Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Laissez pousser !

    Laissez pousser !

    Cultivez bien ce qu’on vous dit à la télé, dans les journaux !
    Bêchez, binez le samedi, creusez bien autour du fourneau !
    Plantez les graines de soumission dans votre cerveau ramolli
    Et arrosez sans rémission d’une eau ivre d’un grain de folie.

    Quand la conviction poussera par l’engrais de persuasion,
    Alors la bêtise fleurira sous les pluies de dissuasion.
    Et nous pourrons réaliser nos rêves stéréotypés
    Préfabriqués par l’Élysée et son président constipé.

    Illustration de Moebius.

  • Nouvelles dimensions

    Nouvelles dimensions

    La quatrième dimension, tapie au sein de mes cellules,
    Ouvre ses portes à l’univers par des hexaèdres impossibles.
    Des anges aux bonnes intentions, entre les six faces, pullulent
    Et connectent des trous de vers à ma conscience impassible.

    Je capte mes rêves en couleurs par cette étrange connexion
    Et l’obscurité lumineuse devient l’écran de mes pensées.
    Je ressens même les douleurs et les odeurs en projection
    Au prix d’une faramineuse envie d’écrire pour compenser.

    Illustration de Moebius.

  • Coronavirus, mon amour

    Coronavirus, mon amour

    Vous me croirez si vous voulez mais j’ai vu le coronavirus
    À l’épiderme saturnin, doté d’une longue trompe tendre.
    Il m’a demandé d’abouler mon sperme dans son utérus
    Car son sexe était féminin ; je fus soulagé de l’entendre.

    Je suis demeuré confiné quarante jours, quarante nuits.
    La belle était un peu affreuse, j’en étais devenu aveugle ;
    D’amour, j’étais contaminé mais ce n’est pas le seul ennui.
    Depuis j’ai la tête fiévreuse et quand je veux parler, je beugle.

    Illustration de Moebius.

  • Bruxelles

    Bruxelles

    Qui aurait cru que dans ces rues où sont nés de grands enchanteurs,
    Naitrait la bande dessinée qui animerait notre vie ?
    Une pluie d’auteurs disparus ruisselle en dessins envouteurs
    Sur les murs et les cheminées et retombe sur le parvis.

    De sept à soixante-dix-sept ans, les champions de la bonne humeur,
    Fidèles à Dieu et leur pays, restaient amis partout toujours.
    Tintin de l’éternel printemps, Spirou de l’éternel bonheur
    Et tous les autres ébahis de ressusciter chaque jour.

    Tableau « Bruxelles » de Joseph Gillain.

  • Comme un point sur un i

    Comme un point sur un i

    « C’était, dans la nuit brune,
    Sur le clocher jauni,
    La Lune
    Comme un point sur un i. »

    Ailleurs, sur la lagune,
    Sur la mer endormie,
    La Lune,
    Toute en monochromie.

    Bien plus loin sur la dune,
    Juste au sommet de l’angle,
    La Lune
    Comme l’œil d’un triangle.

    Si demain la fortune
    Sourit aux audacieux,
    La Lune
    Brillera dans les cieux.

    Photo de Almefer ; première strophe d’ Alfred de Musset.

  • Plume-au-rêve

    L’ami Pierrot légua sa plume à un chaman amérindien
    Qui dédiait sa danse-à-la-Lune à son totem, l’aigle royal.
    D’un duvet de peu de volume, tressé avec du chanvre indien,
    Sortit la parure opportune, consacrée à l’oiseau loyal.

    Mais la plume se montra volage et s’envola au firmament
    Puis, s’abrita par l’intermède d’un attrape-rêve lunaire.
    Désormais, les batifolages fantasmagoriques des amants
    Sont immunisés d’un remède contre leurs rêves lacunaires.

    Tableau de Tetsuhiro Wakabayashi.

  • Au rite de la ballerine

    Au rite de la ballerine

    Pour effeuiller la marguerite, la ballerine fait des pointes ;
    L’amour répète ainsi le rite des pieds tendus et des mains jointes.
    Ainsi soit-elle pâquerette, fleur des champs, éternel miracle,
    En déployant sa collerette pour laisser s’exprimer l’oracle :

    M’aimera-t-il passionnément, à la folie ou pas du tout ?
    Le cœur a souvent ses raisons, l’amour toujours imprévisible.
    Crochètera-t-il impunément mon cœur de son passe-partout ?
    Donne-moi, Ô fleur d’oraison, ta réponse la plus plausible.

    Tableau de Tetsuhiro Wakabayashi.

  • Santa Maria

    Passés les Colonnes d’Hercules et le Détroit de Gibraltar,
    Le fantôme du Galion d’Or git par mille mètres de fond.
    Une fois l’an, au crépuscule, refait surface son avatar
    De l’esprit d’un conquistador, léviathan vaincu des tréfonds.

    Féminin paraît l’égrégore comme Vénus née de la mer
    Dont la tête évoque la proue fièrement dressée sur sa croupe.
    L’âme dont le vent revigore les voiles aux mémoires amères,
    Revient rappeler peu ou prou ses épopées, le vent en poupe.

    Tableau de Salvador Dali.

  • Physiologie des Galipettes

    La problématique chez l’homme et l’équivoque chez la femme
    Reviennent à boire à la source du désir d’immortalité :
    Pour l’un, verser ses chromosomes vers ce calice qui l’affame,
    Pour l’autre, lui vider ses bourses pour jouir d’une maternité.

    Parce qu’une femme est une île et parce qu’un homme est une aile,
    L’amour convole à tire-d’aile vers des destinations de rêves.
    L’amour rend le cœur juvénile et la raison, irrationnelle.
    Quel dommage pour la bagatelle que l’excitation soit si brève !

    Tableau de Pablo Picasso sur https:www.theguardian.comartanddesign2018mar11picasso-1932-love-fame-tragedy-review-tate-modern#img-5 .

  • Le virus du voyage

    Malgré les destinées tragiques, les drames et les félonies
    Qui soufflent leurs vents latéraux de romans en littératures,
    La vieille Europe nostalgique de ses lointaines colonies
    Insuffle encore à ses héros l’invitation à l’aventure.

    Par les boulevards maritimes ou les grands couloirs aériens,
    Chacun peut prétendre aujourd’hui relier l’Asie à l’Amérique.
    Hier encore esclave ou victime, banni ou pauvre galérien,
    L’homme est devenu le produit d’un néo-tourisme hystérique.

    D’après Hergé.

  • Les mondes invisibles

    Les mondes invisibles

    Si je parviens à recevoir toute la substance qui passe
    Par l’air qui entre en mes poumons et qui me nourrit du prana,
    Et si j’arrive à percevoir la coexistence dans l’espace
    Entre les anges et les démons, je verrai l’antre du nirvâna…

    Ou bien sa fenêtre céleste qui communique avec le monde
    En convertissant de lumière, l’obscurité que j’entrevois.
    Ainsi mon esprit se déleste de toute cette fange immonde
    Et mon corps retombe en poussière tandis que l’âme trouve sa voie.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • L’âme de la maison

    L’âme de la maison

    Lamartine avait exploré l’âme des objets inanimés,
    Pourtant l’ensemble du mobilier assujetti à la maison
    Vibre à l’écho évaporé qui résonne aux murs élimés
    De tous les gestes familiers qu’on y fait en toutes saisons.

    L’âme de la maison materne, le cœur de la maison enfante.
    Elle est la présence invisible qui s’imprègne de ses locataires.
    Son esprit brille dans les lanternes et respire de toutes ses fentes
    Elle, à jamais indivisible, comme égrégore propriétaire.

    Tableau de Remedios Varo.

  • Aurore

    La lueur brillante et rosée avant le lever du soleil,
    Quand celui-ci va se lever, apparaît drapée de lumière.
    Et la nuit métamorphosée par cette porte des merveilles
    Cède la place au pied levé devant l’aurore coutumière.

    À l’aube de l’humanité, quand le poisson sortit de l’eau,
    Ses yeux se sont épanouis par l’observation sidérale.
    Ensuite, sa féminité s’est éveillée dans le halo
    D’un clair de Lune évanoui après le crépuscule astral.

    Qu’elle soit boréale ou australe, ou même encore équatoriale,
    L’aurore sait nous éblouir de tout l’éclat de sa brillance.
    Voyez sa beauté magistrale, ses tonalités mémoriales
    Qui viennent sans cesse nous réjouir de maternelles flamboyances.

    d’une infinité de vaillances.
    de régulières flamboyances.
    de maternelle bienveillance.

    Tableaux d’Irina Vitalievna Karkabi encadrant celui de Gustav Klimt.

  • Immersions

    Les femmes, en totale impression de leurs existences passées,
    Se rappellent à chaque seconde que leur rôle n’est pas terminé.
    Elles ont trop subi la pression d’une société compassée
    Et voudraient refaire le monde d’un équilibre déterminé.

    Les femmes, en totale immersion avec l’existence actuelle,
    Mesurent avec circonspection quelle est l’égalité des sexes.
    Les hommes, toujours en dispersion, gardent leur manie rituelle
    De se croire d’une conception intelligente et sans complexe.

    Les femmes, en totale expression de l’existence du futur,
    Savent qu’elles doivent gagner la partie et les hommes, battre la campagne.
    Le machisme et ses répressions parvient déjà à sa rupture
    Et se voit en contrepartie laisser la place à sa compagne.

    Tableaux de Maria Pace-Wynters.

  • L’origine de la « Tempérance »

    L’origine de la « Tempérance »

    Avant d’être nommée « Tempérance », Angèle n’était qu’une débauchée,
    Volant aux sommets des collines chassant les étoiles filantes.
    Mais après un siècle d’errance, elle finit complètement fauchée
    Vêtue d’haillons de crinoline comme guenille horripilante.

    Elle vendit ses ailes au marché, trouva un boulot pour manger
    Et fut nommée « Modératrice » décrétée par ordre divin.
    Toute nue – elle l’avait cherché – elle fit le serment de changer
    De façon accommodatrice, et mettre de l’eau dans son vin.

    Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .

  • Derrière l’iris

    Derrière l’iris

    Derrière chaque iris, un pilote observe le monde de loin
    Abrité dans sa cavité baignée d’une humeur capricieuse.
    Ensemble, les deux copilotes s’accordent selon les besoins
    De l’âme dans la concavité de ses tentations ambitieuses.

    Mais parfois la gauche et la droite ne voient pas le même objectif
    Et le cerveau reçoit en double différentes illusions optiques.
    Mais seul, grâce à une vue adroite, l’amour, d’un rayon subjectif,
    Malgré la situation trouble, offre à l’âme sa vue érotique.

    Tableau de Tuco Amalfi.

  • Les tontons flingueurs à la rescousse

    Les tontons flingueurs à la rescousse

    Tonton Lino, tonton Francis et tonton Bernard, le placide,
    Montrent le bout de leurs museaux tout en finesse et en silence.
    Ils tombent à bras raccourcis, d’un rictus au regard acide,
    Et l’ennemi, des deux fuseaux, s’évanouir en ambulance.

    Donc je propose de confier le combat pour la pandémie
    À notre trio de tontons chargé de la javéliser.
    Dès qu’ils auront pacifié les prochaines vagues ennemies,
    Ils s’attaqueront au fronton du laid palais de l’Élysée.

    Dessin de Jacques Tardi.

  • Pas si bête, la femme

    Pas si bête, la femme

    La pomme était bien verte ; Ève n’en a point voulu.
    Elle en est restée nue de toute connaissance.
    Comme elle était ouverte et toute fraîche émoulue,
    Son esprit ingénu vécu dans l’innocence.

    Elle bâtit sa maison sans poutre ni chevron ;
    Elle avait deux mains gauches et pas trop de bon sens.
    Ses enfants sans raison à l’avenir poursuivront
    Cette vie de débauche et de concupiscence.



    Alors finalement, remercions notre Ève
    D’avoir croqué la pomme pour deux sous de jugeote.
    Bien sûr, évidemment, cette histoire soulève
    Que dans le cœur de l’homme, une femme mijote.

    Tableau de Jacek Yerka sur http:liryka-liryka.blogspot.com201408robinson-jaromir-nohavica.html#more .

  • Demain, les citrons

    Demain, les champs de citronniers auront envahi la planète
    À force de se critiquer et se gausser les uns des autres.
    Se disputer comme chiffonniers avec des propos malhonnêtes,
    On presse un jus sophistiqué dont l’acidité fait l’apôtre.

    Et pourquoi pas des cornichons pourris dans les champs de navets
    Arrosés d’une pollution, pluies acides sur les graminées ?
    Ne poussons ni le bourrichon ni le linge sale à laver ;
    Trouvons plutôt une solution à ce futur contaminé !

    Tableaux de Vitaly Urzhumov sur https:www.finedininglovers.comarticleworld-full-lemons .

  • Venise à la violette

    Venise à la violette

    Venise est voilée, Venise est violée
    D’un million de bras, d’un millions de pieds.
    D’un flot de touristes, d’un flot de visites
    Qui, chaque jour, passent, chaque jour trépassent.

    Venise est bien sombre, Venise est dans l’ombre,
    Lentement s’enfonce, lentement s’effondre.
    Que restera-t-il à minuit moins dix
    Lorsque sa journée sera terminée ?

    Photo de Pierre-Antoine Le Glevic.

  • La tête hors de l’eau

    La tête hors de l’eau

    Quelquefois, la tête hors de l’eau, voir le monde qui va à vau-l’eau
    Et prendre la température de la santé de la nature.
    Je suis trop vite sorti du bain, de la routine et du turbin ;
    Rien n’a changé sur la planète ; les humains ont perdu la tête.

    Le masque à ras sur la figure, juste en surface, me défigure
    Et l’interdît d’ôter ce voile me prend trop à rebrousse-poil.
    Plus rien ne sera comme avant, je vis derrière un paravent
    Et mon bocal-appartement m’enferme dans son élément.

    Photo de Jihoon Yang.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 5

    Voyages aux îles de la Désolation - 5

    Enfin, quand vient l’aube du monde saluée d’une aurore australe,
    Paraît le véritable Maître dans sa houppelande outremer.
    Brusquement le silence inonde d’un milliard de pauses orchestrales
    Exécutées au spectromètre pour l’aubade à la Terre-Mère.

    Cérémonial évènement dans le respect des traditions
    Qui unissent les êtres vivants à l’omnipotence immobile
    De l’éternel avènement de la Nature en soumission
    Au protocole ravivant d’iridescence indélébile.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 4

    Voyages aux îles de la Désolation - 4

    Venez, vastes oiseaux des mers, aux envergures impressionnantes,
    Venez, indolents compagnons, qui escortez notre voyage !
    Venez sur les gouffres amers et les montagnes rugissantes
    Venez tous, nous vous enjoignons à pratique votre frayage.

    Rois de l’azur aux ailes blanches ployant comme des avirons,
    Comme vous nous semblez déchus et bien maladroits sur la Terre !
    Sur mer, par-dessus l’avalanche de vagues triomphe l’oiseau girond
    Jusqu’à l’apothéose échue de son ivresse solidaire.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 3

    Voyages aux îles de la Désolation - 3

    Communautés de l’océan qui régnez dans les eaux australes
    Comme des chevaliers des mers qui en confirment ses frontières ;
    Baleines à bosse, Léviathan, Reines, Impératrices magistrales,
    Émissaires de la Terre-Mère aux pouvoirs plénipotentiaires.

    L’homme a pourtant volé votre or, votre huile et votre descendance
    Jusqu’à se satisfaire ailleurs, faute d’énergie en puissance.
    Méditez dans l’australe aurore avec fiel et condescendance
    L’irrespect du pêcheur railleur maudit par sa concupiscence.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 2

    Voyages aux îles de la Désolation - 2

    Crozet, ou l’île des manchots, paradis des ornithologues,
    Les seuls humains autorisés à se montrer les plus discrets.
    De tous les oiseaux à sang chaud, seul l’Empereur climatologue
    Trône au palais valorisé par ses mystères et ses secrets.

    Est-ce le lieu ou ses monarques qui galvanisent leurs richesses ?
    Sont-ce leurs chants polyphoniques qui rivalisent de lyrisme ?
    Seuls, les passionnés les remarquent parmi la faune sauvagesse
    Dans des accords cacophoniques entre onirisme et empirisme.

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Voyages aux îles de la Désolation – 1

    Voyages aux îles de la Désolation - 1

    Peut-être un jour, j’aborderai les Îles de la Désolation,
    Embarqué sur le « Marion Dufresne », navire des terres australes.
    Peut-être un jour, je rêverai dans un écrin de sensations,
    Très loin de mes forêts de frênes mais proche des légendes ancestrales…

    Crozet, Amsterdam et Saint-Paul ; Kerguelen, proche de l’Antarctique ;
    Égarées entre les quarantièmes et cinquantièmes parallèles.
    Tant battues par les vents des pôles géographiques et magnétiques
    Et aux négatives tantièmes températures annuelles…

    Illustration d’Emmanuel Lepage.

  • Quand tout va mal

    Quand tout va mal sur la planète des hommes, cul par-dessus tête ;
    Quand les fléaux, les hécatombes, sèment la mort, creusent les tombes ;
    Quand toute l’humanité gronde, les pauvres animent la fronde ;
    Quand les gouvernements confinent et pire encore nous vaccinent ;

    Comme je reste solidaire, je me repens en solitaire ;
    De tout mon être, je me demande qui détient vraiment les commandes ;
    Je me mets la tête à l’envers, je m’interroge en quelques vers
    Sur ma responsabilité envers cette débilité.

    Tableaux de Leonora Carrington.

  • Sablier d’amour

    Le temps, c’est de l’argent ; le temps, c’est de l’amour.
    Peu importe le corps pourvu qu’on ait l’ivresse.
    Le temps c’est du bonheur qui s’écoule chaque jour
    Et colore la vie d’une touche d’allégresse.

    Le temps est un pervers qui ne manque pas d’humour
    Qui vieillit le physique mais bonifie le cœur.
    Le temps va à l’envers quand, coloré d’amour,
    Il repousse la mort de son rire moqueur.

    Il ravive l’espoir qui nous rendra vainqueur.
    Il transcende la vie en repoussant la peur.

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  • Les dessous de la Joconde

    Les dessous de la Joconde

    Sous la Joconde, le mystère de son sourire s’éclaircit
    Quand on observe sous sa jupe ses envies en cage d’amour.
    Ce petit démon qui se terre dans son cœur qui le remercie
    Et dont l’esprit, qui n’est pas dupe, rêve sous le jupon de velours.

    Dès qu’elle voit le pinceau du peintre, on entend les palpitations
    Du cœur qui se cogne aux barreaux de l’érotique crinoline.
    Alors sous la voûte en plein cintre escalade une excitation
    Qui remonte jusqu’au garrot puis, à ses lèvres sibyllines.

    Tableau de Rafal Olbinski.

  • Le goût du risque

    Le goût du risque

    Si tu souhaites me visiter, viens par le château de Kyburg.
    Là, descente en route en lacets, virages en épingle à cheveu.
    La vue en exclusivité décompte l’effroi à rebours
    Qui met Dieu dans ton cœur glacé pour l’appeler de tous tes vœux.

    Tu ménageras ta monture, boîte-à-vitesses et freins à disques ;
    Tu pirouetteras du volant, mains sûres et le pied au plancher.
    Tu pressentiras l’aventure te transmettre le goût du risque
    Par quatre roues batifolant dans un dérapage enclenché.

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  • Dernières nouvelles des étoiles

    Mathématiquement parlant, le néant, cet ensemble vide,
    Engendre les nombres entiers du zéro jusqu’à l’infini.
    Mais seul un fou, un vert galant, amoureux des chiffres et avide
    Saura emprunter le sentier de tout cet embrouillamini.

    Alors il compta les étoiles, des nébuleuses aux galaxies,
    Que mesurait la Tempérance et ce depuis belle lurette.
    Comme la fille était à poil, il tomba en apoplexie
    Et arrêta là son errance mais, cette fois, pour conter fleurette.

    Tableaux de Leonora Carrington.

  • La carte du tendre recto-verso

    Retournons la carte du tendre pour examiner son verso
    Et explorons là, le bassin, ici, les côtes, enfin, l’épaule.
    Qu’il est agréable de tendre la main aux côtés transversaux
    Opposant la courbe des seins comme la calotte des pôles.

    Côté recto, la grand plaine recouvre le reste du monde.
    Au nord, deux montagnes célèbres pour leurs charmantes sensations ;
    Au sud, une végétation pleine de moiteur où les sources abondent
    Pour abreuver dans leurs ténèbres vos plaisirs et vos tentations.

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  • La mauvaise clef

    La mauvaise clef

    On nous avait bien expliqué de bien nous fier au serrurier
    Dont la clef était attestée guérir les âmes les plus rétives.
    Sous des contraintes appliquées par un devoir procédurier,
    Nous allions nous faire tester, ténus dans la foule captive.

    Seulement la clef était truquée car elle crochetait les serrures
    Que la police pouvait ouvrir afin de mieux nous accuser.
    Nous fûmes alors rééduqués et sentîmes alors sa ferrure
    Tout honteux de le découvrir, mais trop tard pour nous récuser.

    Tableaux de Remedios Varo.

  • L’ange des Halles

    L’ange des Halles

    Personne n’a vu Cupidon de tout l’hiver jusqu’au printemps ;
    Toutes les amours confinées se dessèchent et se dénaturent.
    Mais après une année bidon dans un isolement éreintant,
    Les temps sont durs pour combiner amourettes avec aventures !

    Il s’est occupé d’élevage de petits cœurs dans les clapiers
    En accouplant des chauds lapins avec les meilleures pondeuses.
    Ce matin, guettez l’arrivage des œufs emballés de papier
    Sur des palettes de sapin que vous proposent ses vendeuses.

    Au matin, elles ont déchargé les œufs aux couleurs chamarrées
    Qui contiennent un certain poison dans le chocolat trafiqué.
    En ces temps de vache enragée, les amis, on va se marrer
    Quand vont tomber en pâmoison hommes et femmes paniqués.

    Œuvre originale « Cupidon » de William-Adolphe Bouguereau par Alexey Kondakov.

  • Les masques de Shéhérazade

    La mort masquée parmi les contes qu’elle répétait chaque nuit,
    Tout en étirant le suspense au bout du fil le plus ténu.
    Tant et si bien que chaque acompte haussait l’envie, baissait l’ennui
    Et l’auditeur, entre ses pinces, surseoir la mort de l’ingénue.

    Quand au matin tombait le masque, Shéhérazade toute nue
    De la folle imagination dont elle avait tant maquillé,
    D’une manière assez fantasque et une intrigue soutenue,
    Les muses de l’inspiration, en restait toute déshabillée.

    Tableau de Cordovelian.

  • Salut les cloches !

    Lorsque les cloches voleront à Pâques où à la Trinité,
    Quand les élus imprévoyants seront nommés chefs d’escadrille,
    Alors les gongs convoleront dans toute leur virginité
    Et naîtront, des œufs chatoyants, des lapins chaussés d’espadrilles.

    Cachez ces œufs dans le jardin, dans les arbres et dans les buissons
    Et laissez les incompétents chercher midi à quatorze heures !
    Là, vous verrez les plus radins rafler les œufs pour la cuisson
    D’une omelette en omettant, bien à propos, l’argent du beurre.

    Dessin d’André Franquin.

  • Joyeuses Pâques

    Tous les chemins mènent à Rome, surtout pour les cloches d’airain
    Qui firent le voyage retour chargées des œufs en chocolat.
    À chaque gong, tout cet arôme gagna peu à peu du terrain
    Avec la Reine aux alentours qui aussitôt caracola.

    C’était la plus belle des cloches, tout en or et tout en canons
    Qui lancèrent des coups de tonnerre qui ébranlèrent les maisons.
    Et ce fut à coup de taloches que les frelons et faux-bourdons
    Fredonnèrent et puis, bourdonnèrent jusqu’à en perdre la raison.

    Tableaux de James Christensen.

  • Météo Pascale

    Lundi, le temps paraît maussade et suggestionne son visage
    Comme si les nuages l’ombrageaient et lui ternissaient le regard.
    Mardi, le temps d’une embrassade éclaircira son paysage
    Comme si le soleil s’engageait à briller de tous ses égards.

    Mercredi, le temps s’améliore et resplendit sur sa coiffure
    Comme si le fond de l’air frais faisait reluire ses cheveux.
    Jeudi, le beau temps dure encore mais perturbe une ébouriffure
    Comme un petit vent qui l’effraie et ne fait pas ce qu’elle veut.

    Vendredi, pluies mêlée de vents qui fouettent et mouillent ses paupières
    Comme si ruisselaient les larmes des eaux d’un ciel qui prête à rire.
    Samedi, au soleil levant, un soleil doux chauffe les pierres ;
    Dimanche, nous sommes sous le charme de Pâques et du temps de sourire.

    Tableaux de Julia Klimova.

  • Les masques inversés

    Derrière un masque… d’autres masques ; c’est l’arbre qui cache la forêt.
    Derrière la crainte de la mort, c’est la solution de la fuite.
    Mes propos ne sont pas fantasques ; j’ai moi-même longtemps abhorré
    La peur qui sème des remords dans de grands voyages sans suite.

    Derrière le masque, le visage, derrière le visage, les pensées
    Qui parfois laissent échapper un regard plein de chatoiements.
    De doux reflets, plus ou moins sages, raison sereine ou offensée,
    Un sentiment handicapé derrière un cœur de larmoiements.

    Derrière la pensée, l’amour et puis, derrière l’amour, la haine ;
    Sorte de tour de passe-passe dont vie et mort ont hérité.
    Peut-être tomberont un jour les faux masques de porcelaine
    Qui se briseront dans l’espace ténu du temps de vérité.

    Tableaux de Cordovelian.

  • Auto-support

    Auto-support

    Si quelques maisons solidaires se serraient coudes et balcons,
    Cela érigerait un pont pour enjamber les précipices.
    Il aiderait les solitaires qui cherchent âme-sœur et hameçon
    Pour faire valser les jupons autour des plus beaux édifices.

    En pratiquant des ouvertures par les terrasses et les greniers,
    L’amour pourrait aménager des cocons en les étoffant.
    Et par le faîte des toitures et des échelles de meunier,
    Des couples iraient emménager et procréer beaucoup d’enfants.

    Montage d’Erik Johansson.

  • Tempête rose

    Tempête rose

    N’en déplaise au diable du peintre, d’une palette au ciel d’azur
    Mouillé d’une mer outre-mer et d’un soleil rouge et morose,
    La voûte céleste en plein cintre d’une profonde démesure
    Trouble le père, séduit la mère qui enfante une tempête rose.

    L’éternelle logique absente, clamée par mon esprit vainqueur,
    Concède à l’appétit de l’âme la priorité du moment.
    Ainsi, ma conscience exigeante se nourrit par le canal du cœur
    De cette substance éphémère contenue dans le firmament.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’infortune

    L’infortune

    On dit que l’on n’emporte rien de ses richesses après sa mort…
    Peut-être sont-elles décomptées comme handicap remanié ?
    Ainsi l’argent coronarien qui coule sans le moindre remords
    Ne serait qu’aisance escomptée pour vivre au-dessus du panier.

    Lorsque la porte de la mort ouvre un passage dissimulé,
    L’âme se doit d’être légère et délestée de toute attache
    Tandis que d’autres se remémorent tout le fardeau accumulé
    Par les fortunes éphémères dans leur cœur avare et bravache.

    Tableau d’Igor Morski.

  • Des astres vus d’en haut

    Derrière le mur de lumière, hors des coulisses de la matière
    Le Soleil a crevé l’espace lorsqu’une voix cria « Fiat Lux ! »
    L’aube s’est levée la première pour féconder la Terre entière
    Depuis, le char de feu repasse, salué par Castor et Pollux.

    Dans le royaume des ténèbres où les morts remontent en silence,
    Règne la Lune qui attire l’âme des hommes éperdus.
    Suivant le cortège funèbre, Elle décompte avec vigilance,
    Tous ceux qui ensemble bâtirent le paradis des pas perdus.

    Cartes du tarot de… de qui au fait ?

  • Des astres vus d’en bas

    Le Soleil ne me fait pas peur car il revient tous les matins ;
    Vainqueur de la nuit et du froid, il revient toujours flamboyant.
    L’aube me sort de ma torpeur et quand le crépuscule l’éteint,
    Je le supporte avec effroi et je l’attends en aboyant.

    Je suis le chien, l’ami fidèle qui clame les phases lunaires ;
    Du premier quartier au dernier et notamment en pleine Lune ;
    C’est moi qui vous tient la chandelle et ce, depuis des millénaires,
    Afin que vous nous retourniez dans votre quiétude nocturne.

    Tableaux de Leonora Carrington.

  • Spot-en-ciel

    Spot-en-ciel

    Potentiellement dans le ciel, j’observerais des « Spot-en-ciel »
    Une sorte de message étrange de la messagerie des anges.
    Virtuellement dans l’espace, j’apercevrais l’ange qui passe
    En suivant la courbe du temps qui fait la pluie et le beau temps.

    Spotentiellement essentiel, presque quasiment démentiel,
    Si j’arrivais à le comprendre, saurais-je alors comment m’y prendre ?
    Même si j’apprenais leur langue, je craindrais l’effet boomerang
    Qui me ferait réaliser mon futur spiritualisé.

    Photo de Robert Rohr.

  • La maquette

    La maquette

    D’abord, Dieu fit une maquette pour montrer aux anges ébahis
    Son projet d’une Terre moderne sans guerre et sans désolation.
    Après, Lucifer malhonnête instaura dans tous les pays
    L’argent afin qu’ils s’y prosternent par le culte de l’inflation.

    Apparemment Dieu n’a rien vu ou bien il n’a rien laissé voir
    Et il a bâtit notre monde conformément à sa maquette.
    Lucifer avait tout prévu : il a imprimé son pouvoir
    Sur le papier monnaie immonde des billets pour sa propre quête.

    Tableau de Michel Cheval.

  • Le lotus violé

    Le lotus violé

    Le Radjaïdjah m’a rendu fou au pays du soleil levant ;
    Ainsi, le coronavirus est arrivé jusqu’au ponant.
    Devrais-je apprendre le Kung-Fu, devrais-je prendre les devants
    Et jouer à la roulette russe avec un vaccin détonnant ?

    Heureusement il y a Tintin dont les aventures notoires
    Ont vaincu l’abomination dans tous les pays de la Terre.
    J’entends sa voix dans le lointain qui dit que toutes ces histoires
    Relèvent de l’affabulation et de pratiques délétères.

    Illustration de Hergé.

  • Le visa santé

    Les passeports pour l’avenir comportent un visa de santé
    Et l’on ne pourra voyager que si l’on montre patte blanche.
    Fini le temps des souvenirs ; demain vous devrez présenter
    Votre statut d’esclavagé pour accéder aux villes franches.

    Il se peut même qu’on applique un QR-code sur votre front
    Afin que flics et douaniers numérisent vos déplacements.
    Et de ce fait, pas de réplique ! Les armes à scanner recevront
    Votre identité remaniée pour vous nuire efficacement.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • L’étiquette pour tous

    L’étiquette pour tous

    Le test PCR est obsolète, le test anal est périmé
    Pour chercher la petite bête, vous devrez bien vous arrimer :
    Désormais des pieds à la tête en passant par le périnée,
    On vous enfonce une pipette, rassurez-vous, glycérinée.

    Puis on vous colle l’étiquette sur laquelle seront imprimés
    Vos goûts, croyances et religion et même le compte bancaire.
    Partout des mouchards contre-enquêtent peuvent même vous supprimer
    Selon le taux de contagion de votre existence précaire.

    Tableau de Leonora Carrington.

  • Les banquets suisses

    Les banquets suisses

    Mettez de l’or dans la fondue et de l’oseille dans la raclette ;
    Fourrez vos saucisses de Ricola et, de tout votre blé, les spätzli.
    Évaluez les fruits défendus mais sans rabais sur la galette ;
    Mangez vos pièces en chocolat et assaisonnez vos rösti.

    Les banquets suisses anonymes savent accommoder leurs valeurs
    Aux spécialités du terroir, numérotées et décomptées.
    Liquide et blé sont synonymes avec pots de vin racoleurs
    Et les recettes de fond de tiroir s’enrichissent avec du comté (… du Jura).

    Tableau de Leonora Carrington sur https:www.wikiart.orgenleonora-carrington .