Auteur/autrice : Maryvon Riboulet

  • Le pont de lumière

    J’irai en habit de lumière vous apporter la connaissance,
    J’extrairai le mal des ténèbres que l’on veut vous inoculer.
    J’entrerai dans chaque chaumière pour éclairer de renaissance
    Toutes vos expériences funèbres qui renaîtront miraculées.

    Je marcherai dans un éclair qui fera le tour de la Terre,
    Qui avertira les humains que leur salut est arrivé.
    Je parlerai d’une voix claire sans pléiade de commentaires
    Pour vous montrer le vrai chemin, celui qui va vous raviver.

    Illustrations de Guy Billout sur https:littleblacksubs.wordpress.com20170210surreal-illustrations-by-guy-billoutamp .

  • Gepetto

    Gepetto

    Souvent l’histoire s’inversa et Pinocchio fit Gepetto
    À l’image d’un mari honnête tel qu’il se présentait, sans vice.
    Mais quand la colle, il renversa, il se reprocha in petto
    D’avoir fait sa marionnette sans clou sans boulon et sans vis.

    Lorsque la fée bleue délurée fit sa visite hebdomadaire,
    Elle s’esclaffa sur le pantin habillé de colifichets.
    « Tu aurais dû l’peinturlurer », dit-elle, « avec un air moins grabataire
    Et un aspect plus enfantin ou encore mieux, en godemichet ! »

    Marionnette de Česká Tvorba.

  • La femme mûre

    La femme mûre

    L’homme qui aime une femme mûre aime ses courbes et son maintien ;
    La femme qui aime un homme mûr cherche un appui et un soutien ;
    Et dans ces histoires de mur, l’amour se construit et contient
    Autant de mots et de murmures que la construction en retient.

    Parfois la femme pose une muraille impénétrable et imprenable
    Et son trésor reste à l’abri derrière les mâchicoulis.
    Alors sa conquête trop duraille devient très vite déraisonnable
    Et derrière ses murs assombris, elle s’affaisse en mélancolie.

    Photo de Kristijan Antolovic.

  • Peigner la girafe

    Peigner la girafe

    Encore une dernière couche à appliquer prochainement
    Et la girafe est confinée derrière un filet sanitaire.
    Elle faisait la fine bouche à son premier morcellement ;
    À présent elle s’est résignée à ce régime totalitaire.

    Elle aura le droit de brouter, de boire et de se déplacer
    Grâce à l’identification de son bodypainting privé.
    Tant pis si elle est déroutée à se retrouver déclassée
    Parmi l’authentification aux boniments enjolivés.

    Photo d’Anil Saxena.

  • Au gré des vents

    Au gré des vents

    Au gré des vents j’envoie mon cœur comme une bouteille à la mer
    Dans mes petits mots confiés à l’air du temps qui les emporte.
    Aujourd’hui, je suis chroniqueur, demain j’aurai le ton amer ;
    Tout dépend si je suis convié, invité ou mis à la porte.

    Parfois mon mot tombe à propos dans une oreille sympathique,
    Parfois il est malentendu selon ce que vous ressentez,
    Parfois mes nerfs à fleur de peau écrivent à l’encre pathétique
    Mais sont toujours, bien entendu, juste un bulletin de santé.

    Illustration de Amanda Cass.

  • Le Jeu de la Bascule et de la Vertu

    Le Jeu de la Bascule et de la Vertu

    Dans la vie, les hauts et les bas balancent entre deux positions ;
    Embrasser ou être embrassée ou mettre l’épée au fourreau.
    L’égalité n’existe pas ; juste à peine une transition ;
    L’hésitation embarrassée quand la victime devient bourreau.

    Dans la vie, on parle et on ment ou bien on apprend à se taire
    Mais tout est tellement embrouillé que personne ne s’y retrouve.
    Les plus forts siègent au parlement, les plus calés aux ministères
    Même le président est mouillé n’en déplaise à ceux qui l’approuvent.

    Illustration d’Armand Vallée, 1924.

  • Pensées en fleurs

    Pensées en fleurs

    S’il est des pensées qui m’effleurent lorsque je flâne dans la nature,
    Elles proviennent des mille fleurs qui me transmettent leurs teintures ;
    Coquelicots pour l’intuition d’une joie profonde et sincère ;
    Pissenlits pour la transmission de tout l’amour qui s’y insère.

    Bleuets pour une inspiration à transcrire un joli poème ;
    Marguerites pour l’aspiration à aimer la vie de bohème ;
    Mais pour les plus beaux sentiments, je fais route en les partageant
    Avec la fleur d’assentiment qu’on appelle l’étoile d’argent.

    Tableau de Katarína Vavrová.

  • Censure virtuelle

    Censure virtuelle

    Qu’elles soient nues sous leurs vêtements ou qu’elles soient nues derrière un masque,
    La pudeur et la sauvegarde ont leur revers de la médaille.
    La liberté est bêtement anéantie par la bourrasque
    Que la peur répand par mégarde de l’homme honni par la flicaille.

    Il est trop tard pour reculer et recommencer à zéro.
    Le ver est en chacun de nous pour nous ronger de l’intérieur.
    Le seul espoir pour basculer enfin du côté des héros
    C’est de n’ plus se mettre à genoux devant le pouvoir supérieur.

    Photo de Haris Nukem.

  • La jardinière

    L’unique feuille de l’an passé qui a traversé tout l’hiver
    A confié le cœur de son limbe à un messager du printemps
    Qui a pris ce laisser-passer inestimable de l’univers
    Protégé par l’aura des nimbes de tous les anges à plein temps.

    Et Demeter, qui le reçoit, se l’insère dans la poitrine
    Et soudain la vie rejaillit par ses ondées de nourriture.
    Elle ensemence, elle sursoit, elle anticipe, elle endoctrine
    Toutes les graines recueillies pour fertiliser la Nature.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

  • Fleur des champs

    Fleur des champs

    J’aime cueillir les fleurs des champs et en respirer leur arôme
    Mais en ce qui concerne les femmes, là je préfère être cueilli.
    Le plus beau cadeau attachant qu’une femme puisse faire à son homme,
    C’est de choisir, de toute son âme, le présent du cœur accueilli.

    Coquelicot ou marguerite, passionnément, à la folie,
    L’une pour la couleur des pétales et l’autre pour être effeuillée.
    Pour une femme, il n’est qu’un rite : celui de la trouver jolie
    Et aimer son fruit prénatal qui la rend mère émerveillée.

    Tableau de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

  • Collection nature – automne-hiver

    Après avoir bien fait bombance, Mère Nature est grassouillette.
    Elle ne rentre plus dans ses nippes et n’a donc plus rien à se mettre.
    Alors on jette en abondance à grands coups de débarbouillette
    Feuilles qui tombent en guenipe au pied des arbres sans en omettre.

    Durant la période du blanc, elle entre dans son grand sommeil
    Les animaux vont hiberner pour se réchauffer dans son ventre.
    Petits et grands viennent en tremblant quêter un peu de son soleil
    Tandis qu’on entend giberner ceux qui patientent dans son antre.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

  • Coquelicot, mon amour

    Coquelicot, mon amour

    « Coquelicot » quel joli nom pour désigner la fleur de joie.
    Mais pour autant, « fille de joie » n’en partage pas la valeur.
    Quelle ironie que ce surnom que l’on prononce à vive voix
    Pour critiquer celle qu’on voit suivre une renommée de malheur.

    Elles fleurissent à peine écloses en vagues rouges les talus
    Qu’elles couvrent de baisers volés à leurs pétales indélébiles.
    Elles décorent les maisons closes qu’un rayon de soleil salue
    Quand on entrouvre les volets sur les fleurs de joie volubiles.

    Tableau de Michael & Inessa Garmash sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201609Garmash-Art.html .

  • Collection nature – printemps-été

    Au renouveau, la garde-robe se renouvelle entièrement.
    Adieu les tenues démodées, vivent les toilettes chamarrées !
    Les vieilles feuilles se dérobent pour remplacer plus fièrement
    Les vieux habits raccommodés charriés par les raz-de-marée.

    Si l’hiver a déshabillé et mis à nu Mère Nature,
    Elle a fécondé en son sein une future progéniture.
    Le printemps vient la rhabiller de fleurs sur toutes ses ramures
    Et l’été d’un soleil enceint lui prodigue sa nourriture.

    Tableaux d’Isabelle Bryer sur https:isabellebryer.typepad.comphotosportraits_and_imaginary_findex.html .

  • Les voyages de sable

    Les voyages de sable

    Certains voyageurs opprimés emportent un peu dans leurs bagages
    De leurs souvenirs arrachés à la terre qui les a vus naître.
    Voyez leurs regards déprimés qui ont laissé dans leurs villages
    Toutes leurs vies amourachées de leurs cultures et leurs bien-être.

    Leurs corps foulent ce nouveau sol mais leurs cœurs restés au pays
    Pleurent tout ce qu’ils ont perdu et leur parents et leurs amis.
    Ils ont égaré leurs boussoles et marchent les yeux ébahis
    Quand vous les croisez éperdus, n’y voyez pas vos ennemis.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • La transparence des corps

    Si nous jouions la transparence avec notre environnement,
    Caméléons, nous deviendrions selon la mode des saisons.
    Pour modifier notre apparence, il nous suffirait, simplement,
    De nous mettre où nous voudrions pour nous fondre dans l’horizon.

    Nous vivrions nus, évidemment, à chacun son bodypainting.
    Le mien serait couleur montagne qui blanchirait lors des hivers.
    Celui de ma femme également selon ce qu’elle a au planning
    Un tableau en pleine campagne ou la mer sur un rayon vert.

    Photos de Jean-Paul Bourdier.

  • Le parfum de la femme en noir

    Le parfum de la femme en noir

    Quand elle s’en va, elle laisse un vide comme un trou noir aspirateur ;
    L’atmosphère nous paraît lourde et le temps devient immobile.
    Nous sentons notre cœur avide d’un souvenir évocateur
    Mais sa présence devient sourde d’une blessure indélébile.

    Les enfants pleurent leurs mamans, les maris pleurent leurs épouses,
    Quand le temps referme la porte de son existence arrêtée.
    À chaque instant, chaque moment, il faudra que le cœur recouse
    L’accroc qui remonte l’aorte de notre organe maltraité.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • Roméo & Juliette

    Pas si transparent Roméo qui laisse une trace indélébile
    Dans le petit cœur de Juliette comme un cristal de Baccarat !
    Leur amour fait la météo selon si Éros est habile
    Ou pleure comme une fillette et fait couler le mascara.

    Mais leur amour caméléon est plus fort que vents et marées
    Car leurs cœurs sonnent à l’unisson pareil à l’Orgue de Baschet,
    Comme un petit accordéon ou un célesta chamarré…
    Quoi qu’il en soit, ces polissons n’ont pas besoin de se cacher.

    Camouflages par Camille Mazier et Axel Chang.

  • J’exige un avocat !

    J’exige un avocat !

    J’ai demandé un avocat pour défendre mes intérêts
    Avec force, prudence, justice et vérité, jamais en deçà.
    Lorsque le juge me convoqua, j’ai prié d’une foi atterrée
    Et dans un tribunal factice, Dieu répondit : « Je n’ai que ça ! »

    Tableau de Michael Naples.

  • L’éclat de la femme en rouge

    L’éclat de la femme en rouge

    Déclinons la femme en couleurs pour lui conjuguer tous ses charmes.
    Et le temps du rouge est présent, conditionnel et subjectif.
    Parlez-moi des jours de douleurs où le corps lui tire une larme,
    Je vous répondrai qu’à treize ans, tout son corps devient réceptif.

    Le rouge exprime la passion, coquelicot, la fleur de joie ;
    Les couchers de soleil intenses sous un ciel révolutionnaire ;
    Les degrés d’émancipation rougissent les tons de sa voix
    Et renforcent sa compétence pour l’amour évolutionnaire.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • Attention, une femme peut en cacher une autre !

    L’homme aime étiqueter les femmes ; femme-enfant, bimbo ou fatale ;
    Femme d’affaire ou intello ; mère de famille, célibataire.
    D’autres étiquettes infâmes incombent à d’autres récitals ;
    Moi, je préfère les écolos, artistes et bien sûr libertaires.

    Quoi qu’il en soit, ce n’est jamais qu’un côté vu de l’extérieur ;
    À l’intérieur plusieurs personnes vivent en cohabitation.
    Inutile donc, désormais, de regarder son postérieur ;
    C’est dans son âme que raisonne celle qui mérite notre attention.

    Tableaux d’Annick Bouvattier.

  • L’écho de la femme en bleu

    L’écho de la femme en bleu

    La femme sied à la couleur comme le bleu convient au ciel.
    Elle s’accorde à la peinture, la photo et l’illustration.
    La femme passe sans douleur de l’anodin à l’essentiel
    Car elle exprime sa nature sans chichi et sans frustration.

    Le bleu évoque l’océan, les mers du sud et les sirènes.
    Les plages aux lumières dorées sous un ciel lapis-lazuli.
    Tous les tons de bleus bienséants s’harmonisent à son port de reine,
    Reine éternelle et adorée pour nos plus charmants stimuli.

    Tableau de Petra Kaindel sur http:touchofcolorr.blogspot.com201608petra-kaindel.html .

  • La pluie, par-ci par-là

    Parlez-moi plutôt de la pluie que des étés caniculaires
    Car le soleil brûle ma peau qui transpire au point d’en rouiller.
    J’aime avec ou sans parapluie aller me rincer l’oculaire
    Avec des formes, bien à propos, ressortant des robes mouillées.

    Jolis bassins et popotins, fesses qui dansotent en cadence
    Et qui, plus l’averse redouble, tressautent encore de plus belle.
    Je l’avoue, j’ai l’œil diablotin mais le cœur en correspondance
    Avec la grâce qui me trouble des corps trempés sous les ombrelles.

    Tableaux de Laura Lee Zanghetti et Andre Kohn.

  • L’heure à Dali

    L’heure à Dali

    Ainsi fondent les heures lentes et les minutes interminables.
    Car à Marseille, il fait si chaud que les pendules ramollissent.
    Au zénith, la chaleur violente devient tellement insoutenable
    Que le sol devient four à chaux afin que l’on s’y avilisse.

    Et pour ne pas traîner leur ombre qui s’incruste entre les pavés,
    Tous les Marseillais font la sieste jusqu’aux heures fraîches du soir.
    Comme elles ne sont guère en nombre, tout le jour ils vont en baver
    Et même s’ils le manifestent, ils ne pourront pas y surseoir.

    Montre molle de Salvador Dali exposée lors de Marseille 2013.

  • La Corne à Dali

    La Corne à Dali

    Par l’O du mur, d’un coup de corne, vient télépather la licorne
    Qu’une fée avait appelée avant de se faire étaler.
    Or, il n’y a aucun témoin mais des indices néanmoins
    Qui prouvent qu’on a transpercé le mur et de l’or renversé.

    Mais voici que la fée s’éveille et que soudain, elle s’émerveille :
    « C’est moi qui ai percé le mur ! » avoue-t-elle dans un murmure.
    « C’était pour permettre à la Lune quelques visites opportunes ! »
    « J’en suis ravie ! » dit la Licorne. « J’ai eu peur que l’on ne t’écorne ! »

    Licorne de Salvador Dali exposée lors de Marseille 2013.

  • Ceci n’est pas un Dupondt

    Contrairement aux apparences, toute image un peu trop fidèle
    Ne traduit pas réellement l’émotion qui monte en surface.
    Apparemment cette carence ne proviendrait pas du modèle
    Mais plutôt virtuellement du cerveau qui fait volte-face.

    Plus nous multiplions l’objet qui nous rassure ou nous fait peur
    Et moins l’œil n’y fait attention, il faut s’en faire une raison.
    D’ailleurs, n’importe quel sujet dupliqué à toute vapeur
    Provoquera l’inattention à force de péroraison.

    Matriochka, poupées gigognes, tout n’est qu’une mise en abyme ;
    L’observateur s’identifie à sa perception synoptique.
    Mais, avouons-le sans vergogne, ces aberrations légitiment
    Notre vision qui quantifie que tout n’est qu’illusion optique.

    D’après Hergé et Magritte sur https:tintinomania.comtintin-herge-magritte .

  • Agence Animalia

    Dans les banlieues et les cités, de poulaillers en cages à poules,
    La police n’ose plus entrer ; sans doute tient-elle à ses plumes.
    Alors, pour ne pas les citer, on voit squatter les Babacools
    Et de drôles d’oiseaux concentrés pleins de regrets et d’amertume.

    Un jour, l’inspecteur Canardo, désabusé, démissionna
    Car le commissariat, vraiment, lui courait sur les haricots
    Dégouté du poids du fardeau, son insigne, il abandonna
    Et s’éloigna sous les braiments des ânes et des bourricots

    Ainsi, ce poulet défroqué ouvrit l’Agence Animalia
    Et engagea une levrette spécialisée en filatures.
    Ils s’établirent dans un troquet nommé « La dame aux camélias »
    Un drôle de nom pour leurs enquêtes mais parfait comme couverture.

    Sculptures d’Alessandro Gallo sur https:www.booooooom.com20160413hybrid-sculptures-by-artist-alessandro-gallo .

  • Sous le masque, la grâce

    Sous le masque, la grâce

    J’aime lorsque tombe le masque sur le visage déshabillé
    Comme un strip-tease qui révèlerait toute l’intimité de l’âme.
    Une bouche charnue et fantasque, des yeux vrais et démaquillés,
    Un petit nez qui oserait se tortiller comme une flamme.

    Masque tombé, la vérité sort de la bouche de la femme
    Comme un enfant à découvert à l’orée d’une forêt sombre.
    Riche de mémoires héritées et d’amour dont mon cœur s’affame
    Et d’un regard à peine ouvert qui m’invite à sortir de l’ombre.

    Tableau de Thomas Richman Blackshear.

  • Le mensonge qui tue

    Le mensonge qui tue

    À petites doses insidieuses, la télé vient me formater
    Avec le choc de ses infos et ses programmes de variétés.
    Au moyen de voix mélodieuses je tends à la conformité
    Et j’avale tout ce qu’il faut sans la moindre contrariété.

    Quand je suis cuit, d’un cri qui tue, on manipule mon cerveau
    J’achète ce qu’on me conseille et je voyage où l’on me dit.
    Je m’épuise et je m’évertue à presser le pas comme un veau
    Et travailler pour de l’oseille qui ne m’apporte que maladie.

    Si tu ne sais pas t’arracher à la doctrine médiatique,
    On fera de toi un robot entièrement téléguidé.
    Plutôt que de t’amouracher de ce bourrage idiomatique,
    Dis-toi bien que c’était trop beau … … mais prévu pour te liquider.

    Illustration de xxx.

  • Le refuge étoilé

    Le refuge étoilé

    Le gigantesque arbre étoilé réserve des fruits à surprises
    Et grâce aux moteurs de recherche, j’y trouve plus ou moins ma voie.
    Par des mots à demi voilés qui laissent planer des méprises,
    On me tend soi-disant la perche sans que je sache qui me l’envoie.

    On m’y propose des nuit de rêves pour y goûter l’amour de fées
    Qui me paraissent savoureuses et totalement désirées.
    Parfois je dois dans l’heure brève répondre à l’ami catastrophé
    Qui me demande une vigoureuse somme d’argent à lui virer.

    Nul besoin de passe-sanitaire pour circuler dans les boutiques ;
    Concerts, cinémas s’offrent en ligne sans nécessiter d’affreux masque.
    Ce monde qu’on croyait austère car virtuel et robotique
    Propose le seul recours digne aux antipass et antivax.

    Tableau de Loetitia Pillault.

  • Pendant ce temps à Lourdes…

    Pendant ce temps à Lourdes…

    Dans l’armée sacrée des miracles, les sœurs en attente du front,
    S’organisent en fines stratèges car quelque chose a dérapé ;
    Dieu, lui-même, à travers l’oracle de ses prophètes, a fait l’affront
    De ne plus bénir les cortèges des pénitents handicapés.

    Dieu se serait-il mis en grève ? La nouvelle vient de tomber.
    En effet, il en a assez de rafistoler les mourants.
    Il s’est imaginé un rêve – auquel les saints ont succombé –
    De désormais se prélasser loin de tous problèmes courants.

    Les anges ont fourni la raison : depuis qu’on fait croire aux terriens
    Que la peur de l’épidémie est plus forte que celle du péché,
    Qu’on les confine à la maison en les traitant de bons à rien,
    Le vaccin devient l’ennemi sauf si l’on peut l’en empêcher.

    Bonne nouvelle dans les chaumières ! Personne n’est resté au logis !
    Les braves gens sortent manifester, aveugles, muettes et sourdes.
    Attendons des sœurs leur lumière pour fournir une théologie
    Capable de nous admonester la fin du Covid même à Lourdes.

    Photo de Steve McCurry sur https:www.stevemccurry.com .

  • Bas les masques !

    Lorsque les masques n’auront plus cours, nous devrons le symboliser
    Par un visage libéré de l’étouffement du scandale.
    Honte à ceux qui portent secours par des vaccins diabolisés
    Après avoir délibéré d’un pass voté par des vandales.

    Sous le masque nous grincions des dents, les yeux embués de nos miasmes ;
    Sans masque, la face découverte, nous rirons en tirant la langue.
    Grimaces et rictus évidents pour se moquer avec sarcasmes
    De toutes polémiques ouvertes envers Emmanuel et son gang.

    Tableaux de Jean Dominique Antony Metzinger.

  • Bain de cartes

    Bain de cartes

    La Reine qui veut brouiller les cartes, possède plus d’un tour dans son sac.
    D’abord elle joue les jolis cœurs, à la fin de l’envoi, elle pique.
    Ses sujets aussitôt s’écartent car ils en craignent le ressac
    Lorsqu’elle abat d’un air vainqueur ses atouts en bataille épique.

    Seulement voilà quand on est reine, on en craint les révolutions.
    Les sans-culottes qui n’ont plus rien à perdre descendent dans la rue.
    On déshabille la sirène et on fait la dissolution
    D’un gouvernement de vauriens et on pleure l’honneur disparu.

    Photo Instagram de Frombeewithlove.

  • L’amour en fumée

    L’amour en fumée

    Par tout le sexe consumé que j’avais idéalisé
    Avec l’amant qui choisirait comment diriger le navire,
    L’amour est parti en fumée le jour où j’ai réalisé
    Qu’en moi surtout il désirait l’esclave de tous ses désirs.

    Tout le film de nos souvenirs se mêlent dans les vapeurs d’alcool
    Dans lequel je noie le chagrin de notre idylle qui fait naufrage.
    La raison de mon avenir va devenir un cas d’école
    Et en attendant, j’ai du grain à moudre dans mon cœur en rage.

    Illustration Lust Digital Art By Geliografic sur https:webneel.comdaily6-lust-digital-art-geliografic .

  • To be rich or not to be rich

    Fais-tu passer ta vie avant ton fric ? Fais-tu passer ton fric avant ta vie ?
    Telle est la question qu’on se pose dans les milieux favorisés.
    Pour les populations d’Afrique dont le problème est la survie
    La solution ne s’interpose que par ethnies terrorisées.

    Peur de n’avoir jamais assez, peur de manquer de nourriture,
    Peur de se sentir rationné et enfermé dans son cocon…
    Tous les moyens sont amassés pour soumettre par la torture
    Ceux que l’on a conditionnés par des années de télécon.

    Illustrations de Pawel Kuczynski.

  • Autoportrait

    Autoportrait

    Moi, si je devais me décrire comme j’aimerais être perçu,
    J’aurais le front rempli de vers et les joues pleines des bleus de l’âme.
    D’encre de Chine pour écrire, mes yeux auraient été conçus
    Pour appréhender à travers votre cœur, sa petite flamme.

    Mais Dieu, mon père ainsi qu’ ma mère m’ont modelé à leur image
    Avec une bouche charnue et des yeux de biche aux abois.
    Ainsi mes poèmes amers sont finalement leur héritage
    Et si je suis si biscornu, c’est parce que j’ai cassé du bois.

    Autoportrait de Beth Marcil sur https:www.artfromtheinsideout.commixed-media-portrait-for-grade-5 .

  • Les beaux yeux

    T’as de beaux yeux, surtout le gauche car il me parle avec le cœur ;
    T’as de belles mains, surtout la droite quand elle brandit mon crayon.
    J’aime sur ta bouche l’ébauche d’un petit sourire moqueur
    Lorsque d’une parole adroite vers l’amour nous appareillons.

    T’as d’beaux cheveux, surtout les blonds qui ressemblent à un champ de blé ;
    T’as d’belles jambes, de belles hanches surtout quand tu viens t’accroupir
    Et m’offres tout ton corps oblong tous les week-ends dans ton meublé
    Pour faire l’amour jusqu’au dimanche suivi de six jours de soupirs.

    Tableaux d’Erik Renssen sur https:renssenartgallery.comartists25-erik-renssenworks .

  • Crépuscules complotistes

    Crépuscules complotistes

    Cette météo anarchiste présente son côté artiste
    Mais je ne suis pas masochiste et je la trouve complotiste.
    À cause d’un printemps en retard suivi de cet été pourri
    De quarante jours au mitard sous une glaciale flouerie.

    Or voici que la canicule vient de nous tomber sur le cul
    Avec des bulletins ridicules qui n’ont pas assez de recul.
    Alors les fantaisies du ciel et ses crépuscule cosmiques
    Me semblent assez concurrentiels avec l’époque pandémique.

    Photo de Mathieu Rivrin.

  • De la vache enragée

    De la vache enragée

    Quand les pervenches chanteront, les vaches seront bien gardées
    Et les taureaux prendront eux-mêmes le chemin vers les abattoirs.
    Quand les vautours arriveront, leur cuir sera sauvegardé
    Afin de couvrir sans problème nos canapés ostentatoires.

    Quand les sérums et les vaccins issus de la vache enragée
    Seront réservés aux abonnés qui devront prendre toute leur vie
    Un shoot de plus en plus succinct dont l’effet sera prorogé,
    Là, bonnet blanc et blanc bonnet, nous serons tous du même avis.

    Tableau d’Elsa Sroka sur https:www.southwestart.comeventssorrel-sky-jul2020 .

  • Les fleurs penchées

    J’ai beau pencher de tout mon cœur vers les jeunes filles en fleurs,
    Je n’ai pas hélas la main verte pour leurs amours de jardinières.
    Même mes textes chroniqueurs et mes poèmes écornifleurs
    Passent par leurs oreilles ouvertes comme banalité routinière.

    Alors je parle aux plantes mûres qui embellissent avec le temps
    Et je les arrose de vers à l’eau de prose et de rosée.
    À la plus belle, je lui murmure que je l’aimerai toujours autant
    Quand elle sera sèche en sous-verre mais d’éternité composée.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:elizabethprice-ceramic-sculpture.weebly.comsculptures.html .

  • Le pont sur la Nivelle

    Le pont sur la Nivelle

    Sur le pont de Jean de Nivelle, nul ne rétorque à son appel.
    On reste sourd aux bienvenues, on ne répond pas à son nom.
    Ainsi les mauvaises nouvelles ne sont pas transmises à la pelle
    Et aucune disconvenue ne trahira votre renom.

    Impolitesse ? Pas du tout ! Je vous en fiche mon billet !
    Le torrent et ses eaux grondantes dégagent tant de décibels
    Que vous attraperiez la toux à force de vous égosiller
    Et les oreilles correspondantes devenir sourdes de plus belle.

    (Tableau de Louis Dewis.
    Le pont sur la Nivelle également appelé Pont Romain, date du 5eme siècle, il fut reconstruit en 1994, après l’effondrement de la pile centrale, due à la crue. Il a été inscrit aux monuments historiques le 19 mai 1925.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Femmes coccinelles

    Ne dites plus « bête-à-bon-Dieu » mais « femme-en-quête-spirituelle »
    Car, de nos jours, les coccinelles sont l’élytre de l’ascension.
    Le nombre de pois dispendieux définit l’âge contractuel
    Auquel la faute originelle ne condamne aucune dissension.

    Ainsi la femme émancipée arborera autant de pois
    Que de conquêtes amoureuses comptabilisées à son actif.
    Les hommes pourront anticiper à en apprécier le poids
    Selon des offres langoureuses mais à effet rétroactif.

    Photos de Serge Lutens.

  • Divagations estivales

    Divagations estivales

    Sans me moquer des catastrophes et rire des inondations,
    J’ai aimé ces intempéries qui ont changé nos paysages,
    L’été figé dans l’apostrophe qui a joué les prolongations
    Durant la mi-temps d’hystérie sous ses incessants arrosages.

    Les rivières ont connu leurs crues, de l’eau est passée sous les ponts,
    Malgré les vacances gâchées, on pouvait sortir s’amuser.
    Tandis qu’aujourd’hui, qui l’eut cru ? Il nous faut un coup de tampon
    Afin de pouvoir s’arracher des restrictions désabusées.

    Illustration de François Ravard sur https:bd-chroniques.beindex.php20210803vague-damour?fbclid=IwAR1flFxTxDcOr0fgLHJbdWziET4KlP38-abvMbsgn9P_74Y4T_rtxVNZIiM .

  • L’homo-synthétique

    L’homo-synthétique

    Aussitôt le gène « casse-couilles » éradiqué de nos bâtards
    Et celui des « marie-salope » isolé, réduit à néant,
    On verra des hommes-grenouilles, femmes-reinettes, enfants-têtards
    Vivre dans des zones interlopes, vingt-mille lieues sous l’océan.

    Le génie de la mutation transformera hommes et femmes
    Et l’on choisira son bébé sur catalogue génétique.
    Hélas, par ces permutations, naîtront quelques monstres infâmes
    Qui, s’ils ne sont pas macchabées, deviendront « homo-synthétique ».

    Bodypaintings de Johannes Stoetter sur http:www.lazerhorse.org20130707johannes-stoetter-world-body-painting-championamp .

  • Bonjour, salut !

    La bienséance et le bien-être obligent, les hommes modernes
    Opteront pour de nouveaux signes pour se saluer en public.
    Le moyen pour se reconnaître sous les néons et les lanternes
    Devra toutefois être digne des enfants de la république.

    On pourrait se frapper du coude ou bien soulever sa tignasse ;
    Lever la main comme un indien ou dodeliner de la tête.
    Aujourd’hui nos aïeux le boudent et bien qu’hier ils s’indignassent,
    Pour les plus jeunes, c’est le maintien d’une arrogance toute bête.

    Sculptures d’Elizabeth Price sur https:www.kelliemillerarts.comelizabeth-price .

  • Femmes à la volée

    Femmes à la volée

    Femme frivole, femme qui vole, femme légère, femme adultère.
    Que de mots doux, jetés en l’air pour défier son déséquilibre !
    Femme qu’on vole, femme convole, femme solitaire ou volontaire,
    Les hommes ont un vocabulaire approprié à leurs calibres.

    Hélas la femme tombe des nues quand on la croit femme facile
    Ou quand on vient lui décoller sa jupe à volants, envolée.
    L’homme la scanne toute nue avec sa vision imbécile
    Jusqu’à ce qu’elle vienne lui coller une gifle qu’il n’a pas volée.

    Photo d’Ernest A. Bachrach.

  • Grosse tête, petit cul

    Chacun renferme en son miroir l’infinité de sa mémoire
    Qui, pour raisons ésotériques, est stockée quelque part ailleurs.
    Ainsi les millions de tiroirs et les centaines de grimoires
    Qui renferment notre historique ont trouvé un coin bien meilleur.

    Je traîne ainsi ma grosse tête comme une bosse dans le dos
    Qui m’déséquilibre par le poids de mes chagrins et mes remords.
    Je sens cet immense pense-bête qui prend en charge tous mes fardeaux
    Oscillant comme un contrepoids qui bat entre la vie et la mort.

    Sculptures de Sergei Isupov sur http:sergeiisupov.comworksworks-in-public-collections#jp-carousel-801 .

  • Le chat dégringolo

    Le chat dégringolo

    Mon petit farceur de mari m’a tendu tellement haut mes fils
    Qu’il sera sans doute marri d’savoir que, quand je me faufile
    Debout les pieds sur l’escabeau dont les quatre marches ballottent,
    Je m’fais siffler par les ribauds sous prétexte qu’ils voient ma culotte.

    Même le chat, ce scélérat, s’en vient jouer le funambule
    Et fait trembler mon étendage pareil aux cordes d’un violon.
    Sous un motif de chasse aux rats, il débouche sans préambule
    Et termine son dévergondage en s’agrippant de tout mon long.

    Alors l’escabeau fout le camps, je me cramponne au fil de fer
    Tandis que le chat dégringole en me labourant la chemise
    Puis, la culotte, par conséquent, tombe par-terre pour satisfaire
    Les petits voyous qui rigolent matant mon cul, quelle méprise !

    Illustration de Marta Orlowska.

  • L’impasse diabolique

    L’impasse diabolique

    S’il est facile d’entrer en crise dans les méandres de la loi,
    Il demeure assez difficile avec un plan de s’en sortir.
    Après la première surprise, on trouve tous de bon aloi
    À se conduire en imbéciles et même de s’y assortir.

    À chaque jour, son oppression qui augmente insensiblement
    Comme la grenouille plongée dans l’eau qu’on chauffe doucement.
    Plus forte sera la pression, plus suivront ostensiblement
    Les moutons vers leur apogée et mourront d’affadissement.

    Entrée du palais de Linlithgow.

  • Les passages en diagonales

    Chaque jour, la voûte céleste me fait avancer dans l’espace
    Et franchir le couloir du temps à chaque arcade récurrente.
    À chaque fois, je me déleste d’une tranche de vie qui passe
    Et puis, à chaque fois je m’attends à vivre une journée différente.

    Curieusement, le bon chemin n’est pas tracé en ligne droite.
    Je dois savoir virer à temps et dégringoler une pente.
    Jamais ne remettre à demain une décision maladroite
    Mais me décider à l’instant d’une intuition participante.

    Photos de Bjorn Borgers et Stefan Opalka.

  • Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Au pays des internautes, les aveugles sont rois

    Aveuglé par l’information diffusée dans l’actualité,
    J’ai longtemps cru être éveillé alors que j’étais un mouton
    Berné par la déformation d’une fausse réalité
    Comme un enfant émerveillé par tous ses jouets à boutons.

    Seul celui qui ferme les yeux à la pollution médiatique
    Évite de s’empoisonner lentement à petites doses.
    Or, j’ai fait ce choix judicieux d’occulter l’intox systématique
    Dans l’info qui vient foisonner à m’en filer une overdose.

    Illustration de Saman Torabi sur https:cartooncontest.yesilay.org.trenarchive?page=10 .