Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Miss Gertrude

    Miss Gertrude

    Gertrude, prude jeune fille, amatrice de viennoiseries,
    Vécut dans le sud de la France et tomba amoureuse d’un Duc.
    Le temps d’agrandir sa famille au prix de quelques gauloiseries,
    Elle reprit son chemin d’errance quand ses amours furent caduques.

    Gertrude, charmeuse des cœurs, regagna son pays natal
    Et épousa d’abord un Comte, puis, un Baron puis, l’Empereur.
    Cependant son parcours vainqueur connut un contrecoup fatal
    Le jour où en faisant ses comptes, elle s’aperçût de son erreur.

    Elle s’était trompée sur les âges de ses enfants, de ses parents
    Si bien qu’à chaque anniversaire les bougies allaient s’accroissant.
    Ce qui explique qu’à l’usage, jouant un rôle prépondérant,
    Son ordinaire se resserre à deux brioches et trois croissants.

    Tableau de Théo Van Rysselberghe.

  • Cheval te le dire

    Cheval te le dire

    Ce qui me parle dans un tableau, dans une image, une œuvre d’art,
    Se dégage comme une couleur inexplorée dans l’arc-en-ciel.
    Mon cœur dispose d’un hublot et d’une audition en standard
    Qui sentent les joies et les douleurs de l’artiste et son potentiel.

    Ainsi ce cheval qui ricane au souvenir de Rossinante,
    Le vieux cheval de Don Quichotte, bel l’étalon auparavant.
    Or sa mémoire le chicane et sa tête est dodelinante
    Car son cavalier lui chuchote qu’ils vont voir les moulins à vent.

    Tableau de Le Corbusier de l’expo Beaubourg http:celine-photographie2.overblog.com201505exposition-le-corbusier-a-beaubourg.html .

  • Les avions furtifs

    Les avions furtifs

    Furtivement l’objet volant, déguisé en avion de ligne,
    Récolte ses informations dans les chemtrails éparpillés.
    Il semble un Alien raffolant de collectionner tous les signes
    Témoins de la transformation de la plante écharpillée.

    D’une notoire discrétion, ils montrent leur intelligence
    En se gardant bien d’attirer le feu de nos belligérances.
    Lorsqu’ils tentent une infiltration ils la font avec diligence
    Et vont bien vite se retirer dans une totale indifférence.

    Parfois l’avion mal attaché, lorsque la colle se décolle,
    Soulève une queue indiscrète et le pot aux roses apparaît.
    Ceux qui l’ont vu l’ont rabâché patiemment comme un cas d’école
    Mais ces infos restent secrètes et la découverte disparaît.

    Photo de £@£!€Ñ.

  • Fondues dans la nature

    Fondamentalement féminine, Mère Nature nous lie au monde
    Par tous ses rameaux naturels envers l’arbre de vie cosmique,
    Ses empreintes se disséminent dans nos couches les plus profondes
    Du microcosme culturel à nos racines macrocosmiques.

    Ainsi les femmes de nature proche des arbres par leur charme.
    Communiquent naturellement avec la flore de la Terre.
    J’en reconnaît la signature lorsqu’elles pleurent ou rient aux larmes
    Et pouffent spirituellement comme Gaïa et Déméter.

    Montage Photo de Michel Lamoller sur http:www.journal-du-design.frarttautochronos-par-michel-lamoller-65006 .

  • Mise en boutons

    Au commencement la plante est graine puis, poussent feuilles et boutons
    Et quand la fleur s’épanouit, elle sème la joie dans la maison.
    Puis, viennent ses fruits qui s’égrènent et son nectar pour les gloutons
    Et pour finir s’évanouit jusqu’à la prochaine saison.

    La mise en boutons d’une femme estompe les marques du temps
    Et, plus la femme est aguerrie, plus l’effet est apprécié.
    Contre le crépuscule infâme d’un troisième âge rebutant,
    Admirons cet art qui guérit la fanaison dépréciée.

    Photo d’Anna Wintour vue par Chuck Close.

  • La franc-macronnerie

    La franc-macronnerie

    On le supposait « bon-à-rien », il s’est révélé bon aryen ;
    En pire, il a semé l’effroi en se prenant pour un petit roi,
    Petit roi qui a fait l’erreur de se prendre pour un empereur,
    Pour un Kaiser, pour un Führer, pour le tyran de la fureur.

    Il lance un pavé dans la mare puis, lâche, il largue les amarres
    En fuyant vers les antipodes préparer le prochain épisode.
    Mais lorsqu’on prouvera ses crimes, diront alors ceux qu’il opprime :
    « Tu paieras pour ta trahison et on te mettra en prison ! »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’homme en mosaïques

    L’homme en mosaïques

    Visualiser la multitudes de petits « moi » sur mon visage
    Constituerait le grand tableau de toutes mes contre-vérités.
    Vous y verriez mes attitudes selon le ton des paysages
    Que j’aperçois par le hublot de mes mémoires héritées.

    Si je dis non, si je dis oui, je peux passer du rouge au vert
    Et si je mens ou si je nie, mon nez pervers part en avant.
    Heureusement, seul je jouis de me voir ainsi découvert
    Et c’est là toute l’ironie d’en être le singe savant.

    Portrait de Chuck Close mis en mosaïques par Andrew T. Warman.

  • Le petit quartier du temps passé

    Le petit quartier du temps passé

    Regardez bien, regardez vite, demain tout sera démoli !
    Les vieux quartiers remplis de charmes sont promis à l’évolution.
    Adieu boutiques qui nous invitent à chasser la mélancolie ;
    Cet essor me fait fondre en larmes par ses urbaines exécutions.

    Le vieux restaurant italien aux fresques peintes sur les murs
    A laissé la place au drugstore qui sert un café dégueulasse.
    Le vieux libraire tyrolien, le poissonnier et ses saumures
    Et même le marchand de stores ont baissé leurs rideaux, hélas.

    Qui est coupable ? Est-ce Amazone ou le confinement forcé
    D’avoir fermé les magasins non essentiels pour la survie ?
    Citoyens de seconde zone, notre extinction est amorcée
    Depuis que le progrès zinzin veut nous améliorer la vie.

    Vu sur https:imgur.comgallery2sTmy .

  • La carotte

    La carotte

    On m’a agité la carotte devant mon nez toute ma vie
    Et j’ai couru après l’argent nécessaire à mon existence.
    D’abord une simple marotte puis, une irrésistible envie
    Jusqu’au terme départageant où rien ne restait en substance.

    Finalement cette carotte, c’est moi, tel que j’imaginais
    La vie dans une société organisée pour le bonheur.
    Mais cet argent qui me garrotte tant et que j’emmagasinais
    Goulûment jusqu’à satiété est devenu mon déshonneur.

    Photo de Filippo Ioco.

  • La Terre est morte !

    La Terre est morte !

    Sur une mer couleur d’argent, sous un ciel couleur de pétrole,
    Le soleil brille comme de l’or derrière des nuages en diamants.
    Ainsi s’en vont se partageant les richesses en belles paroles
    Qui blessent la Terre indolore par ceux qui la tue patiemment.

    La mer se vide désormais de la vie qu’elle a fécondé,
    Le ciel s’obscurcit à présent de particules liposomes.
    Le soleil, aveugle à jamais, se cache derrière l’ondée
    Chargée d’acide omniprésent qui efface la trace des hommes.

    Photo de Julius Olsson sur https:www.tate.org.ukartartworksolsson-moonlit-shore-n02787 .

  • L’ancêtre

    L’ancêtre

    Je suis comme un tricot de laine dont le temps tire le fil qui pend
    Qui lentement me détricote des jambes jusqu’au périnée.
    Ma peau, jadis de porcelaine, se fragmente en s’entrecoupant
    De rides qui s’emberlificotent comme un sourire buriné.

    Restera-t-il un souvenir, une vieille photo jaunie
    Qui finira dans un album à ma mémoire disparue ?
    Je vis ainsi mon avenir par ma vieillesse rajeunie
    Lorsqu’arriva l’ultimatum où devant Dieu j’ai comparu.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’exo-squelette

    Le formatage par la crainte m’a doté d’un exo-squelette
    Qui me contraint et qui m’enferme d’une solide carapace.
    Plus se resserre son étreinte et plus ma personne maigrelette
    S’atrophie et atteint le terme où elle faiblit, où elle trépasse.

    Voilà le but de ce carcan que le pouvoir me fait porter
    Afin de mieux m’éliminer au cas où je ne saurais me taire.
    On me contrôle en me marquant et pourquoi pas me déporter
    Derrière des enceints minées dans le trou du cul de la Terre !

    Photo de Maciej Grochala sur http:www.bleaq.com2015maciej-grochala .

  • La femme en mosaïques

    La femme en mosaïques

    Dans un décor de mosaïques fait de carreaux et de losanges,
    Les arrondis se dissimulent en épousant son gabarit.
    Mais l’atmosphère prosaïque plait à mon cœur qui est aux anges
    Et qui se flatte d’être l’émule à défaut d’être son mari.

    Femme idéale et femme floue selon l’humeur au goût du jour
    Et qui ressemble à la lectrice de ma poésie messagère
    Qui me renforce et me renfloue à l’encre trouble de l’amour
    Comme une force directrice pour une idylle passagère.

    Tableau de Kate Worm.

  • Cherchez la femme !

    Au pays des hommes opaques, les femmes paraissaient transparentes
    Du moins pour les hommes aveugles qui les tâtaient pour les coucher,
    Ou ceux qui vendaient leurs barbaques d’une façon déshonorante,
    Et ceux qui en parlaient au peuple comme femelles mal embouchées.

    L’éternel féminin problème n’a pas l’air de sauter aux yeux ;
    Je comprends pourquoi désormais on s’entend pour masquer les genres.
    Ni homme ni femme, plus de dilemme, plus de guerre, plus de contentieux ;
    On s’en débarrasse à jamais dans une société transgenre.

    Photos de Kamuflaj Sanatı.

  • Sous la glace

    Sous la glace

    De l’autre côté de la glace qui miroite le monde à l’envers,
    Vivent tous les déshérités qui n’ont pas l’droit de respirer.
    Ce petit peuple se déplace tant bien que mal dans l’univers
    Et se cachent, en vérité, des imbéciles mal inspirés.

    Parfois dans mes rêves, j’inverse le sens de la réalité
    Pertinemment je me retrouve du côté des expatriés.
    Cette situation perverse me fait revoir l’actualité
    Et j’examine et j’éprouve l’antagonisme approprié.

    Illustration d’Oriol Vidal.

  • La voisine du dessus

    La voisine du dessus

    Quand j’entends la musique imbiber le plafond
    Qui transmet la cadence de l’humeur des voisins,
    Au début, je l’avoue, j’en ai ras le carafon
    D’être obligé d’entendre l’heur de ces argousins.

    Or un soir, je montai pour frapper à la porte ;
    La voisine en tutu fut ravie de me voir.
    Elle me prend par la main, m’entraîne et puis, m’emporte
    Pour un slow en terrasse et moi de m’émouvoir.

    Nous avons poursuivi nos échanges dansants
    Mais un soir son mari fit sa rentrée jalouse.
    D’humeur d’abord joviale puis, d’esprit distançant
    Quand au cours d’un tango j’embrassai son épouse.

    « Changeons de partenaire ! » dit le mari jaloux
    En attrapant sa femme entre ses bras balourds.
    Craignant une riposte ou quelques pièges-à-loup,
    J’abandonnai la piste, attristé, le cœur lourd.

    Depuis lorsque j’entends frapper des pas de danse,
    Je me mets au balcon pour lorgner la voisine.
    Elle me voit et m’envoie en guise de correspondance
    Un baiser de la main qui retombe dans la cuisine.

    Tableau d’Andrew Ferez.

  • Ma chatte et moi

    Ma chatte et moi

    Ma chatte, bel animal à poil, pourlèche une queue goulûment
    Tout en ronronnant doucement en espérant une caresse.
    Puis, elle s’étend sur la toile en poussant un hululement
    Avec quelques trémoussements afin qu’un beau mâle apparaissent.

    Je suis allongée sur mon lit, un magazine dans les mains
    Qui exécutent une navette entre ma chatte et le journal.
    Je ne sais plus ce que je lis lorsque j’arrive à mi-chemin
    Avec l’euphorie stupéfaite d’un petit plaisir nocturnal.

    Illustration de Paul Landacre.

  • Comme une cruelle impression

    La Terre, d’une soif vengeresse, ouvre les écluses du ciel ;
    Voici la pluie qui lui répond et lui abreuve ses sillons.
    Pour apaiser sa sécheresse par des orages substantiels,
    De l’eau a coulé sous les ponts jusqu’en Languedoc-Roussillon.

    L’afflux de nouvelles recrues pour débourber rues et ruelles
    Vient épauler les secourus chaque jour de chaque semaine.
    Qui l’eut cru que toutes ces crues traduisent une année bien cruelle,
    Que des noyés, des disparus s’ajoutent aux catastrophes humaines !

    Tableaux « La Seine … » de Claude Monet.

  • Femme-fleur

    Femme-fleur

    Une jolie fleur dans une belle peau, soit un beau soleil dans le dos,
    Et la journée s’embellira vers une promesse d’amour.
    Deux petits oiseaux bien à propos, un joli paon sur une poule d’eau
    Et mon petit cœur s’emballera sur cette invitation glamour.

    Tandis que le soleil s’affaisse sur le Mont de Vénus ambré,
    Le paysage se détend dans la douceur du crépuscule.
    L’ombre s’étire sur les fesses, les jambes et le bassin cambré ;
    La nuit referme ses battants et les étoiles se bousculent.

    Photo de Craig Tracy sur https:www.topito.comtop-bodypainting-craig-tracy .

  • Les deux mains droites – 2

    Les deux mains droites - 2

    Les mains d’artiste visionnaire créent, d’une audace intemporelle,
    Toutes les histoires du monde passées, présentes et d’avenir.
    Mains gauche et droite décisionnaires pour une action incorporelle
    Qui, d’une inspiration féconde, peint tous les meilleurs souvenirs.

    Assistées d’un bon partenaire, les deux mains droites réunies,
    Les deux énergies se conjuguent et se renforcent en même temps.
    Une force extraordinaire venue d’un lien qui prémunit
    Par la synergie qui subjugue adversaires ou combattants.

    Les deux mains droites en avant comme dans une chorégraphie
    Apportent un message de paix par leurs deux paumes synchronisées.
    Les deux mains en moulin à vent fonctionnent en télégraphie
    Pour témoigner notre respect d’une manière préconisée.

    Deux mains de femmes ou deux mains d’hommes, soit de deux sexes différents ;
    L’important réside en l’union et l’association des valeurs.
    La protection crée comme un dôme quand les êtres sont afférents
    À associer en communion leurs intentions avec chaleur.

    Et les mains gauches évidemment n’en sont pas quittes pour autant.
    Elles agissent dans la pénombre sans besoin de se dévoiler.
    Elles agissent plus prudemment par un amour les chapeautant
    Qui fait partie du même nombre que les quatre membres étoilés.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Ma libraire

    Ma libraire

    Chez ma libraire tout me plaît et je l’aime à tous les étages
    Depuis son rayon érotique du sous-sol avec ses volumes
    Dont le contenu me complaît, surtout quand il y a des images,
    Jusqu’à son espace exotique qu’occupent ses trésors de plume.

    Quand je passe devant sa vitrine, mon appétit de nouveautés
    Me fait pénétrer en son sein pour y tâter ses belles pages.
    Les bras croisés sur la poitrine que chaque pas fait sursauter
    En bringuebalant du bassin, elle vient m’en offrir davantage.

    Ma bouquiniste et ses coussins au sein d’un bon coin de lecture
    Me parle d’amour pour ses livres et pour le lecteur que je suis.
    Je vous l’avoue, j’ai le dessein de lui faire vivre une aventure
    Et que Cupidon nous délivre la flèche d’amour qui nous poursuit.

    Photo de Sølve Sandsbø.

  • Lecture zen

    Je suis soumis à l’attraction des fruits de l’imagination
    Et la lecture me délivre de tous les soucis de la vie.
    Concentration, décontraction s’amusent de ma fascination
    Et l’apesanteur d’un bon livre à la pesanteur me ravit.

    Je croise les lignes et les mots au cours de mon sport cérébral
    Et je me détends en coulisse en prenant le train d’aventures.
    J’oublie mes peines et mes maux par le battement palpébral
    De mes yeux remplis de malice et de passion pour la lecture.

    Les romans m’offrent des voyages autour du monde en rotation
    Avec les bandes dessinées pour la traversée des nuits blanches.
    Et j’aime en rendre témoignage depuis que j’ai la vocation
    D’écrire leurs traces disséminées dans mes poèmes en avalanches.

    Tableau d’Alexis Martinez Puleio.

  • Les années zinzins

    Plus rien ne sera comme avant du jour où je fus confiné
    Entre les quatre murs étroits de ma cellule-appartement.
    C’en est ainsi ; dorénavant, je vivrai le cœur résigné
    À ne pouvoir payer l’octroi envers le moindre échappement.

    Alors je voyage en cuisine comme sorte de défouloir,
    Je vis mes aventures en chambre en parcourant mille romans,
    Les excursions que j’avoisine se font tout au long du couloir
    Qui va de janvier à décembre à chaque heure, à chaque moment.

    Heureusement, j’ai l’insomnie comme véhicule de l’espace
    Qui m’envoie vers des ribambelles de rêves en majorité.
    Et je fais fi des calomnies qui disent que ma carapace
    Dissimule un esprit rebelle à toute forme d’autorité.

    Tableaux de Felicia Chao sur https:imgur.comgalleryolStj5q et sur https:read01.comjjBxzJE.html#.YMWzxS2vjxw .

  • Cépages divins

    Pour commencer, juste une coupe pour vous enivrer de champagne
    En vous montrant mon savoir-faire de sommelière de l’amour.
    Venez la boire sur ma croupe, entre mes petites montagnes
    Qui sauront, pour vous satisfaire, démarrer le compte à rebours.

    Un verre de blanc, juste un ballon, que vous porterez à vos lèvres
    Pour savourer le goût du vin que vous réserve ma poitrine.
    Venez goûter les mamelons que vous téterez avec fièvre
    Comme embellissement divin qui agrémente ma vitrine.

    Un verre de rouge, juste une larme, pour découvrir le goût subtil
    De la coupelle originale d’une liqueur d’effervescence.
    Abandonnez-vous donc au charme et offrez-moi votre pistil
    Qui, dans ma coupe vaginale, produira l’extase des sens.

    Tableaux d’Andrei Protsouk sur https:www.andreiart.comcatalog .

  • Incroyable mais faux !

    Incroyable mais faux !

    L’enseignement permet de croire en tout un ensemble de normes ;
    Lorsqu’elles sont mises bout à bout, elles renforcent mes convictions.
    Ce formatage ne fait que croître, devient de plus en plus énorme
    Et me dresse des garde-boues contre la science-fiction.

    Puis, lorsque je sors diplômé, c’est-à-dire tout endoctriné,
    La religion de la science devient mon meilleur complément.
    Malgré tout ça, je suis paumé et je me laisse embobiner
    Par ceux qui dressent ma conscience à obéir aveuglément.

    Ainsi devant une évidence, la peur me fait tergiverser ;
    Les médias du gouvernement m’obligent à croire à leurs salades.
    Je suis entré en dissidence quand j’ai laissé me traverser
    La lueur du discernement qui m’a révélé l’escalade.

    Tableau de Jef Aerosol.

  • Les rois de l’échec

    Les rois de l’échec

    Lorsque les reines sont parties, les rois ne dansent pas pour autant ;
    Ils en profitent pour s’affronter loin de leurs femmes éplorées.
    Ainsi, ils se sont réparti leurs beaux cavaliers sursautant
    Tous les fous sur leurs tours montés et les pions chargés d’explorer.

    Au signal, chacun se pourfend, se rue et court vers l’objectif ;
    Parfois les deux armées se croisent sans apercevoir d’ennemi.
    Même si aucun roi s’en défend, ils n’ont pas manqué d’effectif
    Car les morts marqués sur l’ardoise reviennent sur le tatamis.

    Finalement, ce monotone petit jeu entre roitelets
    Engloutit toute la fortune et vide les caisses de l’état.
    Or il paraît que dès l’automne, les chevaux seront attelés
    Avec des armes opportunes pour s’entretuer sur le tas.

    Tableau de Gosia Herba.

  • L’œil du désert

    L’œil du désert

    La nature joue de paréidolie lorsqu’elle imite des visages
    Comme les formes dans les rochers, dans les nuages ou les feuillages
    Des forêts d’arbres qui s’exfolient en resculptant le paysage
    Ou dans les ronces décrochées après un rude débroussaillage.

    Dans le désert, souffle l’artiste qui expose sa galerie.
    Tableaux de couches et de structures qui rappelle l’œil du créateur,
    Rose des sables et améthystes mimant une animalerie
    Et dunes haussées de sculptures d’un enthousiasme idéateur.

    Photo de « l’œil du désert » en Iran.

  • Home Hard Home

    Home Hard Home

    Après le pass obligatoire, comme ils n’avaient rien contesté,
    On ferma toutes les boutiques, les restos et les cinémas.
    On leur raconta des histoires à propos de morts attestées
    Leurs vies désormais robotiques ne fonctionnèrent qu’a minima.

    On enferma dans un ghetto les non-testés, non-vaccinés
    Et l’on ferma leurs portes à clef de peur qu’ils sortent dans la rue.
    Le président, droit de veto, leur interdit d’avoisiner
    Leurs parents, eux-aussi bouclés, qui furent portés disparu.

    Enfin quand les grands de ce monde se justifièrent de leurs actes,
    Ils ressemblaient aux animaux, ceux-là mêmes malades de la peste.
    Chacun par des propos immondes nia avoir signé un pacte
    Avec Satan, à demi-mot, et avoir retourné sa veste.

    Illustration de Philippe Caza.

  • Échec aux dames

    La reine blanche est au moulin, la reine noire est aux fourneaux.
    Tous les pions battent la campagne, les chevaux trottent tour à tour.
    Le roi blanc compte ses poulains, le roi noir chasse l’étourneau.
    Les fous gravissent les montagnes et s’observent depuis leurs tours.

    D’abord les blancs ont commencé à lorgner tout l’argent des noirs ;
    Ceux-ci leur ont damé le pion d’un judicieux échec au roi.
    Dans cette partie romancée par des coups bas en tamponnoir,
    Le cavalier blanc, un champion, a mis son roi en désarroi.

    Roque manqué, roque trop tard, la garde se rend et se meurt.
    Le roi déchu cherche le pat, la reine fichue est épargnée.
    Mais sans surprise et sans retard, les noirs font taire les rumeurs
    Et leur déclare : « Échec et mat ! » et pour une fois, ils ont gagné.

    Tableaux de Georgy Kurasov.

  • La folle du tarot

    La folle du tarot

    J’aime le tarot féminin qui commence à la batelière
    Puis, la pendue et l’amoureuse, la charrette et la femme ermite.
    La diablesse crache son venin de manière inhospitalière
    Puis, sait se montrer langoureuse quand elle réchauffe sa marmite.

    Mais c’est la folle que je préfère, la fée qui s’enfuit défrisée
    À poil en dandinant des fesses pour recommencer à zéro.
    D’ailleurs les cartes s’y réfèrent car elle apparaît déguisée
    En impératrice et papesse afin de tromper les héros.

    Tableau d’Andrius Kovelinas.

  • Cœurs de saison – 2

    Au cœur de l’été, tout mûrit comme les fruits de la raison
    Que la nature aime semer juste pour se mettre en beauté.
    Le vent, d’un jeu de souffleries, propage sans comparaison
    Chaque graminée parsemée vers sa prochaine nouveauté.

    Puis, tout comme un artiste peintre, qui travaillerait au couteau,
    La Nature use de matières pour renouveler sa garde-robe.
    Et je verrai voler les cintres faire des tours en culbuto
    Et la Terre nue tout entière mettra ses tenues les plus probes.

    Photos de Christophe Gilbert sur https:ego-alterego.combiggest-famous-photo-manipulators-christophe-gilbert#.YOP6pSKvjxw .

  • L’instrumentale

    L’instrumentale

    Vous qui pensez avec le cœur puisque le cœur est instrument,
    Entendez-vous sonner votre âme dans le canal de résonance ?
    Vous qui chantez, merle moqueur, contre l’ennui, éperdument,
    Écoutez-vous vibrer la lame de l’intuition en assonance ?

    Cœur et raison en dissonance sans pour autant de fausses notes,
    Quand le corps se fait troubadour, la chair veut jouer en duo.
    L’œil entrevoit la rémanence du chatoiement sur les menottes
    Qui pincent les cordes d’amour de l’organe de plus en plus haut.

    Tableau de Jiří Petr.

  • Cœurs de saison – 1

    Au cœur de l’été, tout fleuri d’une abondance de saison ;
    Un peu d’eau et un peu d’amour, un peu de soleil et de vent,
    Parsèment d’une espièglerie toutes les fleurs de la maison
    Toujours un peu plus chaque jour, plus que derrière, moins que devant.

    Quand viendra le temps des colchiques et du changement des couleurs,
    Tous les pétales s’envoleront avec les feuilles en tourbillon.
    Et dans ce chaos anarchique, mêlé de deuils et de douleurs,
    Tous les pleurs s’évanouiront aussi légers qu’un papillon.

    Photos de Christophe Gilbert sur https:ego-alterego.combiggest-famous-photo-manipulators-christophe-gilbert#.YOP6pSKvjxw .

  • Femmes-fruits

    Quand les femmes-fleurs ont mûri, elles deviennent femmes-fruits.
    La nature fait bien les choses et nourrit l’homme en abondance.
    Pour prévenir la pénurie je vous propose dès aujourd’hui
    Que les jeunes fleurs à peine écloses soient traitées sans condescendance.

    Arrosées quatre fois par jour d’attention et de courtoisie,
    Retaillées à chaque saison de nouvelles tenues à la mode.
    Ensemencées avec amour pour le nectar et l’ambroisie
    Que leur cœur produit sans raison pour que leurs hommes s’en accommodent.

    Tableaux de Jean Dominique Antony Metzinger sur https:fr.wahooart.comArt.nsfArt_FR?Open=&Query=Jean%2CMetzinger .

  • Les reines des tabloïds

    Le marketing la plébiscite, la publicité la chérit,
    Tous les magazines l’adulent et tous les médias la vénèrent.
    Pas un seul jour où l’on ne cite les nouvelles d’une chérie,
    D’une vedette à particule ou d’une star imaginaire.

    Mais la reine des tabloïds n’est reine que dans son pays ;
    La réalité la replace dans son monde phallocratisé.
    À cette loi bizarroïde, les hommes ont toujours obéi
    À moins qu’un jour, on la remplace par un transgenre médiatisé.

    Tableaux d’Arnaud Bauville.

  • La femme de bric et de broc

    La femme de bric et de broc

    De temps en temps, Dieu sur sa table, recycle ses vieux matériaux
    Et refait Ève avec l’image des présentoirs des bars-tabac.
    Les briquets bon marchés jetables, utilisés a contrario,
    Sont assemblés après usage pour faire office de djellaba.

    Jetons, doses homéopathiques, tout est mis à contribution
    Pour créer de bric et de broc, une femme de pacotille.
    Après ce moment pathétique de folie de substitution,
    Avec Lilith, sa réciproque, ils s’esclaffent de leurs broutilles.

    Tableau de Renaud Delorme.

  • Le basculement des pôles

    Le basculement des pôles

    On a perdu le pôle nord, on a perdu le pôle austral,
    On a égaré la Grande Ourse et l’Étoile Polaire est tombée.
    Le lapin de Pâques se déshonore dans le désordre magistral ;
    Du coup, il n’est plus dans la course, on en subit les retombées.

    Le printemps change avec l’automne, l’été permute avec l’hiver,
    Les équinoxes s’embarrassent, même les solstices s’emmêlent.
    Finies les saisons monotones, tout se bouscule dans l’univers ;
    L’astre solaire nous harasse de ses éruptions pêle-mêle.

    Tous les soixante millions d’années, la Terre fait son grand nettoyage
    Et restructure en son séjour, ses océans, ses continents.
    Nous ne sommes donc point condamnés mais subissons le débrayage
    Qui délocalise nos jours vers un futur impertinent.

    Tableau d’Andrew Ferez.

  • Échappement

    Jour après jour, mes idées naissent, grandissent et prennent leurs places
    Mais peu à peu, elles m’envahissent jusqu’à m’empêcher de rêver.
    D’abord de première jeunesse, elles font vite du surplace
    Et très rapidement vieillissent jusqu’à un état aggravé.

    Les évacuer une à une prend trop de temps sur ma patience
    Et je préfère les vider directement sur internet.
    Facebook m’offre une page opportune bien qu’elle manque d’efficience
    Mais suffit pour que mes idées gravitent autour de la planète.

    Sculptures de Kina Crow sur https:www.pmacraftshow.orgartistceramics2013kina-crow .

  • Relaxation

    Relaxation

    S’arrête la course du temps au temps de la relaxation
    Si seulement la vie s’en imprègne afin d’en prendre connaissance.
    Plus l’objectif est important, plus forte est l’accélération
    Vers un leurre qu’il faut que j’enfreigne contre une nouvelle naissance.

    Lorsque le temps stoppe sa course et que le flot de mes pensées
    S’écoule vers une quiétude dans une forêt de silence,
    Peu à peu le temps me rembourse, le temps perdu est compensé
    Et je n’ai aucune inquiétude à abaisser ma vigilance.

    Si je suis souvent dans la Lune, dans la mer de sérénité,
    J’y cultive mes petits vers sous un soleil de réflexion.
    Ainsi donc ma seule fortune reste un moment d’éternité
    Où l’âme respire à découvert et le cœur s’ouvre en réception.

    Tableau de Jasmine Le Nozac’h sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201308Jasmine-Le-Nozach.html .

  • Les petits animaux dans la tête

    Le cœur court comme un éléphant qui fuit le fruit de la raison
    Et l’âme brame comme une biche lorsque l’esprit est aux abois.
    Je redeviens ce petit faon qui recherche en vain sa maison
    Dans la forêt de vers en friche dont mon corps fait feu de tout bois.

    L’éléphant lourd comme une plume s’envole en étendant ses ailes,
    La biche retrouve son cerf et le faon regagne son gîte.
    Tandis que mon corps se déplume, le temps court comme une gazelle
    Et je me dis : « À quoi ça sert toutes ces pensées qui s’agitent ? »

    Sculpture de Luciana Novo sur http:luciananovo.blogspot.com .

  • Bavaroise Saint-Michel

    Bavaroise Saint-Michel

    Mont Saint-Michel en bavaroise aux oranges flambée au Cointreau
    Pavoise d’honneur sur la carte aux entremets les plus soûlards.
    Un breton né en mer d’Iroise, pâtissier pourtant maestro,
    L’aurait réalisé en tarte aux dépends de la mère Poulard.

    Photo de Mathieu Rivrin.

  • Plus il y aura de trous…

    Plus il y aura de trous…

    Encore plus de trous dans les robes sur les cuisses et les poitrines
    Et moins il y aura d’artifice qui sont des tissus de mensonges.
    Lorsque l’étoffe se dérobe, la femme devient une vitrine
    Dont par ses petits orifices toute sa beauté se prolonge.

    Évidemment, mon cœur fantasme par ses visions à rayons X
    Et mon esprit libidineux lorgne à travers la moindre niche.
    Mais n’y voyez aucun sarcasme sur cette mode assez prolixe
    Qui fait des prix faramineux de fringues de plus en plus chiches.

    Montage Photo de Michel Lamoller sur http:www.journal-du-design.frarttautochronos-par-michel-lamoller-65006 .

  • La prosopagnosie

    Les gens me paraissent informes dans mes mémoires accumulées.
    Je ne suis pas physionomiste mais plutôt prosopagnosique.
    L’incapacité non conforme que je cherche à dissimuler
    Mais trahit l’anticonformiste qui se défend d’être amnésique.

    Parfois les visages s’estompent seulement après quelques années
    Si je les ai perdus de vue ou oubliés depuis des mois ;
    Parfois ils partent en grande pompe de façon presque instantanée.
    Étrangement, par mes bévues, les gens se souviennent de moi.

    Tableau de Le Corbusier de l’expo Beaubourg http:celine-photographie2.overblog.com201505exposition-le-corbusier-a-beaubourg.html .

  • J’ai, mais littéralement, le choix

    Gémellité entre deux sœurs provoque des interférences
    Je me suis toujours demandé comment peut-on préférer l’une
    Plutôt que l’autre en connaisseur de cette ultime différence
    Qui fait qu’une âme est quémandée tandis que l’autre, inopportune.

    Bien sûr, cette légende urbaine sur la complicité des sœurs
    Pourrait expliquer qu’au contraire, elles ont déjà fait leur choix.
    Elles profiteraient de l’aubaine en se renvoyant l’ascenseur ;
    La décision bien arbitraire à la meilleure qui gagne, échoit.

    Tableaux de Lia van Elffenbrinck sur http:liavanelffenbrinck.comabout-me .

  • Amor in Color

    Je l’aime en rouge passionnément comme une fleur épanouie
    Qui goûte les préliminaires sur sa peau de rosée mouillée.
    Je la caresse évidemment sur le bouton évanoui
    Qui devient extraordinaire dès qu’il est un peu chatouillé.

    Je l’aime en jaune profondément comme un soleil pendant l’amour
    Qui brûle au creuset de nos sexes toute notre passion éclose.
    Et nos va-et-vient véhéments agissent comme un compte à rebours
    Jusqu’à la vague circonflexe de nos orgasmes qui explosent.

    Je l’aime en bleu intensément d’une nuit sous le firmament
    Quand nous nous reposons ensemble durant cette petite mort
    Qui nous endort immensément comme la belle-au-bois-dormant
    En rêvant à ce qui ressemble à la vie qui naît dans son corps.

    Tableaux de Don Andrews sur https:www.donandrewsstudio.comfig-image-24.html .

  • Équanimité

    Équanimité

    Le choix est un déséquilibre entre choisir et renoncer.
    Quand la vie prend le bon chemin, l’autre était-il préjudiciable ?
    Mon âme aspire à l’équilibre et mon cœur dédaigne annoncer
    Le potentiel dans une main et l’autre tout aussi négociable.

    Je vis sur un chemin étroit, une frontière délimitée.
    D’un côté Dieu serait mon maître, de l’autre l’homme doit être adulte ;
    D’un côté je veux être roi, de l’autre vivre d’humilité ;
    L’équanimité sait admettre qu’aucune des options en résulte.

    Alors quand les évènements entraînent un choix intransigeant
    Visant à diviser les gens pour mieux régner dans le royaume,
    J’écoute tous les arguments, les sots et les intelligents,
    Mais finalement seul l’argent arbitre le destin des hommes.

    Illustration de Moebius.

  • Drôles de zèbres !

    Dans mon bestiaire imaginaire, les zèbres se métamorphosent
    En jolies filles en bas résille ou en chaussettes à rayures.
    D’une ardeur extraordinaire pendant l’amour, elles se nymphosent
    Jouissent et après, s’égosillent en espérant la revoyure.

    Or je refais ce même rêve et je rejoue à saute-zèbre
    En frôlant entre les zébrures leurs jolies croupes chevalines.
    Hélas la jouissance trop brève qui leur agite les vertèbres
    Me propulse hors de leurs cambrures et libère mon adrénaline.

    Photos de Sit Haairo.

  • Le bonhomme vert

    Le bonhomme vert

    On prétend qu’il vit en ermite comme un vieux bonhomme pervers,
    On ne sait pas où il habite mais il ferait tout à l’envers.
    Il vivrait nu dans sa maison qui sentirait le renfermé ;
    Il n’aurait plus toute sa raison derrière ses volets fermés.

    Tous ces propos sont des rumeurs, billevesées, calembredaines ;
    Les gens sont de mauvaise humeur quand on n’a pas de vie mondaine.
    Si l’homme vit comme un ascète si c’est là tout ce qu’il sait faire,
    S’il ne porte ni slip, ni chaussette ; quoi qu’il en soit, c’est son affaire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Adama & Éva

    Adama & Éva

    Bien sûr, la vie change d’avis, c’est là son droit et son devoir.
    Au début, elle a créé l’homme qui n’était autre qu’une femme.
    Elle l’a fait pour la survie de l’espèce, histoire de voir
    Si une planète autonome mérite sa féminine âme.

    Quelque chose n’a pas dû marcher car la vie a changé d’idée
    Et créé l’homme et ses ravages afin de contrebalancer
    Les femmes ainsi harnachées par leurs bonhommes décidés
    À les conduire sur des rivages où tout pourrait recommencer.

    Dieu a voulu créer la femme, la Nature a choisi le sexe
    Et l’homme devint phallocrate pour régner sur l’humanité.
    Dommage que ce pouvoir infâme ne lui donne pas quelque complexe
    Car un renouveau démocrate réveillerait sa féminité.

    Tableau de Jean Dominique Antony Metzinger sur https:fr.wahooart.comArt.nsfArt_FR?Open=&Query=Jean%2CMetzinger .

  • L’évasion d’une seconde

    L’évasion d’une seconde

    Heures rouillées par les années, minutes tombées en poussière
    Et les secondes oubliées, passées trop vite, momentanées.
    Le temps cruel a condamné ses filles dans une souricière
    En ne les ayant publiées qu’une fraction instantanée.

    Une seconde et une seule s’est échappée du trou béant
    Et s’est rajoutée quelque part dans l’infini de l’univers.
    Le temps, d’une moue lâche et veule l’a laissée fuir dans le néant
    Cependant, depuis son départ, il est passé à l’heure d’hiver.

    Parfois l’astronomie découvre une trace de son passage
    Ajoute ou retranche la seconde qui apparaît furtivement.
    Parfois lorsque le temps se couvre, lorsque le temps est à l’orage,
    Elle se glisse entre les ondes pour s’écouler hâtivement.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.