Dualité dans les reflets sur l’eau tranquille de l’étang ; Kaléidoscope de verts mêlés de houx rouge-vermeil ; Miroir de nature soufflée par le vent de la nuit des temps ; Enfin la Reine Primevère qui sort de son demi-sommeil.
Prête-moi les ailes de ton cœur d’oiseau, Je m’envolerai pour d’autres horizons. Je serai oiselle, toi mon damoiseau Et je t’offrirai ma défloraison.
Donne-moi la couleur de ta différence Je m’en nourrirai le cœur chaque jour. Ôte la douleur de l’indifférence Et je sourirai à tout ton amour.
Ouvre-moi la porte de ton cœur ouvert J’y déposerai une clef du mien. Prends ce que j’apporte, mes rimes et mes vers, J’y réchaufferai mon cœur et le tien.
Parlez-moi d’un été en rose qui m’a souri depuis l’aurore De tous ses jours en dévoilant un soleil rose à ma fenêtre. Parfois la lune fut morose mais aujourd’hui, elle se dore Sous la voûte d’août s’étiolant vers les jours de la vierge à naître.
Parlez-moi d’un été en bleu qui me sourit au crépuscule Et qui se dissout d’ocre et d’ambre comme une équinoxe d’automne. Accompagnées d’un ciel qui pleut, les dernières heures basculent Sous le premier jour de septembre et ses nuages qui moutonnent.
Tandis qu’elle pleurait ses gouttes sur les yeux doux des jolies fleurs Qu’elle survolait en rase-mottes avec son chat qui la pelote, Elle dormait, rêvait sans doute pour calmer ses rires et ses pleurs En invoquant Gémeau-Marmotte, l’esprit des airs et co-pilote.
Que le courage masque mes peurs et que la foi masque mes yeux ! Participer à la croisade contre la folie de ce monde Qui ne jure que par labeur, argent et rêves fallacieux Et courbe la tête sous les bravades des aristos maîtres immondes.
Je ne regarde ni la télé, je n’écoute pas la radio, J’écoute la voix, dans la nature, des animaux fantomatiques. Je peux enfin vous révéler qu’on nous a pris pour des idiots Avec l’insidieuse torture de la panique médiatique.
Quand j’aurai terminé mon cycle qui boucle l’existence entière Je changerai de dimension et serai de nouvelle essence. Du premier au dernier article, la récurrence est sans frontière De régression en expansion, de vies, de morts en renaissances.
Cette origine mystérieuse, elle-même extérieure au monde, Crée le premier trait de l’histoire qui se répètera sans cesse. La mine de carbone victorieuse trace dès la première seconde La loi des mystiques notoires par des bâtonnets de sagesse.
La quatrième dimension, plus difficile à percevoir, Ouvre le seuil de la conscience à celui qui en fait l’effort, Qui abandonne ses prétentions pour parvenir à recevoir La fin d’agir en inconscience, le début d’un nouvel essor.
Désormais la cinquième essence montre la raison de la vie ; L’être vivant comprend le sens de son entière destinée. Entre conscience et inconscience, le cœur a donné son avis Et l’âme ressent sa puissance, dans l’univers, prédestinée.
Dernière étape de la vie avant la porte de la mort Que la personne a acceptée comme porte d’éternité. La condition de sa survie – comme paradoxal oxymore – N’est plus qu’un fragment excepté d’une infinie connexité.
Dès la première étape humaine, le temps semble une ligne droite Qui fuit inexorablement de l’aube jusqu’au crépuscule. Au fil des jours et des semaines, la vision reste maladroite, Pire, incommensurablement, l’existence paraît minuscule.
Lorsque la vision s’élargit, la surface étend sa frontière, L’environnement se dessine aux quatre coins de sa prison. L’homme et la femme en léthargie commencent pour leurs vies entières À développer leurs racines jusqu’aux confins de l’horizon.
À la troisième dimension, l’environnement se recourbe, Le territoire devient sphère et l’on se rend à l’évidence. Il faut changer ses conventions sans mentir, sans paraître fourbe, Mais accepter la planisphère, obéir à sa transcendance.
Le courrier du cœur a évolué Grâce à des pratiques assez raffinées Dont le contenu surévalué Glisse dans l’enveloppe rose paraffinée.
Les mots ont repris du poil de la bête ; On ne les lit plus mais on les caresse. Le parfum n’est plus essence d’herbettes Mais de l’entrejambe de notre maîtresse.
Pour décacheter, ouvrez le nombril Et plongez le nez, l’organe à fantasmes. Vous y sentirez au fond assombri Les préliminaires d’un futur orgasme.
Que j’aime la Nature qui se penche vers moi Pour m’écouter le cœur et pour me guider l’âme ! Sentir sa signature gravée dans mon émoi, Sa force de vainqueur, la force de sa flamme.
Car elle me ressemble, la Terre qui me tend Une branche d’amour, un vent d’inspiration. Et moi, je lui rassemble le plus gros de mon temps Pour vivre au fil des jours par sa respiration.
Photo du Baldeneysee à Essen en Allemagne par Chribeu.
Le Roi ne choisit pas sa Reine à l’intérieur de son royaume. Il part en chasse comme chasseur espérant trouver son gibier. Mais ses efforts restent à la traîne car l’Amour a son propre idiome Et pour trouver son âme-sœur, il lui faudrait un équipier.
Or, Cupidon, preux chevalier, murmure à l’oreille des princesses Et leur fait découvrir leur prince, plein d’humour et de courtoisie. Alors d’un geste cavalier, on voit le Roi plein d’allégresse Brandir fièrement dans ses pinces celle qui l’aime et l’a choisi.
Si hier encore, dans le brouillard de toutes ces intoxications, Je ne savais plus où aller ni même voir mon bout du nez, Le médecin, peu débrouillard, a raté mon opération ; Depuis, sous l’horizon voilé, je me sens bien infortunée.
Mais aujourd’hui on a semé de petites graines d’espoir Qui me font voir de l’intérieur un monde neuf et libéré. Ce petit arbre, je vais l’aimer et l’arroser matin et soir Pour regarder à l’extérieur toute la lumière espérée.
Illustrations de Shaun Tan sur http:thebirdking.blogspot.com201405landscape-portrait-portrait-landscape.html?m=1 .
Jeanneton perdit sa faucille dans les joncs autour de l’étang Et voulut plonger dans ses eaux pour récupérer sa moisson. Mais voici que la jeune fille vit son image se reflétant, Entre nénuphars et roseaux, évoquant l’ordre des poissons.
Quand elle découvrit le tiroir caché tout au bas de l’armoire, Alice fut bouleversée par son image réfléchie : De l’autre côté du miroir, son lapin blanc paraissait noir Et son beau sourire inversé d’une figure défraîchie.
« Tant pis pour le joli sourire ! » se dit Alice renfrognée. « Car, après tout, à quoi ça sert quand l’absurdité vous dévore ? » Puis, elle piqua un fou rire en voyant son lapin grogner Quand il fut traité de dessert par des carottes carnivores.
Quand son mari mourut un jour, tous les amants de Cendrillon La convoquèrent à minuit afin de consoler leur reine. L’un après l’autre, épris d’amour, joignirent l’ordre des papillons Et jurèrent qu’ils, toutes les nuits, butineraient leur souveraine.
Maintenant qu’il est animé des sabots jusqu’à la crinière, D’une blancheur immaculée, le cheval s’échauffe, impassible. Doucement, il vient ranimer les souhaits de la cavalière Qui, elle aussi, a basculé dans des logiques impossibles.
Lorsque les journées superposent les images des promeneurs Avec chiens, chevaux et enfants, et silhouettes à bicyclette, Une seule conséquence s’impose vu le parcours des randonneurs ; Si je sortais mon éléphant, tous s’enfuiraient à l’aveuglette.
À travers champs, bois et forêts, ils ont traversé les saisons, Permutant l’hiver au soleil et l’été dans des pluies de joie. La nuit s’est trouvée colorée de mille étoiles en floraison Et le cheval, dans son sommeil, brisa ses bascules de bois.
Point ne se cache dans le flamant la femme en rose imaginaire Lorsque la plage et le ciel baignent ma recherche de l’absolu ! Puis, un clair de lune enflammant mon désert d’océan lunaire, La moiteur de la nuit s’imprègne de cette chimère dissolue.
Alors qu’elle croyait s’échapper de l’univers de son enfance, Son vieux cheval de bois hennit d’une complainte langoureuse. Alors elle se sentie happée sans retenue et sans défense Au souvenir des jours bénis de ses rêveries savoureuses.
Le jour et la nuit tomberont sur votre enveloppe charnelle Et le printemps refleurira sur votre nouvelle jeunesse. Tous les regards succomberont à votre beauté éternelle, Tout votre corps rajeunira riant d’un cœur de diaconesse.
Pour dissimuler ses humeurs qui pourraient ternir son image, Elle a brisé tous les reflets qui en portaient la signature. Fini l’éclat de ces rumeurs qui colportaient sur son visage Mille défauts, mille pamphlets sur sa véritable nature.
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Un jour, ma souris d’Amérique m’a rappelé son souvenir Alors que j’étais à Paris en train de passer mes vacances. Elle fut très allégorique sur une carrière d’avenir Mais comme j’étais aguerri, je passai sur l’extravagance.
Nous partîmes pour Rocamadour en direction de la Dordogne Où elle devait récupérer l’héritage légué par son oncle Qui aurait été troubadour sa vie durant dans la Bourgogne Et s’était fait rémunérer d’argent payé rubis sur l’ongle.
Nous passâmes par la transalpine à travers prairies et bruyères, Franchîmes des cols vertigineux et découvrîmes son héritage : Une distillerie clandestine qui confectionnait à Gruyère Un alcool fort et résineux sous le cloître d’un ermitage.
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Je devais retrouver la trace d’une fille de la montagne Qui s’était enfuie de Lausanne pour faire carrière en Amérique. C’était une gamine de race qui était née à la campagne Et se faisait appeler Suzanne par les gars du téléphérique.
J’allais interroger ces gars qui me donnèrent comme indice Un aller-simple pour une croisière direction « la Californie ». Je poursuivis donc ma saga avant que la piste ne refroidisse, Le nez calé sous la visière de ma casquette racornie.
J’ai vite retrouvée ma souris qui chantait dans un cabaret Avec une bande de jeunes loups jazzant du blues comme des ânes. La mignonne alors m’a souri me disant qu’elle s’était barrée Et comme je n’étais pas jaloux je suis revenu à Lausanne.
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Enfant de Méditerranée, mes gènes sont multipliés Par un mélange de chrétiens, juifs, musulmans et de chinois. Voici de nombreuses années, un grec, appelé Olivier, Prit femme lors d’un entretien avec son clan carthaginois.
Par la suite, ils ont émigré suivant la route de la soie Et leurs enfants ont procréé avec des turques et des tartares. Leur sang ne s’est pas dénigré ; il a acquis confiance en soi Par tous les liens qu’il a créés : métis, quarterons et bâtards.
Originaire de Norvège, fille des dieux, sœur des géants, Elle se serait offerte au tonnerre, femme d’Odin, mère de Thor. J’en ai reçu le privilège lorsque je naquis du néant Dans ma période embryonnaire par sa sagesse de mentor.
Que sont les anges devenus du temps de Sodome et Gomorrhe, Après l’épuration du vice, du crime et de la corruption ? Sont-ils ensuite revenus, ces deux archanges de la mort ? Ont-ils donc repris du service avec ordre de destruction ?
Il semblerait qu’un nouveau Dieu ait décidé la fin du monde Pour lutter contre le danger de la surpopulation. Si vous entendiez d’insidieux propos et menaces immondes, Ce ne serait pas étranger aux anges de régulation.
Malgré les jours de canicule qui s’insinuent dans mon logis, Je survis à tous les étages en guettant les gros cumulus. Mais la menace est ridicule car la météorologie N’en fait pas vraiment un fromage à cause du coronavirus.
La femme à pois, l’homme à rayure font l’enfant sous le parasol. On se mélange les valeurs, on se combine les motifs. Bisous salés, baisers mouillures, on en perd vite la boussole ; Bien vite on abaisse les couleurs, son caleçon et son soutif.
Voilà, il fallait s’y attendre, l’inspiration a débordé ! Le monde intérieur s’est ouvert et a enfermé l’extérieur. Le cœur est devenu plus tendre, le fol esprit s’est sabordé ; L’âme, désormais à découvert, atteint le degré ultérieur.
Heureux qui, comme le marchand de sable, a pris talentueuse épouse Qui glane les étoiles filantes, chues quand l’aube commence à poindre. Une récolte indispensable ! Et, pour ne pas faire de jalouses, Elle doit se montrer vigilante et ne pas en laisser la moindre.
Elle accompagne son mari, grand distributeur de sommeil Qu’elle nous constelle d’étoiles pleines de beaux rêves triomphants. À chaque songe, son gabarit, et plus il brille comme un soleil Et plus le tableau sur la toile enthousiasmera les enfants.
Les plus beaux endroits de la Terre, pour s’aimer d’amour et d’eau fraîche, Méritent de mouiller sa chemise, autrement dit, de la quitter Et plonger tout nu dans la mer pour partager là, sur la brèche, Le don d’amour à sa promise dont le promis doit s’acquitter.
Alors l’amour devient peinture, mélanges de flots bleu d’azur Avec le vert de l’espérance, des rêves roses et des promesses. On se pénètre à l’aventure en mesure et en démesure ; On ne connaît ni tempérance ni modération de caresses.
Tableau de Lorenzo Mattotti sur http:www.mattotti.com .
Plus le poète devient loup et plus il cherche l’ouverture Et plus la Lune reste muette et son canal du cœur fermé. Le génie n’aime pas les filous et lui décline son aperture Tant que sa conscience fluette ne laissera pas l’âme germer.
Aurore, ouvre-moi les volets des portes de la nuit nacrée ! Fait poindre des seins tes rayons d’un peu de bonheur essaimés. J’ai vu en rêve qu’une envolée d’or ranimait le feu sacré Au son du premier carillon pour un nouveau jour à s’aimer.
Tableau « The Gates of Dawn », 1900 d’Herbert James Draper.
Le monde brûle mais tout va bien … le plus grand risque est microbien ; La famine étend ses ravages … mais on remplit les étalages ; Contre le virus des voisins … il y a des masques au magasin ; On tue des gens dans les faubourgs … l’incivilité bat le tambour.
Les avions incontournables ; la diffusion indiscernable ; Le monde en surpopulation ; les dangers de la pollution ; Les étrangers et le chômage ; les crises en auto-allumage ; Ça sent le gaz, ça sent l’essence … vive le monde de l’adulescence !
Pour composer son ouverture, Johan Strauss dut apprivoiser Une jolie chauve-souris aux prédilections théâtrales. Elle vivait dans des grottes obscures et, pour la faire pavoiser, Il lui joua un pot-pourri d’improvisations sépulcrales.
Les mains, organes de lumière, savent la voir et l’envoyer Comme un sens qui sait recevoir et comme un sens qui sait donner. Elles sont chargées des poussières que les étoiles ont coudoyées Pour nous offrir, et le savoir, et l’amour pour tout pardonner.
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Le magicien sait dérouter les yeux vers ce qu’il veut montrer Que nous ne le voyons pas vraiment, juste ses manipulations. Auxquelles il aura rajouté du flan pour nous déconcentrer Afin de semer le ferment d’un grain de mystification.
Elle écoutait ses deux bonhommes : son amant avec son mari ; L’un qui venait la supplier, l’autre qui en réclamait la garde. Elle voulait être autonome et se retrouvait fort marrie De devoir encore se plier à la peur de sa sauvegarde.
Mon chat m’a fait cette requête d’une chambre à lui réserver Toute plantée de fleurs des champs avec collines et talus. Ainsi fut faite une coquette cave de nature préservée Où je viens écouter le chant de l’aurore qui me salue.
Les dirigeables décollaient jadis du quartier de la Plaine Qui offrait une vaste place aux aéronautes hardis. Les vieux souvenirs désolés soufflent encore l’âme pleine De ces prouesses que déplace un vent qui nous ragaillardit.
Pendant l’époque où je montais les grands escaliers de la mer Qui m’élevaient vers les sommets du quartier de la Fausse-Monnaie. Cette maison me surmontait d’un air austère, presque amer. Je me retrouvais assommé par l’emprise qui en émanait.
Pourquoi ne m’avait-on rien dit sur l’anse de la de la Fausse-Monnaie Dont les escaliers dérobés restaient inconnus aux novices ? J’ai découvert ce Paradis tandis que je me promenais Par hasard, à la dérobée, poussé par je ne sais quel vice.
Le poisson rime avec boisson et son local avec bocal ; Hélas, les bouteilles à la mer riment avec la pollution. Les retombées de pluies amères accusent notre évolution Et le plastique, comme poison, une involution radicale.
Secrètement, les soirs d’été, Mars est convié au crépuscule ; C’est un honneur que le Soleil lui réserve avec conviction. À la brune, Il est invité par les étoiles qui se bousculent Pour assister à la merveille des deux couchers en conjonction.
De temps en temps, une ouverture révèle des chemins inconnus Que je parcours grâce au courage qu’un rêve hardi m’attribue. Mon âme y trouve sa nourriture malgré son aspect biscornu Et j’en instruis mon entourage en lui en offrant le tribut.
J’ai voulu me hisser hors du monde juste à la force de mes bras Pour échapper aux gens masqués qui m’offraient la vie pour du fric. Ce qui me paraissait immonde tomba, coula, périt, sombra Dans un nouvel ordre casqué entre les pôles et l’Afrique.
J’y ai vu beaucoup d’avantages à mettre la tête hors de l’eau Et des gens donner de l’argent pour s’acheter l’absolution, Payer ceux qu’ils désavantagent en leur pompant comme des salauds Leur sang et se le partageant entre Maîtres de la corruption.