilés, Elle joint le geste à la parole en donnant la chasse aux colombes. Brusquement elle lance sa patte, l’autre n’a pas le temps de filer Et Hop-la à la casserole ! Ah, mes amis, quelle hécatombe !
Tableau de Juan Carlos Ñañake Torres sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201510juan-carlos-nanake-torres.html .
Bleue, nos ancêtres fut leur valeur ; ni blancs ni noirs même pas jaunes. Ils ont dû perdre leur couleur lorsqu’ils traversèrent l’Amazone. On n’a jamais pu le prouver car leur squelette, teinté ardoise, Semblait tant et tant éprouvé que la science en fut matoise.
Tableau de Juan Carlos Ñañake Torres sur http:cristinafaleroni.blogspot.com201510juan-carlos-nanake-torres.html .
Pour elle, l’amour est un art qui mérite son spectateur ; Ses positions sont calculées pour leurs attitudes artistiques. Dans l’écrin de son lupanar, après l’entracte fellateur, L’homme qu’elle a tant acculé …
… jouit de façon fantastique. … connaît l’orgasme fantastique.
Je lui avais préparé son bain avec d’ la peinture à rayures Puis j’ai appelé le bambin pour une bonne nettoyure. Son bodypainting achevé, il a couru nu sans chaussures Et le chef-d’œuvre parachevé n’a pas eu droit à la censure.
Tableau de Jonas Burgert ; titre piqué dans la chanson « 4 z’arts » de Georges Brassens.
Quelques menues génuflexions, le dos cambré en extension Car la pratique de l’amour demande aussi sa gymnastique. Toutefois, à la réflexion, avant de prendre position, Elle attendra que son balourd en fasse autant et qu’il s’astique.
Elle aimait confier aux poissons qui l’écoutaient dans le silence Toutes ses amours échaudées par toujours trop d’ingratitude. Au diable ces fous de garçons qui ne savent montrer qu’insolence Et ne font que marivauder et font l’amour par habitude.
L’eau devient un voile pudique, troublant, émotif et limpide ; La nudité comme habillée d’un vêtement approprié. La femme, elle, devient fatidique dans une vénusté liquide Sublimée d’ondes maquillées mais impossible à décrier.
Depuis que je suis réveillée, après des siècles de sommeil, Je ne sais comment présenter la liberté sans impudeur, Tellement d’hommes ont veillé à cacher leur propre soleil Sous prétexte qu’Ève était hantée par une absence de pudeur.
Alors on me voila mon sexe, mes seins et même ma figure Car ma lumière rend aveugle l’œil masculin démérité. Enfin sans peur et sans complexe, je m’extrais de mes ligatures Et, toute nue devant le peuple, je lui montre la vérité.
Une fois que la mer fut gelée nous y construisîmes nos maisons Quelques sapins pour l’infernal hiver qui s’abattait sur Terre. Parfois des poissons congelés remontent à la belle saison Pendant que l’été hivernal réveille l’étoile solitaire.
D’elle, je n’ai que cette image ; j’avais surpris sa méfiance. Elle fuyait les objectifs pour ne pas être mise en cage. Elle en faisait tout un fromage et j’ai dû m’armer de patience Pour décrocher ce subjectif portrait d’une femme sauvage.
Plutôt charmeuse que flûtiste, elle attirait ses amateurs Qui se laissaient hypnotiser et même charmer leur serpent. Elle laissait s’ dévêtir l’artiste et, d’un air intimidateur, Charmait le membre érotisé du mélomane participant.
Le trio mettait de l’ambiance au cabaret des trois sœurs juives Par leur musique nostalgique et leurs chansons gaies pour les pieds. On disait : « Voyez comme on danse ! » Et aussi : « Qui m’aime me suive ! » Ce remède anti-léthargique faisait même valser les estropiés !
Elle habitait tout près des Halles, derrière la poissonnerie Et exerçait le beau métier de contactologie du sexe. D’une lentille fovéale et un peu d’ polissonnerie Elle vous rinçait l’œil en entier d’une dextérité connexe.
Elle capture les oiseaux suivant les ordres de sa reine Qui possède une oisellerie la plus réputée du royaume. Et dans ses cages de roseaux tressées de façon souveraine Sa science de la volerie la faisait grimper au summum.
Tableau de Merab Gagiladze sur http:merabgagiladze.com20130703this-is-a-sample-post-3 .
Celle-ci a dû perdre son âme dans le portrait du photographe Car elle me regarde de travers, derrière moi et au-delà. Je ne vois naître aucune flamme, aucun atome qui vous agrafe J’y perds mes rimes et mes vers avec cette Marie-couche-toi-là !
Celle qui avait des écus d’or et le mari dans le pétrin Étaient réputés pour l’artiche mais pas pour être chauds lapins. Ainsi, dans la chambre où l’on dort, leur temps d’amour assez restreint N’empêchait pas les belles miches de se vendre comme des petits pains.
Il l’avait trouvée dans les bois mais n’avait pas manifesté sa voix Juste un visage inexpressif et des cheveux couleur lavande. D’un petit sarment qui flamboie, un jour, revenant d’un convoi, L’oracle, resté dépressif, ouvrit un œil à sa demande.
Mais à chacune de ses questions, elle répondait continûment Que ce n’était pas le moment, qu’il le découvrirait plus tard. Après trois jours de digestion de ses réponses en dénûment, Il lui dit simplement : « Maman, pour toi, j’ suis toujours en retard ! »
D’accord ! Ma femme me décoiffe, elle sait se plier en quatre Et m’étonnera tous les jours, c’est même sa spécialité. Mais pour imiter la girafe, elle me fait rire comme au théâtre. Ma chérie, tu pourras toujours la peindre en impartialité.
Juste est la loi de l’attraction mais l’attraction est-elle juste ? Immuable est la loi du temps mais le temps est-il immuable. Incommensurable est l’espace mais l’espace est-il incommensurable ? Éternellement Dieu est Dieu mais Dieu sera-t-il éternel ?
C’est moi ce petit homme aveugle sensé savoir juger le peuple En brandissant une balance, juste ou fausse quelle importance ? Je suis ce tout petit bouton capable de donner le ton Et même si je fais fausse route, c’est Dieu qui l’a voulu, sans doute… ?
Nous voulons tous être un héros, une héroïne, une princesse Et les romans savent flatter tous nos désirs les plus secrets. L’auteur, reparti à zéro, décrit dans toute sa bassesse Le personnage qui va relater tous nos échecs et nos regrets.
On dissimule dans un tiroir ce journal d’intimes paroles Car on y croit, dur comme fer, que l’aventure nous est acquise ! On s’étudie dans le miroir pour mieux se glisser dans le rôle ; Est-ce que mes seins feront l’affaire ? Mes fesses seront-elles exquises ?
Plus fort que la voix de son maître, plus fort que le cri de sa maîtresse, Le gramophone romantique savait vous arracher des larmes. Portée à cent-vingt kilomètres, équipé de feux de détresse, Il réveillera l’authentique voix de la chanteuse de charme.
Photo de Hüseyin Şahin sur https:designyoutrust.com201807turkish-artist-huseyin-sahin-creates-stunning-imaginative-and-dreamlike-photo-manipulations .
J’en ai rêvé, Dieu l’a créée et puis le progrès l’a tuée. Dommage, car elle était si belle dans ses toilettes folichonnes ! Bien qu’il soit enfin agréé qu’elle n’est plus une prostituée, Aujourd’hui la femme est rebelle mais elle s’habille comme un homme.
Connaissez-vous la nage équestre de l’hippocampe et la sirène ? Imaginez une harmonie de cambrements synchronisés. Elle se conduit en chef d’orchestre sur sa monture et vous entraîne En Nouvelle-Calédonie dans ses voyages organisés.
Photo de Hüseyin Şahin sur https:designyoutrust.com201807turkish-artist-huseyin-sahin-creates-stunning-imaginative-and-dreamlike-photo-manipulations .
Le vieux cheval s’est arrêté, un side-car l’a remplacé. Avec son chien, il soliloque ; de toute façon, nul ne l’écoute. Il paraît qu’il est bien traité dans sa réserve déplacée Avec son peuple qui débloque mais ce sont des rumeurs, sans doute.
Il a fui son anniversaire et toutes ces années de malheur Pour aller où ? Il ne sait pas mais il reste nomade avant tout. Le temps n’est pas un adversaire, il n’a pas la même valeur Pour qui vit déjà son trépas nonobstant le grand Manitou.