La nuit, quand Loreleï et Lilith s’allongent enlacées tendrement,
Un beau rêve extraordinaire germe des deux ventres rapprochés.
Les deux mères ainsi facilitent le tout premier accouplement
Comme un petit préliminaire aux deux fœtus bien accrochés.
Est-ce normal ? Est-ce banal ? Est-ce au contraire prodigieux ?
Voici que ces deux petits êtres se reconnaissent tout un chacun.
D’abord des formes comme un fanal qui flotte d’un vent prestigieux :
Deux petits rêves qui s’enchevêtrent afin de n’en former plus qu’un.
Peu à peu un ciel se précise mais c’est encore la nuit profonde
Où deux soleils gravitent ensemble dans l’immensité de l’espace.
Au fil des jours, toujours concises, les deux étoiles se confondent
Dans une énergie qui ressemble à deux bras d’enfants qui s’enlacent.
Dans ce monde microcosmique, tout est amour et équilibre !
L’étoile fille magnifique, l’étoile-garçon intronisée.
Bientôt le rêve cytoplasmique fusionne dans un éther libre
Où les deux cœurs béatifiques battent d’un rythme synchronisé.
Mais les astres, sans mot pour le dire, ont deviné leur différence ;
Ils s’en amusent, ils en jouent, ils s’en complaisent et s’en délectent.
Personne ne saurait prédire ce qui fait leur persévérance
À danser presque joue contre joue comme si un pacte les affecte.
Ils s’aiment même si c’est impossible… mais l’esprit comprend-il l’amour ?
Ils ne sont qu’âmes qui s’éveillent comme deux jumeaux en présence
Mais dans leur cas, tout est possible car l’enfant apprécie l’humour
De cette incroyable merveille dont leurs cœurs ont fait allégeance.
Voilà ; le décor est posé et nos deux acteurs dévoilés.
Ils s’aiment donc avant de naître et d’un amour télépathique.
Ensemble ou non laisse supposer que dans un éther étoilé,
Corps et esprit s’interpénètrent dans l’univers métaphysique.
Illustration de Gemini.






























































