Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • L’histoire en trois tomes

    Au premier tome, un chat beauté ourle le revers de l’histoire
    En apposant sa griffe encrée en tant qu’accroche irrésistible,
    Ivre de vers aligotés de rimes aux cépages notoires
    Dont les pages volent, échancrées par ma lecture inextinguible.

    Mais accéder au second livre demande une persévérance
    Ainsi qu’une ténacité qui me revendiquent tant d’efforts
    Que le suspense se délivre au prix de la désespérance
    Qui s’heurte à la nécessité d’un troisième tome en renfort

    Lorsqu’au bout d’une éternité, paraît enfin l’œuvre intégrale,
    Je me prends trois mois de vacances, ailleurs, sur une île déserte.
    J’y jouis de la pérennité de relire enfin le Saint-Graal
    Écrit avec grandiloquence sur toutes ses pages disertes.

    Illustrations de Jean-Pierre Gibrat sur https:lectraymond.forumactif.comt54p25-les-belles-images-de-jean-pierre-gibrat .

  • Les lumières impressionnistes

    Vincent mit l’âme dans un éclat de sa vision de l’univers
    Avec un pinceau de lumière qui faisait danser les couleurs.
    D’objets immobiles en aplat aux modèles les plus divers
    Qui font la matière première qui se conçoit dans la douleur.

    Avec un soleil pour crayon sur la toile de création,
    Il trace les premiers effets induits par sa botte secrète ;
    Il en manœuvre les rayons en pinceau d’interprétation
    Pour saisir le trait stupéfait par son intuition indiscrète.

    Avec la Lune nitescente qui éveille un désir ardent,
    Avec l’encre d’obscurité d’un songe d’une nuit d’été,
    Dans la pénombre luminescente mêlée de reflets discordants
    Surgit l’œuvre de vérité d’impressionnisme interprété.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Entre l’apéro et le café

    Entre le verre d’apéro et la tasse de café serré,
    Ce que je prends est superflu. Eh oui mais comment m’en passer ?
    J’aurais l’estomac à zéro dans les talons aux pieds ferrés
    Si l’eau à la bouche, qui afflue, n’en était pas la panacée.

    Lorsque l’appétit va, tout va ! Mon petit ventre me le dit.
    Plus je me prive, plus je m’aigris et plus je joue la comédie.
    Mais lorsque je mange à tout-va, mon petit ventre s’arrondit ;
    Je me dis : « Demain, je maigris ! » mais la balance m’en dédit.

    Tableaux de Georgy Kurasov.

  • Mascarade

    Mascarade

    Pour s’accorder avec la mode automne-hiver vingt-vingt-et-un,
    Le maquillage va s’adapter avec les coups et les douleurs.
    Le masque intégral s’accommode et se met sur son trente- et-un ;
    Lèvres et paupières vont adopter un gel transparent sans couleur.

    Un QR-code sur le front, le masque à ras sur les paupières
    Et du rose dans les cheveux comme un symbole sanitaire
    Le pouvoir nous en fait l’affront, sans vouloir lui jeter la pierre,
    Et nous fait faire tout ce qu’il veut, c’est-à-dire rien d’humanitaire.

    Photo de Jose Navarro.

  • Mode Automne-Hiver 2021

    Mode Automne-Hiver 2021

    Festival de Cannes masqué, jeux olympiques réservés,
    Coupe d’Europe sanitaire et vacances avec sauf-conduit.
    L’autorité s’est démasquée, soi-disant pour nous préserver,
    Sous un prétexte humanitaire et nous parquer dès aujourd’hui.

    J’attends la mode ridicule du salon du masque jetable,
    La haute couture hygiénique et l’habit de distanciation.
    Un foulard antiparticules, une capuche Façonnable
    Et des culottes œstrogéniques pour la déféminisation.

    La grande mode sera blanche, blanc nucléaire évidemment,
    Les vêtements seront griffés de QRcode mercerisés.
    Mesdames, pour sortir le dimanche, une protection en filaments
    Et sur la tête ébouriffée, un masque à gaz pasteurisé !

    Illustration de Serge Ernst.

  • Trois petites chimères

    Contrairement aux trois petits singes qui ne voient, n’entendent et se taisent,
    J’ai rencontré les trois chimères qui observent, écoutent et s’expriment.
    Elles se creusent les méninges et ont conçu une prothèse,
    Une sorte d’habit victimaire sur lequel leurs pensées s’impriment.

    Lorsque l’une est plutôt pensive, sa queue de pie s’allonge et bouge
    Pour faire connaître au verso une invite à faire la fête.
    Si l’autre est plutôt agressive, son habit se teinte de rouge ;
    Toutefois, native du verseau, c’est souvent sur un coup de tête.

    Si la troisième sans retard soulève un pan de sa tunique,
    Elle montre l’état de son cœur d’une manière assez visible.
    Puis, l’air de rien, un peu fêtard, la voici qui vous communique
    Son petit rire un peu moqueur et ses pensées imprévisibles.

    Céramiques de Sergei Isupov sur https:www.juxtapoz.comnewsnew-ceramic-work-by-sergei-isupov .

  • Toujours ce même rêve idiot !

    Toujours ce même rêve idiot !

    Je fais souvent ce rêve idiot, entièrement nue parmi des gens,
    Soit lors d’un déjeuner sur l’herbe, soit à un arrêt d’autobus.
    Parfois je passe à la radio avec des gars intelligents,
    Parfois dans le milieu acerbe du travail coiffée d’un gibus.

    Cependant contre toute attente, personne ne me prête attention ;
    Tous ont l’air de trouver normal que j’exhibe ainsi ma vertu.
    Il faudrait un jour que je tente de rêver nue sans prétention
    Pour attirer les jeunes mâles et voir comment ils s’évertuent.

    Gare à Facebook et sa censure quand je rêve en faisant des vers
    Avec l’image, sans équivoque, d’une pin-up montrant ses seins !
    Entre les lignes, je vous rassure, se niche mon côté pervers ;
    Ce sont mes rêves qui provoquent tous ces petits nus assassins.

    Illustration de Jeanne Puchol.

  • Quoi qu’il arrive, tout le monde râle !

    Quoi qu’il arrive, tout le monde râle !

    Depuis l’enfance on me fait peur, l’éducation par l’oppression,
    Menace de faim dans le monde ou privé du père Noël.
    Puis on augmente la vapeur et on fait monter la pression
    Par les moyens les plus immondes de la bande à Emmanuel.

    On m’a remplacé la carotte par des masques et des œillères
    La guerre, l’islam, le terrorisme sont mes fléaux à éviter.
    Par la terreur qui me garrotte – en fait ma pire conseillère –
    Sous prétexte de protectionnisme contre famine et pauvreté.

    Finalement quand tout va mal, je regrette le monde comme avant,
    Avant quand je voulais changer et vivre dans un monde meilleur.
    Mais je ne suis qu’un animal, une sorte de singe savant
    Qui n’aime pas être dérangé et voudrait se tirer ailleurs.

    Tableau d’Aziza sur https:www.asiza.ca .

  • La critique nue

    La critique nue

    Je ne vois pas qu’avec le cœur, je vois aussi avec le corps
    Par le mamelon de mes seins et leurs objectifs turgescents.
    Je possède un nombril moqueur interpénétré par l’accord
    D’une aquarelle, d’un dessin ou d’un portrait intéressant.

    Si le sexe aussi participe à évaluer une toile,
    Il sait tâter le pédigrée de l’artiste et son instrument.
    Pour cette raison, en principe, il faut que je ressente à poil
    Le chef-d’œuvre qui vient s’intégrer avec ma chair incongrûment.

    Mais je crois bien qu’avec le cœur d’autres sens entrent dans la danse
    Avec les vertus cardinales et la boussole de l’intuition.
    J’accepte même à contrecœur cette étonnante coïncidence
    Qui lie ma vision vaginale au tableau d’une exposition.

    Tableau de Robert E. McGinnis.

  • La fille de la route

    La fille de la route

    Elle a croisé ainsi ma route probablement à mi-parcours
    Tandis que je roulais tranquille sur mon périple en solitaire.
    Elle a mis mon cœur en déroute sans cric et sans roue de secours ;
    Un accident d’automobile entre deux cœurs prioritaires.

    Je crois qu’elle venait de droite et qu’elle avait priorité ;
    J’aurais pu la laisser passer hélas, ce fut le coup de foudre.
    La belle fut assez adroite pour m’établir d’autorité
    Un constat d’amour surpassé au point qu’il mit le feu aux poudres.

    Nous avons roulé de conserve durant de nombreux kilomètres
    Avec, ma foi, deux incidents du genre qui font des enfants.
    Et puis, chacun sur sa réserve est devenu son propre maître
    Et mon destin sans précédent s’achemine en philosophant.

    Photo de Jimmy Marble.

  • Aimez-vous la fondue ?

    Aimez-vous la fondue ?

    L’homme fait bouillir la marmite avec des idées morfondues
    Quand sa bourguignonne de femme lui prend la rate au court-bouillon.
    La tension atteint ses limites et lorsque les plombs ont fondu
    Tous les propos les plus infâmes se répandent comme papier brouillon.

    Bien sûr, nous ne sommes pas en sucre mais quand les propos sont blessants
    Le cœur se fend et se disperse par la peine autant redoutée.
    Cessons de suivre des goûts de lucre et montrons-nous compatissants
    Et si l’un de nous tergiverse, laissons-lui le temps de douter.

    Photo de Jean-Charles Debroize.

  • L’île nue

    L’île nue

    Sur l’île nue des perceptions que la nuit a anesthésiées,
    Mes pensées se remettent à croître dans une jungle luxuriante.
    Et mon cœur nu des réflexions d’hier qui m’ont analgésié,
    Parcourt le jardin de mon cloître d’une confiance souriante.

    Chaque journée, je recommence à naître nu des maux d’hier ;
    Au petit jour, je suis la route qui m’emmène au moment présent.
    Et je revis une romance avec ma muse conseillère
    Qui guide mon cœur en déroute dans ce petit matin grisant.

    Alors dans un feu d’artifice de couleurs chaudes éclatantes,
    Je prends un bain de pluies d’été et laisse le vent m’essuyer.
    Ma peau connait le bénéfice d’une lumière miroitante
    Et je revis à satiété un bal du quatorze juillet

    Tableau de Robert E. McGinnis.

  • Le bal du quatorze juillet

    Aux républicaines fragrances mêlées aux odeurs de la poudre,
    Les cœurs s’emballent en cadence au bal du quatorze juillet.
    Ainsi les amourettes en France se sacrifient aux coups de foudre
    Aux dilettantes de la danse sans besoin d’être suppliés.

    Sous les bannières bleu-blanc-rouge et du vin aux mêmes couleurs,
    Les lèvres en feux d’artifice s’enflamment rouges de baisers.
    Tout ce qui vit, tout ce qui bouge, tout le monde oublie ses douleurs
    Pour savourer le bénéfice que rien ne saurait apaiser.

    Si l’année n’était sanitaire et les contrôles contraignants,
    Nous aurions dansé davantage pour exprimer la liberté
    Mais valser n’est plus salutaire depuis les code restreignant
    Et la perte de nos avantages qui ont depuis lors déserté.

    Tableaux d’Andrei Protsouk sur https:www.andreiart.comcatalog .

  • Exlibris

    Exlibris

    J’inviterais bien mes lectrices voir mes estampes japonaises
    Mais je n’en ai et ça m’ennuie aucune et ça m’aggrave ma douleur.
    J’ai eu l’idée inspiratrice d’utiliser quelques punaises
    Avec mes livres pour appui sur des volumes de couleurs.

    Ma bibliothèque nippone prend des allures de Geisha
    Et j’offre des jours de bon thé à celles qui l’apprécieront.
    Venez luronnes et friponnes partager un peu d’herbe à chat
    Que je cultive avec bonté sur le devant de mon perron.

    Création « Geisha » de Vincent Magni.

  • Manque de ressort

    Manque de ressort

    Panne de ressort dans les tendons, manque de tonus dans les artères,
    Défaut d’énergie dans le cœur, crise de foie, prise de tête.
    Voici ce que nous entendons depuis les cieux jusqu’aux parterres
    Par notre corps à contrecœur et l’esprit chargé de tempêtes.

    Que s’est-il passé dans ma tête et qui me fait tirer l’alarme ?
    Qui me donne la chair de poule et qui me fait claquer des dents ?
    Qui me bombarde d’épithètes, qui me menace de ses armes ?
    Qui me confine et me refoule ? Évidemment, le président !

    Vaccinez-moi de la bêtise qui nourrit le corps des moutons !
    Confinez-moi dans l’autre monde afin d’abréger mon séjour !
    Isolez-moi de l’expertise de la mort au premier bouton !
    Saturez-moi de mots immondes ; trop tard, je suis aveugle et sourd !

    Photo d’Ismoyo Adhi.

  • L’anti-sirène

    L’anti-sirène

    Si la sirène polissonne avait plus d’ouïe que de voix,
    De mémoire de marin, personne n’aurait été assez grivois
    Pour oser aborder sa bouche et bécoter la maquerelle
    Puis, aller tremper dans sa couche, son pinceau pour une aquarelle.

    Mais supposons qu’un matelot après quelques verres de rhum
    N’apercevant que ses gambettes s’envoie en l’air avec la belle…
    Soit il naîtra un cachalot, queue de poisson et tête d’homme ;
    Soit une sirène en goguette farouche, charmeuse et rebelle.

    Je tenterais bien l’aventure et l’utopique bagatelle
    Afin d’avoir pour descendance une sirène et un triton.
    Or, c’est là ma progéniture issue de ma propre parentèle ;
    J’ai dû rêver que ma laitance, fécondait la femme-poisson.

    Tableau de René Magritte.

  • À la pêche aux idées

    À la pêche aux idées

    L’inspiration, comme la pêche, apporte beaucoup de quiétude ;
    Taquiner la muse gourmande parmi les truites arc-en-ciel
    Qui se démène, qui se dépêche pour agacer mes habitudes
    Et qui, sans que je lui demande, m’insuffle juste l’essentiel.

    Souvent à l’aube, au point du jour ou sous une lune gibbeuse,
    Sous la voûte inaccoutumée d’un ciel constellé de légendes,
    Assis dans l’étrange séjour, j’entends ma muse dérobeuse
    Parler d’une voix parfumée, rimée aux couleurs de lavande.

    Quand le vers s’avère trop fluet, je le rejette dans le courant
    Afin de le laisser grandir et maturer dans sa liqueur.
    Parfois le vers semble muet mais se révèle concourant
    Pour un poème qui va bondir à travers le canal du cœur.

    Tableau de Phil Hale.

  • Le patriarche

    Le patriarche

    Quand Noé, assis sur son trône, chaussé des bottes-de-sept-brasses,
    Avait terminé sa tournée et nourrit sa ménagerie,
    Il attendait que sa patronne le félicite et puis, l’embrasse
    Afin de finir la journée dans le foin de la bergerie.

    Il n’osait atteindre le comble de ses perversions déviées
    Car la bergère insatiable commençait à le fatiguer.
    Il vit arriver la colombe porteuse du rameau d’olivier
    Comme un présage appréciable après avoir tant navigué.

    Sculpture de Beau Raymond.

  • Soixante-troisième case en moins

    Soixante-troisième case en moins

    Enfin soixante-trois années passées à jouer au jeu de l’oie
    Pour remporter le premier prix : l’oie, les oisons et la fermière !
    Combien de fois fus-je condamné à être soumis à sa loi
    En prison pour mauvais esprit et ce de façon coutumière !

    Soixante-trois années sautées à progresser tant bien que mal,
    Creuser trente années à Marseille pour gravir les monts helvétiques.
    Puisque je finis en beauté, j’exprime mon cœur animal
    Qui me parle et qui me conseille d’autre années plus poétiques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’homme affranchi de ses années

    L’homme affranchi de ses années

    À chaque année, son estampille, sa griffe, sa valorisation.
    Elle s’affiche sur mon visage comme une lettre compostée
    Venue de Chine ou de Manille selon son oblitération
    Avec marques de colisages des îles lointaines accostées.

    Je ne compte plus les boutons qui font preuve de mes sommeils,
    Ni les cicatrices et les rides qui content mes jours complaisants.
    Mes yeux doux comme des moutons, derrière mes lunettes de soleil,
    Produisent les larmes arides d’un homme de soixante-trois ans.

    Photo de Toychan_net.

  • Labyrinthe religieux

    Labyrinthe religieux

    Dieu est partout, omniprésent, mais surtout éternel absent.
    Sa Sainteté laisse les hommes aller au bout de l’expérience.
    Dans la fenêtre du présent où Dieu a posé son accent,
    J’entrevois la porte fantôme d’un labyrinthe aux clairvoyances.

    Les catholiques portent à droite, les protestants plutôt à gauche,
    Les musulmans tournent en rond et les hébreux sont dans l’impasse.
    La carte divine maladroite n’était sûrement qu’une ébauche
    Avec la bible aux environs qui indiquerait qu’un ange passe.

    Photo de Michele Durazzi.

  • L’amour d’ailleurs

    L’amour d’ailleurs

    Si mon cœur s’en va voir ailleurs en suivant ses humeurs volages,
    Il ne trahit ni ses amis, ni son épouse, ni sa maîtresse.
    Il est d’une toile dont les tailleurs confectionnent les plus beaux voyages
    Et ne connaît point d’accalmie tant qu’il n’a pas changé d’adresse.

    Or, c’est d’images dont s’abreuve la folie qui trouble mon cœur ;
    C’est de récits dont se régale la passion qui perd ma raison.
    Je vous en présente la preuve par mes poèmes chroniqueurs
    De mon existence qui égale tout l’exotisme dans sa maison.

    Tableau de Paul Gauguin.

  • In vino veritas

    In vino veritas

    Une sommelière amoureuse d’un Saint-Émilion bichonné
    Jouit de son cœur en balance avec un Beaune-Nuits-Saint-Georges.
    Si sa joie devient douloureuse lorsque l’amant est bouchonné,
    Elle se reproche l’indolence d’avoir été prise à la gorge.

    La sommelière se distingue de tous les commerçants blasés
    Par son tempérament jovial pour ses clients et ses produits.
    Des mains, ses bouteilles valdinguent jusqu’à nos lèvres embrasées
    Du rouge rubis convivial des meilleurs crus qu’elle produit.

    J’aime écouter la sommelière qui m’aguiche dans sa vitrine ;
    J’aime goûter son éloquence et sa faconde légitime ;
    J’aime observer sa lavallière se balancer sur sa poitrine
    Et j’aime palper la fréquence de son œnologie intime.

    Photo de J.J. Jordan sur Pexels et sur https:medium.comequality-includes-youthe-two-times-i-was-as-fragile-as-a-wine-glass-about-race-500a92ba5b2b .

  • Les voyages impressionnistes

    J’ai pris le train imaginaire pour des rêves sans destination
    Dont les escales en folie offrent les plus belles couleurs ;
    Des sites extraordinaires, différents à chaque station
    Qui chassent la mélancolie en sinécure et sans douleur.

    Mais il faut y mettre du sien et bien s’atteler à la tâche
    Car la Mer-de-l’inspiration mate les talents apathiques.
    Les tourbillons théoriciens égarent tous ceux qui s’attachent
    À des valeurs d’inspiration matérialiste et pragmatique.

    Mais si je me laisse emporter par une vague déferlante
    Et si je me laisse entraîner par les courants perfectionnistes,
    Je saurai me réconforter par les étapes affriolantes
    De l’expérience parrainée par les voyages impressionnistes.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Impressionniste matin, midi et soir

    L’impression d’un matin nouveau presse l’aurore à contrejour
    Pour en extraire l’apparence d’un paradis à retrouver.
    Le cœur se remet à niveau et revoit sa palette à jour
    Pour l’exprimer en transparence sur son âme vierge éprouvée.

    À midi, l’intuition mûrit sur la toile en pleine lumière
    Qui reçoit le feu d’un pinceau qui saigne comme une blessure
    Où tout l’enthousiasme en furie cherche la vérité première
    À recouvrer sous les assauts et les projections de peinture.

    Le crépuscule emportera toutes les idées lumineuses
    Qui sèmeront les plus beaux rêves produits par la transpiration.
    Puis, la nuit en transportera toute l’essence butineuse
    Qui, dans une apparition brève, éveillera l’inspiration.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Mon étrange reflet

    Mon étrange reflet

    J’ai joué à l’apprenti sorcier en découvrant la boîte noire
    Qui contenait mon subconscient, mon aura, mon coeur et mon âme.
    Puis, j’ai prié le Grand Sourcier, ce Dieu de toutes mes mémoires
    Pour qu’il recrée à bon escient une copie de mon programme.

    Lors à partir de mon génome, j’ai décodé mon ADN
    Pour reproduire un nouveau corps destiné à me compenser.
    Mais au lieu d’obtenir un homme de la bonne vieille souche aryenne,
    Une sorte de manticore est née du fruit de mes pensées.

    Et me voici avec mon double, un animal à quatre pattes
    Aux rayures rouge et azur d’une robe du plus bel effet.
    Cette bestiole, de plus, me trouble car elle aussi télépathe
    Et refait sans demi-mesure exactement ce que je fais.

    Illustration de Moebius.

  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    J’aime les heures colorées selon l’humeur du temps qui passe ;
    L’heure bleue entre chien et loup, l’heure d’or au soleil couchant ;
    L’éclat de la Lune dorée, lapis-lazuli de l’espace ;
    Même le vent, un peu jaloux de sa couleur à contrechamp.

    J’aime la pénombre qui contraste le soleil dans sa vanité ;
    L’heure des ombres qui s’étirent sur le cadrant de la nature ;
    Ainsi que l’amour enthousiaste qui marie les tonalités
    Des folles teintes qui s’attirent sur l’impressionniste peinture.

    Illustration de Pascal Campion.

  • Mes boulevards du temps qui passe

    Mes boulevards du temps qui passe

    Combien de fois ai-je arpenté les boulevards que je respecte
    Pour leur vitrines décorées selon l’esprit de la saison ?
    Anciens immeubles charpentés au bon vouloir des architectes
    Ou d’avant-gardes et abhorrés selon le goût de ma raison.

    Là, toute l’histoire du monde se déroule au gré des passants
    Avec l’arôme des ruelles qui disparaissent en labyrinthes.
    Parfois une façade immonde et ses travaux outrepassant,
    Tantôt l’évolution cruelle du temps qui marque son empreinte.

    Et tout au long de la journée, les existences habituelles
    Du troupeau aveugle qui marche dans sa transhumance usuelle ;
    Les livreurs qui font leurs tournées, les conversations rituelles,
    Les starlettes aux jolies démarches fruits de ma drogue visuelle.

    J’aime recommencer ce chemin, le même en toutes circonstances,
    Qui lave le corps et l’esprit et me met le cœur en vedette ;
    Celui où je donnais la main à l’élue avec insistance
    Qui m’accordait le premier prix et me faisait tourner la tête.

    Illustration de Carole Maurel.

  • L’île au héron

    L’île au héron

    L’île au héron, à ma fenêtre, possède plusieurs patronymes
    Quand les grandes crues la recouvrent, elle devient l’île sous-marine ;
    Quand la sécheresse se fait connaître, elle devient presqu’île unanime ;
    En temps normal, elle se découvre gîte aux hérons qui l’entérinent.

    L’île au héron, d’humeur changeante, reste fidèle à ses oiseaux.
    Canards et toutes leurs familles, poules d’eau, corbeaux et hirondelles
    Trouvent sa retraite arrangeante et nourriture dans les roseaux ;
    D’autres insectes y fourmillent et sont chassés à tire-d’aile.

    Tableau de Robert E. McGinnis.

  • Les jeux de l’Oie de Madame Fabergé

    Les jeux de l’Oie de Madame Fabergé

    Toutes les soixante-trois cases du jeu de l’oie n’ont pas suffi
    À arrêter la progression de notre artisane aux œufs d’or.
    Au-delà des monts du Caucase, ses aptitudes s’intensifient
    Et ouvrent toute l’expression de la femme conquistador.

    Elle est devenue alchimiste dont le creuset particulier
    Se niche aux tréfonds du gésier d’une oie cendrée exceptionnelle.
    La transmutation optimiste de son régime singulier
    Dans l’estomac analgésié produit la ponte conceptionnelle.

    Une fois par mois, en pleine lune, l’oie-aux-œufs-d’or pond un bel œuf
    Qu’elle n’a plus qu’à apporter aux banquiers les plus collecteurs.
    Madame Fabergé fit fortune le jour de l’an, au gui l’an neuf,
    Car l’oie couva une portée de douze oisons reproducteurs.

    Illustration de Flesh.png.

  • Mes idées qui s’éclatent

    Mes idées font trois petits tours et puis s’en vont dans le néant
    À moins qu’elles ne s’y enregistrent pour les revoir après ma mort
    Pour créer l’éternel retour et revivre le cas échéant
    Les amours manquées au registre qui n’ont laissé que des remords.

    Imaginez que les rencontres qui n’ont pas pu s’occasionner
    Se réalisent une à une dans un long métrage inédit.
    Enfin, l’âme irait à l’encontre de ses destinées passionnées
    Et mon cœur à titre posthume vers des amours de comédie.

    Tableaux de René Magritte sur https:dantebea.comcategorypeintures-dessinsrene-magritte .

  • La cage

    La cage

    La pudeur devient une cage qui enferme la liberté
    Et l’homme ne peut vivre nu sans un esclandre fatidique.
    Le corps nu oppose un blocage aussitôt que la puberté
    Marque ses organes charnus qualifiés d’objets impudiques.

    Le fardeau de la connaissance implique le sexe caché
    Par le tabou des religions et d’extrémismes infatués.
    Dès le moment de la naissance, nous sommes déjà harnachés
    Afin que nous privilégiions un corps sans genre asexué

    Illustration de Thorn sur https:twitter.comthorn_bulle .

  • Les petites allumettes

    Toutes les mères d’autrefois ont consenti un sacrifice
    Pour transmettre aux générations la flamme heureuse et préservée.
    L’honneur ne sert jamais qu’une fois et part comme un feu d’artifice
    Qui demande coopération et consommation réservée.

    Semblables aux boîtes d’allumettes, gardiennes de la flamme sacrée,
    Qui renferment dès leur naissance une cinquantaine d’allumeuses
    Prêtes à jouer aux fantômettes pour un coup de foudre exécré
    Et un peu de luminescence vers une destinée fumeuse.

    Tableaux d’Emilio Pettoruti sur http:www.midcenturia.com201105emilio-pettoruti-paintings.html .

  • La gouvernaille

    La gouvernaille

    Si l’homme gouverne comme un pied, confions la barre à la femme
    Dont le sens de l’orientation est soi-disant catastrophique.
    Soit, elle fera comme il lui sied et lui, obtiendra son sésame ;
    Soit, elle suivra ses injonctions et le perdra dans le trafic.

    Or, la voix des navigatrices irrite autant l’homme que la femme.
    L’homme, lui, n’a guère confiance en celle qui ne sait lire une carte ;
    La femme, elle, voit l’instigatrice dans un genre de pétasse infâme ;
    Tant et si bien qu’en méfiance, du bon chemin … chacun s’écarte.

    Photo d’Arno Rafael Minkkinen.

  • Marinade d’amour

    Marinade d’amour

    Après avoir bien consommé nuit de noces et lune de miel,
    Ils nagent dans les mêmes eaux et bientôt s’en vont à la mer
    Pour un voyage à point nommé pour d’autres terres et d’autres ciels
    Aux grains de vents intermezzo et aux arômes doux-amers.

    Ils apprendront la marinade accommodée par la laitance
    D’un poisson heureux comme un homme entre les bras d’une sirène
    Qui lui chante la sérénade dans l’eau d’éternelle jouvence
    Au goût du mari gastronome pour une bouchée à la reine.

    Lorsque la soupe devient épaisse, ils éclaircissent la marinière
    En rajoutant dans la boisson quantité d’amour et d’eau fraîche.
    Quand ça vire à la bouillabaisse, au fond du lit de la rivière,
    On voit mille petits poissons frétiller gaiement dans la crèche.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le Grand Magasin Général

    Le Grand Magasin Général

    Et si, sur l’escalier du temps, je restais sur la première marche
    Pour observer les gens passer leur vie à monter et descendre ?
    J’y suivrais les jeunes débutants qui croiseraient leurs patriarches
    Et tout en haut les trépassés dégringoler en tas de cendres.

    Mais j’suis sur un Escalator au fonctionnement impartial
    Qui m’entraîne si lentement mais sûrement au dernier étage.
    Je suis entrée peut-être à tort dans ce grand centre commercial
    Avec facilités de règlement payées en plusieurs héritages.

    Sur la marche où je suis assise, j’ai fait le compte de mon crédit
    Qui donne droit à un rabais sur ma vieillesse en promotion.
    J’ai déjà payé la franchise pourtant sans clause de dédit
    Sur ma jeunesse qui englobait une tacite reconduction.

    Illustration de Loïka alias Yan Qin Weng sur http:www.3daysmarch.net .

  • L’apéro-tango

    Si la danse invite à entrer dans une relation de couple,
    L’apéro invite à manger amuse-gueules et aliments.
    L’un comme l’autre, si concentrés à nous faire voir la vie en double,
    Nous appelle à nous mélanger avec l’ivresse des sentiments.

    Un Cocktail Tango pour Monsieur, Mojito Salsa pour Madame,
    Suivis d’une soupe champenoise en vin d’honneur au mariage.
    Tournez, goûtez cet audacieux ti-punch où l’alcool s’amalgame
    Avec une valse viennoise vers un éthylique voyage.

    Photos d’Irving Penn sur https:www.wmagazine.comgalleryirving-penn-retrospective-unseen-photos-dallas-museum-of-art .

  • L’Oie de Madame Fabergé

    L’Oie de Madame Fabergé

    Le signe qui trahit la voleuse n’est pas un cygne mais une oie ;
    Une vieille oie du Capitole réputée pour donner l’alerte.
    D’une exclamation racoleuse car elle ne montre pas du doigt,
    Elle recouvrit comme une étole la canaille ainsi recouverte.

    Le jeu dut plaire à la gamine qui fut alors apprivoisée
    L’oie expliqua comment on triche quand on se veut conquistador
    Spécialisé dans la rapine des butins les plus pavoisés
    Chez les pondeuses les plus riches notamment les poules aux œufs d’or.

    Ainsi le cours des œufs dorés dans la région tant s’éprouva
    Qu’il provoqua une inflation même chez les plus humbles bergers.
    On inspecta bois et forêts mais jamais on ne retrouva
    La funeste association de l’Oie et de Madame Fabergé.

    Tableau de Paolo Pedroni.

  • La fin des potiches

    L’œil, gonflé comme une baudruche, l’homme sent son sexe se tendre
    Quand il voit l’objet du désir brusquement lui sonner l’alarme.
    Mais la femme, loin d’être une cruche, sait tout à fait à quoi s’attendre
    Et prendra un malin plaisir à finement jouer de ses charmes.

    L’homme n’étant guère fortiche à la féminine intuition,
    Croira remporter la victoire d’un orgueil presque saligaud.
    Mais la femme, loin d’être potiche, inversera la situation
    En lui racontant des histoires que veut bien croire le nigaud.

    Sculptures de Mélanie Bourget.

  • La chambre obscure de mes désirs

    La chambre obscure de mes désirs

    À l’instar de la photographie qui projette dans l’obscurité
    De sa chambre, l’image inversée de sa visée par l’objectif,
    Je trace la cartographie en suivant l’émotivité
    De tous les fantasmes déversés dans mon cœur imaginatif.

    Vénus, couchée sur ma rétine, me chatouille le nerf optique
    Entre les bras du corps calleux qui accélère mes pensées.
    La carte du tendre se trottine dans mes raccourcis synoptiques
    Jusqu’à ce reflet scandaleux qui a, mes envies, compensées.

    Photo de Paul Estevez.

  • La Lune perfide

    La Lune perfide

    Ce soir, la lune facétieuse trouble mes sens et ma vision ;
    Entre les arbres, elle s’insinue pour jeter de la poudre aux yeux.
    Hier encore, la lune gibbeuse prenait du ventre en prévision
    De l’augmentation continue de ses leurres irrévérencieux.

    Demain, cette lune hypocrite poursuivra encore l’illusion
    Mais je ne me laisserais plus prendre dans les mailles de ses filets ;
    En effet, je l’aurai circonscrite, au cercle des désillusions,
    Cette menteuse pour lui apprendre à autrement se profiler.

    Photo d’Andhika Ramadhian.

  • Noé Circus

    Noé Circus

    Ainsi Noé, tu exagères d’avoir trompé les animaux
    Que tu as fait monter dans l’arche afin de mieux les arnaquer !
    Toutes ces bêtes passagères ont embarqué prestissimo
    Faisant confiance au patriarche qui les a bien estomaquées.

    Aussi Noé, quand tu viendras avec tes captifs par milliers
    Bouclés dans ta ménagerie dans une totale déconfiture,
    Je crois que tu te souviendras des coups de nos petits souliers
    Dans ton derrière endolori pour le prix de ta forfaiture.

    Photo de Jose Francese.

  • L’appel au rêve

    L’appel au rêve recommence souvent par une invitation
    Représentée par une image qui éveille et hausse les désirs.
    Le cœur y voit une romance, l’esprit une délectation
    Et tout le corps part en voyage au pays des mille plaisirs.

    Je n’ai nul besoin de cocaïne ou n’importe quel stupéfiant
    Pour sécréter la dopamine sans leurs effets terrifiants.
    Je poursuis ma muse héroïne dans un bien-être liquéfiant
    D’où coule la sérotonine en tourbillons gratifiants.

    Illustrations de Loïka alias Yan Qin Weng sur http:www.3daysmarch.net .

  • Le passe-d’amour

    Le passe-d’amour

    Le passe-partout de l’humour, s’il ne provoque de blessure,
    Saura détendre l’atmosphère et verra l’amitié germer.
    Cependant la clef de l’amour n’ouvre qu’une seule serrure
    Car elle ne peut se satisfaire de crocheter les cœurs fermés.

    Offre-moi la clef de ton cœur qui avec le mien communie ;
    Nous échangerons les secrets de nos mécanismes intimes
    Lubrifiés à la liqueur du même sang qui nous unit
    Et goûterons l’amour sacré de nos émotions légitimes.

    Tableau de Christian Schloe sur http:artsdumonde.canalblog.comarchives2015120633027278.html .

  • L’île Escher

    L’île Escher

    Meunier, breton de père en fils, toujours tu chériras la mer
    Qui fera tourner ton moulin pour filtrer l’écume des jours.
    Le sel fera ton bénéfice, récolté sur ces flots amers
    Bénis par l’enchanteur Merlin que la Bretagne savoure.

    Plaise à Dieu que la fleur de sel qui représente l’excellence
    Soit affinée, réduite en poudre pour le délice des gourmets.
    Que ce nectar universel demeure sans équivalence
    Et qu’il te donne du grain à moudre et la fortune à écumer.

    Ceux qui traiteront d’impossible ta folle source d’énergie
    Devront se rendre à l’évidence de ce miracle bienséant :
    Le sel de Guérande, impassible, s’écoulera en synergie
    De la divine providence avec les dieux de l’océan.

    Photo d’Erik Johansson.

  • L’anima quarte

    Moi, le corps surgit de la terre toujours en quête d’aller plus vite,
    D’aller plus loin, d’être plus fort et de dépasser ses limites,
    Du véhicule utilitaire à la capsule qui gravite ;
    Je suis l’énergie et l’effort qui feront bouillir la marmite.

    Moi, le cœur échappé du feu dans le moteur des émotions,
    Cœur-de-Lion, cœur d’artichaut selon l’enthousiasme à jouer,
    Je satisfait à tous les vœux, à mes amours, à mes passions ;
    Je suis l’anima à sang chaud le plus beau, le plus enjoué.

    Moi, l’esprit transmis dans les airs par les antennes de l’esprit,
    Éprouvé d’une intelligence d’ultime supériorité,
    Je traverse mille déserts, je retiens ce qu’ils m’ont appris ;
    Je suis le souffle d’émergence, Dieu de mon intériorité.

    Moi, l’âme née de l’eau de mer et l’hameçon de l’âme-sœur,
    L’âme du métal le plus pur, immaculée et absolue,
    Fille de lumière outremer et d’un univers bâtisseur ;
    Je suis l’épée Excalibur, clef des mystères irrésolus.

    Tableaux de Jose Luis Oliver Campoy.

  • Comme des bêtes

    Peau-de-lapin, peau de chagrin, lorsque les beaux jours rétrécissent,
    Vient le temps de s’emmitoufler dans sa fourrure naturelle.
    Je rationne le moindre grain jusqu’à ce que ça radoucisse
    Tout en me laissant pantoufler en attendant les chanterelles.

    Bec-de-corbeau, le bec dans l’eau, lorsque grondent les jours d’orage,
    Vient le temps de se protéger sous sa carapace hermétique.
    Si les tempêtes à vau-l’eau font plus que force ni que rage,
    Je m’envole, le cœur allégé, vers les hauts sommets helvétiques.

    Corne-de-cerf, corne-de-bouc, avec la maladie d’amour,
    Vient le temps de sortir du bois et revendiquer ses conquêtes.
    Je lève les yeux de Facebook et je m’en vais au petit jour
    Écouter les biches aux abois afin de répondre à leur requêtes.

    Sculptures de Crystal Morey sur https:www.crystalmorey.com .

  • Songes et réussites

    Songes et réussites

    Lorsque je songe à mes revers et ce que j’ai fait de travers,
    Mon petit doigt me contredit ; tout ne serait que comédie.
    Je juge ma vie à l’envers par des pressentiments pervers
    Hérités de mes interdits qui jouent ma propre parodie.

    Les religions m’ont relié à un Dieu qui est fou à lier
    Et la morale de mes parents n’était qu’esclavage apparent ;
    Les riches, en fait, ont tout volé aux misérables inconsolés
    Et ceux qui veulent notre bien ne sont que tristes comédiens.

    On m’a dit qu’il faut patienter, que le travail, c’est la santé,
    Que je gagnerai l’éternité en montrant de l’humilité ;
    Mais j’ai beau faire des efforts nonobstant la loi du plus fort,
    Je suis celui qu’on manipule par tous les pièges qu’on dissimule.

    Tableau de Daria Petrilli.

  • La clef de toutes choses

    La clef de toutes choses

    Tout ce fardeau que j’ai traîné de ma naissance à aujourd’hui
    Contient la clef de l’avenir dans le trousseau de l’expérience.
    Mais ma serrure est chanfreinée aux jugements que j’ai induits
    En piochant dans mes souvenirs ce qui constitue mes croyances.

    Ouvrir la porte de la mort demandera de la jugeote
    Avec finesse d’adaptation sauf que … je n’aurai plus que mon âme.
    Sans le cœur, l’esprit et le corps, elle devra avoir la bougeotte
    Et, à défaut d’incarnation, se montrer plutôt fine lame.

    « Il n’y a rien de plus beau qu’une clé, tant qu’on ne sait pas ce qu’elle ouvre. » Maurice Maeterlinck.

  • Sous une pluie inverse

    Sous une pluie inverse

    La Terre prend le monde à revers, qui l’eut cru, insuffisamment
    Et smashe sa pluie à l’envers avec des crues, évidemment.
    Sécheresses et inondations, sous plusieurs formes de virus,
    Proposent une contraception diluvienne à son utérus.

    Ainsi la Terre féminine tremble pour sa fécondité ;
    Sa gravitation récrimine, soumise à sa rotondité.
    Ses règles météorologiques s’opposent à la pollution
    Et pleuvent en toute logique comme dernière solution.

    Et je propose que les hommes respectent ses menstruations
    En accordant aux chromosomes XX leur réévaluation.
    Sans parapluie, cartes sur table, et les honorent à satiété
    Du statut enfin équitable des femmes dans la société.

    Photo de Vincent Bourilhon sur https:blog.okapi.frca-buzzelinstagram-du-week-end-5878.html .