Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Mars se relooke

    Mars se relooke

    Tout le monde se précipite, toujours à la dernière minute,
    Pour quitter la principauté de Mars et franchir sa banlieue.
    Voyez Mars, le cœur qui palpite, au point de changer d’azimut,
    S’en aller chez le Chat-Botté chausser ses bottes de sept lieues.

    Afin de finir en beauté, Mars est allée se relooker
    Chez Vénus, sa muse érotique qui tient la boutique esthétique.
    Avec une charibotée d’onguents et de fleurs en bouquets,
    Elle changera d’humeur névrotique par des vacances helvétiques.

    Tableau de Remedios Varo.

  • Le requiem de mars

    Avec des pluies de giboulées et un rayon de pleine lune,
    L’ange interprète devant nous le requiem du chant de Mars.
    Ainsi, ce soir, dans la foulée, une grande fête opportune
    Marque le mois qui se dénoue avec ses innombrables farces.

    Mars nous aura bien étonnés de ses mélanges pluies-et-neiges
    Qui ont mis nos projets à l’eau sans barbecue ni pique-nique.
    Chaque jour aura détoné selon le temps et le manège
    D’un Soleil qui brille à vau-l’eau derrière des vents de panique.

    Tableau de Remedios Varo.

  • Histoires de voiles

    Histoires de voiles

    Toutes ces histoires de voiles et d’attentats à la pudeur
    Sont tous entièrement issus de la pomme de connaissance.
    De peur que la femme ne dévoile un avenir de cheerleader,
    Rajoutons un peu de tissus pour une poignée de décence.

    S’il faut remettre la calotte en plus du masque qui fait « tilt »,
    Je rejoindrai les naturistes pour dire ce qui me préoccupe ;
    Je rejoindrai les sans-culotte, les parties libres sous mon kilt,
    Et je prierai les féministes d’en faire autant dessous leurs jupes.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • L’arbre sourit

    L’arbre sourit

    Quand le ciel pleure, l’arbre rit de sa nature à contretemps ;
    Quand le vent souffle, l’arbre plie, le roseau le lui a appris.
    Dis-moi par quelle diablerie te moques-tu du mauvais temps ?
    A-t-il fallu que tu supplies l’Univers et quel en est le prix ?

    Alors je suivrai ton exemple, je rirai des calamités ;
    Quand un cyclone soufflera, je pirouetterai une danse.
    Comme toi, je bâtirai mon temple en suivant la conformité
    De ta Nature qui portera les plus beaux fruits en abondance.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La lune captive

    L’élevage lunaire commence par une nouvelle lune chétive
    Dont le croissant se développe nuit après nuit assidûment.
    L’ange évalue sa performance sinon sa croissance rétive
    Selon le halo qui enveloppe ses curvilignes téguments.

    La pleine lune prend la tête, après deux semaines de régime,
    À l’ange qui perd le ciboulot malgré endurance et patience.
    C’est ainsi ; pour être vedette et obtenir son millésime
    Ça demande beaucoup de boulot et s’en mettre plein la conscience.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • Suspendu à la routine

    Suspendu à la routine

    Revêtu de mes habitudes, ma conscience au portemanteau,
    Je m’acquittais de la routine commandée par ma hiérarchie.
    Je suivais avec rectitude les décrets gouvernementaux
    Jusqu’à ce qu’un jour se mutine mon aptitude à l’anarchie.

    Un petit oiseau s’est posé là où je n’avais plus de tête,
    Puis, il s’est mis à chantonner là où je n’avais plus de cœur.
    Alors je me suis opposé à cette marque de la bête
    Qui me forçait à ânonner mon obéissance aux vainqueurs.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • L’homme qui a vu l’homme qui peint l’homme au chapeau

    L’homme qui a vu l’homme qui peint l’homme au chapeau

    Celui qui peint « l’homme au chapeau », celui qui photographie l’homme,
    Celui qui écrit ce poème, celui ou celle qui le lira,
    Tous sont sous le même capot de ce véhicule autonome
    Qui regroupe l’espèce humaine qui ne sait où la conduira.

    Je suis toi, je suis lui ou elle ; je suis de toutes les parties ;
    Je suis de toutes les époques ; nous sommes « un » finalement.
    Mais hélas l’individuel ne prend pas en contrepartie
    Cette liaison équivoque qui nous unit comme un aimant.

    René Magritte peignant « L’homme au chapeau melon », 1964 par Christian Gibey.

  • Hommes et femmes cybernétiques

    Hommes et femmes cybernétiques

    Si l’homme roule des mécaniques, la femme, devenue pragmatique,
    Jongle avec son automobile, son smartphone et l’ordinateur.
    Ceux qui la pensaient satanique aux pensées mélodramatiques
    Ou stupidement volubile, sont de vieux récriminateurs.

    Pour les hommes, l’ordinateur est féminin :
    Les femmes ont leur logique interne ; Dieu seul sait ce qui les materne…
    Leur mémoire stocke toute erreur qui sort à point, avec horreur.
    Leur langage semble dithyrambique à l’homme monosyllabique.
    Et leurs contrats, bien trop coûteux avec suppléments trop douteux !

    Pour les femmes, l’ordinateur est masculin :
    Pour attirer leur attention, il faut susciter l’intention.
    Ils sont bourrés d’informations mais aucune imagination.
    Censés résoudre les problèmes, ils accumulent les dilemmes
    Et si on avait attendu, on aurait plus d’inattendu.

    Tableau de Hanna Silivonchyk.

  • La belle et le robot

    La belle et le robot

    N’en déplaise à Adam et Ève, le premier robot fut une femme ;
    Pour créer l’objet sexuel, l’homme a de l’imagination.
    Ainsi les organes qu’il prélève pour lui provoquer ses orgasmes
    Sont basés sur le sensuel tourné vers l’invagination.

    Mais il doit être masochiste car son fantasme virtuel,
    D’une voix plutôt féminine, le guide avec son GPS.
    Alors cessons d’être machistes envers la femme intellectuelle
    Et accordons à nos machines d’être inférieures à nos déesses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Joli chant des fleurs

    Joli chant des fleurs

    J’aime la musique des fleurs et leur langage vert-galant,
    Ouïr le chant du rossignol, le bourdonnement d’une abeille.
    La nature, de sa main, effleure mes goûts qui vont se régalant ;
    Inventive tellement tartignole mais reine au-dessus des merveilles.

    Jolies clochettes, jolies trompettes, tous les sons sont dans la nature
    Organisés, enjolivés, magnifiés par le silence.
    Lupins malins qui font trempette et les fées en villégiature
    Imagent et me font saliver l’art dans toute son opulence.

    Tableau de Casey Weldon sur https:supersonicart.compost94072477342casey-weldon-novel-relicamp .

  • Le Comte du Missouri

    Le Comte du Missouri

    Descendant du Roi Mistigri et de la Reine des Souris,
    Cherche-Midi, mon chat vairon, était parti aux Amériques.
    Au départ, un peu amaigri, il devint Comte du Missouri
    Après avoir, nous le verrons, suivi un parcours homérique.

    D’abord il fut fait chevalier par les oiseaux paradisiers
    Et battit les ornithologues à la bataille de Kansas City.
    Il rejoignit les alliés dans le rang des arquebusiers
    Car il était politologue et leur imposa l’amnistie.

    (Photo de Svetlana Melik-Nubarova.
    « Cherche-Midi » mon chat noir n’est pas raciste, heureusement.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Aventure en rouge – 2

    Les chattes rouges jouent les souris et l’une d’elles m’a souri.
    Et comme un rêve inachevé, je suis resté à son chevet.
    J’y suis resté jusqu’au matin, serrés dans ses draps de satin,
    J’y suis resté toute ma vie pour tout recommencer à l’envi.

    J’avais emporté pour bagage tous mes souvenirs d’un autre âge
    Que j’ai abandonnés pour elle afin de vivre dans sa tourelle.
    Nous y avons aménagé assez d’électro-ménager
    Et disposé notre cuisine dans un coin de la mezzanine.

    Je l’ai mariée un lundi comme on dit « opera mundi »
    Car ainsi le monde fonctionne car ainsi l’amour nous actionne.
    Le rouge est resté la couleur qui me rappelle sans douleur
    Qu’il faut sortir de sa coquille et tout quitter pour une fille.

    Tableaux de Viktor Sheleg.

  • Aventure en rouge – 1

    Les chattes rouges jouent les souris pour le bonheur de leurs minets
    Dans certains bouges de Paris quand le couvre-feu a sonné.
    On y rencontre ses houris, Vénus aux portes d’estaminets
    Qui vous ouvrent le paradis pour un peu d’amour passionné.

    Suivez le rouge, suivez le fil, suivez la trace du message
    Qui vous emmènera un soir dans quelques passages secrets.
    Prenez la place dans la file, vous obtiendrez droit au passage
    Mais pour traverser la passoire, vous devrez vous montrer discret.

    À l’arrivée, demandez Paule, c’est notre mère, notre égérie.
    C’est elle qui marie l’amour et lui accorde ses victoires.
    Elle vous met la main sur l’épaule, vous conduit dans la féérie
    Et vous dévoile à contre-jour l’une des plus charmantes histoires.

    Tableaux de Viktor Sheleg.

  • Petit nid d’amour

    Petit nid d’amour

    Tel un joli paradisier qui souhaiterait bâtir son nid,
    La demoiselle tourterelle déjà prépare son lit nuptial.
    Elle a ôté son chemisier, sa jupette et son bikini ;
    Toute nue, extra corporelle, elle a atteint le point crucial.

    Lui, il volète Par-ci, par-là ; pense qu’il va de son honneur
    À visiter toutes les belles ; tant qu’à faire essayer leurs lits.
    Elle, n’est pas Marie-couche-toi-là ; pense à construire son bonheur
    Et calme ses ardeurs rebelles en s’offrant un brin de folie.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Habitations pastorales

    Au printemps, un couple de bardes dans un arbre a bâti son nid
    Afin de vivre en autarcie et enfanter ses galopins.
    Mais chez tous les voisins, ça barde ! Chez eux, le new âge est honni
    L’amour libre, ils s’en sont farci et préfèrent biner leur lopin.

    Et puis l’été vient à propos pousser les murs de la maison.
    Les voisins se sont apaisés ; leurs champs de blé ont bien germé.
    Le temps n’étant pas au repos avec les travaux de saison,
    Les bardes continuent à baiser pour vivre heureux mais enfermés.

    Tableaux de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

  • Les cubes à souvenirs

    Les cubes à souvenirs

    La quatrième dimension ressemble aux cubes à souvenirs
    Où notre mémoire décharge tout ce qu’elle ne peut contenir.
    Vous pourriez, en demi-pension, y projeter votre avenir
    Sans aucun frais à votre charge, ni supplément à retenir.

    Chacun possèderait sa boîte, chacun ses rêves à accomplir.
    Vous trouveriez votre âme-sœur sans forcer, sans vous affaiblir
    Afin que les sexes s’emboîtent dans des rapports à établir
    Selon que vous soyez chasseur ou simple proie à assouplir.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Utopie sur mer

    Dans ma lointaine adolescence, j’ai fait naufrage de mes rêves
    Qui m’ont fait échouer sur l’île où l’utopie régnait en maître.
    J’y vivais nu de connaissances naturellement sur la grève
    D’une éternité juvénile et tout mon amour à transmettre.

    De l’autre côté du miroir, s’ouvraient des terres innocentes,
    Vierges de toute humanité, heureusement inaccessibles.
    J’avais la clef dans mon tiroir, une clef d’or rajeunissante,
    Qui donne accès illimité vers ces univers impossibles.

    Tableaux de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

  • Stratégie sanitaire

    Stratégie sanitaire

    Après trois cent soixante-cinq marches, nous sommes revenus sur nos pas
    Malgré tous les confinements et les couvre-feux de saisons.
    Je ne sais plus quelle démarche, sensée nous éviter le trépas,
    Devrons-nous prendre finalement pour ne pas perdre la raison.

    Le boulevard « vaccination » ressemble plus à une impasse
    Débouchant sur le cimetière qu’à une porte de sortie.
    Les agents de divination nous mentent sur ce qui se passe
    Et l’autorité cachotière pousse mémé dans les orties.

    Illustration de Deligne d’après Escher.

  • Le grand orchestre des Pharaons

    Le grand orchestre des Pharaons

    Ramsès II à l’accordéon et à la balalaïka,
    Le grand orchestre des Pharaons nous réinvente la mazurka.
    Avec des rythmes endiablés, il nous chante sa mélopée ;
    Avec des bourrées ensablées, il nous clame son épopée.

    Les cordes, tel un arc, nous rappellent jadis la bataille de Qadesh
    Avec le piano à bretelles au vent du souvenir des flèches.
    Tout droit échappé des ténèbres pour délivrer les confinés
    Avec une marche funèbre pour envoûter les vaccinés.

    Temple d’Abou Simbel au nord du Lac Nasser.

  • Rideau de jour, rideau de nuit

    Rideau de jour, rideau de nuit

    Il reste curieux, l’équinoxe qui masque la moitié du jour
    Avec la moitié de la nuit comme le paravent du temps.
    Le Soleil, dans ce paradoxe, se voile sous un abat-jour
    Quant à la Lune, celle-ci luit dans la pénombre en clignotant.

    Mais cet équilibre ne dure que juste le temps d’un rappel
    Et la lutte pour la lumière recommencera jusqu’au solstice.
    Puis, reprendra la procédure ; l’obscurité fera appel
    Afin de remporter, la première, l’alternance par la justice.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Longue est la route

    Longue est la route

    Lorsque la route se rallonge en multiples prolongations,
    J’en déduis que Dieu, en retard, fignole ma destination.
    Et si le Diable me prolonge encore ses déviations,
    Je prendrai le Guide du Routard contre la procrastination.

    Heureusement j’ai Saint-Christophe attaché au tableau de bord
    Avec le Guide Michelin pour manger en dernier recours.
    Enfin, je lirai quelques strophes contre l’impatience que j’abhorre
    Et les « Lettres de mon moulin » deviendront ma roue de secours.

    Photo de Georgekev.

  • L’américanisation

    L’américanisation

    Grâce à Walt Disney et consort, toutes les histoires du monde
    Sont devenues états-uniennes, d’Aladin jusqu’à Jeanne d’Arc.
    Shakespeare, lui-même, s’en sort, mais marqué d’un accent immonde,
    Dans les chansons californiennes que l’on entend à Central Park.

    La cuisine aussi s’en ressent et l’on voudrait nous faire croire
    Que, sans pancake, un déjeuner est comme un hamburger sans frite.
    Pour l’estomac, il est stressant de voir cette bouffe sans gloire
    Gonfler la tête des jeunes et en faire leur pitance favorite.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Le dieu vivant

    Et ce nouvel homme d’argile, modelé d’une jeune Terre,
    Métamorphosa de la boue une créature vivante.
    On aurait dit qu’un dieu agile venait de naître en solitaire
    Comme animal marchant debout vers une épopée captivante.

    Aussitôt il chercha compagne pour partager ses expériences
    En prélevant un bout de chair qu’il planta dans la terre glaise.
    Le printemps mûrit les campagnes et la femme en luxuriance
    Lui offrit son vœu le plus cher : la descendance qui lui complaise.

    Sculptures de Pablo Hueso.

  • L’ensemencement de la rousse

    L’ensemencement de la rousse

    À la différence de l’homme qui disperse au gré sa semence
    Et tous ses petits chromosomes dans un orgasme de démence,
    Madame la Rousse préfère éparpiller les pissenlits
    Par la racine et laisser faire à l’homme l’amour dans son lit.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • L’ouverture au bonheur

    L’ouverture au bonheur

    Les jours se ressemblent comme un livre qui se ferme et s’ouvre sans fin
    Sur la nouvelle page vierge qui ressemble à celle de demain.
    Fors qu’une vision m’en délivre, entrouverte sur les confins,
    Comme une porte d’où émerge un espoir à portée de main.

    Et sur cette toile d’azur qui revient comme d’habitude,
    Je change la réalité pour une autre éventualité.
    Je jette un pont sur l’embrasure d’un rayon de béatitude
    Qui transforme en sensualité les troubles de l’actualité.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Coucou, les chiens

    Depuis que les clebs grimpent aux arbres, on y a construit nos maisons
    Dont ils en assurent la garde sur les chiens-assis aux aguets
    Mais toute la journée ils palabrent quand sonne l’heure sans raison
    À moins qu’un coucou, par mégarde, ne soit en train de zigzaguer.

    Quand vient le printemps, ils s’endorment ; sans doute le rhume des foins
    Qui agace leur flair légendaire et atténue leurs aboiements.
    Alors le renouveau transforme les terres jusqu’au mois de juin
    Où l’été, saison solidaire, les réveillera vaillamment.

    Tableaux de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

  • Baker Street

    Baker Street

    Si tu vois son vélo fantôme, le Docteur Watson n’est pas loin ;
    Il continue après sa mort à enquêter sur Baker Street
    Avec son ami Sherlock Holmes et prennent les marchands à témoin
    Afin que tous se remémorent toutes leurs affaires instruites.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Les cages aux jeux de rôles

    Les cages aux jeux de rôles

    À peine sortie de sa cage, la reine d’un jour sans mémoire
    Dès lors organise sa prison avec son environnement.
    Tout est jouet, plus ou moins sage, jugé à travers l’écumoire
    De l’œil fixé sur l’horizon en vue de son couronnement.

    Mais d’autres cages la contemplent ; d’autres reines d’hier et demain
    Qui, à leur tour, pourront régner une journée à satiété.
    Toutes ces cages forment un temple où l’on y prie à mille mains
    Pour une utopie imprégnée des rôles de la société.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Le printemps sur la campagne

    Le printemps sur la campagne

    Le temps, suspendu à leurs vols, passe en silence sur la campagne
    Et l’ensemence de printemps à l’aide d’oiseaux de passage.
    Que j’aime ces oies bénévoles venant des pays de cocagne
    Et qui en rapportent tout autant les fruits de leurs apprentissages.

    Qu’ont-elles vu sur l’océan ? Que rapportent-elles d’Afrique ?
    Qu’ont-elles appris aux antipodes ? Qu’ont-elles enfanté pour nos Pâques ?
    Moi, tout en bas sur mon séant, j’apprécie la façon lyrique
    Dont le printemps lance la mode en éclairant mon ciel opaque.

    Photo de Sab Wanderlust.

  • L’apparition Vénus

    L’apparition Vénus

    Pendant l’obscurité d’une profonde nuit,
    Je marie l’oxymore avec le pléonasme.
    Si le songe tourmente et le rêve me nuit,
    J’en demande à Vénus un ultime fantasme.

    Quand le silence lourd se fait assourdissant,
    Elle m’apparaît nue et extraordinaire.
    Alors le cauchemar, d’abord étourdissant,
    Devient un paradis d’amour imaginaire.

    Tableau de Patrice Murciano.

  • La voix du printemps

    La voix du printemps

    Toutes mes questions de l’hiver trouveront réponses au printemps
    Comme le souci d’une nuit par l’aube est métamorphosé.
    Tous les mystères de l’univers les plus ardus vont s’épointant
    Lorsqu’une fleur s’épanouit sous une goutte de rosée.

    J’aime quand mon cœur s’abandonne et admet la simplicité
    D’une nature qui prévient comme une mère à son enfant.
    J’aime lorsque se désordonne ma raison en complicité
    Avec un printemps qui revient chaque année, toujours triomphant.

    Tableau d’Édouard Vuillard.

  • Adieu l’hiver, l’été, l’automne, etc.

    Adieu l’hiver, je t’aimais bien devant tes feux de cheminée ;
    Hier encore, je cheminais parmi tes forêts enneigées
    Malgré tes souffles microbiens qui m’auront gardé confiné
    Et les vents qui contaminaient mes inquiétudes propagées.

    Aux antipodes, pourtant l’inverse arrive sur les plages chaudes
    Qui disent adieu à l’été et ses voyages organisés.
    Malgré l’effroi qui tombe à verse, et qui effraie et qui échaude
    Et qui m’auront fait haleter de tous mes sens tétanisés.

    Adieu l’automne et les saisons et tous mes souvenirs d’antan
    Où je vivais libre et heureux même si ce n’était qu’utopie.
    Le monde m’impose sa raison pour que je devienne consentant
    De gré ou de force, rigoureux envers l’ordre qui m’estropie.

    Tableaux de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • L’année du bœuf

    La force et la longueur de temps font plus que force ni que rage.
    Cette année, le Bœuf de métal, au caractère déterminé,
    Prépare un tournant important par son sang-froid et son courage
    Pour un mouvement sociétal qui change notre destinée.

    Ainsi nous serons confrontés à un changement radical
    Qui bouscule nos habitudes, nos acquis et nos connaissances.
    Ainsi nous allons affronter par un traitement médical
    Le contrôle de notre aptitude d’obéir aux grandes puissances.

    Mais par ces bouleversements, peut-être ainsi parviendrons-nous
    À sortir de notre prison et sauvegarder l’avenir ;
    Sinon notre gouvernement nous fera plier les genoux
    Et fermera notre horizon sur un malheureux souvenir.

    (Photos de Marina Cano.
    Selon l’horoscope chinois, le bœuf, à manches retroussées, travaillerait d’arrache-pied à bâtir l’avenir. Il apprendrait à aborder la réalité, avec lucidité et sang-froid, dans l’espoir d’ouvrir des horizons différents, lumineux et plus grands. Reste à savoir comment l’humanité va réagir, confrontée à l’une de ses craintes principales : le changement.)

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Immersion

    Immersion

    Bien sûr je n’aime qu’une femme ; bien sûr je ne vis qu’une vie
    Et ne connais de mon royaume que ce que j’ai vu de mes yeux.
    Bien sûr je sais qu’il est infâme d’être toujours du même avis
    Et croire que ce qui fait l’homme sont ses triomphes orgueilleux.

    Pourtant si j’observe le monde avec les yeux de ma moitié,
    Pourtant si j’écoute la Terre d’après ce qu’en disent mes enfants,
    J’apercevrais à la seconde les mille éclats d’un miroitier,
    J’entendrais la clef des mystères d’un dieu qui va philosophant.

    Tableau de Victor Sheleg.

  • Polychromies

    Chocolat, vanille des îles ou fromage blanc du terroir,
    Ébène, essences exotiques ou bois des forêts domaniales,
    Chaque couleur chante l’idylle et tous les secrets du tiroir
    Qui renferment mille érotiques perspectives matrimoniales.

    Que j’aimerais être couleur qui épouserait les contours,
    Courbes, surfaces et volumes de toutes les filles du monde !
    Je serais rayon roucouleur sur femmes aux plus beaux atours
    Que l’encre de mon stylo plume rendrait mille fois plus fécondes.

    Tableaux de Victor Sheleg.

  • Larguez les amarres !

    Larguez les amarres !

    Puisqu’on nous ferme les frontières et qu’on nous traite comme des veaux,
    Regroupons nos dépossessions en villages errants, sans attaches.
    Soyons humains à part entière, échappons à l’Ordre Nouveau
    En faisant céans sécession contre l’état qui nous cravache.

    Nous irons où portent les vents suivant le cours des alizés,
    Nous remonterons vers le nord lorsqu’auront fondu les calottes.
    Nous suivrons les routes en rêvant aux bars sur les Champs-Élysées
    Et attendrons que nous honorent les futuristes sans-culottes.

    Illustration de « La croisière des oubliés » par Enki Bilal.

  • Jazz

    À contre-mots, à contretemps, sur des rimes faibles appuyées,
    Les Reflets-Vers chantent le blues et la Prose déchante son spleen
    En alexandrins trompétant en douze pieds bien essuyés
    Mais en laissant sur la pelouse deux ou trois rimes orphelines.

    La poésie-jazz s’incorpore dans les exclamations des cuivres
    Qui hachent ses rimes en notes et ses poèmes en trémolos.
    Alors les vers sortent des pores des musiciens qui osent suivre
    Cette partition qui dénote un style assez méli-mélo.

    Tableaux de Victor Sheleg.

  • La femme-papillon

    La femme-papillon

    Qui es-tu, Femme-papillon qui te camoufle le visage
    Derrière une aile en trompe-l’œil pour masquer ton intimité ?
    Suivant les taches et les sillons de ton délicat maquillage,
    Je lis les pages du recueil de toute ta féminité.

    Hier encore, tu étais chrysalide, juste vêtue de ton cocon
    Mais à l’aube te voilà sortie et tu as déployé tes ailes
    Qu’un soleil doux te consolide et fasse qu’un rayon abscons
    Imprégnera l’ombre assortie aux pensées de la demoiselle.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Amours et géographie

    Amours et géographie

    Est-ce en Islande, est-ce en Finlande ou est-ce en Nouvelle-Zélande
    Qu’au milieu d’un champ de printemps, je fis l’amour pour mes vingt ans ?
    C’était au temps où j’emmêlais les Maliens avec les Malais,
    Les Hindous avec les Indiens, les Canadiens, les Acadiens.

    J’étais plus porté sur l’amour, dans les jardins du Luxembourg,
    Que les cours de géographie, l’Atlas et sa cartographie.
    Le seul auquel j’ai su prétendre s’appelle « la carte du tendre »
    Car je ne garde de paysages que les filles aux jolis visages.

    Photo de Linda Ólafsdóttir sur https:www.flickr.comphotoslindaola .

  • Cœurs à prendre

    Tous les cœurs à prendre au printemps, comme jeunesses de vingt ans,
    Vont commencer à végéter puis, mûriront pendant l’été
    À condition d’entretenir beaucoup d’amour à contenir
    Et offrir ses belles faveurs aux cœurs des jeunes filles en fleurs.

    Pour la récolte, il faut attendre car l’amour est dur à comprendre
    Envers les femmes, et renâcler car chaque serrure a sa clef.
    Mais après l’été vient l’automne et, sous sa langueur monotone,
    S’ouvriront les fruits défendus et leurs effets inattendus.

    Tableaux de Christian Schloe et Catrin Welz-Stein.

  • Ishtar

    Ishtar

    La déesse de l’amour physique s’est revêtue de beaux atours
    Sous forme d’un voile pudique pour faire barrage aux désirs.
    Elle n’en est que plus érotique par le mystère de l’amour
    Dont l’attirance véridique entraîne fantasmes et plaisirs.

    Aux premiers jours du mois de mars, j’invoque la « Dame du ciel »
    Afin qu’aussi bien hommes et femmes soient l’alchimie de la passion
    Pour qu’ils soient complices et comparses, unis d’un amour essentiel
    Qui lèvera le voile infâme qui transgresse l’émancipation.

    Photo d’Evgeny Makarenko.

  • ADN et QR-code

    C’est pour bientôt ; le QR-code va s’imprimer sur le visage
    Et facilitera la tâche de la reconnaissance faciale.
    Ce sera comme un digicode simplifiant le marchandisage
    À condition qu’on n’y attache pas trop de morale impartiale.

    Trop tard ! Vous étiez prévenus maintenant vous serez pistés ;
    L’état saura où vous allez, qui est l’élu(e) de vos pensées.
    Votre esprit sera détenu par une conduite assistée
    Selon ce que vous prévalez et ce que vous aurez dépensé.

    Photos d’Alexander Khokhlov et maquillages de Valeriya Kutsan sur https:buzzly.frde-magnifiques-portraits-en-noir-et-blanc-de-visages-peints-en-noir-et-blanc.html .

  • L’homme et son chat

    Les écrivains et les poètes vouent à leur animal un culte
    Car il les transporte au-delà des murs de l’imagination.
    Même certains anachorètes donnent à leur chat un lien occulte
    Qui les relient au Walhalla, loin de toute abomination.

    Le mien me réveille la nuit en plein milieu d’un rêve ultime
    Qui, en restant inachevé, m’oblige à écrire la suite.
    Loin de vous dire qu’il m’ennuie, il me sert de journal intime
    Qui me permet de parachever mes vers en une course-poursuite.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • La femme et l’enfant

    Si l’enfant tapi dans son ventre avait la possibilité
    De regarder vers l’extérieur ce qui l’attend à sa naissance,
    Peut-être resterait-il entre la protectrice stabilité
    De sa forteresse intérieure où il paresse avec aisance.

    Mais s’il était aventureux, téméraire ainsi qu’intrépide,
    Ardent en réciprocité de quitter son monde éphémère,
    Peut-être ce fruit vigoureux souhaiterait un moyen rapide
    De naître avec précocité et l’on verrait courir sa mère.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • Sans rancune

    Sans rancune

    Ingénue, décontenancée, elle me guettait dans la ruelle ;
    Je m’en allais philosopher en marchant vers l’observatoire.
    Dans une tenue ordonnancée et de sa petite voix cruelle,
    Elle jouait à m’apostropher d’une manière ostentatoire :

    « Eh bonjour Monsieur le poète ! Vous me semblez bien excentrique !
    À tant marcher la tête en l’air, vous atterrirez sur la lune ! »
    Puis, après l’acerbe pirouette, d’un petit rire égocentrique,
    Elle ponctuait d’un « tralalère » son petit pamphlet, sans rancune.

    Tableau d’Igor Medvedev.

  • Caresse-moi là !

    Caresse-moi là !

    Ce point sensible entre les pattes que le félin offre à ma vue
    Afin qu’une intime caresse le fasse rugir de plaisir,
    Pourrait me rendre ou psychopathe ou bien me prendre au dépourvu
    Mais comme je connais la tigresse, je me soumets à son désir.

    Photo de Graeme & Julie Aker sur https:www.flickr.comphotosbig_graeme .

  • Mené par le bout du nez

    Mené par le bout du nez

    Selon que vous seriez taureau, cancer, capricorne ou verseau,
    Une partie de votre corps pense avec ou sans votre accord.
    Selon que vous seriez lion, bélier, sagittaire ou scorpion,
    Le cœur et l’esprit sont liés carrément de la tête aux pieds.

    Le sexe me laisse un peu perplexe car il me conduit sans complexe ;
    Les jambes, les genoux et les pieds me gouvernent comme il leur sied ;
    Du cou au sommet de la tête, je ne pense qu’à faire la fête ;
    Les bras m’en tombent, j’en ai bien peur, je suis orienté par le cœur.

    Tableau de Matteo Arfanotti.

  • Il était une foie…

    Il était une foie…

    Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la vie continue tout de même ;
    Il faut chasser sa nourriture et recommencer chaque fois.
    Notre aigle a compris le manège et pour nourrir celle qu’il aime
    Ainsi que sa progéniture, il va vous dévorer le foie.

    Mais oui ! Vous l’avez reconnu. C’est lui, l’aigle de Prométhée
    Qui déroba le feu sacré pour en faire don aux humains.
    La suite ? Elle est archiconnue ! Les Dieux l’ont tellement appâté,
    Qu’il le déguste salé-sucré, avec une sauce au cumin.

    Pygargue à tête blanche photographié par Anthony Bucci à Vancouver.

  • Michel l’ange

    Chez Michel, jamais il ne pleut, c’est le temps qui pleure de joie ;
    Chez lui, chaque goutte de pluie n’est qu’une larme de colibri.
    Chez Michel, les rêves sont bleus même lorsque le temps rougeoie ;
    S’il se balade en parapluie, c’est pour mettre ses ailes à l’abri.

    La nuit, toutes ses ailes brillent comme une kyrielle d’étoiles
    Et quand le temps est à l’orage, ses ailes font des croissants d’or.
    Si, toute la nuit, il quadrille le cosmos à rebrousse-poil,
    C’est pour se donner du courage et un air de conquistador.

    Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .

  • La peinture naturelle – 2

    Les enfants de Dame Nature s’inspirent des beaux paysages
    Et se nourrissent d’air du temps dont l’azur contient le tanin.
    Beaucoup s’adonnent à la peinture, dessinent et brossent des visages,
    Portraits de leur mère au printemps et son Éternel féminin.

    Peintres aux belles aquarelles, peintres de musiques et de mots,
    Peintres-poètes aux belles proses, peintres d’arômes étourdissants.
    Leur nature est surnaturelle, leurs rythmes infinitésimaux,
    Et leurs vers d’une couleur rose issue d’un filon nourrissant.

    Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .