S’il a plu ici et ailleurs, si les rivières étaient en crue, Partons pour une nouvelle mode et quittons la désespérance ! Prions couturiers et tailleurs de nous offrir leur meilleur crû ; Des robes qui ne se démodent, couleur d’azur et d’espérance.
L’été nous invite à vêtir nos belles en robes de désir ; L’été nous invite à rêver nos belles en robes de souhait Qui sauront nous assujettir par leurs charmes à tous les plaisirs Au risque de nous préserver de nos fantasmes inavoués.
Tableaux de Christian Schloe sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2015120633027278.html .
Demain, début du mois de juin, on sort les robes couleurs du temps Décolletées aux interstices, ajourées autour des volants, Larges pour sauter à pieds joints au-delà du seuil du printemps, Extra-longues puisqu’au solstice, les jours deviennent batifolant.
Pour les robes couleur d’été, offrez-moi du bleu-outremer En accord aux plus beaux voyages et aux croisières en amoureux ; Assortis aux absurdités des amourettes éphémères Et promptes pour un déshabillage émoustillant et langoureux.
Il a tant plu sur le tissu au cours du joli temps passé Que les ciels se sont dérobés vers le large en robe de traîne. Les cumulus en pardessus et les nimbus carapacés Ont enveloppé et enrobé les dessous en queues de sirène.
Le mois de mai n’ nous a pas plu, emmitouflés dans nos maison ; Les garde-robes estivales sont restées dans la naphtaline. Il est fini, n’en parlons plus, il faut s’en faire une raison ; La mode-printemps festivale pleure sur nos robes orphelines.
En fin de mois du mois de mai, en harmonie aux jours de pluie, Sous les averses exaspérantes, la mode est allée à vau-l’eau. Les femmes portent désormais des robes en forme de parapluie, Imperméables et transparentes, claires et limpides comme l’eau.
Si le printemps tardif d’avril nous a gelé le temps qui passe, Le renouveau du mois de mai nous a mouillé le temps qu’il fait. Les femmes aux robes fébriles sont restées au fond de l’impasse Et celles qui s’y accoutumaient nous ont laissés insatisfaits.
J’écris à rimes rabattues ce mot d’amour sous-entendu Que vous pourrez décacheter en soulevant le sceau mammaire. Je l’envoie à bride abattue tant ma passion, à flux tendu, Exige un renvoi tacheté de votre laitance douce-amère.
Je tèterai votre réponse comme un acte sous seing privé Qui nous déclarera unis pour le meilleur et pour le pire. Je quêterai alors l’annonce de votre prochaine arrivée Scellée dans vos lèvres brunies auxquelles tout mon cœur aspire.
Les femmes sont toujours à la mode et les filles, toujours dans le vent ; Leurs cœurs, comme une girouette, oscille au gré de ses passions. D’ailleurs, l’amour s’en accommode par ses changements émouvants Qui lui libère ainsi la tête éperdue d’émancipation.
Les hommes, gagnants de l’histoire après leurs femmes indémodables, Aiment observer leurs beautés comme des conquêtes soumises. Laissons-là ces griefs notoires bien qu’ils demeurent réprimandables ! La femme incarne la primauté ; tant pis pour l’homme s’il la méprise.
L’homme moderne a supplanté l’homo sapiens dans sa caverne. Désormais grâce à Internet, il s’épanouit au jour le jour. Même s’il s’est mille fois planté, car ses neurones le gouvernent Secondés par sa zigounette, il recommencera toujours.
L’homme moderne reste l’esclave du capital entremêlé ; Il ne croit plus aux religions mais la science le fascine. Il a brisé toutes ses entraves sauf le wifi et la télé Qui le préserve des contagions de la Terre-Mère assassine
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Le songe d’une nuit d’été débute par une romance Et par le troubadour en herbe qui ouvre la porte du cœur. Au fil des soirées répétées, il faut sans cesse qu’il recommence Afin d’apprivoiser du verbe sa dulcinée dans son bunker.
Ça ne marche pas à tous les coups ; alors, le troubadour s’éclipse Et va chercher l’inspiration dans un voyage autour du monde. La dulcinée pleure beaucoup mais ce n’est pas l’apocalypse Fors peut-être une aspiration pour un amour qui vagabonde.
L’amour « Loin des yeux, loin du cœur ! »… n’a pas crié son dernier mot Et parfois une séparation en galvanise ses atomes. Si le mal d’amour nous écœure, il donne un tour de dynamo Qui booste la propagation d’une envie de retour « at home ».
Sinon le monde se scinde en deux et l’un connaît, aux antipodes, Un autre amour, une autre histoire et d’autres plans sur la comète. Le destin se montre hasardeux au fil des divers épisodes Selon l’exécution notoire que ses personnages commettent.
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où, La girafe à grande gueule, emmanchée d’un long cou. Quelques anges farceurs l’avaient ainsi dotée Et, de ses quatre pattes, était bien empotée.
Son cou démesuré lui permet de brouter Au-dessus des nuages, leurs surfaces encroûtées. Elle parle à la Lune, son unique voisine Avec quelques étoiles qui, le soir, l’avoisinent.
Par les temps orageux, quand le temps est couvert, Sa tête hors d’atteinte demeure à découvert. À son regard hagard, nous pouvons supposer Qu’elle traîne ses pieds sans voir où les poser.
On en fait l’étalon, par sa taille géante Depuis ses pieds arqués à sa gueule béante. Les élégantes adoptent sa robe chamarrée Dans les soirées mondaines parfois pour se marrer.
Du haut de son royaume, elle ne craint personne. Les oiseaux l’importunent ? Elle les désarçonne. Tous ceux qui la regardent chopent un torticolis ; Du coup, son âme plonge dans la mélancolie.
De ce septième ciel où vous posez la tête, J’aspire vaillamment à faire la conquête. Je gravirais l’aiguë tout en haut de la gamme, Madame la girafe, si vous étiez ma dame.
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Elle court, elle court contre la montre, elle tourne, elle tourne contre le temps ; Elle parcourt toute la semaine selon l’humeur au pied du jour. Elle bondit, bondit à l’encontre de son destin à contretemps Vers la fatalité humaine qui marque la fin du séjour.
Plus elle court vite, plus elle s’enivre, malgré le cœur qui la martèle ; Elle lutte contre la frousse de perdre l’élan et la boule. À toute berzingue, elle se délivre de l’immobilité mortelle ; Jamais n’amassera de mousse, l’éternelle pierre qui roule.
Monsieur l’estimé Président, chef d’une république avare, Je vous écris cette missive qui pourrait paraître hermétique. Je ne serai plus résident ni de France et ni de Navarre Et vivrai ma vie subversive sur mes montagnes helvétiques.
Je ne pourrai plus revenir sur la Terre de mes ancêtres Car je juge votre politique, crime contre l’humanité. Je ne pourrai plus subvenir à mes besoins et mon bien-être Puisque vous fermez les boutiques sous menaces de pénalités.
Je m’asphyxie sous votre masque que vous m’imposez de porter Pour un virus qui, par malheur, grossit le bizness des vaccins. Le passeport-santé fantasque m’est impossible à supporter Car il va contre les valeurs des droits de l’homme, dès lors succincts.
Bientôt, Monsieur le Président, après nous avoir tous réduits De quatre-vingt-dix-neuf pour cent à la surface de la Terre, Je rejoindrai les dissidents et ceux que vous aviez séduits Pour un procès nous remboursant de votre crise humanitaire.
(Tableau de Katy133. « Au fond, vous savez, mon seul rival international, c’est Tintin! » avait déclaré De Gaulle à Malraux.)
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Que vienne le temps des câlins après une vie de labeur Lorsque la mort m’embrassera le cœur en paix, l’âme ravie ! Même si c’ n’était pas très malin d’avoir entretenu ma peur De mourir quand s’arrêtera le dernier souffle de ma vie.
Durant ma vie paradoxale, j’ai aimé la petite mort, Celle qui succède aux fantasmes après le plaisir de l’amour. Mais pour l’issue philosophale d’une existence sans remords, Oserais-je comme ultime orgasme, mourir de rire non sans humour ?
Mais quand je quitterai ma vie, j’en aurai les jambes coupées ; J’embrasserai celles qui restent, qui m’aiment et que j’ai bien aimées. De la première qui m’a ravi à ma dernière jolie poupée Pour lesquelles mon dernier geste sera un rencard programmé.
Il semblerait que dans ce monde où plus rien ne sera comme avant, Il faille un jour recommencer et tout oublier du passé. Que mon cœur d’enfant vagabonde dans un futur dorénavant Où il n’ait qu’à ensemencer un peu d’espoir à ramasser !
Quand nos enfants auront grandi dans ce monde de transition Que nos parents nous ont légué au nom de la civilisation, Soit ils en auront agrandi sa propre décomposition, Soit, aux animaux, délégués sa désindustrialisation.
Toutes les vérités ne sont point bonnes à dire Et certains mots déclenchent les pires catastrophes. Même Dieu ne supporte qu’on le cite pour médire Sur celui que l’on juge ou que l’on apostrophe.
Les réseaux sociaux contrent les propos qui contiennent Des complots révélés d’authentification. Le Coronavirus et ses vaccins détiennent Le fleuron sans conteste de l’intoxication.
Les gros mots dès l’enfance, considérés tabous, Font force de caractère ou de vulgarité. « Shit », « Scheiße », « Puta » et « Merde » assemblés bout-à-bout Ne sont dans le langage que contrevérités.
Illustration extraite de « Tintin au Tibet » d’après Hergé.
Finalement ces passeports vont arriver en avalanche Obligeant à se vacciner, la population asservie. Dans les gares, les aéroports, il faudra montrer patte blanche Sous peine d’être confiné par ceux qui nous ont desservis.
Plus besoin d’indiquer le sexe, le nom, la nationalité Puisqu’on verra le QR-code en appuyant sur un bouton. Et je propose qu’en annexe on pousse la fonctionnalité En nous expliquant la méthode qui nous traite comme des moutons.
Illustrations de Coco Dávez alias Valeria Palmeiro.
Dans les années quatre-vingt disques, je m’habillais dans les vinyles, Je gagnais mes sous à la mode d’un monde moderne mais en crise. J’ai longtemps voyagé sans risque sur des musiques juvéniles Malgré les trous d’air incommodes des pots-pourris et des reprises.
Puis, les CDs ont débarqué et ont remplacé dans les bacs Mes trente-trois tours nostalgiques par des petits carrés en plastique. Les médias se sont embarqués de transistors et de playback Avec Rap et Techno magiques qui me laissent un goût sarcastique.
Accueilli comme un petit prince, Cherche-Midi devint le roi En trônant sur le canapé et occupant tous nos fauteuils. Moi, de toutes mes dents, je grince ; ensemble, nous payons l’octroi, Et, nous trouvant handicapés du confort, nous faisons le deuil.
La nuit, il nous fait sa tournée à miauler et nous houspiller Pour nourritures à la gelée et croquettes vitaminées. Puis, tout au long la journée, Cherche-Midi va roupiller Transfiguré en angelet, l’abominable beau minet.
Que reste-t-il de mon enfance dans le jardin de ma mémoire ? Les grands arbres aux souvenirs portent toujours leurs meilleurs fruits ; Les fleurs bleues de mon innocence fleurissent avec mes idées noires Et les printemps voient rajeunir chaque année ce que j’ai construit.
Certes, il est des chemins cachés que je n’ai pas encore explorés, Des plants de fruits de la passion qui n’ont jamais multipliés ; Des lieux où je me suis attaché, d’autres que j’ai à déplorer Mais qui ont fait l’éducation dont je reste à jamais lié.
En mai, le temps fait ce qu’il pleut ; les jours de plus en pluvieux Avec les nuits de même trempe nous baptisent du Saint-Esprit. Esprit floral, un peu fleur bleue, pour les jardiniers envieux ; Esprit qui mouille et qui détrempe les jardinières sans parti pris.
S’il pleut jusqu’à la Saint-Médard, les quarante jours de déluge Sortiront de leur lit en crue les romans fleuves émérites. Je dresserai mon étendard pour accueillir dans mon refuge Les animaux du meilleur crû, mes amies et mes favorites.
De l’enfance à l’adolescence, l’adulte, la vieillesse et la mort, Chaque période se consume dans une course à l’existence. Lorsque frappé d’obsolescence, je largue un étage sans remords On me prie comme de coutume de payer pour ma subsistance.
La loi est dure mais c’est la loi quand ce n’est pas une religion Et dans une poussée juvénile, on part conquérir son destin. Moi, je verrais de bon aloi qu’un jour nous nous envisagions, Après le terminus sénile, être voyageurs clandestins.
Sculpture d’Antonello Serra et de Sara Renzetti sur https:www.vice.comenarticlemg887qnsfw-disturbing-fleshy-sculptures-imagine-a-mutated-human-race .
Si tu te jettes dans les reflets de mes vers, Si tu te fies à l’illusion de mes histoires, Si tu apprécies leur côté un peu pervers, J’aurai une fois de plus remporté la victoire.
Bien sûr, j’y raconte toutes mes mésaventures ; Bien sûr, j’y mentionne comme un journal intime ; Bien sûr, j’y reprends le détail de mes blessures ; Mais j’y retouche leur vérité légitime.
Finalement mes reflets ont un avantage ; Je peux écrire à l’encre de ma subconscience ; J’y trouve comme une guérison et davantage Et j’y explore les trous noirs de ma science.
Éidétique ou absolue, réminiscence photographique, Elle impressionne ses expériences d’une mémoire indélébile. Femme, toi qui jettes ton dévolu sur l’homme le plus photogénique, Tu enregistres sans défaillance son moindre geste malhabile.
Moi, je ne retiens que les textes lorsqu’ils sont dignes d’intérêt Et retranscris dans la douleur mes souvenirs en noir et blanc. Toutefois sous aucun prétexte, je n’oublie l’instant espéré Où la première fille en couleurs m’a appris l’amour en tremblant.
(Collages de Loui Jover. La mémoire eidétique, mémoire photographique, ou mémoire absolue, est la faculté de se souvenir d’une grande quantité d’images, de sons, ou d’objets dans leurs moindres détails.)
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Machine ultra perfectionnée avec toutes options de série, La femme tourne comme une horloge à la logique indescriptible. Mille options bien intentionnées fixées dans sa carrosserie Permettent à l’homme de faire l’éloge de ses charmes inextinguibles.
Grâce à ses yeux enregistreurs couplés d’une mémoire infaillible, Elle retient l’information lestée du moindre souvenir. Si je m’en fais le détracteur lorsqu’elle se montre imprévisible, J’admire sa conformation à refléter mon avenir.
C’était pourtant une bonne idée de construire les villes à la campagne ; Seulement on a exagéré et tous les arbres ont étouffé. Ceux-ci ont alors décidé de se transplanter aux montagnes Las, elles étaient déjà gérées par des promoteurs esbroufés.
Alphonse Allais l’avait bien dit et les promoteurs l’ont suivi ; Il faut loger l’immigration coûte que coûte au meilleur coût. Ce fut la fin du paradis avec tout et ce qui s’ensuivit Pour toute la végétation qui a disparu sur le coup.
Comme je suis plutôt grand dadais avec mes yeux de biche aux abois, Éternellement dans la Lune et la tête dans les étoiles, Je vais souvent me balader dans la nature à travers bois Pour découvrir des opportunes sources d’inspirations de tout poil.
Comme j’ai un long cou de girafe et des lunettes sur le nez, Continuellement entre deux mondes et le cœur perdu dans les nues, Je tombe souvent en carafe et tout mon esprit égrené Se répand dans cette faconde que sont mes pensées devenues.
Coco de Paris sur https:isntthatcharming.comcoco-de-paris .
Comme je suis plutôt noctambule et que je lis beaucoup la nuit, J’ai développé un gène hibou avec lequel je pars en chasse. Je traque alors sans préambule les idées qui passent sans bruit, Les contes à dormir debout dont je vous fait la dédicace.
Comme je suis assez à cheval, par mon oreille mélomane, Sur les homélies cavalières qui répètent la même chanson, Je m’attends à un festival, où , en sautant du coq à l’âne, Les informations journalières joueront à noyer le poisson.
Petits Objets de Compagnie sur https:petitsobjetsdecompagnie1.wordpress.com20170524quand-la-page-de-livre-devient-papier-a-dessinamp .
Sur une plage vierge de vers au bord d’un océan de rimes, Rêvent des lectrices de charme, en attente d’un livre écumeur, Offrant leurs corps à découvert de toute la beauté qui prime Et me fait tirer une larme sucrée salée, selon l’humeur.
Pour capter les ultraviolets qui se dégagent des reflets vers Des feux de l’astre qu’irradie le ciel d’azur incandescent, Et brunir leurs corps étiolés par une année passée sous verre, Dans une tenue de paradis, elles s’offrent au soleil indécent.
Mais bientôt la littérature vient revêtir leur indécence Aux rimes riches et embrassées d’un florilège de poèmes Et la prose en villégiature stimule la concupiscence Des promeneurs embarrassés par leurs nudités de bohème.
Un chaud lapin en mal d’amour, sans doute en quête d’une copine, Cherchait à remonter son cœur à l’aide de son âme-sœur Qui l’aiderait, jour après jour, à faire ce qui le turlupine Et calmer toute la vigueur de ses appétits de chasseur.
Le rideau s’ouvre sur la lapine pour une prestation durable, Son petit derrière en panache et les oreilles attentives. Mue d’une fièvre galopine, elle commence sa danse du râble ; Lui, roulant ses yeux de bravache, lance aussi sec ses tentatives.
Plus la forêt se fait profonde, plus s’échauffent les préliminaires, Peu à peu le lapin tiédit dans la douceâtre humidité. Son activité vagabonde s’étend sous le halo lunaire Aux aguets de sa Mylady dont il sent la timidité.
Certains champignons vénéneux ne le sont qu’une seule fois Tandis qu’une femme fatale peut tuer à plusieurs reprises. L’amour se montre venimeux tout comme l’alcool pour le foie Et sa consommation létale quand il se transforme en méprise.
Je réclame la peine d’amour pour celles qui m’ont brisé le cœur Et l’ont jeté dans la prison de la passion immodérée. Je vous l’écris avec humour mais à l’encre de la rancœur Qui n’a connu de guérison qu’un handicap désespéré.
Ceux qui croient encore aux lunettes qui dévoilaient l’intimité Des jolies filles qui passaient en détalant d’un air abscons Devraient savoir que ces minettes avaient, par leur félinité, Un pouvoir qui outrepassait ce petit gadget à la con.
Elles savent lire entre les lignes, elle savent transpercer les cœurs, D’une vision extralucide qui ne laisse rien s’effacer. Perfides, finaudes et malignes, elles nous jettent un regard moqueur Et nous, pauvres hommes translucides, n’y sommes point interfacés.
Je me souviens partiellement – j’ai la mémoire en réduction – De jolis yeux, d’un beau sourire, d’une chevelure glamour, Des attributs charnellement étudiés pour la séduction Dont les fragments s’en vont nourrir ma boîte à puzzle de l’amour.
Trop de trous dans mes souvenirs ne laissent qu’une image imparfaite ; Je n’en retiens que des extraits trop disparates et clairsemés. Peut-être un jour, à l’avenir, mon âme sera satisfaite En reconstituant le portrait de celle qui m’aura le plus aimé.
Mon couteau Suisse à plusieurs femmes m’est utile à plusieurs usages. Une belle femme, large et plate que j’affute et que je caresse ; Une petite femme, sans cœur ni âme, mais qui jouit à l’aiguisage ; Avec la troisième, on s’éclate à tirebouchonner d’ivresse.
La quatrième, la poinçonneuse, je la réserve à l’occasion Pour graver de mes initiales tout ce qui me paraît attachant. Elle sait se montrer soupçonneuse et lame de dissuasion Mais se montre aussi impartiale pour me tâter de son tranchant.
Sculpture de Daniel Eggli sur https:www.danieleggli.chuntitled?lightbox=dataItem-jdq15vfn3 .
Comme une détresse d’automne qui emporte les feuilles mortes, L’œil de ma nature s’effeuille malgré tout mon imaginaire. Sans doute la vie monotone des jours qui franchissent ma porte Et qui le soir feront le deuil d’une journée bien ordinaire.
Heureusement, j’ai l’âme verte qui trompe la monotonie En superposant ma vision sur une fenêtre invisible. Mon cœur part à la découverte d’une vue en dichotomie Où le réel n’est qu’illusion de la peur de l’imprévisible.
Je suis né à neuf heures un quart, pile au moment où s’est ouvert Le seuil du monde d’avant la vie où le temps n’existait encore. Mon âme a fait le grand écart, mon corps s’est mis à découvert, L’esprit à signer le devis et le cœur à battre un record.
Ce même seuil s’est présenté plusieurs fois au cours de ma vie Mais au-delà de la limite où mon ticket n’est plus valable. Je me suis mis à fréquenter tous les chemins avec l’envie De donner l’existence au mythe du voyageur inoubliable.
Quand vient le partage des eaux, entre deux eaux, entre deux mers, Commence la métamorphose moitié femme et moitié sirène. Les arêtes deviennent des os, la queue se fend de pieds palmaires Et les branchies entrent en osmose avec l’atmosphère sereine.
Quand elle souhaite changer d’air se mettre au vert, à l’outremer, Ses jolies jambes se rassemblent avec écailles en mosaïques. Elle rejoint l’aspect légendaire et l’apparence des chimères Qui, dans mes rêveries, ressemblent à des nageuses héroïques.
Fêtons la liberté volée avec le paradis crevé ! Tant pis pour les combats sanglants contre un esclavage assassin Puisque chacun veut s’envoler vers des destinations rêvées Malgré le cauchemar cinglant de faux virus et faux vaccins.
Peut-être aussi vais-je m’envoler avec les dernières colombes Si elles veulent bien m’accepter dans le club de la paix perdue. Peut-être irai-je convoler avec les dernières palombes Si vous voulez bien m’excepter de votre folie éperdue.
Descendant de Cadet Rousselle, héritier de Numérobis, J’ai reçu en prêt-à-monter une maison qui se respecte. L’eau de pluie courante ruisselle vers le puisard d’un précipice D’où n’a jamais dû remonter la vérité de l’architecte.
Elle se déplie sitôt posée, pareille à un château de cartes Dont les fenêtres ont des carreaux piqués de trèfles et de cœurs. Les quatre valets, supposés ouvrir les portes qui s’écartent, Laissent voir à travers les barreaux tous nos secrets, à contrecœur.
Elle n’a ni poutre ni chevron ; la cheminée sent le roussi ; Les escaliers sont en papier, les murs en carton gris-cendré. Ma femme et moi, nous ne devrons plus jamais nous faire de souci Car une fois posés nos deux pieds, notre château s’est effondré.
Les fleuves de flots de verbiage se jettent dans la Logorrhée, Vaste mer qui ferme le cycle de la parole automatique. J’entends ces pluies de bafouillages aux accents souvent colorés Tourner en rond dans l’hémicycle suivant la voix diplomatique.
Enfin ces circonlocutions se sédimentent dans les livres Que certains apprendront par cœur en l’honneur du culte disert. À force de circonvolutions d’élocutions qui s’en délivrent, Je souhaite à ces rhétoriqueurs d’aller prêcher dans le désert.
Aussi noire que l’encre de Chine, la chevalière au cœur d’étoile Jette l’ancre et trempe sa patte dans la mer de l’inspiration. Rien n’est tapé à la machine, ni écrit à rebrousse-poil ; Juste une main fort délicate pour d’envoûtantes narrations.
Parfois lorsque gronde l’orage sous un ciel noir en dépression, Son illumination se branche aux éclairs les plus foudroyants. Elle trait un à un les nuages pour en extraire l’expression La plus directe et la plus franche du verbe le plus flamboyant.
Dans une lettre soussignée par Madame de Sévigné, Il est un titre honorifique louant les plumes magnifiques. Les hommes en font la narration, leurs femmes en ont l’inspiration, Et souvent leurs filles prodigues sont celles qui, le plus, s’investiguent.
Si la Comtesse de Ségur possédait autant d’envergure Et si George Sand, la garçonne, calligraphiait comme personne, Elles furent adoubées « Chevalière à la plume d’or cavalière » Et moi, qui suis leur descendant, j’assume à mon corps défendant.
Si l’échiquier nous paraît plat avec ses illusions trompeuses, Il contient, en réalité, autant de crevasses que de bosses. Entre les bas-reliefs méplats sur des cases plutôt râpeuses, Les blanches trompent la gravité et les noires se noient dans la fosse.
Les chevaux sautent les murailles, les fous trottinent en haut des murs, Tours et Reines à jamais figées, comme écrit dans le manuel. Les pions trouvent la vie duraille, certains complotent, d’autres murmurent Qu’il serait temps d’en affliger le petit Roi Emmanuel.
Entre la mer de l’infortune et l’atmosphère de fortune, Juste à la surface des eaux, les êtres humains vont à vau-l’eau. En couple sur leurs balancelles, ils vivent leurs vies puis, chancellent Et sortent à la résurrection après une longue submersion.
Il en est de plusieurs modèles. Serait-ce une bonne nouvelle ? Certaines roues tournent très vite, celles-ci tout le monde les évitent ; D’autres tournent très lentement mais on y meurt plus sûrement ; La mienne ne tourne pas toujours ou alors plusieurs fois par jour.
Tableau de Wolfgang Lettl et plein d’autres sur http:www.doodoo.runews-3725.html .
Tous les goûts sont dans la nature, la plus riche et la plus profonde. L’artiste en mit la signature dans le sourire de la Joconde. Déplions sa bouche plissée pour découvrir la pellicule De ses paroles policées envers ce peintre ridicule.
Elle sourit la fleur aux dents de sa mine la plus pitoyable ; Elle fait la moue pendant l’amour puis, prend un air indéfini. Elle a un rire accommodant mais fait une gueule incroyable Lorsque d’un dernier trait d’humour, Léonard lui dit : « C’est fini ! »
Tableau de Rafal Olbinski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201104rafal-olbinski-surrealista-polacco.html .
Quand la lavande se déguise en chenilles processionnaires, Leurs rangées partent à l’assaut des jeunes collines violées. Leurs crêtes que le soleil aiguise répandent tel un missionnaire La voix tenue sous le boisseau d’où jaillit l’éternel violet.
Les vieilles baraques témoignent de ces batailles annuelles Qui réunissent sur les terres la même bannière lavande. D’aussi loin que l’on s’en éloigne, la même odeur perpétuelle Donne au pays son caractère dont se transmettent les légendes.
« La ferme aux lavandes, à Valensole », photo de Guillaume Bordas.
Tout d’abord, elles m’apparaissent comme des milliers de mamans Lorsque je ne vois que la mère dans le royaume féminin. Toutes ces femmes qui caressent et qui accompagnent un moment L’enfant à l’école primaire, lui dire au revoir de la main.
Après, elles se multiplient comme des milliers de conquêtes Lorsque je vois les jeunes filles transformer leur adolescence Sur mes désirs inaccomplis des exigences de mes requêtes Lesquelles me mettent la tête en vrille et le cœur en effervescence.
Enfin, elles se diversifient comme des milliers d’ouvrières Qui se fondent dans l’entreprise et les obligations sociales Dont le nombre s’intensifie comme le feu à la poudrière Qui fait exploser par surprise l’ensemble du planning familial.
Ayant appris qu’un grand trésor caché au pied des Pyramides L’attendait depuis des années, il partit donc à sa recherche. Et le berger prit son essor à travers les forêts humides, Les déserts perdus surannés, la main appuyée sur sa perche.
Ayant appris auprès des sages qu’il faut toujours aller plus loin, Ayant été désabusé par les voleurs les plus chafouins, Ayant tout perdu au passage, ni davantage néanmoins, Il acquit un esprit rusé auprès de ses amis bédouins.
Point de trésor finalement sinon celui ceint en son cœur, Le souvenir de ses mémoires au lieu-dit d’une vie morose. L’alchimiste sut également se galvaniser en vainqueur Car c’est chez lui, dans son armoire, qu’il découvrit le Pot-aux-Roses.
Elle a rêvé son corbillard pour emporter sur son vélo En roulant à tombeau ouvert, ainsi qu’en grillant tous les feux, Ses clients défunts tortillards dont la vie allait à vau-l’eau Et les morts au Diable Vauvert si tels étaient leurs derniers vœux.
Mais que nos corbillards d’antan n’en soient pas jaloux pour autant ; N’en déplaise à sa chevelure, la croque-morte a belle allure ! On a vu, à coups de pédale, la mort rouler dans le dédale De tombeaux et de mausolées et même son vélo voler.
Puisqu’on peut lire sur ton visage toute l’histoire de ta vie, J’aimerais grimper les sentiers des montagnes de souvenirs. Gravir tes charmants paysages autour des yeux avec envie Et expertiser le chantier de ce qui pourrait advenir :
Il faudrait dérider tes rides, désoranger ta peau d’orange, Dépatouiller tes pattes d’oie et te défausser des fossettes. Arroser tes lèvres arides pour ensuite effranger ta frange Ou te jeter, comme il se doit, tout comme une vieille chaussette.
Fruit d’un hasard élémentaire, les rencontres les plus fortuites Crèvent mon tissu de l’ennui lorsque je m’y attends le moins. Ce partenaire complémentaire, comme l’extra balle gratuite, Fait « tilt » en plein cœur de la nuit ; seule la Lune en est témoin.
Car aussitôt le coup de foudre d’un beau sourire complimentaire Frappe mon cœur d’un coup de grâce qui, toute mon âme, disloque. L’amour me met le feu aux poudres comme étincelle élémentaire Et ma raison tombe en disgrâce d’un esprit qui bat la breloque.
(Zoë Mozert – alias Alice Adelaide Moser – illustratrice et peintre américaine, 1907-1993).
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Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.
Les complotistes ont la vie dure, les légendes urbaines perdurent. Moi, je finis par tout confondre et mes certitudes s’effondrent. Le drapeau lunaire contesté, les contrépreuves attestées Et les Tours du World Trade Center pulvérisées par des menteurs.
Le coronavirus persiste et le vaccin controversiste ; Les reptiliens sont parmi nous, les illuminati, partout ; Le dollar, sans contrefaçon, fait le pouvoir des francs-maçons Et la Révolution française fut un fiasco pour Louis Seize.
Au moins une chose est vraie et l’illustration est de Pyraker.