Tout le monde se précipite, toujours à la dernière minute, Pour quitter la principauté de Mars et franchir sa banlieue. Voyez Mars, le cœur qui palpite, au point de changer d’azimut, S’en aller chez le Chat-Botté chausser ses bottes de sept lieues.
Afin de finir en beauté, Mars est allée se relooker Chez Vénus, sa muse érotique qui tient la boutique esthétique. Avec une charibotée d’onguents et de fleurs en bouquets, Elle changera d’humeur névrotique par des vacances helvétiques.
Avec des pluies de giboulées et un rayon de pleine lune, L’ange interprète devant nous le requiem du chant de Mars. Ainsi, ce soir, dans la foulée, une grande fête opportune Marque le mois qui se dénoue avec ses innombrables farces.
Mars nous aura bien étonnés de ses mélanges pluies-et-neiges Qui ont mis nos projets à l’eau sans barbecue ni pique-nique. Chaque jour aura détoné selon le temps et le manège D’un Soleil qui brille à vau-l’eau derrière des vents de panique.
Toutes ces histoires de voiles et d’attentats à la pudeur Sont tous entièrement issus de la pomme de connaissance. De peur que la femme ne dévoile un avenir de cheerleader, Rajoutons un peu de tissus pour une poignée de décence.
S’il faut remettre la calotte en plus du masque qui fait « tilt », Je rejoindrai les naturistes pour dire ce qui me préoccupe ; Je rejoindrai les sans-culotte, les parties libres sous mon kilt, Et je prierai les féministes d’en faire autant dessous leurs jupes.
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Quand le ciel pleure, l’arbre rit de sa nature à contretemps ; Quand le vent souffle, l’arbre plie, le roseau le lui a appris. Dis-moi par quelle diablerie te moques-tu du mauvais temps ? A-t-il fallu que tu supplies l’Univers et quel en est le prix ?
Alors je suivrai ton exemple, je rirai des calamités ; Quand un cyclone soufflera, je pirouetterai une danse. Comme toi, je bâtirai mon temple en suivant la conformité De ta Nature qui portera les plus beaux fruits en abondance.
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L’élevage lunaire commence par une nouvelle lune chétive Dont le croissant se développe nuit après nuit assidûment. L’ange évalue sa performance sinon sa croissance rétive Selon le halo qui enveloppe ses curvilignes téguments.
La pleine lune prend la tête, après deux semaines de régime, À l’ange qui perd le ciboulot malgré endurance et patience. C’est ainsi ; pour être vedette et obtenir son millésime Ça demande beaucoup de boulot et s’en mettre plein la conscience.
Revêtu de mes habitudes, ma conscience au portemanteau, Je m’acquittais de la routine commandée par ma hiérarchie. Je suivais avec rectitude les décrets gouvernementaux Jusqu’à ce qu’un jour se mutine mon aptitude à l’anarchie.
Un petit oiseau s’est posé là où je n’avais plus de tête, Puis, il s’est mis à chantonner là où je n’avais plus de cœur. Alors je me suis opposé à cette marque de la bête Qui me forçait à ânonner mon obéissance aux vainqueurs.
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Celui qui peint « l’homme au chapeau », celui qui photographie l’homme, Celui qui écrit ce poème, celui ou celle qui le lira, Tous sont sous le même capot de ce véhicule autonome Qui regroupe l’espèce humaine qui ne sait où la conduira.
Je suis toi, je suis lui ou elle ; je suis de toutes les parties ; Je suis de toutes les époques ; nous sommes « un » finalement. Mais hélas l’individuel ne prend pas en contrepartie Cette liaison équivoque qui nous unit comme un aimant.
René Magritte peignant « L’homme au chapeau melon », 1964 par Christian Gibey.
Si l’homme roule des mécaniques, la femme, devenue pragmatique, Jongle avec son automobile, son smartphone et l’ordinateur. Ceux qui la pensaient satanique aux pensées mélodramatiques Ou stupidement volubile, sont de vieux récriminateurs.
Pour les hommes, l’ordinateur est féminin : Les femmes ont leur logique interne ; Dieu seul sait ce qui les materne… Leur mémoire stocke toute erreur qui sort à point, avec horreur. Leur langage semble dithyrambique à l’homme monosyllabique. Et leurs contrats, bien trop coûteux avec suppléments trop douteux !
Pour les femmes, l’ordinateur est masculin : Pour attirer leur attention, il faut susciter l’intention. Ils sont bourrés d’informations mais aucune imagination. Censés résoudre les problèmes, ils accumulent les dilemmes Et si on avait attendu, on aurait plus d’inattendu.
N’en déplaise à Adam et Ève, le premier robot fut une femme ; Pour créer l’objet sexuel, l’homme a de l’imagination. Ainsi les organes qu’il prélève pour lui provoquer ses orgasmes Sont basés sur le sensuel tourné vers l’invagination.
Mais il doit être masochiste car son fantasme virtuel, D’une voix plutôt féminine, le guide avec son GPS. Alors cessons d’être machistes envers la femme intellectuelle Et accordons à nos machines d’être inférieures à nos déesses.
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J’aime la musique des fleurs et leur langage vert-galant, Ouïr le chant du rossignol, le bourdonnement d’une abeille. La nature, de sa main, effleure mes goûts qui vont se régalant ; Inventive tellement tartignole mais reine au-dessus des merveilles.
Jolies clochettes, jolies trompettes, tous les sons sont dans la nature Organisés, enjolivés, magnifiés par le silence. Lupins malins qui font trempette et les fées en villégiature Imagent et me font saliver l’art dans toute son opulence.
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Descendant du Roi Mistigri et de la Reine des Souris, Cherche-Midi, mon chat vairon, était parti aux Amériques. Au départ, un peu amaigri, il devint Comte du Missouri Après avoir, nous le verrons, suivi un parcours homérique.
D’abord il fut fait chevalier par les oiseaux paradisiers Et battit les ornithologues à la bataille de Kansas City. Il rejoignit les alliés dans le rang des arquebusiers Car il était politologue et leur imposa l’amnistie.
(Photo de Svetlana Melik-Nubarova. « Cherche-Midi » mon chat noir n’est pas raciste, heureusement.)
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Les chattes rouges jouent les souris et l’une d’elles m’a souri. Et comme un rêve inachevé, je suis resté à son chevet. J’y suis resté jusqu’au matin, serrés dans ses draps de satin, J’y suis resté toute ma vie pour tout recommencer à l’envi.
J’avais emporté pour bagage tous mes souvenirs d’un autre âge Que j’ai abandonnés pour elle afin de vivre dans sa tourelle. Nous y avons aménagé assez d’électro-ménager Et disposé notre cuisine dans un coin de la mezzanine.
Je l’ai mariée un lundi comme on dit « opera mundi » Car ainsi le monde fonctionne car ainsi l’amour nous actionne. Le rouge est resté la couleur qui me rappelle sans douleur Qu’il faut sortir de sa coquille et tout quitter pour une fille.
Les chattes rouges jouent les souris pour le bonheur de leurs minets Dans certains bouges de Paris quand le couvre-feu a sonné. On y rencontre ses houris, Vénus aux portes d’estaminets Qui vous ouvrent le paradis pour un peu d’amour passionné.
Suivez le rouge, suivez le fil, suivez la trace du message Qui vous emmènera un soir dans quelques passages secrets. Prenez la place dans la file, vous obtiendrez droit au passage Mais pour traverser la passoire, vous devrez vous montrer discret.
À l’arrivée, demandez Paule, c’est notre mère, notre égérie. C’est elle qui marie l’amour et lui accorde ses victoires. Elle vous met la main sur l’épaule, vous conduit dans la féérie Et vous dévoile à contre-jour l’une des plus charmantes histoires.
Tel un joli paradisier qui souhaiterait bâtir son nid, La demoiselle tourterelle déjà prépare son lit nuptial. Elle a ôté son chemisier, sa jupette et son bikini ; Toute nue, extra corporelle, elle a atteint le point crucial.
Lui, il volète Par-ci, par-là ; pense qu’il va de son honneur À visiter toutes les belles ; tant qu’à faire essayer leurs lits. Elle, n’est pas Marie-couche-toi-là ; pense à construire son bonheur Et calme ses ardeurs rebelles en s’offrant un brin de folie.
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Au printemps, un couple de bardes dans un arbre a bâti son nid Afin de vivre en autarcie et enfanter ses galopins. Mais chez tous les voisins, ça barde ! Chez eux, le new âge est honni L’amour libre, ils s’en sont farci et préfèrent biner leur lopin.
Et puis l’été vient à propos pousser les murs de la maison. Les voisins se sont apaisés ; leurs champs de blé ont bien germé. Le temps n’étant pas au repos avec les travaux de saison, Les bardes continuent à baiser pour vivre heureux mais enfermés.
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La quatrième dimension ressemble aux cubes à souvenirs Où notre mémoire décharge tout ce qu’elle ne peut contenir. Vous pourriez, en demi-pension, y projeter votre avenir Sans aucun frais à votre charge, ni supplément à retenir.
Chacun possèderait sa boîte, chacun ses rêves à accomplir. Vous trouveriez votre âme-sœur sans forcer, sans vous affaiblir Afin que les sexes s’emboîtent dans des rapports à établir Selon que vous soyez chasseur ou simple proie à assouplir.
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Dans ma lointaine adolescence, j’ai fait naufrage de mes rêves Qui m’ont fait échouer sur l’île où l’utopie régnait en maître. J’y vivais nu de connaissances naturellement sur la grève D’une éternité juvénile et tout mon amour à transmettre.
De l’autre côté du miroir, s’ouvraient des terres innocentes, Vierges de toute humanité, heureusement inaccessibles. J’avais la clef dans mon tiroir, une clef d’or rajeunissante, Qui donne accès illimité vers ces univers impossibles.
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Après trois cent soixante-cinq marches, nous sommes revenus sur nos pas Malgré tous les confinements et les couvre-feux de saisons. Je ne sais plus quelle démarche, sensée nous éviter le trépas, Devrons-nous prendre finalement pour ne pas perdre la raison.
Le boulevard « vaccination » ressemble plus à une impasse Débouchant sur le cimetière qu’à une porte de sortie. Les agents de divination nous mentent sur ce qui se passe Et l’autorité cachotière pousse mémé dans les orties.
Ramsès II à l’accordéon et à la balalaïka, Le grand orchestre des Pharaons nous réinvente la mazurka. Avec des rythmes endiablés, il nous chante sa mélopée ; Avec des bourrées ensablées, il nous clame son épopée.
Les cordes, tel un arc, nous rappellent jadis la bataille de Qadesh Avec le piano à bretelles au vent du souvenir des flèches. Tout droit échappé des ténèbres pour délivrer les confinés Avec une marche funèbre pour envoûter les vaccinés.
Il reste curieux, l’équinoxe qui masque la moitié du jour Avec la moitié de la nuit comme le paravent du temps. Le Soleil, dans ce paradoxe, se voile sous un abat-jour Quant à la Lune, celle-ci luit dans la pénombre en clignotant.
Mais cet équilibre ne dure que juste le temps d’un rappel Et la lutte pour la lumière recommencera jusqu’au solstice. Puis, reprendra la procédure ; l’obscurité fera appel Afin de remporter, la première, l’alternance par la justice.
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Lorsque la route se rallonge en multiples prolongations, J’en déduis que Dieu, en retard, fignole ma destination. Et si le Diable me prolonge encore ses déviations, Je prendrai le Guide du Routard contre la procrastination.
Heureusement j’ai Saint-Christophe attaché au tableau de bord Avec le Guide Michelin pour manger en dernier recours. Enfin, je lirai quelques strophes contre l’impatience que j’abhorre Et les « Lettres de mon moulin » deviendront ma roue de secours.
Grâce à Walt Disney et consort, toutes les histoires du monde Sont devenues états-uniennes, d’Aladin jusqu’à Jeanne d’Arc. Shakespeare, lui-même, s’en sort, mais marqué d’un accent immonde, Dans les chansons californiennes que l’on entend à Central Park.
La cuisine aussi s’en ressent et l’on voudrait nous faire croire Que, sans pancake, un déjeuner est comme un hamburger sans frite. Pour l’estomac, il est stressant de voir cette bouffe sans gloire Gonfler la tête des jeunes et en faire leur pitance favorite.
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Et ce nouvel homme d’argile, modelé d’une jeune Terre, Métamorphosa de la boue une créature vivante. On aurait dit qu’un dieu agile venait de naître en solitaire Comme animal marchant debout vers une épopée captivante.
Aussitôt il chercha compagne pour partager ses expériences En prélevant un bout de chair qu’il planta dans la terre glaise. Le printemps mûrit les campagnes et la femme en luxuriance Lui offrit son vœu le plus cher : la descendance qui lui complaise.
À la différence de l’homme qui disperse au gré sa semence Et tous ses petits chromosomes dans un orgasme de démence, Madame la Rousse préfère éparpiller les pissenlits Par la racine et laisser faire à l’homme l’amour dans son lit.
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Les jours se ressemblent comme un livre qui se ferme et s’ouvre sans fin Sur la nouvelle page vierge qui ressemble à celle de demain. Fors qu’une vision m’en délivre, entrouverte sur les confins, Comme une porte d’où émerge un espoir à portée de main.
Et sur cette toile d’azur qui revient comme d’habitude, Je change la réalité pour une autre éventualité. Je jette un pont sur l’embrasure d’un rayon de béatitude Qui transforme en sensualité les troubles de l’actualité.
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Depuis que les clebs grimpent aux arbres, on y a construit nos maisons Dont ils en assurent la garde sur les chiens-assis aux aguets Mais toute la journée ils palabrent quand sonne l’heure sans raison À moins qu’un coucou, par mégarde, ne soit en train de zigzaguer.
Quand vient le printemps, ils s’endorment ; sans doute le rhume des foins Qui agace leur flair légendaire et atténue leurs aboiements. Alors le renouveau transforme les terres jusqu’au mois de juin Où l’été, saison solidaire, les réveillera vaillamment.
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Si tu vois son vélo fantôme, le Docteur Watson n’est pas loin ; Il continue après sa mort à enquêter sur Baker Street Avec son ami Sherlock Holmes et prennent les marchands à témoin Afin que tous se remémorent toutes leurs affaires instruites.
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À peine sortie de sa cage, la reine d’un jour sans mémoire Dès lors organise sa prison avec son environnement. Tout est jouet, plus ou moins sage, jugé à travers l’écumoire De l’œil fixé sur l’horizon en vue de son couronnement.
Mais d’autres cages la contemplent ; d’autres reines d’hier et demain Qui, à leur tour, pourront régner une journée à satiété. Toutes ces cages forment un temple où l’on y prie à mille mains Pour une utopie imprégnée des rôles de la société.
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Le temps, suspendu à leurs vols, passe en silence sur la campagne Et l’ensemence de printemps à l’aide d’oiseaux de passage. Que j’aime ces oies bénévoles venant des pays de cocagne Et qui en rapportent tout autant les fruits de leurs apprentissages.
Qu’ont-elles vu sur l’océan ? Que rapportent-elles d’Afrique ? Qu’ont-elles appris aux antipodes ? Qu’ont-elles enfanté pour nos Pâques ? Moi, tout en bas sur mon séant, j’apprécie la façon lyrique Dont le printemps lance la mode en éclairant mon ciel opaque.
Pendant l’obscurité d’une profonde nuit, Je marie l’oxymore avec le pléonasme. Si le songe tourmente et le rêve me nuit, J’en demande à Vénus un ultime fantasme.
Quand le silence lourd se fait assourdissant, Elle m’apparaît nue et extraordinaire. Alors le cauchemar, d’abord étourdissant, Devient un paradis d’amour imaginaire.
Toutes mes questions de l’hiver trouveront réponses au printemps Comme le souci d’une nuit par l’aube est métamorphosé. Tous les mystères de l’univers les plus ardus vont s’épointant Lorsqu’une fleur s’épanouit sous une goutte de rosée.
J’aime quand mon cœur s’abandonne et admet la simplicité D’une nature qui prévient comme une mère à son enfant. J’aime lorsque se désordonne ma raison en complicité Avec un printemps qui revient chaque année, toujours triomphant.
Adieu l’hiver, je t’aimais bien devant tes feux de cheminée ; Hier encore, je cheminais parmi tes forêts enneigées Malgré tes souffles microbiens qui m’auront gardé confiné Et les vents qui contaminaient mes inquiétudes propagées.
Aux antipodes, pourtant l’inverse arrive sur les plages chaudes Qui disent adieu à l’été et ses voyages organisés. Malgré l’effroi qui tombe à verse, et qui effraie et qui échaude Et qui m’auront fait haleter de tous mes sens tétanisés.
Adieu l’automne et les saisons et tous mes souvenirs d’antan Où je vivais libre et heureux même si ce n’était qu’utopie. Le monde m’impose sa raison pour que je devienne consentant De gré ou de force, rigoureux envers l’ordre qui m’estropie.
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La force et la longueur de temps font plus que force ni que rage. Cette année, le Bœuf de métal, au caractère déterminé, Prépare un tournant important par son sang-froid et son courage Pour un mouvement sociétal qui change notre destinée.
Ainsi nous serons confrontés à un changement radical Qui bouscule nos habitudes, nos acquis et nos connaissances. Ainsi nous allons affronter par un traitement médical Le contrôle de notre aptitude d’obéir aux grandes puissances.
Mais par ces bouleversements, peut-être ainsi parviendrons-nous À sortir de notre prison et sauvegarder l’avenir ; Sinon notre gouvernement nous fera plier les genoux Et fermera notre horizon sur un malheureux souvenir.
(Photos de Marina Cano. Selon l’horoscope chinois, le bœuf, à manches retroussées, travaillerait d’arrache-pied à bâtir l’avenir. Il apprendrait à aborder la réalité, avec lucidité et sang-froid, dans l’espoir d’ouvrir des horizons différents, lumineux et plus grands. Reste à savoir comment l’humanité va réagir, confrontée à l’une de ses craintes principales : le changement.)
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Bien sûr je n’aime qu’une femme ; bien sûr je ne vis qu’une vie Et ne connais de mon royaume que ce que j’ai vu de mes yeux. Bien sûr je sais qu’il est infâme d’être toujours du même avis Et croire que ce qui fait l’homme sont ses triomphes orgueilleux.
Pourtant si j’observe le monde avec les yeux de ma moitié, Pourtant si j’écoute la Terre d’après ce qu’en disent mes enfants, J’apercevrais à la seconde les mille éclats d’un miroitier, J’entendrais la clef des mystères d’un dieu qui va philosophant.
Chocolat, vanille des îles ou fromage blanc du terroir, Ébène, essences exotiques ou bois des forêts domaniales, Chaque couleur chante l’idylle et tous les secrets du tiroir Qui renferment mille érotiques perspectives matrimoniales.
Que j’aimerais être couleur qui épouserait les contours, Courbes, surfaces et volumes de toutes les filles du monde ! Je serais rayon roucouleur sur femmes aux plus beaux atours Que l’encre de mon stylo plume rendrait mille fois plus fécondes.
Puisqu’on nous ferme les frontières et qu’on nous traite comme des veaux, Regroupons nos dépossessions en villages errants, sans attaches. Soyons humains à part entière, échappons à l’Ordre Nouveau En faisant céans sécession contre l’état qui nous cravache.
Nous irons où portent les vents suivant le cours des alizés, Nous remonterons vers le nord lorsqu’auront fondu les calottes. Nous suivrons les routes en rêvant aux bars sur les Champs-Élysées Et attendrons que nous honorent les futuristes sans-culottes.
Illustration de « La croisière des oubliés » par Enki Bilal.
À contre-mots, à contretemps, sur des rimes faibles appuyées, Les Reflets-Vers chantent le blues et la Prose déchante son spleen En alexandrins trompétant en douze pieds bien essuyés Mais en laissant sur la pelouse deux ou trois rimes orphelines.
La poésie-jazz s’incorpore dans les exclamations des cuivres Qui hachent ses rimes en notes et ses poèmes en trémolos. Alors les vers sortent des pores des musiciens qui osent suivre Cette partition qui dénote un style assez méli-mélo.
Qui es-tu, Femme-papillon qui te camoufle le visage Derrière une aile en trompe-l’œil pour masquer ton intimité ? Suivant les taches et les sillons de ton délicat maquillage, Je lis les pages du recueil de toute ta féminité.
Hier encore, tu étais chrysalide, juste vêtue de ton cocon Mais à l’aube te voilà sortie et tu as déployé tes ailes Qu’un soleil doux te consolide et fasse qu’un rayon abscons Imprégnera l’ombre assortie aux pensées de la demoiselle.
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Est-ce en Islande, est-ce en Finlande ou est-ce en Nouvelle-Zélande Qu’au milieu d’un champ de printemps, je fis l’amour pour mes vingt ans ? C’était au temps où j’emmêlais les Maliens avec les Malais, Les Hindous avec les Indiens, les Canadiens, les Acadiens.
J’étais plus porté sur l’amour, dans les jardins du Luxembourg, Que les cours de géographie, l’Atlas et sa cartographie. Le seul auquel j’ai su prétendre s’appelle « la carte du tendre » Car je ne garde de paysages que les filles aux jolis visages.
Photo de Linda Ólafsdóttir sur https:www.flickr.comphotoslindaola .
Tous les cœurs à prendre au printemps, comme jeunesses de vingt ans, Vont commencer à végéter puis, mûriront pendant l’été À condition d’entretenir beaucoup d’amour à contenir Et offrir ses belles faveurs aux cœurs des jeunes filles en fleurs.
Pour la récolte, il faut attendre car l’amour est dur à comprendre Envers les femmes, et renâcler car chaque serrure a sa clef. Mais après l’été vient l’automne et, sous sa langueur monotone, S’ouvriront les fruits défendus et leurs effets inattendus.
Tableaux de Christian Schloe et Catrin Welz-Stein.
La déesse de l’amour physique s’est revêtue de beaux atours Sous forme d’un voile pudique pour faire barrage aux désirs. Elle n’en est que plus érotique par le mystère de l’amour Dont l’attirance véridique entraîne fantasmes et plaisirs.
Aux premiers jours du mois de mars, j’invoque la « Dame du ciel » Afin qu’aussi bien hommes et femmes soient l’alchimie de la passion Pour qu’ils soient complices et comparses, unis d’un amour essentiel Qui lèvera le voile infâme qui transgresse l’émancipation.
C’est pour bientôt ; le QR-code va s’imprimer sur le visage Et facilitera la tâche de la reconnaissance faciale. Ce sera comme un digicode simplifiant le marchandisage À condition qu’on n’y attache pas trop de morale impartiale.
Trop tard ! Vous étiez prévenus maintenant vous serez pistés ; L’état saura où vous allez, qui est l’élu(e) de vos pensées. Votre esprit sera détenu par une conduite assistée Selon ce que vous prévalez et ce que vous aurez dépensé.
Photos d’Alexander Khokhlov et maquillages de Valeriya Kutsan sur https:buzzly.frde-magnifiques-portraits-en-noir-et-blanc-de-visages-peints-en-noir-et-blanc.html .
Les écrivains et les poètes vouent à leur animal un culte Car il les transporte au-delà des murs de l’imagination. Même certains anachorètes donnent à leur chat un lien occulte Qui les relient au Walhalla, loin de toute abomination.
Le mien me réveille la nuit en plein milieu d’un rêve ultime Qui, en restant inachevé, m’oblige à écrire la suite. Loin de vous dire qu’il m’ennuie, il me sert de journal intime Qui me permet de parachever mes vers en une course-poursuite.
Si l’enfant tapi dans son ventre avait la possibilité De regarder vers l’extérieur ce qui l’attend à sa naissance, Peut-être resterait-il entre la protectrice stabilité De sa forteresse intérieure où il paresse avec aisance.
Mais s’il était aventureux, téméraire ainsi qu’intrépide, Ardent en réciprocité de quitter son monde éphémère, Peut-être ce fruit vigoureux souhaiterait un moyen rapide De naître avec précocité et l’on verrait courir sa mère.
Ingénue, décontenancée, elle me guettait dans la ruelle ; Je m’en allais philosopher en marchant vers l’observatoire. Dans une tenue ordonnancée et de sa petite voix cruelle, Elle jouait à m’apostropher d’une manière ostentatoire :
« Eh bonjour Monsieur le poète ! Vous me semblez bien excentrique ! À tant marcher la tête en l’air, vous atterrirez sur la lune ! » Puis, après l’acerbe pirouette, d’un petit rire égocentrique, Elle ponctuait d’un « tralalère » son petit pamphlet, sans rancune.
Ce point sensible entre les pattes que le félin offre à ma vue Afin qu’une intime caresse le fasse rugir de plaisir, Pourrait me rendre ou psychopathe ou bien me prendre au dépourvu Mais comme je connais la tigresse, je me soumets à son désir.
Photo de Graeme & Julie Aker sur https:www.flickr.comphotosbig_graeme .
Selon que vous seriez taureau, cancer, capricorne ou verseau, Une partie de votre corps pense avec ou sans votre accord. Selon que vous seriez lion, bélier, sagittaire ou scorpion, Le cœur et l’esprit sont liés carrément de la tête aux pieds.
Le sexe me laisse un peu perplexe car il me conduit sans complexe ; Les jambes, les genoux et les pieds me gouvernent comme il leur sied ; Du cou au sommet de la tête, je ne pense qu’à faire la fête ; Les bras m’en tombent, j’en ai bien peur, je suis orienté par le cœur.
Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, la vie continue tout de même ; Il faut chasser sa nourriture et recommencer chaque fois. Notre aigle a compris le manège et pour nourrir celle qu’il aime Ainsi que sa progéniture, il va vous dévorer le foie.
Mais oui ! Vous l’avez reconnu. C’est lui, l’aigle de Prométhée Qui déroba le feu sacré pour en faire don aux humains. La suite ? Elle est archiconnue ! Les Dieux l’ont tellement appâté, Qu’il le déguste salé-sucré, avec une sauce au cumin.
Pygargue à tête blanche photographié par Anthony Bucci à Vancouver.
Chez Michel, jamais il ne pleut, c’est le temps qui pleure de joie ; Chez lui, chaque goutte de pluie n’est qu’une larme de colibri. Chez Michel, les rêves sont bleus même lorsque le temps rougeoie ; S’il se balade en parapluie, c’est pour mettre ses ailes à l’abri.
La nuit, toutes ses ailes brillent comme une kyrielle d’étoiles Et quand le temps est à l’orage, ses ailes font des croissants d’or. Si, toute la nuit, il quadrille le cosmos à rebrousse-poil, C’est pour se donner du courage et un air de conquistador.
Tableaux de Victor Nizovtsev sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201208siren-song-victor-nizovtsev-1965.html .
Les enfants de Dame Nature s’inspirent des beaux paysages Et se nourrissent d’air du temps dont l’azur contient le tanin. Beaucoup s’adonnent à la peinture, dessinent et brossent des visages, Portraits de leur mère au printemps et son Éternel féminin.
Peintres aux belles aquarelles, peintres de musiques et de mots, Peintres-poètes aux belles proses, peintres d’arômes étourdissants. Leur nature est surnaturelle, leurs rythmes infinitésimaux, Et leurs vers d’une couleur rose issue d’un filon nourrissant.
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